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Oh-rage!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

...Eau désespoir!
                        O ces ondes ennemies!...
                                  Comme disait mon grand père, un brin philosophe, le feu, on peut toujours l'arrêter mais l'eau... 
         Un peu ça va, mais beaucoup...
   Quand la Seine se met en colère, Paris boit la tasse
        Mais pas le bouillon. 
           Ce ne sera pas, comme en 1910, une calamité nationale.
    Mais il faut toujours s'attendre au pire. 
        On dit qu'à l'Elysée, un canot de sauvetage se tient toujours près au départ dans un des bassins du parc. On ne sait jamais...
     La barque de l'Etat, elle, est surchargée et les finances  dérivent. L'équipage perd le Nord. Des flots de problèmes font tanguer l'embarcation..
   Elle s'est laissé emportée par le courant austéritaire  bruxellois et les tourbillons de la finance mondiale devenue folle. 
     Le char de l'Etat navigue sur un volcan,  disait un sage..
              Heureusement, notre grand timonier maintient le cap.
                        Keep calm! 
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Hibernata

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Trésors des glaces.
                       On ne sait s'il faut s'en réjouir ou non, mais le réchauffement climatique aurait du bon.
   On le sait et on s'en inquiète, les glaciers reculent un peu partout, la banquise se réduit peu à peu et les zones de neige dites éternelles le sont de moins en moins.
     Bien des raisons de se faire du souci.


    Mais pour les archéologues, c'est un âge d'or qui arrive. C'est le début d'un champ d'exploration inédit qui s'offre à eux.
     L archéologie glaciaire, voilà une nouvelle spécialité qui connaît des jours heureux.
«Une nouvelle discipline scientifique l'archéologie glaciaire– récolte et étudie ces vestiges, souvent en matériaux périssables et exceptionnellement préservés par congélation», précise Pierre-Yves Nicod, commissaire de l'exposition «Mémoire de glace: vestiges en péril» qui s'est tenue récemment au Musée d'histoire du Valais, en Suisse. Elle a offert aux yeux du public une sélection d'objets préhistoriques et historiques du Néolithique au XXesiècle, découverts sur les glaciers alpins...."
      Mais pas seulement dans le massif alpin.
   Des pans nouveaux de découvertes de toutes sortes s'ouvrent, qui pourraient bien renouveler certaines questions historiques en suspens.
    L'homme a laissé des traces partout, souvent là où on l'attendrait le moins, à la faveur des changements climatiques.
    Pas seulement dans les Alpes ou dans le Yukon.
  Mais il faut faire vite. Les découvertes sont d'une extrêmes fragilité et d'une grande volatilité.
 Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.
On embauche, pour de fantastiques découvertes.
           Homo hibernatus, ce n'est pas du cinéma...
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A tu et à toi

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Quand tutoyer tue
                               Vous permettez que je vous dise tu?
           Il est des ministres auxquels on ne dit pas tu.
                                                      Surtout bien costardés.
                     Il eût fallu que vous ne me tutoyassiez pas...
           On marche encore souvent sur les oeufs depratiques culturelles  mal codifiées, d'usages changeants et incertains ,  historiquement lourds d'habitudes et de contraintes
     Le Britiche d'à côté dit you sans y penser.
        Le dernier des Romains tutoyait son empereur.
        Même Dieu est tutoyé par les fervents dans le vent, alors que chez les Le Quesnoy on vouvoie les enfants.
            Contraintes de la langue et de pratiques évolutives mais héritières d'un passé qui ne passe pas. 
       Pièges hiérarchiques dans les rapports d'entreprise et les autres. Débats byzantins où on ne peut trouver que des compromis provisoires et limités...
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Euro: une erreur? (3)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Un débat non clos.
                            D'abord, l'euro est un fait, semblant parfaitement intégré. Au point que certains partis dits europhobes ne le remettent plus en question, ou de moins en moins.
        Il apparaît maintenant difficile de revenir aux monnaies nationales, quel que soit le jugement porté sur son origine, son opportunité et son avenir.

        La monnaie est chose complexe, sur laquelle bien des économistes peuvent être en désaccord, toujours entre violence et confiance.
    Pour plusieurs économistes américains, comme Stiglitz, la monnaie unique imposée (et non une monnaie commune avec variations nationales possibles), fut une erreur majeure. Un coup de force pour accélérer l'union et mettre au pas l'Allemagne, dans un contexte très particulier. Mais un amplificateur de crises.
   Mais peut-on maintenant envisager de l'abandonner sans risques politiques majeurs,  en semblant ignorer de plus la réalité européenne spécifique? On en débattra encore longtemps, même si une certaine souplesse, certains ajustements et modes de fonctionnement pourront être introduits dans l'avenir. Il n'est tout de même pas normal que la BCE soit hors contrôle politique, mais parfois sous injonction allemande,gérée par des enfants de Goldman Sachs et que le cour de la monnaie unique favorise autant de fait l'économie exportatrice de nos voisins d'Outre-Rhin.
    Il n'en reste pas moins que cette monnaie mise en place à la hâte, dans des circonstances bien spécifiques, est une monnaie bâtarde, pas franchement adaptée à la diversité des économies concernées, surtout sans unité politique et sans réelle convergences, souvent à l'encontre des principes émis.
    Une monnaie sans nation. D'où sa faiblesse structurelle congénitale, génétiquement problématique, malgré l'euphorie des premiers temps.
 Mais déjà en 2009, le statut de l'euro faisait l'objet d'âpres discussions.
   L'euro-fort-qui-ne-se-discute-pas a été depuis au centre de nombreux débats, pas seulement économiques, car la monnaie unique était d'abord un pari politique. Elle a souvent été présentée comme un parapluie ou comme un boulet, favorisant surtout la puissance exportatrice allemande, aux dépends de ses partenaires.

L’euro ne fait plus rêver

   A l'approche des élections européennes, le débat tend à se radicaliser.
Certains, comme J.C. Trichet, jugeait que seul un saut fédéral peut sauver un monnaie recouvrant des économies si contrastées. Trichet, avait « négocié au nom de Paris chaque virgule de tous [...] les aspects monétaires » du traité de Maastricht, en 1992, confie t-il à Le Point, en octobre 2013. Le poids de la garantie apportée par Trichet à l'euro est à la mesure du prestige dévolu à ses fonctions successives, en particulier à la tête de la BCE, de 2003 à 2011. Le haut fonctionnaire Jean-Pierre Jouyet résume leur place respective : « Trichet a été au système monétaire européen ce que Delors a été à la Commission et à la Communauté européenne ».
      En octobre 1990, François Mitterrand avait prévenu qu’une monnaie unique sans gouvernement européen ne survivrait pas longtemps. Or ce projet, s'il existe un jour, n'est pour l'instant qu'un projet des plus utopiques.
   La persistance d'un déséquilibre entre le nord et le sud de la zone euro, consécutive à la crise financière de 2008, puis la crise de l'euro, est la réalisation du scénario noir envisagé par l'establishment économique américain qui, de Friedman à Krugman, s'étaient penchés sur le rapport Delors.
   Quel était la raison de ce scénario noir ? C'était le vice de l'euro, c'est à dire l'absence de mécanisme pour mutualiser le risque macroéconomique entre les états. Autrement dit, un budget fédéral capable, comme aux États-Unis, de résorber les chocs asymétriques. Et, effectivement, les courbes de chômages des différents états des États-Unis, ont traversé la crise financière de 2008 en demeurant synchrones..."
       Plus d'un économiste, parfois de premier plan, considère l'euro comme une erreur et la possibilité de s'en débarrasser comme une nécessité et une possibilité qui ne mènerait à aucune tragédie si le processus est bien préparé, concerté, maîtrisé. Comme l'écrit un ancien europèiste, l'euro relevait de la pensée magique.

       Emmanuel Todd considère que la peur paralysante des élites face à une démarche techniquement possible est le principal frein qui nous empêche de passer à une monnaie commune (et non plus unique), permettant aux économies de respirer, de se développer et de sortir d'un marasme paralysant qui accentue la crise dans la plus grande dé-solidarité.
              L'euro nous pénalise et entraîne l'Europe à sa perte, disaient certains.
Selon Arnaud Montebourg, « L’euro pénalise l’industrie au lieu de la soutenir dans la grave crise de compétitivité que nous traversons. Tous les grands industriels européens dans l’aéronautique, dans l’agroalimentaire, dans les transports, et toutes les institutions économiques du FMI au Conseil d’analyse économique, lui-même placé auprès du Premier ministre, en passant par l’OCDE, défendent des politiques nouvelles et «non conventionnelles» visant à enfin faire baisser le niveau de l’euro. Pourquoi devrions-nous continuer à nous mettre la tête dans le sable» Sur ce point encore, on ne peut que partager le constat. Aujourd’hui, le taux de change de l’Euro pénalise la totalité de l’industrie française (et italienne, troisième pays de la Zone Euro). Ce taux de change accélère les processus de désindustrialisation que nous connaissons. Par ailleurs ils plongent aussi les pays de la périphérie de la zone Euro dans la déflation..." 
     Une monnaie batarde, donc?
    Les faiblesse de l'euro fort n'ont pas fini d'être soulignées, comme ses failles.
 Toujours encore en question, dans le contexte de l'après crise, l'euro longtemps apparaîtra comme une bulle cognitive.
   L'Europe, ce qu'elle deviendra demain, sera-t-elle toujours soumise à l'épreuve de la monnaie unique?
          Nul n'est prophète pour le dire...La question n'est pas (que) monétaire, purement économique.
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Merci les robots!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

A Voir...
                Nous sommes déjà environnés, parfois sans le voir ou le savoir, d'automates plus ou moins intelligents et performants, qui ont déjà changé maints aspects de notre vie et qui ne sont pas sans incidence sur sa qualité et sur l'emploi.
      Ce qui nous laisse parfois songeurs et inquiets sur cette course en avant vers un monde automatisé par unecybernétique de plus en plus envahissante. .En médecine, en chirurgie, notamment, les progrès sont patents.. Quoique
     Mais ailleurs?
          Le développement des robots a pour nous des effets ambivalents.
     La question est plus compliquée que ce que certains prophètes prédisent, dans une vision à très courte vue et parfois naïve ou fantasmée. 
    L'avancée semblant inéluctable  de la robotique est présentée généralement comme un facteur de productivité, mais elle est aussi comme une tueusepotentielle d'emplois, ce qui est le fait de toute machine nouvelle, mais à un niveau tout autre. Un changement de nature, plus que de degré.
    Un rêve d'employeur peut-être... 
           Ce n'est que le début d'un processus en cours, qui s'accélère dans de nombreux secteurs, au coeur d'une concurrence mondiale sans merci.
              Un être humain peut doubler sa productivité en 10 ans, un robot, en quatre ans seulement: 
      M. Cheng Congham, directeur-adjoint d’une firme chinoise fabriquant des lavabos, déclare : « Ces machines sont meilleur marché, plus précises et plus fiables que les êtres humains. Des robots ne m’ont jamais bousillé un lot entier ! ».
Quelles sont les implications de tels faits ? Ils veulent dire que le travail des robots est déjà meilleur marché que celui des ouvriers du tiers-monde et que ce dernier se désindustrialise pour cette raison avant même d’être arrivé au bout du processus d’industrialisation qui fit historiquement sortir de la misère de vastes populations paysannes fuyant en direction des centres urbains.
    Si même la Chine s'y met, voilà bien des bouleversements  en puissance dans  le monde du travail et de la vie sociale à l'échelle mondiale et dans bien des domaines.
     Même les plus inattendus. 
          La robolution est en marche, pour le meilleur et pour le pire. 
                Alors, vive les robots ou gare aux robots?
   La réflexion éthique et politique est à la traîne en ce domaine. Il y a urgence à s'y atteler et à créer les moyens et les règles pour résister à des dérives prévisibles, sur le plan mondial.. Notre avenir en dépend, comme certaines de nos valeurs. Il est trop tard pour être pessimiste, comme disait quelqu'un. 
       Dans un sens, les robots, nos créations de plus en plus  élaborées, dépassent plus d'une de nos capacités, grâce à l'intelligence artificielle, au développement des algorithmes,, mais, d'un autre côté, ils mettent en valeur notre médiocrité dans maints domaines, ou plutôt notre polyvalence infinie.
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L'Europe, l'Europe!...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Comme disait De Gaulle ...
                                 que le possible abandon de souveraineté hérissait.
      Faire l'Europe: un rêve pour longtemps?
  Oui, mais quelle Europe? Un espace marchand (ultra)libéral encore élargi, sans doute, pour faire face aux puissances américaine et chinoise? C'est en cours, malgré le manque de solidarité et le règne de la concurrence entre les partenaires.


   Une confédération politique avec des institutions uniques sur les plans diplomatiques, militaires...         On n'en prend pas le chemin.
  Le patronage de Saint-Colomban et de Charlemagne,la référence mariale et l'éventuelle bénédiction papale n'y changeront rien. Les symboles et les accords commerciaux ne seront d'aucun secours pour constituer le début d'une d'union politique digne de nom, même minimale.
   Une fantôme, disait R. Debray. Une idée souvent évoquée, mais sans concrétisation. Du moins dans les conditions actuelles. Le nombre des pays membres l'interdisant d'ailleurs, comme la rigidité des Traités et le mercantilisme ambiant, l'Allemagne menant le bal.
   Les tractations post-électorales en cours donne une idée du degré de complexité d'un système qui échappe à la compréhension du citoyen moyen....
  Quelle nouvelle Europe se dessine, quand la notion de peuple européen pose toujours problème et quand le statut de l'euro divise toujours. Une Europe toujours vassalisée de fait, qui plie toujours devant les puissants intérêts américains.
  Certains encouragements à l'investissement interrogent et une grande tolérance est donnée aux lobbies  . La politique agricole oscille entre les excès.
   Peut-on encore sauver le projet européen, se demandent même certains responsables ou observateurs avertis gardant encore la foi?
  D'autres évoquent les sept péchés capitaux qui auraient vicié le projet dès l'origine...
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                  " D’aucuns voient dans la critique de la gouvernance européenne une aberration par le fait que l’Europe demeure un havre de paix sans équivalent dans le monde (si l’on met à part Japon, Corée, Taiwan, Singapour, Canada, Australie…).

  Mais si l’Europe de l’Ouest jouit d’une aisance enviable, elle ne le doit aucunement à Jean Monnet, Jacques Delors, José Manuel Barroso et Jean-Claude Juncker. Elle le doit à l’effort renouvelé des quarante générations de femmes et d’hommes du précédent millénaire qui ont bâti des communautés nationales fondées sur le droit, la confiance et la solidarité, au contraire de la plupart des autres régions du monde, rongées par l’arbitraire, la défiance et l’instabilité.
    Les inquiétudes actuelles tiennent à la crainte de dilapider ces acquis millénaires dans une Europe à son tour rongée par l’arbitraire, la défiance et l’instabilité. On peut nier ces inquiétudes et traquer les partis politiques qui ont le front de s’en servir, de la même façon qu’on casserait un thermomètre pour ne pas voir une montée en température. C’est une approche « optimiste » mais stérile et vaine.
    On peut aussi poser un diagnostic sans tabous sur la construction européenne et ses dérives, en vue d’en tirer un protocole de soins salvateur. C’est une approche « pessimiste » mais constructive. Engageons-nous donc dans cette voie et demandons-nous quels sont les malentendus à l’origine de la crise européenne. Nous en avons distingué sept, comme les péchés capitaux du catéchisme d’antan : (1)l'Europe a été créée pour faire la guerre (froide), (2) elle s'est soumise à Washington, (3) elle prétend effacer les nations, (4) elle n'a généré aucune solidarité entre les citoyens des différents États, (5) elle s'est construite sur une idéologie (néo)libérale, (6) elle tourne le dos à sa diversité culturelle, (7) elle privilégie l'accessoire à l'essentiel.
    Caressée par maints rêveurs, de Victor Hugo à Aristide Briand, l’idée européenne a été réactivée par Winston Churchill, à Zurich le 19 septembre 1946, et reprise au vol en mars 1947 par le Congrès américain qui se déclara « favorable à la création des États-Unis d’Europe dans le cadre des Nations Unies ».
   On était alors en pleine guerre froide. L’URSS de Staline se dotait de la bombe thermonucléaire. La Chine, l’Indochine et la Corée étaient sur le point de tomber sous sa tutelle. Berlin allait faire l’objet d’un blocus et chacun craignait une troisième guerre mondiale entre les deux Super-Grands, États-Unis et URSS.
    En rapprochant les pays ouest-européens, Washington souhaitait donc allumer un contre-feu face à la menace soviétique. Mais dans une Europe occidentale où les communistes pesaient jusqu’à 25% du corps électoral (France, Italie), on préféra se convaincre que la construction européenne avait avant tout vocation à réconcilier ses peuples. Cette fable innocente prévaut encore aujourd’hui.
      Dans les faits, quand la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) fut créée le 9 mai 1950, cinq ans après la fin du nazisme, il était bien évident que l’Allemagne meurtrie, honteuse, occupée et divisée était pour plusieurs générations hors d’état de reprendre les armes. Ses voisins avaient tout autant perdu l’envie de replonger dans la guerre. De même que Waterloo (1815) avait inauguré un siècle de paix à peine altéré par quelques guerres brèves et limitées, on pouvait raisonnablement espérer un nouveau siècle de paix avec ou sans union politique de l’Europe.
    C’est à nouveau le contexte international, le soulèvement de Budapest et la crise de Suez (1956), qui ont permis le traité de Rome l’année suivante. En réactivant la menace soviétique et surtout en démontrant la faiblesse de la Grande-Bretagne et de la France face aux deux Super-Grands, ces crises ont levé les objections de la France au projet de Marché Commun.
    La chute du communisme européen en 1989-1991 a remis en question les prémices de l’Europe. La menace soviétique a disparu et la Russie en format réduit qui a succédé à l’URSS s’est montrée soucieuse de seulement protéger les russophones.
    C’est dans ce contexte apaisé que l’OTAN et les pays de l’Union européenne ont pris le parti de faire la guerre pour la première fois de leur histoire, en intervenant en Yougoslavie puis en déstabilisant le Caucase et l’Ukraine.
    On peut y voir la démonstration que c’est la guerre froide qui assurait la paix en Europe… et poussait les Européens à s’unir. Sitôt qu’elle a pris fin, par KO de l’URSS, l’Europe est redevenue une terre de conflits et de tensions.
     La construction européenne a été rendue possible par le soutien des États-Unis et jusqu’à la chute de l’Union soviétique, ce soutien n’a pas fait défaut. Il s’est aussi accommodé de quelques dissidences : le général de Gaulle ne s’est pas privé de dénoncer l’intervention américaine en Indochine et, dans un souci d’indépendance, il a même suspendu la participation de la France au commandement de l’OTAN.
    Il est vrai que l’Amérique flamboyante de l’après-guerre suscitait attirance et fascination jusque chez ses adversaires du camp communiste. Le contexte a changé dans les années 1990 quand s’est effondrée la menace soviétique et que les États-Unis sont apparus comme une économie déclinante face à la percée de la Chine. Misant dès lors sur sa puissance militaire, le gouvernement américain est devenu un facteur d’instabilité : extension de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie, blocus de l’Irak, déstabilisation de l’Iran etc.
    En 2003, le gouvernement français s’est une dernière fois permis d’apporter la contradiction au gouvernement américain quand celui-ci s’est mis en tête d’envahir l’Irak. Quinze ans plus tard, il n’est plus question de s’opposer à l’Oncle Sam. L’Europe suit les États-Unis quoi qu’ils fassent et quoi qu’il lui en coûte : diabolisation de la Russie, soutien à l’Arabie dans son agression du Yémen... Elle s’est même couchée quand le président Trump a unilatéralement déchiré l’accord de Paris sur le climat et le traité de Vienne avec l’Iran.
     Plus grave que tout, l’Europe s’est soumise au droit intérieur américain en acceptant que soient sanctionnées les entreprises qui viendraient à commercer avec l’Iran. C’est du jamais vu en matière de servitude volontaire de la part d’États naguère indépendants et respectés. « Si nous acceptons que d'autres grandes puissances, y compris alliées, y compris amies dans les heures les plus dures de notre histoire, se mettent en situation de décider pour nous notre diplomatie, notre sécurité, parfois en nous faisant courir les pires risques, alors nous ne sommes plus souverains, » a reconnu Emmanuel Macron à Aix-la-Chapelle, le 10 mai 2018. La conclusion est sans appel et c’est donc le président qui le dit : nous ne sommes plus souverains !...
     En 1914, au sommet de sa puissance, emportée par un orgueil démesuré, l’Europe a sombré dans une effroyable « guerre de Trente Ans ». D’aucuns en ont rendu responsables les États-Nations. C’est oublier que ceux-ci ont permis aux Européens de bâtir en mille ans une immense civilisation, avec la démocratie en prime. Ces États-Nations ont limité les conflits en permettant à chaque communauté de se développer suivant ses usages et ses mœurs, au contraire de l’empire chinois qui a connu de nombreuses guerres civiles à peu près aussi meurtrières que les guerres mondiales, de la rébellion An Lushan (VIIIe siècle) à la révolution culturelle.
     L’Union européenne croit pouvoir faire table rase de son passé, à la différence de la Suisse, par exemple, qui s’est construite dans le respect des différences entre ses cantons. Illustration : en campagne pour la liste présidentielle aux européennes, Nathalie Loiseau plaide pour une « Europe des territoires ». Les territoires ? Des lieux habités par des gens, où les échanges se font avec des billets illustrés par des ponts et des portes sans nom et sans mémoire… 
     Cette dépersonnalisation de l’Europe vise clairement à gommer l’Europe des nations et des citoyens. Sur les murs du bâtiment Berlaymont qui abrite à Bruxelles la Commission européenne, on voit des cartes d’où les États ont pratiquement disparu au profit des circonscriptions administratives. Les fonctionnaires de Bruxelles ignorent ostensiblement les nations mais débordent d’attentions pour les régions, comtés, départements, communes, corporations, associations etc.
     La Commission se fait ainsi un devoir de distribuer à quiconque lui en fait la demande des subventions joliment qualifiées de « fonds européens structurels et d’investissement » (FESI). C’est de l’argent versé à Bruxelles par les différents États et redistribué tous azimuts, pour le financement de ronds-points, de tunnels, de crèches, de musées, d’organisations caritatives etc. Par cette « générosité » faussement innocente et somme toute inutile, l’Union s’immisce dans les politiques nationales et brouille leurs priorités.
    La raison voudrait que les FESI soient simplement versés aux États les plus nécessiteux et que l’on s’en tienne là en laissant aux citoyens de chaque État le soin de décider de l’affectation de leurs ressources
   La construction européenne n’a créé en soixante-dix ans aucune solidarité effective par-dessus les États. En pratique, dans leur vie quotidienne, les Français ne sont pas plus solidaires des Allemands et des Roumains que des Mongols ou des Sénégalais. En matière sociale, fiscale ou civile, les Européens ne partagent strictement rien entre eux et sont même dans plusieurs domaines en concurrence les uns avec les autres.
     Il y a aujourd’hui plus de liens entre un habitant d’un bidonville de Mayotte et un bourgeois de Strasbourg qu’entre ce dernier et son voisin de Fribourg-en-Brisgau, si proches qu’ils soient par les mœurs et le mode de vie. Les Strasbourgeois acceptent sans maugréer de financer des aides sociales à destination des Mahorais. Mais on a vu par contre les Fribourgeois et les autres Allemands se soulever avec colère quand il a été envisagé en 2015 d’aider les Grecs victimes de la crise.
     L’union monétaire et la libre circulation des capitaux ne compensent pas l’absence de solidarités sociales et humaines. Au contraire, elles exacerbent les conflits entre les citoyens des différents États. C’est ainsi que les paysans français encaissent aujourd’hui de plein fouet la concurrence de l’agro-industrie allemande sans pouvoir se défendre et l’actuel président de la Commission européenne a pu gouverner pendant dix-huit ans le Luxembourg en « pompant » à son seul profit les ressources fiscales des groupes américains installés en Europe.
    Notons que les aides aux États les plus pauvres (Roumanie, Bulgarie…), justifiées et nécessaires, ne créent pas davantage de solidarité que l’aide de l’Europe à l’Afrique. Si elles sont mal gérées, elles peuvent induire une situation de dépendance et nourrir les réseaux mafieux et la corruption..
     L’Europe est née en 1950 sur un projet de coopération économique. Rien de plus normal. À mesure qu’elle a grandi, elle a eu soin  d’abattre les barrières douanières et les entraves aux échanges. Normal aussi. Elle s’est aussi associée aux négociations initiées par les États-Unis sous le nom de Kennedy Round(1964-1967) en vue de faciliter les échanges internationaux. Normal également. On est ici dans une démarche pragmatique qui réunit des États souverains également développés.
    Un changement s’est produit à la fin des années 1970, avec d’une part la fin de l’expansion d’après-guerre (les « Trente Glorieuses »), d’autre part l’émergence d’une idéologie néolibérale (Milton Friedmann, Friedrich Hayek…) qui n’a plus rien de pragmatique et soutient mordicus que « l’actionnaire sait mieux que quiconque ce qui est bon pour l’entreprise » (Jack Welch, General Electric), « l’État n’est pas la solution à notre problème, l’État est le problème » (Ronald Reagan, président américain) et « le libre-échange, c’est la paix »(Pascal Lamy, président de l’Organisation mondiale du commerce).
   À la différence des autres dirigeants de la planète (Américains, Chinois, Japonais…), les Européens se sont convertis sans réserve à la nouvelle religion. Ils ont multiplié les accords de libre-échange dissymétriques (Japon, Chine, États-Unis…) en ouvrant leurs marchés et leurs capitaux sans s’assurer de la réciproque. Il s’en est suivi une perte de marchés et surtout de savoir-faire dont le dernier exemple est le rachat du géant allemand de la robotique, Kuka, par une société chinoise inconsistante mais grassement financée par Monsieur Xi (Xi Jinping).
    Fidèles à leur foi, les dirigeants européens ont aussi prohibé toute forme de dirigisme étatique et de coopération intergouvernementale. De fait, depuis la mise en route de l’Acte unique (libre circulation des marchandises et des capitaux) et de la monnaie unique en 1988, l’Europe n’a plus aucune réalisation à son actif, comparable à Airbus (1970), l’Agence spatiale européenne (1975), Erasmus (1985) etc. L’Europe est en panne. Toute son énergie est vouée à la défense de la monnaie unique envers et contre tout, cependant que l’industrie qui a fait la richesse du continent s’étiole, s’évanouit ou s’évade.
    Le néolibéralisme est au libéralisme ce que le marxisme-léninisme fut au socialisme, une extrapolation monstrueuse et mortifère. On n’en sort pas impunément et c’est en vain que certains Européens réclament la « préférence communautaire » sur les importations et les contrats publics. Il faut dire qu’il est plus avantageux à titre individuel d’importer un produit de Chine au prix de 20 et de le revendre 90 plutôt que de le fabriquer en Europe au prix de 50 et de le revendre 100. ...  
      C’est que toutes les références culturelles communes aux Européens viennent aujourd’hui d’outre-Atlantique. Elles sont véhiculées par l’anglais international ou globish« À Bruxelles, c’est le globish qui règne en maître, une forme appauvrie à l’extrême de la langue de Shakespeare qui permet à tout le monde de communiquer sans problème », écrit Jean Quatremer, ex-européiste (Les Salauds de l’Europe). Faut-il s’en féliciter ? « La langue n’est pas neutre, rappelle Jean Quatremer. Elle véhicule des valeurs et des concepts et, surtout, seule la langue de naissance permet de communiquer au plus près de sa pensée : ce n’est pas un hasard si un Américain, un Chinois ou un Japonais ne négocie jamais dans une autre langue que la sienne »
   Faut-il malgré tout se résigner à la domination de l’anglais ? Serait-ce le prix à payer pour la réconciliation des peuples ? Ce serait un bien mauvais calcul...
    Dans quelques années, deux décennies au plus, nous disposerons avec internet d’outils de traduction instantanés d’une extrême fiabilité qui rendront inutile le recours à l’anglais international, y compris à l’oral. Il suffira à chacun de s’équiper d’une oreillette et de tendre son mobile vers son interlocuteur pour que chacun puisse parler et entendre dans sa langue maternelle. L’apprentissage des langues cessera d’être une obligation et redeviendra un pur plaisir. Les Japonais et quelques autres peuples demeurés fidèles à leur langue pourront alors pleinement jouir de leur avantage sur ceux qui auront fait le choix du plus petit dénominateur commun
      L’union fait la force, a-t-on coutume de dire. À condition que tous tendent vers le même objectif, faudrait-il ajouter. Autrement, l’union peut mener à la paralysie. C’est ce qui est arrivé à la Pologne au XVIIIe siècle à cause d’une mesure constitutionnelle d’une rare stupidité, le liberum veto, qui permettait à un quelconque député de la Diète de bloquer une loi. En conséquence, les voisins de la Pologne ne se faisaient pas faute de corrompre tel ou tel député pour affaiblir le pays.
    De la même façon, en Europe, les intérêts égoïstes de tel ou tel pays viennent régulièrement entraver les intérêts de l'Union. C’est en particulier le cas en matière de fiscalité indirecte, de politique commerciale et de politique étrangère, des domaines dans lesquels est requise l’unanimité des États membres.
    En matière de fiscalité indirecte, l’Union est devenue une jungle, chaque État faisant du moins-disant pour attirer chez lui les sièges des grandes sociétés sans qu’il soit possible d’y mettre bon ordre. La Chine a pu bloquer des décisions qui visaient à limiter son pouvoir de nuisance en faisant pression sur la Grèce ou le Portugal, des pays devenus dépendants de ses investissements. Les États-Unis ont pu bloquer la prétention du président Macron de taxer les Gafa (géants de l’internet) en menaçant simplement l’Allemagne de surtaxer ses voitures. Dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, l'Europe, paralysée par ses divisions, figure aux abonnés absents. Le vainqueur ramassera les morceaux.  
     En matière de diplomatie, les divisions sont encore plus nettes. Pendant les guerres de Yougoslavie (1992-1995), l’Allemagne et la France se sont rangées dans des camps opposés, la première soutenant la Croatie, la seconde la Serbie. À l’ONU et sur le terrain, les Européens étalent régulièrement au grand jour leurs divisions sur les enjeux israélo-arabes, africains, russes etc. Ainsi la France est-elle seule à combattre le djihad dans le Sahel cependant que Polonais, Baltes et Suédois préparent fébrilement leur revanche sur la Russie.
    L'immigration et les questions intérieures affectent aussi les relations entre les États, pas seulement entre Européens de l’Est et de l’Ouest. En février 2019, Paris a ainsi rappelé son ambassadeur à Rome, un acte d’hostilité inouï entre deux « alliés » et partenaires aussi proches !
    Là-dessus viennent se greffer les déclarations méprisantes de certains responsables allemands à l’égard de leurs partenaires, qu’il s’agisse de la Grèce ou… de la France. Un vice-chancelier a suggéré que la France renonce à son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU cependant que la dauphine de la chancelière exige que le Parlement européen quitte Strasbourg pour Bruxelles (pourquoi pas ? Mais à condition que la Banque centrale européenne quitte Francfort pour Strasbourg !).  Démuni face à cet état de désunion, le président Macron détourne l'attention en dénonçant les « nationalismes ». C'est une rhétorique qui date. On la rencontrait déjà sous la plume de l’écrivain collaborationniste Drieu la Rochelle qui opposait le « nationalisme tardif des jeunes peuples » à la « nouvelle Europe ».
    Conscients de leur impuissance dans les domaines régaliens (fiscalité, diplomatie, commerce), les Européens se rattrapent par un surcroît d’activité dans les domaines subalternes : droit civil, droit du travail, environnement, normes etc. Comme si l’uniformisation des règles allait rendre les Européens plus semblables et plus malléables. Cette orientation est en contradiction avec la belle devise de l’Europe : « Unis dans la diversité ». Elle est surtout en rupture avec le principe de subsidiarité inscrit dans tous les traités depuis 1957...
     La subsidiarité signifie qu’une entité ne doit s’occuper que des missions dont les entités de rang inférieur sont incapables. Ainsi l’Union ne devrait-elle s’occuper que de ses relations avec le monde extérieur ainsi que de la protection des frontières. Elle devrait garantir la préférence communautaire concernant les biens et services ainsi que les contrats publics. Enfin, elle devrait veiller à l’équité dans les relations commerciales entre les États membres et sanctionner par exemple les États comme l’Irlande qui pratiquent le dumping fiscal ou les États comme l’Allemagne qui privilégient à tout va leurs exportations en sacrifiant leurs investissements intérieurs et déséquilibrant l’économie des pays clients. Tout le reste, environnement, éducation, droit du travail, droit civil et pénal, sécurité intérieure… ne devrait relever que des États et des citoyens (au moins dans un premier temps). Nous en sommes loin."
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A qui se fier?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

   Noblesse oblige?
                            On croit que le titre est un gage de noblesse de coeur..
                                                   Mais on peut avoir une particule et se retrouver en cellule.
      Il y a plus d'un accroc à la vie mondaine, où l'on peut trouver de nobles escrocs...qui ne retiennent pas les leçons de leurs célèbres ancêtres: L'intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé.

    Même dans les châteaux d'Espagne.
  Pas de vulgaires roturiers ou de simples barons voleurs. 
     Déjà sous Louis XIV, beaucoup se sucraient.
            L'exemple vient de loin...
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Europe: et demain? (1)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Un avenir problématique.
                          Pour cette institution inaboutie pour les uns ou en faillite pour les autres?
       Les critiques ne manquent pas. On aurait mis la charrue avant les boeufs. et on aurait trop rêvé d'une institution qui ne remplit pas la mission annoncée.
  Dans le nouveau débat sur l'Europe, qui vient de mener aux résultats que l'on sait, les problèmes de fond ne furent que très rarement évoqués, au profit de débats sans profondeur ni consistance, purement franco-centrés, comme le remarque notamment Descartes, qui ne fait pas dans la dentelle, mais qui a raison sur plus d'un point.
   On a affaire à un projet originellement dicté par les circonstances et de plus en plus inspiré par le modèle économique libéral, comme le dit Cauchet;
 ...La construction européenne n'a pas été conçue sur la base d'un projet intellectuel médité, mais, comme il est inévitable dans l'histoire, sous la pression des circonstances. Dans le contexte de la guerre froide, son objectif primordial, au-delà de la fameuse paix avec laquelle on nous bassine et qui nous était de toute façon imposée, était de renforcer par une union économique la capacité de résistance à l'Union soviétique des pays de l'Europe libre. En même temps, ce projet dicté par les menaces de l'heure portait en lui l'héritage le plus précieux de notre histoire, à savoir la vocation de l'Europe à la liberté politique. Mais ce projet a été parasité d'emblée par un dessein fédéraliste qui présentait les institutions européennes comme un embryon d'Etat-nation.....
    Cette idée fédéraliste est en faillite, à supposer qu'elle soit possible un jour,comme le pense un de ses plus fidèles défenseurs à Bruxelles, Jean Quatremer, qui dénonce, avec virulence parfois, les ornières dans lesquelles elle est tombée. Sans se rendre compte que c'était les dérives attendue d'un projet qui n'en était pas un politiquement, hormis l'installation progressive d'un grand marché, plus ou moins harmonisé, de type néolibéral.
  Regis Debray nous livre sur ce point un constat plus que désabusé.
       Le projet européen a déçu sur l'essentiel, mais pouvait-il en être autrement, après les Traités qui ont scellé son sort de manière irréversible?
   De projet politique, point. Comme l'analyse à sa manière Coralie Delaume:
 


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Frémissement au FMI

Publié le par Jean-Etienne ZEN

N'exagérons rien.
                               Ce n'est pas une révolution. Mais une petite mutation interne, un peu tardive,  un peu timide, mais peu attendue.
        Quelle mouche a piqué le  FMI, qui semble commencer à amorcer un début de virage vers un certain bon sens, en prenant ses distances, du moins théoriquement, avec des dogmes qui en ont fait un des temples du néolibéralisme?.
     Il semble devenu peu à peu plus pragmatique.
On l'a vu récemment dans le cas ce la Grèce où il finit par se trouver en désaccord avec le rigidité de l'Eurogroupe, concernant le remboursement de la dette. 
         Il se place aujourd'hui dans une critique timide de ses présupposés et de ses dogmes friedmano-thachtero-reaganien des années 80, le néolibéralisme, notamment en ce qui concerne « l'ouverture accrue au marché des capitaux (qui) figure en permanence comme un facteur de risque ».
       Un retour aux sources de l'esprit de l'institution à ses débuts, conforme à une de ses définitions d'origine?: "Le Fonds monétaire international (FMI) encourage la stabilité financière et la coopération monétaire internationale, et s'efforce aussi de faciliter le commerce international, d'œuvrer en faveur d'un emploi élevé et d'une croissance économique durable, et de faire reculer la pauvreté dans le monde. Le FMI est gouverné par ses 189 États membres, auxquels il rend compte de son action."   était-il écrit.
  Une modeste sortie de la  nuit néolibérale?
                         « Pourquoi le néolibéralisme est-il sorti plus fort de la crise ? » La question, posée notamment par le sociologue et politiste britannique Colin Crouch, est le point de départ du nouveau livre de Pierre Dardot et Christian Laval.  
     Le philosophe et le sociologue, tous deux enseignants à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, ont déjà publié plusieurs ouvrages à quatre mains, parmi lesquels Commun en 2014 et La Nouvelle Raison du mondeen 2009. Ils récidivent avec un ouvrage intitulé Ce cauchemar qui n’en finit pas. Comment le néolibéralisme défait la démocratie, publié aux éditions La Découverte.
         Réactivant leurs analyses montrant que le néolibéralisme est devenu une « raison-monde » ayant pour caractéristique d’étendre et d’imposer la logique du capital à toutes les relations sociales jusqu’à en faire la forme même de nos vies, ils s’intéressent dans cet ouvrage à la manière dont la « cage de fer » a encore gagné en puissance. Au point de nous entraîner dans une « sortie de la démocratie » où la gestion de « la crise » n’est plus un état passager, mais un mode de gouvernement et une façon d’accroître l’emprise des logiques néolibérales sur les sociétés européennes, comme l’épisode grec de l’été dernier a achevé de le montrer...
           Une logique qui est en venue à l'asservissement de l'Etat aux exigences de la puissance des marchés. 
         Une logique que l'on connaît bien: toujours plus loin dans la déréglementation, au nom du sacro-saint marché, d''absence totale de protectionnisme minimum, de compétition intra-européenne  sans solidarité, dans la course au moins-disant social. Le piège de l' Eurozone  continue à fonctionner, envers et contre tout, contre les principes de leurs fondateurs, en dépit des échecs.
      L'Europe est devenue le dindon du libéralisme économique.
                 .... A l'heure où le FMI, où certaines de ses instances, commence à remettre en question les dogmes friedmaniens en usage jusqu'ici,  à s'interroger dans son jargon sur certaines orientations considérées jusqu'ici comme incontournables, sans alternatives, il est permis d'espérer une extension de cette sortie de l'aveuglement:  
      ...En résumé, les avantages de certaines des politiques importantes du programme néolibéral semblent avoir été quelque peu exagérées. Si dans le cas de la baisse des obstacles à la circulation financière, certains flux de capitaux tel que l’investissement étranger direct semblent avoir l’intérêt qui leur est prêté, pour d’autres, en particulier les flux de capitaux à court terme, les avantages pour la croissance sont difficiles à percevoir, considérant les risques de plus grande volatilité et de crise. Dans le cas de la consolidation budgétaire, les coûts à court terme en termes de baisse de la production, de bien-être et de chômage plus élevé ont été minimisés, et l’opportunité pour les pays avec plus de profondeur fiscale de vivre avec une dette élevée et de laisser les ratios d’endettement se réduire à la faveur de la croissance, ont été sous-estimés. » Au chapitre des inégalités, l’article est moins allusif. « L’inégalité croissante des revenus est associée à l’ouverture financière et à l’austérité, leurs effets distributifs créent une boucle de rétroaction négative..." 
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Vertiges

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Ou folie ascensionnelle?

 

             Mais où vont-ils?
                               Un défi insensé.
                                           Machine à rêve ou machine à fric?
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