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Humeur d'août

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Je suis désolé! 
   Je ne savais pas....
   Je ne l'ai pas fait exprès...
    Devant le juge, je suis vraiment désolé.
L'inventeur de la Kalach est désolé, mais content quand même.
Je suis désolé pour le bruit ou de m'être énervé. 
Désolé de vous avoir tiré dessus!  
  Madoff devait être désolé d'avoir ruiné tant de monde. 
   Je  suis désolé de vous avoir blessé, de vous avoir trompé sur un produit. 
     On est désolé pour tout et à tous propos: pour le plus insignifiant ou le plus grave.
        On ne s'excuse plus, mon bon monsieur, on est juste désolé.
Ça ne mange pas de pain. 
    Au lieu d'être vraiment en sympathie, on est désolé.
    Au lieu de reconnaître courageusement ses torts, on est désolé.
    Pour esquiver une responsabilité ou un devoir de réparation, on est désolé.
     Pour masquer son manque de courage, son devoir de savoir, d'attention et d'empathie.
On est désolé.
Désolé, on vous dit!  
     Un voile commode d'auto-justification, de déresponsabilisation parfois, qui fait partie des locutions propres à la nouvelle langue de bois d'aujourd'hui, technique d'évitement, de défense, de minoration.
     Bon, c'est décidé, je ne serai plus désolé...
        Désolé d'être désolé!
             Y'a pas d' souci...
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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Les événements de SUEZ
                                         [Quelques notes sur un épisode de l'histoire qui ne fut pas sans conséquences majeures]
     Beaucoup s'en souviennent encore, mais à l'époque, les faits paraissaient embrouillés, les tenants et aboutissants des événement nous échappaient largement, comme leur sens réel, l'information était réduite et orientée, la presse bien conditionnée, et les principaux enjeux de certains accords. étaient secrets. Alors que les conséquences furent importantes, pas seulement dans la nouvelle gestion du canal, enjeu majeur du commerce occidental surtout à l'époque.


    Tout cela dans le contexte de la guerre froide, de la fin d'un monde colonial, notamment britannique, de la montée de certaines indépendances moyen-orientales, des tensions avec Isarël et du nouveau cours de la diplomatie des USA.
     Ce fut un fiasco franco-britannique.
          Les conséquences sur l' éveil de certains nationalismes arabes ne furent pas insignifiantes.
      Les conséquences en chaîne: de nouvelles alliances
....La preuve est faite que les pays d'Europe ne sont plus les puissances dominantes dans cette région. Les États-Unis et l'URSS ont tenu à montrer que l'ère coloniale était finie et qu'aucune politique au Proche-Orient ne pouvait se faire sans eux. C’est la fin de la politique de la canonnière.

De plus, en agissant de manière isolée, des pays comme la France et la Grande-Bretagne peuvent être mis en échec par des représailles purement économiques, comme l'a montré l'attaque sur la livre sterling.
La France tire une rancune du retrait des Britanniques — à la suite des pressions américaines — sans avoir averti ses alliés, et du refus des États-Unis d'utiliser son droit de veto pour les défendre.
    La France et la Grande-Bretagne tirent des conclusions opposées. La Grande-Bretagne s'aligne sur la politique étrangère des États-Unis, devenant son plus proche allié en Europe.
  Au contraire, la France conclut qu'elle doit se donner plus de moyens pour pouvoir si nécessaire contrer les États-Unis. D'où la mise au point de la force de dissuasion nucléaire française, dont De Gaulle indique qu'elle est faite pour s'opposer à toutes menaces potentielles (« dissuasion tous azimuts »), sans adversaire désigné, ce qui n'en excluait aucun y compris les États-Unis18.
    De plus, l'alliance entre la France et Israël sort renforcée de cette crise. Cette alliance sera plus tard brisée par la politique arabe de Charles de Gaulle[et la guerre des Six Jours.
     Israël se conforte comme puissance militaire, l'opération a détruit une partie du potentiel militaire égyptien et la France a renforcé sa coopération militaire avec l'État hébreu avec, entre autres, la livraison des premiers avions à réaction de l'aviation israélienne (OuraganMystère IVVautourMirage III), de chars AMX-13 et une coopération nucléaire — don d'un réacteur — conformément au protocole de Sèvres.

    ______Ce fut un échec de la politique néocoloniale de l'Angleterre et de la France, sous la pression des USA et la  fin de l'ère coloniale et le relatif succès de Nasser.
          .... Le canal constitue d’abord un symbole de l’impérialisme européen. Le courant nationaliste se développe au début du XXe siècle en Egypte et s’empare du thème de la restitution du canal. Un projet d’allongement de la durée de la concession de 40 ans (qui devait se terminer en 1968) n’avait pas été rejeté par le gouvernement immédiatement, la presse arabophone s’était déchaînée contre le premier ministre Boutros Ghali. En 1910, il est assassiné par un jeune nationaliste. En 1922, l’Egypte devient indépendante. Des voies s’élèvent pour réclamer une indépendance économique. Hassan El-Banna, fondateur des Frères musulmans, déclare « Matin et soir, les signes de l’occupation étrangère crevaient les yeux. Le canal de Suez, c’était lui la cause du mal, la racine de la plaie, à l’ouest, le camp militaire anglais et à l’est le bureau général d’administration de la compagnie. L’Egyptien se sentait étranger chez lui, méprisé ». Le canal de Suez apparaît comme la source des misères de l’Egypte, qui ne bénéficie pas de ses revenus. En 1910, un partage des bénéfices avait été envisagé (4% puis progressivement 12 %), mais ce projet est abandonné. L’indépendance passe ainsi par la récupération du canal. Nasser, qui avait déjà obtenu le départ des militaires britanniques, annonce la nationalisation du canal en 1956 afin de permettre le développement économique de l’Egypte. Ce ne sera pas le cas, car il devient un lieu d’affrontement. En 1956, les Français font appel aux Israëliens qui mènent une action militaire aux côtés des parachutistes britanniques et français. L’Egypte fait dynamiter la statue de Ferdinand de Lesseps à l’entrée du canal.


     A partir de la nationalisation, le canal symbolise également la lutte pour l’intégrité territoriale. En juin 1967, des forces israéliennes sont présentes dans le Sinaï. En 1968, Nasser fait tirer sur les positions israéliennes, matérialisées par des remparts de terre (ligne Bar-Lev). Nasser mène une guerre d’usure. A partir de 1970, la région connaît une situation de « ni guerre, ni paix », jusqu’en octobre 1973. En 1973, Sadate décide d’agir en raison du manque à gagner : le canal de Suez est en effet fermé à la circulation depuis 1967. Il fait détruire la ligne Bar-Lev avec des canons à eau. Sadate devient le « héros du franchissement ». En juin 1975, le trafic reprend, ce qui fait espérer des perspectives de développement à l’Egypte.
     Le canal est également une vitrine pour l’Egypte et un symbole de son développement. En 2014, le projet de doubler le canal de Suez crée des emplois. Une souscription est lancée auprès de la population égyptienne : 7 milliards de dollars sont ainsi récoltés en quelques jours. Seuls les Egyptiens ont été autorisés à y participer. En un an, la navigation croisée est rendue possible sur 72 km. Le canal de Suez est peu visible de la terre, car il est protégé. Il constitue cependant un élément central de l’histoire de l’Egypte...
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Europe (suite)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

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(*)  Il n'y a pas que DSK qui reconnaît les" erreurs" du FMI  et des institutions financières, comme Batista. 
              Par delà les idées toutes faites, comme le disent  T. Piketty... J.Stiglitz, et V.Scoumbi, un travail d'analyse s'impose, au delà des réactions épidermiques et des curées médiatiques.
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 Les Grecs n'ont pas à payer une dette qui n'est pas la leur
-  Une déclaration de guerre?
-   Ce que la Grèce peut apprendre de l’Argentine
-   Les vertus de la banqueroute
-   Une longue histoire de défauts souverains
-   L’Europe doit changer ou mourir
-   La Grèce au bord du précipice, par Paul Krugman
-   Qui paye la crise grecque?
-   Grèce : les économistes jugent déraisonnables les exigences des créanciers
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Tempête sur l'Europe

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Point de vue sur le piège européen et la dette grecque.    
:                                                                            Un piège structurel.. 
                                                                                    Une dette largement "fabriquée". 
                       L'Union européenne entre dans une crise sans précédent avec le risque que l'un de ses membres, la Grèce, soit exclu de la zone euro et peut-être de l'Union elle-même. Comment en est-on arrivé là ? Les choses ne sont pas difficiles à comprendre pour qui garde un oeil critique sur les errances des deux dernières décennies...

     En 1989, avec la chute du Mur, la fin de la guerre entre l'Irak sunnite et l'Iran chiite, l'éveil de l'opinion publique en Chine... chacun a cru à la fin de l'Histoire  et au triomphe définitif de la démocratie façon occidentale. Il est apparu inutile de s'appesantir sur l'union politique de l'Europe. Place donc à l'union monétaire, promesse d'un avenir meilleur fondé sur la « concurrence libre et non faussée » et les abandons de souveraineté des États au profit des instances bruxelloises.
En 1999-2002, dans l'euphorie, les Européens ont donc accueilli la monnaie unique avec l'assurance qu'elle ferait tout naturellement converger les économies européennes, les plus pauvres rattrapant à grandes enjambées les plus riches.

                         Confiants en la solidité de la nouvelle monnaie, appuyée sur une économie allemande fortement exportatrice, les financiers de tous poils se sont disposés à prêter de l'argent aux États les plus fragiles de la zone euro, pour combler leurs besoins d'infrastructures et leur aspiration à la modernité.
Personne n'a protesté quand il s'est agi de financer par exemple les Jeux Olympiques d'Athènes (2004). Soit une vingtaine de milliards prêtés par les banques françaises et allemandes au gouvernement grec pour commander à des entreprises de génie civil françaises ou allemandes qui un aéroport, qui un stade, qui un pont ou une autoroute...
Personne n'a protesté non plus quand le gouvernement grec, qui ne partageait pas la sympathie des Occidentaux pour le gouvernement islamo-conservateur du Turc Erdogan, a souhaité moderniser son armée et procédé à des achats massifs auprès des industriels français ou allemands, achats financés à crédit par les banques françaises et allemandes.
Chacun s'est félicité au contraire de ce que la modernisation à crédit de la Grèce et des autres pays méditerranéens contribuait à relancer l'économie allemande et dans une moindre mesure celle de la France.
Cet endettement eut été impossible auparavant avec les monnaies nationales car la balance des paiements de chaque pays étant en permanence à l'équilibre, les montants en monnaie nationale qui quittaient le pays étaient automatiquement compensés par des montants en devises étrangères équivalents qui entraient dans le pays. L'équivalence était garantie par l'ajustement au fil de l'eau des taux de change.
                  Cette course au crédit a pris fin brutalement avec la crise des subprimes venue des États-Unis, qui a mis à jour les failles de la monnaie unique en 2008. Menacées de faillite pour avoir pris des risques inconsidérés, les grandes banques européennes sont allées pleurer auprès des gouvernants : « Sauvez-nous car, si nous tombons, gros comme nous sommes, nous entraînerons toute l'économie mondiale dans la catastrophe (en anglais : too big to fail) ».
Et les États de s'exécuter. Ils ont racheté aux banques des créances irrécupérables, autrement dit ont fait payer les erreurs des banquiers par leurs contribuables. C'est ce qu'on appelle en termes choisis la « consolidation du système bancaire européen » !
C'est ainsi qu'aujourd'hui, les États riches de l'Union, les institutions européennes et le FMI réclament aux États surendettés de l'Union le remboursement d'une dette accumulée dans les premières années de l'union monétaire sous forme d'infrastructures, d'immobilier, de biens d'équipement et de subventions plus ou moins inutiles.

                  Cette réclamation est-elle légitime ? Quand le gouvernement français multiplie les investissements pour soutenir l'activité du BTP ou exige de son armée qu'elle s'équipe d'avions Rafale pour sauver le groupe Dassault, il se justifie au nom de la solidarité nationale. Malheureusement, il n'y a pas de solidarité semblable au niveau européen.
Après soixante ans d'efforts et malgré les discours de campagne électorale, les Européens n'ont produit guère plus qu'une zone de libre circulation des marchandises et des capitaux. Un bourgeois de Strasbourg est infiniment plus solidaire d'un habitant de Mayotte, malgré tout ce qui les sépare, que de son voisin de Fribourg, malgré tout ce qui les rapproche, parce qu'il partage avec le premier les mêmes droits civil, fiscal, social etc, et ne partage rien avec le second.
C'est ainsi que les Allemands de Rhénanie veulent bien supporter les dettes de leurs concitoyens de la Hesse mais exigent, tels le juif Shylock, d'être remboursés jusqu'au dernier centime par leurs débiteurs grecs.
En déséquilibrant les échanges entre les États européens, la monnaie unique aura eu pour principal effet d'exacerber les rapports entre les peuples du Vieux continent et de les rendre plus hostiles que jamais les uns aux autres depuis un demi-siècle.

                         Le plus fort est que les institutions européennes n'ont aucune chance d'obtenir de la Grèce, pays le plus fragile de la zone euro, qu'elle rembourse un jour sa dette. C'est ce que disent et répètent les économistes les plus renommés, tels les Prix Nobel Joseph Stiglitz et Paul Krugman.
Supposons que par un coup de baguette magique, le gouvernement grec arrive en 2015-2016 à lever deux milliards d'euros en recettes de TVA supplémentaires :
1- au titre du remboursement de la dette publique, ces deux milliards de TVA partent aussitôt dans les comptes des banques étrangères (celles qui ont financé à crédit les achats d'armes et d'infrastructures par les gouvernements grecs précédents),
2- les entrepreneurs grecs qui ont de leur côté accepté de payer la TVA voient leurs revenus amputés d'autant. Avec quelles conséquences ? ils réduisent leurs achats auprès de leurs concitoyens et aussi leurs effectifs salariés. Baisse de la consommation, hausse du chômage, aggravation de la crise humanitaire...
3- le gouvernement, appelé à la rescousse, doit emprunter dare-dare des sous à l'étranger pour restaurer l'activité ou du moins sauver les nouveaux chômeurs de la misère !
Ainsi peut-on comprendre pourquoi, dans le cadre de la monnaie unique, les politiques de rigueur passées, présentes et futures sont condamnées à échouer, en Grèce comme ailleurs, y compris en Espagne ou au Portugal, où la timide embellie des comptes publics ne vaut que grâce à une très sévère réduction des salaires ouvriers et un appauvrissement sans précédent des classes populaires.
Cette argumentation est facile à comprendre, du moins pour un enfant de douze ans encore épargné par les a-priori religieux mais elle est inaccessible, il est vrai, aux grand-prêtres de la finance européenne qui ne peuvent renier leur dogme sans se condamner à déchoir de leur piédestal et troquer leurs privilèges contre le galetas d'une cellule.(*)

                                 Il est encore difficile de prévoir le résultat du référendum grec du dimanche 5 juillet. Si les Grecs cèdent à la peur et aux injonctions étrangères, ils accepteront le nouveau plan de rigueur imposé par Bruxelles et c'est ce que chacun juge le plus probable. Mais l'Histoire nous enseigne aussi que les Grecs savent dire Non quand il y va de leur indépendance et de leur honneur. Une surprise n'est donc pas à exclure. Quoi qu'il en soit, la survie de la zone euro et de la construction européenne demeureront en suspens.
      N'y aurait-il pas d'issue honorable et pacifique à cette crise interminable ? Si. Cette issue passe par l'effacement au moins partiel de la dette grecque puis, dans le délai de grâce ainsi obtenu, la mise en oeuvre d'une monnaie « commune » et non plus « unique ». C'est la proposition que nous développons dans notre trilogie : L'Europe à l'épreuve de la monnaie unique, Histoire de la Crise europénne, Monnaie : secrets de fabrication (Merci à Hérodote.net)
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Brésil en péril

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

L'heure des élections approche
                                                               A la fois espérée et redoutée.
                                                                            Dans ce pays livré depuis quelques années à des désordres chroniques, où, la crise économique aidant, la violence prend toujours de nouvelles formes, de même que la corruption au plus haut niveau parfois, beaucoup de Brésiliens de bon sens

s'interrogent avec crainte sur les échéances futures.
    La corruption a atteint l'ancien président lui-même, même s'il garde un fort capital de sympathie dans la partie la plus défavorisée de la population et que sa combativité semble intacte.
   On parle de démocratie en déliquescence, où l'extrême droite arrive pour l'instant en tête desintentions de vote.
   Risque-t-on de revivre les années noires de la dictature?
   Avec des nostalgiques comme Jair Bolsenaro, une aventure noire n'est pas à exclure, d'autant que l'insatisfaction de nombreuses couches de la population risque de faire le lit de "sauveurs", même évangélistes.
...Outre son appartenance au lobby des BBB balle, bibble, boeuf), les différentes prises de position de Jair Bolsonaro sur des questions sociétales le rapproche d’une frange extrémiste qui défend une élite ethnique et économique aux dépends du reste de la société : il se proclame en faveur de la peine de mort, défend les violences corporelles contre les enfants qui présentent des tendances homosexuelles, se déclare contre l'union civile entre deux personnes de même sexe… Il propage aussi des préjugés racistes à propos des peuples indigènes, présumés « malodorants » et « non éduqués ».
    L'agrobusiness en plein développement, aux dépends de zônes amazoniennes qui se rétrécissent d'années en années, pèse lourd dans la balance, concentrant les problèmes les plus cruciaux du pays, dont un renforcement des inégalités, auxquelles Lula avait partiellement essayé de porter remède, sans s'attaquer au fond du problème, largement hérité de la période coloniale.
    La vraie violence est plus massive dans les campagnes que celle, plus visibles, de certains quartiers urbains... celle des sans-terre notamment.

   «Nous sommes un pays de grands propriétaires terriens, où le pouvoir de la terre a historiquement dominé la politique. C’est pourquoi la lutte pour la terre est la lutte pour le Brésil. Le coronélisme [le pouvoir local attribué aux grands propriétaires liés au gouvernement, officiellement de 1889 à 1930 : les coroneis] des propriétaires fonciers ainsi que la confiance du pouvoir dans sa capacité de boycotter la réforme agraire ont passé à une nouvelle étape, encore plus agressive suite à l’émergence d’une force socio-économique et politique: l’agrobusiness», nous a déclaré Clodoaldo Meneguello Cardoso, coordinateur de l’Observatoire de l’éducation aux droits humains à l’Université d’Etat de São Paulo.
«Notre histoire est raciste et violente. Notre environnement idéologique et social aussi, et il n’est pas mal à l’aise avec la mort», a dit Rubén Siqueira, de la Commission pastorale de la terre (CPT), de Manaus. Selon R. Siqueira, nous sommes confrontés à une «contre-réforme agraire» basée sur l’impunité, et à une justice qui consiste à «ne pas fonctionner et à garantir des privilèges», avec des processus lents et complexes qui facilitent «les chicanes [point mineur soulevé dans un procès pour embrouiller l’affaire], les omissions et les connivences de toutes sortes».

     On attend toujours cette réforme agraire, la question-clé du pays, que n'a pu résoudre même le PT, qui a cédé sous la pression des grands lobbies. 
     Malgré les grandes fortunes qui s'étalent ici et là, "..Le Brésil demeure le pays le plus inégalitaire au monde à peine 1% de la population du pays concentre 50% des richesses. Selon le coefficient de Gini qui mesure la répartition des richesses, le Brésil est l'un des plus mal placés, aux côtés du Honduras, de la Zambie ou de Haïti. Le salaire minimum est de seulement 200 euros..."(R.Soubrillard)
   On a parlé du Brésil comme d'un pays inachevé, qui pourrait être un exemple de richesse comme de diversité.
    La lulamania est bien finie, les espoirs suscités par les rêves de l'ancien leader charismatique sont bien minces.
    La situation est préoccupante, malgré d'immenses atouts.
        A quelles conditions un président inspiré et efficace pourrait-il remettre le pays sur des rails réellement démocratiques?
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Zizanie au FMI

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

   L'institution née de Bretton-woods est l'objet de bien des critiques, concernant nombre de ses interventions et actions. 
     Ses dérives l'amènent souvent loin de ses premières missions proclamées:  « promouvoir la coopération monétaire internationale, garantir la stabilité financière, faciliter les échanges internationaux, contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et faire reculer la pauvreté1 ». Le FMI a ainsi pour fonction d'assurer la stabilité du système monétaire international et la gestion des crises monétaires et financières...".(Wiki)
       Ses économistes sont aujourd'hui réputés se tromper souvent.. 
                   L'économie, surtout la macroéconomie, n'est pas une science exacte et le FMI reste subordonné aux deniers de Washington et à sa politique ultralibérale.
     Mais, même au sein du « board » du FMI, certains semblent douter de la stratégie mise en place pour sauver la Grèce, par exemple. C’est le cas du « frondeur » brésilien Paulo Batista. Comme nous le relevions en mars dernier et comme le remarque aujourd'hui la blogueuse-essayiste Coralie Delaume, celui-ci a récemment expliqué que les sommes reçues par Athènes avaient été principalement utilisées pour « permettre le désengagement, par exemple, des banques françaises ou allemandes ». Constat confirmé par Philippe Legrain, ancien conseiller économique de José Manuel Barroso, auditionné jeudi dernier par la « commission pour la vérité sur la dette grecque », mise en place par le Parlement grec. Il raconte qu’en « 2010, les grands dirigeants européens et le directeur du FMI de l’époque, Dominique Strauss-Kahn, ont délibérément refusé de considérer la Grèce comme insolvable dans le but de protéger les intérêts des grandes banques européennes. En effet, selon les statuts du FMI, cette institution ne pouvait pas prêter à un État dont la dette était déjà insoutenable ». Comme le note encore Delaume, il était néanmoins indispensable de prêter à la Grèce, non pas pour sortir les Grecs de la crise, mais pour « aider les banques françaises et allemandes, principales créancières d’Athènes et respectivement engagées à hauteur de 20 et 17,2 milliards d’euros, à retirer leurs billes sans une égratignure ».
     Récemment, le très orthodoxe J.Attali s'interrogeait Qu’est-ce que le FMI fait dans cette galère grecque ?    (*) 
   Ils sont  nombreux à contester le politique d'une institution dont l'impartialité est de plus en plus discutée, comme Modi , par exemple, ou à dénoncer ses erreurs et ses ingérences ou récemment, DSK pointant bien tardivement certaines de ses tares.
        Quelque chose ne tourne pas rond au FMI... Il n'est plus tout à fait ce qu'il prétendait être.

   En interne, l'institution est mise en cause pour les effets de ses plans de rigueur.
 _Joseph Stiglitz, notamment, prix Nobel d'économie et vice-président de la Banque mondiale de 1997 à 2000, s'est attaqué au FMI dans son livre "La grande désillusion", devenu un best-seller mondial. Il l'accuse de privilégier les intérêts de son "principal actionnaire", les Etats-Unis, avant ceux des pays en difficulté. D'autre part, prenant pour exemples la crise asiatique et la transition russe, Stiglitz démontre que les politiques d'ajustement structurel préconisées par le FMI ont souvent aggravé les problèmes, entraînant des conséquences sociales dévastatrices et un accroissement de la pauvreté."
         Un bilan plus que mitigé, qui souligne la nécessité de profondes réformes et de mutations au sein du système monétaire international.  
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(*)-   .. Jacques Attali. sur son blog, écrivait en 2009 : « Il faut dire à l'Allemagne quelques vérités, au nom de l'avenir de l'Europe (…) La réunification a été payée non par les Allemands, mais par leurs partenaires, en raison de la parité choisie entre les deux marks, qui a conduit à un énorme transfert de richesses des autres pays européens vers la nouvelle Allemagne. Enfin, l'euro n'est pas le produit de la réunification ; il est le dernier héritage de la dynamique européenne précédente. Tout ce qui a suivi peut se lire comme le résultat d'une stratégie allemande entêtée de dissolution de l'union dans un ensemble flou, avec un nombre de pays membres de plus en plus élevé et des institutions de plus en plus faibles, autour d'un mark renommé euro et avec des relations internationales de plus en plus tournées vers l'Est. Une Allemagne de moins en moins bavaroise et de plus en plus prussienne. Une Allemagne qu'une crise économique devenant plus sévère pourrait conduire au protectionnisme, au nationalisme ». 
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La facture?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Ou la fracture?
                      Le charme est rompu.
                               La flamboyance des débuts s'est estompée.
     Au bout d'un an, l'usure du pouvoir touche inévitablement celui qui avait eu l'audace de se déclarer jupitérien, élu par défaut, sur une base électorale réduite, avec une chambre introuvable, qui devait renouveler la gestion de la nouvelle start-up France.
     A marche forcée, sans réel débat contradictoire ni réelle opposition, tout devait changer, à une vitesse qui épuisait administrateur et élus.
    L'"affaire" constitue une étape qui laissera des traces, le pouvoir n'étant pas au-dessus de tout soupçon:
...La diversion de l’Élysée qui tend à focaliser sur la « faute » commise par Benalla ne devrait normalement déboucher que sur une impasse. Le problème ne réside pas dans les violences exercées par celui-ci, mais dans le fait qu’il fut présent en violation de toutes les règles, et en commettant avec d’autres plusieurs infractions invraisemblables. Et ça, c’est la responsabilité d’Emmanuel Macron. Qu’ensuite ce favori au comportement douteux ait pu bénéficier, ce qui est le problème essentiel, de tout un tas d’avantages, dont certains loufoques, et en tout cas illégaux et inacceptables, par la seule volonté du prince, sans qu’aucun fonctionnaire d’autorité ne fasse son devoir en s’y opposant… 
   Un coup pour la dream team, déjà écorné. La macronstory se délite.
      De plus la situation économique se suit pas les rêves élyséens et les données des affaires ne jouent pas en notre faveur. Les aléas de la politique, qui bénéficie ou non des circonstances internationales....
   La croissance ne va pas se chercher au bout des dents, comme disait à une époque Sarkozy
L'optimisme des débuts se trouve pris au piège des réalités.
   Et puis certains parrains s'interrogent, comme Alain Minc et d'autres, sur la pertinence et les méthodes suivies.
   L'arrogance élyséenne devra forcément en rabattre.
      La déco n'y changera rien...
  Notre nouveau Tony Blair va-t-il comprendre que les règles du néolibéralisme, sous leur apparence moderniste, ne mènent qu'à des problèmes plus profonds et au creusement incessant des inégalités.
   De retour de Moscou, en vainqueur radieux, il paraissait invincible. Aujourd’hui, ses propres électeurs s’interrogent : Macron Jupiter qui garde le silence, tel Giscard lors de l’affaire des diamants, serait-il un Janus au double visage ? 
   Après la vague, la mer se retire.
        Celui qui apparaît de plus en plus comme Janus plus que comme Jupiter saura-t-il, pourra-t-il enfin devenir une Président (presque) normal?...
 

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Bief für Angela

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Lettre postée il y a trois ans...)

 Liebe Frau Merkel,
                                 Je sais, ma voix compte peu. Mais il y a en a beaucoup d'autres. Même dans votre propre pays, souvent couvertes pas la désinformation ou la peur.
                                             Ne songez-vous pas qu'il serait temps que, pour l'Europe toujours aussi peu achevée et désunie, dont vous orchestrez, avec des variations désarmantes, de par votre puissance du moment, le leadership de fait, la politique reprenne ses droits, comme ce fut le cas à une époque, celle du capitalisme rhénan. Avant la période Schröder, dont vous avez suivi les principes directeurs, inspirés de l'école libérale anglo-américaine, où la finance dérégulée devient la norme et le social est marginalisé. 
      Vous êtes bien placée pour vous informer un peu mieux sur le désastre humain qui se joue en Grèce, les plus privilégiés étant peu ou pas sollicités ou exportent leurs capitaux et ne pas céder aux critiques qui viennent de chez vous, pas seulement dans le le Bild ou die Welt  mais chez les ultras et une partie de votre gauche. Ecoutez certains économistes et intellectuels qui vous rappellent, comme H.Schmidt, quelques principes de sagesse politique.
  Il y a la paille et la poutre... 
     Vous avez la capacité de contribuer, avec plus de cohérence, à éviter un  nouveau désastre humain, en vous souvenant de votre histoire jalonnée aussi de tragédies et de réductions de dettes.
     Vous ne pouvez pas ne pas savoir comment s'est constitué l'essentiel de la dette grecque et le piège dans lequel ce pays s'est trouvé enfermé, comment et par qui les comptes ont été truqués dès l'origine, quelsavantages certaines banques et grands industriels allemands _mais pas seulement_ ont profité largement là-bas des largesses accordées par l'UE, sans considération sur ses faiblesses initiales et les énormes risques qu'elle prenait. Les prêteurs sont souvent irresponsables, la crise nous l'a appris.
   Vous savez que les fonds attribués à la Grèce ne sont jamais arrivés au peuple grec, ou  très peu ou très indirectement. 
     Vous savez que l'austérité érigée en principe est totalement contreproductive et peut contribuer à faire naître des forces dangereuses, que  votre propre modèle économique, essentiellement mercantiliste, n'est pas  si fort et pérenne que vous le croyez, qu'il risque d'en souffrir.comme  l'ordolibéralisme qui le sous-tend.
     Vous connaissez les pièges  dans lesquels s'est enfermé l'Eurogroupe..
      Il est urgent de reconstruire un esprit, des institutions et une monnaie non plus unique, qui ne va, à  terme, que dans le sens de vos intérêts, mais une monnaie enfin commune, sur une base de solidarité constamment négociée.
    Quelques vérités ne sont pas toujours bonnes à dire. 
 Vous concevrez qu'avant de faire la morale à certains pays (alors qu'il ne s'agit pas de morale), vous devez travailler à l' exemplarité d'une Europe qui file droit sur la voie de la désunion.
     Le courage ou le naufrage: voilà la dilemne qui se présente à votre pays et aux autres.Vous avez l'autorité pour redresser la barre et mener la barque Europe sur des eaux plus paisibles et vers des horizons moins orageux.
     Veuillez agréer....
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(*)- .... Pourtant conciliante en privé avec Alexis Tsipras ces dernières semaines, elle n’a pas su organiser les conditions d’un accord, ni éviter un référendum dont le résultat négatif prouve le rejet massif par les Grecs de la ligne austéritaire défendue à Berlin. La chancelière allemande, qui pariait sur un « oui » permettant d'acculer la gauche radicale au pouvoir à Athènes, se retrouve prise à son propre piège. La voilà désormais isolée face aux partisans du « Grexit », toujours plus nombreux en Allemagne.  
       Les barons de son parti (la CDU-CSU conservatrice) exigent de couper les ponts avec les insolents dirigeants grecs. Mais, et c’est plus surprenant vu d’ici, les chefs à plumes du parti social-démocrate (SPD), l’allié de coalition d’Angela Merkel, ont eux aussi durci leurs discours. Depuis plusieurs jours, ils multiplient les sorties hostiles, voire brutales, sur le gouvernement Tspiras. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, qui avait mené la campagne des européennes pour le parti socialiste européen, a appelé à un gouvernement de « technocrates » et qualifié Tsipras de « démagogue ». Au point de susciter, lundi 6 juillet, une mini-révolte d’une partie de la gauche au Parlement européen, qui l'a enjoint de se taire. 
     Dimanche soir, sitôt le « non » confirmé, le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, celui avec qui François Hollande espérait relancer l’Europe en cas de victoire du SPD en Allemagne en 2013, a eu des paroles au diapason de la droite conservatrice européenne. « Tsipras a coupé les derniers ponts entre la Grèce et l’Europe. […] De nouvelles négociations sont difficilement imaginables. » 
Selon la presse allemande, les responsables sociaux-démocrates, qui longtemps furent plus conciliants avec la Grèce que Merkel, ont perdu patience. En difficulté politique, ils ne veulent pas laisser le monopole de l’intransigeance à la droite. Par ailleurs, les dirigeants du SPD n’ont jamais digéré la victoire de Syriza, parti qualifié de « populiste » et d’« anti-allemand » par des députés cités par Die Welt...
.... La dirigeante allemande a géré cette crise en boutiquière, sans souffle ni courage, avec un discours technique, juridique et froid, qui a semblé gommer toute solidarité et toute compassion, centré sur le respect des règles européennes, les intérêts de l’Allemagne et la sauvegarde de l’euro. 
     Elle a laissé Schäuble, ce ministre des finances intransigeant qui est aussi un ennemi intime (elle avait évincé ce dauphin potentiel d’Helmut Kohl), gérer le dossier à coup de tirades à l’emporte-pièce qui n’ont rien à envier aux saillies d’un Varoufakis, son interlocuteur grec démissionnaire. Si elle a eu des doutes, comme viennent de le révéler Mediapart et Libération, en collaboration avec Wikileaks, sur la capacité de la Grèce à rembourser sa colossale dette, elle n’en a jamais fait état. Le petit parti europhobe Alternative für Deutschland (AfD), qui se droitise à vue d’œil et flirte avec les islamophobes de Pegida, menace désormais clairement les plates-bandes de son parti.
     Dans la pire des situations politiques, voilà Angela Merkel contrainte de forcer sa nature politique si elle veut parvenir à un accord. À moins qu'elle ne laisse la situation pourrir et la Grèce sortir de l'euro, en opposant au choix démocratique des Grecs la loi de la majorité des 18 membres de la zone euro. Dans ce cas, elle ne courra aucun danger et restera populaire dans son pays. Mais aux yeux de l'histoire, elle risquera de passer pour la chancelière qui a entrepris de détricoter l'Europe..."(Mediapart)
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Virage chinois?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

IL fallait s'y attendre:
                                La Chine revoit peut à peu sa copie                  [notes]
                                                     Plus sous la pression des nécessités internes et externes que du libre choix.
       Le développement économique effréné  va devoir être ralenti et il était prévisible que le pays se resterait pas éternellement l'atelier du monde, sous la poussée inévitable du coût de la main d'oeuvre, des exigences des équilibres intérieurs, des problèmes posés par les conséquences d'une production qui, malgré certains efforts, porte parfois gravement atteinte au milieu.


     On le voit spectaculairement avec la gestion des terres rares dont elle s'est accaparée la gestion presque exclusive, pour garder la main sur la production des industries de pointe.
     La Chine affirme sa volonté de rééquilibrer son développement, de freiner la poussée des inégalités internes, qui ne sont plus un atout majeur dans ses coûts de production.
     La croissance des grandes mégapoles va se terminer pour un aménagement plus équilibré du pays.   C'est aussi vital économiquement que politiquement, même si le contrôle des populations et des informations a pris un virage plus dur, quasi orwellien par certains côtés, jusque dans l'espace public et les transports
   Ce contrôle renforcé ne garantit pas de produire à terme les effets escomptés et la nouvelle gestion de la population peut devenir une bombe à retardement pour le régime.
   Et il y a le problème bancaire, dont on comprend mal les ressorts, mais qui inquiète certains économistes. Le pays tente de réguler d'ailleurs aujourd'hui son fabuleux endettement, quitte à retarder ou ralentir certains grands projets comme celui de la nouvelle route de la soie
       La Chine a-t-elle atteint ses limites? C'est ce que pensent certains, mais qui ne voient sans doute le problème que par certains aspects seulement. Dans certains domaines, on n'a plus rien à lui apprendre.
   On peut aussi la voir comme la future première puissance économique mondiale dans un très proche avenir, malgré la puissance déclinante des USA et les récentes rodomontades de Trump, car l'Empire du milieu tient les finances US par la barbichette.
     Elle a certainement mieux que d'autres pays la capacité de résister à de futures crises économiques prévisibles.
   Malgré son centralisme, elle semble garder des capacités d'adaptation étonnantes.
 En dépit de ses tensions internes et ses contradictions, parfois peu perceptibles, elle n'a pas renoncé à ses ambitions de retrouver la première place d'antan et s'en donne les moyens, avec une capacité d'adaptation qui surprend toujours.
       Mais l'avenir, comme toujours, est difficilement prévisible, surtout pour une puissance qui reste largement pour nous un trou noir.
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Médecine et information

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Dans la série: on n'arrête pas le progrès...
                                                           Les puissants labos pharmaceutiques sont en voie d'acquisition d' une nouvelle force de frappe.
On pouvait s'y attendre.
          Les médecins vont passer à la pointe de l'information la sollicitation.
   Ils vont pourvoir être pistés par les grands labos, qui leur veulent du bien.
   Grâce à une nouvelle application révolutionnaire sur leur téléphone.
Déjà (trop) bien formatés par les grands groupes à intense lobbying en matière de prescription, ils risquent de devenir un peu plus dépendants, parfois à leur insu,  des puissants intérêts privés qui gèrent le Vidal et un certain nombre de revues à la neutralité prétendue..
       C'est le savoir médical, si fondamental, qui est ainsi sous contrôle, quand pour les médicaments on attend toujours la  transparence.
  _ A première vue, un grand progrès:
                         Une application médicale pour smartphones, lancée par l'américain Merck sous couvert d'une de ses filiales, permet au laboratoire américain d'enregistrer le comportement des médecins afin de leur délivrer des publicités ciblées. Alors même que cette base de données sur les médicaments est présentée comme un outil au service des praticiens.
... « Consult par Univadis », est une application gratuite pour smartphones réservée aux professionnels de santé, prolongement de son site web d’information médicale. A priori, c’est une aubaine : qu’il soit dans son cabinet, en visite ou dans une chambre d’hôpital, le médecin n’a plus qu’à empoigner son téléphone mobile pour accéder à la description de toutes les maladies et de l’ensemble des médicaments. Le service est présenté aux praticiens comme un outil d’aide à la prescription incontournable « pour [leur] pratique quotidienne », alimenté par « des ressources médicales indépendantes ».
 _Sauf que:
                ".. l’éditeur d’Univadis n’est pas du tout indépendant : il s’agit en fait du laboratoire américain Merck & Co, qui opère en Europe sous la marque MSD. Mais la firme ne juge plus utile d’en informer les utilisateurs. Alors même qu’Univadis est en réalité un outil au service des labos, conçu pour enregistrer ce que consultent les médecins et faire la promotion des médicaments. Mediapart a également découvert que des informations importantes sur certaines molécules ne figuraient pas dans l’application – à cause de simples problèmes techniques, selon Merck.
   Bref, le cas d’Univadis illustre une nouvelle fois la mainmise de l’industrie sur l’information médicale, et le besoin d’une base de données professionnelle publique et indépendante. Un tel projet a failli être lancé au début des années 2000, avant d’être torpillé au Parlement dans des circonstances troubles, comme le révèle aujourd’hui Mediapart dans une seconde enquête..."
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