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USA: privatisation de l'école en cours

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

          La loi du marché.   S'il est un domaine où  l'Etat doit garder la main sur le système pour en assurer la gratuité, la neutralité, la cohérence et l'égalité; la formation de maîtres, l'égalité des chances, c'est bien le domaine éducatif, celui qui détermine au mieux l'avenir d'un pays et la cohésion d'une nation.
      Il a fallu attendre le XIX° siècle pour le comprendre et commencer à l'appliquer, chaque pays à sa manière, chaque pays à son rythme..
   Si on en croit Hilary Clinton,  "La triste vérité, c'est que les Américains, à la différence des Français, n'ont jamais accordé suffisamment de prix au métier qui consiste à s'occuper des enfants."
        Aux USA, la mise en place du système éducatif épousa les spécificités et les inégalités de développement des Etats. Malgré une certaine unité au niveau du financement, une assez grande liberté est laissée au niveau des contenus et des manuels en usage
       Depuis quelques années, sous l'influence de Milton Friedman, se met en place une réforme visant à privatiser de plus en plus, qui fait l'objet d'une forte discussion. Des associations privées peuvent prendre la direction de certaines écoles, sans contrôle, le mobile étant purement financier.
         Malgré des échecs,  derrière les petits charlatans, on trouve de gros affairistes qui soutiennent cette campagne visant à remettre l’école publique entre les mains du secteur privé. Par exemple : Richard DeVos, qui doit sa fortune à Amway ; Richard Mellon Scaife, membre de la richissime famille Mellon ; John Walton, héritier de la société Wal-Mart ; J. Patrick Rooney de la compagnie d’assurance Golden Rule ; David Kearns, ex-PDG de Xerox ; Paul Allen, co-fondateur de Microsoft ; le célèbre Michael Milken ; d’anciens hommes politiques comme Lamar Alexander ou William Held, ex-gouverneur du Massachusetts ; ainsi que des sociétés d’investissement de Wall Street comme Dillon Read & Co., Montgomery Securities, Merrill Lynch et Lehman Brothers...
 En 1996, la société Lehman Brothers organisait la première conférence sur les possibilités d’investissement dans le domaine éducatif. Un peu plus tôt, elle avait publié un rapport où elle affirmait que « l’industrie de l’éducation est peut-être appelée, en 1996, à remplacer la santé en tant que secteur prioritaire d’investissement ». (*)

         La privatisation-chartérisation de l'activité enseignante va aussi bon train.
  Une récente tentative du  genre comme en Suède ne serait pas concluante, loin de là.
Le système du chèque  éducation a voulu être tenté chez nous par les plus libéraux. 
          Dans les universités, la privatisation a déjà fait des avancées tellement spectaculaires, que les droits d'inscription deviennent presque inaccessibles à la grande masse ou peuvent peser sur presque toute une vie, créant une ségrégation de fait  et une bulle problématique.
    La vampirisation dans l'enseignement secondaire par les marchands, compromet l'avenir et peut être considéré comme un carnage pour l'ascenseur social.
    Au Québec, on observe des tendances qui vont dans le même sens, stérilisant le recrutement et la diversification des talents, au coeur d'une ségrégation sociale masquée.
       Aux USA, l'intrusion marchande est spectaculaire et sans frein, la finance et l'élite formant une symbiose toujours plus forte, que dénoncent certaines élites américaines, voyant un avenir très sombre pour le pays. 
                       Même Harvard ne fait plus rêver...
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(*)-... Ces fondations sont à but non lucratif et donc exemptées d’impôts, elles favorisent systématiquement des grandes entreprises de fournitures scolaires et de gestion privée à charte d’écoles publiques, en une vaste opération de siphonage de fonds publics vers le privé. Beaucoup d’écoles à charte du primaire et du secondaire sont gérées par des Education Management Organizations (EMOs). Ces entreprises privées font des profits en économisant sur les salaires et les caisses de pension, sur les repas scolaires, sur les branches considérées non essentielles, sur les activités extra-scolaires, avec des effectifs de classes plus élevés, ou encore en faisant obstacle à l’entrée d’élèves handicapés et en réduisant ou annulant les subventions aux transports. 
En 2005, le marché potentiel privé dans l’école était estimé à 75 milliards dollars, soit 15% des dépenses totales du pays pour l’éducation.
Les grands groupes s’approprient les grosses tranches du gâteau scolaire: Apple, Dell, IBM, HP, Compaq, Palm, and Texas Instruments (électronique); Pearson (l’éditeur du plus fameux manuel de biologie, le Campbell-Reece, traduit en de nombreuses langues), Harcourt, McGraw-Hill, Thomson, and Houghton Mifflin (manuels et contenus); CTB McGraw, Harcourt Assessment, Thomson, Plato, Renaissance (évaluation et tests); et Scholastic, Plato, Renaissance, Scientific Learning, and Leapfrog (contenus complémentaires). En 2005 déjà, neuf entreprises captaient 87% des achats...
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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Quelques aspects méconnus ou cachés...
                                A la veille de la dernière guerre, les services secrets français savaient beaucoup de choses sur l'Allemagne nazie et l'état précis de son réarmement.
   Excellent étude sur le contexte de l'avant-guerre concernant l'attitude des dirigeants politiques et militaires français vis à vis du nazisme montant.
       ...Les services de renseignements français ont parfaitement joué leur rôle de collecte et de traitement d’informations, mais c'est l'état-major qui, en surestimant le danger allemand, a faussé la vision que les responsables politiques et la société française ont pu se former du régime nazi....
      En 1939, les forces allemandes étaient moins importantes que ce que l'on a dit trop souvent.
         Il reste encore à s'interroger sur ce que certains, comme Marc Bloch, ont appelé l'étrange défaite.
            ...Et sur les silences de Adenauer sur l'armée de l'ombre constituée par d'anciens nazis après la défaite de 1945.

___  Sophie et Hans Scholl: héros d'une résistance très minoritaire et désespérée de l'intérieur, parmi les diverses autres tentatives d'opposition ou de rebellion.
         Une détermination et un courage extraordinaires.
                       Jusqu'à la fin tragique le 22 février 1943.

__ On a oublié les années noires de l'après-guerre, dans une Europe désorganisée, souvent affamée.
               Une période que l'on a pu qualifier de barbare à plus d'un égard.
                   ...Le livre de Keith Lowe brosse, en une suite de chapitres très documentés, un portrait de ce qui s’est produit en Europe, de l’ouest à l’est où l’horreur fut particulièrement grande. Pour cela, il a dû affronter d’innombrables controverses et débats qui restent très vifs. Sa thèse est qu’une guerre n’est pas finie quand un camp capitule. Il compare la Seconde Guerre mondiale à un "superpétrolier labourant les eaux de l’Europe et dont la course tumultueuse ne s’arrêta que plusieurs années après". Car, commence alors le sanglant chapitre de la vengeance sans fin, des nettoyages ethniques et des guerres civiles. La victoire de l’un est souvent la défaite de l’autre. Et la Seconde Guerre mondiale cacha de multiples enjeux locaux et ethniques qui se réveillèrent à la défaite nazie. Ce livre est une relecture nécessaire de notre passé. Il est aussi une leçon pour ce qui se passe aujourd’hui en Irak, en Afghanistan, en Syrie, au Rwanda, au Congo, en Yougoslavie dans les années 90. Où les cycles d’horreur sont aussi des cycles de vengeance sans fin....
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Le combat de Naomi

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

           Une femme aux yeux ouverts
                                                         Chroniqueuse et économiste, la journaliste canadienne est une des rares consciences éveillées d'Outre-Atlantique.
  Elle est aussi militante, ce qui est sa cohérence. 
Elles devenue très connue avec son ouvrage majeur La stratégie du choc.
    Ce livre fut une révélation pour beaucoup, qui trouvèrent une cohérences dans des événements mondiaux dispersés, paraissant sans relation. Sa grille de lecture fut très discutée et le plus généralement appréciée.
    Le film qui en fut extrait ne fut pas à la hauteur de l'ouvrage, mais mérite tout de même le détour.
La théorie du choc: un vieux procédé que le néolibéralisme sut utiliser à maintes occasions pour imposer ses normes.
Ce fut un appel  à la résistance et à la sortie de l'aveuglement politique, du sentiment de fatalité.
 _______Récemment, ce sont les problèmes climatiques qui l'intéressent. Elle insiste sur le lien organique entre le développement actuel du capitalisme et les question toujours plus pressantes d'écologie, remettant en question la fonction prédatrice d'un système fonctionnant à très court terme, dans sa logique actuelle.
   Sachant ce que nous savons, elle n'est pas seule à proclamer que notre avenir économique ne peut avoir un sens que si la logique productive mondiale se modifie en profondeur. C'est une urgence.
     Elle lance une alerte rouge, comme dit la Tribune, pour dépasser la vanité des conférences sur le climat qui se suivent et se ressemblent toutes, par leur caractère purement rituel. Nos élites, se donnant bonne conscience, passent à côté des vrais problèmes.  
    Ce n'est pas le climat qu'il faut sauver, mais tout le système. 
C'est un seul et même combat 
      Comme le souligne le Monde:  L’argument de Naomi Klein repose sur une prémisse qui fait de plus en plus consensus. L’objectif de limiter la hausse de la température moyenne du globe à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle a très peu de chance d’être atteint. Au rythme croissant où vont les émissions mondiales de gaz à effet de serre depuis que l’humanité a pris conscience du problème, il faudrait cesser totalement d’en produire dans vingt-cinq ans. C’est donc vers au moins 4 °C de réchauffement que nous nous dirigeons...

     Insistant sur l'urgence de la prise de conscience et de la tâche, elle donne, sans sombrer dans le catastrophisme, des raisons d'espérer. 
       Une femme aux yeux ouverts. Peut-être trop optimiste...
 "...Les gens sont tentés de baisser les bras. Ils disent qu’il n’y a aucun progrès possible tant que nous vivons dans des «démocraties fossiles». Aux Etats-Unis, les frères Koch, qui financent le Tea Party, tirent leur fortune du pétrole… Certains parlent de prodiguer des soins palliatifs à la planète et de tout abandonner. La plupart du temps, ce sont des intellectuels des pays du Nord, privilégiés, qui pensent que tout ira bien pour eux quand ils regarderont le monde brûler depuis leur campagne anglaise. Mais j’ai appelé ce livre Tout peut changer parce qu’à partir du moment où vous vous engagez sérieusement sur le climat, ça a un effet domino. C’est excitant, car ça rassemble tous les sujets. Et c’est un combat pour la démocratie, la vraie." ((Libération)
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Crétinisme à nos portes?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Mais pas n'importe lequel
                                              Hier, la chaîne LCP a eu la bonne idée de (re)diffuser un document suivi d'un débat sur les effets hautement toxiques de certaines substances qui surabondent autour de nous, dans les maisons comme dans les champs, à la ville comme à la campagne, et constituent de graves menaces sur la santé humaine, sur le développement normal du cerveau, notamment des foetus et leurs performances..


       Si les études internationales sont déjà bien avancées en ce sens, il reste encore à chercher, de bilans à faire, de liens de causalité à établir.
    Mais on en sait suffisamment déjà pour tirer la sonnette d'alarme et alerter les pouvoirs décisionnels, politiques et économiques, qui se cachent derrière leur petit doigt, tergiversent ou sont encore parfois dans le déni total. Faudra-t-il attendre des décennies encore, comme pour l'amiante, avant de passer aux aveux et prendre les mesures radicales qui s'imposent.
    La qualité de la santé humaine est en jeu, lentement et à bas bruit. Les performances intellectuelles sont affectées par une baisse inquiétante chez de nombreux sujets.
   Certes, il y a crétinisme et crétinisme. Le crétinisme ancien régresse. Celui dont on parle concerne la qualité des structures de nos capacités psychiques et de leur évolution.
      Il a déjà été constaté, outre des perturbations physiologiques nouvelles, une diminution des performances neuro-psychiques moyennes pour une partie grandissante d'enfants suivis et analysés.    La convergence des études et des conclusions ne fait plus de doute. Ces   nouvelles sont à attribuer à certains nouveaux produits que diffuse la chimie, des retardateurs de feu, des produits sanitaires, etc...  depuis trop de temps.
  Certains industriels connaissant le problème  commencent à prendre des mesures, notamment dans le domaine des nanoparticules dans l'alimentaire. Mais ils sont rares.
Le plus souvent, c'est l'ignorance feinte qui prévaut, la mise en avant des intérêts menacés, le chantage à l'emploi, la perte de ressources dans la concurrence internationale, pour l'agriculture, par exemple.   Les responsables politiques traînent les pieds, subissant des pressions en tous genres et toutes parts, à Bruxelles comme à Paris.
     La stratégie du doute, comme longtemps chez Monsanto, est l'arme souvent dégainée pour repousser le plus possible des décisions difficiles financièrement.
  Il faut alerter les bébés, les mères et toute la population. L'avenir dans des conditions acceptables est à ce prix. Changer de cap productif est une question centrale de civilisation.
   La bataille contre toutes les formes de perturbateurs endocriniens arrive déjà bien tard. Mais on n'a pas le choix. Il faut la poursuivre à nouveaux frais, virer de bord et vite.
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Reprise, es-tu là?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Notion en question
                           On ne parle que d'elle, on n'a d'yeux que pour elle 
Comme l'arlésienne. On ne jure que par elle.
     La reprise serait à nos portes. Ce serait le succès politique assuré.
Mot magique tant répété. Comme si elle était évidente. Comme si elle était l'alpha et l'oméga de la vie sociale.
     Or, on a toutes les raisons d'être sceptique.
Si oui, la reprise pour quoi, la reprise pour qui? 
Aux USA, par ex, les rumeurs sont contradictoires
En UK, la reprise économique se révèle très sélective:
 « Dans le quartier de la gare de Waterloo, à quelques kilomètres de là, une autre food bank reçoit des victimes urbaines de la faim. La plupart de ceux qui y viennent travaillent, mais ne gagnent pas assez pour vivre correctement. Patrick, lui, a bénéficié de l’aide prodiguée par la banque alimentaire il y a six mois, et revient donner des coups de main. Ce jeune homme qui travaille dans la grande distribution a signé un « contrat zéro heure », qui impose une flexibilité extrême au salarié : l’entreprise décide du nombre d’heures que doit travailler le salarié, et seules les heures effectuées sont rémunérées. Certains mois, Patrick n’a rien touché. Alors la banque alimentaire est devenue une nécessité… »
   En Espagne, comme on part de très loin, le moindre décollement donne des signes optimistes
Bercy tangue  et revoie ses pronostics à la baisse. 
     La bourse s'agite, mais n'a plus guère de signification.
Le pacte de compétitivité est une incantation pour normaliser/libéraliser le code du travail. 
   Dans une économie de plus en plus hyper-mondialisée, où les décideurs locaux n'ont plus qu'un pouvoir marginal, n'assiste-t-on pas plutôt  souvent à la course à une compétivité destructrice?
    Le Fmi, tout aussi impuissant, propose ses recettes.
Le cul de sac européen, qui n'investit plus, est un frein à toute innovation de grande ampleur. Le trop plein financier n'est pas un moteur.

      Comme le reconnaît  Hans-Jörg Vetter, le président de la banque allemande LBBW (Landesbank Baden-Württemberg), « Les risques ne sont plus pris en compte dans les cotations. Et ces investisseurs ne sont pas payés pour les risques qu’ils prennent. Cela s’applique à toutes les classes d’investissements. Les marchés boursiers et obligataires se trouvent maintenant dans la mère des bulles. Cela ne durera pas toujours. Et pas pendant très longtemps. Je ne peux pas dire quand cela va commencer à se déliter, mais à un moment donné, cela va se déliter à nouveau. »  Avec 266 milliards d’euros d’actifs en gestion et 11 000 employés, c’est la plus grande « Landesbank » d’Allemagne dont le siège est à Stuttgart. Vetter a été nommé en 2009 pour ni plus ni moins sauver cette banque qui était en faillite virtuelle et bénéficiera de fonds publics pour assurer son redémarrage dans le cadre d’une nationalisation pure et simple..."
    La faillite bancaire n'est donc pas écartée et un environnement de taux zero ne peut que conduire à des prises de risques excessives. 
    Les prévisions de croissance ont de quoi faire sourire, tant qu'on ne s'attaque pas notamment aux urgences énergétiques. Il suffit de comparer entre eux les pronostics...
 On peut toujours se leurrer sur la base de données ponctuelles.
La reprise ne se décrète pas....
    Dans les mêmes schémas économiques, au coeur d'une Europe qui se fait concurrence, sans nouveaux investissements d'avenir collectif pour sortit de la spéculation et de la rente, on ne voit pas ce que le mot reprise voudrait dire.
    Il ne s'agit d'ailleurs pas de reprendre, mais de faire du neuf, économiquement et socialement.
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Il est partout

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Il colonise la toile
                                 Pas seulement nos rues. 
         Hors de lui, point de salut.
  L'anglais, du moins celui que nous parlons mal facilement, comme disait Churchill, est devenu notre nouveau latin, avec la montée en puissance technologique de l'empire, avec le triomphe de la Silicon Valley, avec la numérisation galopante d'une grande partie de notre vie, dont les clés sont ailleurs.

 


   La langue ou la sous-langue du colonisateur fait florès jusque dans nos rues, se niche dans moindre aspect de notre vie quotidienne, jusqu'au coiffeur du coin qui a mis son enseigne = l'heure de Londres ou le petit restaurateur qui ne fait plus la cuisine, mais des happy meal..
   Dans le monde des open space, on jargonne sans retenue un globish douteux.. A Science Po, on se démarque du vulgum pecus. Les élites se délitent.
   La langue de Shakespeare et ses dérivés ont  pris le haut du pavé dans notre enseignement.
       Certains résistent encore, mais au Québec. La dérive est constante depuis plus de vingt ans

        C’est dès les années 60 qu’apparaissent les prémisses de la démission linguistique de nos élites.   Le général de Gaulle comme Georges Pompidou ont une conscience aiguë du danger. Ce dernier définira clairement l’importance de l’enjeu : « Si nous reculons sur notre langue, nous serons emportés purement et simplement. C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi les autres ». 
    Mais ce phénomène de démission, jusque-là marginal, prendra une autre dimension quand l’exemple du renoncement viendra de la tête de l’État.   Le signal, l’acte spectaculaire de capitulation linguistique, date du 27 mai 1974, jour de l’élection à la présidence de la République de Valéry Giscard d’Estaing : reléguant le français au rang d’un patois local, c’est en anglais qu’il commenta sa victoire devant la presse étrangère. Le nouveau président enfoncera le clou en 1976 à la Nouvelle-Orléans où il prononcera son discours exclusivement en anglais devant des milliers de Cajuns catastrophés par une telle trahison !
     La francophonie reste...des mots. Words!
             A Bruxelles, le français, pourtant officiel, est délaissé de plus en plus. Dans les grandes entreprises, des notes de services circulent maintenant en anglais, sans justification aucune.
     Le globish déferle dans tous les secteurs:
     
          Bafouant leurs propres règles, les gouvernants ignorent l’article II de la constitution (« la langue de la République est le  »), ainsi que la loi de 1994 (dite loi Toubon), votée unanimement par le Parlement, et qui dispose que « le français est la langue de l’enseignement, du travail et des services »). 
      En effet, La  a institué l’ comme langue de l’Université et les quelques restrictions cosmétiques apportées à cette loi ne sont pas respectées--Les services publics et les entreprises détenues et/ou pilotée par l’Etat (Poste, SNCF, Air-France, EDF, etc.) multiplient les produits dénommés en anglais au mépris des usagers francophones et des étrangers non anglophones qui résident dans notre pays--Les publicités diffusées aux heures de grande écoute par les médias, y compris publics, sont fréquemment rédigées en anglais ou en franglais sans que cela n’émeuve en rien le « Conseil supérieur de l’audiovisuel »--Le gouvernement s’apprête à céder au chantage d’un magnat de la production cinématographique qui prétend obtenir des fonds publics pour tourner ses superproductions en anglais--Une initiative de l’Inspection d’anglais invite les professeurs de cette discipline à militer pour l’enseignement en anglais des autres disciplines !--Un cartel de radios commerciales prétend de fait en finir avec les quotas de chanson francophone passant à l’antenne, alors même que les jeunes chanteurs francophones ont de plus en plus de mal à trouver des lieux d’accueil, de lancement et de diffusion--Nombre de colloques universitaires ou scientifiques se tenant en France contournent la langue de Victor Hugo et d’Aragon bien que ces institutions bénéficient du financement public issu des impôts de tous : que devient le devoir pour les intellectuels et des savants, que proclama initialement Descartes en 1637 (Discours de la méthode), de s’exprimer dans la langue d’usage de la population ? --Que devient le droit de comprendre de nos contemporains quand trop de pseudo-experts, de publicitaires, de journalistes s’adressent au public avec des expressions que la majorité des citoyens ne comprend pas ou que pire, elle comprend de travers ?__Nombre d’entreprises imposent à leurs salariés de travailler en anglais ou en jargon franglais, ce qui est source d’humiliation, de discriminations et d’insécurité ; certains secteurs économiques ne recrutent plus que des cadres supérieurs « English Mother Tongue », ce qui institue une préférence nationale à l’envers, symétrique de la honteuse « préférence nationale » lepénisteLes quelques protections qui subsistent encore autour de notre langue commune sauteraient bien évidemment avec la mise en place du « Grand Marché Transatlantique », dit TAFTA, que les autorités françaises et européennes négocient actuellement dans le dos des citoyens__L’UE révèle sa nature dictatoriale en méprisant ses propres traités qui l’obligent à respecter le plurilinguisme : l’anglais devient de facto la seule langue officielle de l’UE et le gouvernement français tolère que Pierre Moscovici, actuel commissaire européen et ancien ministre français, écrive ses « lettres de cadrage » (fustigeant tous les acquis sociaux de notre peuple) en anglais à Michel Sapin. __Déjà, la ministre sarkozyste Christine Lagarde, dite « Lady The Guard », prétendait obliger les hauts cadres du ministère des finances à correspondre en anglais à l’interne !__Le patronat « français » et européen pousse honteusement à la roue : on se souvient du mot du Baron Seillières devenu président du super-syndicat patronal « Businesseurope » et déclarant devant Jacques Chirac : « désormais je ne vous parlerai plus qu’en anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ».__La langue de travail de l’armée française asservie à l’OTAN et à ses entreprises prédatrices devient l’anglais sans que cela émeuve le haut encadrement de la défense de moins en moins « nationale » et de plus en plus atlantique et néocoloniale...
       And so on...
  Alors que le français (entre autres) a façonnél'anglais.
      Oui à l'anglais. Non à l'anglais envahissant!
       Résister à la pulsion mimétique anglo-saxonne, c'est résister à une forme de sujétion, car une langue n'est jamais neutre, elle véhicule et impose ses modèles.
   L'anglomanie vire vite à l'anglocratie.
   On l'a déjà dit: La fuite en avant vers le tout-anglais correspond à des rapports de forces politiques clairement explicités:
   A  l'heure ou le libre-échange euro-américain va se mettre en place, il faut se remettre en mémoire quelques affirmations non dépourvues d'ambiguïtés:
-"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca
-« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner
-Dans son rapport de 1987/88, le directeur du British Council écrit «  Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond.  »
  Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais et que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ...affirmait David Rothkopf dans Praise of Cultural Imperialism, 1997)       
         Une langue n'est pas neutre et son abandon ou son affaiblissement progressif à des incidences sur les structures de la pensée, sur sa maîtrise.
                                     Mais le soft power a sa logique.
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Surveillance généralisée?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Question en débat
                        Contrôler? Oui, mais comment?Jusqu'où?
 -____«Plus on est habitué à être observé, moins on est sensible aux atteintes à la vie privée» (A.Rouvroy)____
                                                                       On ne peut être sans réaction à cette question, aux menaces qui nous guettent.
    Les réponses données ne peuvent  nous laisser indifférents. 
   On ferait bien d'y regarder de plus près, car si le danger est réel, les réponses données en hâte ne sont pas sans péril. Le dossier est complexe. On ne saisit pas toujours tous les tenants et aboutissants de cette mesure exceptionnel. On nous promet des garanties. Peut-on y compter? On nous annonce des améliorations. Mais comment ne pas se poser de questions? Même l'OSCE s'interroge... 
    Car le dossier n'est pas que technique. On a beau être non spécialiste des algorithmes, on est confronté à une problème politique, juridique, qu'on ne peut éluder, étant donné l'ampleur et l'ambigüité des moyens informatiques que nous ne comprenons et ne maîtrisons que très partiellement.
   La stratégie mise en place par le gouvernement inquiète même un modéré comme Pierre Rosanvallon, qui se pose des questions.
       Serions-nous tous  suspects? Certes, dira-ton , comme d'habitude, si nous n'avons rien à nous reprocher, qu'avons nous à craindre?
  C'est voir le problèmes par le petit bout de la lorgnette.
Sans tomber dans la schizophréne, sans comparer point par point avec le Patriot Act, (*) sur lequel Obama n'est revenu que très partiellement, nous savons que nos libertés sont déjà sous surveillance.      
   Comment sortir  d'un piège qui n'est pas que commercial et qui peut porter atteinte à des principes essentiels de la liberté de conscience. Si nous n'y prenons garde. 
     Un mauvais signe: la discussion sur la loi a eu lieu devant une assemblee presque vide! Et les Français consultés seraient plus de 60% à approuver les mesures, n'y connaissant rien ou ou presque.. Ce qui n'est pas pour rassurer. (*) L'indifférence ou l'ignorance peut faire peur, ainsi que les stratégies d'évitement. D'autant que le PS de 2009 s'oppose au PS de 2015.
 Cette loi cristallise de nombreuses critiques.
    L'ennemi est à nos portes informatiques et il faudrait utiliser des armes radicales pour tout contrôler (à condition que cela soit possible). 
   Le Monde, journal (très modéré) s'est livré à une petite enquête qui fait déjà réfléchir.
   L'enjeu démocratique n'est peut être pas sans précédents , mais il est important, car des questions essentielles nous échappent, comme à certains experts.
   Difficile de ne pas mettre en question ce qui va échappe au judiciaire, contre ce que l’on ne perçoit pas vraiment. 
    On ne peut prêter au gouvernement des intentions perverses, mais une certaine rapidité et une certaine légèreté. D'autant que le gouvernement écarte la Cnil de sa réflexion.
   L'objectif des luttes contre les cyberattaques ne suffit pas à nousrassurer.
    Et la question des questions: qui contrôlera les services de renseignement ?
          Que feront les boites noires de la Loi Renseignement ? (*) 
  "...le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme demande que toute loi sur la surveillance de la population soit "suffisamment accessible, claire et précise pour qu'un individu puisse s'y référer pour vérifier qui est autorisé à pratiquer la surveillance des données et en quelles circonstances".
         N'est-on pas là face à une utopie? 
_________-Pourquoi une nouvelle loi
-_Les taux d'échecs des algorithmes de surveillance sont très élevés
 Renseignement: vu d'Allemagne, le texte français est inimaginable
- Course discutable au durcissement  
 Un danger pour  la confidentialité des sources
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Préjugés, confusions et amalgames

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Ici et ailleurs.
             L'exclusion de l'autre, sous toutes ses formes, est une valeur bien partagée.
                Depuis des temps indéterminés.A certaines époques plus qu'à d'autres.
                    De l'ethnocentrisme diffus au racisme institutionnel, il y a bien des degrés dans le rejet psychologique, culturel, parfois physique de l'autre.
       L'antisémitisme, en particulier, ne date pas hélas! d'aujourd'hui.


        Le dénoncer sous toutes ses formes est un devoir autant moral que civique  L'affaire est entendue. Comme toutes les autres formes de.racisme, qui ne se limite pas à cet aspect.
    Ses formes le plus virulentes se développent le plus souvent sur un terreau favorable, quand la peur sociale domine, souvent amplifiée par des crises diverses, exploitée parfois politiquement pour détourner des colères, des frustrations. La théorie du bouc émissaires est maintenant mieux identifiée.
     Mais se pose la question du comment. Comment protester au mieux, collectivement, sous forme de pétitions, par exemple. Sans tomber dans les approximations, les confusions, les amalgames, la polémique discutable.
         L'Appel récents des 300, à cet égard, s'est attiré nombre de critiques, certains ayant dû signer sans avoir lu le texte ou l'ayant seulement survolé.
     Il est des démarches qui peuvent être contre-performantes et, en mélangeant le vrai au faux, se retourner contre leurs auteurs en ne jouant pas dans le sens désiré.
    Surtout quand le sujet est sensible et déclenche trop d'erreurs historiques, d'a priori, de parti-pris, de polémiques masquées.
          Des amalgames aussi, basées sur trop d'approximations et de généralisations.
   Malgré les tensions récentes très médiatisées, parfois imprudemment, il semble que, s'il y a autant de préjugés (ce qui est difficilement mesurable), les actes de racisme en France ont plutôt tendance à diminuer et à être catalogués comme tel trop rapidement, comme dans le cas très litigieux de Mme Knoll.
   Il faut rester prudent et méfiant vis à vis des chiffres qu'on fait parler trop vite, sans tenir compte du contexte.
    Sans contester les véritables dérives, qui ne sont pas que salafistes, il faut tenir compte de l'arrière-plan politique auquel certains font référence sans le dire clairement.  Il y a une prise de parti et une confusion manifeste entre une cause noble et la défense d'une politique qui l'est moins. Des officines de Netanyahou au Crif, l'amalgame est largement diffusé; la critique de la politique sioniste actuelle serait une forme moderne de l'antisémitisme. 
    Il faut rappeler que  l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé. Beaucoup de Juifs eux-mêmes, religieux ou non, savent faire la distinction, en Israël ou ailleurs. Comme disait de manière raccourcie Esther BenbassaLa thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique. 
  L'histoire est souvent oubliée. Un certains nombre de Juifs européens, comme Buber ou Einstein, furent opposés déjà au mouvement sioniste naissant, dans toute sa rigueur initiale.
 Qu'il soit déjà ancien, de 610 à 1492, plus récent, de1300-1800 notamment, ou cruellement moderne, l'antisémitisme est une constante épisodique en l'Europe, sur fond historique de doctrine chrétienne ostracisante. Les problèmes de la Palestine et du “rêve brisé”   comme dit Charles Enderlin sont encore vifs.
     La grande confusion risque encore de durer, alimentée par un conflit qui s'éternise, de même que des amalgames et les non-dits.

                 ... Amalgame entre, d’une part, des violences et des actes meurtriers perpétrés contre des citoyens juifs français par des terroristes déclarés et, d’autre part, des assassinats de type crapuleux, comme celui de madame Knoll, dont la preuve qu’il relèverait de l’antisémitisme ne repose que sur la connaissance, par l’auteur du crime, de la religion de sa victime.

   Amalgame entre une idéologie politico religieuse, le salafisme, et une religion essentialisée comme seule porteuse de violences, l’islam. Quant à la nécessité de réviser les textes sacrés, ni la Bible ni les Evangiles n’ont été critiqués ou remis en cause par Vatican II qui a fait supprimer de la liturgie, certains passages accusant les juifs de déicide, sauf dans les églises intégristes qui ne reconnaissent pas l’intervention pontificale. Les textes sacrés restent sacrés. Seules leur lecture et interprétation ont été revisitées (cf. Rachid Benzine, « L’urgence n’est pas d’expurger le Coran mais d’en faire une lecture critique », La Croix, 23/04/2018). S’appuyer sur les prêches et interprétations du Coran des imams salafistes pour demander que « des versets du Coran soient frappés d’obsolescence », c’est attribuer à l’ensemble des croyants multiformes musulmans une attitude haineuse envers les juifs.       C’est aussi leur attribuer une identité ethno-religieuse, à l’instar de l’image façonnée, au cours des siècles, des juifs comme « race à part ».
    Amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui assimile la contestation de la politique coloniale et raciale d’Israël à l’égard des Palestiniens (sans oublier les discriminations à l’égard des Falachas juifs d’Ethiopie et de la récente émigration africaine, commises notamment par les courants ultra-orthodoxes) à la dite « volonté de destruction des juifs » par des mouvements extrémistes au Proche-Orient. En oubliant que l’Etat israélien s’autoproclame « Etat juif » et s’arroge le droit de parler au nom des juifs du monde entier. Amalgame dont plusieurs personnalités « hors de tout soupçon »  ont fait les frais (Maspero, Charles Enderlin et tant d’autres) lorsque l’on a cherché à les faire condamner par la justice comme antisémites ou en les empêchant de continuer à exercer leur métier. De même pour tous ceux et celles, juifs et juives, qui ont subi diffamations ou calomnies publiques comme par exemple l’ex-ambassadeur et ancien déporté Stéphane Hessel, auteur du manifeste «  Indignez-vous », Edgar Morin ou l’ancien président du CRIF, Théo Klein dés qu’ils refusèrent de cautionner inconditionnellement la politique l’Etat d’Israël. Et dernièrement, l’actrice Natalie Portman, traînée dans la boue parce qu’elle avait refusé de participer aux cérémonies du prix Genésis ne voulant soutenir ni la politique de Netanyahou ni « la violence, la corruption, les inégalités et l’abus de pouvoir ».
    Il ne faut pas pour autant négliger, dans les prisons comme dans les quartiers que la République française nomme de « non droits », la progression d’idéologies salafiste et wahhabite, qui reprennent la « théorie du complot juif », revisitée par l’extrême-droite et relayée par les réseaux sociaux. Il faut rappeler que cette même république a été sourde aux appels de travailleurs sociaux – laïques et musulmans (mais pourquoi définirait-on certains citoyens par leur appartenance religieuse ?) pour lutter contre les prêches de ces imams. Cette même république a été sourde également aux études des anthropologues et des sociologues sur la montée des mouvements religieux servant de rempart ou de colmatage socio-éducatif au retrait des services publics et des pouvoirs régaliens dans certaines périphéries paupérisées. Les attaques contre la pensée critique, appelée par le manifeste pensée de la « gauche radicale »  réduisent les analyses des phénomènes de paupérisation et de ségrégation sociale – conjugués à la montée du consumérisme et au ressentiment de ne pas être du bon côté de la fracture – à une position idéologique. Les détracteurs de la pensée critique, eux, pensent si bien qu’ils parlent d’épuration ethnique pour désigner la fuite des quartiers paupérisés vers des quartiers plus « sécurisés » et gentrifiés de certaines fractions de la population juive. Quand, dans l’Afrique du Sud post-apartheid, des fractions aisées de la population noire ont quitté les townships pour des quartiers blancs, et que les Blancs ont déserté ces mêmes quartiers a-t-on parlé d’une « épuration ethnique...» ?
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Bibliothéraphie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Si la musique adoucit les moeurs, les livres peuvent adoucir l'existence

     "La vie est trop courte pour s'infliger de mauvais livres"
           Certes, les livres ne guérissent pas les bleus de l'âme, mais ils peuvent souvent contribuer à retrouver un certain goût de vivre, en nous sortant de notre isolement, voire de notre esseulement, d'une certaine détresse morale, en côtoyant l'humaine condition, comme disait Montaigne.
  Encore faut-il trouver les bons livres, ceux qui nous conviennent à un moment donné. 
        Comme dit Birnbaum: "Au début de son récit 'Tomber sept fois et se relever huit', Philippe Labro raconte qu'il ne cesse de transpirer, sans comprendre ce qui lui arrive. Exactement comme moi à ce moment-là. De même, en lisant 'Face aux ténèbres', où William Styron, suicidaire, décrit sa plongée dans la dépression, à chaque page, je pouvais me dire : 'D'autres avant toi sont passés par cet état."
    Que l'on croie ou non au bibliocoaching, on peut toujours se donner les moyens de trouver le livre, l'auteur, avec lequel notre esprit entrera mystérieusement en résonance et qui nous révélera à nous-mêmes et peut-être nous libérera de pesanteurs aliénantes. De manière vraiment littéraire et non purement utilitaire
    Comme dit encore Birnbaum: "Pour aller mieux, j'ai retrouvé le chemin du papier et de l'écriture à la main, moi qui m'étais enfermé dans les écrans" 
       Lire peut aider à libérer 
                    Lire libère, c'est le bon sens même. Les mots, leur agencement peuvent apaiser les maux.
      Le plaisir de lire ne se décrète pas, mais il peut se cultiver. 
Pas de recette particulière, le goût de la lecture vient en lisant.
Trouver une passeur de lecture est la meilleure voie...Affaire de chances, mais aussi de disponibilité.
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Hommage à Philip Roth

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Un certain regard sur son pays et sur l'homme en général.
                                          Un écrivain engagé, une réflexion souvent acide sur l'identité américaine.      
   Dans le sillage de Henri James et souvent inspiré par Kafka.
         Il nous quitte à 85 ans:
  D'un réalisme parfois sarcastique, il s'attache à décrire les maux de l'Amérique.
      Il n'hésite pas à mettre son pays d'adoption de par son grand père face à ses tourments, ses obsessions, face à ses démons, comme dans La Tache.
         A son histoire aussi, mêlant souvent le réel et l'imaginaire:
   ...Partant du mouvement de la contre-culture des années 1960 en lutte contre la guerre du Viêtnam (Pastorale américaine), il revient sur la guerre froide et la croisade anticommuniste des années 1950 (J'ai épousé un communiste), passe par le politiquement correct des années 1970-1980 (La tache), et se "projette" dans d'hypothétiques années 1940 (Le complot contre l'Amérique), où le fascisme et l'antisémitisme gagnent les Etats-Unis. En contrepoint d'une sévère critique de la société américaine, Philip Roth tisse une fine analyse des mécanismes de l'homme pris au piège de l'imprévisible. Confrontés à de grands bouleversements, des destins se brisent soudain sous l'effondrement des illusions, des secrets, des certitudes sur lesquels reposaient des vies idéales, prototypes du rêve américain....
    A travers son propre parcours, il se met aussi à repenser de manière universelle l'humaine condition.
  Nulle doute que, s'il ne s'était pas décidé à s'arrêter d'écrire, il aurait évoqué    l'actuel locataire de la Maison Blanche,  fossoyeur du multilatéralisme et de la paix, sur la folie des armes qui ne se tarit pas, sur le capitalisme toxique qui creuse comme jamais les inégalités sur les pièges du rêve américain à bout de souffle.
    Serait-il allé, comme cet humoriste sarcastique, juif lui aussi (mais en cavale) à défendre la "prophétie" selon laquelle un beau matin, l'Amérique se réveillera cul nu? ...
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