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Je dialogue, tu dialogues, nous dialoguons...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Us et abus du dialogue (social)
                                                 On n'a jamais autant dialogué qu'en ces temps.
  En ces temps pourtant si durs socialement ou personne ne semble écouter personne et où dominent, dans le domaine des faits économiques et sociaux, des butoirs et des contraintes fortes, des injonctions explicites ou implicites: there is no alternative. On n'aurait pas le choix...L'horizon est bouché, il n'a pas de grain à moudre...
    Les échanges concernant des changements de fond, politiques ou sociaux, rencontrent vite leurs limites, dans un contexte qu'on appelle de crise, engendrant tous les renoncements: les services de santé manquent de moyens, les salaires stagnent, la précarité monte, les injustices croissent, le chômage poursuit sa courbe. Le domaine des causes et des vrais remèdes est esquivé ou fait l'objet de palabres ou de velléités inconsistantes. Les chemins du néolibéralisme et de la finance mondialisée sont étroits...
  De nouveaux dogmes impérieux, sous une apparence amène, bloquent l'ouverture qu'impliquerait un vrai dialogue.
  Dès l'instant où le mot dialogue est évoqué, on devrait supposer qu'on est écouté réellement, qu'on est sur une voie de déblocage de situations figées, que le compromis est possible, le plus fort renonçant, du moins partiellement, à des exigences sur lesquelles il ne veut (ou ne peut ) se plier.
  Peut-on dire que Tsipras dialoguait avec les instances de Berlin, qui voulaient le ramener à tout prix à leurs exigences financières? Quel sens a le dialogue entre des délégués du personnel d'une entreprise où on licencie en masse sous la pression des actionnaires? On négocie juste sur des miettes, à partir de bribes d'informations souvent tronquées ou falsifiées..
    Bien souvent les dés sont pipés. 
Lundi, le Premier ministre a répété : « Pour réformer, la voie du dialogue social est la plus durable, la plus efficace, la plus apaisée et apaisante ».
Fort bien!
     Mais la notion de dialogue est souvent incantatoire, quand elle n'est pas piégée, et fait partie de la novlangue politique.
     Parler de négociations, dans un climat forcément plus ou moins conflictuel, est plus exact.
Le dialogue suppose un relatif apaisement, une relative transparence, une certaine égalité de niveau de conditions, de pouvoirs, une certaine symétrie dans les échanges.
  Or la plupart des conditions actuelles de discussion sur le droit du travail, par exemple,sont imposées avant d'être discutées.
         « Le dialogue social, c’est la marque du quinquennat », a une nouvelle fois assuré Manuel Valls aux partenaires sociaux qu’il recevait lundi pour préparer la conférence sociale des 7 et 8 juillet. François Hollande n’avait-il pas promis d’inscrire dans la Constitution l’obligation de consulter syndicats et patronat avant toute retouche du droit du travail ?.. 
 François Hollande a profité de la conférence sur l’emploi ce lundi pour rappeler aux partenaires sociaux l’importance du « dialogue social ». Se retrouver pour discuter n’est-il pas une attitude forcément saine ? La politiste Corinne Gobin en doute. L’expression « dialogue social », apparue pour la première fois en 1984 dans le cadre de la Communauté européenne, représenterait au contraire une manière de fermer le débat. 

Dans Les nouveaux mots du pouvoir, l’auteure explique : « Le dialogue social représente une version dégradée, sur le plan de la qualité démocratique du fonctionnement des sociétés, des relations collectives du travail ». Cette recherche du consensus à tout prix disqualifie le conflit. Pourquoi s’opposer quand on peut dialoguer ? Le dialogue social menace alors la légitimité du droit de grève, souligne Gobin. « Le conflit et la confrontation sociale doivent être abandonnés au profit de relations sociales plus harmonieuses vécues comme des relations entre partenaires orientés vers un objectif commun, stimuler la compétitivité des entreprises, écrit-elle. Les dissensions entre "partenaires sociaux" ne proviendraient pas de visions antagonistes de ce qu'est une société, mais de malentendus : à force de dialoguer, de communiquer, l’on atteindrait une vision consensuelle de la marche à suivre pour gérer les sociétés de façon "efficace". » L’objectif final ne souffre aucune discussion : la création de richesse collective à travers l’épanouissement des entreprises, le capitalisme. En cela, la systématisation du dialogue social revient, selon Gobin, à déconstruire l’essence de la démocratie. Il n’est plus possible de proposer de projet alternatif..."

           Un leurre donc? Bien souvent. Une hypocrisie? Plus d'une fois..
L'asymétrie, les rapports de force dénaturent d'emblée l'engagement dans des processus supposés de solutions d'une impasse, d'une crise.
    En matière de droit du travail, dans le cadre de son détricotage progressif, au nom du progrès, c'est plutôt la flexibilité et l'allégement qui sont recherchés par l'une des parties...  
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                   "... Si la justice est si peu sensible au droit du travail, c’est aussi parce que ce droit est délégitimé par le pouvoir politique lui-même. Le droit du travail est d’abord délégitimé par un discours idéologique récurrent, pour ne pas dire omniprésent : l’idée selon laquelle le droit du travail serait « trop rigide », « trop complexe », un « frein à l’emploi », à la « croissance », etc. Ce discours pour le moins « compréhensif » est remarquable sur fond d’inflation du discours sécuritaire fustigeant depuis près de 20 ans un supposé « laxisme » judiciaire. 
   Un tel discours a pour conséquence de légitimer les employeur(euses) en infraction, qui non seulement ne se vivent pas comme des délinquant(.es), mais se sentent conforté.es à contester le bien-fondé des contrôles de l’inspection du travail. Fanny Doumayrou relevait que « la déréliction qui frappe ce corps de fonctionnaires s’explique en premier lieu par l’injonction paradoxale qui fonde sa mission : maintenir dans les clous du code du travail des chefs d’entreprise que les gouvernements encouragent par ailleurs à prendre leurs aises ; offrir un garde-fou contre l’exploitation, mais sans jamais recevoir de l’Etat, également garant de la liberté d’entreprendre, les moyens d’assurer une réelle protection des salarié(es) »

   Mais surtout, ce discours s’est incarné depuis 30 ans en une succession de réformes visant à déréguler le droit du travail. Ce processus s’est accéléré ces 10 dernières années, avec l’extension continue des possibilités de déroger, par  accord collectif, à la loi au code du travail dans un sens défavorable aux salarié.es. La loi a ainsi perdu de son importance au profit de la règle négociée. Parallèlement s’est opéré un renversement de la hiérarchie des normes au sein de la négociation collective avec primauté à l’accord d’entreprise, c’est-à-dire là où le rapport de force est le plus défavorable aux salarié(es). On observe ainsi un mouvement de fond vers un éclatement et une individualisation de la règle de droit, notamment sur des sujets aussi importants que la durée du travail, la rupture du contrat, la majoration des heures supplémentaires,…) Mouvement de fond qui a pour effet d’éclater le salariat et sa capacité de réponse collective..."
   ____ Il existe des patrons de plus en plus décomplexés concernant le droit du travail: Lors des entretiens filmés de Royaumont, Alexandre de Juniac s’est dit prêt à remettre tous les acquis sociaux en cause, y compris l’interdiction du travail des enfants et le droit de grève. Pas étonnant que les syndicats de la compagnie aérienne ne veuillent plus discuter avec lui...
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Elysée enlisé?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Une hirondelle ne fait pas le printemps.
             Un sondage ne fait pas une vérité.
                  Mais il semblerait pourtant que la machine (trop) bien huilée se soit grippée.

   De maladresses en dérapages, de prétentions en maïves facondes, on est passé de la fulgurance jupitérienne à la prose ordinaire du fonctionnement ordinaire de l' Etat et de ses aléas.
   Ça ne marche plus. Il y a des tensions dans les rangs, qui amènent des interrogations sur les vertus du premier de cordée. Certains même dévissent carrément, même en tête, à l'intérieur.
   Il le reconnaît enfin: Je ne suis pas parfait...
     Au cas où on en aurait douté.
 Rien ne serait calculé depuis le début et la pauvreté n'a qu'à bien se tenir. Il n'est pas l'abbé Pierre, mais tout est affaire de patience et de confiance.
   Même si le contrôle est relatif et imparfait, le projet macronien aboutira.
      Honni soit qui en doute. La foi  dans le Rénovateur suprême est salvatrice.
        Une chute n'est pas un échec.
 La pente est juste un peu plus rude. Normal quand on approche des sommets. que l'on distingue malgré le brouillard.
   Si la disruption est mise à mal, la modernisation est en marche. En marche forcée. Même au Palais.
     On murmure cependant que la locataire serait de méchante humeur.
         Toujours les mauvaises langues....
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Lancinant problème kurde

Publié le par Jean-Etienne ZEN

L'unité introuvable
                              Périodiquement, les Kurdes, ces descendants des Mèdes, font parler d'eux.
   Tantôt en Irak, moins en Iran,depuis plus longtemps en Turquie, où ils sont les plus nombreux et souvent les plus contestés par les régimes successifs.
    Ils ont connu une histoire compliquée.
Divisés depuis 1635, ce peuple indo-européen, malgré ses fractures internes, connaît régulièrement de fortes aspirations  à l'unification et à l'indépendance.
   Mais n'a-t-on pas affaire là, dans la phase actuelle de l'histoire moyen-orientale, à un mythe? L'unité est plutôt culturelle. (vidéo)
  C'est à partir de le fin de l'empire ottoman que les problèmes surgissent, avec la montée du nationalisme kurde. 
 C'est à la conférence de paix de Paris (1919) que se décida le sort des Kurdes. En 1920, le traité de Sèvres prévoit la division de l'Empire ottoman et évoque notamment la possible autonomie des provinces kurdes avec à terme la création d'un État kurde indépendant. Cependant en 1923, le traité de Lausanne, signé après le refus du précédent traité par Mustafa Kemal, revient sur cette autonomie 
   A cheval entre la Syrie, l'Iran et la Turquie, les Kurdes semblent en avoir fait leur deuil, ce qui n'interdit pas certains échanges transfrontaliers    (*)
    La société kurde aborda la Première Guerre Mondiale divisée, décapitée, sans projet collectif pour son avenir. En 1915,, les accords franco-britanniques dits de Sykes-Picot (*)prévoyaient le démembrement de leur pays. Cependant les Kurdes étaient en conflit sur le devenir de leur nation. Les uns, très perméables à l'idéologie "pan-islamiste" du sultan-calife, voyaient le salut du peuple kurde dans un statut d'autonomie culturelle et administrative dans le cadre de l'Empire ottoman. D'autres, se réclamant du principe des nationalités, des idéaux de la Révolution française et du président Wilson des Etats-Unis, combattaient pour l'indépendance totale du Kurdistan.
Le clivage s'est accentué au lendemain de la défaite ottomane face aux Puissances Alliées, en 1918. Les indépendantistes formèrent une délégation dépéchée à la Conférence de Versailles pour présenter "les revendications de la nation kurde".
  Le Kurdistan reste donc de l'ordre de l'imaginaire.
Le monde kurde reste fragmenté et toujours soumis à un éclatement problématique. 
Le double jeu de Erdogan, après des négociations fragiles,dans un contexte de méfiance et de peur, a de nouveau conflictualisé l'opposition en Turquie. 
   Une stratégie qui ne trompe personne. Le  12 octobre 2015 : l'attentat meurtrier à Ankara suite à la rupture de la trêve entre les Turcs et les Kurdes relance le conflit. Conflit qui remonte à la naissance de la Turquie, accouchée au forceps par Moustafa Kémal.
  La turcisation forcée d'après guerre, après l'alliance contre le peuple arménien, témoigne d'un double jeu déjà ancien.

  Les Kurdes doivent désormais compter aussi avec la duplicité du président turc Erdogan qui fait mine de combattre les djihadistes sur le territoire syrien, mais frappe avant tout les Kurdes, en Turquie comme en Irak et en Syrie
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(*)    ____Jusqu'à sa victoire définitive sur les Grecs en 1922, Mustafa Kemal n'a cessé de promettre la création d'un Etat musulman des Turcs et des Kurdes. Il était ouvertement soutenu par les Soviétiques, et plus discrètement par les Français et les Italiens mécontents des appétits excessifs du colonialisme britannique dans la région. Après la victoire, à la Conférence de paix réunie à Lausanne, les délégués turcs affirmeront parler au nom des nations soeurs kurde et turque. Le 24 juillet 1923, un nouveau traité fut signé dans ce contexte entre le gouvernement kémaliste d'Ankara et les puissances alliées. Il rendait caduc le Traité de Sèvres et sans apporter aucune garantie en ce qui concerne le respect des droits des Kurdes consacrait l'annexion de la majeure partie du Kurdistan au nouvel Etat turc. Auparavant, par l'accord franco -turc du 20 octobre 1921 la France avait annexé à la Syrie placée sous son mandat les provinces kurdes de la Djezireh et de Kurd-Dagh. Le Kurdistan iranien dont une bonne partie était contrôlée par le chef kurde Simko vivait en état de quasi-dissidence par rapport au pouvoir central persan.
    Restait encore en suspens le sort de la province kurde de Mossoul très riche en pétrole. Turcs et Britanniques la revendiquaient tandis que sa population au cours d'une consultation organisée par la Société des Nations, s'était prononcée dans une proportion de 7/8 en faveur d'un Etat kurde indépendant. Arguant que l'Etat irakien ne saurait survivre sans les richesses agricoles et pétrolières de cette province, la Grande-Bretagne finit par obtenir le 16 décembre 1925 du Conseil de la S.D.N. l'annexion de ces territoires kurdes à l'Irak placé sous son mandat. Elle promettait néanmoins la mise sur pied d'un gouvernement kurde autonome, promesse jamais tenue ni par les Britanniques, ni par le régime irakien qui a pris la succession de l'administration britannique en 1932.
   Ainsi fin 1925, le pays des Kurdes, connu depuis le XIIème siècle sous le nom de "Kurdistan", se trouvait partagé entre 4 Etats: Turquie, Iran, Irak et Syrie. Et pour la première fois de sa longue histoire, il allait être privé même de son autonomie culturelle....
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Pauvre justice!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Notre scandale.
                   Dire que la justice en France manque de moyens est un euphémisme.
                             De moyens humains et matériels.
    Depuis Badinter, le problème est régulièrement signalé, mais les actions sont minimes par rapport aux besoins criants.

    Il ne faut pas s'étonner si les dossiers s'empilent, que les affaires traînent, que ça ne tourne pas rond dans le tribunaux. Et que les prisons soient surencombrées.
    Nous sommes montrés du doigt par le Conseil de l'Europe.
       Quand les Allemands dépensent presque 120 euros par citoyens, nous plafonnons à 70  à peine. Dans un système des plus chargés.Nous nous classons en queue de peloton. Nous sommes maintenant derrière l'Azerbaïdjan et l'Arménie...
   La justice est au bord de l'asphyxie, signale-t-on ici où là, malgré de investissements devenus urgents
  A bout de souffle, affirme-t-on, au vu de certains besoins minimaux non satisfaits.
   Il faudrait doubler le budget pour se mettre au niveau européen.
     On ne s'étonnera pas des nombreux dysfonctionnements, qui ne sont pas tous le fait d' un budget défaillant, mettant en exergue une organisation à revoir.
  Moins de quatre minutes en moyenne .pour juger une affaire de garde à vue.
    Comment ne pas mettre en cause le manque de moyens dans certaines affaires mal traitées?

          Une justice injustement traitée...
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La Sécu, c'est réglé

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Enfin, qu'ils disaient il y a trois ans...)

 

Enfin presque...
                       SI...on s'en donne les moyens.
   On peut tenter toutes les réformes que l'on veut, si les recettes font défection dans ce système complexe de solidarité, si la volonté politique est absente, on laissera inexorablement se dégrader cette belle conquête datant de 70 ans., qu'on pouvait à juste titre nous envier.
 Une conquête que est en train de glisser dangereusement vers une médecine à trois vitesses et de plus en plus privatisée. 
  La santé sera-t-elle bientôt un luxe? 
   Il faudrait regarder de près la réalité des comptes.
Dans certains pays, les dépenses de santé sontsupérieures. 
    Il y a certes des économies à faire, mais pas seulement. Il y a surtout des choix à faire et des dérives à éviter pour résister à la marchandisation et à la néolibéralisation d'un service qui se dégrade en se "modernisant".
  Revoir les dépenses pharmaceutiques et la pression des labos n'est pas la seule tâche prioritaire.
    Le fameux trou de la sécu est en partie un mythe.
Les recettes ne poseraient plus problème si on voulait se donner les moyens de sévir contre les petits et les gros fraudeurs (*)
 L' évasion fiscale  n'arrange rien, à très grande où à moyenne échelle
Ce n'est pas rien et c'est maintenant connu, après les enquêtes approfondies de Antoine Peillon. C'est   600 milliards qui manquent dans les caisses de Bercy...
___________________.
   (*) Il existe un moyen pour résorber le déficit de la Sécurité sociale, sans rogner sur les remboursements de soins, les retraites ou les indemnités chômage : combattre réellement les fraudes patronales aux cotisations sociales. Celles-ci dépassent les 16 milliards d’euros. Des employeurs des secteurs du BTP, de la restauration ou de la sécurité privée en sont les principaux responsables. Sur le papier, ils encourent de lourdes sanctions. Mais en pratique, elles sont rarement et faiblement appliquées. Et seule une petite part des montants fraudés est recouvrée...
    La fraude aux cotisations sociales constitue un manque à gagner important pour notre système de solidarité nationale. Ces fraudes prennent différentes formes : travail dissimulé (au noir), heures supplémentaires non déclarées, travail détaché illégal, déclarations erronées... Selon la Cour des comptes, en 2012, elles représentent entre 16,8 milliards et 20,8 milliards d’euros ! Ce montant correspond à celui du déficit des régimes obligatoires de base et du fonds de solidarité vieillesse, soit 19,1 milliards. En clair, si la fraude était réduite à néant – hypothèse utopique s’il en est – la dette cesserait de se creuser, sans avoir à fournir d’effort supplémentaire..
   .A l’échelle nationale, selon le rapport de la Cour des comptes, le taux de recouvrement des redressements pour travail dissimulé représente de 10 à 15 %. Ce qui signifie que pour 400 millions de redressement pour travail dissimulé… seuls 40 à 60 millions sont finalement récupérés. Le reste ? Évaporé dans la nature. Sur 1,6 milliard de fraudes pour travail dissimulé constatée depuis 2008, moins de 240 millions sont effectivement récupérés...
      Il manque des moyens pour  remédier. Souci économique mal placé ou laisser aller coupable?
                  ...Aucun nouveau moyen n’a été affecté récemment à la lutte contre la fraude : « Nous sommes à effectifs constants. Pour être plus efficaces, nous avons dédié à temps plein environ 200 de nos 1500 inspecteurs à la lutte contre le travail dissimulé », précise Jean-Marie Guerra, directeur de la réglementation, du recouvrement et du service de l’Acoss. En bref, l’équipe doit faire mieux avec autant. « Or, il faudrait 1 500 recrutements d’inspecteurs pour obtenir un rythme de contrôle tous les trois ans, au lieu de tous les 10 à 14 ans actuellement », s’insurge Pierre-Yves Chanu, le vice-président CGT de l’Acoss. Un rythme insuffisant qui a de quoi éloigner la peur du gendarme...
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Autant en parler...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

OTAN: comment s'en débarrasser?
                                                      Pour redonner à l'ONU tout le sens qu'elle pourrait, qu'elle devrait avoir.
     Vaste problème...
   Les virulentes attaques de Trump à l'égard de L' OTAN  semble signer la fin d'une époque dans les institutions internationales, vivant encore sous le signe d'une guerre froide, qui a vu naître, sous l'égide des USA, face au Pacte de Varsovie, cette alliance militaire incluant maints pays de que l'on appelait encore l'Occident.
    Sous la houlette hégémonique de l' oncle Sam, ce club politico-militaire reflétait plus ses intérêts qu'une quelconque institution de défense multilatérale et le remodelage des forces géopolitiques l'a rendu plus que caduque.
     On peut saluer la volonté du locataire de la Maison Blanche de vouloir mettre fin à un système qui, au nom de la solidarité et de la protection, a entraîné bien des dérives. Mais cette remise en cause est à courte vue, purement dictée par les intérêts à court terme de l'America first.


     Cette contestation est mise en cause par les ardents défenseurs d'un multilatéralisme qui veut rester dans les clous atlantistes, sans tenir compte des mutations géopolitiques en cours  et des dérives et "aventures" lointaines et proches, comme la campagne en Afghanistan, qui se révèle être un tragique fiasco.
     ...le soutien de l’OTAN aux interventions imprudentes des États-Unis à l’étranger devrait être considéré comme une erreur à effacer, et non comme une caractéristique dont il faut se vanter. Et ce, sans même tenir compte des conséquences désastreuses des offensives malhonnêtes de l’OTAN contre la Libye, qui ont laissé ce pays en faillite, poussé les djihadistes en Syriedéclenché le terrorisme en Europe occidentale et provoqué une vague de réfugiés qui a mis en danger l’avenir de l’Union européenne.
        Face à ce débat américano-américain, l'Europe reste sans voix et sans pouvoirs, approuvant tacitement ou verbalement, comme A. Merkel. Une révérence à courte vue.
       Le "machin" (pour reprendre une formule gaullienne) est dépassé, que ce soit l'Otan ou sa matrice onusienne. De nouveaux rapports sont à tisser, comme le rappelait Jupiter:
   « Nous vivons aujourd’hui dans une crise profonde de l’ordre international libéral westphalien que nous avons connu. D’abord, car il a échoué pour partie à se réguler lui-même. Ses dérives économiques, financières, environnementales et climatiques n’ont pas trouvé de réponse encore à la hauteur à ce jour. Ensuite, parce que notre capacité collective à apporter une réponse aux crises est encore trop souvent entravée par les divisions du Conseil de sécurité… Née d’une espérance, l’ONU, peut devenir, comme la Société des Nations qui l’a précédée, le symbole d’une impuissance. Et nul n’est besoin de chercher les responsables de ce délitement, ils sont ici, dans cette assemblée. Ils prennent la parole aujourd’hui. Les responsables, ce sont les dirigeants que nous sommes… ».
     Une impuissance souvent reconnue, mais pas souvent publiquement.
        Il n'y a pas d'arbitre neutre au sommet des institutions mondiales, créé dans les urgences d'après-guerres. pour servir de pare-feux, dans le sillage des vainqueurs.
  Dans les faits, l'alliance est devenue le bras armé des Etats-Unis, parfois contesté à certains moments (mais sans plus) par certains de ses membres.
     Le Général de Gaule y avait vu assez tôt un danger, qui risquait d'entraîner le France dans des aventures militaires où les intérêts US prédominaient. 
       La France considère que les changements accomplis ou en voie de l'être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l'évolution de sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d'ordre militaire prises après la conclusion de l'alliance soit en commun sous la forme de conventions multilatérales, soit par accords particuliers entre le gouvernement français et le gouvernement américain.  C'est pourquoi la France se propose de recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN.
   Pour Paul Marie de la Gorce, L'OTAN, représentait clairement un instrument de l'hégémonie américaine:  
         Zbigniew Brzezinski dans Le grand échiquier : L’Amérique et le reste du monde, avouait clairement les objectifs généralement occultés.
    On a vu, notamment en Afghanistan, comment les USA ont instrumentalisé une force qu'il supervisait totalement.
    N.Sarkozy, critiqué par Bayrou, a réintègré la France dans le giron de l'OTAN dans des circonstances bien particulières.
     Gorbartechv, qui n'est pas poutinien, critique sévérement l'intrusion de l'Otan dans l'affaire ukrainienne, redoutant l'encerclement 
    Beaucoup dénoncent le rôle trouble de l'Otan en Ukraine, malgré des tendances contradictoires en son sein, les risques d'un Otan extra-large, sans bases juridiques claires.

     Les remous créés par les imprécations trumpiennes pourront-ils déboucher sur une nouvelle donne? On peut toujours l'espérer...
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Algorithme, mon amour.

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Technopouvoir algorithmé
                                   A  la suite de la récente émission de Ce soir (ou jamais !), d'excellents rappels ont été faits sur la nature, le développement, les incidences du fulgurant développement algorithmique, dans les domaines les plus variés, notamment ceux qui touchent au plus près  notre vie quotidienne, en ce qui concerne la numérisation sans fin notamment.
    La neutralité de ce développement fait problème, malgré les propos rassurants de certains intervenants.
         Nous avions déjà noté qu'une grande ambivalence caractérise ces "outils" logique et leurs applications, parfois très sophistiqués et souvent abscons pour le commun des mortels. Ils sont partout, bien souvent à notre insu.
   Certes, il n'est pas question de diaboliser et de condamner l'héritage lointain de Turing, souvent plein de promesses Mais on a trop vite fait de rassurer à bon compte, si l'on ne tient pas compte de certains usages, souvent encore mal identifiés. Comme le notait un des intervenants, le philosophe Eric Sadin, les technologies informationnelles envahissantes demanderaient à'être interrogées davantage:
             Le mouvement de numérisation à l'oeuvre depuis une trentaine d'années gagne aujourd'hui des pans de plus en plus étendus de la réalité via l'extension des capteurs et des objets connectés. Dorénavant, les flux de data témoignent de la quasi-intégralité des phénomènes, s'érigeant comme l'instance primordiale de l'intelligibilité du réel. Une connaissance sans cesse approfondie s'instaure, orientant en retour les décisions individuelles et collectives au prisme d algorithmes visant les plus hautes optimisation, fluidification et sécurisation des existences et des sociétés. Les technologies informationnelles imposent un mode de rationalité fondé sur la définition chiffrée de toute situation et sur une maîtrise indéfiniment accrue du cours des choses. Une raison numérique établie sur l'appréhension et l'évaluation en temps réel des faits ordonne désormais les pratiques du commerce, de l'enseignement, de la médecine, les rapports aux autres, à soi-même, à la ville, à l'habitat...
    Ce livre examine, en s'appuyant sur une foultitude d'exemples, la quantification et la marchandisation intégrales de la vie qui s'instituent, soutenues par l'industrie du traitement des données, aujourd'hui dotée d'un pouvoir qui perturbe nombre d'acquis démocratiques fondamentaux.
   
Avec une rare lucidité et une écriture d'une précision clinique, Éric Sadin dévoile les impensés, analyse les processus en cours, dresse une cartographie détaillée des forces à l' oeuvre... Observations et réflexions qui dessinent une nouvelle condition humaine, et en appellent à la politisation des enjeux induits par la puissance toujours plus totalisante détenue par les systèmes computationnels.

  Le technopouvoir n'est pas innocent. 
        Il est conforme à un certaine idéologie, qui veut notre bien, celle des maîtres de la  Silicon Valley et leurs rêves de transhumanisme libéralisé. 
  De son côté, Amazon accélère sur le remplacement de l'homme par la machine.
 Un ou deux lignes de programme a suffi à VW a introduire dans son système de production une vaste supercherie... 
     L'ére des robots, de toutes formes et de divers usages, n'en est qu'à ses prémisses....
Une tendance lourde qui touche et touchera vite d'autres domaines, en profondeur. Pour le meilleur et pour le pire..  
  C'est vers de nouvelles formes d' existence que nous glissons progressivement, parfois dans une sorte de servitude volontaire.
    Face au changement de paradigme qui se met en place sous nos yeux de somnanbules, l'auteur souligne l'urgence d'une nouvelle réflexion éthique et l'urgence d'une action politique, au sens large:
" ...il revient au pouvoir de mettre en place des cadres d’évaluation non soumis à la séduction des innovations et d’un techno-discours ambiant, qui semble ne laisser aucune place à la critique..."
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Dix ans après

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

C'était au temps où Wall Street plongeait...♪♫ (sur un air bien connu)
                                                                                Roubini (et quelques autres) l'avait annoncée. Sans être cru. Ou du moins on ne voulait pas voir les nuages qui s'accumulaient à l'horizon.
    La crise arriva comme un ouragan dévastateur. Mais, pas de génération spontanée,  le processus était enclenché depuis des années, notamment depuis que Clinton, sous la pression des banques, signa le fameux traité qui allait entamer l'euphorie, la folie et la descente aux enfers, les grandes banques trouvant leur secours dans l'aide de l'Etat, de l'argent public, engagé dans un processus où la dette allait peser lourd dans les finances publiques. Nous n'en sommes pas sortis.


      Rien n'est sur le fond réglé. La finance mondiale, dérégulée à la marge seulement, continue à prospérer hors-sol aux dépens de l'économie réelle, la séparation bancaire, pourtant annoncée comme nécessaire pour protéger les épargnants, n'a pas eu lieu 
     Les pronostics de Roubini sont accablants pour les années à venir. Aurait-il une nouvelle fois raison?

 “...;;Des gens irresponsables se sont bercés d’illusions en se disant que cette crise ne concernait que les subprimes. Or nous avons aussi des problèmes avec les cartes de crédit, les prêts étudiants, les prêts automobiles, les crédits hypothécaires commerciaux et résidentiels, la dette des entreprises et les emprunts qui ont financé les rachats d’entreprises, rappelle-t-il. Ce n’est pas seulement notre marché hypothécaire qui est à haut risque, mais notre système financier dans son ensemble.”
Nouriel Roubini soutient que la plupart des pertes dues à ces créances insolvables n’ont toujours pas été épongées, et qu’à elle seule la facture des crédits hypothécaires commerciaux douteux pourrait contribuer à jeter des centaines de banques locales dans les bras de la Federal Deposit Insurance Corporation [qui assure une partie des dépôts des particuliers]. “Un bon tiers des banques régionales ne s’en sortiront pas”, prédit-il. Ces renflouements alourdiront à leur tour de plusieurs centaines de milliards de dollars une dette fédérale déjà colossale, et il va bien falloir que quelqu’un, quelque part, finance cette dette, ainsi que celle accumulée par les consommateurs et les entreprises. “Nos plus gros bailleurs de fonds sont la Chine, la Russie et les Etats du Golfe, souligne Roubini. Ce sont des rivaux, non des alliés.” Les Etats-Unis s’en sortiront probablement tant bien que mal, mais c’est un pays différent qui émergera de la crise, et il occupera une place différente dans le monde. “Dès lors que vous avez une balance courante déficitaire, vous dépendez du bon vouloir des étrangers”, rappelle-t-il. “C’est peut-être le début de la fin de l’empire américain”, conclut-il d’un air résigné....
   On comprend qu'il soit peu populaire aux USA, où l'on n'aime guère les prophètes de malheur, même quand la menace plane encore. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.
       Depuis la chute incroyable de Lehman Brothers et la folie hypothécaire, ce fut l'explosion en chaîne,qui toucha l'Europe par le biais des tricheries interbancaires, la foire aux produits douteux, les grandes banques se considérant toujours comme too big to fail.
  Pendant ce temps-là, en Europe,  Trichet trichait, en faisant semblant de faire croire qu'il avait vu le danger. La Grèce ne serait pas dans l'état où elle est sans les manoeuvres de Goldman Sachs.
     La crise financière menace toujours, avec de nouvelles dérégulations en perspective, malgré les faibles mesures de mise en ordre. La finance de l'ombre continue comme avant et l'argent sale prospère comme jamais dans des paradis, qui sont plutôt des enfers pour les contribuables supportant le poids de la dette et les dérégulations en chaîne.
   La question se pose toujours:que faire des banques? Surtout quand on observe la mauvaise santé de certaines en Italie notamment ou comme la Deutsche bank, dont on tait la situation réelle, surtout à la chancellerie. Et Trump veut revenir sur les maigres régulations arrachées...
   Les loups de Wall Street seraient-ils de retour? Le fantôme de L. Brothers plane encore sur ce qui fut autrefois les places boursières, aujourd'hui complètement dématérialisées, livrées au jeu des algorithmes et fonctionnant à court terme.
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__ Pour comprendre, dix ans après.
__ Les bulles financières en question.
__ Vers une autre régulation?
__ Il était une fois...
__ Du lundi noir à ses conséquences.
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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Versailles: nn Traité mal géré                 [Quelques rappels...]
                                                                             Tout commença à Sarajevo, selon la vulgate officielle, qui signa le début d'un marche somnanbulique vers un inconnu infernal.
   L'hitlérisme.devait naître des ruines d'un engrenage tragique, d'un affrontement inouï, sans merci et sans pitié. d'une hécatombe inédite qui fit changer de siècle.
        Pour Wilson, ce traité devait être le fondement de la paix
       Pour Foch; la guerre n'est pas finie 
  Le Traité de Versailles, considéré comme bâclé, fut vite l'objet de multiples critiques (*) 
              Le problème des réparations  fut au coeur des débats
    L' article 231 du Traité stipulait que Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l’Allemagne reconnaît que l’Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre, qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés.
     Certains, comme l'économiste Keynes estima « que la campagne pour faire payer l’Allemagne, l’ensemble des frais de la guerre était l’un des actes les plus graves manquant de sagesse politique..» et qualifia le traité de « paix carthaginoise » qui affecterait économiquement toute l’Europe ». Keynes déclara que les sommes des réparations du traité « dépassaient généralement la capacité de l’Allemagne » à payer.
   Une dette dont le plan Young ne fera que prolonger l'issue. Avant les entorses de 1953 et 1990.
Les deux crises économiques, l'arrivée de Hitler au pouvoir, suspendirent  les engagements.
Si les alliés avaient désarmé l'Allemagne, au motif qu'elle était la seule coupable,  il avaient contribué à son réarmement moral et laissé intacte l'industrie tournée vers le réarmement
  Les crises qui suivirent, la première, mais  surtout la dernière, d'une rare violence, avec l'entêtement deBrüning, favorisèrent l'ascension problématique puis fulgurante d'un système dictatorial

     Les capitaux américains permirent un redémarrage de l'économie. Mais
  l’Allemagne, en particulier, dont les crédits américains alimentaient l’industrie, fut à son tour durement atteinte dès décembre 1930, présentant des symptômes de crise analogues à ceux des États-Unis » taux de chômage de 17,5 %, recul de 40% de la production manufacturière, effondrement des prix... 
( L’historien américain Stephen Schuker fit valoir que les Allemands reçurent autant de prêts américains (qu’ils ne remboursèrent jamais) que l’Allemagne ne paya de réparations. En effet, Schuker nota qu’entre 1921 et 1931, l’Allemagne avait payé 19,1 milliards de marks de réparations, et dans le même temps, elle contracta 27 milliards de marks de prêts envers les États-Unis, sur lesquels l’Allemagne fit défaut en 1932.)
               L’occupation de la Ruhr, contestée,écourtée et inutile, donna lieu à de multiples incidents.
Le premier ministre français Raymond Poincaré était extrêmement réticent à ordonner l’occupation, et n’avait pris cette mesure qu’après que les Britanniques eurent rejeté ses propositions de sanctions plus modérées contre l’Allemagne. Les socialistes tentent de démontrer les dangers d’une occupation. Clémenceau s’y opposait et le Maréchal Foch parlait d’un “terrible nid de guêpes” où la France avait mis la main. Poincaré était sous pression, car la France avait besoin de l’argent allemand pour rembourser sa dette envers les États-Unis et l’Angleterre. La France et la Belgique tentèrent donc de faire respecter par la force les obligations financières qui étaient imparties aux vaincus par le traité de Versailles avant de commencer leurs propres remboursements. 
Rappelons enfin que, selon le traité de Versailles, l’Allemagne devait payer aux alliés 20 milliards de marks-or (MdMo) avant mai 1921 puis 5 milliards d’ici le 31 décembre 1922, soit 25 MdMo. Elle n’en a versé en fait que 7,5 puis 2,9 MdMo, soit 10,4 MdMo, somme sur laquelle la France n’a touché que 2 MdMo environ en raison de la priorité de remboursement belge.
      __La conférence de Lausanne annula le plan Young
                     ____  Le montant réellement payé par L'Allemagne 

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(*) __ Jacques Bainville, dans un petit essai prophétique : Les conséquences politiques de la paix (1920). L'historien français démontre avec brio que les clauses politiques du traité de Versailles contiennent les germes d'un autre conflit. Suite au remodelage de l'Europe centrale, «il reste l'Allemagne, seule concentrée, seule homogène, suffisamment organisée encore, et dont le poids, suspendu sur le vide de l'Europe orientale, risque de faire basculer un jour le continent tout entier», écrit-il, rappelons-le, dès 1920. Il résume la paix de Versailles dans une formule cinglante et juste : «Une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur et trop dure pour ce qu'elle a de doux».
Son analyse est reprise par l'historien René Grousset dans Bilan de l'Histoire (1946) : «La seconde Guerre de Trente Ans était commencée. La plupart des contemporains ne s'en rendirent pas compte, parce que le Traité de Versailles leur parut achever la ruine de l'impérialisme allemand. Par quelle aberration fallut-il que nos alliés anglo-saxons, consacrant au contraire à Versailles l'oeuvre de Bismarck, maintinssent intacte l'unité allemande ou plutôt qu'ils prissent soin de la renforcer encore, car la suppression des autonomies provinciales ne pouvait avoir d'autre résultat ? Et devant cette Allemagne plus unifiée que ne l'avait jamais été celle du Chancelier de fer, ils servirent, morcelés à souhait, des États danubiens sans lien fédéral, auxquels s'attaquait déjà la propagande de l'Anschluss. La grande voix du maréchal Foch s'éleva vainement contre ces erreurs, génératrices de tant de prochains massacres».
Plus près de nous, Margaret MacMillan, historienne canadienne, nous offre un point de vue plus distancié mais tout aussi passionnant sur les traités de paix avec : Les artisans de la Paix (2006).
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Seuls ensemble

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Solitude d'hier et d'aujourd'hui.
                             La solitude n'est pas un concept simple à analyser.
                                        Il en existe bien des formes.
  Elle peut d'abord être subie, comme un poids au milieu de relations humaines dont on se sent exclu. ou marginalisé, pour des raisons diverses, mais elle peut aussi être recherchée comme un moyen de se retrouver dans certaines circonstances, même au milieu des foules.
   Il peut y avoir des moments de solitude heureuse, Mais on peut être ensemble et se sentir esseulé.


    Ce n'est pas seulement une question de gestion personnelle des attitudes, de tempérament ou d' affects. C'est aussi une question de civilisation, de rapports sociaux, de contexte économico-social.
     Dans le contexte de crises multiformes que nous vivons aujourd'hui, jamais peut-être on ne s'est senti aussi seul, malgré les liens familiaux qui se relâchent. Une forme d'individualisme généralisé s'empare de nos sociétés, dans le contexte qui est le nôtre, façonnée par une une idéologie et des pratiques libérales, qui font s'estomper les solidarités et le sens de chaque vie.
    L'homme sans qualité, annoncé par Musil, tend à devenir la norme.
 Nous somme sommés de "prendre soin de nous", quitte à oublier l'entourage, même les proches dans le désarroi. Chacun est plus ou moins sommé de réussir.
  Chacun pour soi. Le narcissisme a été érigé en norme de vie. Le tissu des relations devient peau de chagrin, quand il existe encore, même sur le même palier. La solidarité est une valeur en baisse et le nomadisme institué atomise et fragilise des personnes. Les liens se dissolvent. La citoyenneté est entamée par le consumérisme, comme le décrivait B. Barber.
  C'est la solitude néolibérale qui gagne, celle que prônait Ayn Rand. Une solitude, qui peut être entrecoupée d'élans de solidarité occasionnelle,  qui n'est pas sans effets:
      « L’économie est le moyen. L’objectif est de changer les âmes », avoua un jour Margaret Thatcher, qui disait aussi: La société n'existe pas (Il n'y a que des individus et la marché 
    D’un certain point de vue, Thatcher a raison : les rapports sociaux définis par le néolibéralisme façonnent l’âme humaine, induisent la naissance d’une nouvelle économie psychique dont tous les spécialistes s’accordent à dire qu’elle se distingue par un sentiment inédit de solitude.
    D’après l’OMS, la dépression serait la quatrième cause mondiale de handicap, et la deuxième dans les pays industrialisés aujourd’hui soumis aux gouvernementalités néolibérales. En 2020, elle pourrait devenir, à l’échelle planétaire, la première cause de maladie chez la femme et la deuxième chez l’homme. Un constat partagé pour les psychiatres et les psychologues cliniciens, notamment ceux qui exercent dans des établissements publics et qui accueillent chaque jour, au plus près de la vie, des gens en souffrance morale grave, des gens proches de s’en aller.
                 ___« L’individualisme est la pire ou la meilleure des choses selon qu’il s’apparente au destin du grain de sable ou à celui du brin d’herbe. Le grain de sable n’a pas d’attaches, il est libre comme le vent, mais aussi bien le vent l’emporte où il veut pour en faire un atome anonyme au milieu d’une masse. Le brin d’herbe a des racines dans la terre…et dans le ciel, par la photosynthèse; il est immobile, mais il résiste au pied qui l’écrase comme au vent qui le soulève et avec les brins d’herbe voisins, il forme un peuple. »
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