Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Dissoudre le peuple?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(C'était hier...)

 

 Qui aurait mal voté
                                                                                       [Pour parodier Brecht]
     Bonne nouvelle : Hillary Clinton a perdu.
         Mauvaise nouvelle : Donald Trump a gagné.
            Bonne nouvelle: La mondialisation financiarisée a (peut-être) perdu 
                Mauvaise nouvelle: rien de bon à attendre de l'América first.
                    Bonne nouvelle;: il ne sera sans doute pas en mesure de réaliser le quart de ce qu'il a dit.
                         Mauvaise nouvelle: les sondeurs se sont trumpés.
..


Sale coup pour l'establishment!...dont Donald fait partie.
                  Une surprise? Pas vraiment...Pas pour tous..
     Face à l'ouragan, pas totalement imprévisible, que dire?
         Tout le monde peut se tromper, mais à ce point!..
                .Rendez-vous dans cinq ans. Ou peut-être avant...
      Il faut dire que le choix n'était pas simple pour une majorité de déclassés et d'apeurés et que le discours (l'hameçon) anti-élitiste, pas toujours cohérent, a bien fonctionné, que la démagogie s'est donnée libre-cours, que les institutions désuètes ont marché comme avant, excluant les outsiders,  réduisant; grâce aux dollars, la compétition à un duel propice à tous les débordements, toutes les outrances.
    On peut faire appel à toutes les raisons qu'on veut , il y a quelque chose qui échappe dans le contexte de l'événement, de la crise profonde qui traverse le pays.
      Des causes très complexes et enchevêtrées ont joué, que les historiens du futur percevront mieux
     Un problème qui vient de loin
 The Donald a beau passer pour un clown et faire parfois assaut de démagogie, il représente bien l’Amérique profonde. S’il a été élu, c’est par rejet de Wall Street et des élites que représente trop Hillary Clinton. La classe moyenne lui donne sa chance pour ne pas finir de sombrer dans la pauvreté et tomber plus bas encore (13 % des américains bénéficient de bons d’achat alimentaires)
Car sous les dérapages verbaux contre les Homos, les femmes ou les latinos perce un programme : redonner du travail aux américains et rendre à leur pays sa puissance économique moribonde. Les Etats-Unis sont submergés de produits made in China et ne produisent plus rien. Sur place même, les immigrants font une concurrence aux Américains et tirent les salaires vers le bas !...
    Un événement inattendu pour beaucoup, mais pas forcément un séisme. 
             Wait and see.... Le tombeur d' Hillary mettra forcément du bourbon de l'eau dans son vin, pragmatisme, réalisme politique, diplomatie et économie obligent.
     Des promesses attendues par un certains nombre d'Américains, mais d'autres inquiétantes 
                  L'empire empire et le colosse a des pieds d'argile.
   Non, le peuple n'a pas toujours raison
      Même si le résultat des urnes ne peut être contesté
 Le pays de Washington n'est pas un modèle de démocratie et l'éducation citoyenne y reste à faire ainsi qu'une information digne de ce nom.
                    __ L'anti-intellectualisme fait des ravages dans la vie américaine, au grand désespoir des plus éclairés. Et Trump le revendique au nom du "bon sens". Et cela est peut être le plus inquiétant.
_____________________

Partager cet article
Repost0

Grèce: le rebond?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Convalescence?
                              On a dit que la Grèce irait mieux.
      Après l'avoir déclarée mourante, puis en réanimation, après le diktat de Bruxelles.
  Elle était coupable, elle devait payer. Rembourser surtout les banques. Surtout pour servir d'exemple, aux yeux de Schlaüble, de Berlin surtout.

    C'était plus facile avec ce petit pays qu'avec d'autres, qui pourtant laissaient filer leurs dettes et continuent à le faire, défiant le fameux tabou des 3%.
  Du moins il semblerait, que les affaires reprennent, que Athènes commence à sortir la tête de l' eau, répète-t-on surtout à Bruxelles, Par la voix de M.Moscovici.
  Peut-être un peu. Mais pour qui? Et dans quelles conditions?
     Les banquiers et les firmes du tourisme ont lieu de se réjouir, mais la plupart des Grecs ne voient pas de changements. C'est à dire la grande majorité des gens.
   A qui profite le fameux retour sur les marchés?
 La politique plus qu'ambiguë de Tsipras a fini par conduire le pays, le peuple plus que frustré dans les  bras de l'extrême droite, qui ne va certainement pas faire dans le social et réparer les dégâts, économiques, sanitaires et autres...
  A droite toute! maintenant. Ce qui va rassurer les marchés internationaux et accélérer les privatisations déjà entamées.
  La droite dure a les mains libres pour un programme dont on n'est sûr qu'il ne va pas profiter à la grande masse des défavorisés, mais plutôt aux marchés.
 Rien de bien engageant, comme on peut s'y attendre.
   Giscard ne se mord toujours pas les doigts d'avoir amené la Grèce, contre de nombreux avis, dans l'aventure européenne , qu'il promettait radieuse pour le pays de Socrate.
 La tragique aventure hellène  n'est pas terminée...                     
                                         ___________________________________________

Partager cet article
Repost0

Nos zémirs zadorés

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Des amis (in)fréquentables
                                             Qui s'y frotte s'y pique...                                                                    [ Notes de lecture]
                                                Deux journalistes mettent les pieds dans le plat.
       Sans toutefois casser la baraque, comme il leur est reproché par des personnalités mises en cause.
     Malgré les bonnes affaires, les marchés juteux, le rapprochement de l'Etat français et de certains pays du Golfe ne sont pas sans ambigüités et sans conséquences.
   Les gros contrats, surtout militaires, sont bons pour nos affaires, quel que soit l'usage éventuel du matériel vendu (et parfois revendu)
   Quitte à oublier les Droits de l'homme et à oser des convergences aventureuses sur le conflit syrien.
   Quitte à fermer les yeux sur l'influence exportatrice du wahhabisme, aux puissants moyens, dans les pays travaillés par les formes de radicalisation et d'intégrisme mortifère
    Mais les langues se délient, les dénégations aussi.
  Des honneurs exceptionnels furent même rendus et des renvois d'ascenseurs contestés ne manquent pas de se faire jour..
   Une diplomatie française sous influence, jugent les auteurs
      Aujourd'hui, il existe un axe entre Paris et Riyad. La France est le bénéficiaire involontaire des relations de plus en plus difficiles entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis », analyse l’historien Jean-Paul Burdy, maître de conférences à Sciences Po Grenoble.
   L’alliance entre le Royaume et les Etats-Unis reste d’actualité, mais les Saoudiens ne digèrent pas le bilan de l’administration Obama dans la région. La liste des reproches est longue, qu’il s’agisse des efforts américains pour conclure l’accord nucléaire avec l’Iran, de la volte-face syrienne de Washington qui a renoncé à frapper le régime de Bachar el-Assad en 2013 ou du lâchage du président égyptien Hosni Moubarak en 2011.
       Sur cette relation américano-saoudienne distendue, la France joue donc sa partition, d’autant que les sujets de convergence ne manquent pas. A propos de la Syrie, Paris et Riyad s’affichent dans le camp de ceux qui refusent aujourd’hui tout compromis avec Bachar el-Assad. A Riyad, on se souvient aussi de la fermeté de la France dans les négociations sur le nucléaire iranien. Cette entente s’exprime également à propos du Yémen, de l’Irak ou encore du Liban. Car depuis l’accession au pouvoir du roi Salman cette année, la priorité de l’Arabie saoudite est clairement réaffirmée : il s’agit de lutter sur tous les terrains contre l’Iran et ses alliés.
     La convergence franco-saoudienne « peut poser des problèmes, selon l’ancien diplomate français Denis Bauchard, car dans le grand affrontement entre sunnites et chiites et par delà entre l’Arabie saoudite et l’Iran, la France peut donner l’impression d’avoir choisi son camp ». Aujourd’hui conseiller spécial sur le Moyen-Orient à l’IFRI, Denis Bauchard ajoute : « C’est un peu contraire à la tradition politique française qui a toujours évité de prendre un parti trop net dans ces affrontements. Même si les relations avec l’Iran ont parfois été très difficiles, il n’y a jamais eu autant le sentiment que l’on se ralliait au camp sunnite. »
     Le Qatar s'intéresse beaucoup à nos affaires pour faire les siennes...
         Le problème est qu' une certaine élite française a pris l'habitude d'avoir ses entrées à Ryiad ou à Doha. Donnant donnant. les petits cadeaux entretiennent l'amitié.
     Et la France se qatarise peu à peu.
           Problème d'influence et d'intérêts à courte vue.
   Alors que l'Arabie saoudite est largement responsable des événements syriens et du développement monstrueux de Daesh, qui ne manque pas de financement et de matériel, même si les Américains ont préparé le terrain de la dislocation fatale et si les enjeux pétroliers ont joué un rôle non avoué..        
    Comme le disent les auteurs, les dirigeants français n'ignoraient rien ou presque du jeu saoudo-qararien en Syrie, mais celui-ci paraissait marginal par rapport à l'objectif de faire chuter Assad.bien que des diplomates avaient mis en garde  le ministre Laurent Fabius.
   Sans remonter trop en amont, les accords pétroliers avec les USA en 1945 ont créé les conditions d'une puissance et de relations qui ne furent  pas seulement financières.
Et les relations incestueuses furent d'abord le fait des USA,  quand les djihadistes étaient leurs amis,
comme l'avouait Hillary Clinton.
_____________________

Partager cet article
Repost0

Blanquerisation discutée

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Encore une réforme...
                        Les ministres se suivent rue de Grenelle et ne se ressemblent pas.
                            Enfin, pas tout à fait.
   Chacun croit de son devoir de s'atteler à "LA" réforme d'un système scolaire jugé toujours défaillant et de marquer de son empreinte le quinquennat qui passe, le plus vite possible,  même si le chantier est inabouti ou sombre vite dans une nouvelle refonte.
   Depuis les années Giscard, l'école subit des réformes successives, dont la rapidité et l'absence de continuité et de cohérence déconcertent plus d'un enseignant et plus d'un parent. Mais sans que sur le fond les choses changent beaucoup. Les finalités essentielles de la scolarité se perdent un peu plus dans le flou ou le brouillard.
       Qu'est-ce qu'apprendre? comment le faire au mieux pour tous, pour en faire des êtres plus libres et des citoyens éclairés et critiques. Depuis Condorcet, c'est le coeur nucléaire du système, qu'on dirait souvent  oublié dans les faits.. Pragmatisme, adaptabilité et recettes pédagogiques sont de plus en plus l'objet de discussions prioritaires et interminables. La forme masque de plus le fond.

    D'une école ouverte sur la vie, on est passé à une sorte d'école à la carte, où l'apprentissage "autonome" et ludique finit par primer sur l'instruction (mot banni aujourd'hui), où l'évaluation devient opaque, où le savoir n'est que peu valorisé pour lui-même (on en voit les conséquences), l'élève étant de plus en plus au centre du système, où les enseignants sont priés d'être surtout des accompagnateurs toujours bienveillants (nouveau concept cache-misère), où les maîtres (ah, le vilain mot!) doivent être d'une indulgence sans limites.
   Cette tendance se poursuit, malgré les critiques peu audibles. Même partielles. Beaucoup d'enseignants sont devenus fatalistes au cours des ans, un grand nombre ayant perdu la flamme. La succession des réformes, parfois sans cohérence ni continuité. a usé parfois les plus motivés. 
    La "révolution" en cours les inquiète justement et l'avenir de la réforme est tout sauf claire. L'ambiguïté est présente. Le pragmatisme revendiqué ne passe pas. La culture toujours attendue en prend un coup. On suit la pente déjà engagée. Par exemple, une heure et demie de français et d'histoire géo en Lep. Une aumône culturelle. La nation a-t-elle seulement besoin de bras?
   Une certaine logique managériale tend à s'imposer davantage. Une révolution conservatrice par beaucoup d'aspects.
  Bref, une réforme à réformer. Une de plus.
      Comment refonder une école réellement républicaine?
          En revoyant d'abord la copie...
______
    Une préconisation toujours bonne à rappeler, qui en dit long sur certaines dérives:
                                        ...Les conceptions de l’OCDE dans le domaine de l’éducation vont dans le sens d’une forte libéralisation du système éducatif. Dans Repenser l’enseignement. Des scénarios pour agir (dernier volume de la série « l’école de demain »), l’OCDE donne la parole à Jay Ogilvy, « grand pionnier de la réflexion prospective au sein des entreprises ». Celui-ci préconise une « décentralisation » et « une autonomie accrue des établissements scolaires, avec une influence plus forte des parties prenantes »1. Il fait l’éloge du projet anglais FutureSight, qui a consisté à renforcer le pouvoir des chefs d’établissement2. Il « préconise l’application des principes du marché contre l’excès de bureaucratie, qui risque d’étouffer l’innovation dans l’enseignement »3.
 

    Cet expert promeut l’idée d’un enseignement adapté à chaque élève. Il affirme : « À l’avenir nous disposerons d’outils d’apprentissage qui nous permettront de faire chez chaque élève un diagnostic personnalisé qui nous donnera la possibilité de mettre à sa disposition, à chaque heure de la journée, des outils d’enseignement et des préparations de leçons les mieux adaptés à ses besoins et à ses aptitudes »4. Il faut selon lui « traiter chaque école et chaque élève différemment et singulièrement en fonction de leurs besoins propres », et « individualiser [l’] enseignement. » « Pour atteindre l’équité devant l’éducation à l’ère de l’information, nous devons rompre avec le vieux modèle de production de masse d’élèves bien socialisés et identiques de l’ère industrielle. Nous devons recueillir des informations sur chaque circonscription, chaque école, chaque élève, et les utiliser pour moduler les quantités de “nutriments” – qu’il s’agisse de dollars, d’enseignants, de manuels ou d’ordinateurs – en fonction des besoins de chaque école et de chaque élève »5. Ces idées sont entièrement au diapason de celles de notre gouvernement de droite, qui veut en finir avec le collège unique, créer des collèges de haut niveau dans les centres-villes et des collèges où l’enseignement se réduirait au minimum, au « socle commun », dans les banlieues défavorisées. Les 7 piliers du socle commun de connaissances sont d’ailleurs inspirés par l’OCDE. Ce que prône l’OCDE, c’est de renoncer à l’objectif ambitieux d’une école, d’un collège et d’un lycée pour tous, et trier dès le plus jeune âge les élèves en fonction de leurs résultats ; ce qui revient en fait à les trier en fonction de leur niveau social, donc à accentuer les inégalités. Ces préconisations vont à l’encontre du caractère démocratique et universel du système éducatif.
    Dans ce long rapport pétri de langue de bois, l’OCDE préconise aussi que l’enseignement public soit désormais « concerné par les mécanismes du marché ». L’organisation déplore que « les conseils d’établissement et l’administration centrale de la circonscription fonctionnent comme des monopoles d’État. Parents et élèves n’ont pas le choix du fournisseur, comme ce serait le cas sur un marché libre ». Elle fait valoir que « dans la plupart des entreprises, un directeur peut opérer des changements pour répondre aux différents besoins d’une clientèle diverse », et conclut : « Nous devons commencer par dégripper ce mécanisme ». Elle propose en outre de « donner aux élèves et aux parents la possibilité de choisir l’école et les enseignants qui correspondent le mieux à leurs besoins. Le financement ira dans le sens du choix des élèves » ; ainsi « les forces du marché récompenseront les résultats »6. L’assouplissement de la carte scolaire, l’autonomie des établissements, l’idée de payer les enseignants « au mérite », le recrutement massif d’enseignants contractuels tandis que les places aux concours sont drastiquement réduites et que des milliers de postes d’enseignants titulaires sont supprimés chaque année, toutes ces initiatives du gouvernement trouvent leur source dans les préconisations de l’OCDE qui est aujourd’hui véritablement le fer de lance de la libéralisation des systèmes éducatifs. Il est temps de démystifier l’OCDE, de se démarquer de cette influence ultra-libérale, et d’entreprendre une politique éducative ambitieuse et démocratique, visant à la réussite de tous les élèves...

                                       _______________________________________________

Partager cet article
Repost0

Les pauvres font peur

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Ils ne mouraient pas tous...(comme Daniel Blake et les autres...)
                                                                                                 Mais beaucoup étaient frappés.
                                    On est entré dans une période de grande précarité, du moins potentielle, de la menace de déclassement généralisé, qui peut affecter tout le monde, qui rend la pauvreté plus insupportable qu'elle ne l'a jamais été, du moins dans nos sociétés dites riches.
        Le rejet du pauvre s’exprime plus ouvertement aujourd’hui
      Il faudrait cacher les pauvres...peut-être dangereux.
              Force est de reconnaître que la peur du déclassement, qui va s’amplifiant de crise en crise, rend les classes populaires de moins en moins solidaires des échelons immédiatement inférieurs, où un simple accident de la vie peut vous précipiter. Les faiseurs d’opinion ont réussi leur coup, car la minuscule classe des accapareurs, honnie à d’autres titres, quoiqu’elle aussi ait sa traîne de bruits et d’odeurs, peut compter sur ce leurre de la pauvreté menaçante pour détourner les fourches du chemin de ses Bastilles.
Ce thème de la haine du pauvre, marronnier séculaire, n’a rien de neuf. Ce qui l’est peut-être, c’est le degré d’incandescence que cette haine a atteint dans les classes populaires et moyennes, que les sentiments de charité chrétienne élémentaires (il paraît que cet héritage chrétien définit l’Européen) sont en train de déserter. Cette haine n’est pourtant pas une fatalité sociologique. La plupart des très pauvres travaillent ou recherchent du travail, font quelque chose, jouent donc le jeu de l’intégration par l’activité, pilier de la dignité ouvrière, mais il semble que même cela ne soit plus considéré comme un gage suffisant d’appartenance à l’humanité estimable. Un tel rejet n’a pu naître au sein de la classe ouvrière, qui doit son émancipation aux réseaux de solidarité. C’est une construction importée, un mal inoculé à force de ressassement et de détricotage des mêmes réseaux...
        Ces salauds de pauvres, comme disait Coluche, à la suite de J.Gabin...
       Ceux qui méritent bien leur sort et qui perturbent notre bonne conscience et notre myopie politique.
     Les inégalités, devenues extrêmes, ne sont pas sans conséquences.
          Même au pays de l'abondance supposée, où le pauvre est vu comme responsable de son sort.
                      Comme disait déjà le pasteur baptiste Russell Cornwel  (1853-1925) « Je dis que vous avez le droit d’être riche, et c’est votre devoir de l’être. L’homme qui devient riche est peut-être l’homme le plus honnête de votre communauté. Je serai clair sur la chose : 98 % des hommes riches vivant en Amérique sont honnêtes et se sont hissés au sommet à la force du poignet. C’est justement la raison pour laquelle ils sont riches. C’est aussi la raison pour laquelle on leur fait confiance en matière de finance. C’est la raison pour laquelle ils ont créé de grandes entreprises et qu’ils ont réussi à inciter des tas de gens à travailler pour eux. Je compatis néanmoins avec ceux qui sont restés pauvres, même s’ils doivent, d’abord, à leur propre incompétence de n’avoir pas échappé à leur condition. Rappelons-nous qu’il n’y a pas une seule personne pauvre aux États-Unis qui n’a pas été pauvre par ses propres défauts et faiblesses. 
                 Le mythe du self made man dans sa pureté.
           Carnegie, qui était un disciple convaincu de Spencer, croyait aussi à la nécessité morale de distribuer tout son argent. Les membres de l’élite croyaient qu’ils étaient les plus aptes et que l’argent devait donc se trouver entre leurs mains, et ils croyaient qu’ils étaient aussi les plus aptes à employer cet argent pour le mieux, c’est-à-dire mieux que l’État. Cette idée est plus vivante que jamais aux États-Unis aujourd’hui, et tout le monde trouve cela très bien, en particulier des personnalités comme Bill Gates et Warren Buffet, qui ont appelé les milliardaires à distribuer au moins la moitié de leurs fortunes.
            C'est le philanthro-capitalisme.
     Eh! oui,  les pauvres existent,  on les a rencontrés.
         Les sans-abris ne meurent pas de froid. Ils meurent de l'inaction politique  et des effets d'un système où la politique de l'emploi n'est plus une priorité, à l'heure où il faut faire baisser les coûts pour distribuer d'abord des dividendes.
  .Les travailleurs pauvres, les contrats zéro-heure...on n'arrête pas le progrès... 
____________________________________ 

Partager cet article
Repost0

You are fired!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Mon patron est sympa
                                    Depuis quelques décennies, le licenciement est devenu un grand classique.  Surtout avec le développement parfois ultra-rapide des progrès technologiques et celui d'un capitalisme mondialisé et financiarisé qui ne fait pas de sentiments.
     Ce sont les lois du marché, comme on dit, comme si le phénomène, qui peut prendre une grande ampleur, de manière parfois brutale, devait être considéré comme un phénomène naturel, alors qu'il obéit à de toutes autres règles. Depuis la succession de suppressions d'emplois textiles dans les Vosges il y a quelques décades jusqu'aux récents licenciements massifs et collectifs dans les banques allemandes ou chez le voyagiste Thomas Cook présenté pourtant comme indéboulonnable. On ne parle pas des licenciements, partiels ou pas, qui sont difficilement contournables, pour diverses raisons paraissant justifiables. Tout le problème est ici celui de l'accompagnement et de la formation-reconversion de la main d'oeuvre.
    Mais il arrive souvent que ce sont les actionnaires (pas n'importe lesquels) qui sont devenus les décideurs de fermeture d'entreprises même florissantes, pour promouvoir un déplacement sous des cieux encore plus cléments, plus productifs, avec une main d'oeuvre moins exigeante; ce qu'on appelle gentiment délocalisation. Le phénomène est devenu un grand classique et se fait souvent sans état d'âme. Parfois par une annonce au dernier moment, parfois par un mail envoyé à domicile.
      Souvent, pour éviter beaucoup de temps perdu, une confrontation pénible et des explications superflues, le boss envoie un SMS invitant sans animosité à chercher un autre employeur.
    Vous êtes viré!   Non, ce n'est pas du cinéma.
           C'est rapide et plus cool.
  Aucun éclat de voix, aucun prise de bec. Tout se passe en douceur, avec une grande économie de moyens. On vante même les mérites de l'opérateur concerné, mais on regrette, on n'y peut rien. Désolé. Invité à prendre  sans tarder le chemin de chez Paul (emploi), où vous êtes supposé retrouver rapidement du travail, étant donné vos qualités et vos compétences, dixit le DRH compatissant.
     Il faut po-si-ti-ver!
           Je suis viré. Mais je n'ai pas encore compris. Aucune faute professionnelle. Dégraissage? Délocalisation? On ne m'a pourtant pas proposé d'emploi en Roumanie ou en Malaisie...
   Pourtant, la compagnie avait investi récemment dans des machines très modernes. Mais le SMIC, c'est encore trop, sans doute.
     Les actionnaires ont tranché. Pas les petits, les gros, les investisseurs financiers, institutionnels. Pas moins de 14% de retour sur des placements juteux. Il faut bien vivre.
   Il paraît que c'est devenu légal, qu'ils disent.
      Pour me consoler , en attendant un autre hypothétique emploi, dans le cadre de la nouvelle donne macronienne, je me console comme je peux en lisant le livre d'un ancien DRH,  qui raconte comment certaines entreprises se débrouillent pour s'alléger dans fracas, sans tambours ni trompettes.


   Didier Bille, viré lui aussi, faisait scrupuleusement son boulot, en appelant un tel ou une telle, et en lui déclarant de manière fort civile: Bonjour! Asseyez-vous. La société a décidé de se séparer de vous....
  On n'en saura pas beaucoup plus. Les voies du Boss sont impénétrables. Certains ne s'en remettent pas.
   Ils attendaient des motifs valables et argumentés, selon les formes et les procédures du droit du travail. Même amincies et allégés, il reste quelques règles... On n'est pas au pays des contrats zéro heure. Et recourir aux prud'hommes est devenu plus problématique et difficile.
      Est-ce seulement une question d'"éthique"
                           Ou un problème de justice sociale?
   Mais business is business et les lois du marché....vous comprenez.
                                              ___________________________________

Partager cet article
Repost0

L'empire Bolloré

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

The Smiling Killer
                  Comme Charles Quint pouvait dire que le soleil ne se couchait jamais sur ses terres, Nicolas Bolloré pourrait affirmer que ses multiples affaires couvrent des domaines et des lieux aux limites sans cesse repoussées ....
   Homme de papier, à l'origine, les domaines d'activités du Breton obstiné sont désormais si variés que l'on risque toujours d'en oublier une partie.
  IL faut au moins 10 minutes  pour survoler l'étendue de l'univers impitoyable de l'atypique homme d'affaires.
       L'activité de l'ami des premières heures de Sarkozy s'exerce aussi bien dans l'industrie que dans la logistique, aussi bien dans la batterie au lithium que dans le domaine des medias, où il entend exercer une pouvoir d'influence incontesté, comme tant de groupes puissants aujourd'hui. Participer à faire l'opinion n'est peut-être un objectif rentable dans l'immédiat, mais il ne doute pas que cette stratégie soit aussi un bon investissement. On mène les hommes aussi par les idées.
  Son influence s'exerce jusque dans la vie quotidienne et pas seulement au  Cameroun ou en Côte d'Ivoire. Entre autres pays [L’Afrique est comme une île, reliée au monde par les mers, expliquait un ancien du groupe Bolloré en 2006. Donc, qui tient les grues tient le continent]
    L'ami africain  ne cesse d'étendre ses activités..
         Une récente enquête d'Antenne 2 fit beaucoup de bruit sur ses pouvoirs, ses ambitions et surtout ses méthodes
    "Quand il vous appelle 'mon ami', méfiez-vous !" confie un de ses anciens proches. La technique préférée de Vincent Bolloré, c'est le coup de force avec un grand sourire. Quand il veut avaler une entreprise, ce "chef d’un clan de gitans" est prêt à tout. Ce patron surnommé le "smiling killer", le tueur souriant, a pris le contrôle total du groupe Vivendi quand il en était actionnaire. "
    Il y a les aspects connus dans sa polyactivité, mais il y a aussi une face cachée (*)
      Après avoir dévoré Canal+, ses démêlés actuels avec iTélé  sont une véritable feuilleton.
           Cette volonté de conquête a néanmoins ses revers et n'est pas à l'abri de certaines erreurs.
   Au coeur d'une presse malade, au côté notamment du citizen Drahi, il s'efforce d'étendre son influence. et de contrôler l'univers immatériel de l'information, de contribuer à faire l'opinion.
__________
________(*) Vincent Bolloré se serait sans doute passé de cette nouvelle controverse. Il avait déjà censuré il y a quelques mois un article du Monde sur les violences policières dans son quotidien gratuit Direct matin, dans lequel Le Monde est actionnaire à 30%. Il vient de récidiver la semaine dernière, comme l'a dévoilé Rue 89, en interdisant à la dernière minute la publication d' un article sur les méthodes assez curieuses de la RATP pour pister les clients grâce à la carte Navigo. C'est le type même de polémique qui agace le financier. Quoi qu'il en dise, il est très sensible à son image.
Il préfère que l'on parle de lui comme un nouveau conquistador, un des entrepreneurs prêts à tout pour bousculer le jeu. L'image est désormais ancrée dans les esprits. Il n'y a pas une semaine ou presque sans que l'ombre de Vincent Bolloré ne plane sur le monde français des affaires. Il semble toujours à l'affût, quel que soit le secteur concerné.
  En ce moment, il n'est question que de son attaque – imminente selon certaines rumeurs – sur le groupe britannique de publicité Aegis, dont il détient déjà 29%. Il y a quelques jours, on lui prêtait l'intention de racheter l'hebdomadaire Le Point à François-Henri Pinault. Dans le même temps, on parle de sa montée au capital de la société italienne automobile Pininfarina, en difficulté depuis la mort de son dirigeant. Auparavant, la presse avait écrit sur son ambition de racheter TF1 à Martin Bouygues.
     Rien ne paraît devoir arrêter Vincent Bolloré. Pourtant, à la lecture des comptes officiels de son groupe, son appétit paraît démesuré par rapport à ses moyens. Il a un groupe certes de taille honorable. Mais sa dimension financière ne paraît pas être à la hauteur de ses projets affichés ou supposés. En 2007, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 6,3 milliards et un résultat net de 322 millions d'euros. Au premier semestre de 2008, le groupe a déjà été pénalisé par la crise : le résultat net a chuté de 61%, à 140 millions d'euros, en raison de la chute d'Havas où il est actionnaire à hauteur de 32,8%.
   Pas de quoi faire des folies donc. D'autant que sur les sept activités du groupe (transports et logistiques, films plastiques et batteries, papiers minces, distribution d'énergie, terminaux et systèmes spécialisés, médias et télécoms et autres), seules les branches transports et logistiques, distribution d'énergie, affichent un résultat opérationnel positif (58 millions au premier semestre 2008).
Toutes les autres sont en perte. Et c'est sans compter les gros paris sur l'avenir qu'a pris Vincent Bolloré en misant sur le développement de la batterie électrique, le redressement d'Havas, ses convoitises sur Aegis. Autant de chantiers qui amènent le groupe à immobiliser plus de 1 milliard d'euros de capitaux.
   En dépit de cette équation financière contrainte, personne néanmoins ne remet en question les ambitions de Vincent Bolloré. Aveuglement médiatique? Sans doute. Mais peut-être aussi le sentiment diffus que la puissance du financier, qui s'est illustré ces dernières années par quelques coups célèbres, est plus grande que celle affichée officiellement. Sentiment plus que justifié. Il y a bien une face cachée de l'empire Bolloré. Juste évoquée en quelques mots pour ne pas donner l'impression du secret, mais en fait totalement obscure.
   Entre Afrique et Luxembourg, Vincent Bolloré a bâti un deuxième groupe puissant, discret et tentaculaire. Il lui permet de faire ses coups financiers à l'abri des regards, de prospérer hors de nombreuses contraintes fiscales et réglementaires et d'accumuler une richesse sans proportion avec celle revendiquée. Voyage dans la zone offshore de Bolloré
    Aux origines de cette fortune discrète, il y a l'empire Rivaud. Puissance financière coloniale, propriétaire de millions d'hectares de plantations en Afrique et en Asie, elle a au fil des décennies accumulé des centaines de millions – des milliards aujourd'hui – dans les paradis fiscaux les plus divers – Vanuatu, Guernesey, Jersey, Luxembourg –, au travers d'un écheveau inextricable de sociétés en autocontrôle, aux noms évoquant le passé colonisateur français : Caoutchoucs de Padang, Forestière bordelaise, Terres rouges, Compagnie du Cambodge, Sennah Rubber..
     Un empire tenu d'une main de fer par Jean de Beaumont et Edouard de Ribes. Dès que l'on prononce leurs noms, les interlocuteurs évoquent la bonne noblesse napoléonienne, le Bottin mondain, le Jockey Club et la création du Club Interallié.
   Ils oublient en revanche le trafic des piastres entre la France et l'Indochine au début des années 1950, la collusion continuelle avec les pouvoirs en place tout au long de la IVe République, l'accueil dans leur banque des finances du RPR, et aussi leur immense fortune, les liens très étroits avec certaines familles italiennes très proches du Vatican et de sa banque, l'IOR (Istituto per le Opere di Religione, institution pour les œuvres religieuses). A l'abri des regards indiscrets, ils ont accumulé des centaines de millions tirés des plantations asiatiques et africaines, avec l'appui de la famille Fabri en Belgique, qui possède un tiers de l'empire.
   Tous ceux qui ont essayé de s'approcher de Rivaud, d'en prendre le contrôle, s'y sont cassé les dents, d'Edouard Stern et Philippe Jaffré à Giancarlo Parretti, l'homme d'affaires italien au cœur d'un des plus gros scandales du Crédit lyonnais. Même des membres de la famille Rivaud ont été partiellement dépouillés par les deux hommes, les seuls capables de s'y retrouver dans le dédale des participations (lire notre article "A la recherche de l'héritage perdu").
    Tous ont échoué donc, sauf un : Vincent Bolloré. Invité en 1987 par les deux dirigeants à entrer au capital comme actionnaire très minoritaire de quelques sociétés Rivaud (Artois, Socfin et Terres rouges) pour défendre le groupe contre les attaques des banques Stern et Duménil Leblé, il n'a jamais lâché sa proie depuis. Même au temps de la quasi-faillite de son groupe en 1994, il n'a pas envisagé de se défaire de ses participations dans Rivaud. Là était sa fortune. Il le savait.
Après des années de patience, l'heure de la récompense sonna. En 1996, la banque Rivaud, plaque tournante financière du dispositif mis en place par Jean de Beaumont et Edouard de Ribes, est ébranlée : un contrôle fiscal a mis en lumière un dispositif d'évasion fiscale en Suisse pour les fortunes du Sentier et d'ailleurs. Dans le même temps, la justice enquête sur son rôle dans des financements occultes à destination d'administrateurs judiciaires. Enfin, la Commission bancaire s'inquiète de sa solidité financière et de son soutien hors de proportion à la compagnie aérienne Air Lib, en quasi-faillite.
    Vincent Bolloré souffle alors sur les braises. Au conseil, comme dans les médias, il prédit la catastrophe bancaire. La banque est perquisitionnée, de nombreux documents sont envoyés aux juges. Présentée comme la banque du RPR, la banque voit sortir dans la presse les comptes de certains clients dont celui d'Alain Juppé, alors premier ministre. En septembre, tout est consommé. Vincent Bolloré a pris le pouvoir et s'est installé dans la banque. (Pour le récit complet de cet assaut, lire le livre de Renaud Lecadre et Nathalie Raulin, Enquête sur un capitaliste au-dessus de tout soupçon.)
...... Bolloré aujourd'hui, ce sont des dizaines de sociétés et de filiales dans le monde. Une petite partie est installée en France, un certain nombre en Afrique pour les besoins de ses activités portuaires, logistiques et agricoles, et un bon paquet ailleurs en Europe, avec une nette préférence pour le Luxembourg (lire ici la liste des sociétés consolidées du groupe. Il y en a six pages).
Certaines ont été reçues par héritage, si l'on peut dire, d'autres sont de création récente, comme Swan, Cormoran ou Carlyle investissement. Vincent Bolloré assure que cette dernière accueille juste des participations pour ses bateaux. La ressemblance avec un autre groupe Carlyle, un fonds américain redouté, très proche de la famille Bush et qui s'est illustré dans certaines affaires avec la CIA, est cependant frappante. D'autant que l'antenne européenne de ce fonds est aussi au Luxembourg.
    Tout fonctionne en circuit fermé. Aux conseils d'administration, on retrouve la même poignée d'hommes, cinq ou six, contrôlant l'ensemble de la pyramide. Le même homme, Daniel-Louis Deleau, installé au Luxembourg, supervise toutes le structures, accomplit les démarches administratives, signe les procès-verbaux d'assemblée et les chèques depuis plus de vingt ans.
A la base, il y a des structures opérationnelles. Elles ont une activité, des employés, un chiffre d'affaires et des bénéfices. Mais elles ne conservent quasiment rien pour elles. Tous les flux de trésorerie, les bénéfices sont centralisés par la suite dans différentes structures (Financière du Champ de Mars, Plantations de terres rouges, Socfinal, Nord Sumatra, etc.). Ce sont des sociétés de portefeuille qui n'ont parfois aucun chiffre d'affaires, pas de salariés, de multiples dividendes et des réserves de capitaux prolifiques, le tout bénéficiant de grandes largesses fiscales.
    Combien cet ensemble pèse-t-il ? Peut-être 5, peut-être 10 milliards d'euros, peut-être plus, En tout cas, pas dix milliards de francs (1,5 milliard d'euros), comme l'avait annoncé Vincent Bolloré en 1996. Il y a des actifs partout, parfois inscrits à leur valeur historique des années 1950 ou avant. Il y a des réserves partout. Tout en se moquant des « petites caisses » du comte de Ribes, Vincent Bolloré en a repris l'usage. La Financière du Champ de Mars (ex-Socfin) a plus de deux milliards d'euros de réserves, Plantation des terres rouges 500 millions, sans compter les dizaines de millions accumulées ici et là dans des structures pratiquement sans aucune dette.
    Contrôler les flux d'argent paraît presque impossible. Les participations se croisent, se recroisent. L'autocontrôle est à tous les étages: Plantations des terres rouges détient 61,7% de Cambodge, qui détient elle-même 36% de Moncey, qui détient 42% de Financière d'Artois, elle-même actionnaire à hauteur de 22% de Plantations des terres rouges. Ainsi de suite. Les dividendes circulent d'une structure à l'autre, reviennent, se perdent. Le tout est illisible..... (Merci à Mediapart)
______________

Partager cet article
Repost0

Capitalisme numérique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Elise a encore fait des siennes...
                                   Dans son émission bien connue, elle s'est faite à nouveau offensive à l'encontre de certaines dérives de ce qu'on peut appeler le capitalisme numérique. D'un manière partielle et légère et parfois superficielle, certes, mais assez pour inciter le téléspectateur à aller plus loin, au delà de l'image et de la rhétorique audiovisuelle.

 


    Car ce qu'elle met en scène, bien que non récent, mérite réflexion...et action.
    Le capitalisme dit numérique n'est pas un capitalisme particulier,, mais la forme qu'il prend à l'heure de la révolution numérique et des nouvelles formes de travail qu'il engendre. De nouvelles forces productives sont déjà puissamment  à l'oeuvre, dans la production comme dans de multiples services qui poussent comme des champignons:
    Un travail souvent de plus en plus dématérialisé, où l'algorithme règne en maître, pour le meilleur et pour le pire.
    C'est sur le pire qu'elle voulait insister, attentive à certains effets pervers de certaines pratiques, du point de vue humain, économique et social.
  Le nouveau capitalisme informationnel produit parfois des effets ou des applications sur lesquels on peut apporter de nombreuses réserves, parfois des criques fondées comme le font certains économistes ou certains responsables politiques de tous bords, au vu d'applications inquiétantes.
  En premier lieu le capitalisme dit de plate-forme, justement dans le viseur de certains Etats.
La marche forcée de cette forme de capitalisme ou d'affairisme pourrait même, s'il n'est pas sérieusement et collectivement régulé dans son développement rapide, mettre à mal le capitalisme, aux dires de certains.
  L'avenir radieux prôné par les gars de la Silicon Valley et leurs émules pourrait bien être une enfer social. Certaines applications dans des champs les plus divers ne laissent pas d' interroger, la pratique algorithmique sans bornes et sans contrôles apparaît comme inquiétante.
  Voici venir le règne des travailleurs atomisés, de nouvelles et subtiles formes d'exploitation humaine.
 Sans parler des forçats du clic sous-payés, souvent jetables, gentiment appelés collaborateurs.
   L'uberisation généralisée gagne du terrain. Et avec elle, l'avenir du travail et de tout ce qui découle d'une précarité en tous domaines...
  Le numérique produit parfois le meilleur, mais engendre aussi le pire.
                                           ___________________________________________

Partager cet article
Repost0

Les jours d'après...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il y a déjà trois ans, on se posait des questions...)

 

L'aventure ou l'adaptation
                       

                                                     (Les tours ne montent pas jusqu'au ciel...)                 
             D'un bord à l'autre de l'Atlantique, des questions se posent sur les conséquences des changements annoncés de la politique intérieure et extérieure de la future Maison Blanche.
      Chacun y va de son interprétation, sur des bases qui ne sont pour l'instant qu'hypothétiques, étant donné le peu 'informations diffusé depuis la Trump Tower. Déjà quelques énoncés de campagne se trouvent verbalement et parfois confusément confirmés, d'autres assouplis. Mais beaucoup restent en suspens. Même s'il ne fait pas de doute que le nouvel élu sera nécessairement amené à s'adapter, notamment en ce qui concerne les traité multilatéraux, on peut rester inquiet sur la concrétisation de certains engagements qui en perturbent plus d'un aux USA.
  Les hommes déjà choisis ne permettent guère d'entrevoir le futur, sinon pour affirmer avec certitude qu'il sera conservateur.
   L'ouverture vers Moscou n'est pas une mauvaise nouvelle, cela dépendra des conditions dans lesquelles elle se fera, le démantèlement de l'Otan ne fera pas pleurer dans les chaumières, si elle signifie vraiment un retrait de l'influence américaine sur les choix de politique étrangère des pays européens?
      Mais le ton offensif à l'égard de la Chine n'est pas de bonne augure; il semble d'ailleurs surtout à usage interne, car la politique économique de l'oncle Sam s'effondrerait si Pékin, par rétorsion, décidait de retirer l'impressionnante masse de ses dépôts à Washington...Les deux puissances se tiennent objectivement par la barbichette.
    Bref, le futur Président se trouvera très vite au coeur de nombreuses contradictions internes et externes, sans compter la prévisible virulence des réactions féminines à son égard si on touche à des droits pour lesquels la lutte a été longue et rude.
    Après cette élection atypique,les plans sur la comète sont nombreux, mais il convient de rester prudent.
             Quel Trump l'emportera? Nul ne le sait vraiment. Et il peut couler d'ici un mois beaucoup d'eau dans le Potomac.
     Pour l'instant, chacun revendique "son" Trump.
  L'homme, non sans cynisme, provocation et vulgarité, a sans doute eu assez d'habileté pour cacher son véritable jeu. Et il sait que le Congrès ne le suivra pas toujours, quand on connaît la fracture chez les Républicains. 
    Dans l'Amérique divisée et affaiblie, les clivages se sont renforcés, les minorités s'étant peu exprimées. Et la gestion d'un pays déchirés nécessitera bien des compromis..
       Un ressort est cassé et le pays ne parvient plus à assumer son leadership, son modèle usé ayant donné tout ce qu’il pouvait, reposant sur deux piliers mal en point : la mondialisation et la financiarisation de l’économie capitaliste. 
      On peut craindre les réactions d'un pays luttant pour ses rêves passés, où les réactions irrationnelles l'emporteraient, s'engageant encore plus dans une logique disruptive, sans autre perspective que le maintien de l'american way of live.
     Donald peut sans mal et démagogiquement annoncer qu'il se passera de salaire, 
il est à espérer que la vigilance ne faiblisse pas au pays d' A.Lincoln.
               Mais on peut se trumper...
______
- Dernières nouvelles de Trumpland
- Dérégulation financière et contradictions
______________________________

Partager cet article
Repost0

Procès d'un tueur

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Mort par ordonnance.
                       Le Mediator, une affaire en or.
                                     Mais justement mis en accusation. Enfin!
       Un procès hors norme commence sur ce produit des laboratoires Servier
           L'heure de vérité va-t-elle enfin sonner au sujet de ce médicament qui a montré sa nocivité pendant un certain nombre d'années? On le verra au terme de cette procédure toujours reportée. La montagne accouchera-t-elle d'une souris ou permettra-t-elle de mettre à jour tous les niveaux de responsabilité et les arcanes de décisions mortifères.
     Une affaire en or, certes, mais une déontologie défaillante, pour utiliser un euphémisme.. L'indemnisation des victimes n'est pas la justice, qui n'a que trop tardé.
         Un trafic d'influences à plusieurs niveaux, favorisant la toute puissance de Servier. (*)
  Malgré les dénégations, il est avéré que:
     Entre 1976 et en 2009, près de 5 millions de personnes se sont vu prescrire du Mediator. En croisant plusieurs bases de données de l'Assurance maladie, on a pu calculer la surmortalité induite par les pathologies provoquées par cette molécule et estimer le nombre total de décès dus au Mediator, pendant toute la durée de commercialisation et au-delà, à environ 2 000 morts....
     Malgré les discours déresponsabilisant, le rôle de l'Etat est aussi en question, dans son rôle de contrôle et de régulateur.
       Cette affaire emblématique de santé publique, qui a mis en cause le deuxième groupe pharmaceutique français, a montré l’échec des autorités sanitaires et a révélé les liens incestueux que peut entretenir l’industrie du médicament avec certains experts scientifiques et hauts dirigeants français, doit être jugée lors d’un procès-fleuve qui doit s’ouvrir lundi 23 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour ne s’achever qu’au printemps...

 



    Par extension, c'est toute une partie de la production pharmaceutique, extrêmement rentable, qui est aussi en question.
                          Le Mediator est un cas emblématique de nombreux dysfonctionnements de notre système de santé, insuffisamment réglementé.
                                _________________________________________________

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 > >>