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Police de la croûte

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Tout est bon, nous dit-on
                                              ...Sauf que la malbouffe industrielle répand ses ravages insidieux..
   
      Il ne s'agit pas de faire la police des frigidaires.
      
   Mais de remettre sur le droit chemin les contrevenants.
              
    Sous peine d'explosions.
                         
           Et il n'y a pas que la bidoche...
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Service public

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Il a raison, Jacques.
                              C'est tout Bon
        Même si ses constats viennent un peu tard et qu' il ne suffit pas de le proclamer. Et il n'est pas le premier.
  C'est le constat sur le terrain de pas mal d'élus locaux depuis quelques années.
     Les services publics reculent, à tous les niveaux, se dégradent et engendrent une fracture qui ne peut que s' accentuer, si rien n'est fait. (*)
     C'était une des thématiques récentes des gilets jaunes de province. Il existe de plus en plus de zônes grises, de quasi-déserts administratifs, médicaux, etc...qui, comme un cercle vicieux, entraînent une perte de substance, en même temps qu'un sentiment d'abandon, reléguant de plus en plus de gens en seconde zône,  surtout quand se sont envolés les emplois industriels locaux.
  Une France à deux vitesses. On en prend le chemin, quand ce n'est pas déjà accompli. Il suffit de visiter les Ardennes ou la Meuse.
   Et il n'y a pas que la poste ou les centres de soins locaux qui sont concernés.
     C'est tout le lien social qui est affecté.
  La numérisation des données ne va pas remédier à ces choix le plus souvent faits hors concertation. Il faut être équipé, connecté, formé et la majorité vieillissante de la population rurale se trouve exclue d'emblée de certains services.
      La fracture numérique renforce de fait les inégalités.
  On a voulu  moderniser, financer le présent à court terme, privatiser de plus en plus, donner le pas aux conurbations urbaines, faire de la voiture le moyen d'aller plus loin se faire soigner, remplir une démarche administrative, etc...

    On a voulu réduire la voilure d' l'Etat, jugé trop obèse, sous l'influence de la pensée néolibérale de Hayek, devenu un dogme indiscuté. Maggie a montré le chemin.
   On a progressivement porté atteinte  aux  services publics, sous des prétextes les plus fallacieux.
    Le dégraissage fut à l'ordre du jour et se poursuit. On en voit les effets.
     Pendant ce temps, on fermait les yeux sur l'évasion fiscale, on réduisait les impôts des plus favorisés, on  soutenait de grandes entreprises sans le moindre contrôle, on se lançait sans frein dans des investissements problématiquement productifs,etc....
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  (*)    "....Ces maux ne datent pas d’hier et « renvoient souvent à des problèmes plus profonds, d’ordre systémique. Ils constituent les “signaux faibles” émis par la société française, souvent “invisibles” des responsables politiques et administratifs nationaux, faute d’être appréhendés de manière globale ». La réduction du périmètre des services publics, les réductions budgétaires d’un côté et la progression de la pauvreté et de l’exclusion de l’autre ont des effets dévastateurs sur la cohésion sociale. Résultat, « en 2018, le Défenseur des droits a constaté, une fois encore, (…) les effets néfastes de l’évanescence croissante des services publics sur les personnes pour lesquelles ils constituent souvent le principal recours ».       Cette évanescence est tout d’abord le fruit d’une réduction du « périmètre des services publics » par « la privatisation des services organisés en réseau, tels que la poste, les télécommunications, l’eau, le gaz, l’électricité, les services urbains ou les transports publics ».       Parallèlement à cette privatisation, l’État s’est également déchargé de ses obligations en déléguant « certains services publics, en particulier dans le domaine de l’action sociale et de l’aide à domicile des personnes en perte d’autonomie » à « des associations à but non lucratif de plus en plus mises en concurrence avec des sociétés privées dans le cadre de procédures d’appel d’offres où les critères financiers s’avèrent prédominants ».       Les services publics restant sous le giron de l’État ont quant à eux été « confrontés à une restriction de leurs moyens budgétaires, y compris dans le domaine social, couplée à une transformation de leurs modes d’intervention appelés à être plus efficients ».         Affaiblis par la réduction de leur périmètre et de leurs budgets, les services publics ont cependant dû faire face « au développement des inégalités, de l’exclusion de la pauvreté », explique le rapport. « Les personnes “exclues” sont apparues massivement dans les services publics : non seulement aux guichets des services sociaux et des organismes de logement, mais également dans les services de santé, d’éducation, dans la justice, etc., tous sont confrontés à la multiplication de situations d’urgence. »       Et beaucoup d’administrations n’ont pas les moyens de faire face à l’afflux de demandes. « Confrontés à l’essor de la pauvreté, les services publics, en particulier sociaux, ont tenté de faire face à l’afflux des demandes en développant le traitement de masse de dossiers, explique le rapport. La standardisation des modes de traitement des demandes de prestation d’allocations ou de pensions, alliée au souci de performance des différents opérateurs évalués à partir d’objectifs quantifiables et statistiques, fait obstacle au traitement individualisé des dossiers. Or les situations individuelles des personnes les plus précaires, qui constituent des cas d’urgence majeurs, sont souvent complexes. »      Le rapport cite particulièrement l’exemple « des réformes successives des régimes de retraite mises en œuvre à partir de 1993. Les évolutions législatives se sont enchaînées à un rythme soutenu. Elles ont systématiquement entraîné une augmentation du nombre de départs à la retraite et des demandes de pension que de nombreux organismes n’ont pas été en mesure de gérer dans des délais raisonnables (…). Des personnes assurées sont ainsi restées dans l’attente de la liquidation effective de leur avantage vieillesse plusieurs mois après leur cessation d’activité, ce qui, pour celles à revenus modestes, a pu poser des difficultés insurmontables ».        Le rapport du Défenseur des droits s’inquiète également d’une « répartition géographique des services publics décorrélée des besoins des usagers »« Derrière la logique budgétaire et le souci de rationalisation qui conduisent à la fermeture de guichets de services publics dont dépend l’accès aux droits des personnes les plus précaires, se profilent de nombreuses situations individuelles », prévient-il...."
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Chômage: l'heure des leurres?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Des statistiques problématiques
                                               Une aubaine! le chômage baisse un an avant la présidentielle
Ça tombe bien. Mais pour combien de temps, dans ce yo-yo permanent?
             On connait la chanson, qui revient périodiquement
Re-la-ti-vi-sons!
     Il y a tout lieu de penser à un certain et subtil  camouflage dans ce nouvel effet d'annonce.
    Il importe d'être prudent et de chausser ses lunettes critiques.
   Quels sont et que valent les vrais chiffres du chômage?
            Difficile à dire. Même les économistes ne sont pas d'accord. Les chiffres présentés officiellement ne sont que partiellement fiables,  sont loin de rendre compte d'une réalité beaucoup plus complexe et beaucoup plus brouillée que celle qui nous est présentée dans les communiqués, même commentés. On ne compte pas les jeunes non indemnisés, les "vieux" dispensés de recherche d'emploi, les RMistes non inscrits ou encore ceux qui, par lassitude, abandonnent le pointage : un bon million de personnes en plus, selon Fabienne Brutus à une époque. Total estimé : 5 millions de chômeurs en France. 19 % de la population active.
.   Le non emploi ou la précarité généralisée tend à devenir de plus en plus le régime normal, surtout chez nombre de femmes,.
   Si le gouvernement se réjouit de la baisse du chômage, il ne peut guère fanfaronner sur la réduction de la précarité. Le nombre d’inscrits en catégorie B et C a également fait un saut… dans le sens inverse. Ainsi, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie B – et donc ayant travaillé 78 heures ou moins le mois dernier – a augmenté de 13 800 personnes. Pour la catégorie C (plus de 78 heures travaillées dans le mois), la hausse s’élève à 37 500 personnes sur un mois. Soit, les B et C comptés ensemble, 51 300 personnes de plus pour mars 2016. Cette hausse est continue depuis un an...  la pression administrative pour contracter les chiffres du chômage est un marronnier de la politique publique, et ce gouvernement n’échappe pas à cette règle. Après la généralisation des équipes de contrôle fin 2015 – 200 agents y sont désormais dédiés –, Pôle emploi teste depuis janvier 2016 un nouveau dispositif. En Picardie, Guyane, Corse et Franche-Comté, les agences envoient ainsi aux chômeurs en activité réduite un nouveau questionnaire, dans le cadre de « leur projet personnalisé d’accès à l’emploi ». Sans réponse au bout de dix jours, c’est l’avertissement puis la radiation. Le procédé, décrit par la direction comme une manière de mettre à jour les profils et les cessations d’inscriptions, a été dénoncé par plusieurs sections CGT de Pôle emploi...
          Est-ce un virage ou une  stabilisation?

                         Les chiffres du chômage font le yo-yo. Du mieux en novembre 2015, du moins bien en décembre et, finalement, une baisse de 0,8% du nombre de demandeurs d’emploi en janvier 2016. Les chiffres ont été dévoilés ce mercredi par le ministère du Travail. Sur un an, la tendance reste tout de même à la hausse, avec 1,8% de chômeurs en plus.Il est bien trop tôt pour parler d'une inversion de la courbe du chômage. Il s’agit plutôt d'une stabilisation. Et cette embellie du mois de janvier pourrait être trompeuse : la Dares– la direction des statistiques de l'emploi, un organisme indépendant –  indique dans son état des lieux à fin janvier 2016 qu’un nombre important d’inscrits à Pôle Emploi est sorti des statistiques pour défaut d’actualisation. En clair, des données pas à jour qui pourraient fausser partiellement ces bons résultats...
    Ces chiffres claironnés sont parfois le résultat d' obscurs calculs, d' un bazar statistique, dont l'instrumentalisation politique, électoraliste n'est pas absente..
    Il y a bien des raisons conjoncturelles à cette baisse proclamée.
              Si l'on en croit un observateur attentif, les prétendus vrais chiffres chômage, ce serait 7600 chômeurs de moins, mais 323400 radiations.
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Fukushima: si loin, si près...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Le grand oubli
                    C'est comme si c'était hier. Mais les souvenirs s'estompent, chez nous du moins.
          Huit ans après, c'est tout juste si on y songe encore.
  On a mis la poussière sous le tapis et on est passé à autre chose, comme si l'événement ne s'était pas passé et ne nous concernait pas. On se rassure faussement: rien de tel ne peut se produire chez nous, bien sûr...


       On n'en a pas fini avec le nucléaire. Avec le démarrage partiel de Flamanville, qui aura coûté une fortune, on pense à une relance prochaine, sans grand souci pour les futurs problèmes de démantèlement, retraitement et d' enfouissement, sans investir massivement dans le renouvelable.
      Le lobby du nucléaire fait bien son travail. Le somnambulisme des nucléairocrates avance, sans se soucier des choix des pays voisins et en minimisant les avertissements régulièrement donnés.
   Au Japon, malgré une résistance toujours vive, les cerisiers sont en fleurs, mais les fantômes sont toujours là, au coeur d'une population qui ne veut plus courir un tel risque et que l'on incite à un retour prochain.
     Huit ans après, la centrale reste une menace, pas seulement en termes de décontamination.   L'incertitude est grande sur ce qui se passe sous terre.
     La menace est toujours là, même si elle est moindre. Le casse-tête est toujours présent.
 A bas bruit, la catastrophe continue.
     Si l'on suit encore la chose de près, il reste bien des soucis pendant une cinquantaine d'années encore.

   Le stockage de l'eau et de la terre pose un problème crucial.
 550 milliards, c'est le coût estimé, pour les travaux. mais le coût humain pourra-il se chiffrer un jour?
    La banalisation guette, avec l'aide des robots. L'oubli s'amplifie ailleurs.
      Les USA passent à autre chose.
  L'affaire n'est pas classée, loin de là.
                   L'archipel nippon a frôlé le pire.
                                                         Mais pas seulement lui.
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La bombe TISA

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Hier et aujourd'hui)

 

Qui a entendu parler de TISA?
                                                 Peu de monde,en fait.
      On connaît mieux Tafta, d'inspiration identique, qui suscite tant de réactions négatives, en Allemagne plus qu'en France, même si les négociations restent en partie marquées par une opacité.explicitement exigée.
   Ce n'est pas étonnant. Les discussions devaient rester secrètes pour éviter les vagues devant les enjeux et les conséquences possibles
        Surtout depuis 2014, c'est le black out total sur un sujet  qui est loin d'être anodin.
   C'est une petite grosse bombemême si les oppositions de part et d'autre de l'Atlantique vont croissantes concernant Tafta. Obama fait le pompier...
      Ce devait être tenu secret, mais Le 19 juin 2014, le site Wikileaks rend public l'annexe de l'Accord sur le commerce des services en le publiant sur Internet. La publication du document est accompagnée d'analyses critiquant fortement le projet d'accord sur plusieurs aspects : le déroulement opaque et antidémocratique de la négociation qui devait rester secrète, l'ultralibéralisme du traité qui empêcherait toute régulation de la part des États dans des secteurs relevant jusqu'à présent des services publics, la pression exercée par les membres de la négociation sur les pays économiquement moins puissants (notamment les pays en voie de développement) qui se verraient contraints de rejoindre le traité alors qu'il les défavorise largement, et les conséquences du traité qui risqueraient de reproduire des crises financières comme la crise financière mondiale ayant débuté en 2007.
Les service publics de l’eau, de l’éducation, de la santé, des transports, mais aussi l’échange sans restriction de données. Tout est sur la table du nouvel accord commercial que négocient dans le plus grand secret, les Etats-Unis, l’Union européenne et une vingtaine d’autres Etats depuis deux ans dans les locaux de l’ambassade d’Australie à Genève...
      La mondialisation financière est aussi concernée.

    Les négociateurs veulent mettre en place une totale libéralisation des finances. Un premier vote parlementaire a eu lieu en faveur de cette disposition dans l'ignorance souvent de son véritable contenu et de ses enjeux.
 Nous assistons à un risque de dangereux dynamitage des services publics, que la privatisation a déjà affectés.ici ou là.
     L'AGSC  veut faciliter à outrance l’installation de filiales et autres succursales (les multinationales gèrent leurs cadres au niveau planétaire, sans s’encombrer de visas), une ouverture des appels d’offre (ce qui va à l’encontre de la relocalisation de l’économie), une baisse des droits de douanes (nouvelles pertes pour les budgets nationaux), la libéralisation des marchés financiers (c’est écrit en toutes lettres).     Pour les pro-TISA, les services publics sont des services (économiques) d’intérêt général. Ce tour de passe-passe sémantique permet d’imposer la concurrence entre des acteurs privés : la Poste face à des groupes privés comme TNT par exemple.    L’OMC considère en effet que, lorsqu’il a des acteurs privés dans un secteur (télécommunication, santé, transport, éducation etc…), il ne s’agit plus d’un service public, mais d’un cadre exclusivement marchand. À ce rythme là, même la police pourrait être privatisée puisque la France fait déjà appel à des entreprises de sécurité pour suppléer au manque de policiers. Il y a donc menace d’un dynamitage de la totalité des services publics.
     Un processus qui deviendrait irréversible avec des clauses à effet de cliquet.
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L'ennui n'est pas mortel

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

C'est une exigence de notre temps; 
                                     Il ne faut jamais rester sans rien faire, dit-on, L'esprit doit toujours être occupé. 
        L'oisiveté? la mère de tous les vices...
  L' inaction serait non seulement contre-productive, mais aussi destructrice.


 Mais malgré les injonctions et les pressions,  nul n'y échappe  Le sentiment passager du vide, de l'incomplétude peut être un tremplin.
     C'est l'état d'esprit le mieux partagé du monde, même s'il peut être pesant.
                        Sous des aspects les plus variés. Depuis l'ennui occasionnel de l'enfant à l'école jusqu'à celui, durable et profond, du vieillard aux jours vides et routiniers.
       L'ennui ordinaire, non pathologique, tout nous pousse et nous incite à le combattre, surtout au coeur de nos sociétés marchandes er de "loisirs", qui jouent en permanence sur l'hyper ludique et incite à l'hyperactivité comme remède à l'ennui, jusqu'à occuper l'esprit démesurément, jusqu'à abolir tout recul critique et tout élan créateur.
    L'ennui est le plus souvent déconsidéré, associé parfois à la paresse, qu'il faudrait parfois réhabiliter, comme l'a fait Lafargue en son temps
    S'il n'est pas pathologique, dépressif et paralysant,l'ennui ordinaire, souvent bien opaque, peut être un excellent tremplin pour une recherche, un nouvel élan, une création.
    C'est pour cela qu'un enfant qui s'ennuie n'est pas toujours à réprimander, au contraire.
     Moravia en a fait une sorte de donnée existentielle, motrice d'une écriture... pas du tout ennuyeuse. (*):
     Certes, elle est ambiguë, et parfois stérile ou invitant à l'excès.
            Mais on comprend qu'elle puisse être l'objet d'éloges, dans certaines conditions.
  L'ennui  n'est pas seulement dans nos états d'âme, il peut être engendré par notre milieu, répétitif et sans relief ou trop conforme, malgré la diversité'apparente. On peut s'ennuyer de tout, partout, même dans une croisière aux Caraïbes.
___________Laissez les enfants s’ennuyer n'est pas toujours une mauvaise chose, laisser son esprit vagabonder et peut-être inventer, au milieu de tant de sollicitations ou d'activités imposées, qui neutralisent toute créativité.
      Philippe Duverger rappelle utilement que l’école n’est pas faite pour être divertissante, qu’un certain ennui y est inévitable, rigueur et concentration, qui y sont de règle, s’opposant au zapping imposé par la société. Mais n’est-ce pas précisément au cœur de ce zapping, entouré des objets de jouissance que sont ou que peuvent être les objets numériques, que l’ennui va le plus clairement peut-être manifester sa qualité d’affect subjectif et sa valeur symptomatique de refus ?
..... l’ennui n’est pas un phénomène nouveau dans l’institution scolaire, (que) seuls les comportements qui lui sont associés ont changé, et que les élèves qui, aujourd’hui, savent s’ennuyer poliment, n’ont aucun problème avec l’école !
                             Oui, le droit de s'ennuyer peut et doit être revendiqué, contre toute propention à saturer toujours et à tout prix l'existence, à ne plus laisser de place pour la respiration libre des facultés, surtout de l'imagination.
    Inséparable de la condition humaine, il se révèle fécond chez maints écrivains, comme Flaubert, Proust, Pascal, Beckett, Moravia, Cioran....
      . Montaigne relève que l’écriture est un remède contre l’angoisse de lire. La lecture est en effet inséparable de l’ennui. Plus précisément, elle se pratique sur fond de vacuité : sur ce fond sans fond que Flaubert appelle « marinade ». Mais de quel ennui est-il question ? C’est selon. C’est pourquoi une  généalogie de la notion est ici nécessaire.
   Sénèque distingue l’ennui du chagrin. Ce dernier a généralement des causes précises, comme la douleur. L’ennui est plus vague et plus insidieux. Dans les Lettres à Lucilius, Sénèque voit bien que l’ennui peut aller avec l’agitation, et donc peut être une « activité oisive » : un divertissement impuissant à guérir de l’ennui. Comme remède à l’ennui, Sénèque propose l’activité qui remplit la vie, mais une activité sans se projeter dans l’avenir, une activité d’ici et pour maintenant. Parmi ces activités peut se situer l’écriture, non pas comme divertissement, non plus comme recherche esthétique (une création qui ne serait pas tout à fait une activité), mais comme art de s’appliquer dans l’effectuation des choses. Comme art, aussi, de gérer son emploi du temps. Car l’ennui, comme état de « plein repos » (Pascal), est le fond de la condition de l’homme. Quand l’homme est en repos, il repose sur quoi ? Sur rien. D’où la nécessité de se détourner du repos – d’un repos comme gouffre, d’un repos sans fatigue qui n’est alors qu’une chute. Corollaire inquiétant : si l’homme ne doit jamais être en repos, ne doit-il jamais faire retour sur soi ? L’état de réflexion serait en lui-même  source d’angoisse, de rupture de l’élan vital, d’acédie et d’ennui. C’est contre cette conception pessimiste – la lucidité inséparable de la dépression – que s’élève le janséniste Nicole. « L’ennui, soutient Nicole, touche l’âme quand elle est privée de cet aliment indispensable que sont pour elle les pensées » .
Pascal, de son côté, ne considère pas que les divertissements suppriment les côtés positifs de l’ennui que sont le sentiment de la gravité des choses et de la fragilité de notre être dans le monde. La légèreté du divertissement n’est pas une faute : elle protège, et c’est tant mieux, contre l’excès d’angoisse. C’est au fond une  forme de lucidité que de rechercher le divertissement. Il faut savoir « être superficiel par profondeur », comme Nietzsche le disait des Grecs. En d’autres termes, pour Pascal, c’est parce que l’ennui a sa place, mais ne doit avoir rien que sa place, que le divertissement a aussi sa place....
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(*) ...Son ennui, on l’a dit, n’est pas le contraire de l’amusement ou du divertissement. Il est insuffisance, voire carence totale de réalité. Il ne vient pas de l’intérieur mais d’un manque de rapports avec l’extérieur, d’une incommunicabilité radicale entre le sujet et le monde, d’une impossibilité ontologique à établir un lien quelconque entre les choses et lui: «La sensation de l’ennui naît en moi de l’impression d’absurdité d’une réalité insuffisante, c’est-à-dire incapable de me persuader de sa propre existence effective». D’où probablement le choix de la peinture abstraite. Apathique et renfermé, il est muré vivant en lui-même comme dans une prison hermétique et étouffante. Jusqu’au jour où il est distrait du vide de son atelier par une jeune modèle, Cécilia, qui posait pour – avant de coucher avec – un vieux peintre voisin de palier. Une relation si intense que le vieux en est mort. Intrigué par ce suicide déguisé, Dino essaie de comprendre les motivations d’un homme qui s’est servi érotiquement d’une adolescente pour hâter sa fin. Inconsciemment d’abord, puis de plus en plus lucidement, il va marcher sur les traces du vieux peintre et décider d’entamer un"...

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Nouveau maccarthysme?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 L'indignation au banc des accusés 
                                                   Quand on veut tuer son chien...
        Serions-nous revenus à la chasse aux sorcières? aux empêcheurs de méga-tricher en rond?
           M. Deltour est accusé des pires maux pour avoir déclaré « avoir du mal à accepter » que le « commun des mortels » ne puisse pas échapper à l’impôt comme les grosses multinationales.
      C'est en effet un délit très grave d'être curieux et surtoutrévolté par la fuite savamment organisée de sommes pharaoniques envoyées dans les  paradis fiscaux pour échapper au fisc, donc à l'Etat,  à la redistribution publique, donc à nous tous.
    Les lanceurs d'alerte seraient donc de dangereuxdélinquants... aux yeux d'un fonctionnaire luxembourgeois. Pire, des anticapitalistes.     Rien que ça!
   A vos rangs, fisc! 
      Il est vrai que le Luxembourg se présente comme un modèle de vertu paradisiaque en la matière. Le capitalisme se détruit lui-même en jouant la finance spéculative aux dépens de l'investissement productif.
         On se rappelle déjà de l'affaire Clearstream révélée naguère par Denis Robert
  Les lanceurs d'alerte ont décidément mauvaise presse auprès de certaines instances.
                    On comprend pourquoi...
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Vu de haut

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

- Milliardaires US et désinformation

-Vétérinaires ruraux: comme les médecins de campagne

- Rhabillé pour le printemps.  Comme François.


- Et la vie privée?

- Un métier d'avenir...

- Du beau bio partout?  Etiquettes éthiques?

Spirale de l'endettement dans les campagnes

- Alertes au lanceurs d'alertes!

- Il faut réparer l'ascenseur

- Fais gaffe aux Gafa

- Vous avez dit marteau?

- Scandale en Scandinavie
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Revue de presse
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Campagnes en détresse

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Entendez-vous dans nos campagnes...
                                                               Ils ne souffraient pas tous, mais tous étaient frappés. 
                                                                             A la ferme la ferme enchantée, c'est plus que du désenchantement.
                         Parfois un vrai désespoir 
               Adieu vaches, cochons, projets, qualité de vie, amour du métier...Il s'agit bien souvent de survivre, grâce au salaire indispensable du conjoint. Paradoxe d'une profession si vitale, mais si vitalement affectée. 
      Le problème n'est pas nouveau, les causes sont multifactorielles, mais prend aujourd'hui.une tournure aiguë. 
    «Les éleveurs qui ont choisi l’intensif sont sur un tapis roulant et doivent marcher toujours plus vite à contresens pour faire au mieux du surplace, au pire pour ne pas chuter.» Mais est-ce vraiment un choix pour la plupart? Plutôt le résultat d'incitations multiples et de conditionnement précoce et environnemental...

      C'est un vrai désarroi, une vraie perte de repères. 
         Comment en est-on arrivé là?
    La loi du marché, appliquée dans sa plus libérale rigueur, produit les contradictions et des dégâts que l'on sait, surtout quand les échanges ne sont pas régulés. Les outils de régulation sont morts.
   Le dumping des pays voisins et des autres produit une emballement quasi mondial..
   .Dans le Brandebourg, des mégadomaines agricoles se constituent sous l’égide d’«investisseurs» qui piétinent 
équilibres écologiques et sociaux en se servant de la réglementation… «verte». L'agrobusiness  s'y américanise, à la californienne, L'ordolibéralisme suit son chemin en tous domaines. Notre ferme des Mille vaches est dérisoire à côté. Mais est-ce encore de l'agriculture?. C'est de la gestion industrielle du bétail. 
     Et pourtant, un produit alimentaire n’est pas une marchandise comme les autres.
   La course au gigantisme nous mène droit dans le mur, et au désastre des sols, de l'environnement, de la qualité des produits, dans des campagnes, bientôt quasi désertées. A la limite, une ferme par canton pourrait bientôt suffire selon ce modèle. 
            La responsabilité des industriels du lait est énorme.
     De plus, la consommation de viande est excessive.  
        La loi sur la grande distribution doit etre revue.
 Surendettés, les éleveurs sont écrasés et ligotés: s'endetter plus en travaillant plus, comme disait l'autre, ce qui représente un outil de contrôle politique et social.
       La guerre du lait aura bien lieu
                    La FNSEA, dépassée, paye aussi « 60 ans de cogestion de l'agriculture française avec le gouvernement ». « N'oubliez pas, (rappelle-t-il) que deux ministres de l'Agriculture furent issus de ses rangs » - Michel Debatisse sous Raymond Barre (1979-1981) et François Guillaume sous Jacques Chirac (1986-1988).
    Une révolution agricole  s'impose, pas seulement chez nous, pour sortir du productivisme et du libéralisme, incompatible avec une production si particulière.
    Heureusement le bio commence à apparaître comme une solution de l'avenir et les agriculteurs qui s'y mettent s'en tirent généralement mieux. Les circuits courts font partie des solutions.
   Mais cela ne suffira pas pour enrayer, et vite, les dérives qu'on pouvait anticiper.
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- Les cochons allemands...et les autres
- Ceci n'est pas une crise  
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Diable de femme

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Inégalités et représentations
                             On l'a dit et répété: dans notre tradition occidentale, à partir d'une certaine époque bien identifiable, la femme, à des degrés divers,  n'a pas toujours eu le beau rôle. C'est le moins que l'on puisse dire. Pas seulement sur le plan des droits et des fonctions, mais déjà sur le plan des représentations, conscientes ou non. L' idéologie justifiant des rapports de pouvoir et d'ascendance.

    Dans son rapport avec la masculinité, elle fut  et elle reste marquée par le sceau de l'infériorité, parfois de l'opprobre. Pouvant aller jusqu'à l'identification à des forces du mal, à cause de sa prétendue perversité. de ses pouvoirs de séduction.
      Depuis Simone de Beauvoir, le statut féminin au sein de la société patriarchale a été mieux analysé, même si d'autres femmes avant elle avaient ouvert des voies depuis le 18° siècle.
    Il fallut du temps pour que le sexe faible perde peu à peu son statu diabolique dans nos sociétés. Séductrice, tentatrice rusée, elle fut un temps assimilée au diable. Surtout depuis le début de la civilisation chrétienne, avec les premiers Pères de l'Eglise, comme Tertullien,  Déjà l'apôtre Paul affirmait:
 « Toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à son chef. [...] L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l'image et la gloire de Dieu ; mais la femme est la gloire de l'homme. Car ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme »(Première épître aux Corinthiens, vers 55).
     Ministre du péché, elle ne pouvait prétendre à une dignité égale à celle de l'homme. Même si une partie du Moyen-Age a vu naître des périodes plus valorisantes pour elles. Sans parler d'autres cultures, où son pouvoir pouvait être grand et sans évoquer le prestige qu'elle a pu avoir pendant la période du néolithique.
   Eve n'eut pas le plus beau rôle dans la mythologie chrétienne et les musulmans radicaux développent encore une misogynie marquée, comme une frange de rabbins intégristes.
   Certains dictons portent encore la marque d'un époque qu'on croyait révolue.
    Femmes et sorcières et les fantasmes, suivent encore leurs cours, marqués par l'ambiguïté: le femme serait ange ou démon. Selon les cas.
      Il est instructif de refaire  l'histoire des femmes sous ses aspects divers.
  Le Droit des femmes  est encore une tâche à venir.
           "Ô la grande fatigue que d'avoir une femme, et qu'Aristote a bien raison, quand il dit qu'une femme est pire qu'un démon !" [Le Médecin malgré lui, I, 1]
                                                   Si la liberté des femmes n'a cessé d'être contestée, c'est qu'elle entraîne toutes les autres...
 

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