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Remous dans la pensée économique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

      Crises en cours   
                         Régulièrement, la pensée économique connaît des périodes de remises en question et parfois de vifs conflits.
     Et pas sur des queues de cerises. Et pas seulement en France.
         Car l'économie est une discipline dont les enjeux ne sont pas sans incidences sur notre vie quotidienne. 

        C'est assez excessif de parler de guerre à propos du  petit affrontement entre des théoriciens de l'économie.
    La querelle n'est cependant pas anodine, car de la vision de certains économistes dépendent souvent dedécisions politiques de fond , de choix de société  qui ne sont pas neutres. Et d'autre part, les choix politiques dominants ne sont pas sans influencer certains postulats en recherche économique..
     Une économie fondée sur des principes néolibéraux, issus de la  pensée de l'école de Chicago, de tendance reaganienne et thatcherienne, ne peut avoir les mêmes impacts sur les décideurs que celle fondée sur les notions de redistributions, de solidarité, de politique monétaire et sociale progressiste.. On le voit avec le débat autour des études de T.Piketty, en France comme aux USA, où la réflexion sur les sources des inégalités croissantes devient l'objet des recherches?
     Entre les"bons", qui ont pignon sur écran, souvent engagés dans des conseils bancaires, et les hétérodoxes, qui exercent leur esprit critique sur les données de l'économie dominante, il y a plus que des détails. Un engagement de fond sur les questions de société.
     Le problème s'est récemment posé à propos des thèses de Jean Tirole, à l'époque on soulignait que l'économie n'est pas une science dure, comme le soulignait déjà Levi-Strauss, qu'elles comporte de grandes marges de choix et d'incertitudes, d' a priori et d'impensés. 
     La crise a bien montré à quel point beaucoup se sont trompés. Une certaine pensée économique peut même être une imposture, en fonction de certains choix préalables non interrogés..Son enseignement devrait être revu et il est des présupposés à repenser, un formalisme mathématique qui interdit tout débat de fond...
     La plupart n'ont rien vu venir, comme certains l'ont reconnu.  Il arrive même qu'on puisse dire tout et le contraire de tout.       Cela relativise un peu...(*)
          [ -Krugman fustigeait naguère "la cécité de la profession sur la possibilité de défaillances catastrophiques dans une économie de marché"."Durant l’âge d’or, les économistes financiers en vinrent à croire que les marchés étaient fondamentalement stables - que les actions et autres actifs étaient toujours cotés à leur juste prix"---- M. Greenspan avouait qu’il était dans un état d’ « incrédulité choquée » car « l’ensemble de l’édifice intellectuel » s’était « effondré ». Cet effondrement de l’édifice intellectuel étant aussi un effondrement du monde réel de marchés, le résultat s’est traduit par une grave récession"( P.K.)_« Lorsque dans un pays le développement du capital devient un sous-produit de l’activité d’un casino, le travail est susceptible d’être bâclé. », disait Keynes.]
      Bref, une "science" en question, souvent aveugle à ses postulats.
          C'est que la discipline économique n'est pas une science exacte, comme le reconnaissait Lévi-Strauss, comme l'admettent la plupart des économistes un peu honnêtes. Les mathématiques, qui prennent souvent une place démesurée dans la discipline, ne sont pas un gage de scientificité.
    Ce n'est pas la guerre mais un affrontement normal  sur le statut, la fonction, la rigueur d'études qui sont parfois menées avec des lunettes à courte vue libérale, des préjugés assumés, parfois des engagements tus.
    Une science imparfaite, à pratiquer avec beaucoup de circonspection, de prudence. Ce qui n'exclut pas l'audace.
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                  (*) A propos de la dernière crise, qui dure...« Comment se fait-il que personne n’ait rien vu venir ? », s’enquit la reine d’Angleterre en visite à la London School of Economics en novembre 2008. Elle aurait même laissé échapper : « C’est affreux ! » N’avoir rien « vu venir » ne fut pas la seule faute des économistes, qui représentent assurément l’une des professions les plus remises en cause par la crise financière. Leur hypothèse d’efficience des marchés avait servi à justifier les politiques de dérégulation, largement responsables de la catastrophe des subprimes.

 

   « La science économique a été au mieux spectaculairement inutile, au pire carrément nocive », résume l’économiste et éditorialiste du New York Times Paul Krugman. Tétanisés devant la dégringolade irrésistible des Bourses mondiales, la plupart des économistes avaient ainsi eu l’humilité de reconnaître les limites de la macroéconomie contemporaine, issue du courant des « anticipations rationnelles » des années 1970 et héritière du cadre néoclassique élaboré à la fin du XIXe siècle et qui domine le champ depuis l’après guerre.Lorsque les Bourses ont dévissé dans le sillage de Lehman Brothers à l’automne 2008, les modèles sophistiqués des pontes de l’université de Chicago ne furent d’aucun secours. Comme le dit Paul Krugman, il a fallu retrouver la « sagesse des Anciens », perdue durant l’« Âge sombre» de la macroéconomie, et sortir des oubliettes les auteurs post-Grande Dépression, dont l’approche, globale et non pas segmentaire et individualiste, fournit une compréhension synthétique et systémique des crises.
       Quelle mouche a donc piqué des économistes aussi respectables que Pierre Cahuc et André Zylberberg ? Dans un livre dont un récent numéro de Challenge fait sa couverture, ils dénient toute légitimité aux nombreux confrères qui ont le tort de ne pas penser comme eux, allant jusqu’à les traiter de négationnistes et à suggérer l'éradication de leurs travaux dans le sous-titre (« comment s’en débarrasser »). Eux qui ne jurent que par les revues scientifiques ne dédaignent pas de vilipender leurs collègues dans un livre destiné au grand public et dans la presse généraliste.
    Claude Lévi-Strauss raillait la prétention des sciences sociales à asseoir leur légitimité en s’abusant sur la fiabilité de leurs méthodes. Certains économistes croient établir leur respectabilité en présentant l’économie comme une science exacte, où des vérités pourraient être établies de manière expérimentale de la même manière qu’en physique, ou démontrées comme en mathématiques à partir d’un système d’axiomes auxquels le monde réel aurait la bonne grâce de se conformer. Il n’en est rien.
      De nombreux auteurs, comme André Orléan, Philippe Aghion ou Pierre-Noël Giraud, ont appelé les économistes à plus de modestie et à plus de réflexion critique sur l’épistémologie de leur domaine d’étude. Les cas d’expériences contrôlées, où l’on compare deux populations en étant sûr de bien prendre en compte toutes leurs différences significatives, sont exceptionnels en économie. L’économétrie est un outil puissant. Encore faut-il considérer tous les paramètres qui ont une influence sur les relations observées et s’assurer que le contexte dans lequel les observations ont été faites est suffisamment proche de celui auquel on veut les transposer.
Le dossier de Challenge autour du brûlot de Pierre Cahuc cite d’ailleurs de nombreux cas problématiques. Ainsi, selon ses rédacteurs, une augmentation du salaire minimal sur l’emploi peut avoir des effets favorables aux États-Unis, mais désastreux en France. Patrick Artus y explique dans un encart que Ricardo et Keynes, malgré leur opposition célèbre, auraient tous les deux raison, tout dépendant du contexte.
      Bref, l’économie abonde en vérités en deçà des Pyrénées qui deviennent des erreurs au-delà, et c’est souvent longtemps après qu’une mesure catastrophique a été mise en place sur l’injonction de savants économistes que d’autres économistes peuvent expliquer en quoi le contexte différait au point de rendre la thérapeutique inadaptée voire dangereuse. Keynes résumait cette situation en déclarant que « les hommes politiques sont les esclaves d’économistes morts »....
      La controverse est loin d’être close et les hypothèses que tel ou tel modèle met en œuvre doivent faire l’objet de critiques, de débats et de tests. Un résultat important du travail de Gilles Koléda est de montrer la fragilité du dogme constamment invoqué depuis trente ans pour subventionner les emplois peu qualifiés au détriment de la compétitivité des secteurs les plus exposés à la concurrence internationale. Nous ne contestons pas que ces mesures en faveur des seuls bas salaires sont favorables à court terme à l’emploi peu qualifié, mais nous constatons qu’elles pèsent sur la compétitivité des entreprises, donc sur la bonne santé de notre économie, et qu’elles créent des trappes à emplois faiblement qualifiés en rendant ceux-ci artificiellement bon marché....
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- Sortir de la pensée unique
 Le prix Nobel d'Economie, instrument de propagande du néolibéralisme
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Macdonaldisation planétaire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Mais où va-t-on?
                            Rome n'est plus (dans) Rome.
     La ville sacrée est envahie peu à peu par les barbares de la malbouffe.
        De Florence jusqu'au Vatican, c'est le déferlement. Faisant fi de la qualité de la cuisine italienne, variée et succulente.  Certains affairistes n'y voient pas d'inconvénients.
    Habemus McDo, disent-ils. Mais place St Pierre gronde uns sainte colère
        De ce satanique projet, la Curie n'a cure. Vade retro!  McDo  ne passera pas! disent les autres ensoutanés. Il faut chasser les marchands du temple!   
   Quoique...ça peut rapporter gros. Les saintes finances ne sont pas bonnes et la sacrée banque est au bord de la crise..Pas très catholique...
            La tentation est grande... 
    Dans l'enceinte sacrée, les cardinaux  voient rouge.
     François, lui, aimerait de temps en temps sortir, avec les copains, sans chichi ni soutane, pour manger une bonne pizzaarrosé d'un Lacryma Christi..
      Il sait en donner autour de lui, surtout aux pauvresUn vrai papa pizza! Lui, il préfère la napolitaine. 
             Mais l'Argentin ne cracherait pas sur un Big Mac au boeuf de la pampa.
   L'envie lui vient souvent de faire le mur,  murmure-t-on,  pour en déguster un.
                                                   Ce pape nous étonnera toujours. Il ne fait rien comme les autres (papes).
                                       C'est un pape-à-part. 
Pour faire le ménage dans la maison, il lui faut manger, et du bon.
     Il fut un temps où François (mieux connu comme Pancho le fouteux, fan de San Lorenzo, condamnant le foot-business, et le capîtalisme- du bout de ses lèvres pies était un fervent des stades et un croqueur de fugazzetas.
       Fait divers révélateur. le mal s'étend partout.                                       Un mal qui répand la rondeur... et l'uniformité
                                                                             La McDonaldisation poursuit son expansion programmée et  sa domination (presque ) sans partage, dans la fasfoodisation du monde.
 D'Orlando à Stockholm, de Buenos Aires à Manille. 

         La voilà maintenant qui a franchi la Grande Muraille, où s'arrêtaient les Barbares, à la conquête de la Chine (même si là-bas le célèbre Big Mac de McDonald coûte quatre fois plus cher qu'un bol de nouilles.)
        La  Nefast-food gagne du terrain chaque jourbouleversant les habitudes alimentaires locales, suivant la voie tracée par la mondialisation galopante, l'américanisation des affaires, des moeurs comme des goûts, brisant les résistances par sa modernité provocante, favorisant une consommation effrénée de bidoche et un avenir en XXL...
     Qu'est-ce qui ressemble plus à un Mc Do? Un autre Mc Do...
Même forme, mêmes produits, même composition (à quelques variantes locales près). Cela va jusqu'au calibrage des frites.
La répétition planétaire d'un même truc-à-manger. Vite.
   Standardisation, taylorisation de la production, homogénéisation, rapidité....ça se passe comme ça chez McD!  Comme ça aussi...
Produit qui ne pouvait venir que d'un pays sans histoire culinaire, où la gastronomie était inconnue, où la "fordisation" du travail comme des comportements poussaient à la vitesse, à l'efficacité, à la production de masse.
    Phénomène mimétique qui touche toute production aussi bien matérielle que culturelle (les jeux, les feuilletons télévisés...), modifie le goût, les modèles de vie, le sens esthétique...la vision du monde.
       La fast-food nation a conquis les papilles et les esprits. So fun, la bouffe-en-kit! Soft Power.
Le dé-goût s'installe sans en avoir l'air, dès l'enfance, par mimétisme inconscient de l'american way of life, même si certains font de la résistance à la junkfood.  
       C'est un grand agrément que la diversité.
       Nous sommes bien comme nous sommes.
       Donnez le même esprit aux hommes,
       Vous ôtez tout le sel de la société ;
       L'ennui naquit un jour de l'uniformité
.(  La Motte-Houdar)


                   Selon Wikipédia« McDonaldisation » est un terme employé par le sociologue américain George Ritzer dans son livre McDonaldization of Society (1991) pour désigner la prise d'une société des caractéristiques d'un restaurant rapide... Ritzer voit la restauration rapide comme devenu le paradigme de représentation contemporaine.
Alternativement, la « McDonaldisation » peut se rapporter au remplacement des restaurants traditionnels par des restaurants McDonald's.
 Ritzer détermine cinq composants principaux de la « McDonaldisation » :
            1)Efficience: trouver la méthode optimale pour accomplir une tâche (organisation scientifique du travail) ___2)Quantification: l''objectif doit être quantifiable (par exemple en termes de chiffre d'affaires) plutôt que subjectif ____    3)Contrôle: des employés « normalisés », et remplacement des employés par des technologies non-humaines _____4)Culture: dans le processus de standardisation, une hybridation culturelle se produit. Quand McDonald's s'installe dans un nouveau pays, les habitudes des consommateurs sont standardisées et, commençant par la chaine alimentaire, les cultures locales sont occidentalisées. Avec ces cinq processus, une stratégie apparemment raisonnable selon un point de vue peut mener à des résultats nocifs ou irrationnels. Ainsi, le processus de McDonaldisation peut être récapitulé comme suit : « Les principes du restaurant rapide parviennent à dominer de plus en plus de secteurs de la société américaine aussi bien que du reste du monde. »
      On peut voir la  McDonaldisation comme l'essence même du capitalisme
                     " Le processus d’américanisation défini par Georges Ritzer comme « la diffusion des idées, des coutumes, des habitudes sociales, de l’industrie et du capital américains dans le monde » voit dans la McDonaldisation son exemple le plus significatif. Pour le sociologue étatsunien, le principe du fast-food est amené à dominer des secteurs de plus en plus larges de la société, aux États-Unis et dans le reste du monde. C’est donc un processus profond et de grande envergure rendu possible par la reproductibilité des principes d’efficacité, de calculabilité, de prédictibilité et de contrôle. En ce sens, les machines tendent de plus en plus à remplacer l’être humain, et quand ce n’est pas possible, c’est l’homme lui-même, piégé par sa routine, qui peut devenir une machine. Cette métamorphose incarne l’essence du capitalisme : le passage du stade d’être vivant à celui de producteur, de consommateur et de marchandise. La déshumanisation signe, entre autres choses, la rupture définitive avec la planète, vue par les multinationales comme un énorme territoire à piller en vue d’accroître leurs propres richesses. L’équilibre terrestre, cette subtile et fragile harmonie, est ainsi régulièrement mis à mal par les intérêts financiers de quelques sociétés. La variété cède alors le pas à la globalisation, qui consiste à rendre les choses toujours plus égales à l’échelle mondiale...
     La macdonaldisation est un impérialisme, soft mais efficace, une entreprise à dé-goûter, une machine à désapprendre ce qui est bon, varié, diversifié, sain...
       Le nivellement par le bas, le médiocre, continue... 
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Distiller le doute

Publié le par Jean-Etienne ZEN



                                                                                      [Note de lecture]

          ... Pour répondre aux critiques. 
                                   Une désinformation  plus ou moins subtile.
       La science, avec ses incertitudes, ses imperfections et ses limites n'est pas en cause.
   Seuls le sont, dans certains domaines, certains scientifiques et vulgarisateurs  qui peuvent se faire propagandistes de puissants intérêts industriels. La savoir et lelobbying ne sont pas toujours en adéquation...
       De l'art de biaiser et de nier les évidences  
            Au cours des dernières décennies, la science s’est transformée, à plusieurs reprises, en un instrument à double tranchant. D’un côté, elle sert à éclairer l’humanité sur le fonctionnement de notre univers et sur celui de notre corps. D’un autre, elle se met parfois au service de causes qui n’ont rien de scientifique. On a ainsi vu des chercheurs s’opposer aux résultats des travaux démontrant les dangers du tabac ou du DDT, établissant la réalité du trou d'ozone ou alertant sur les dégâts des pluies acides sur l’environnement. Aujourd’hui, certains scientifiques contestent la responsabilité des activités de l’homme dans le réchauffement climatique, voire la réalité même de ce réchauffement. Ils sont soupçonnés de servir, eux aussi, des intérêts économiques qui s’accommodent mal des contraintes dues à la limitation des rejets de CO2 dans l’atmosphère.
           Telle est la thèse d’une historienne américaine des sciences de la Terre, Naomi Oreskes, professeur à l’université de Californie, qui vient de publier en France son livre intitulé Les "marchands de doute" , coécrit avec Erik Conway, historien des sciences au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa. Des années d’enquête leurs ont été nécessaires pour reconstituer le fil de ces débats en apparence scientifiques mais qui masquent le lobbying orchestré par de puissantes entreprises ou des secteurs industriels. Si ces affaires sont complexes et délicates à débrouiller, c’est bien parce que les lobbys instrumentalisent des scientifiques pour défendre leurs thèses. Pour atteindre leur objectif, c'est-à-dire souvent une absence de réglementation contraignante et coûteuse pour leur activité, les lobbys ont besoin des médias. Et Naomi Oreskes n’épargne guère la presse ni les journalistes accusés de complicité.
    Comment la science s’est-elle laissée pervertir par les intérêts économiques et financiers depuis une cinquantaine d’années ?Quels sont les coupables ? Les scientifiques, les journalistes, les hommes politiques ?Comment détecter les impostures scientifiques et organiser des débats publics qui échappent aux pressions des lobbys ?Comment rétablir une indépendance des chercheurs mais aussi des journalistes pour éviter que ne se reproduisent des situations dans lesquelles les marchands de doute parviennent à leur fin sans, pour autant, éliminer le doute qui constitue l’un des moteurs de la recherche ?
    ___ Cela vaut dans de multiples domaines: 
 En économie (comme ici) 
* Dans l’industrie du tabac (ou de l'amiante)
* A propos du trou dans la couche d’ozone 
* Au sujet du  réchauffement climatique (en plusieurs périodes) 
* En ce qui concerne les pluies acides; la tentative de réhabilitation du DDT, la « Guerre des étoiles », etc... 
                                    Qui doit-on écouter pour se forger un jugement?
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    On peut lire aussi avec profit: 24h sous influences, de Roger Lenglet, La fabrique du mensonge, de Stéphane Foucart, ou Le monde selon Monsanto de M. Robin.

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...Son esprit s'échappa vers le labyrinthe de la double pensée. Connaître et en pas connaître; en pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement construits; retenir simultanément deux opinions qui s'annulent alors qu'on les sait contradictoires et croire à toutes les deux; employer la logique contre la logique; répudier la morale alors qu'on se réclame d'elle..." (Orwell 1984)
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Le retour des druides?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Où va la médecine?  
                         Elle ne va pas bien       
                                               Comme l'hôpital, qui mériterait des soins urgents.
       Même si la médecine change sous nos yeux, le livre et le film La Maladie de Sachs conserve une certaine actualité. L'oeuvre nous questionne avec finesse sur le problème de la santé et sur la pratique et le vécu du médecin.
   Le film Médecin de campagne avec F.Cluzet, humain et émouvant, décrit une situation qui est en voie de disparition dans le monde rural, mais pas seulement.
     On embauche. Les médecins généralistes deviennent une espèce en voie de raréfaction dans nos campagnes, dans nos régions et dans certaines de nos villes.
   En Picardie, c'est la cata.
     Je connais un médecin souvent stressé, refusant de nouveaux patients, qui en est venu à réduire la visite  en moyenne  à 10m. Avec ça, on est sûr de passer à côté de problèmes importants. La parole est limitée, l'ordinateur fait l'essentiel, l'imprimante est là pour cracher à peu près toujours la même prescription. Ouf! Ça fera 25 euros...A peine le temps de se rhabiller. Au revoir docteur!..Suivant!
  Il y a trois fois plus de coiffeurs que de docteurs. Deux fois plus d'agences bancaires..Bonjour les priorités! Mieux vaut soigner son porte-monnaie que sa prostate.
   Les patients patientent impatiemment.
       Et ça ne va pas s'arranger. Pas de vraie solution en vue. Surtout pour les personnes âgées en constant développement et peu mobiles. Il leur faudra beaucoup prier en attendant le toubib qui ne vient pas ou qui est trop loin. Et l'on s'étonne que les urgences soient débordées. Un cercle vicieux.
        Pourquoi ne pas mobiliser les vétérinaires?
            Qui soigne un boeuf soigne une...meuf. 
    Pourquoi ne pas faire appel aux  guérisseurs, aux exorciseurs, aux pasteurs, aux bonimenteurs...?
          Un druide est déjà opérationnel au pays d'Astérix.
  On attend toujours la potion magique.
     La télémédecine et l'automédication au berceau ne suffiront pas.
                        Sanctus Numerus clausus! priez pour nous...
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Le ver est dans le choux...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

...De Bruxelles         (depuis un moment...)
                     Il y a quelque chose de pourri au royaume Conseil. 
           Main sur le coeur, ils se disaient désintéressés, incorruptibles, dévouées à l'idéal européen dans sa pureté originelle..
    Et qu'est-ce qu'on apprend?
           On dit que c'est par la tête que le poisson pourrit.
    Super Mario, pris le doigt dans la confiture, a déclenché un "certain malaise" au sein des institutions, pour ne pas dire plus
    Toujours prêt à rendre service, il s'était laissé séduire par les sirènes de la méga-banque Goldman Sachs. Une belle reconversion, moyennant un carnet d'adresses super-intéressant,
    Il avait déjà  fait les yeux doux aux multinationales qui arpentaient les couloirs de son bureau et des commissions.
    Il faut dire qu'il était allé à bonne école.
       Mais voilà qu'on apprend aussi que Mme Kroes avait un double emploi et est allée voir des employeurs plus rémunérateurs. On sait que les hauts-fonctionnaires européens sont mal payés.
       Passer sans sourciller du service politique public aux affaires bien privées est devenu pratique courante, pas seulement dans la capitale belge, quoiqu'en dise J.Quatremer.
   Le conflit d'intérêt semble ne pas poser de problèmes aux consciences, d'autant plus émoussées que l'ambition et la cupidité les ont gagnées. 
        Un nombre croissant de commissaires acceptent des postes dans le secteur privé après leur mandat, ce qui soulève des questions sur les liens étroits entre la politique et le monde des affaires.
   Un tiers (9 sur 27) des commissaires européens dont le mandat a pris fin en octobre 2014, travaillaient un an plus tard pour des entreprises privées, où ils cumulaient entre eux … 98 mandats, soit une moyenne de 10,8 par personne. C’est la conclusion d’une étude du Corporate Europe Observatory ONG (CEO), publiée en octobre 2015.
     Le Comité d’ éthique de l’UE n’avait averti de ces nominations que dans seulement 37 de ces 98 cas. Pourtant, l’UE  émet rarement des objections. Elle n’en a formulé aucune dans le cas de ces 37 notifications, et ne s’est pas manifestée davantage lorsque l’ancien commissaire européen à l’environnement, le Slovène Janez Potočnik, est devenu président du Forum pour l’avenir de l’agriculture, un événement fondé entre autres par la société agrochimique Syngenta.
      Ben ma foi! Où est le mal? Business first! C'est ainsi que Tony Blair, par des conversions réussies, a pu faire quelques modestes économies pour assurer ses vieux jours.
    On le voit, dans les couloirs , les lobbies font la queue, souvent avec succès, juste pour donner quelques conseils...
         On appelle cela conflits d'intérêts.
   Certains parleront de trahison des élites comme M.Jennar, ancien fonctionnaire européen,
     Et après, on dira que l'Europe est injustement considérée, et Mr Junker, longtemps à le tête d'un petit paradis, ira se plaindre que le bateau prend eau..
       C'est plus qu'un tournant qui est nécess

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Retraites (suite...sans fin?)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Chantier titanesque sur terrain miné
                                                     En aura-t-on jamais fini avec un dossier que l'on dit un jour clos, un problème enfin réglé, et la perpétuelle remise sur le chantier d'un des sujets les plus polémiques qui soit? Depuis longtemps.
     Remettre un peu plus d'égalité là où elle ne règne guère, pas seulement au niveau des rémunérations, mais aussi des patrimoines et, on l'oublie trop souvent, de la pénibilité du travail et de l'espérance de vie qui en est la conséquence. Sans parler de la question de la précarité qui touche de plus en plus d' emplois, rendant l'espérance d'une retraite à taux plein problématique. Les retraités pauvres existent déjà.

    Si la stricte justice est jugée impossible, un minimum d'équité reste encore à trouver.
   Mais une telle remise à plat demande qu'on ne la mène pas en catimini et en cercle restreint, avec la volonté d'en finir au plus vite. En finir n'a d'ailleurs aucun sens, quand les projections économiques sont si indéterminées. Le présent est aveugle aux mutations futures, qui peuvent changer radicalement la donne.
   Cette réforme se fait d'ailleurs en catimini, avec des effets d'annonce peu cohérents et des fuites qui semblent parfois se contredire. Pour neutraliser toute contestation et éviter l'échec?
   Pour mener un telle réforme himalayesque, ce ne peut être à marche forcée et de manière biaisée, voire hypocrite, avec un double langage, comme disent certains observateurs.
   Le non-dit est malsain et l'implicite entretient la suspicion.      ...Le Financial Times ne s’y est pas trompé, en publiant, la semaine dernière, un article qui conclut qu’Emmanuel Macron propose de passer l’âge de la retraite à 64 ans. Ce message-là, les investisseurs anglo-saxons l’ont parfaitement compris et les Français vont aussi le comprendre. Il faut que le gouvernement l’assume : on ne peut pas faire une réforme basée sur l’hypocrisie du langage.  Le thème de la pénibilité n’est pas du tout pris en compte dans le rapport Delevoye. Or, c’est un problème majeur. Un ouvrier dans le bâtiment ou dans la sidérurgie n’a pas la même espérance de vie qu’un cadre supérieur. Le seul moyen de compenser cet état de fait, c’est de donner des points gratuits de retraite et non d’imposer à tous 64 ans comme âge de départ. Là non plus, il ne faut pas tourner autour du pot....
      De plus, la valeur du point n'est pas déterminée ou reste dans le flou total. Le débat n'est pas transparent. Il règne ou l'on fait régner un climat d'indécision, lié à une opacité entretenue, qui en fait bafouiller plus d'un(e). Lastratégie est de repousser les droits à la retraite le plus tard possible, sans tenir compte de la pénibilité du travail accompli, qui conditionne l'espérance de vie.
  Le gouvernement marche sur des oeufs concernant ce sujet brûlant, qui ne réclame pas l'urgence absolue, vu le temps perdu depuis des années en vaines palabres et mesurettes mineures.
  Le problème se repose avec des perspectives embrouillées à souhait.
 Certes, il est ancien et complexe. Raison de plus pour avancer avec prudence et de se hâter...lentement, pour trouver un compromis acceptable.
     Un chantier lourd d'ambiguïtés et de risques.
        On risque de retomber dans beaucoup d'erreurs du passé.
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Points d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

        Dans sa dernière livraison, l'excellente revue historique numérique Herodote.net  nous ouvre trois dossiers passionnants:
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____ L'un sur Alexandre le Grand (356 av. J.-C. - 323 av. J.-C.), un conquérant de légende.
                       (Par delà les mythes)

____ L'autre sur l'important traité de Nankin, qui  met fin à la guerre de l'opium 

                     Sir Thomas Staunton déclare à ses collègues députés::
     « Avons-nous contrevenu aux lois internationales en pratiquant le commerce de l'opium ? Non : quand le vice-roi de Canton utilise son propre navire pour le trafic de la drogue, nul ne doit s'étonner que les étrangers en fassent autant [il renverse l'ordre des choses : c'est parce que les Anglais ont introduit la drogue en Chine que des commerçants locaux ont pu s'enrichir avec son trafic] ».
      « Pékin a le droit de durcir les mesures judiciaires qui répriment le trafic d'opium. Mais peut-il brutalement condamner à mort des étrangers [il prend pour argent comptant les récriminations des commerçants anglais de Canton], quand la peine la plus élevée était jusque-là l'interdiction de commercer, ou, au pire, l'expulsion ? Cette rétroactivité est une atteinte intolérable au droit des gens. Les Chinois voudraient traiter les sujets britanniques comme ils traitent leurs sujets en rébellion - au fil de l'épée. Prenons garde ! La considération que nous perdrions en Chine, nous ne serions pas longs à la perdre en Inde et, de proche en proche, sur toute la Terre ! La guerre qui se prépare est une guerre mondiale. Elle aura, selon son issue, des répercussions incalculables, diamétralement opposées selon son résultat. Nous n'avons pas le droit de l'engager, si nous devons la perdre. Mais nous n'avons pas le droit d'y renoncer, si nous devons la gagner (...). »
   « Je considère, quoiqu'avec regret, que cette guerre est juste et qu'elle est devenue nécessaire » 
                  L'opposant libéral (whig) William Gladstone déclare, quant à lui : « Une guerre plus injuste dans son origine, une guerre plus calculée pour couvrir notre pays d'un déshonneur permanent, je n'en connais pas dans toute l'histoire. Le drapeau britannique, qui flotte fièrement sur Canton, n'est hissé que pour protéger un trafic infâme » 
________________________________

 

____ Le troisième sur l'histoire et la vie actuelle de la plus grande tribu d'Amérique - L'étonnante démocratie des Navajos  
    Un Etat dans l'Etat 

 


(Photos personnelles_ Cliquez pour agrandir)________________________________

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En bref

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

- Un missionnaire de Dieu, comme Trump.

- Soyez raisonnables, messieurs les délinquants.

- Riches aux anges.

- Ça m'en bouche un coin.

Dîners de Rugy Macron.

- Il encourage la déforestation, mais le nie.

Flamanville: fiasco national?
                                      Flamanville: pour la saint Glinglin?.
                          Depuis plusieurs années, on se pose des questions: Flamanville: la fin d'un long tunnel ? la sortie du fiasco?  Et en Finlande? ...
                       Le nucléaire en question, pendant et après Areva. Une histoire sans fin?
         Perte de compétences.   Le métier se perd...

 

En bref...Le doute s'installe.
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Deutsche Bank

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Cela ne s'est pas amélioré...loin de là)

 

 Sueurs froides pour Angela Merkel
                                                         Qui se trouve comme dans une nasse.
    Mais qui ne veut pas intervenir pour l'instant.  
     Mais ce sont aussi les marchés financiers, les banques, toutes  interconnectées, qui se font du souci. 
        Cela fait quelque temps...Même si elle n'est pas la seule.
 C'est un appel au secours: Deutsche-Bank-Chef Cryan ruft um Hilfe
 __ La Deutsche Banktoo big to failtoo big to jail et too big to help, est en effet dans le collimateur:
___" Deutsche Bank est l’exemple le plus criant : selon son rapport annuel, la fraction de ses activités concernant l’économie réelle (prêts à des entreprises, des ménages ou des Etats) représentait 18 % seulement de son bilan total, soit une partie très modeste. Cela veut dire que la Deutsche Bank est une sorte de hedge fund camouflé en banque de détail !"
        A l'heure où l'horizon financier s'assombrit. 
              La politique allemande de stabilité est le ressort principal de ce phénomène, outre les pratiques douteuses de l'institution financière:
    ...C'est toute l'ambiguïté du rapport allemand à l'Europe. D'un côté, la volonté affichée de transmettre à l'ensemble de la zone euro, la Stabilitätskultur, la « culture de stabilité » dont la presse conservatrice d'outre-Rhin ne cesse de regretter l'absence au sud du continent. Et de l'autre, cette culture a précisément donné naissance à des monstres financiers qui, régulièrement, mettent en péril régulièrement l'économie européenne. Car Deutsche Bank n'est pas un cas isolé : le secteur financier allemand - et européen qui dépend aussi de cet excédent - est un colosse aux pieds d'argile, et ce fait est en grande partie le fruit du modèle économique allemand dit de « stabilité. » Qu'est-ce donc que cette « culture de la stabilité » ? Elle repose principalement sur une inflation contenue, clé pour une croissance réduite des salaires. Ceci induit une demande intérieure faible et une amélioration de la compétitivité externe qui favorise la croissance des exportations. Autrement dit, la « culture de stabilité » se traduit dans les faits par une explosion des excédents commerciaux et des excédents courants. Car tout réemploi de ces excédents dans la demande intérieure risque de stimuler la demande intérieure, donc l'inflation. Ce modèle génère donc mécaniquement des excédents considérables. Aussi peut-on constater que l'application de ce modèle à la zone euro a conduit cette dernière à augmenter de 10 milliards d'euros l'excédent courant de l'union monétaire qui atteint désormais 3 % de son PIB 
     Merkel refuse de payer.  Mais le risque est là:
               Si l'on en croit Zero Hedge, dans un article du 21 Septembre sur Veritaseum, Reggie Middleton, dans une analyse sur l’ effort de recapitalisation probable de Deutsche Bank , tout en demandant un renflouement (Bail out) par les contribuables ou un Bail-in par les Déposantallemands

    Middleton a noté que la Deutsche Bank a plus de $ 2.5 billions de dollars en exposition aux dérivés auquels elle fera face cette année. (Les € 42 billions de dérivés (notionnels) connus à la Deutsche Bank restent sous une pression sévère. Sa capitalisation boursière est de 17 milliards $)
   Le 23 Avril, la Deutsche Bank a été condamnée à une amende de 2,5 milliards $ par rapport au trucage des taux LIBOR. 
   Le 16 Septembre, le département américain de la Justice a mis une amende de $ 14 milliards à la Deutsche Bank  pour fraude en valeurs mobilières hypothécaires menant à la crise mondiale de 2007-2009.
   Aujourd’hui, la chancelière allemande Angela Merkel a exclu toute Assistance (bail in ou bail out) pourla Deutsche Bank .
          Quelques questions se posent :
  1. Quelle est l’exposition de Deutsch Bank à l’effondrement du système bancaire italien ?
  2. Quelle est l’exposition de Deutsch Bank à d’autres banques européennes en difficulté ?
  3. Est ce que Deutsch Bank se prépare pour une avalanche d’accusations de fraude sur ses produits dérivés sur l’or ?
  4. Si un bail-in des déposants ne vient pas, comment Deutsche banque peut payer les amendes maintenant que Merkel a exclu les aides d’État?______________
  5. Un grand corps malade  pour Mediapart:
  6.       ...L’Allemagne refuse d’être le garant en dernier ressort du géant financier. Dimanche, le magazine allemand Focus rapportait qu’Angela Merkel excluait toute aide du gouvernement allemand pour renflouer la Deutsche Bank. La perspective que Berlin pourrait ne pas aider sa principale banque, en difficulté, a déclenché une déroute sur les marchés. Lundi, le cours de la Deutsche Bank a chuté de 6,9 %, tombant à son plus bas niveau depuis 21 ans. Mardi, la banque a recommencé son parcours boursier chaotique, baissant encore de plus de 2 % dans la séance avant de se reprendre. La barre  symbolique des 10 euros est désormais le test pour les marchés.En un an, la Deutsche Bank a vu son cours chuter de plus de 56 %. Sa capitalisation boursière du géant allemand est désormais à peine de 14,5 milliards d’euros, deux fois moins que celle d’Uber, alors que son bilan (1 600 milliards d’euros) représente plus de la moitié du PIB allemand...
  7.  Depuis, les responsables de la Deutsche Bank tentent de calmer les esprits, démentant toute réunion avec le gouvernement. La banque, menacée par une amende record de 14 milliards de dollars (12,5 milliards d’euros) par la justice américaine, est en capacité de faire face seule et n’a pas besoin de l’aide de l’État, assurait un porte-parole de la banque. Sans réellement convaincre.La confidence de la chancelière faite à Focus avait pour but de mettre un terme aux rumeurs qui agitent Berlin depuis l’annonce de l’amende record réclamée par la justice américaine. Si les responsables politiques n’ont officiellement pas réagi à cette information, en coulisses, ils ne parlent que de cela. Les scénarios s’échafaudent pour imaginer les moyens de secourir la Deutsche Bank, si nécessaire, comme sur la façon de répondre aux États-Unis à ce qui est clairement perçu comme une mesure de rétorsion :  beaucoup analysent les 14 milliards de sanctions imposés à la banque allemande comme une réponse aux 13 milliards réclamés à Apple, poursuivi pour évasion fiscale par la Commission européenne.
    Lundi, Hans Michelbach, un des responsables de la CDU, proche d’Angela Merkel, tentait de préciser la ligne arrêtée par la chancelière. « Il est inimaginable que nous aidions la Deutsche Bank avec l’argent des contribuables. Cela serait un tollé public. Le personnel politique perdrait toute crédibilité si le gouvernement franchissait cette ligne. » Avant d’ajouter : « Vous ne pouvez pas comparer la Deutsche Bank à Lehman Brothers. La banque est en position de faire face à la situation par ses propres moyens. » 
    Justement si. Cela fait des mois que des observateurs financiers comparent la trajectoire de la Deutsche Bank à Lehman Brothers, symbole de la crise financière de 2008, en se
     © zero hedge© zero hedge
    demandant si le géant allemand ne va pas être à l’origine d’une nouvelle crise. Le refus affiché du gouvernement allemand d’aider la banque renforce encore la comparaison : en 2008, le gouvernement américain aussi avait refusé, au nom de l’aléa moral, de se porter au secours de Lehman Brothers, estimant que le système était suffisamment résistant pour faire face à une faillite bancaire. On connaît la suite.L’histoire se répète rarement. Les menaces que fait peser la Deutsche Bank sur le système financier international, n’en sont pas moins réelles. Le géant bancaire allemand est devenu le grand corps malade de la finance mondiale : à la fois too big to fail, too big to jail et too big to help. Il illustre toutes les dérives passées mais aussi la faiblesse de tous les remèdes imaginés depuis la crise de 2008, comme les contradictions des politiques européennes....
  8.    
    Les poursuites engagées par le département américain de la justice relèvent d’une vieille affaire, celle des subprimes. La Deutsche Bank se voit reprocher d’avoir trompé ses clients en leur vendant des produits titrisés [residential mortgage backed security (RMBS)], adossés à des créances immobilières à la qualité douteuse, voire totalement pourries entre 2005 et 2007. Dans son livre The Big Short, Michael Lewis avait longuement décrit les dérives de la finance qui allaient mener à la crise des subprimes. Goldman Sachs et la Deutsche Bank y menaient la danse : elles étaient à l’initiative de pratiquement tous les produits que le monde allait découvrir avec stupéfaction en 2008.
    Mais il a fallu attendre de nombreuses années avant que les régulateurs imposent des sanctions. Après avoir infligé une amende de 13 milliards de dollars à JPMorgan en 2013 puis de 16,6 milliards de dollars à la Bank of America en 2014, les régulateurs ont transigé avec Goldman Sachs en lui imposant 5 milliards de dollars en janvier 2016. Et le tour de la Deutsche Bank est arrivé.
          Dans ses comptes 2015, la banque allemande a bien anticipé la menace de poursuites judiciaires : elle a provisionné 5,4 milliards d’euros pour les amendes éventuelles. La somme est bien insuffisante pour faire face à l’amende évoquée par la justice américaine. Surtout, ces provisions étaient destinées à faire face à toutes les actions judiciaires et litiges pendants : il y en a plus de 6 000. Au cours de ces deux dernières années, elle a déjà versé plus de 11 milliards de dollars d’amendes et de pénalités pour éteindre une partie des poursuites....Prêts toxiques, évasion fiscale, manipulation du Libor, manipulation sur le marché des changes et des matières premièreres
  9. Le nom de la Deutsche Bank a été associé à tous les scandales financiers révélés après la crise de 2008.    La Deutsche Skandal-Bank titrait l’hebdomadaire der Spiegel en décembre 2012, en menant une enquête au canon contre la banque et ses pratiques indignes.Officiellement, la banque n’a rien coûté aux contribuables allemands à l’inverse de certaines banques régionales mais elle a dirigé en sous-main une partie de la question grecque et européenne et a pesé, comme bien d’autres, pour que rien ne change dans la régulation. À Berlin, Angela Merkel regrette peut-être d’avoir été si compréhensive, d’avoir préféré laisser faire le temps plutôt que d’imposer un nettoyage en règle des bilans et une séparation des activités bancaires.
         Car les changements ont été menés avec beaucoup de circonspection. Le mythique président de la Deutsche Bank, le Suisse Josef Ackermann, qui propulsa la banque à la tête des géants financiers mondiaux en l’engageant dans toutes les aventures avouables et inavouables, en promettant des retours de 25 %, a dû quitter la présidence en 2013. Le duo qui lui a succédé, le Britannique Anshu Jain et Jürgen Fitschen, n’a pas tenu deux ans, emporté par les mauvais résultats et le scandale des bonus qu’ils s’étaient octroyés au même moment. 
          Le Britannique John Cryan qui a pris leur suite en 2015 est dans une position tout aussi inconfortable. Depuis son arrivée, il a supprimé plus de 9 000 emplois. Il a vendu ou arrêté les activités les plus dangereuses comme le trading pour compte propre ou sur les marchés des métaux et de l’électricité. Il tente de céder des filiales étrangères, en Chine et en Russie notamment. Mais il peine à redresser la barre. En 2015 la banque, pour la première fois de ses 146 ans d’existence, a accusé une perte de 6,7 milliards d’euros. Cette perte était liée en grande partie aux pénalités judiciaires passées et à venir. En juillet, sa filiale américaine n’a pas passé pour la deuxième fois les tests de résistance imposés par les régulateurs américains, l’obligeant à renoncer à verser un dividende à ses actionnaires.
         « Si la sanction imposée par le département américain de la justice dépasse les 4 milliards de dollars, la banque n’aura plus les fonds propres nécessaires et sera obligée de refaire une augmentation de capital », prévient une étude de Citi. « Il devrait être évident à tous les membres du Département américain de la justice que la Deutsche Bank ne peut supporter une amende de 14 milliards de dollars (...). Au-delà de 4 milliards, cela mettrait une pression sur ses fonds propres », analyse Lionel Laurent, éditorialiste chez Bloomberg. « Aussi curieux que cela paraisse, ce n’est pas une mauvaise position pour négocier pour la Deutsche Bank. Car c’est une des plus grandes banques européennes et une des institutions les plus systémiques », poursuit-il, rappelant ce que le monde financier sait mais que les autorités judiciaires américaines semblent avoir oublié : la Deutsche Bank peut se transformer en une grenade dégoupillée.
    La banque la plus systémique du monde
         D’ordinaire, le Fonds monétaire international (FMI) ne se prononce jamais sur la solidité d’une banque, laissant ce soin aux différents régulateurs. L’avertissement n’en a été que plus frappant. En juin, un rapport de l’institution internationale a passé en revue l’ensemble du secteur bancaire allemand. Ses conclusions ont frappé tous les esprits : la Deutsche Bank, selon lui, est la banque la plus systémique du monde, avant HSBC et Crédit suisse, en raison de sa taille, de ses métiers, et de ses interconnexions avec le reste du système financier international..             .Le risque est que la situation échappe à tout le monde, que le gouvernement allemand tarde à réagir. Les précédents de la crise grecque ne sont guère rassurants en ce domaine. Par dogmatisme et par calcul politique, Angela Merkel a temporisé tant et plus face à Athènes, jusqu’à ce que la zone euro dans son ensemble soit en danger. Cette crise, qui aurait pu être résolue avec une dizaine de milliards et une garantie de prêteur en dernier ressort, s’est soldée par l’effondrement d’un pays sans remède véritable, une zone euro mise à mal, et un rejet de l’Europe. Si les mêmes erreurs étaient refaites avec la Deutsche Bank, le coût en serait encore plus élevé. (Merci à Martine Orange_Mediapart)

 

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Mea culpa

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Il faut toujours reconnaître ses limites   (Bis repetita...)
           C'est libérateur    
                 Je suis souvent antirotondogyrateur. 
                 Même si je ne fais pas partie de la classe des abutyrotomofilogènes. 
Mais je ne fais pas dans l'apaléopithécoaneucéphalodidactisme systématique.
    Je suis même parfois orchidoclaste.   On me le reproche parfois.
Si vous me suivez... 
   Je ne suis pas non plus un cacoglotte. 
    Il m'arrive d'anticiper et de faire des hypothèses.
     Mais je ne veux pas anantéursucididermipoliser pour autant.
J'évite autant que possible d'être autoaudiologophile.
      Je fais ce que je peux mais je peux peu.
        Nobody is perfect! 
__________________________________

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