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EDF: privatisation, la solution?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il y a déjà deux ans...)

 

En trompe-l'oeil...
                              Difficile de trouver un ouvrage court, clair et abordable sur l'épineuse question de l'énergie, à l'heure où les enjeux se brouillent, l' avenir est plein d'incertitudes, notamment sur la question de la commercialisation/financiarisation, souvent discutée et discutable.
    Ce petit livre de trois auteurs peut y aider beaucoup, malgré certains questionnements problématiques, des approfondissements incomplets. Mais c'est une bonne boussole.
     Notamment sur le problème de la privatisation, voie sur laquelle l'Europe s'est engagée avec plus ou moins de bonheur. S'il est un domaine où elle n'a guère de sens, c'est bien dans ce domaine, étant donnée la particularité de la matière produite et consommée.
     Certains et non des moindres annonçaient depuis longtemps que dans ce domaine, la privatisation/déréglementation. mènerait à des impasses, à des surcoûts, voire à des absurdités
  Le dogme européen en la matière a été contesté très tôt même par ceux qui voulaient introduire un peu de souplesse dans l'héritage de l'après-guerre.
       Si les auteurs ne contestent pas la légitimité du marché concurrentiel dans la production en général, le domaine de l'énergie, notamment de l'électricité, est un domaine particulier, spécifique, où la concurrence ne peut être que factice et sans portée positive pour le consommateur, au contraire. A l'encontre des petits pois ou des voitures, les prix de fourniture des gaz et d' électricité suivent une tendance haussière dans de nombreux pays européens, que la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables ne fait qu'accentuer (surtout en Allemagne: en 2013, les consommateurs allemands ont payé 20 milliards d'euro pour subventionner les énergies renouvelables). C'est un choix, mais aucun lien avec un processus de libéralisation mal conçu ou une régulation trop permissive des marchés de détail...Un examen rigoureux du marché britannique, considéré comme un modèle à suivre par Bruxelles, révèle que ce marché est dominé par un oligopole de six entreprises verticalement intégrées qui détiennent une part de marché de 95%. Elles exercent collectivement un pouvoir de marché dans la mesure où elles se partagent le marché en l'absence de toute menace concurrentielle crédible....On évoque des ententes sur les prix, dans une demande qui demeure "captive". Les consommateurs sont face à des offres commerciales complexes dont le coût final n'est pas lisible...la concurrence est ineffective..A la rente de monopole s'est substituée une rente de l'oligopole....Cet oligopole énergétique n'était pas prévu par les réformes....
         _______  La financiarisation à outrance doublée d'aventures extérieures aventureuses a conduit EDF à une situation aujourd'hui très problématique et à des perspectives assez sombres.
      Le ciel n'est pas dégagé pour notre fournisseur, qui est dans une situation périlleuse, en essayant de faire la part des variations conjoncturelles, des erreurs stratégiques et des défaillances éventuelles du politique, du régulateur et de l’actionnaire.
              Certains vont jusqu'à parler de possible faillite:
  Le fournisseur affiche un bénéfice net d'1,18 milliard d’euros, en baisse de 68 % par rapport à l’année dernière. Tous les problèmes se sont cumulés en même temps, pour EDF comme pour tous les électriciens européens. En vrac : un effondrement historique du prix du gaz et du pétrole,  entraînant tous les prix en chute libre ; la montée en puissance des énergies renouvelables ; une transition énergétique qui conduit à des économies d’énergie doublée d’une désindustrialisation qui se traduit par une baisse de la consommation ; sans compter un hiver des plus doux. Résultat ? L’Europe de l’énergie, fondée sur la seule concurrence, est en train de boire le bouillon. Les surcapacités de production sont devenues structurelles. Plus aucun producteur ne peut envisager d’investissement ou rentabiliser son exploitation, alors que les prix de marché se sont effondrés.
____En un an, les prix de marché ont chuté de plus de 30 %. Aujourd’hui, ils sont autour de 28 euros le MWh, quand le groupe a bâti son budget autour d’un prix de marché autour de 35 euros, et que le prix du MWh nucléaire est autour de 42 euros. Ouvert au grand vent de la concurrence, EDF voit désormais 70 % de ses ventes exposées au prix de marché. 1 euro de différence sur le prix de marché a un impact de 300 millions d’euros dans ses comptes. C’est dire l’ampleur des enjeux.
Si tous les électriciens européens se trouvent confrontés aux mêmes problèmes, EDF a un avenir encore plus assombri. En réponse à ses impératifs propres, liés à la production et aux demandes en tous sens de l’État, le groupe public a inscrit un programme d’investissement pharaonique, alors que son endettement est déjà de plus de 40 milliards d’euros – l’équivalent de ses fonds propres.
_____Sa participation au sauvetage dAreva et la reprise de l’activité conception des réacteurs nucléaires – Areva NP – va lui coûter au moins 2,5 milliards d’euros. Le chantier de l’EPR de Flamanville, dont la mise en fonction est sans cesse reculée – on parle désormais de 2018 –, est chiffré à 10,5 milliards d’euros. Mais il faut ajouter la participation d’EDF au programme d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), estimé à 25 milliards d’euros, le projet d’EDF de construire deux EPR en Grande-Bretagne, évalué en l’état à 25 milliards d’euros. Sans parler du programme baptisé « grand carénage », consistant à assurer la maintenance et la remise à niveau du parc nucléaire français. La Cour des comptes, dans son dernier rapport annuel publié début février, chiffre le coût de ce programme destiné à s’étaler jusqu’en 2030 à 100 milliards d’euros. Sans parler des coûts futurs de démantèlement des centrales, jugés notoirement sous-estimés.
_____Dans le même temps, la Commission européenne attaque les concessions hydrauliques détenues par EDF,au nom de la concurrence, alors qu’il s’agit de l’essentiel de son activité dans les énergies renouvelables, son activité la plus rentable aussi. De son côté, le président d’EDF, Jean-Bernard Lévy, pousse, avec l’assentiment d’une partie de l’État, à l’ouverture du capital de RTE, le réseau de transport et de distribution électrique, colonne vertébrale de tout le système électrique en France, afin de dégager des ressources financières. Si ces deux opérations sont menées jusqu’au bout, EDF se verrait privé d’une partie de ses recettes les plus sûres...
___ Le 22 octobre 2015, les élus du comité central d’entreprise d’EDF, représentant l’ensemble des organisations syndicales, a lancé une première alarme pour dénoncer les menaces qui pèsent sur EDF. Début décembre, ils sont allés plus loin en introduisant une procédure d’alerte auprès de la direction d’EDF, dénonçant la situation critique du groupe. Fin janvier, jugeant que les explications de la direction étaient notoirement insuffisantes, ils ont prolongé leur droit d’alerte et engagé une expertise économique. « Les perspectives de Bruxelles, de l’État français mais aussi celles de la direction d’EDF obèrent à court terme l’avenir de l’entreprise », accusent-ils dans un communiqué. Du jamais vu dans l’histoire d’EDF...
._____ La valse des présidents qui se succèdent à la tête de l’entreprise publique tous les cinq ans, les changements de direction opérationnelle qui s’ensuivent et qui s’apparentent à des mouvements de cabinets ministériels, ont fini par user les meilleures volontés. « Depuis Alphandéry [président d’EDF en 1994], l’État utilise EDF. Il n’y a aucune continuité, aucune transmission de savoir et d’expertise. Les promotions internes n’existent plus. L’aspect social de l’entreprise n’intéresse plus personne. Ce ne sont plus que des jeux de [grands] corps et de cour », résume un cadre dirigeant qui a plus de vingt ans de carrière dans la maison....
 ______Dans son rapport annuel, la Cour des comptes reprend exactement la même analyse que les syndicats d’EDF : « À hypothèses constantes de consommation et d’exportation d’électricité à cet horizon, l’objectif fixé par la loi aurait pour conséquence de réduire d’environ un tiers la production nucléaire, soit l’équivalent de la production de 17 à 20 réacteurs. Seule une augmentation très significative de la consommation électrique ou des exportations serait de nature à limiter le nombre des fermetures. Or, à l’horizon 2030, l’hypothèse d’une telle augmentation n’est pas retenue par les experts. Au contraire, le rapport Énergies 2050 confirme les équilibres actuels. En effet, sur les 21 scénarios de sources diverses qui ont été analysés, 15 considèrent que la demande d’électricité en France se situera, à cette date, entre 500 et 600 TWh, deux seulement considèrent qu’elle sera supérieure », écrit le rapport qui considère qu’EDF doit revoir son programme « grand carénage » pour l’adapter à des critères de production et financiers plus réalistes.... (Merci à Mediapart)
       _____: De plus, l'engagement d'EDFsur l'EPR britannique (sans parler du très onéreux site finlandais) tourne très mal: Hinkley point c’est l’aventure internationale de trop, celle qui pourrait être fatale à l’entreprise publique. « Hinkley Point, c’est un cauchemar. Il faut à tout prix sortir de ce bourbier le plus vite possible. EDF risque d’en mourir, avec leurs conneries », dit un ancien directeur d’EDF. « Il y a urgence de tout arrêter. L’affaire est trop mal engagée. Il n’y a que des coups à prendre », renchérit un cadre dirigeant. « Quand je vois Macron dire qu’il est pour le projet [Emmanuel Macron a apporté son soutien au projet d’Hinkley Point], je me dis qu’il ferait mieux de se taire. Il est irresponsable », surenchérit un proche du dossier. « C’est la première fois dans l’histoire d’EDF qu’un projet industriel fait l’unanimité contre lui parmi les syndicats. Tous sont opposés à Hinkley Point. Même la CGT, qui pourtant soutient traditionnellement ce type de programme, est vent debout contre le projet », relève un autre cadre dirigeant.
    -  Le courant ne passe plus.
___Remettre les pendules à l'heure. 
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Quand le chat est parti...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Mais qui tient la maison?

                                       Le Patron n'est pas content
                         Mais pas content du tout.
          La Mongie, c'est raté. Au pire moment.
   Pas moyen de s'échapper une journée pour se livrer aux joies du ski.
 Notre système est tellement centralisé que, dès que manque la pièce essentielle du dispositif, la machine tend à se dysfonctionner, surtout en période critique.
     On se rappelle de d' l'affolement dans les ministères à la suite de l'escapade gaullienne à Baden-Baden en 68. Et pourtant, là, les ministres n'étaient pas des "stagiaires", même barbus.
       Un seul être vous manque et tout est déglingué...
     C'est un symptôme. L'hypercentralisation et la monarchisation du pouvoir présidentiel, dans la V° République  produit des effets prévisibles.
     On le dit et on le répète depuis tant d'années: il faudrait en finir avec cette République, finalement fragile et favorisant l'abstention; pour en refonder une autre, d'un type nouveau, rééquilibré. 
     Se donner le temps de repenser d'abord une constituante pour aujourd'hui, même si c'est difficile.
     La hauteur  et la distance ne peuvent produire que les pires effets.
  Versailles n'est pas la France. Le storytelling est sur son déclin.
         Un peu de modestie et d'exemplarité ne peuvent nuire. Le verbe a ses limites.
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Hold-up géant sur les comptes?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
 
 
       ... En cas de nouvelle crise bancaire
                                                            Quand un bateau commence dangereusement à prendre l'eau, il peut y avoir deux solutions: soit demander et attendre du secours, soit solliciter en urgence l'équipage et mobiliser les passagers pour écoper au plus vite afin d'éviter de sombrer, en attendant le salut.
      Jusqu'ici, en période de crise,  d'énormes prises de risques bancaires qui confinaient à l'aveuglement fou, l'Etat s'était résolu, contraint et forcé, à renflouer les caisses des organismes qui avaient cédé sans retenue à l'ivresse spéculative, en mettant en péril tout le système, la confiance et l'investissement. On ne voulait pas revivre 1929.
    Ils étaient too big to fail..Il fallait les sauver malgré tout, voire les nationaliser pour un temps, celui  du dégrisement, de reconstitution de fonds propres, d'évacuation des éléments pourris, connus ou masqués, vers des poubelles créées pour l'occasion (bad banks)
        Le bail out, c'est fini. Mais rien n'est réglé  sur le fond, la météo reste préoccupante, la situation  est toujours périlleuse ou mal appréciée concernant des organismes de placements ou d'affaires, qui mélangent toujours dangereusement les deux activités,  qui inquiètent le monde de l'économie, comme par exemple pour  la Deutsche Bank, certaines banques italiennes, pour ne parler que d'Europe ...Sans les fonds de la BCE, souvent à taux 0 ou négatif, certaines sombreraient. La Deutsche Bank est encore plus dans la tourmente. 
  L'opacité est encore grande. Le casier judiciaire de certaines banques n'est pas vierge...  
  Pour les prochaines crises qui menacent, l'Etat a déjà donné.. Au prix de son affaiblissement et de sa dépendance renforcée.
          Voici venu le temps de possibles bail in:
     Aux déposants de renflouer, d'une manière ou d'une autre la banque dans laquelle ils n'ont pas mis que leur confiance, comme l'autrefois vertueux Crédit agricole ou la Société générale.
       Le principe était dans l'air depuis longtemps, mais aujourd'hui une réglementation l'autorise.
          Comme la séparation réclamée des grandes banques n'existe pas, malgré les promesses faites, le danger menace tout le monde, à des degrés divers.
     Seraient concernés dans l'ordre: les actionnaires (ce qui est tout à fait normal !), puis ceux qui ont fait confiance à la banque en lui achetant des obligations (là, cela devient discutable), enfin, si cela ne suffit pas, la banque pourra se servir dans les comptes de ses clients (ici, c’est de la spoliation ou du vol légalisé pur et simple) !
   Tout commence avec l'affaire de Chypre, que l'on a pris comme un simple.cas d'exception. Remember 2013...
        Ce que d'aucuns appellent un hold-up sur les comptes bancaires est devenu légal.
              L’Autriche inaugure le premier “bail-in” européen d’une banque en faillite. Sans bruit.
                   A quand les suivantes?
  La répétition est à craindre, si...  La prochaine crise financière pourrait se régler sur le dos du plus grand nombre.
              .. La directive européenne BRRD (Bank Recovery and Resolution Directive) (qui) permet aux banques en situation de faillite de se renflouer en puisant directement dans les comptes de leurs clients. C’est légal en Europe depuis le 1er janvier 2016. Plus récemment nous apprenions que les Etats-Unis s’engageaient sur la même voie au moment où la Fed abandonnait un de ses mandats originaux de 1913, celui de « prêteur de dernier ressort », des banques en difficulté, justement. Dernièrement, c’est le Canada qui a adopté ce même type de procédure en instaurant un régime de recapitalisation interne des banques....
   Des garanties sont théoriquement prévues...mais comment un Etat en faillite pourrait garantir quoi que ce soit? On ne peut une deuxième fois lui faire les poches, et la planche à billet s'use vite...
     Mais que vaut la garantie des dépôts? Elle n'est pas une certitude. Selon C.Sannat:
                                 Depuis le début de la crise dite « des subprimes » qui a commencé en 2007 nous avons privatisé les bénéfices des banques et socialisé les pertes qui étaient prises en charge par les états selon le principe du « too big to fail » c'est-à-dire trop gros pour faire faillite.
      Pourtant il ne faut pas se leurrer. Par définition et c'est d'une logique implacable, une banque « too big to fail » est également bien souvent « too big to save » c'est-à-dire bien trop grosse pour être sauvée même par les états. C'est ce que vous avez vu avec la Grèce (qui n'est pas un paradis fiscal rempli de mafieux russes) ou encore avec Chypre. Mais c'est aussi le cas des banques du Luxembourg dont les bilans représenteraient environ 30 fois la taille du PIB du pays, ou encore de la France dont le seul bilan de la BNP est égal à notre PIB... et pourtant nous non plus nous ne sommes pas à proprement parler un paradis fiscal.
    Nous en sommes donc arrivés en Europe au moment où nous sommes obligés de reconnaitre que nous ne sommes pas capables de sauver nos banques (ce qui est connu depuis plus de cinq ans d'ailleurs), d'où l'invention du terme « bail-in » qui consiste à dire que les obligataires (ceux qui ont prété aux banques en achetant des obligations), les actionnaires (les propriétaires des banques) et également les déposants (qui n'ont pas d'argent en banque puisque les dépôts à vue sont des créances sur la banque...) seront désormais mis à contribution pour régler la note en lieu et place des états qui ne le peuvent pas puisqu'ils sont également insolvables. 
     ...La non plus, n'imaginez pas un seul instant que la garantie des dépôts est une certitude, y compris pour les comptes de moins de 100 000 euros. Pour le moment cela tient. Mais en fonction des cas, des banques, des pays et de la typologie des dépôts, sauver une banque peut nécessiter de baisser le seuil de garantie voire même de le supprimer.
                    Si elle est appliquée à une certaine échelle, la politique du  bail-in  accélérerait la désintégration du système
                                 Croisons les doigts ou prions, selon les cas...Ou bien agissons.
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(Trés) brèves

Publié le par Jean-Etienne ZEN

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Demain, je me mets à l'élevage

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Dans ma salle de bain
                     
      Marre des steaks trop durs.
                          Fatigué des escalopes pleines d'eau, du poulet aux hormones.
        Fini la bidoche. 
                                     Le conformisme culinaire engendre l'ennui et tue l'appétit.
      Je vais allier nécessité et plaisir.
   Et manger autrement 
     C'est vers ça qu'il faut tendre: des vers (gris ou verts) avec un verre de Muscadet, c'est super! 
          Et c'est bon pour la santé et l'avenir de la planète...
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Voyage en Orbanie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Juste un clash?
                        Au sein de la droite européenne assez hétéroclite, Viktor s'est fait taper sur les doigts, malgré des soutiens attendus.
    Ce n'est pas bien méchant et c'est provisoire, plutôt symbolique au sein du PPE, avant les élections à venir.
   Et puis il n'est pas exclu, mais seulement suspendu.
                    Et il gardera la ligne.
         Les alliances objectives sont un peu écornées, Junker fait ce qu'il peut, jouant l'impuissance, mais le but du chantre de la démocrati illibérale ne change pas d'un pouce, quelle que soit l'opposition interne, modeste, et  externe. A voir s'il sera suivi dans son projet de fédération et de contre-révolution...

           "....Réforme de la Cour constitutionnelle, attaques contre la liberté et la pluralité de la presse, affaiblissement de l'indépendance de la justice… Viktor Orban s'emploie depuis des années à limiter l'exercice de la démocratie dans son pays. Ce dernier conteste logiquement cette idée, estimant au contraire mettre en œuvre un autre modèle. A l'instar du parti Droit de justice de Jaroslaw Kaczynski en Pologne, M. Orban se réclame ainsi du concept de "démocratie illibérale", qui permet selon lui de dissocier le libéralisme qu'il rejette, de la démocratie.
    Une dissociation jugée impossible par une large majorité des intellectuels. Pour Luuk van Middelaar, philosophe et professeur de droit européen, la Hongrie s'apparente en effet à une "dictature électorale". Les électeurs, qui n'ont plus de liberté de la presse ou de liberté d'association, "sont encore là pour la façade", mais l'exécutif "n'autorise plus de contre-pouvoirs". Le populisme est "un style de gouvernement", abonde en ce sens Jean-Yves Camus, politologue spécialiste des extrêmes droites. Les populistes "veulent aller au-delà de la démocratie représentative pour aller vers la démocratie directe" et pour "aboutir à une dictature des passions".
    Solidement implanté à son poste, charpenté sur le plan idéologique et convaincu que l'Europe pourrait, demain, "cesser d'être le continent des Européens", c'est dans ce contexte que Viktor Orban chercherait aujourd'hui à prendre la direction d'un mouvement européen (ultra)conservateur, chrétien et anti-immigration. Ce dernier irait de son camp, le Parti populaire européen, jusqu'aux droites radicales et souvent antieuropéennes comme celles de la Ligue de Matteo Salvini en Italie ou du Rassemblement national de Marine Le Pen en France. Les grandes divergences de vues des uns et des autres en matière d'immigration ou plus généralement de construction européenne seront toutefois des obstacles majeurs à surmonter pour le Premier ministre hongrois. Il refuse par exemple la répartition des migrants que souhaite M. Salvini et n'envisage en rien une sortie de son pays de l'UE alors que la question est régulièrement évoquée par le Rassemblement national.
Plus que de bâtir un programme commun, l'objectif principal serait donc plutôt de faire émerger des élections européennes 2019 un puissant pôle illibéral et ainsi de jeter les bases d'une "contre-révolution", pour reprendre le terme de Jacques Rupnik, expert des pays d'Europe centrale et orientale. Viktor Orban pourrait trouver des alliés, objectifs ou de circonstance, pour essayer de "changer l'Union européenne elle-même, ses structures, ses processus de décisions"....
      Mais qu'y a-t-il donc dans le tête de Viktor Orban?
   Même si une certaine opposition interne monte contre lui, notamment concernant les dernières lois sociales régressives, elle est sporadique et dispersée, et, sans liberté de presse et avec la mise au pas du droit, elle aura du mal à s'exercer.
  Déjà l'année dernière, on notait:
               Le nouveau succès électoral du maître de Budapest n'est nullement affecté par les rodomontades de Bruxelles, qui fait la morale à l'enfant terrible, tout en continuant à subventionner comme jamais une économie qui se porte mieux..
    Derrière les menaces, l'Eurogroupe montre sa faiblesse structurelle, tout comme à l'égard de la ligne polonaisedu moment. D'autant plus que Victor joue habilement un double jeu: plutôt sage à Bruxelles, il se déchaîne contre elle à Budapest, jusqu'à la caricature, directement ou par le biais des médias devenus les fidèles serviteurs de sa cause.
     Même si une certaine inquiétude est apparente dans la capitale, le reste du pays est acquis aux thèses de Victor, qui sait jouer habilement sur les peurs." Le Fidesz est accusé d'avoir muselé depuis 2010 de nombreuses institutions et contre-pouvoirs du pays, comme les médias et la justice, mais aussi l'économie et la culture. Le tout légalement, grâce à sa super-majorité au Parlement et sans s'émouvoir des critiques de la Commission européenne et de nombreux observatoires internationaux.
      Même si les dérives hongroises  ne datent pas d'aujourd'hui, se trouve ainsi confortée une certaine radicalisation des droites européennes.
      ...Aujourd’hui, les alliés de Viktor Orbán ne se limitent pas à cette Mitteleuropa perdue dans le multiculturalisme européen. Ils se trouvent aussi dans l’ancienne Europe des Quinze et dans les derniers succès électoraux engrangés çà et là ces derniers mois : entrée de l’AfD au Bundestag en septembre, formation d’une coalition gouvernementale par une droite anti-migrants avec l’extrême droite du FPÖ en Autriche en décembre, campagne électorale dominée par la thématique migratoire en Italie et score historique pour la Lega (extrême droite) en mars
     Dernièrement, c’est même une partie de la droite allemande qui a pris un virage anti-migrants. Le tout nouveau ministre de l’intérieur et chef de la CSU, Horst Seehofer, a marqué le coup dès son entrée en fonction, le mois dernier, en assurant que l’islam n’appartenait pas à l’Allemagne. Quant à la droite française, son orientation, depuis que Laurent Wauquiez a pris la présidence des Républicains, ne laisse pas trop planer de doutes : elle serait clairement islamophobe.    
    Plus que la critique des institutions européennes, c’est ce positionnement identitaire qui rassemble aujourd’hui une partie grandissante des droites européennes... Et qui se trouve légitimité par la reconduction, pour un troisième mandat consécutif, d’un chef de gouvernement en exercice. Une convergence inquiétante, à un an des élections européennes....
     L impuissante de l'Europe face à Viktor Orban est manifeste, victime d'une volonté d'élargissement inconsidéré qui la paralyse. Plus Orban bombe le torse, plus Bruxelles semble impuissant. Que faire face à l’enfant terrible de l’Europe ? Comment faire rentrer dans le rang ce cancre qui a l'insolence de mordre dans l'Etat de droit en lui riant au nez ? La Commission européenne a beau taper du poing sur la table, cela fait déjà huit ans qu'elle se casse les dents sur le cas Orban…
     Dans le pays orange, où la corruption ne va pas se réduire, l'opportuniste de nouveau aux commandes pour quatre ans de plus, ne va pas se gêner pour conforter son pouvoir en utilisant à son profit les faiblesses de l’Union européenne 
       Quatremer n'avait pas tout à fait tort.

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Allemagne et BCE

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(C'était il y a peu)

 

Turbulances berlinoises
                                      Et guéguerre monétaire.

 

:                                                               La politique monétaire actuelle de la BCE pour une relance éventuelle de l'économie passe mal à Berlin. C'est un euphémisme. 
   La capitale allemande accuse M Draghi de flouer ses épargnants par des taux d'intérêts trop bas.
      Deux logiques monétaires s'affrontent, qui ont aussi des dimensions politiques, électorales.
  On pensait que la BCE était indépendante, c'était du moins ce qui était voulu.
       Mais plus au regard du Dr Schaüble, qui émet de vives critiques sur la politique monétaire menée pas Draghi. Francfort devient un champ de luttes entre deux institutions, deux lignes.monétaires, donc économiques.
    Il est vrai que la voie prise par la BCE est lourde d'incertitudes par ces temps de crise, de récession rampante, et de guerre des monnaies.  Elle paraît jusqu'ici peu efficace et la relance européenne se fait attendre.
  Son discours ne passe pas dans la droite libérale allemande, rebelle par principe à toute inflation, même minime, d'autant que Mario souhaiterait la fin d'une politique monétaire commune.
  Ce n'est pas bon signe pour certains économistes quand la BCE sort l’artillerie lourde et continue à faire marcher la planche à billet pour relancer une production plus qu'atone, éviter une déflation mortelle. A quoi cela sert-il de continuer à arroser le désert?
         On ne voit toujours pas la machine redémarrer.
  Le Dr Draghi doit changer de médecine ou se recycler, pour soigner l’économie européenne.
      Berlin, qui ne va pas trop mal pour l'instant, merci!,fait les gros yeux, la Bundesbank est furibonde: surtout pas d'inflation, même légère et régulatrice. Surtout ne pas revoir le statut d'une monnaie unique qui désavantage par trop les partenaires économiquement inféodés.
  Le magicien de Goldman Sachs voit-il le problème?
        Les mesures annoncées par Mario Draghi indiquent que la BCE a bien pris conscience que la zone euro est confrontée à un risque sérieux de déflation. Les mesures prises pour y faire face seront-elles efficaces ? On peut sérieusement en douter.
  Mais la politique de la chancelière, arc-boutée sur un euro-mark trop fort pour ses partenaires voisins,  l'obsession de l'épargne pour des raisons démographiques mais aussi électorales, tétanisée  par la crainte irraisonnée d'une inflation même minime, n'est guère cohérente avec le principe de l' autonomie de la banque centrale, qui s'efforce d'injecter des liquidité pour éviter une déflation dangereuse, mais sans relancer vraiment la croissance.
   La zizanie fait tache d'huile:  Sapin  recadre Schaüble, le Président de la Bundesbank défend Draghi. L'Europevacille. 
   Tout se passe comme si la BCE devenait un bouc émissaire, alors que Super Mario ne peut décréter un relance.
   Bref, un début de panique et de fronde chez les politiques allemands:
   ...Depuis 2014, la politique de la BCE qui, pour lutter contre le risque déflationniste se fonde sur la « répression financière » est bien moins favorable aux épargnants allemands. Et voici soudain que l’indépendance de la BCE n’est plus aussi sacrée. Depuis, ce week-end, la guerre semble même ouvertement déclarée entre les politiques allemands et Mario Draghi. Preuve que les positions théoriques tiennent souvent davantage à des questions d’intérêts qu’à des convictions bien ancrées. Lorsque l’Europe est moins favorable, l’Allemagne sait aussi se faire critique de l’Europe…
     Schaüble s'en prend vivement à la politique des taux. Des positions pas dénuées d' incohérence, qui pointent le problème aigü des fonds de retraite dans le contexte de baisse régulière de natalité allemande. Une cagnotte pour plus tard...aux meilleures conditions.
     ...le vice-président du groupe parlementaire de la CDU, Michael Fuchs, de prévenir que son parti va aller plus loin dans la protestation en affirmant que « nous ne crions pas encore assez fort. » Dans les colonnes du Spiegel, Ralph Brinkhaus, lui aussi vice-président du groupe parlementaire de la CDU, affirmait que l'Allemagne « devait placer la BCE sous pression pour l'amener à se justifier, sinon rien ne changera ». Bref, l'heure est à la rébellion ouverte contre la banque centrale. Selon le Spiegel, le gouvernement envisagerait même de porter plainte contre la BCE si elle se lançait dans « la monnaie hélicoptère », information cependant ensuite démentie.
      Selon Godin,  en réalité, la BCE agit comme un bouc émissaire commode d'une classe politique allemande en désarroi devant la montée d'AfD. Accuser la BCE d'avoir contribué « pour moitié » à la montée de l'AfD, c'est, pour Wolfgang Schäuble se dédouaner à bon compte de ses responsabilités, non seulement dans le domaine migratoire, mais aussi dans la dégradation visible des infrastructures publiques et des services publics qu'ont généré sa politique budgétaire, mais aussi des conséquences sociales des « réformes structurelles ». Le débat sur la politique monétaire est donc une aubaine pour les Conservateurs allemands pour dissimuler leurs propres échecs et le risque politique qu'ils ont fait naître.
           La fragilité du système financier allemand est ainsi mise en évidence; que la crise de la Deutsche Bank a encore récemment mis en lumière. La politique de la BCE met la pression sur ce système financier parce qu'il est obsédé par des rendements élevés qui sont naturellement trop élevés, et dans certains cas -assureurs- garantis. La faute n'en revient pas à la BCE, mais bien aux banques et assureurs allemands qui, compte tenu de la situation économique et financière aurait dû « déshabituer » les épargnants allemands à ces rendements. Le gouvernement fédéral, si prompt par ailleurs à faire la leçon au monde entier n'a pas jugé bon de réagir. C'est pourtant un problème majeur qui est à la source de l'excédent courant allemand, lui-même source d'un déséquilibre immense dans la zone euro. Si la politique de la BCE alimente des bulles, c'est que des banques entretiennent ces bulles par des promesses démesurées.
    La BCE alimente-t-elle l'euroscepticisme en Allemagne ? 
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Terrible saison

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Celle des machettes.
                                       C'est le titre de l' un des ouvrage du journaliste Jean Hazfeld,  qui enquêta sur les modalités, les circonstances et les causes d'un massacre africain de si grande ampleur qu'aujourd'hui encore il nous glace le sang et et nous laisse dubitatifs et interrogatifs sur certaines actions collectives extrêmes de l'humanité.
     La tuerie systématiquement organisée et soudaine cesse de nous interroger, comme certaines horreurs dont l'histoire laisse des traces et des cicatrices profondes.
   De l'opération turquoise confiée à la France à des fins humanitaires, nous commençons à en savoir un peu plus, d'autant plus que certaines langues libérées commencent à parler. La France a eu sa part dans l'aide qu'elle fournit au Hutus, ce qui fut longtemps dénié.
      La lumière sur le  massacre est loin d'être complètement faite, d'autant plus que sur le fond, le déchaînement brusque des événements et son ampleur dépassent l'entendement.
     Dans un entretien à Mediapart et à la cellule investigation de Radio France, le général Jean Varret dénonce les « fautes » de la France commises sous la pression d’un « lobby militaire ». Premier épisode d’une série d’enquêtes et de reportages que nous publions vingt-cinq ans après la tragédie rwandaisePour le général Varret, auteur de l'ouvrage Général, j'en ai pris pour mon grade (éditions Sydney Laurent), cette tragédie était annoncée. Une partie de l’armée française et la présidence de François Mitterrand ont été, dit-il, « aveuglées » par l'aile extrémiste du régime rwandais. Un quart de siècle après les faits, le militaire parle d’une « faute » commise au sommet des institutions politiques et militaires françaises, qui a « débouché sur un génocide ».
     On sait mieux que les génocidaires ont planifié leur crime au moins deux ans à l'avance et ont acquis desmoyens auprès de certaines banques françaises.
    La France est toujours visée pour complicité.ou laisser-faire, dans ce génocide loin d'être totalement élucidé, aux fondements coloniaux anciens et instrumentalisés.
   Le dossier est loin d'être clos et les questions reviendront longtemps sur cette terrible énigme.
    _______   "En 1994, entre le lundi 11 avril à 11 heures et le samedi 14 mai à 14 heures, environ 50000 Tutsis, sur une population environ de 59000, ont été massacrés à la machette, tous les jours de la semaine, de 9h30 à 16 heures, pas les miliciens et voisins Hutus, sur les hauteurs de la commune de Nyamata, au Rwanda..."
   Froide relation d'un des aspects d'une catastrophe d'une plus grande ampleur, menée comme un "travail" obligatoire, relatée par Jean Hatzfeld dans Une saison de machettes.
      Quand le meurtre de masse devient un devoir...
Sidération! C'est encore le sentiment qui domine...20 ans après.
  Comment en parler, quand l' ampleur de l'horreur rend muet, pétrifie, quand l'inimaginable nous ébranle? 
                Malgré la compréhension des racines (qui ne furent pas tribales!), des causes, proches et lointaines, connues ou encore mal éclaircies, d'un tel cataclysme, l'esprit se heurte à un mur, comme après les horreurs de la Shoah, du Cambodge, celles de l'ex-Yougoslavie: comment fut-ce possible?
      Comment la mécanique de l'horreur a-t-elle pu se propager si vite et si systématiquement, pendant les 100 jours d'extermination, planifiée tous les matins, dans chaque localité? 
    Comment parler de l'indicible souffrance vécue par les Tutsis et les Hutus opposants?
La démesure de ce crime de masse inaudible met en évidence ce que nous oublions souvent: le fragile vernis d'humanité, affectant même les plus cultivés ou religieux...
    Mise en évidence aussi de la normalisation de la haine, de l'incroyable force du conditionnement, de la propagande, de la  haine programmée, à partir d'une histoire manipulée depuis longtemps.

Des hommes comme les autres...

   Un traumatisme toujours  présent, malgré le silence des survivants, celui qui suit les immenses frayeurs collectives.
    La peur cultivée à jouée contre de faciles boucs émissaires
 Le génocide des Tutsi n a pas été improvisé en fonction d une conjoncture. Il n était pas non plus une fatalité inscrite dans les gènes de la population rwandaise : ce n est pas un objet ethnographique. Il est le produit, très moderne, d une option politique extrémiste, jouant ouvertement du racisme comme arme de contrôle du pouvoir. Les médias qui en ont été les vecteurs efficaces l' attestent sans ambages. Mais cette mise en condition de tout un pays aurait été impossible sans l inscription durable dans la culture de la région des Grands lacs d une idéologie intrinsèquement raciste, discriminant, sous les étiquettes hutu et tutsi, des autochtones et des envahisseurs, une majorité naturelle et une minorité perverse, le « vrai peuple » rwandais et une race de « féodaux ». (JP Chrétien)
      Oui, les  medias ont joué un rôle clé, la propagande de la  radio a été permanente, l'appel au meurtre constant, entre deux émissions de variétés (RadioMille collines)
   Ce  génocide de proximité a été favorisé par un intégrisme ethnique, que les occupants coloniaux ont contribué à développer très tôt, dans leur intérêt.  Toujours diviser pour mieux gérer. 
     La vérité sur le génocide rwandais reste encore à écrire.
                          La part prise par la France fait encore l'objet de polémiques. 
On a parlé de neutralité coupable...qui ne pouvait profiter qu'aux assassins.  Certains ont fait un pas de plus:
 "On a déjà beaucoup écrit sur l’histoire de la présence française à Bisesero, en particulier le remarquable livre de Patrick de Saint-ExupéryL’Inavouable. Ce qu’il est important de retenir, c’est le geste d’Antoine pour qui la complicité de la France dans le génocide des Tutsis ne fait pas de doute, comme un pan d’Histoire qu’on peut interpréter jusqu’à plus soif, mais dont les faits sont indéniables. De la même manière qu’il y a eu un appui au régime d’Habyarimana pendant toutes les années Mitterrand, y compris avant et juste après le déclenchement du génocide, il y a bien eu des soldats français, peut-être fourvoyés, en compagnie des interahamwe sur la colline de Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été sauvagement assassinés. Ce n’est pas le genre de chose qui s’oublie facilement au pays des mille collines. C’est une marque indélébile entre les deux États.. Ce qu’il est important de retenir, c’est le geste d’Antoine pour qui la complicité de la France dans le génocide des Tutsis ne fait pas de doute, comme un pan d’Histoire qu’on peut interpréter jusqu’à plus soif, mais dont les faits sont indéniables. De la même manière qu’il y a eu un appui au régime d’Habyarimana pendant toutes les années Mitterrand, y compris avant et juste après le déclenchement du génocide, il y a bien eu des soldats français, peut-être fourvoyés, en compagnie des interahamwe sur la colline de Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été sauvagement assassinés. Ce n’est pas le genre de chose qui s’oublie facilement au pays des mille collines. C’est une marque indélébile entre les deux États..."
                  Des questions encore sans réponse... Le débat est loin d'être clos. (*) 
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(*)    Le génocide n'est pas un massacre soudainement provoqué par un peuple hutu en colère après l'assassinat de son président, une sorte de dérapage monstrueux d'habituelles tueries interethniques, comme ont voulu le faire croire les responsables politiques français en charge en 1994. Il est l'aboutissement d'une planification méthodique, pensée, voulue, organisée par le régime d'Habyarimana. Ce qui pose directement la question du rôle de la France qui, depuis 1990, n'a cessé de soutenir, d'armer, de former les futurs génocidaires, jusqu'à combattre à leurs côtés en 1992 et 1993 contre la rébellion tutsie du FPR conduite par Paul Kagamé. Jusqu'à 1 000 soldats français ont été déployés au Rwanda au début des années 1990.
C'est toute la qualité du livre que publient Benoît Collombat et David Servenay, « Au nom de la France », guerres secrètes au Rwanda (éditions La Découverte), que d'explorer ces quatre années qui ont précédé le génocide. Les deux journalistes travaillent depuis des années sur le Rwanda, le premier ayant réalisé de nombreuses enquêtes pour France Inter, le second ayant déjà publié un livre important, en 2007 avec Gabriel Périès, Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994).
Ce que révèle ce livre, c'est d'abord l'ampleur de l'engagement français auprès des troupes du régime dictatorial d'Habyarimana. Formation, armement, construction d'une gendarmerie rwandaise qui sera ensuite l'instrument du quadrillage de la population et de sa mobilisation pour participer aux massacres, opérations spéciales, assistance technique dans les phases de combat : à partir de 1990, l'armée française s'engage crescendo pour sauver un régime qui, en parallèle, met en place les structures qui permettront le génocide.
Or, et c'est là le point clé, la France ne peut ignorer ce projet génocidaire. Car, dès 1990, les alertes sont faites. Elles se multiplieront ensuite, venues de militaires, des agents de la DGSE, des diplomates et des ONG. En 1993, un rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) avec trois autres organisations humanitaires documente parfaitement les massacres survenus en 1992, premier acte du génocide. Que fait la diplomatie française ? Elle s'inquiète de son retentissement médiatique ; la politique française restera inchangée... Les alertes se font-elles encore plus détaillées, lorsqu'il est, par exemple, signalé l'achat de cargaisons entières de machettes  à la Chine ? Il ne se passe rien de plus.
C'est ce naufrage politique français que documente le livre de Benoît Collombat et David Servenay. Le choix initial de François Mitterrand n'est jamais contesté ni même questionné durant ces quatre années qui précédent la catastrophe. À partir de 1993, le régime de cohabitation ne vient pas plus remettre en question cette politique. François Mitterrand, sa cellule Afrique, son fils Jean-Christophe Mitterrand, Hubert Védrine, Édouard Balladur, François Léotard, Alain Juppé, son directeur de cabinet Dominique de Villepin, et l'état-major de l'armée, tous persistent dans leur soutien au régime criminel. Un seul homme prend ses distances en envoyant deux notes très critiques à François Mitterrand : Pierre Joxe, lorsqu'il est ministre de la défense avant 1993. Son avis n'est pas écouté..."
                 -Elements d'éclaircissements.  ___(1)
                 - Le carnet de Colette Braeckman
                  - Les idiots utiles de Kagamé
                 - Le déshonneur de la France 
                  - Un pays brisé 
                   -Négationnisme structurel 
                  - Des intérêts géoéconomiques 
                  - Le chaos dans l'Afrique des Grand Lac
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Du côté de l'Alberta

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Nouvelle ruée vers l'Ouest 

                                    Visitez l'Alberta
                                                      Ses immensités vierges et sauvages, ses paysages grandioses...
          ...Et ses schistes bitumineux.
                    Sur une superficie équivalente à la Belgique, le Canada met un tigre dans son moteur.
   On vous y attend. à bras ouverts. On embauche. On creuse, on fore, à tours de bras.  Drill, baby, drill!
    Même s'il faut une dépense en énergie considérable pour obtenir du pétrole (l'équivalent d'un baril dépensé pour deux obtenus, au bout d'un processus nécessitant beaucoup d'eau et de produits chimiques, qu'on retrouve ensuite dans les sols et les rivières...
   La splendide forêt d'une région plus grande que la France est la première victime d'une aventure qui s'emballe.
       Un pollution à grande échelle, qui n'est que partiellement contrôlée, malgré les démentis officiels. Bien que peu évoquée ailleurs, elle suscite régulièrement là-bas un tollé.
   Pas seulement dans les milieux écologistes et aussi pour les forages plus "classiques" de gaz de schistes.
   Des scientifiques s'inquiètent. Les lobbies rassurent, comme ils le font pour l'amiante, pourtant en déclin.
        Selon les "autorités officielles" le niveau de pollution serait tolérable. L’exploitation de ce pétrole justifierait économiquement les avantages fiscaux, subsides et autres aides publiques offerts à ces industries. Plusieurs études indépendantes viennent cependant réfuter cette idée. L’industrie du sable bitumineux serait largement plus polluante que déclaré. Mais quel est le poids de l’écologie face aux chiffres ? Le projet d’exploitation en Alberta, au Canada, représente à lui seul une manne de 2280 milliards de dollars canadiens (1600 milliards d’euros). Comment rivaliser avec de pareils chiffres ? 
  Face à l’immobilisme des gouvernements qui se soumettent volontiers aux lobbies industriels, les citoyens prennent en main la résistance. Gabriel Nadeau-Dubois, étudiant engagé remarqué durant le printemps érable, est notamment une figure importante de ce mouvement. La très connue Fondation Suzuki fait également pression, notamment en introduisant des recours judiciaires contre les forages de TransCanada. Preuve en est que ces mouvements peuvent avoir une efficacité locale, fin 2014, le premier ministre du Québec marquait ses réservesconcernant un projet de port pétrolier au large de Cacouna, à proximité du lieu de vie des bélugas. La lutte continue.
     L'exploitation de l’or noir de la discorde n'en est qu'à ses débuts, selon les prévisions.
  Une  catastrophe écologique  de grande ampleur, plus grande que prévue, se prépare
          Une vision d'avenir à courte vue, dans un pays qui a bien d'autres ressources d'énergie, propres celles-là.
                 Il est plus que temps de penser l'après-pétrole. 
 

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Bibi aux abois

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Les mots sont importants.
                              Cela fait longtemps que, de notoriété publique, Betanyahou traîne de grosses casseroles.
      Mais Madame aussi, comme le fils. Une famille bien soudée.
  Pour l'homme, considéré comme le plus à droite de l'histoire israëlienne dans l'histoire du Likoud, ses chances sont minimes pour les futures nouvelles élections anticipées, après dix ans de pouvoir. Mais l'homme et rusé et calculateur.

    Décomplexé, prêt à faire alliance avec le diable, il sait flatter l'aile la plus extrêmiste des fondamentalistes engagés dans le choix de la colonisation à outrance et de l'exclusion d'un quelconque Etat palestinien.  Le grand Israël a de l'avenir.
    L'opposition se divise sur fond d'une opinion résignée et conditionnée par la peur pendant tant d'années. 
     Bibi est un problème pour Israël, comme le disent de nombreux citoyens de ce pays gardant leur sens critique.
    Un escroc sans doute, mais surtout une menace pour la démocratie israëlienne, jouant sans cesse sur un vieil amalgame reposant sur la confusion entre la critique de la politique israëlienne à un moment donné et les propos et les actes antisémites de toutes sortes. Mais il n'est pas le premier à instrumentaliser la cause de sa ligne politique. Toute critique de la politique du gouvernement serait une démarche antisémite.
     C'est là que repose l'erreur entretenue de beaucoup, notamment  au Crif, toujours soucieux, depuis le départ d'Etienne Klein, comme à l'Elysée, d'écarter le gouvernement israëlien de critiques légitimes.
   C'est aussi l'erreur de certains chefs d'Etat, notamment celle de Macron
 On connaît toute l'ambiguïté de la notion de sionime, dont il importe de faire l'histoire et de se demander qui en parle et selon quel sens.
    Etre sioniste n'a pas le même sens aujourd'hui qu' à l'époque du fondateur Herzl et de Jabotinski. Son sens politique et religieux ne se confondent pas. De nombreux Juifs, croyants ou non, israëliens ou pas, peuvent ne pas épouser cette idée parfois volontairement laissée dans le vague; certains même la refusent, au nom des projets qu'elle véhicule.
   Certains annoncent la "fin du reve sioniste" et le début d'un machiavélisme d'Etat où Tel Aviv cherche des alliances, dans le contexte actuel, avec des Etats se déclarant ouvertement sioniste, comme l'Arabie S  aoudite.
   L'antisémitisme dénoncé devient parfois une arme, lourde de sous-entendus, d'intérêts et de confusions.  S'il faut être en garde contre l'antisémitisme, il fait l'être aussi contre l'usage qu'on peut en faire. Un éclairagehistorique et critique s'impose.
           Les mots sont importants
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