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Allemagne en sursis?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Pas d'angélisme
                            Même les amoureux de l'Allemagne ne croient plus au modèle allemand tant vanté, tel qu'il s'est constitué depuis Schröder: l'ordolibéralisme de rigueur, le mercantilisme de principe. au sein d'une Europe en panne. (1)
        Ce fameux modèle naguère déjà critiqué par Guillaume Duval n'est -il pas une imposture? Il est marqué par des « coûts salariaux » en diminution qui favorisent la compétitivité, des finances publiques à l'équilibre, le consensus des partenaires sociaux sur les orientations des directions d'entreprises. Nous n'aurions d'autre choix que de nous conformer à cette ligne ou de continuer à nous enfoncer toujours plus dans la crise. Et Angela Merkel ne ferait qu'assumer la « responsabilité de son leadership » en imposant le traité budgétaire et des règles de gouvernance rigoureuses aux pays les plus en difficulté. Une « aide » forcément assortie de conditions drastiques. Et si ce modèle-là était une imposture ? L'Allemagne a atteint un tournant. Elle est rattrapée en ce moment même par la crise. Une stagnation est programmée au mieux pour 2013 (+ 0,5 % de croissance selon les prévisions les plus optimistes). Les réformes anti-sociales lancées au début de la décennie 2000 par le chancelier Gerhard Schröder, poursuivie par Angela Merkel, engendrent une précarité massive qui étouffent la demande intérieure. Et l'austérité budgétaire imposée aux partenaires européens contracte les débouchés des firmes à l'export. Des phénomènes inconnus, il n'y a pas si longtemps dans l'ex-Allemagne de l'ouest, identifiée au capitalisme rhénan, prennent une extension considérable. Comme les travailleurs pauvres ou la misère des seniors après le démantèlement partiel du système de retraite par répartition. La crise démographique s'étend. Les coûts de l'énergie explosent. Tous les signaux passent au rouge. Le livre montre combien les démontages sociaux et les restructurations engagées depuis 20 ans torpillent les acquis d'une Allemagne dont les performances industrielles étaient pourtant associées à l'État providence le plus « protecteur », aux revenus salariaux les plus élevés d'Europe occidentale. Le modèle, si désiré des messagers de l'orthodoxie économique, est un poison pour l'Europe et pour... l'Allemagne..."
   Victime de ses succès à l'exportation et de l'euromark, son "alignement sur « la règle d’or » qui interdit quasiment tout déficit public, le rationnement des dépenses sociales, le processus de privatisation de la protection sociale et la soumission à des règles de flexibilisation du marché du travail, au nom de la compétitivité, paralysent toute l’Europe. Avec effet boomerang sur l’Allemagne elle même...."
 Les économies ne sont pas indépendantes et, le marché n'étant pas extensible, toute montée en puissance d'un pays , favorisé par une monnaie à sa mesure, ne peut qu'affaiblir ses partenaires.
De plus, les pratiques douteuses du système bancaire la fragilisent.
La Deutsche Bank, notamment joue un jeu dangereux 
  La grève, que l'on dit monopole de la France, n'épargne pas le pays d'Angela, même si on en parle peu chez nous. 
  L'Allemagne, bien qu'hégémonique, se tournant plutôt vers l'Est, est sans perspective politique pour l'Europe.
    Erst sparen, dann kaufen: d'abord économiser avant de dépenser. Ce principe de bon père de famille est inadapté dans la gestion politique d'un pays trop absorbé par la rente, qui ne doit pas craindre une inflation maîtrisée pour générer développement, répartition et coopération.
   Un épargne qui déstabilise nombre de pays voisins et une conception de l'euro qui paralyse. 
Tout sépare les économies du nord et du sud. Du type de production au contrat social. 
    Si des intellectuels allemands sont conscients des problèmes, leur voix paraît encore aujourd'hui bien faible.
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 Ecoutes en Allemagne : le gouvernement Merkel sous pression
 Vers le retour de l’impérialisme allemand ?
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Crédit, quand tu nous tiens...

Publié le par Jean-Etienne ZEN


Un peu de crédit, ça va. Beaucoup de crédits, bonjour les dégâts !
                                           Au pays où le crédit est roi, érigé en quasi vertu, faire des économies est considéré comme peu civique. Le consumérisme est une deuxième religion.
   Avoir une dizaine de cartes de crédit est entré dans la normalité.
 Spend a lot of money is american. Même pour démarrer dans la vie...
La crise des surprimes a montré jusqu'où pouvait aller l'endettement des particuliers, même très modestes, et l'aplomb des banques qui sont sorties des clous.
 Pour faire face à l'urgence, l'américain moyen ne dispose que de peu de réserves...
 Il faut parfois s'endetter pour assurer le minimum vital. Et même pour des soins hospitaliers.
Ne parlons pas des études, cette nouvelle bulle...qui menace.
 Après la crise des surprimes, machiavéliquement organisée pas les banksters, la fièvre acheteuse a repris de plus belle.
 Un Américain dans la norme est un Américain endetté qui rembourse les échéances en temps et en heure...quand il peut. Et pourtant, comme dit Robert Reich, ancien ministre du Travail de Bill Clinton, dans le New York Times « ...aujourd’hui les ouvriers travaillent beaucoup plus pour gagner moins.Le revenu moyen d’un travailleur aujourd’hui, après correction de l’inflation, est moins élevé qu’il y a 30 ans. Et puisque le pouvoir d’achat décline, un ouvrier d’aujourd’hui travaille en moyenne 100 heures de plus chaque année qu’il y a deux décennies pour rester la tête hors de l’eau..."
    Une vieille tradition de l'américan way of live, dont Barber a montré la toxicité.
          Aux USA,"Il faut être riche pour mener une vie de pauvre", comme dit le Washington Post.
Et on ne prête (bien) qu'aux riches.
 D'une certaine manière, les pauvres sont rançonnésabandonnés par les banques traditionnelles.
 Le Payday Loan, ( prêt sur salaire), autrefois inexistant,devient courant. C'est un emprunt à ultracourt terme (quinze jours au plus) que l’on rembourse le jour de sa paie avec de gros intérêts. Un client peut ainsi obtenir un prêt de 300 dollars qu’il rembourse 346 dollars le jour où il touche son salaire.
 Une étude publiée par Bankrate.com suggère que 37 % des Américains ont une dette de carte de crédit supérieure ou égale à leur épargne d’urgence, ce qui signifie qu'une facture médicale un peu conséquente, un accident de voiture ou une autre dépense imprévue pourrait les pousser vers un désastre financier personnel. 
 Le crédit devient une servitude dans ces conditions, un instrument de contrôle social.
                                                                      Il est urgent que les pouvoirs publics mettent un minimum derégulation dans un système qui tend toujours à s'emballer, pas seulement aux détriments des particuliers, la monnaie perdant sa fonction essentielle de simple fluidifiant économique.
Le phénomène régulier des bulles qui s'accumulent représente un péril pour le système tout entier, comme on l'a vu trop souvent, les dettes souveraines prenant le relai.
 La debtocracy a de beaux jours devant elle.
Comme le signale Thiery Porcher: La dette a été inventée pour promouvoir des coupes dans les dépenses sociales » 
     Encore fort de sa monnaie de référence, de son armée et de sa planche à billets, l'empire fonctionne à crédit...astronomiquement
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Surveillance généralisée?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Question en débat
                        Contrôler? Oui, mais comment?Jusqu'où?
 -____«Plus on est habitué à être observé, moins on est sensible aux atteintes à la vie privée» (A.Rouvroy)____
                                                                       On ne peut être sans réaction à cette question, aux menaces qui nous guettent.
    Les réponses données ne peuvent  nous laisser indifférents. 
   On ferait bien d'y regarder de plus près, car si le danger est réel, les réponses données en hâte ne sont pas sans péril. Le dossier est complexe. On ne saisit pas toujours tous les tenants et aboutissants de cette mesure exceptionnelle. On nous promet des garanties. Peut-on y compter? On nous annonce des améliorations. Mais comment ne pas se poser de questions? Même l'OSCE s'interroge... 
    Car le dossier n'est pas que technique. On a beau être non spécialiste des algorithmes, on est confronté à une problème politique, juridique, qu'on ne peut éluder, étant donné l'ampleur et l'ambigüité des moyens informatiques que nous ne comprenons et ne maîtrisons que très partiellement.
   La stratégie mise en place par le gouvernement inquiète même un modéré comme Pierre Rosanvallon, qui se pose des questions.
       Serions-nous tous  suspects? Certes, dira-ton , comme d'habitude, si nous n'avons rien à nous reprocher, qu'avons nous à craindre?
  C'est voir le problème par le petit bout de la lorgnette.
Sans tomber dans la schizophréne, sans comparer point par point avec le Patriot Act, (*) sur lequel Obama n'est revenu que très partiellement, nous savons que nos libertés sont déjà sous surveillance.      
   Comment sortir  d'un piège qui n'est pas que commercial et qui peut porter atteinte à des principes essentiels de la liberté de conscience. Si nous n'y prenons garde. 
     Un mauvais signe: la discussion sur la loi a eu lieu devant une assemblee presque vide! Et les Français consultés seraient plus de 60% à approuver les mesures, n'y connaissant rien ou ou presque.. Ce qui n'est pas pour rassurer. L'indifférence ou l'ignorance peut faire peur, ainsi que les stratégies d'évitement. D'autant que le PS de 2009 s'oppose au PS de 2015.
 Cette loi cristallise de nombreuses critiques.
    L'ennemi est à nos portes informatiques et il faudrait utiliser des armes radicales pour tout contrôler? (à condition que cela soit possible). 
   Le Monde, journal (très modéré) s'est livré à une petite enquête qui fait déjà réfléchir.
   L'enjeu démocratique est sans précédents,  car des questions essentielles nous échappent, comme à certains experts.
   Difficile de ne pas mettre en question ce qui va échappe au judiciaire, contre ce que l’on ne perçoit pas vraiment. 
    On ne peut prêter au gouvernement des intentions perverses, mais une certaine rapidité et une certaine légèreté. D'autant que le gouvernement écarte la Cnil de sa réflexion.
   L'objectif des luttes contre les cyberattaques ne suffit pas à nousrassurer.
    Et la question des questions: qui contrôlera les services de renseignement ?
          Que feront les boites noires de la Loi Renseignement ?  
  "...le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme demande que toute loi sur la surveillance de la population soit "suffisamment accessible, claire et précise pour qu'un individu puisse s'y référer pour vérifier qui est autorisé à pratiquer la surveillance des données et en quelles circonstances".
         N'est-on pas là face à une utopie? 
_________-Pourquoi une nouvelle loi
-_Les taux d'échecs des algorithmes de surveillance sont très élevés
 Renseignement: vu d'Allemagne, le texte français est inimaginable
- Course discutable au durcissement  
 Un danger pour  la confidentialité des sources
 Les bugs du big data 
 Avons-nous vendu notre âme aux Gafams?
 LA VIE PRIVEE EN VOIE DE DISPARITION
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La paille et la poutre

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

          Il était une fois un homme d'affaires mondialement connu et un banquier devenu jupitérien.
                     Le premier, sans doute pris par un subit élan de justice sociale, se lança dans une crique des déclarations du deuxième, qui ne furent pas de son goût. Mais pas trop quand même...

      Une  histoire de dingues.
                           Voilà que François Pinault, simple privilégié, mais pas simple Français, se lance dans une diatribe morale contre les déclaration antisociales de l'ancien banquier.
  On ne l'attendait pas là, lui qui fut toujours un fidèle soutien des divers régimes de droite et parfois ami de certains hauts-zélus.
    Il a du faire son chemin de Damas, se souvenant sur le tard de ses modestes origines bretonnes, ces gens de peu, ces "petites gens"  dont il défend aujourd'hui la cause.
   Jupiter aurait perdu le nord.
        Pinault, en converti tardif,  aurait-il pris langue avec François Ruffin?  On s'interroge.
Pourtant, son image n'est pas spécialement celle d'un homme de gauche.
,   Certes, il vient de loin, mais certains s'interrogent sur les petites combines, qui firent de lui, à une époque faste et à l'aide de circonstances et d'appuis bienvenus, un des hommes les plus riches de France.
   Quelques bons coups et une montée fulgurante vers les hautes sphères des zeureux zélus.
       ..Il prend en 1987 75 % du capital de la Chapelle Darblay, numéro un français du papier journal, entreprise gérée par l'État depuis son dépôt de bilan en 1981, ce dernier y injectant 2,7 milliards de francs. Il revend la Chapelle Darblay dans la foulée à Pinault SA pour 450 millions de francs, empochant une plus-value de 110 millions à titre personnel. Pinault SA la revend en 1990 au groupe public finlandais Kymmene pour 1,4 milliard de francs et réalise au passage une plus-value de 620 millions. François Pinault construit sa fortune pendant douze ans en rachetant des entreprises en dépôt de bilan pour le franc symbolique à la barre des tribunaux de commerce...
       Il a suivi les bons tuyaux et devint l'homme d'affaires bien connu, qui investit jusqu'à Venise et aux USA.
    Devenu riche mécène, il n'est cependant  pas réputé être un grand héros contributif. Il sut même éviter plus d'une fois les inquisitions du fisc, lui qui fut un proche de J.Chirac et une idole de François Hollande.
     Il s'est engagé, avec son ami-ennemi Beranrd Arnaut, dans un guerre du mécénat. Question d'image et d'utiles réductions fiscales?
  Lui qui disait mes concurrents: soit ils sont morts, soit je les ai éliminés n'a pas toujours fait dans la dentelle?
     Le self made man assumé  n'est sans doute pas au bout de sa fulgurante carrière.
              Il fait pâlir le locataire de l'Elysée, qui n'est cependant pas désargenté, mais qui ne lui arrive pas aux chevilles.
                         Les petites gens, disait-il?...
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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 7/5/1954: Fin de la bataille de Diên Biên Phu                                             (Eléments pour une recherche)

                                                                             55 jours d'enfer
                   La longue bataille finale, conclusion d'une guerre pour rien, tout à fait évitable, préparant le terrain de la  Guerre du Vietnam, tout aussi inutile et cruelle.
                                                        Des occasions manquées: 
         "...Le drame puise sa source dans la défaite de la France face à l'Allemagne, l'occupation de ses colonies d'Indochine par le Japon et la volonté du général de Gaulle, à la Libération, de réoccuper l'Indochine pour l'honneur du drapeau, cela au moment même où les autres puissances coloniales abandonnaient leurs colonies d'Asie (Indes et Birmanie pour l'Angleterre, Indonésie pour les Pays-Bas).
           Le 24 mars 1945, alors qu'il s'apprête à prendre le pouvoir en France,le général de Gaulle déclare son intention de restaurer l'autorité de la France en Indochine.Cette déclaration intervient quinze jours après l'humiliant «coup de force du 9 mars» par lequel les Japonais se sont emparés des leviers de commande en Indochine et ont capturé, voire massacré, les Français présents sur place.
Le chef de la France libre veut prendre de court ses alliés anglo-saxons qui lorgnent sur l'Indochine comme le montrera leur décision, à Potsdam, d'en confier l'administration aux Chinois et aux Britanniques, à l'exclusion des Français.
          De Gaulle projette d'établir une fédération de colonies et de protectorats qui comprendrait les trois provinces du Viêt-nam (les trois Ky : Tonkin, Annam et Cochinchine) ainsi que le Cambodge et le Laos. Le 14 août 1945, il nomme l'amiral Thierry d'Argenlieu gouverneur général de l'Indochine ; farouche partisan de la colonisation, l'homme a aussi la réputation d'être rigide et cassant.
Les événements se précipitent. En septembre 1945, sitôt après la capitulation du Japon, Hô Chi Minh, chef du parti communiste vietnamien, le Vietminh, proclame unilatéralement la République démocratique du Viêt-nam.
             Dans le même temps, un corps expéditionnaire débarque à Saigon sous le commandement du général Leclerc. Celui-ci serait partisan de négocier avec le Vietminh mais pour son supérieur hiérarchique d'Argenlieu, il n'en est pas question.
Fonctionnaires et militaires français se réinstallent sans trop de mal en Cochinchine, où le Vietminh est quasiment absent. Là-dessus, Leclerc engage non sans succès la reconquête du nord.

Échec des négociations et insurrection

          Mais de Gaulle quitte le pouvoir en janvier 1946... Le nouveau gouvernement comprend l'inanité d'un maintien de la France en Indochine. Il prépare un accord avec les Vietnamiens en vue de reconnaître leur indépendance, suivant l'exemple des Britanniques qui s'apprêtent à quitter leur colonie des Indes.
Paris bénéficie d'une circonstance favorable : Hô Chi Minh, à Hanoï, craint une mainmise de ses voisins chinois et se montre disposé à composer avec les Français. C'est ainsi que le négociateur                Jean Sainteny et Hô Chi Minh signent les accords du 6 mars 1946. Ils reconnaissent un État libre du Viêt-nam au sein de l'Union française.
         Une conférence se réunit à Fontainebleau, en présence d'Hô Chi Minh lui-même, en vue de préciser les contours de l'indépendance de l'Indochine. Un référendum est prévu pour l'union des trois Ky. Mais la conférence se prolonge indéfiniment, les protagonistes jouant la montre.
Elle va tourner court en raison d'un premier incident qui survient le 19 novembre 1946. Ce jour-là, une fusillade se produit dans le port de Haïphong entre une jonque chinoise et la douane française. À bord de la jonque, des nationalistes vietnamiens transportent de l'essence de contrebande. La fusillade dégénère et fait 24 morts. Parmi eux le commandant Carmoin qui s'avançait avec un drapeau blanc vers les Vietnamiens de la jonque.
       L'incident de la jonque chinoise est aussitôt exploité par les partisans d'une reconquête de l'ancienne colonie, au premier rang desquels figure l'amiral Thierry d'Argenlieu.
Avec le soutien du ministre des Affaires étrangères Georges Bidault, l'amiral veut au moins conserver Saïgon et la Cochinchine à la France et il s'oppose ouvertement à Leclerc et Sainteny. En contradiction avec les accords du 6 mars, il décide de rompre l'unité des trois Ky du Viêt-nam en créant une Cochinchine indépendante affidée à la France.
Pour imposer leur solution au Vietminh et rétablir leur autorité sur une partie au moins de l'Indochine, les militaires décident de recourir à la bonne vieille «diplomatie de la canonnière» héritée du siècle précédent.
         Le 23 novembre 1946, à l'instigation de l'amiral d'Argenlieu, trois avisos du colonel Debès bombardent le port de Haïphong. Brutale, l'attaque aurait fait 6.000 morts ! L'événement passe inaperçu de la métropole et notamment du chef du gouvernement, le socialiste Léon Blum, qui n'en perçoit pas la gravité. Mais sur place, il n'en va pas de même. L'agression lève les derniers hésitations de Hô Chi Minh.
     Le 19 décembre suivant, son parti, le Vietminh, lance une offensive générale contre les Français. La centrale électrique de Hanoï est détruite, les rues barrées, les magasins et les maisons d'Européens attaqués... On compte pas moins de 400 victimes, morts et disparus, parmi les colons.
Le lendemain, après le massacre, l'«oncle Hô», surnom affectueux que donnent les communistes à leur chef, publie une déclaration sans ambiguïté : «Luttez par tous les moyens dont vous disposez. Luttez avec vos armes, vos pioches, vos pelles, vos bâtons. Sauvez l'indépendance et l'intégrité territoriale de la patrie. Vive le Vietnam indépendant et indivisible. Vive la démocratie » (*). Aussitôt, Hô Chi Minh entre dans la clandestinité et son général Giap forge une armée de 60.000 hommes pour chasser les Français.
     L'opinion française se montre indifférente à cette guerre coloniale qui débute, quand elle ne s'y oppose pas par des manifestations violentes contre les convois de soldats, voire de blessés rapatriés d'Indochine.
           Il est vrai que les combattants du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO) ne sont pas des conscrits mais des militaires de métier, des volontaires des colonies d'Afrique et d'Asie et des soldats de la Légion étrangère, y compris de jeunes Allemands, orphelins de la Wehrmacht, à l'égard desquels l'opinion publique se sent peu d'affinités..." (D'après Hérodote.net)
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- Michelin ou l’opportunité coloniale
-De Gaulle, Leclerc et d'Argenlieu 
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Autant savoir

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

__ Bruits de vaisselle.

__ Pourquoi? C'était prévisible.  Après une telle braderie.

__ Une calculette comme seul horizon.

__ Le marché des maisons de retraite.

__ Le passé sombre de l'rlande.

__ Après Singapour.

__ La PAC: un grand bond en arrière.

__ Journalisme aux USA: Quelques philanthropes le sauveront-ils?

__ Les fake news ne datent pas d'aujourd'hui.

__ La  Chine cherche ses ports.
                   Dans la perspective de la nouvelle route de la soie
                            Nouvelle version.

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Euro: plan B?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La question revient...

 

Problème en suspens
                                    Un plan B, c'est la possibilité d' une autre voie, au sein d'une Europe qui vacille, dont la monnaie unique fait problème. La situation de la Grèce n'est que la manifestation la plus crue de l'impasse de ses institutions depuis fin 2008.
     Ce plan B est discuté par l'Eurogroupe, de manière sporadique, le plus souvent discrète, parfois honteuse. 
La question se pose, même si elle tétanise les élites: sortir ou ne pas sortir d'une nasse ne correspondant pas à l'esprit des fondateurs?
  Selon quelles modalités ?
Pour revenir au statu quo ante? Difficilement imaginable.Aucune voie n'est élaborée avec précision. 
     Mais le tabou se lève périodiquement, pas seulement pour Athènes.
        Lassés de voir la question de la Grèce convoquée à chaque réunion de l’Eurogroupe ou sommet européen, frustrés de ne constater aucune avancée et de se heurter à une résistance qu’ils n’avaient pas prévue de la part du gouvernement grec de Syriza, les ministres des finances de la Slovénie, de la Slovaquie et de la Lituanie – parlant peut-être au nom d’autres ? – ont décidé de briser les apparences, samedi 25 avril, à l’issue d’une nouvelle rencontre de l’Eurogroupe, marquée par un nouvel échec sur la question grecque. Ils ont commencé à parler ouvertement d’un plan B pour la Grèce.
   « Un plan B, cela peut être n’importe quoi », justifiait (alors) le ministre des finances slovaque Dusan Marmor, afin de ne pas donner l’impression de l’urgence. « Mon propos était de se demander ce que nous ferions si le nouveau programme n’était pas adopté à temps pour permettre à la Grèce de se financer et d’améliorer sa liquidité », déclarait-il un peu plus tard pour expliciter son propos....
 ... l’Allemagne avait bien un plan secret pour faire sortir la Grèce de l’Europe. D’ailleurs, Berlin cache à peine ses arrière-pensées. Avant même les élections grecques, le gouvernement allemand parlait d’une éviction d’Athènes de la zone euro, la jugeant désormais moins risquée qu’en 2012, comme l’avait révélé le Spiegel dès début janvier.
      ... En l’absence d’un plan d’aide européen signé dans les plus brefs délais, les analystes financiers sont de plus en plus nombreux à juger un défaut de la Grèce comme inévitable. De Citibank à Goldman Sachs en passant par ING ou Barclays, tous écrivent des scénarios catastrophes sur une sortie de route accidentelle de la Grèce. Les uns évoquent le risque d’un non-paiement du FMI, d’autres les risques de voir une banque exploser, d’autres encore le non-paiement des fonctionnaires et des retraités recevant à la place une sorte de certificat qui servirait de monnaie d’échange à l’intérieur du pays. Quelles que soient les possibilités envisagées, toutes aboutissent à une même fin : la faillite du pays, conduisant à une expulsion de la zone euro, avec contrôle de capitaux et retour de la drachme à la clé.
          Prises de parti ou indifférence...
Le débat reste encore interdit. On tend le dos. Pour sauver l'Europe? 
  Mais quelle Europe? 

     "... Certains, qui sont sans doute les moins nombreux, veulent revenir au franc, d’autres veulent aboutir à un euro modulable entre les pays du nord et du sud, d’autres encore que l’euro, plutôt que d’être monnaie unique devienne une monnaie commune, etc. On voit bien que les solutions sont multiples, et pourtant le grand public ne le sait pas. 33 % des Français considèrent qu’il faut sortir de l’euro, mais sur quel thème ? Cela, on ne peut pas le savoir, puisque le débat n’est jamais posé, à cause de cette idée fausse du tout ou rien. C’est la folie de la démarche binaire dont parle Finkielkraut, selon laquelle la pensée doit marcher au pas, en rang militaire....

     L’euro est un tabou pour les « partis de gouvernement », qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, parce qu’ils sont prisonniers de leurs promesses d’un avenir radieux européen auquel ils feignent de croire encore. En outre, les mêmes partis  entretiennent le mythe qu’il est impossible de sortir de l’eurozone sans un retour à des monnaies nationales, lequel serait en effet désastreux. Le tabou est entretenu par la plupart des économistes français qui, au service soit du pouvoir soit des banques (ce qui dans le système actuel revient au même), partagent et diffusent la même analyse. Par conséquent, et malheureusement, les journalistes suivent le train. Pas étonnant que le débat soit de fait « interdit ». Il l’est d’autant plus que seul le FN aujourd'hui ose braver le tabou  et s’est donc bâti quasiment une sorte de monopole de la contestation de la monnaie européenne tout en offrant des solutions absurdes. Il est  urgent d’ouvrir le débat pour sortir de cette situation lamentable et mortifère..."
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Sauvée, la Grèce?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Tirée d'affaires?
                       Si l'on en croit quelques titres quasi triomphalistes de grands quotidiens d'hier, le pays des Hellènes verrait enfin le bout du tunnel, la fin d'une longue période d'austérité maximale, du moins pas pour ceux dont les privilèges ont été soigneusement garantis, comme les armateurs , les banquiers, l'Eglise et l'armée.
   

 Ce serait donc, comme le titre un journaliste presque euphorique, la fin de la crise!

          Pierre Moscovici exulte: "La crise grecque s'achève ici, cette nuit. Nous sommes finalement arrivés au bout de ce chemin qui a été si long et si difficile. C'est un moment historique", s'est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici. ...  Le ministre grec des finances Euclid Tsakalos fait un peu plus dans la nuance: "Pour que ça en vaille la peine, nous devons nous assurer que le peuple grec voit des résultats concrets", a-t-il ajouté.      
       Voilà une remarque  d'importance. Un allègement peut-être, que l'on pourrait si on veut qualifier d'"historique", mais c'était attendu malgré les réticences de l'Allemagne, et une surveillance renforcée qui va durer.
    Un quotidien du soir parle de "courage grec"...On n'est pas au bout des "efforts" et les souffrances du peuple grec, du moins pour la majorité, malgré quelques embellies partielles et locales, notamment dans le tourisme.
    Des échéances de remboursement plus étalées, oui, mais ce n'est pas, loin de là, le bout  de ce spectaculaire échec européen, dont certains organismes financiers ont bien profité ainsi que certains pays, dans une Grèce vendue à la découpe, comme ses ports et ses aéroports.
   Toujours sous perfusion, mais avec le souci de faire un exemple et la crainte du too big to fail, du risque pour certaines banques européennes.  L’optimisme officiel tient surtout à la résignation des créanciers face une situation devenue insoluble.  Et les marchés savent que près de 75% de la dette grecque est détenue par les pays de l'UE, le FMI et la BCE. Autant d'investisseurs fiables, aux côtés de qui il fait bon emprunter.....
   Une fin en trompe l'oeil donc, qui ne dupe pas les connaisseurs d'un dossier qu'on s'est acharné à déformer et à dramatiser. Pour faire un exemple.
  Le bout du tunnel n'est donc pas pour demain.
     Pour retrouver leur niveau de vie d’avant la crise, il faudra des décennies, voire plusieurs générations. D’autres réformes sont déjà annoncées : les seuils imposables vont notamment être encore abaissés, et une nouvelle version des régimes de retraites devrait aboutir d’ici à 2019, alors que beaucoup de retraités ont déjà vu leurs revenus divisés par deux.
    De même, l’Etat continue de se délester pour une bouchée de pain de ses entreprises publiques. Après les quinze meilleurs aéroports du pays, la société ferroviaire nationale doit être vendue, tout comme la compagnie d’électricité du pays ou encore le port de Thessalonique.
     La "sortie" du plan d’aide est surtout symbolique : la Grèce va rester dans un régime d’exception, avec une surveillance trimestrielle de la part de l’Union européenne. C’est comme dans un avion en pilote automatique, une fois que le programme de vol est appliqué, l’équipage n’a que très peu de marge de manœuvre....
   Les dégâts sont déjà considérables, les souffrances ne sont pas seulement physiques..
        Un dossier qui ne sera pas refermé de si tôt.
           La potion mortelle n'a pas encore produit tous ses effets.
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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

8 Mai 1945: SETIF     (Elements pour une analyse)
                               Un autre 8 Mai. Un événement occulté.
   Silence et manipulations de l'information.
-17000 morts algériens selon les sources américaines 
        Un événement encore à décrypter.
La commission d'enquête fut annulée. 
       Une Algérie sans "ciment réel", sur fond d'antagonismes anciens issus du fait colonial, Ce fut le vrai début de la guerre d'Algérie.
                Le 19 avril 2015, le secrétaire d’État Jean-Marc Todeschini s'est rendu à Sétif, à 300 km à l’est d’Alger, pour rendre hommage aux victimes des massacres du 8 mai 1945 en Algérie. C'était la première fois qu'un représentant du gouvernement français venait commémorer ces tueries considérées comme le véritable premier acte de la guerre d’Algérie 
Le documentaire de Mehdi Lallaoui et Bernard Langlois (55 minutes fortes d'images d'archives et de témoins retrouvés) raconte ces jours où, alors que l'Europe se libère de l'horreur, en Afrique du Nord les peuples colonisés, acteurs de la Libération espérant leur émancipation, vont connaître les massacres et la torture. Ce 8 mai 1945, à Sétif, un policier tire sur Bouzid Saâl, jeune scout musulman tenant un drapeau de l'Algérie et le tue, ce qui déclenche une émeute meurtrière des manifestants, avant que l'armée n'intervienne, suivie par les milices des colons.
Moins connus, les massacres de Guelma se déroulent dans les jours suivant la révolte de Sétif. Exécutions sommaires, massacres de civils, maisons incendiées, hameaux bombardés : dans ce documentaire de 15 minutes, les témoins se souviennent.
         Les massacres de Sétif, qui se déroulèrent entre le 8 mai et la fin juin 1945, est un terme générique qui couvre en réalité des tueries sommaires qui eurent lieu dans une grande partie du Constantinois. L’interruption brutale des cortèges populaires (à Sétif et Guelma, la police tira sur la foule), initiés par les nationalistes algériens voulant fêter la victoire sur l’Allemagne nazie et rappeler les promesses d’émancipation, fut le déclencheur des émeutes. Elles firent 103 morts chez les Européens. La répression aveugle contre la population algérienne fut terrible. Il y a 20 ans, je réalisais pour la chaîne Arte et avec la complicité de mon ami Bernard Langlois Les Massacres de Sétif, un certain 8 mai 1945. Parallèlement, « Au Nom de la Mémoire » publiait un livre de référence sur ces événements : Chronique d’un massacre. 8 mai 1945, Sétif, Guelma, Kherrata de Boucif Mekhaled...
               Les massacres de Sétif, Guelma, Kherrata commencèrent à être évoqués publiquement par les représentants de l’État français il y a une dizaine d’années seulement. En effet, il a fallu attendre soixante ans pour que l’ambassadeur de France à Alger, Hubert Colin de Verdière, parle à propos des massacres perpétrés par la France en mai juin 1945 de « tragédie inexcusable ». Quant à Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, il déclarait trois mois plus tard: « Il est essentiel pour construire un avenir commun que nous arrivions à examiner ensemble le passé afin d’en surmonter les pages les plus douloureuses pour nos deux peuples. Cela suppose d’encourager la recherche des historiens, de part et d’autre, qui doivent travailler ensemble, sereinement, sur ce passé mutuel. » 
    Le président de la République François Hollande alla beaucoup plus loin. Devant les deux chambres du Parlement algérien, il déclara en 2012, lors de son premier déplacement en Algérie : « Pendant 132 ans, l'Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal (…) et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien. Parmi ces souffrances, il y a eu les massacres de Sétif, de Guelma, de Kherrata, qui, je sais, demeurent ancrés dans la mémoire et dans la conscience des Algériens, mais aussi des Français. Parce qu’à Sétif, le 8 mai 1945, le jour même où le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles. »...
   Le déplacement à Sétif et l’hommage aux victimes du secrétaire d’État Jean-Marc Todeschini le 19 avril sont certes à saluer, mais n’apporteront rien de nouveau. Nommer le crime sans le caractériser, sans l’identifier comme crime contre l’humanité, c’est ne faire que la moitié du chemin.
Car au-delà des phrases et des tournures « les pages douloureuses », « les drames inexcusables », « le système injuste et brutal », de quoi parle-t-on ? Nous évoquons des massacres de populations civiles par les autorités militaires et les milices coloniales dont les estimations vont de 9 000 à 35 000 morts. Nous évoquons l’utilisation de l’avion et de la marine de guerre pour réduire à néant des dizaines de villages soi-disant insurgés. Nous évoquons les jugements sommaires et les exécutions du même ordre de centaines de civils désarmés. Nous évoquons des tortures, des disparitions forcées de personnes, et des emprisonnements dont certains prendront fin au jour de l’indépendance, en juillet 1962.
    Sétif 1945 est indéniablement un crime contre l’humanité selon les définitions de la Cour pénale internationale : « Les crimes contre l’humanité incluent des actes commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque. La liste de ces actes recouvre, entre autres, les pratiques suivantes : meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation ou transfert forcés de population, emprisonnement, torture (…). Persécution d’un groupe identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste (…). »
     Depuis des années, les demandes de reconnaissance solennelle et officielle en France des crimes de 1945 sont restées vaines, malgré le rappel chaque année par les associations de cette exigence de justice. Cette exigence morale qui impose de mettre des mots sur les exactions commises au nom de la République en Algérie, il y a 70 ans. Ces reconnaissances qui permettent l’apaisement, la justice et la transmission de notre histoire commune ont été possibles par la voix du président Jacques Chirac7 pour ce qui concerne la responsabilité de la France dans la rafle du « Vél' d’hiv' » de juillet 1942. Elles ont été possibles par la voix de l’actuel président de la République dans la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961...
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Le foot, hier et aujourd'hui

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Ou du meilleur au pire.


                                                          Ce qu'est le foot devenu.
   La fête est repartie et avec elle des prises de position pour le moins contrastées.
      Il est vrai qu'il y a matière à débat au sujet de l'évolution récente de cette pratique sportive. populaire, qui a changé plus que dans son esprit, devenu un marché sur le plan international.
   Un sport qui remonte à loin, sous des formes variées et peu codifiées. On en trouve déjà des manifestations dans l'ancienne Chine avant de le voir éclore dans le berceau anglais, puis un peu partout dans le monde.
   Cette pratique, qui continue à enthousiasmer les gamins, à attirer des foules autour d'un club fétiche, n'est pas à l'abri de dérapages et parfois de violences dans certains cas. Violences racistes en Italie, violences d'une certaine jeunesse en Algérie.
    Mais il semble être devenu malade au plus haut niveau, atteint d'une pathologie qui affecte notre société toute entière, miné par des pratiques financières de tous ordres, souvent critiquées mais pas toujours transparentes (pour utiliser un euphémisme). sous l'oeil indifférent des pouvoirs publics.
 C'est tout un système qui a changé, depuis que le monde des affaires a envahi l'univers des stades, dénaturant les pratiques sportives et l'esprit du jeu.
   Le foot mérite bien mieux que ce que la FIFA en a fait.
       Avec les pratiques financières les plus folles, le jeu est devenu aseptisé
 Rien à voir avec les équipes d'avant ces trente dernières années, à Lens ou ailleurs.
   Pour les jeunes, le sport professionnel est devenu un contre-exemple.  il n'est plus l' instrument d'émancipation qu'il fut.
   De dérives en dérives, il détourne de plus en plus de personnes autrefois motivées.
        Des millionnaires courant après un ballon, c'est un peu simple, mais pas si caricatural que cela.     Le business est partout.
     Ils nous ont volé notre football, disait quelqu'un avec une certaine justesse.

Une chose est sure: le ballon ne tourne pas très rond.
     Foutu, le foot? Il reste encore parfois de bons restes.
         Même si on partage pas tous les éléments de ce commentaire:
             L’économie politique du football est (donc) de part en part une économie politique capitaliste – n’en déplaise à ses thuriféraires de ‘‘gauche’’ – parce que la logique du profit en a fait une entreprise comme une autre, avec ses employeurs, ses actionnaires, ses salariés, ses rapports d’exploitation, ses stratégies financières, ses conflits d’intérêts, ses licenciements, ses liquidations et son chômage. L’Empire football est même devenu au fil des ans une vaste multinationale bureaucratique gérant un énorme marché international où circulent des masses considérables d’argent et où s’opposent sans interruption de grandes fédérations dominantes avec leurs championnats réputés (Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne, France, Brésil, Argentine), des clubs d’élite (en Europe : Real de Madrid, Juventus de Turin, Manchester, Barcelone, Chelsea, Liverpool, Inter de Milan, Bayern de Munich, Milan AC, Ajax d’Amsterdam, Arsenal, Benfica, Eindhoven, CSKA Moscou) et des groupes capitalistes qui se disputent férocement l’hégémonie sur ce ‘‘marché porteur’’. Pour comprendre le fonctionnement de cet univers mercantile complexe qui organise une débauche de compétitions, de rencontres et de ‘‘fêtes’’ – championnats nationaux, régionaux et locaux, Coupes du monde, Coupes de l’UEFA, Super Coupes d’Europe, Coupes intercontinentales, Coupes d’Afrique, Jeux Olympiques, Jeux méditerranéens – il ne faut jamais perdre de vue qu’il repose totalement sur une infrastructure capitaliste et que ses modes d’organisation peuvent, suivant les lieux et les époques, combiner plusieurs formes politiques ou idéologiques : le fascisme, le stalinisme, le libéralisme, le travaillisme, la mafia, le poujadisme, le régionalisme, l’islamisme, etc. – ce qui lui donne cette apparence bigarrée de diversité dans l’unité. Malgré ses manifestations nationales très diverses, le football reste cependant partout traversé par la même logique, car il est institutionnellement subordonné à la maison-mère, la mère pondeuse, la Fédération international de football association (FIFA), créée à Paris en 1904. C’est en effet la FIFA qui accrédite les diverses fédérations et ligues nationales de football, qui fixe les règlements et contrôle ses applications, chapeaute les grandes compétitions, en particulier les Coupes du monde, et oriente les grands projets de développement qui visent tous à convertir la planète à la religion profane du ballon rond, à étendre son empire jusque dans les pays les plus réfractaires, bref à piloter la footballisation du monde. La pieuvre a donc étendu ses tentacules sur tous les continents, des grandes métropoles aux plus petits villages : après l’Europe, l’Amérique latine, la Russie, l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, l’Australie, le Japon, l’Asie du Sud-Est, l’Océanie. A sa manière, le football est l’expression de la colonisation capitaliste du monde, et son exportation aux quatre coins de la planète – à partir de son lieu d’origine, l’Angleterre – traduit l’extension du processus impérialiste, sa pénétration dans des zones encore vierges, son insatiable appétit de conquêtes et de surprofits. Le football, porté par la vague déferlante du libéralisme contemporain, tend également à pénétrer l’ensemble des pays, mais aussi à affirmer son monopole idéologique dans l’industrie de l’abrutissement qui caractérise le capitalisme avancé. Le football est, en effet, contrairement aux rêveries idylliques des zélotes qui persistent à y voir un élément de la culture, l’une des principales machineries idéologiques de manipulation, d’endoctrinement et de crétinisation des masses. En cela, le football est bien l’idéologie dominante par excellence parce qu’il correspond exactement aux valeurs préconisées par le capital. […] De ce point de vue le football est bien une forme de tyrannie et d’aliénation parce qu’il favorise la chloroformisation des esprits, l’obnubilation des médias et la sidération des masses : des matches, des buts, des anecdotes, des olas, des hurlements, des insultes, toute la panoplie de l’infantilisation et de la régression au service d’une entreprise de décervelage ou de lavage de cerveau – pour paraphraser Tchakhotine : le viol des foules par la propagande footballistique  »

[Jean-Marie Brohm & Marc Perelman, Le football, une peste émotionnelle, Gallimard, Folio,]
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