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Etre ou ne pas être populiste

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Populismes en tous sens
                               Le périodes électorales sont propices à ce qu'il est commun d'appeler populismes.
     Qualifiant une attitude et un discours consistant à recueillir des voix en faisant des promesses supposées assurées d'une certain succès populaire, sans grand souci de cohérence et de vérité, aux limites de la démagogie. 

    Vieille problématique:Déjà Platon, dans le Gorgias, met en scène un certain Calliclès, dont le souci politique est d'abord de gagner une popularité en flattant le public dans le sens du poil, sans souci éthique ni politique, de l'intérêt général. Machiavel, dans Le Prince, donne des conseils à certains gouvernants de son temps, insistant sur la fermeté et la souplesse nécessaires, pour savoir se faire aimer, pour s'attirer les faveurs, donc être assuré de durer...
      S'il est un terme piégé, c'est bien celui de populisme, utilisé à tort et à travers, mais le plus souvent négativement.
  Un mot fourre-tout, un objet mal identifié et souvent objet de polémiques..
        Pourtant, en soi, le souci du peuple et de son destin semble bien être au fondement de l'action politique digne de ce nom, contrairement au souci de l'intérêt personnel, comme le jugeait un certain Mendès-FranceAu risque de l'impopularité.
     Mais les usages du terme sont souvent viciés.
  Evoquer le peuple comme une réalité homogène, quasi-infaillible et sacrée est oublier qu'il est traversé par des contradictions et des idéologies qui en font une unité éclatée aux intérêts souvent divergents.
        Il est bon de demander qui l'utilise, comment et pourquoi, avec quelles intentions, au nom de quelles valeurs...
   Le "populisme" de  Trump n'a pas le même sens que celui de Sanders, dont le discours est libre de toute pression lobbyiste et de tout élitisme.
       Il y a bien des manières de s'intéresser politiquement au peuple, à ses semblables.
               Promettre ce qui n'a jamais été tenu et ne le sera pas, en faisant l'impasse sur les erreurs passées peut être qualifié de populiste, dans le sens le plus négatif. 
    La critique du système n'est parfois qu'un simple artifice tactique, un moyen de surfer sur la vague passionnelle, comme celui qui déclare avec aplomb:  "« Je suis candidat pour parler du quotidien des Français, pas pour être le représentant d’une élite pour qui tout va bien. Cette élite si puissante dans la sphère administrative et médiatique, et si minoritaire dans le pays » ( Zénith de Paris, le 9 octobre)
   Tout y passe: .  il a ironisé sur « les juristes, les spécialistes, l’Etat de droit, le Conseil d’Etat », sur le bobo qui « ne prend pas le métro et voit les trains de banlieue en photo » avant de citer le général de Gaulle : « Les fiefs politiques, professionnels, journalistiques, fussent-ils additionnés, n’expriment pas la volonté du peuple. » 
      La critique revendiquée de l'élite, dont il fait partie, est aisée, comme celle, récurrente, des prof's associée à un certain mépris de l'intellectualisme, pour "faire peuple"
     La critique d'un élitisme toxique ne peut avoir un sens que si elle est suivie  d'effets et de volonté de changer le réel au profit de tous, en réduisant les distorsions inégalitaires, comme Roosevelt le fit au coeur d'une crise sans précédent/ en mars 1933. Du populisme positif? Si on veut...
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Psychiatrie (encore) en question

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Urgence.
             On parle beaucoup de la crise du système médical et hospitalier.
    On parle moins de l'état de notre système psychiatrique, le parent pauvre du service de santé.
Or c'est l'état d'urgence qui est proclamé par plusieurs spécialistes et institutions, après bien d'autres avertissements, pour certains déjà anciens.
  La situation n'a cessé de se dégrader, dans un secteur qui concerne plus de personnes qu'on imagine, marqué par le déni, le silence, la honte parfois.


   Un secteur de plus en plus à l'abandon, condamné à fonctionner avec des bouts de ficelle.
   Il manque une volonté politique pour redresser et améliorer un système qui se dégrade à bas bruit depuis des décennies, alors que les divers désordres d'ordre mental de toutes natures n'ont cessé de croître.
   Un rapport parlementaire vient de confirmer l'état de délabrement de ce secteur trop longtemps négligé. Cela après un plus ancien rapport du Sénat, préconisant d'urgence de nouvelles voies.
     Le constat est accablant (*)
  Dans le silence institutionnel, cela ne tourne pas rond. La relation personnelle, si essentielle en ce domaine, est négligée. La chimie, si commode, ne suffit pas et peut parfois aggraver la situation. Les techniques de soins doivent être diversifiées.
   Le système est sous contention un peu partout.
  Ce ne seront pas quelques millions de plus, distribués sans discernement, qui amélioreront les choses en profondeur.
  Repenser la psychiatrie, ses présupposés et ses pratiques est une exigence impérieuse et urgente.


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                  (*)      «... Il faut redonner des moyens supplémentaires à la psychiatrie, je crois que c’est évident pour tout le monde, insiste (d’ailleurs) Martine Wonner, députée et médecin psychiatre de profession, interrogée par Mediapart. Mais je crois aussi très fermement que cela ne suffit pas. Moi, je ne veux plus, à quelques exceptions près, financer un seul lit supplémentaire dans les hôpitaux. Il faut totalement transformer l’offre de soin. » Là encore, même si Caroline Fiat, aide-soignante de profession, diverge sur la rigueur d’un tel moratoire, les deux députées se rejoignent et plaident pour un virage ambulatoire sévère, en réorientant à moyen terme 80 % des professionnels sur l’ambulatoire d'ici 2030.       Le rapport va encore plus loin et propose d’en finir avec l’organisation historique de la psychiatrie depuis les années 1960. À cette époque, pour sortir de la logique asilaire et ouvrir les malades vers la cité, l’institution psychiatrique se divise en « secteur », crée des équipes d’infirmiers extra-hospitalières, des structures d’accueil pluridisciplinaires en ville (comme les CMP, centres médico-psychologiques), le tout tournant autour de l’axe central que reste l’hôpital psychiatrique public. Chaque secteur correspond à un bassin de population.    Les deux rapporteuses, constatant l’échec d’un tel modèle, plaident pour réduire le « mille-feuille » des structures, et pour une offre de soin tissée « autour du patient », où il aurait « le libre choix ». Pour y parvenir, Martine Wonner assure miser sur un changement du mode de financement (acté par la ministre de la santé pour janvier 2020) en dotant davantage le médico-social, tout en forçant un peu la main aux établissements lucratifs. « Sans parler de contraindre, parce que je n'aime pas ce mot, on peut, par le biais du financement par la sécurité sociale, demander aux cliniques psychiatriques privées de participer à un soin de proximité, ou aux médecins de prendre tout type de malades en charge, de faire du soin d’urgence », explique la députée LREM. L’État, en la matière, doit être régulateur, assume le rapport, pour faire participer tous les acteurs à la « permanence des soins »....
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L'art de la fugue

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

        ♫♪♫♪♫...                                                               


C'est parti!..


                                         ♪♫♪ ♫♪...

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Grand la romaine

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

C'est tout aux confins des Vosges.
        Au coeur d'un petit village.
             En un lieu improbable, à quelques lieues de Neufchâteau.
                          Là où les touristes ne s'aventurent guère.
                                     Sans doute assez peu connu même des amateurs d'archéologie.

         
               Le site de Grand, très tardivement découvert, partiellement mis à jour, offre quelques petites merveilles, oubliées et partiellement préservées, grâce à l'enfouissement et l'oeuvre des siècles.
   Cité religieuse fortifiée, elle offre d'importants reliefs: un ample amphithéâtre, un musée où sont rassemblées les pièces découvertes sur place, surtout une importante et admirable mosaïque au sol, une des plus grande du monde romain..
    Un site dédié à Apollon, qui attirait même des empereurs romains, dont Constantin, qui y fit un passage: "...  alors en route vers Trêves, il s’y est arrété en 309 dans le  sanctuaire le plus beau du monde (templum toto orbe pulcherrimum), selon l’expression de l’auteur inconnu du Panégyrique de Constantin.… Durant ce pélerinage, il aurait eu une vision divine d’Apollon qui lui laisser espérer un règne heureux et long.
      Bon, difficile de démêler le vrai de la légende, dans cette note furtive. En tous cas, son passage, comme celui de quelques autres, est avéré, sur un haut lieu célèbre pour ses sources et ses résurgences. On connaît l'importance que les Romains attribuaient aux sources et aux cultes qui y étaient souvent rendus. Grand, à l'époque étaient une sorte de Lourdes. Un complexe réseau aquatique souterrain reste à découvrir.
        Wikipédia évoque cette cité, faisant allusion au nom du lieu (c'est à Grannus, surnom d'Apollon, que l'on rapporte l'origine du nom de Grand (Vosges). et donne une idée des débats en cours sur l'origine, la configuration et les fonctions des activités qui s'y déroulaient.

      Grand, la gallo-romaine, continue à susciter admiration et perplexité chez ceux qui ont le courage de faire le détour, bien payés en retour, comme ce fut mon cas, il y a déjà bien des années.
   Il reste encore beaucoup à faire pour continuer des fouilles, en partie neutralisées par l'habitat. Mais le manque de moyens, comme à Thérouanne, oblige à se contenter des résultats des travaux déjà accomplis et à faire travailler son imagination...
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Réguler la finance?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Réguler ou rigoler?          (Bis repetita)
                                  Je régule, tu régules...ils ne régulent pas! 
   Ou si peu... Il n'y a pas de quoi rigoler. Les risque systémique est toujours présent. Il suffit de regarder seulement l'état de la Deutsche Bank.
   Malgré les promesses, les tergiversations, les reports, les textes flous et unilatéraux.
            Toujours promise, jamais réalisée, la régulation est dans les discours, pas dans les faits. Ou si peu.
 En fait, rien n'est réglé.
     C'est même reparti comme avant, selon certains. Surtout depuis que Trump a lâché la bride à Wall Street.
          "... G8, G20, FSB : les banquiers spéculateurs, les bonus pousse-au-crime, c’est fini ! On va re-réglementer : Bâle III, CRD IV, Barnier et ses 41 directives et règlements, Dodd-Franck aux États-Unis.
Dodd-Franck, justement, et sa section 619, dite règle Volcker : les banquiers ne doivent pas spéculer pour eux-mêmes. Enfin une règle claire, simple, propre à éviter les dérives qui ont mené à la crise !
Mais alors, quel est ce titre des Échos le 17 octobre 2014 : “Le trading redémarre sur les chapeaux de roues à Wall Street” ? Les spéculateurs sans doute, mais pas les banques, quand même ? Ah, mais si : “La hausse atteint même 32 % chez Goldman Sachs. La hausse est également de 19 % chez Morgan Stanley, et de 11 % chez Bank of America...”.
        Des tests truqués. Des mesures aussi efficaces qu'un pistolets à bouchon.
Tout continue à aller vers le pire dans le pire des mondes financiers possibles, légèrement amendé à la marge.
  Les Européens, si vertueux, ne montrent pas l'exemple.
     Pour la France, on dérégule, on torpille...
          Adieu, la modeste taxe Tobin, par exemple. Le verrou de Bercy a bien fonctionné.
  Le lobbying bancaire est puissant.
Le pays de Mr Junker donne l'exemple.
                 Et pourtant, il y a urgence à réguler. (*)
   Pas seulement formellement. 
          "...Les différents textes adoptés par chaque régulateur réduisent considérablement les risques, mais les régulateurs, précisément, auront-ils le courage de faire face aux puissants lobbyistes qui feront tout pour réduire à minima les réformes du système bancaire afin de protéger leurs activités les plus rentables ? "
   Bonjour la spéculation, le casino et les bulles!
         C'est reparti comme avant.
Les marchés ont toujours raison, selon la bonne parole de Hayek et ses prophètes, A. Greenspan, B Bernanke, etc...
    Les mêmes causes produisant les mêmes effets...
____
(*) ____Comme le dit M.Naulot, ex-banquier: "...Face à l’hypertrophie financière, les changements seraient donc insignifiants ?
Je ne dis pas cela. Mais prenez le trading à haute fréquence. Il était marginal avant la crise, il représente aujourd’hui 50% des transactions sur les marchés actions aux Etats-Unis et en Europe. Quelle est l’utilité sociale de ces opérations faites par des robots en une nanoseconde ? Faut-il rappeler que 12% des hedge funds britanniques ont un effet de levier supérieur à 50 ?
C’est-à-dire ?
C’est simple, ces fonds ont des positions sur les marchés qui représentent 50 fois les montants qu’ils gèrent. Ces effets de levier peuvent se révéler des bombes à retardement.
Où sont les risques ?
Nous avons vu que la sphère financière n’en finissait pas de grossir. Par ailleurs, nous vivons un moment de crise où les Banques centrales tentent le tout pour le tout. Dans l’espoir de faire repartir la croissance, elles ne cessent de créer de la monnaie. Or, cette liquidité en abondance se déverse en grande partie dans la sphère financière. Et ce au risque d’alimenter la spéculation et de participer à la formation de bulles qui peuvent éclater à tout moment. Nous serions alors désarmés. Certes, en 2009, les Etats ont tenté d’endiguer la crise en actionnant les budgets publics. Mais cet outil est devenu inutilisable. Les dettes publiques ont explosé sous l’effet de la crise de 2008. Quant à la politique monétaire, nous n’avons plus aucune marge de manœuvres puisque les taux sont à zéro. D’où l’urgence à réguler la sphère financière..."
____Ils disaient:
                         Il faut des contrôles. La survenue de la crise tient principalement à la suppression des règles. »  [Claude Bébéar, L’argus de l’assurance, 11/2009] -Baverez-

« Ce qui, pour l’essentiel, explique le développement de l’ère de prospérité générale, aux États-Unis et dans le monde, dans les années qui ont précédé le krach de 1929, c’est l’ignorance, une ignorance profonde de toutes les crises du XIXe siècle et de leur signification réelle. En fait, toutes les grandes crises des XIXe et XXe siècles ont résulté du développement excessif des promesses de payer et de leur monétisation. Partout et à toute époque, les mêmes causes génèrent les mêmes effets et ce qui doit arriver arrive. » [Maurice Allais]
« Le salaire est considéré par chaque entreprise exclusivement comme un coût qu’il faut diminuer autant que possible alors que c’est un élément essentiel de la demande globale. La croissance va s’étouffer si l’on ne fixe pas des règles du jeu collectives» [Henri Ford]
 « Le marché, il a du bon. Il oblige les gens à se dégourdir, il donne une prime aux meilleurs, il encourage à dépasser les autres et à se dépasser soi-même. Mais, en même temps, il fabrique des injustices, il installe des monopoles, il favorise les tricheurs. Alors, ne soyez pas aveugle en face du marché. Il ne faut pas s’imaginer qu’il règlera tout seul tous les problèmes. Le marché n’est pas au-dessus de la nation et de l’État. C’est l’État, c’est la nation, qui doivent surplomber le marché. Si le marché régnait en maître, ce sont les Américains qui régneraient en maitre sur lui, ce sont les multinationales, qui ne sont pas plus multinationales que l’OTAN. Tout ça n’est qu’un simple camouflage de l’hégémonie américaine. Si nous suivions le marché les yeux fermés, nous nous ferions coloniser par les Américains. Nous n’existerions plus, nous Européens. » [Charles de Gaulle, 12 décembre 1962, d'après Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, Tome I]
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En rire ou pas...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

C'est selon...

 

                     Y a bon Banania, c'est fini! n-i, ni!
         Ce n'est que tardivement que l'humour s'est inséré dans les techniques publicitaires.
             Avec plus ou mois de bonheur.
      Ratant parfois sa cible.

 [McDo ne rigole pas...]

     Mais avec l'objectif, pour capter le client, de sortir du sérieux, du répétitif, de l'ennuyeux,, de susciter l'attention, de créer une certaine complicité inconsciente, de détourner l'esprit critique, sachant que le rire peut être un appât productif. Toujours une arrière-pensée...
      Même l'humour noir..
   Susciter le rire, par la drôlerie des situations mises en scène (pas toujours du meilleur goût) c'est potentiellement capter un client.
C'est créer un effet de connivence.
     Elle est parfois drôle, surtout quand elle va jusqu'à s'autoparodier.
    Parfois ça marche , parfois ça ne marche pas.
    Ou peu de temps.
        Parfois c'est plus risqué...
  Parfois, à usage pédagogique, c'est juste pour faire peur.
Les formes de l'humour changent avec la culture et les modes. Le marketing du rire doit sans cesse se renouveler.
    Du travail pour les futurs publicistes dans le contexte de la lutte des marques pour la conquête toujours plus planétaire des marchés, même pour vendre des m...numériques ou même "artistiques"....
 

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Quand la haine monte

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Non à la haine?
                                  [Quelques notes sur un sujet complexe, multiforme et récidivant]
  Parler des sentiments humains n'a jamais été simple, eux qui résistent largement aux critères rationnels, mais comprendre les expressions émotives extrêmes, qui entraînent l'homme parfois aux pires excès, se révèle être une entreprise d'une autre ampleur. Le mode littéraire semble le meilleur moyen pour seulement les évoquer, en dessiner les formes, en montrer les effets, individuels ou collectifs.

     Surtout quand il s'agit de la haine, sous ses formes les plus intenses.
  La psychanalyse a et a eu des difficulté pour en comprendre les racines et les ressorts infantiles notamment, avec plus ou moins de succès, mais est muette pour en comprendre ses effets destructeurs, surtout quand ils sont collectifs.
   La haine a ses raisons obscures que la raison peine à comprendre, surtout quand elle plonge dans la  haine de soi ou quand elle gangrène une société jusqu'au pire. Les exemples abondent. malheureusement : des guerres de religions aux conditionnements fascistes à la haine, leur principal carburant, sans parler des terribles drames cambodgiens ou à l'inouï massacre rwandais.
   Le pire, c'est le phénomène de rationalisation et d'auto-justification qui l'accompagne. Pour s'entretenir, la haine a besoin de raisons, de justifications après coup de ses pires excès individuels ou collectifs. Sans culture de la haine et habile propagande, elle n'aurait pas lieu ou s'éteindrait d'elle même.
    Sur ses origines préhistoriques de ce phénomène si universellement partagé, il n'y a rien à dire de sérieux.
   Un des caractères majeurs de la haine est bien sûr son aveuglement à elle-même, qui neutralise d'emblée tout esprit critique, même dans les relations interpersonnelles, comme le montrent bien Racine et d'innombrables auteurs, c'est aussi son aspect paradoxal souvent souligné.
  La haine, un amour qui a sombré, comme le disait Kierkegaard? C'est en partie vrai, quand on voit comment dans un couple apparemment lié peuvent naître des sentiment explosifs de rejet, pour des raisons qu'on peine souvent à expliquer. Que l'amour puisse se retourner en son contraire n'a pas fini de poser problème. Comme en politique, où l'adoration mystique du Führer, s'est mutée en rejet haineux à la fin tragique du régime.
   La théorie du bouc émissaire n'a pas pris une ride: pour se justifier ou (croire) surmonter ses peurs, accuser l'autre est une échappatoire dans certaines situations de tensions ou de conflits. La haine vient parfois du sommet
    Invoquer un fragile humanité n'est pas faux, mais reste partiel.
 Le problème est que nul n'est à l'abri de montée haineuse. La claire gestion rationnelle des sentiments qui la sous-tendent peut heureusement permettre de mieux la comprendre et donc de mieux l'éviter.
   Non, vous n'aurez pas ma haine, entend-on dire parfois. Elle n'est donc pas une fatalité, pas plus que pour les résistants allemands qui voyaient monter les périls. Elle n'est pas fatale comme une maladie: avoir la haine, expression qui nous vient des banlieues, suggère qu'elle s'attraperait comme la grippe.
  Il n'y a pas de fatalité dans ce domaine. La raison et la vigilance s'imposent, comme un minimum de culture et de recul historique. IL ne suffit pas de dire: non à la haine!
                                   Car le piège peut toujours se refermer sur nous.
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Mémoire d'un tueur

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Et pas un petit!.
                      Il a fallu du temps avant de démasquer ce Serial Killer.
         Il a fallu toute l'opiniâtreté et le courage de la fille de Brest et de quelques autres
Il était pourtant prometteur et devenait une affaire en or.
On y croyait fort à Suresnes
    Comment ne pas faire confiance à une maison qui a pignon (honorable) sur rue, qui a un tel souci de sa gestion et de l'intérêt de ses (rares) actionnaires, qui a reçu la plus haute distiction.
    Du sérieux.
  Du sérieux et du métier. Servier, pour vous servir. La santé est un métier..
      L'essentiel est que nous croyons dans notre métier, disait-on à Suresnes.
    Il n'y a pas que la foi qui sauve...
   On dira que le produit miracle faisait partie le la famille des  fenfluramines, interdite aux Etats-Unis et en Europe depuis 1997 , çà cause de sa toxicité..
.         Mais certains peuvent se tromper... Le doute est toujours permis..
   Benfluorex, sed rex.
      On dira chez Servier que l'erreur est humaine, qu'un défaut d'attention peut exister, qu'un détournement a pu avoir lieu ( à l'insu de leur plein gré), que ce n'est pas le seul cas, comme la Pyotacine, et bien d'autres....
   Si on ne fait plus confiance aux labos, où va-t-on? 
A moins que... 
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- Un grand déni
- Médicaments sous influence
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Cochon à la barre

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Accusé, levez-vous!...
                               Il fut un temps, pas si lointain, où les cochons et autres animaux faisaient parfois les quatre cents coups ou même de mauvais coups.
   Toujours prêts à leurrer les humains et à les offenser, pourtant leurs généreux nourriciers. Ces ingrats parfois ne se gênaient pas, profitant de la liberté relative qu'on leur accordait, à  statut parfois privilégié. De vraies têtes de lard et parfois ils mordaient, les cochons!
   IL fallut intervenir. Pas question de jouer les Chicken run ou la ferme des animaux, façon Orwell.
   Toute faute mérite sanction Il ne faut pas laisser de délits impunis.
Qui aime bien châtie bien.
     Fallait pas rigoler avec les lois humaines, toutes imparfaites qu'elles étaient, que l'on soit cochons, mouton, dindon ou même bourdon.
   Depuis ils se sont assagis et ne méritent plus la vindicte populaire.
  Oui, au MA, les hommes ne badinaient pas avec nos amis les bêtes, du moins avec certaines, portés au larcin, même les porcins.
    Il fallait les punir après un procès en bonne et due forme.
Cochon, qu'avez-vous à dire pour votre défense? On y mettait les formes, même si cela se terminait souvent en eau de boudin.
  Oui, il fut un temps où des procès d’animaux avaient lieu. On ne badinait pas avec les incartades animalières.:    Excommuniés! Foi d'historien!
  On vous raconte tout...
     Une pratique qui n'a pas tout à fait disparu, si l'on en croit ce fait divers récent relevé en Israël, où un chien peu orthodoxe fut condamné à la lapidation.
           Ces vielles pratiques heureusement sont abandonnées. Nous sommes plutôt portés à les réhabiliter, voire à les idéaliser. Mais le mystère de l'animalité nous dépasse et nous perturbe.
   L'ambivalence est grande, même dans notre rapport aux animaux domestiques et le seul l'utilitarisme domine trop souvent.
Il existe une masse de cochons qui vivent l'enfer:

       Too manies american pigs!
  Les braves cochons de chez nous n'en reviendraient pas, eux qui ont encore une vie à peu près humaine, pas trop cochonne, sauf en certains lieux et dans certaines conditions où l'on a américanisé, taylorisé la production.(On ne dit plus élevage)
 Pareil pour les vaches.
   Même dans l'usine picarde à mille vaches, on est loin d'atteindre ces sommets.
      Dans certains Etats des USA, c'est l'horreur et ils sont vraiment...emmerdés!
                 Et tout ça, pour quelle bidoche?

 Il serait temps de valoriser l'animal, de sortir de l'anthropomorphisme.
       La fascinante biodiversité animale nous laisse trop souvent indifférents. elle qui détermine largement notre vie et notre survie.

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Quand ça dissonne en nous

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
            Dissonance cognitive
                                       Ce terme en apparence un peu barbare a été désigné par Orwell par un autre  plus accessible et intuitif, celui de la double-pensée.
    Il désigne une situation psychologique où la conscience se trouve prise comme entre deux feux, en proie à une tension interne, parfois une vraie contradiction, qui nécessite un résolution dans un sens ou dans l'autre, du fait de l'inconfort que cela engendre.
    Imaginons la situation de la fable de La Fontaine, qui illustre un aspect de ce phénomène, pas si rare qu'il y paraît:
    La fable Le Renard et les Raisins d'Ésope. Dans cette histoire, un renard voit des raisins qui sont en hauteur et il veut les manger. Comme le renard est incapable de trouver un moyen de les attraper, il décide que finalement les raisins ne valent pas la peine d'être mangés, avec la justification que les raisins ne sont probablement pas mûrs ou qu'ils sont trop acides. (D'où la locution courante « les raisins sont trop verts »). Cet exemple suit ce schéma de comportement : si quelqu'un désire quelque chose, mais qu'il le trouve inatteignable, il réduit sa dissonance en le critiquant.
        Le concept de dissonance cognitive est aussi lié au fait qu'il est plus difficile pour un individu de corriger des idées acquises depuis longtemps que d'apprendre des idées nouvelles pour lesquelles il ne dispose pas encore d'un modèle ou d'un système de représentation.     C'est la raison pour laquelle l'"éducation" des enfants revêt autant d'importance pour les religions, pour les régimes politiques totalitaires et même pour les grandes marques de produits de consommation.
   "Plus un apprentissage a été difficile, malaisé, douloureux ou même humiliant, moins l'individu est prêt à remettre en cause la valeur de ce qui lui a été enseigné. Cela signifierait en effet qu'il a investi et souffert pour rien."
          __ "Face au réel, ce qu'on croit savoir clairement offusque ce qu'on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l'esprit n'est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l'âge de ses préjugés." (Gaston Bachelard )
     De ses préjugés et de ses choix les plus spontanés, les moins analysés, les plus pulsionnels aussi.    ;Par exemple, je suis spontanément attiré pas des produits de consommation bon marché, mais je sais aussi, si je réfléchis un instant,  que leur fabrication a été faite dans des pays où les conditions de travail, de salaires, sont critiquables, et aussi que cette production se fait au détriment de la nôtre, entraînant un chômage à nos portes..Voulant faire des économies (par ex. sur un produit textile), j'entretiens objectivement les conditions d'une certaine précarité chez moi,.Cette contradiction interne est rarement résolue de  manière logique; cohérente; C'est le plus souvent les exigences du porte-monnaie qui l'emporte, le court terme sur le long terme, la coute vue sur l'analyse fondée.
.     Lorsque les croyances sont profondément ancrées, la plupart d’entre nous visent à les conserver intactes face à une réalité dérangeante. Nous mettons en place des processus psychologiques inconscients. Nous minimisons et oublions ce qui nous dérange, ou détournons notre attention, ou bien nous transformons et réinterprétons le réel de sorte que nos croyances restent intactes.
      Les croyances collectivement partagées sont prises pour des vérités indiscutables par tous, donc elles sont indiscutées. Même lorsque les faits démentent ces croyances, il vous faudra beaucoup de courage, d’abnégation et de détermination pour vous faire entendre et vous faire comprendre, surtout lorsque ces croyances infondées sont universellement partagées dans une communauté.
    Affronter de face ces croyances est plutôt risqué, voire contreproductif. Il faut éviter de provoquer le phénomène de dissonance cognitive chez votre interlocuteur. Instaurer un dialogue qui puisse déclencher un questionnement puis une prise de conscience semble à priori la meilleure solution, à condition de faire preuve de patience. C’est un combat de longue haleine.
   L’idée fondamentale de la novlangue, chez Orwell , dans le contexte politique, est de supprimer toutes les nuances d’une langue afin de ne conserver que des dichotomies qui renforcent l’influence de l’État, car le discours manichéen permet d'éliminer toute réflexion sur la complexité d'un problème : si tu n'es pas pour, tu es contre, il n'y a pas de milieu. Ce type de raisonnement binaire permet de favoriser les raisonnements à l'affect, et ainsi d'éliminer tout débat, toute discussion, et donc toute potentielle critique de l'État. Le phénomène de la double pensée  décrit la tension entre les valeurs et les impératifs exigés jusqu'à l'outrance par le pouvoir abusif.
    .Un enfant battu peut prendre paradoxalement la défense de ses géniteurs, si ceux-ci sont mis en cause pénalement pour leurs actes. Beaucoup d'Allemands devaient plus ou moins confusément se rendre compte, dès 1936, que le régime hitlérien entraînait un effondrement démocratique et développait une haine mortifère, mais les conditions d'époque, la peur et l'entraînement social les incitaient aussi à faire confiance à une parole qui promettait développement économique et ordre social.
      Entre le consommateur et le citoyen en nous existent aussi des tensions pas toujours apparentes, qui nécessitent des choix. Entre soumission, consentement.et réactions.
           Jean-Claude Michéa utilise le terme de « double pensée », repris de Georges Orwell, pour décrire la double logique libérale, qui fait d’un côté l’apologie d’un état de droit et de la libération des mœurs, et d’un autre côté, de l’économie de marché. Il met ainsi au jour les contradictions idéologiques de l’intelligentsia « de gauche ».
        Michéa tente de comprendre comment la gauche contemporaine a liquidé son fond idéologique (politique) sur la question sociale, pour reprendre à son compte les principales exigences de la logique capitaliste. Pour ce faire, il utilise le principe de la « double pensée » dont souffre Winston Smith dans 1984, d’Orwell, et l’applique à tous les penseurs sociaux-libéraux post-soixante-huitards. Il apparaît que cette intelligentsia est douée de la capacité de se mentir à elle-même en adhérant à deux propositions logiquement incompatibles : l’acceptation de l’économie de marché et la défense d’un libéralisme politique et culturel qui devient la « preuve » d’un engagement radical de gauche, le tout face à une droite chimérique qui aurait comme idéologie naturelle le néoconservatisme.
L’essai ne s’arrête cependant pas à la critique de la politique libérale, mais critique aussi ses conséquences : l’atomisation de la société en individualités égoïstes axiologiquement neutres afin d’éviter conflit entre les religions ou les idéologies. Face à cela, Jean-Claude Michéa prône l’éducation, l’amour du savoir, les liens de socialité primaires, la lutte contre toute volonté de pouvoir. Il met en avant la Common Decency c’est-à-dire les vertus populaires défendues par Orwell (la capacité de donner, recevoir, et rendre) et qui sont à la base des relations humaines.
          Pour prolonger:- Conformisme et soumission
 -Swann, un bel exemple de dissonance cognitive
-L’influence des théories conspirationnistes : pourquoi ça marche ?
-Comment une thèse discréditée conserve son influence
-Le rêve américain, dissonance cognitive et violence symbolique
           A lire aussi:
-Influence et croyances collectives
-Le mécanisme de la perte d’influence
- La soumission librement consentie, Jean Léon BEAUVOIS, Robert-Vincent JOULE.
- Les erreurs des autres. L'autojustification, ses ressorts et ses méfaits. Carol Tavris, Elliot Aronson.
- Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens. Jean Léon BEAUVOIS, Robert-Vincent JOULE
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