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Chut! Secrets d'affaires...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Les affaires sont les affaires..                                                 [Notes sur un débat en cours]
.                                          Personne n'a à y mettre son nez.
 Sauf que...il y a affaires et affaires..
     La notion de secret des affaires recouvre des aspects variés et parfois contradictoires.
       Le risque est grand quand on l'invoque de tout mélanger: le légitime et le moins légitime.
  Il est nécessaire de répéter qu'un certain nombre d'affaires d'Etat ne doivent pas, du moins pour un temps, devenir publiques et exigent même parfois un secret absolu. Certains secrets d'Etat ont leur valeur. Comme dans certaines dispositions secrètes dans la lutte antiterroristes, certaines négociations diplomatiques cruciales...A condition que ces dits secrets ne servent pas d'alibis à certaines pratiques privées qui n'ont rien à voir avec l'intérêt général ou à des manoeuvres discutables et des pratiques douteuses...     
   De même pour les secrets industriels de fabrication et de pratiques des entreprises, dont il faut préserver le contenu contre intrusions, espionnages et piratages, dans un contexte de concurrence non faussée..
   Mais il est des pratiques dans le domaine économique qui nécessitent d'être portées au grand jour, pour un fonctionnement plus normal, plus légal des affaires. Il est sain de pouvoir dénoncer pratiques douteuses, ententes sur les prix, corruptions, etc...
     Informer n'est alors  pas un délit. C'est souvent le contraire.
  Les lanceurs d'alerte désintéressés, intérieurs ou intérieurs, se révèlent souvent nécessaires pour mettre à jour certaines pratiques déloyales ou frauduleuses, parfois savamment voilées.
      C'est là toute l'ambiguïté de la directive sur le secret des affaires.
   Au sens strict, sans cela, pas de Panama papers, pour ne citer que la dernière affaire mise à jour.
 On comprend donc les réticences et les oppositions devant un texte vague ou biaisé, favorables à certains milieux où l'on préfère la chape de plomb à la lumière trop crue. 
      Telle qu'elle est, la directive sur le secret des affaires menace les lanceurs d'alerte:
 ...Michel Barnier, le commissaire au marché intérieur de l’époque, s’est laissé convaincre et a proposé, en novembre 2013, une directive sur le secret des affaires, une législation a minima qui autorise les Etats à aller plus loin s’ils le souhaitent. Ce projet ayant été largement inspiré par des cabinets d’avocats grassement rémunérés par les multinationales, comment s’étonner que sa première version permettait d’interdire aux journalistes de faire leur métier et de baillonner les lanceurs d’alerte ? En effet, le « secret des affaires » aurait concerné l’ensemble de la société et plus seulement les concurrents commerciaux : « de facto, on passe d’un cadre juridique de concurrence déloyale à quelque chose qui se rapproche de la propriété intellectuelle, sur le modèle américain où le secret des affaires en est une catégorie », explique Martin Pigeon de Corporate Europe Observatory: « l’intention concurrentielle n’est plus requise ».
       Les alertes dites éthiques" risquent d'être sérieusement entravées, vois réprimées.
           Les hommes qui en savaient trop sur certaines affaires doivent être protégés.
     La loi française a un peu progressé sur ce sujet, et reste équivoque et parfois contradictoire.
 Malgré la volonté de création d'un statut unique de protection de tous les lanceurs d'alerte, le dispositif pénal est vague et formel
    Le Conseil d'État a émis un avis défavorable jeudi dernier au dispositif de «convention de compensation d'intérêt public» (CCIP) aussi appelé «transaction pénale». La mesure a donc été retirée de la loi Sapin 2. Cette proposition très symbolique, entendait permettre aux entreprises soupçonnées de corruption de payer une amende -plafonnée à 30% de leur chiffre d'affaires moyen sur les trois dernières années-, sur le modèle américain du «plaider coupable», plutôt que de s'engouffrer dans des procédures judiciaires lourdes, longues et qui n'aboutissent jamais à des sanctions en France.
      Il reste bien du chemin à faire pour progresser contre la pression des lobbies et ne pas tomber dans la répression légale, comme aux USA, dans l'affaire Bradley Manning, qui nous apprend beaucoup sur la justice militaire américaine et le droit à l'information. 
        "...Toute cette affaire, tant le déroulé du procès que le verdict, inquiète de nombreuses associations. Pour l’ACLU, « il semble clair que le gouvernement cherche ainsi à intimider quiconque ayant en tête de révéler des informations de grande valeur dans le futur ». Même son de cloche chez Reporters sans frontières, déclarant que « le verdict sert d’avertissement à tous les lanceurs d’alerte, contre lesquels l’administration Obama est en train de mener une offensive sans précédent, en ignorant l’intérêt public de leurs révélations » (ici). 
« Cela menace aussi le futur du journalisme d’investigation, qui risque de voir sa source s’assécher », poursuit l’association. Elle estime que Manning a révélé de « graves abus » commis sous l’administration Bush, en témoigne la vidéo montrant un hélicoptère de l’armée américaine ciblant et tuant une douzaine de personnes dont deux photographes de l’agence Reuters, en 2007, rendue publique par WikiLeaks en avril 2010..."
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Au train où ça va...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Fini le train-train
                             Il faut repenser le train.
        En sortant de la logique tout-TGV. On en parlait.
  Sinon la voiture va encore gagner du terrain et des régions enclavées vont encore mourir un peu plus
     On attend les premières mesures significatives.

     Pour l'instant, on dégraisse, sans trop se soucier de l'avenir.
  Ici dans les Vosges, là-bas en Thiérache
     56 lignes en France serait menacées de disparition rapidement. Des lignes qu'on a souvent laissées se dégrader, pour qu'elle justifie leur suppression.
   Une exception: la ligne:Béthune  le Touquet, très dégradée, reprend du service, même si l'affluence n'est pas considérable. Vous avez dit Le Touquet?
    L'Allemagne, dans une logique un peu différente, remet en service ses petites lignes, même si c'est parfois en délégation privée. Les régions, qui ont souvent de considérables moyens, mettent la main à la poche.
   Même si le pays de Angela n'est pas forcément un exemple à suivre en tout en ce domaine. Et si le train n'est pas toujours püntklich. Pire que chez nous parfois.
    Chez nous, malgré un apaisement provisoire et des compromis boiteux, l'essentiel de notre avenir reste en suspens, après beaucoup d'erreurs d'aiguillage et d'indécisions.
         Après tant d'années de suppression de lignes...
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Les pôvres!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Y a pas à dire
                   ...C'est pas çhez nous qu'on verrait ça. 
     Se sacrifier ainsi pour l'amélioration des service publics.
             Mais on ne les écoute pas!

       Avec une seule de ces fortunes, on en ferait des choses...
         Ce ne serait que normal. 
  Enfin, ce n'est qu'une déclaration d'intention.
        Attendons avant de leur donner une médaille. 
   W.Buffet s'était déclaré lui aussi candidat au sacrifice.
        Mais c'était autrefois...
    Comme B.Gates, il préfère la Charity business; ça rapporte plus...
               Régulièrement, des bouffées de "générosité" (ou de mauvaise conscience, voire de narcissisme) poussent certains très riches américains à faire des déclarations qu'on aurait tendance à nommer "civiques".
  Comme disait  Bloomberg, «cette fortune, je ne peux ni la dépenser entièrement ni l’emporter dans la tombe.»
                           Décidément, la théorie du ruisellement ne marche pas.
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Brèves du dimanche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

__ Ça va pour eux

__ Décanoniser JPII?

__ Mais que leur restera-t-il?

__ Facs et fric

__Sigmar et Manuel

__ A qui profite le doute?

__May, où vont-ils?  Towards Disaster?    May be...

__ La faute à Newton...

__ Le vélo à Valérie

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USA: violence ordinaire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Balles perdues...
                   Il est une grande absente dansla course vers la Maison Blanche:
                            C'est laquestion des armes.
      On comprend pourquoi. En faire une analyse critique, c'est se condamner à perdre inévitablement des voix. Trump a fait plusieurs fois l'apologie de l'homme armé, prêt à dégainer. Cela fait partie de son succès dans certains milieux.
     Ce serait aussi passer à côté du soutien financier que la très puissante NRA, lobby majeur,
accorde à ceux qui défendent le Deuxième amendement, la main sur le coeur, ou se refusent à vouloir réformer sur ce sujet. Si Obama a osé naguère fustiger les tueries à répétition favorisées par les armes de guerre diffusées un peu partout, sur un marché peu ou pas réglementé, c'est parce qu'il savait ne pas se représenter.
   Le rapport irrationnel aux armes à feu, au pays de l'oncle Sam, plonge dans une histoire compliquée et est marqué par une violence quasi-fondatrice, qu'entretiennent  las aventures guerrières de la puissance impériale, sur son sol et sur ses fiefs.  
  Le pays, c'est connu, est celui des records en tous genres.
     _______Un certaines presse se nourrit depuis longtemps des "accidents", quasi quotidiennement. Le public en est friand.
   La prison est une industrie, une des plus performantes au monde.
    Il  a plus de prisons que d'écoles.
              Voilà qui aurait laissé songeur Victor Hugo.
   On ne parle pas de toutes les tueries. Une par jour en moyenne. Aujourd'hui encore.
         Les armes représentent une ancienne, étrange et morbide fascination.
                    Le colt fait encore souvent la loi.
  Pas une journée sans un drame
          La NRA défend un droit sacré. 
                  Le débat est  sans fin. 
    Un jour peut-être, un homme politique d'exception osera une révolution à l'encontre d'un business si florissant, mais au bilan si sanglant, et d'un système politique si complaisant. Les récentes larmes compassionnelles de B.Obama sont vaines. L'exemple australien est édifiant. 
    L'ennemi intime hante la pays, certains Etats plus que d'autres, où le passé n'est pas passé...
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Fin de saison

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Il y a vieillir et vieillir...
                                    Mourir n'est pas un problème, comme le chantait Brel.
                                              C'est vieillir qui l'est. Le plus souvent.
       Vieillir, c'est notre sort à tous et ce n'est pas toujours drôle, sauf exceptions.
    Les fins de saison sont difficiles.
  Vient le plus souvent le moment de la prise en charge, toujours douloureuse, du fait des pannes prévisibles, des dégradations fatales.


   Cela pourrait se passer le moins mal possible, mais ce n'est guère le cas. Les conditions ne sont pas toujours réunies.
     Ne parlons pas des infâmes mouroirs d'autrefois.
   Mais des modernes  EHPAD d'aujourd'hui. On en parle.
 On en parlera encore. Le dossier est déjà volumineux et parfois accablant.
On y réfléchit, dit-on. Pour quels résultats? Dans quels délais?
       Il y a urgence, même si la situation est contrastée, qui peut parfois virer à la maltraitance de fait, par manque de bras et de temps.
      Des révélations récentes, publiques et privées,  confirment que la situation des résidents peut-être scandaleuse, malgré le dévouement d'un personnel débordé et un manque criant de crédits pour l'essentiel.
    La compression des coûts est parfois peu croyable, sans tenir compte des carences fréquentes de soins.  Ne parlons pas d'attention, d' humanité.
        La dépendance coûte cher. Surtout dans le secteur privatisé avec la bénédiction de l'Etat.
  Le chiffre d'affaires de Korian, par exemple, est particulièrement intéressant et l'investissement est attractif pour les actionnaires.
   Faut-il faire de la dette supplémentaire, demandait Fillon, quand on l'interrogeait sur les manques flagrants.

        Les Ehpads privés ne sont pas mieux lotis, au contraire.
.    Le vrai scandale c'est de demander aux "résidents" de payer 2000 à 4000€/ mois, ce que peu peuvent faire. 
   Des bénéfices extrêmement intéressants qu'ils redistribuent à leurs actionnaires sous forme de dividendes...Les actionnaires sont mieux traités que les résidents dit Philippe Baqué.
   Les maisons de retraite: " Un concentre de ce que  ne veut pas voir l’homme sur son devenir»
                "Voici venu le temps de l’« or gris », métaphore des profits juteux du marché de la dépendance. « Le business du cacochyme est devenu au fil des ans presque aussi juteux que le casino de Monte Carlo. Une fois les investissements immobiliers amortis, le taux de rentabilité dépasse facilement les 25% et c’est quand même pas mal » note à ce titre le journaliste Daniel Mermet ...La réforme de la dépendance, entamée par le gouvernement, devrait ouvrir des perspectives alléchantes pour un secteur déjà florissant. Et dont un mot d’ordre pourrait paraphraser la maxime d’Alphonse Allais : « Il faut prendre l’argent aux vieux pauvres. Certes, ils n’en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux ! »...
__Le marché de la « dépendance » (le « marché sénescent », comme disent les gens bien élevés) repose sur deux facteurs ; D’une part, le chiffre croissant des personnes âgées : « 
Ils sont 1,1 millions de personnes âgées de 85 ans et plus dans notre hexagone ; et dans dix ans ils seront près du double […] Selon l’INSEE, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait bondir de plus de 40% d’ici à 2020 et devrait quasiment avoir doublé en 2040. Quelle industrie peut se prévaloir d’une aussi réjouissante prévision de marché ? »...

__La prise en charge des personnes âgées dépendantes par les pouvoirs publics est largement insuffisante. Pour plus d’un million de plus de 85 ans, on compte seulement 600000 places dans les maisons de retraites publiques, dont le taux d’occupation est à son maximum . Dès lors, les opportunités sont nombreuses pour les établissements privés, d’autant que les personnes âgées disposent souvent de ressources diverses : leurs propres patrimoine et biens, mais aussi… l’argent de leurs descendants. Qu’il s’agisse des maisons de retraites publiques (par manque de fonds) ou des privées (par quête de rentabilité), les personnels sont soumis à de véritables cadences fordistes...
__Quant à l’« or gris », c’est peu dire qu’il rapporte : « 
Une demi-douzaine de grands groupes écument désormais le marché et alignent des bénéfices haut comme ça : ceux de Medidep 12,4 millions d’euros, ont été multipliés par 10 depuis 1998 ; et des cours de bourse sont dopés à la cortisone : les actions dOrpéa, la société de Jean-Claude Marian n’ont-elles pas doublé en moins d’un an ? Pas étonnant que les investisseurs se précipitent dans le créneau comme des oursons sur un pot de miel ! »__Jean-Claude Marian, par ailleurs président du conseil de surveillance de Medidep jusqu’en 2005, n’est certes pas le seul à participer à cette ruée vers l’« or gris » : « Le fonds de pension britannique Bridgepoint n’a par exemple pas hésité à flamber 330 millions d’euros en 2003 pour mettre la main sur Medica-France, 5100 lits, et pas un matin ne se lève sans qu’un particulier monte un dossier de construction de résidence auprès de sa préfecture avec le fol espoir de faire la culbute. On appelle tout cela "l’or gris", le business des mouroirs.
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Points d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
 ____________Kennedy, l'Algérie et la France
         Une face cachée de la guerre d'Algérie.
   Après l'Indochine, Washington change de politque vis à vis de la France, dans le contexte de la Guerre froide et des guerres postcoloniales.
    Selon l'historien Irwin Wall, c'est le danger de l'élection de Kennedy qui, en tant que sénateur, avait dès 1957 pris fermement position contre la politique algérienne de la France, qui condamne de Gaulle à accorder l’indépendance. Si les États-Unis avaient pris fait et cause pour le FLN, les Français n’auraient pas pu continuer la guerre, l’isolement français aurait été complet, et toute coopération avec les États-Unis dans le domaine militaire aurait été impossible. Le Maroc et la Tunisie menacent de faire transiter sur leur sol des armes soviétiques à destination du FLN. En somme, la France risque un isolement diplomatique total, alors même que sur le terrain militaire la guerre est gagnée. Dans son dernier chapitre, “La paix”, l’auteur enfonce le clou en dénonçant le choix fait par de Gaulle de laisser pourrir la situation algérienne en retardant contre toute raison la signature de la paix, cherchant en vain à promouvoir une force musulmane algérienne capable de constituer une alternative au FLN, et se rendant ainsi responsable, à la fois, des excès de l’OAS et du sort des harkis....
         Discours de J.F. Kennedy.

______La géopolitique comme auxiliaire de l'histoire
                                                                            Expression popularisée par Rudyard Kipling, le « Grand jeu » fut, au XIXème siècle, la rivalité pour le contrôle de l’Asie centrale entre l’Angleterre victorienne, installée aux Indes, et la Russie tsariste, en expansion vers le sud et l’est. Cet affrontement, qui prenait la forme d’une lutte d’influence, d’une course à l’exploration ou de tentatives d’alliances avec les principautés ou tribus locales, se déroulait dans les décors somptueux de l’Himalaya, du Pamir, des déserts du Taklamakan ou de Gobi, sur une terre d’une richesse historique incroyable....
Piplineistan
             À la croisée des chemins, au cœur de l’Eurasie, l’Asie centrale a vu la naissance ou le passage des principaux éléments qui ont façonné l’histoire du monde. Les peuples indo-européens en sont partis pour s’installer, par vagues successives, en Europe, en Iran ou en Inde, suivis, deux mille ans plus tard, par les peuples turcs. Les invasions des Huns ou des Mongols furent plus courtes mais bouleversèrent le monde sédentaire de fond en comble. Les plus grands conquérants y sont passés – Cyrus, Alexandre, Gengis Khan, Tamerlan ou Babur, le fondateur des Grands Moghols – mais l’Asie centrale était également terre de culture. Non loin des cavaliers turcs ou mongols, une société raffinée s’est épanouie au fil des siècles et des civilisations prestigieuses et parfois improbables – penser par exemple au royaume gréco-bouddhiste de Ménandre dans l’actuel Pakistan – s’y sont succédées, dont Boukhara, Samarkand ou Lhassa sont les témoins privilégiés. Outre la soie, dont les Romains raffolaient, la Route de ce nom apporta en Occident les découvertes majeures de la civilisation chinoise : poudre, papier, imprimerie. En sens inverse, les grandes religions universelles qui coexistaient le long de cette voie commerciale multimillénaire – le mazdéisme qui y est né, le chamanisme, le manichéisme, le christianisme, l’islam, le bouddhisme et même le judaïsme – prirent le chemin de l’Orient.
      L’invasion mongole fut le chant du cygne des nomades. Les peuples se sédentarisaient, les États modernes se constituaient et bientôt, deux grands empires s’y rencontrèrent. Après avoir mis fin au joug turco-mongol de la Horde d’or, la Russie avait engagé son expansion vers l’est tandis que l’empire maritime britannique avait mis la main sur les Indes et avançait vers le nord. La rencontre eut lieu en Asie centrale et c’est à un Grand jeu subtil et romanesque que se livrèrent les deux puissances sur l’énorme échiquier allant du Caucase « barbare » au Tibet glacé. Appelé « Tournoi des ombres » par les Russes, cet affrontement épique, jamais déclaré, mettait en scène aventuriers, espions ou explorateurs, souvent déguisés en pèlerins autochtones, une boussole dissimulée dans leur moulin à prières bouddhiste ou comptant les mètres grâce aux boules de leurs chapelets ! Car cette rivalité n’a que rarement débouché sur des affrontements armés, même si le souvenir de la désastreuse expédition britannique reste très présent en Afghanistan : des 16 000 sujets de Sa Gracieuse Majesté qui quittèrent Kaboul en janvier 1842, un seul parvint à la frontière, tous les autres ayant été massacrés dans les défilés par les tribus pachtounes – déjà ! Le Grand jeu consistait surtout à nouer d’improbables alliances avec des potentats locaux versatiles qui ne se privaient pas de jouer double jeu, mais aussi à dresser des cartes et à reconnaître des itinéraires dans des régions alors très peu connues, des territoires grandioses et sauvages, au milieu de tribus farouches où être découvert signifiait généralement la mort…
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Le renard et la poule aux oeufs d'or

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
Un choix stupide
                               Mais pas pour les renards malins du BTP et de la haute finance, qui voient là une rente intéressante et forcément croissante.
    Un aberration, disent même un certain nombre d'élus de tous bords.
         Comme Bayrou, entre autres,  avait en son temps dénoncé la stupidité de la privatisation des autoroutes, manque à gagner énorme pour l'avenir.

      Une manne sacrifiée au nom d' intérêts à court terme.
   De De Gaulle à Macron, on est passé d'un certain contrôle d'Etat à un bradage libéral, parfois présenté sous un jour avenant par des "spécialistes" patentés.
    Un aéroport, où transitent comme à Paris plus de 200 millions de passagers, ce n'est pas seulement des boutiques, des parkings, etc.. cela possède une fonction frontalière importante et implique des orientations politiques. Les USA ne sont pas dessaisis de leurs principaux aéroports.
   Le désengagement de l'Etat est à l'ordre du jour dans un nombre toujours plus grand de secteurs importants, pa seulement par souci d'économie. On répète le slogan de Reagan: l'Etat c'est le problème.
     "....Aéroports de Paris est la plus scandaleuse de ces privatisations. L'échéance de la concession est extrêmement longue (70 ans). En théorie, une telle durée devrait permettre au concessionnaire d'amortir largement ses investissements. Pourtant, il est prévu que le retour de la gestion des aéroports dans le giron de l'État donnera lieu à une indemnisation à l'échéance. Or, le Groupe ADP est une entreprise en pleine croissance (son chiffre d'affaires a crû de 22 % en 2017), ce qui signifie que dans 70 ans la valeur de son capital sera bien plus élevée qu'aujourd'hui. Comme l'écrit la journaliste Martine Orange qui suit de près la question «le risque est que l'État doive débourser des sommes gigantesques à la fin de la concession», ce qui revient à organiser «une concession à perpétuité pour le privé».
     .Un cadeau à Vinci par 42 voix contre 19! Contre le Sénat.
  En Marche donc les "petites" affaires, alors qu'on veut faire machine arrière à Toulouse...Quelle cohérence? Une nouvelle idée est lancée, la dé-privatisation.
    La confusion au sein du gouvernement est remarquable.
  Mais il faut rendre l'Etat plus léger et laisser le marché libre, lui qui a toujours raison. C'est la loi et les prophètes depuis des dizaines d'années.
     
      C’est un refrain insupportable aux oreilles de beaucoup, ressassé par certains responsables politiques ou économiques et répété en écho du zinc des cafés aux dîners de famille : « Il faut s’adapter. » Mais d’où vient cette injonction, et quand est-elle née ? Et s’adapter à quoi, d’ailleurs ? C’est le sujet du livre remarquable, même si parfois difficile, de la philosophe Barbara Stiegler : Il faut s’adapter, sur un nouvel impératif politique, une généalogie de ce néolibéralisme que certains disent aujourd’hui à l’agonie bien qu’il continue de sévir un peu partout. « Les anciennes représentations du monde sont en effet perturbées. Le camp des réformateurs a changé, les gauches autrefois “révolutionnaires” sont désormais arc-boutées sur ce qu’il faut sauver du passé ; et le néolibéralisme, lui, prétend reprendre le flambeau de la transformation “révolutionnaire” de la société, affirme la philosophe. Mais cette transformation se fracasse aujourd’hui contre les impératifs de la crise environnementale. Toutes les cartes sont rebattues, on ne sait plus qui est “ajusté”, entre ceux qui prônent la lenteur et ceux qui suggèrent d’accélérer encore la mondialisation. »
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Dérives polonaises

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Depuis trois ans déjà)

 

La Pologne (m') inquiète
                                       L'histoire de la Pologne n'est pas un long fleuve trauquille.
   Mais aujourd'hui, le cours de la Vistule connaît des remous inhabituels.
        Après un développement certain quoiqu' inégalement réparti, de profondes disparités régionales, des salaires encore bas et une émigration importante, les conservateurs eurosceptiques sont à la barre et bien des questions se posent sur les orientations du nouveau régime en place, qui ne se distingue pas par son ouverture et sa tolérance.
       Les libertés publiques sont dangereusement en danger, comme le signalent des intellectuels, des juristes, des journalistes en place,.malgré les démentis officiels.
     Les institutons sont bridées et sous haute surveillance, même certains héritiers de Solidarnosc.
              Le net repli identitaire n'est pas sans inquiéter ses voisins.
   Le retour à l'ordre moral et traditionaliste, sur fond de catholicisme étroit, est encouragé.
  Sous la direction de Jaroslaw Kaczynski, la dérive autoritaire est manifeste.
     Tandis que l'Europe vacille entre menace de Brexit, crise des réfugiés et attentats terroristes, que la Syrie entre dans sa sixième année de guerre et que l’Ukraine s’enlise dans le conflit avec la Russie, la Pologne a d’autres priorités. Le gouvernement du parti Droit et Justice (PiS), dont sont issus le président Andrzej Duda et la Première ministre Beata Maria Szydło, est tout à la «repolonisation» d’un pays menacé, si l’on en croit ses dirigeants, dans ses racines mêmes, historiques, religieuses et culturelles.

C’est son adhésion même aux valeurs européennes qui est aujourd’hui fragilisée, alors que les membres du PiS répètent à l’envi leur refus d’adhérer aux «diktats» de Bruxelles pour mieux privilégier la souveraineté nationale, même au détriment de la démocratie. Et que le Parlement européen se déclare, dans un texte adopté le 13 avril, «préoccupé par la paralysie du Tribunal constitutionnel polonais, les droits de l’homme et l’État de droit», n’y change rien...
    A la mode hongroise, d'une certaine manière.    Les relations sont tendues avec l'UE.
         L'ultra-droite au pouvoir est-elle le laboratoire du cauchemar européen qui menace?
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Traité de Versailles

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Il y a cent ans.
                      Un traité mal géré, certes.
    Qui n'a pas fini de faire sentir ses ondes de choc lointaines, en Europe comme au Moyen-Orient.
  Longtemps soumis à une gangue interprétative simpliste et unilatérale, la recherche et la confrontation historienne continuent à en préciser, à en élargir et en nuancer le sens.


      Ce événement de grande ampleur, qu'on appela justement le traité de toutes les insatisfactions, qui fit office de traumatisme durable, mérite toujours d'être réinterprété
      Une conférence de paix, qui engendra de nouvelles frustrations et  qui prépara des germes de nouveaux désastres et affrontements. Qui vit aussi s'opposer le points de vue et les intérêts, notamment entre Wilson et la France.
   Les objections de l'économiste Keynes furent le plus souvent mal interprétées.

       ___     "...À la différence des conférences antérieures, seules les délégations des Alliés et Associés sont présentes dans un premier temps. Elles se réunissent en un Conseil des Dix rassemblant les chefs de gouvernement et les ministres des Affaires étrangères des cinq "puissances à intérêts généraux" (France, Royaume-Uni, États-Unis, Italie et, avec des ambassadeurs, le Japon). Ce conseil se révèle ampoulé dans son organisation et ne permet pas aux "Grands" de faire aboutir les discussions en janvier-mars 1919.
        Certes, Wilson, premier président américain à se rendre en Europe et y jouissant d’une popularité extraordinaire, réussit à impulser la discussion du pacte de la Société des Nations (SDN) et à l’intégrer dans les futurs traités. Néanmoins, les discussions du Conseil des Dix sont marquées par l’absence de prise de décision et par les longues auditions des desiderata des représentants des États aspirant à la reconnaissance internationale. Ces derniers sont renvoyés à des commissions territoriales au sein desquelles différents types d’experts (géographes, militaires, économistes, historiens, etc.) proposent des lignes frontalières à insérer dans les traités.
     À la fin du mois de mars, seules les clauses militaires de la future paix ont été décidées : interdiction du service militaire en Allemagne, armée limitée à 100 000 hommes, interdiction de reconstituer l’armée blindée et l’aviation, démilitarisation de la rive gauche du Rhin. L’impatience des opinions publiques et la précarité de la situation en Europe centrale (arrivée de Béla Kun au pouvoir en Hongrie) imposent aux dirigeants alliés et associés de changer de méthode.
       À la fin mars, Lloyd George rédige avec ses conseillers le fameux mémorandum de Fontainebleau destiné à mettre en garde ses homologues contre les dangers d’une paix trop dure à l’égard de l’Allemagne. Il enjoint également à ses collègues de se réunir en petit comité, pour plus de discrétion et plus d’efficacité. Le Conseil des Quatre rassemblant Wilson, Clemenceau, Lloyd George et Orlando se réunit quasiment sans discontinuer du 24 mars au 28 juin 1919, deux fois par jour.
       C’est cet organe directeur qui décide de l’essentiel des clauses du futur traité avec l’Allemagne tandis que les questions autrichiennes ou bulgares sont davantage laissées à la discussion du Conseil des Cinq, réunissant les ministres alliés des Affaires étrangères et le représentant japonais. C’est également au sein de ce Conseil des Quatre que les divisions interalliés explosent : à la fin mars, Wilson s’oppose fermement aux prétentions françaises sur la Sarre exprimées par Clemenceau. De même, il tente de bloquer la définition extensive des réparations que lui présente Lloyd George qui, curieusement, exclut ce domaine du champ d’application de ses idées de modération envers Berlin.
      Début avril 1919, au cours d’une semaine décisive, la rupture entre Européens et Américains menace à plusieurs reprises la conférence elle-même ; le président américain ayant même préparé son navire, le George Washington, pour un éventuel retour précipité aux États-Unis. Néanmoins, à la mi-avril, l’essentiel du compromis rhénan et de l’accord sur le statut de la Sarre est scellé : Clemenceau obtient une occupation de la rive gauche du Rhin de quinze années en échange de la promesse d’un retrait anticipé en cas de bonne application du traité par l’Allemagne. La mauvaise volonté allemande peut à l’inverse être sanctionnée par l’allongement de la durée de l’occupation. Clemenceau remporte également un traité de garantie des puissances anglo-saxonnes en cas d’attaque allemande et la propriété des mines de la Sarre sous un régime international du territoire pour quinze ans.
      C’est au moment où la France obtient satisfaction dans ses prétentions que la crise italienne menace une nouvelle fois la conférence. Attachés à la lettre du pacte de Londres de 1915 et désireux d’annexer Fiume, les représentants italiens Orlando et Sonnino sont contraints de quitter la conférence devant l’intransigeance américaine. À ce moment précis, les ennemis allemands arrivent à Versailles.
       Après un échange de notes entre Américains et Allemands, le 5 novembre 1918, les Alliés acceptent, selon une logique contractuelle avec les Allemands, de faire reposer la future paix sur la base des quatorze points de Wilson et de ses discours de l’année 1918 à deux réserves près (le point sur la liberté des mers est refusé et le principe des réparations mieux affirmé).
         La délégation allemande menée par Brockdorff-Rantzau voit dans les clauses du traité présentées le 7 mai 1919 une liste de violations de cet "accord pré-armistice" et des mesures humiliantes. Outre la perte de territoires (Alsace-Lorraine, Schleswig, Poznanie et corridor de Dantzig, colonies), la signature du "chèque en blanc" des réparations, les Allemands critiquent les Schmachparagraphen ("articles infamants") qui prononcent la mise en jugement de Guillaume II pour "offense suprême contre la morale internationale et l’autorité sacrée des traités" (en particulier la violation de la neutralité de la Belgique en 1914 pourtant garantie par un accord international). Ils s’indignent encore de l’article 231 du traité de Versailles qui énonce le fondement juridique des réparations que l’Allemagne a accepté de payer et qui est perçu à Berlin (contrairement à sa signification réelle et à sa finalité) comme une condamnation morale et un verdict de culpabilité à endosser pour la guerre. L’interdiction de l’Anschluss est, elle, ressentie comme une violation du droit des peuples.
     L’absence de négociations orales avec les Alliés, de liberté de mouvement pour la délégation allemande et la signature du traité le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces achèvent de faire du traité un Diktat pour l’opinion allemande...."
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