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Routes de la soie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
Du rêve à la désillusion?
                                           Hier, c'était l'euphorie.
 
           Aujourd'hui un peut moins.
   D'abord parce que Pékin est dans une mauvaise passe économique et revoit à la baisse certains de ses objectifs les plus ambitieux et ses partenaires se font plus méfiants ou plus résistants.
   Ce qui veut dire que le gigantesque chantier des nouvelles routes de la soie ne verra pas le jour, mais ce grand projet commercial pharaonique ne suscite pas seulement des méfiances écologiques.
    Certains craignent un péril financier, d'autres le risque d'emprise de Pékin sur des économies fragiles.
  Parfois la colère gronde à l'égard des ambitions chinoises.
  Celles-ci ne sont pas que géopolitiques, même si le nouvel Empire du milieu fait profil bas, se fait conciliant et largement contributeur.
    Mais on voit pas ce qui pourrait arrêter l'achèvement de l'une des phases décisives de la mondialisation sous égide chinoise.
      Un certain nombre d'ambiguïtés règnent cependant à ce stade, comme l'indique ce point de vue:
             ....Maintenant que la Chine s’est éveillée et que l’empire du Milieu vient à notre rencontre, sommes-nous prêts à l’accueillir ? Et dans l’affirmative, à quelles conditions : soumission ou réciprocité ? Le projet pharaonique chinois dit des « Routes de la soie » (« Belt and Road Initiative ou BRI) est aujourd’hui particulièrement bien documenté par une kyrielle d’experts reconnus. Il traduit clairement la volonté chinoise de transformer sa puissance économique en puissance militaire et diplomatique. Jour après jour, nous découvrons les dernières ramifications de la toile que tisse méthodiquement Pékin en Asie1, en Europe de 2000 à 208, Pékin a investi 55 milliards de dollars aux Royaume-Uni, deux fois plus qu’en Allemagne et en France)2, au Moyen-Orient et en Afrique. Projets d’infrastructures gigantesques que le monde découvre avec effarement. Seuls les Chinois semblent capables de relever pareils défis technologiques et financiers. Mais aussi stratégiques : diluer les règles du jeu européennes, instaurer un « nouveau type de relations internationales », engagement dans un « plan d’action postalliance » basé du de nouveaux « partenariats » avec de « nouveaux amis ». Toutes choses qui pourraient conduire à une « nouvelle polarisation du monde », « repolarisation floue ».
        Souvenons-nous, en lieu et place de céder à la tentation de la surprise stratégique, que « l’éternité est faite de trois dimensions, celle du passé, celle du présent, celle de l’avenir ». Et, c’est bien dans ce contexte spatio-temporel qu’il importe de replacer le projet déjà bien avancé des « Routes de la soie », un projet stratégique (« il faut avoir les yeux ouverts : la Chine est un concurrent, pas un partenaire », Michael Fallon, ancien ministre britannique de la Défense). « Les Chinois préfèrent devenir de plus en plus forts, si forts que leur adversaire renoncera à les affronter » souligne l’expert des questions stratégiques, Graham Allison ! Et, pourquoi pas de se livrer à un exercice ambitieux de prospective qui frise la politique fiction ? En faisant preuve d’imagination débridée – confessons-le -, l’on pourrait le comparer à une valse à trois temps, à une histoire d’amour (de désamour) à trois temps. Lançons-nous dans cet exercice incongru dans cette période de pensée cadenassée et aseptisée ! Nous passerons successivement du temps de l’admiration à celui de la soumission avant de parvenir à celui de la répulsion qui peut parfois conduire au divorce le plus sordide dans lequel tous les coups même les plus bas sont permis.
    Avec l’Empire du milieu, le rêve chinois de déverser ses bienfaits économiques sur tous les États se situant sur les fameuses « Routes de la Soie », devient au fil des ans, et comme par un coup de baguette magique, une réalité tangible. Il prend corps.
      Que n’a-t-on entendu au cours des dernières années de sympathique, de lyrique, de désintéressé3, sur ce projet de « Routes de la Soie » ! Il avait un goût d’Orient compliqué, d’orientalisme, de Route des Indes, d’épices de soieries dont on fait les plus beaux carrés de la célèbre Maison de la Rue du Faubourg Saint-Honoré, Hermès ! De quoi faire vibrer la corde sensible des amoureux de l’Empire du Milieu. Grâce à ses ressources financières colossales, ses succès technologiques, sa magnificence et sa munificence, la Chine allait aider les pays dans l’embarras (et ils sont nombreux) à disposer d’infrastructures dernier cri leur permettant d’être entièrement branché sur le circuit de la mondialisation heureuse. Et au passage de profiter de tous les bienfaits de la civilisation « Made in China ». Une version romancée et romantique du « new Deal », un plan Marshall pour nécessiteux, pour paniers percés. Il suffit de demander pour obtenir immédiatement une remise à niveau de ses ports en déshérence, de ses chemins de fer désuets, de ses aéroports peu rentables, de ses bases maritimes inadaptées aux défis du monde ouvert. Tout y passe. Rien n’est délaissé tant le Chinois est méticuleux et prêt à tout pour contribuer au bonheur des peuples délaissés, des damnés de la terre.
    Avec Pékin, c’est le Père Noël tous les jours. Rien n’est trop beau pour lui. Que de prouesses technologiques jalonnent cette aventure désintéressée, altruiste car venant de Chine et non d’affreux pays capitalistes et colonialistes tentés par le gain et la domination. Avec les Chinois, rien de tout cela. Pékin vient vers vous pour guérir tous vos maux. C’est bien connu, la médecine chinoise fait des miracles mais sans les effets secondaires de la pharmacopée allopathique. Tels sont les bienfaits reconnus universellement des médecines douces ! Et, comme cela était largement prévisible, nombreux sont les patients à confier leur santé au bon Docteur Xi Jinping4 et à tous ses collaborateurs. C’est une authentique histoire d’amour qui n’a rien à voir avec la morgue de l’Oncle Sam (ce voyou de Donald Trump5) qui vous met en coupe réglée pour prix de votre soumission stratégique. Les idiots utiles de l’OTAN sont bien payés pour le savoir. Ne voilà-t-il pas que ce grossier personnage ose réclamer son obole à ses alliés sous le vocable barbare de « partage du fardeau » ! Rien de tout cela avec la puissance bienfaitrice chinoise6 qui ne pense qu’au bien-être des peuples égarés. Rien de comparable entre le « hard power » (le bâton) de Washington et le « soft power » (la carotte de Pékin). Avec les Chinois, c’est comme entre Carla et Nicolas, c’est du sérieux. Pas une amourette sans lendemain ! Mais, l’amour est d’autant plus durable qu’il est concerté et consenti, non imposé et subi. Or, dans le sujet qui fait l’objet de toutes nos attentions, nous serions plutôt dans la seconde branche de l’alternative. Contrairement à ce que pensent certains Candide, nous ne sommes pas dans le monde des bisounours, mais dans celui des monstres froids qui défendent, d’abord et avant tout, leurs intérêts bien compris.
    C’est qu’à trop dépendre de son bienfaiteur, vieille règle que nous enseigne l’expérience, on aliène petit à petit son autonomie, son indépendance si chèrement conquise pour se retrouver dans les mains de son créancier avec une marge de discussion réduite. Telle est l’une des leçons de l’Histoire ! Le banquier n’a pas pour qualité le désintéressement.
     Après le temps béni de l’idéalisme vient immanquablement le temps honni du réalisme avec son cortège de mesquineries, d’humiliations de toutes sortes qui rend le projet des « Routes de la Soie » de moins en moins sympathique pour ses bénéficiaires médusés ! La désillusion fait rapidement place à l’illusion candide.
  « I want my money back » : un juste retour
     Avec la Chine comme avec ses créanciers (les banquiers qui voient rouge lorsque votre compte passe au rouge), l’histoire d’amour se transforme vite en vulgaire histoire de gros sous. C’est que Pékin entend tirer le meilleur parti de ses atouts pour prendre toute sa place dans le système multilatéral délaissé par l’Oncle Donald et son acolyte John Bolton7. C’est que Pékin entend, plus prosaïquement tirer les marrons du feu de ses investissements dans les pays qui ont la chance de se trouver sur le tracé des « Routes de la Soie ». Peut-être, suggèrent-ils, mezzo voce, une douce rengaine qui pourrait se résumer ainsi : ne faudrait-il pas commencer à rembourser les intérêts de la dette avant le capital pour demeurer de bons amis ! Si tel ne pouvait pas être le cas – les bénéficiaires de la manne chinoise sont par nature fauchés comme les blés -, il faudrait penser à d’autres solutions moins élégantes. Nous ne sommes pas au Club de Paris où l’on rééchelonne les dettes, de facto on annule – les dettes des mauvais payeurs pour leur donner une bouffée d’oxygène salutaire afin de leur éviter la noyade par asphyxie. À Pékin, un sou est un sou et la fourmi n’est pas philanthrope, n’est pas prêteuse à croire Jean de la Fontaine. Et, les Chinois connaissent mieux les grands classiques de l’Occident que nous possédons les grandes figures de l’Orient. En particulier, un écrivain français qui a pour nom, Etienne de la Boétie, auteur d’un excellent traité qui a pour titre Discours de la servitude volontaire (1548). Il y professe que les peuples sont responsables de leur mise sous tutelle. Ce terme rappelle étrangement celui des Territoires sous Tutelle de quelques grands à l’époque de la Société des Nations (SDN) à qui a succédé l’ONU. Et, Pékin de proposer de prendre possession directement de la marche des infrastructures, d’en recevoir la manne pour se rétribuer. Voire même le cas échéant de mettre son nez dans le fonctionnement de l’État en délicatesse avec lui. C’est qu’en politique la comptabilité remplace les bons sentiments.
       Que nous les voulions ou non, nous sommes aujourd’hui confrontés à une sorte d’ingérence de type colonial à la sauce chinoise. Une sorte de soumission librement consentie par l’un de deux membres du couple pour continuer, bon gré malgré, à être aimé de son bien aimé. Mais, il en va de la soumission comme des roses, elle ne dure qu’un temps. De la soumission à la répulsion – qui peut parfois prendre la forme de la révolution -, il n’y a souvent qu’un pas à franchir. Si ce n’est bien évidemment qu’une hypothèse d’école, à ce jour du moins, elle ne doit pas être pour autant écartée pour de simples raisons d’a priori par nos dirigeants peu clairvoyants et nos stratèges d’opérette. Gouverner, n’est-ce pas prévoir… et surtout l’imprévisible pour tenter de s’en prémunir autant que faire se peut de toutes éventualités ? Ce que nous avons trop tendance à perdre de vue alors même que la décennie écoulée fut riche d’expériences, le plus souvent mauvaises (Cf. les mal nommés « printemps rabes » et les fantasmes auxquels ils donnèrent lieu sur l’implantation pérenne de la démocratie dans les pays occidentaux). Surtout lorsque l’on sait que la Chine veut modifier l’ordre international à son avantage8 (elle investit massivement à l’ONU, profitant du vide laissé par Washington9) et que seuls les États-Unis leur tiennent tête, sanctions commerciales à la clé (Cf. le bras de fer actuel entre les deux concurrents dont les négociations bilatérales en cours n’ont pas eu raison)10. Certains évoquent l’idée d’une guerre froide technologique (Cf. le contentieux majeur au sujet du géant chinois des télécommunications qui a pour nom Huawei)11. Les instituts Confucius désormais sont perçus avec suspicion12. Les achats de vignoble et autres joyaux du patrimoine français suscitent désormais quelques réactions de rejet face à un corps étranger.
     Comme dans l’histoire de nombreux couples, après le temps de l’amour fou, aveugle, vient celui de la routine moins romantique, voire le temps des querelles mesquines, de la séparation, du divorce plus ou moins pacifique avec lourdes pénalités à l’appui. Ce qui vaut pour les relations humaines vaut également pour les relations entre États.
      L’histoire du XXe siècle nous apprend que le réveil des peuples est souvent annonciateur de changements, de bouleversements inattendus qui peuvent conduire à des phénomènes paroxystiques incontrôlés surtout lorsque les comptables prennent le pas sur les politiques. L’on connait trop bien les aléas de la réponse du faible au fort, en particulier en Afrique et au Proche et au Moyen-Orient.
         Et c’est là que nous abordons – sans le moindre complexe et la moindre retenue – le temps de la prospective, de la science-fiction la plus pure pour envisager l’avenir des « Routes de la Soie » dans sa version la moins rose et lyrique qui soit. Toute médaille a son revers. La Chine fait peur13. Il arrive que les peuples humiliés se cabrent. Il y a des choses qui se racontent mal, et l’humiliation en est une. Rappelons, et les Occidentaux sont particulièrement bien placés pour le savoir, que l’on arrive souvent en terre étrangère comme libérateur (Irak, Afghanistan, Mali…) et que l’on en repart pour puissance occupante plus vite qu’on l’avait envisagé, parfois sous la pression d’un terrorisme rampant mais non moins meurtrier. Comme le souligne Pierre de Villiers, « en vingt ans nous avons perdu toutes les paix ». C’est que le monde a bien évolué au cours de la dernière décennie. « Le terrorisme vise à créer des amalgames et à fédérer des sensibilités différentes, en s’appuyant sur des sympathies, un sentiment d’humiliation, de rejet » (Dominique de Villepin, Le Figaro, 20 janvier 2015)Avons-nous tiré toutes les conclusions de ces changements de paradigme ? La réponse se trouve à l’évidence dans la question.
      C’est qu’aujourd’hui, les « Routes de la Soie » soulèvent déjà quelques interrogations qui font figure de ce que la communauté du renseignement qualifie de « signaux faibles »14. Accusé d’entraîner l’Afrique dans « le piège de la dette », le ministre chinois des Affaires étrangères s’en défend (Forum de la coopération sino-africaine, 25 juin 2019), mettant en avant que Pékin soutient prioritairement des projets de développement durable sur ce continent. Ces propos reprennent mot pour mot ceux du président Xi Jinping15 lors du sommet Chine-Afrique en décembre 201816. Le chef de la diplomatie chinoise répondait indirectement aux critiques formulées récemment par le secrétaire d’État adjoint américain pour l’Afrique accusant Pékin de visées anticolonialistes et de mettre à genoux certains pays africains. Il se montrait disposé à faire un geste pour échapper aux critiques américaines. De là à ce que ces critiques soient reprises par certains gouvernements africains financièrement aux abois sous la pression du FMI, il n’y a qu’un pas. Qui sait, un sentiment antichinois pourrait progressivement se développer et prendre des formes diverses, y compris en Occident17 ! La câlinothérapie ne s’avère pas toujours suffisante pour calmer les inquiétudes grandissantes des investisseurs18.
       Dans ce domaine, l’imagination n’a pas de limites. Telle est la dure réalité de la guerre dite asymétrique, la réponse du faible au fort. On pourrait penser à quelques expulsions de nationaux chinois, d’enlèvements de ressortissants chinois avec libération conditionnée par le versement de coquettes rançons, d’assassinats ciblés (ce que les hommes de la force « Barkhane » connaissent parfaitement), de tueries à plus grande échelle, de nationalisations des biens chinois sans contrepartie… Dans ce domaine l’imagination n’a pas de limites. Le pire est toujours possible. L’Histoire des décennies passées est très instructive pour celui qui accepte d’en tirer les leçons même si comparaison n’est pas toujours raison. Il s’agit bien évidemment d’hypothèses extrêmes qui pourraient ne jamais survenir comme elles le pourraient aussi bien. La politique n’est-elle pas l’art de se préparer au pire et non d’attendre les bras croisés qu’il se produise ? Surtout lorsque le différend sino-américain n’a jamais été aussi profond, monopolisant une partie des débats du récent G20 d’Osaka (28-29 juin 2019)19 et que la situation à Hongkong commence à lasser Pékin qui estime que la parenthèse/plaisanterie démocratique n’a que trop durer (la Chine accuse les États-Unis de « saper la stabilité »)20. Gustave Flaubert nous donne un judicieux conseil : « Médite donc plus avant d’écrire et attache-toi au mot ». Or, de nos jours, sous la pression du temps, de l’immédiateté de la réaction, nous avons trop tendance à perdre le sens précis des mots. Car, comme nous le rappelle Albert Camus : « mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » ! Accepterons-nous de bien les nommer, contrairement à l’habitude ?
      L’angélisme est une plaie en ces temps conflictuels. Le futurible, c’est la part du futur que l’homme possède le pouvoir de créer. Et c’est bien de cela dont il s’agit aujourd’hui pour une Chine qui apparait comme une magistrale stratège de l’ambiguïté. « Elle est passé maître dans l’art de … dérouter »21. Pour la Chine laborieuse, la difficulté de l’effort – celui de la mise en place de son projet de « Routes de la Soie » – est le signe qu’il en vaut la peine à la condition expresse qu’il soit payé de retour. La Chine affiche clairement ses ambitions22 et ambitions il y a23. Les Chinois négligent ni la dimension diachronique, ni la dimension synchronique dans leur approche de l’Histoire. Il faut le leur reconnaitre volontiers cette immense qualité. Pour ce qui les concerne, les pays d’accueil des projets d’infrastructure des « Routes de la Soie » ne devraient pas perdre de vue que les puissants n’accordent leurs faveurs et leur amitié protectrice qu’en échange de la servitude. Et quel prix sont-ils disposés à supporter en échange de cette servitude volontaire (« L’homme est une prison où l’esprit reste libre », Victor Hugo) ?
      « Regarde au loin ». Tel est le conseil que nous prodigue le philosophe Alain. Là est la question fondamentale que ne manquera pas de soulever dans les années à venir le projet ambitieux chinois. Souvenons-nous que les mots – abstraits par essence – restent toujours moins parlants que les impressions de terrain – concrètes par nature-, telle est la réalité de notre monde. « L’enfer, c’est là où il n’y a pas de pourquoi » (Primo Levi, 1947). Et c’est bien la question du pourquoi qui est au centre le problématique des « Routes de la Soie ». Où vont-elles conduire la Chine et les nombreux récipiendaires de ses mannes dans les années à venir ? Les antagonismes l’emporteront-ils sur les connivences ? Certains signaux ténus sont parfois plus éclairants que la lumière vive. Ce qui nous rappelle, « qu’au fond, l’essence de la diplomatie, c’est la compréhension de l’autre »24. Les Chinois ne devraient pas oublier que dans la vie internationale, le cauchemar peut souvent faire place au rêve et cela plus vite qu’on peut l’imaginer !  [Guillaume Berlat]
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Bien souvent courbes varient

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
 Ça va, ça vient...
                          Ça monte, ça descend.
    Chants de victoire ou de déploration..
           Curieusement plus souvent dans les périodes pré-électorales.
     Une courbe pas très nette, qui donne le tournis.
 Elle s'inverse claironne-t-on. Elle redescend, se lamente-t-on. Mais ce n'est que circonstanciel, se rassure-t-on. C'est comme la ligne bleue des Vosges, dans un combat incertain, plus long et plus rude que prévu. Sans doute perdu d'avance si on ne repense pas au plus vite le partage du travail sous diverses formes, qu'il reste à inventer.
     Mais tous n'ont pas les mêmes lunettes et oublient parfois que les petites ou grandes oscillations, saisonnières ou non, sectorielles ou pas, ne sont que l'expression d'un problème de fond rarement analysé depuis les années 70: essentiellement, la financiarisation de l'économie, la mondialisation prônée pas l' OMC et la mise en concurrence de la main d'oeuvre au niveau;planètaire.
       Tout le monde n'est pas également touché, mais beaucoup plus qu'on ne croit sont menacés, dans un état de précarité qui peut demain basculer, ou se trouvent hors statistiques. Missing. Perdus de vue.
     Au poste de vigie, l'Insee  scrute l'horizon, sur des données partielles et révisables et, comme Soeur Anne, ne voit rien venir. Des îlots, par ci par là. Mais de terre ferme, point. Les vents restent défavorables ou la bourrasque menace. Le ciel est toujours changeant, les données météo peu fiables, les vents s'inversent vite... Déjà en 2013, on nous annonçait la croissance pour Noël. Le Sapin serait beau. Mais on se ravisa peu après. La boule de cristal aurait perdu...la boule. 
    Car les chiffres sont aussi des faire-valoir politiques, instrumentalisés.
Que valent-ils donc, eux qui donnent l'impression d'être sur une terre mouvante?
   Que sait-on des "vrais chiffres", ou des plus fiables, derrière toutes les approximations, les traficotages et les manipulations? Quelle part au chômage invisible, ici comme ailleurs?
  Sans parler du nombre croissant de travailleurs pauvres et précarisés.
     Il est bon de regarder par-delà la courbe fluente et magique et de ne pas céder aux leurres    (*)
Et de dépasser les polémiques de surface.
..________________ 
           __(*)...Le chômage et les controverses relatives à l’évaluation de son ampleur et la véracité des données fournis sont des phénomènes planétaires. Les débats et polémiques ainsi engendrées présupposent qu’il existe un chiffre objectif du nombre de chômeurs, que le découpage statistique entre chômeurs, population active occupée et population inactive est facilement définissable et, surtout, que les hommes et femmes politiques jouent un rôle déterminant dans sa gestion et sa réduction. Au contraire, les économistes expliquent aujourd’hui que « l’essentiel du phénomène tient dans l’hétérogénéité de son contenu, dans l’indétermination de ses frontières, dans la diversité des statuts des chômeurs et de l’impact qu’exerce le passage par le chômage sur leur destin individuel. » Pourtant, d’aucuns s’accordent que son évaluation est cruciale pour l’analyse de la politique macroéconomique.
     Dans ces conditions, que penser des annonces des différents gouvernements ? En septembre 2016, les Etats-Unis disent avoir un taux de chômage de 5%, l’Allemagne 6.1%, la Grande-Bretagne 4.9%. Les chiffres français du mois dernier ne sont pas encore disponibles mais nous savons qu’en août, ils repassés au-dessus de la barre des 10% (10.3%), juste en-deca de la moyenne de l’Europe à 28 (10.1%). Selon l’agence Eurostat, les deux pays les moins affectés de l’Union Européenne (U.E.) en juillet étaient la République Tchèque (3.7%) et l’Allemagne (4.2%) alors que les deux pays les plus touchés étaient la Grèce (23.4%) et l’Espagne (19.5%). 1    
   Jusque-là, rien de bien nouveau. Ce sont les chiffres récités ad nauseam dans la presse, souvent sans aucune explication. Ces articles donnent cependant deux fausses impressions : ils laissent supposer que, premièrement, les chiffres fournis par les différents pays sont directement comparables et que, deuxièmement, les statistiques sont fiables et objectives. Il ne s’agit généralement pas d’un problème de fiabilité mais plutôt de l’imperfection des instruments de mesure et de la multiplication des définitions et des indicateurs, ce qui constitue inévitablement « une source de tentation pur les gouvernements...
   Les français les mieux informés savent bien que les statistiques nationales peuvent être manipulées ou, pour être plus précis, utilisées de manière malhonnête ou mystificatrice. L’économiste Jacques Sapir rappelle par exemple que les données hexagonales ne sont pas celles du « chômage » mais celles des « demandeurs d’emploi », c’est-à-dire la ‘’catégorie A’’ qui recense le nombre de « demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi. » Manquent ainsi à l’appel les travailleurs à activité réduite plus ou moins longue ainsi que ceux non tenus de rechercher activement un emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie, d’un contrat aidé, etc.). Ainsi, si cette catégorie A peut en effet servir de référence, on ne peut que regretter qu’elle ne soit pas plus inclusive....
...La quasi-totalité des medias semble s’accorder sur un fait : l’économie américaine est repartie ! Un des indicateurs souvent cités est le chiffre du chômage qui, d’un point haut à quasiment 10% en 2009 est retombé à 4.9% en 2016. Comme en France, il faut regarder de plus près les méthodes de catégorisation des demandeurs d’emploi. Les chiffres ci-dessus ne comptent que les citoyens américains classés U3, c’est-à-dire les individus ayant activement recherché un emploi durant les quatre dernières semaines avant l’enquête gouvernementale. Le taux de chômage U3 est défini de manière relativement étroite et ne prend en compte ni les demandeurs d’emploi découragés, ni les travailleurs à temps partiels qui n’arrivent pas à trouver d’emploi à plein temps. C’est pourquoi le bureau américain des statistiques utilise aussi la catégorie U6, plus large, et qui, stable depuis la mi-2015, s’élevait le mois dernier à 9.7%.
     Cependant, cet indicateur a ses propres limites. D’abord, il n’intègre pas les découragés longue durée. Le site Shadowstats, géré par un consultant en économie publique, estime que si ces derniers étaient recensés, le taux de chômage américain serait depuis 2010 aux alentours de 23%. C’est d’ailleurs un chiffre parfois cité par Donald Trump pendant sa campagne présidentielle. 3  
    La raison principale est qu’aux Etats-Unis, l’assurance chômage est distribuée pendant une période de temps bien plus courte qu’en Europe : en général, 26 semaines (6 mois). Deux états seulement, le Montana (28 semaines) et le Massachussetts (30 semaines) se montrent plus généreux. Plusieurs états du sud-est, comme la Floride, la Géorgie ou la Caroline du Nord, limitent l’allocation à environ 3 mois. Ainsi, nombreux sont ceux qui, après l’expiration de leurs droits, ne se présentent plus mensuellement au bureau pour l’emploi local et se trouvent radiés de ses listes....  (Merci à A. de Saint-Denis)
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Conte de fées (néo)libéral)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
On (n')a (pas) tout essayé                          (Bis repetita...)
                               On nous raconté de belles histoires depuis les années 80, ou plutôt on nous a masqué les évolutions (les choix) en cours, présentées comme modernes, voire inéluctables.
  On a dévoyé la notion de libéralisme politique, née de la Révolution Française et celle, bien tempérée, d'un certain libéralisme économique contrôlé, au service du plus grand nombre, pour une plus équitable redistribution..
      L'Etat est sorti de ses rails et  a donné aux marchés un espace de plus en plus important jusqu' à être phagocyté par eux. D'où les renoncements et les abandons, les collusions et le piège s'est installé: on a tout essayé, comme disait L.Jospin, impuissant.
   Les conflits d'intérêts et les passages continus des décideurs du public au privé et vice-versa ont favorisé une évolution observée à peu près partout, sous l'influence d'une finance mondialisée de plus en plus puissante et d'une rente qui atteint des sommets.. Les instances étatiques se trouvaient entravées dans leurs décisions et favorisaient même le développement de puissances financières qui imposaient leur loi, la spéculation prenant le pas sur la production.
    A la suite des "révolutions libérales" de Thatcher et Reagan, la loi des marchés devaient devenir la loi et les prophètes pour la plus grande prospérité des peuples au niveau mondial, disait-on.
   There is no alternative, disait Maggie, qu'on a pris l'habitude de traduire par le sigle TINA.
      L' 'Etat était devenu le problème et non la solution, selon les dogmes de Reagan.
  L'ultralibéralisme gagnait des points dans les choix et les orientations majeures. L'extrême, c'est le minarchisme, dont la principale égérie fut Ayn Rand.  Hayeck et l'école de Chicago, avec Milton Friedman, conseiller de Pinochet, furent les livres de chevet de la Dame de fer, dont Fillon, il y a peu, vantait les choix politiques et économiques, l'Etat abandonnant ses fonctions de contrôle et de régulateur et ne gardant que le minimum, ses fonctions régaliennes.
    L'Etat est peu à peu devenu le servant des groupes financiers et des multinationales, facilitant leur pénétration et leurs concentration. Ce que Roosevelt avait condamné en son temps.
          ___Assisterait-on à un début de retournement?
  Des signes sembleraient l'indiquer: des économistes, qu'on dit atterrés, veulent remettre les choses à l'endroit, contre la colonisation par de puissants intérêts privés de certaines structures de l'Etat, notamment dans le courant né de la crise.
   On constate aussi que des voix s'élèvent, au sein du très conventionnel FMI, pour remettre en cause des choix politiques asservis à des intérêts qui font du lobbying permanent et du chantage à l'emploi, critiquant même les décisions funestes prises à l'égard de la Grèce par une Europe à la ligne étroitement néolibérale.
    Un autre monde est possible, disent certaines voix, qui veulent changer un logiciel aux effets pervers.
  Le retour à l'Etat régulateur est enfin de plus en plus demandé, au service de l'intérêt général, pour retrouver les principes fondateurs et démocratiques.
    Oui, il faut envisager des alternatives, retrouver de nouveaux chemins, sortir du tunnel, du piège, qui peut mener à de nouvelles crises, l'Etat ayant déjà renfloué les banques en notre nom et nous faisant payer les intérêts d'une dette qui n'était pas fatale.
     Comme le signale Gilles Ravaud, le monde a changé ! Si vous plongez dans les travaux de recherche des économistes, dans les gros rapports des institutions internationales, voici ce qui ressort : il y a trop d'inégalités, trop de finance, les salaires ne progressent pas assez, il faut plus d'investissements publics, lutter contre les paradis fiscaux et promouvoir la lutte contre le changement climatique !
   Le libéralisme économique a perdu la bataille intellectuelle. Il peut perdre la bataille politique. Une mondialisation régulée, c'est possible, une finance au service de l'économie aussi. L'Europe n'empêche pas les politiques nationales : la France peut développer sa propre politique industrielle, faire reculer le chômage, réduire les inégalités, sortir du " tout croissance ". Et pas besoin d'en passer par le rejet de l'autre, comme Trump, ou par le rejet de l'Europe, comme avec le Brexit. On peut, aujourd'hui, suivre une voie progressiste et écologique sans sortir de la mondialisation ou de l'Europe.
    Laisser faire les marchés, livrés à eux-mêmes est le contraire des tâches bien comprises de l' Etat investisseur et stratège, qui doit retrouver ses fonctions, dans l'esprit de Philadelphie, largement oublié.
  La loi du marché n'a pas que des conséquences matérielles.
     La régulation est une nécessité, de plus en plus affirmée. Toute la question est celle du passage réel à une autre logique, à un renversement des priorités,  au delà de l'échelle nationale. Avant qu'une nouvelle crise, plus cruelle, nous oblige à le faire.. Piketty nous ouvre quelques voies, après d'autres.
       Au moins au niveau européen. Il y a encore du chemin à faire...
          A condition de sortir de l'ornière d'une certaine économie de complaisance 
et des bréviaires en vogue. ___________________
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Mais qui va garder le Château?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il était une fois Fillon...)

C'est beau, Beaucé!
                            Mais faut bosser pour entretenir les lieux.
     Un manoir de cette valeur, cela demande du soin, du pognon, de la présence.
      Pénélope seule ne pourra y pourvoir.
           C'est surtout le tissage qui l'occupe.
    Pendant que François tisse sa toile de son côté, depuis quarante ans. Une persévérance graduée, obstinée,à toute épreuve.
   Avec son programme innovant, notre pilote chevronné compte bien casser la baraque, pour rénover son domaine, .
     Mais c'est pas gagné
         Un accident , une sortie de route, c'est vite arrivé.
Comme dit l'autre:
 Fillon sait bien qu’il ne suffit pas de faire la course en tête pour l’emporter sur la ligne d’arrivée. Flaque d’huile, casse mécanique, météo capricieuse… Un rien peut faire sortir un as du volant de sa trajectoire
    
 Le Grand Prix de l'Elysée n'est pas encore à sa portée. malgré ses supporters enthousiastes.
     Sa formation de pilote reste imparfaite.
    Certains attendent, en spectateurs mi-sadiques, mi-inquiets, l'accident de parcours sur ce circuit atypique.
        D'autres sont moins timorés au vu des épreuves exceptionnelles inhérentes à ce type de compétition hors-norme.
 
          Il est vrai que la vitesse, mal maîtrisée, ne pardonne pas. Mais notre Fangio aurait une bonne assurance-vie et les soins post-traumatiques seront (peut-être) remboursés pas la Sécu...
                De toutes manières, ,pronostiquent des "experts", les dégâts pourraient être sévères...
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- Mais c'est le FN qui risque d'engranger les colères...
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Brexit erratique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

My God!
          Mais c'est une histoire de fou, une situation que Shakespeare n'aurait osé imaginer.
             C'est la guerre à la Chambre. Bientôt dans le royaume?
               La reine ne dit mot. Finira-t-elle par descendre dans l'arène?
       Mais où va le funambule de la Tamise?
   Au début, on se posait des questions, après on disait disait: bon débarras! puis ça s'est gâté. Ce fut un fog de plus en plus épais;
      Va-t-on vers la possibilité d'une île...qui dérive vers le grand large, selon l'expression de Churchill. Mais sans boussole.
   On se frotte les yeux Kafka s'y reconnaîtrait.
Si vous avez compris ce qu'est le Brexit, c'est qu'on vous a mal expliqué, disait quelqu'un.
     A moins que ce soit la Théorie du fou?
          "...Johnson a peut-être adopté ce que le théoricien des jeux Thomas Schelling a appelé la « théorie du fou ». Cet ancien prix Nobel fut également conseiller stratégique. Or la théorie du fou, telle qu’adoptée par exemple par Nixon en temps de guerre froide, suppose qu’en situation de conflit, il est rationnel d’augmenter la mise, c’est-à-dire, dans ce cas, la menace, pour faire reculer l’autre camp.


  Une stratégie qui fut utilisée au Vietnam, que certains observent chez Trump et qui remonte déjà à Machiavel.

   Une autre allégorie pour comprendre cette stratégie issue de la théorie des jeux, serait celle dite de la poule mouillée. Imaginez que deux voitures foncent l’une sur l’autre à grande vitesse. Le pilote gagnant est celui qui ne s’écarte pas. Plus vous attendez, plus l’autre croit que vous ne serez pas le premier à céder.*Le piège, c’est que cette approche doit rester crédible et qu’elle doit donc s’appuyer sur des actes de folie aléatoires et/ou un engagement à ne pas reculer. Cela pourrait amener le Royaume-Uni dangereusement près de la date du 31 octobre Brexit sans qu’une nouvelle entente ne soit conclue. En espérant que la stratégie des deux « voitures » ne se conclue pas en un terrible accident...."
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Ah! Ces fonctionnaires...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 C'est une vielle chanson...
                         Mais elle change de  paroles depuis un moment et elle modifie sa  musique par les temps électoraux qui courent.
      C'est bien connu, entend-on même dans les chaumières, surtout en période de précarité de plus en plus généralisée, au lieu de s'interroger sur les causes de celle-ci: les fonctionnaires sont trop nombreux, ils travaillent peu, quand ils servent à quelques chose, ils ont la stabilité de l'emploi, etc....(*)
     Si on répète que les infirmières travaillent trop, que les policiers n'ont pas toujours la vie facile, que les juges sont en sous-effectifs constants, que le personnel des ehpads est débordé, qu'en psychiatrie, c'est la misère, que les professeurs des écoles sont sous-payés, etc...on ne se fait pas toujours entendre.
      Certains emplois, bien sûr, posent des problèmes de répartition, d'abus dans certains domaines, de pantouflage connu dans la haute fonction publique notamment, etc.....Et puis, nobody is perfect..
        Mais le programme de F.Fillon, déjà bien préparé par une gauche libéralisée, vise à les réduire drastiquement, à augmenter leur temps de travail et à remettre en question leur statut, à marche forcée, avec l'objectif-commando irréaliste de 100 milliards d'économie..Le new punlic management n'a pas encore donné toute sa mesure...
  (Sans évoquer les 60 milliards d'évasion fiscale annuelle qui manquent à la France, les aides à fonds perdus et à effets d'aubaine à de grosses entreprises, l'inégalité criante devant l'impôt, le montant astronomique de fortunes de plus en plus indécentes...)
   Non, il faut li-bé-ra-lis-er!
           C'est le leitmotiv. Sus donc aux les fonctionnaires, ces galeux dont nous vient tout le mal!.
  Trop de fonctionnaires ?    il faudrait y regarder de plus près...
     Ce sont des nantis?: cette idée simpliste ne résiste pas à l'analyse. Il suffit de regarder les salaires à la Poste, chez un personnel de plus en plus précaire.
   Le but du libéralisme financiarisé (l'Etat est le problème, comme disait Reagan) est de parvenir au plus vite à dé-fonctionnariser, désétatiser certaines tâches d'intérêt public, comme on doit dire maintenant, selon la novlangue en cours, qui masque les sous-entendus..  Bruxelles défend ses fonctionnaires mais prône une ouverture libérale pour les autres, en la justifiant par les arguments en apparence de bon sens.
        Le journal Le Monde, pourtant peu révolutionnaires, c'est un euphémisme, s'est livré à une petite enquête qui dérange (un peu) bien des idées reçues:
        __Les fonctionnaires ne serviraient à rien
        __ Ils seraient trop nombreux:
   La France compte, en valeur absolue, le plus grand nombre de fonctionnaires en Europe. Mais, la France est également l’un des pays les plus peuplés d'Europe.. Ramené à la population, notre pays est donc loin d’avoir le plus grand nombre de fonctionnaires.
        __Ils auraient tous la sécurité de l'emploi
  Près d’un agent public sur six est un contractuel, soit une partie non négligeable des effectifs de la fonction publique. 20 % des contractuels n’ont pu occuper leur poste que trois mois en 2014.
        __Supprimer des postes dans le public en créerait dans le privé
  L'exemple du service des eaux en est un bon contre-exemple:  « La fourniture d’eau potable est l’exemple parfait du type de services que les collectivités locales ont privatisé et sur lequel elles sont en train de revenir. En privatisant ce service, les collectivités locales ont eu un vrai problème de suivi des coûts. Les entreprises privées leur facturaient des fuites d’eau àà réparer, des interventions préventives, etc. Impossible pour les collectivités locales de savoir ce qu’il en était vraiment. »
                    
         C'est bien connu, quand on veut tuer son chien...
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(*) - Mais il paraît que l'humour sur les fonctionnaires ne fait plus rire.
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Passé compliqué

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

C'est un débat qui revient régulièrement, comme la chute des feuilles en automne
   Largement insoluble sur l'essentiel.
       La guerre picrocholo-orthographique 
                                                     La Belgique entre en guerre... et y renonce.
          Elle passe vaillamment à l'offensive avant un repli prudent.
      Elle ne se battra pas seule sur le participe et ne participera plus tant que la francophonie ne bougera pas.
   Dur! l'accord qui divise et qui fait trembler les écoliers et même...les ministres!
       Les humiliations, ils en ont vécu(es) (?!)
               IL n'y a pas le choix, le singulier s'impose
  C'est comme ça. On appelle ça l'arbitraire de la langue. 


      L'orthographe dans sa forme actuelle, nous vient de...pas si loin.   Au 17° siècle, il fallait bien mettre de l'ordre dans le grand n'importe quoi des écrits divers et variés, même si Voltaire mis plus tard son grain de sel contestataire. 
     C'est la faute à Vaugelas, hélas! Il a fait ce qu'il a pu...
      Qu'en aurait pensé l'auteur (belge) de Bon usage de la langue française?
        Et qu' en dit Amélie Nothomb?
  Il manque l'avis de Jupiter sur le sujet et peut-être des décisions douloureuses (ou libératrices), qui ne nuiraient pas à Sa Grandeur.
   Depuis le temps qu'on parle de réformer l'orthographe...à la marge.
     Craindrait-on le risque de nivellement sur des points de détail, alors qu'on l'accepte sur l'ensemble des exigences scolaires?
  Le français est en souffrance, ça commence à se savoir...et à se voir
     Mais faut-il continuer à se battre pour l'accent circonflexe par exemple, sur le passé (pas si) simple, sur l'usage oublié du point-virgule? Par contre, la confusion de plus en plus fréquente aujourd'hui entre le futur et le conditionnel n'est pas sans conséquences cognitives. (Je pourrais vous en parler longtemps. Si j'ai le temps, je pourrai le faire demain...)
           Il faut se méfier du mythe du linguistiquement (trop) correct, mais on attend un nouveau Vaugelas qui mettrait un peu plus de raison dans la jungle orthographique et d'ordre dans les jeunes (ou moins jeunes) têtes blondes embrouillées...Jusqu'à un certain point.
             (Je me relis, on ne sait jamais...)
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Dénégations et réalités

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Shimon Peres: mythe et réalité
                                     Au milieu des éloges convenus en  de telles circonstances, des dissonances se manifestent sur  le rôle réel joué par le militant et le pionnier des premiers jours, son rôle de fondateur et d'homme politique, jugé souvent ambigü.
     Une vie complexe, à l'image de la société israëlienne, de sa nature particulière et des ses évolutions.
      Que des voix palestiniennes ne ménagent pas leur critiques, cela n'a rien pour étonner, lui qui ne fut pas toujours du côté des négociateurs les plus engagés, comme Rabin, qui, bien que militaire,  voyait avec dégoût se développer l’idolâtrie de la terre, le Bloc de la foi et  écrira dans ses mémoires, que c'était « un cancer au sein de la démocratie israélienne, mais le combat ne pouvait réussir alors que le parti travailliste était profondément divisé face aux militants du Goush Emounim, des gens que le ministre de la Défense, Shimon Peres, qualifiait de véritables idéalistes et soutenait... »
   L'instrumentalisation des idéaux sionistes modérés du début fut assue par des groupes de plus en  plus radicaux, qui causèrent sa mort et pesèrent de tout leur poids pour radicaliser le pouvoir et s'engager dans une occupation, dite d'abord illégale, de ce qu'ils appelèrent Judée-Samarie, avec toutes les conséquences que l'on sait.  Charles Enderlin a bien décrit le processus.
    Un Shimon Peres de légende, qui lâcha prise avec la montée de la droite, du Likoud, puis de l'extrême- droite avec l'équipe de Netanyahou, de Liberman et des religieux les plus radicaux, avec l'ambition affirmée d'un Grand Israël,malgré toutes les protestations internationales et en dépit des accords signés.
      Ils sont beaucoup à ressentir au moins une certaines gêne devant tant d'unanimisme officiel à la fin de sa vie. Le pragmatisme étatique a le plus souvent pris le pas sur la véritable volonté de paix, malgré le Prix Nobel de circonstance.
   Un faucon devenu colombe, dit-on. C'est un peu plus compliqué que cela, quand on se rappelle la critiquable expédition libanaise, ses silences sous Sharon, la montér des radicalismes et ses initiatives dans les premières formes de colonisation, qui ne disait pas encore son nom. . La presse critique israëlienne, ou ce qu'il en reste, en est d'accord.  Dans les années 70, alors qu’il est devenu ministre de la Défense, il cautionne l’émergence des premières colonies juives de Cisjordanie occupée
      Leila Shahid a un jugement plus tranché: il y a eu plusieurs Shimon Peres. L’homme qui a eu l’image respectable, cosmopolite, internationaliste et plutôt laïc d’Israël. Il y a eu plusieurs personnages parce que, comme tous les grands hommes politiques, il était complexe. Mais, pour les Palestiniens, il restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo, celui qui n’a pas su succéder à Yitzhak Rabin après son assassinat, celui qui a d’ailleurs perdu les élections face à Netanyahu et, pour cette raison-là, il a été décevant pour les partisans de la paix palestiniens mais aussi israéliens. Et puis surtout, l’homme qui a, au lieu de continuer à défendre le parti travailliste, a choisi d’aller avec Ariel Sharon.

    Un bilan mitigé, très mitigé.

        Même certaines voix israëliennes tempèrent les hommages des inconditionnels.
   Certes  il ne fut pas un faucon, mais il fut un pur sioniste, conforme aux idéaux de Ben Gourion, puis de Golda Meir,,,pour qui la Palestine était considérée comme sans hommes, à la pensée de Jabotinsky .Les projets d'extension étaient déjà présents dans les projets secrets initiaux. 
      La colonisation, engagée par Peres est devenue avec la droite, un phénomène qui est devenu grandissant, encouragé par les gouvernements successifs, qui faisaient semblant de le nier officiellement, poussé par les extrêmistes religieux, les born again, et les opportunistes en tous genres, attirés par les prix attractifs proposés par le gouvernement.
      Puis bientôt naquit l'idée d'un Etat binational, que beaucoup voient comme débouchant nécessairement sur un système d'apartheid.
      Un désastre pour le présent, une  menace pur l'avenir.
                 Arte a récemment très bien décrit l'état et les impasses de ce système. Une bombe à retardement pour un avenir qui risque d'être proche..
 ... En 2016, la colonisation a pris des proportions si vertigineuses qu’elle conditionne littéralement la politique et l’identité d’Israël. Mais les films consacrés par le passé  ces implantations condamnées par les conventions de Genève se sont souvent focalisés sur leurs répercussions, plus rarement sur les forces idéologiques et historiques qui les ont impulsées....
     La situation semble bloquée, sans qu'aucun processus de paix n'apparaissent à l'horizon d'un développement  que certains jugent irréversible. désespérant, juge le journaliste franco-israëlien  Charles Enderlin. Déjà autour de 500000 colons...

Vérité des cartes

   Le journal Haaretz dénonce régulièrement toutes les dérives, connues ou non, qu'engendre cette situation explosive, en modérant les propos excessivement élogieux tenus sur un personnage devenu mythique.
    Les accords d'Oslo furent une initiative qui eût pu aboutir... mais qui fut cousu de fil blanc, comme le reconnut la Banque Mondiale.
    En attendant,  la colonisation continue...
          Est-il encore vrai que la disparition de Peres éloignera toute solution de paix initiée par les Israëliens, ( que)Les Palestiniens ont perdu un interlocuteur digne de leur confiance. Le statu quo a de longs jours devant lui?...Il y a beau temps que Peres ne pesait plus sur le cours des événements qui tendent à s'emballer, sans qu'on en voit une issue. A Washington, qui finance encore Israël, on ferme les yeux ou on regarde ailleurs, dans une politique à courte vue.
   L'obsession sécuritaire prend une importance démesurée, comme le déplorent des journalistes israëliens comme Gidéon Levy et, qui plus est, elle tombe de plus en plus aux mains des nationalistes religieux.
______Le point de vue de Ilan Pape________________________

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Beaucoup de bruit pour (presque ) rien

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

La chèvre et le chou
                     Ce fut une belle réunion, avec moultes caméras, et tout et tout...On n'a pas lésiné sur les moyens.
             Mais on aurait pu attendre du nouveau: des débats de fond sur les problèmes mondiaux de l'heure, des engagements sur les questions essentielles planétaires. Mais on attendra.
   

    Que nenni! A part quelques paroles...paroles♪♫... quelques embrassades obligées, on n'a pas vu à Biarritz l'ombre d'une petite révolution, même de la pensée politique sur les questions de l'heure.
   Juste un petit coup de théâtre, dont on se demande ce qu'il en restera dans quelques semaines.       Trump a joué au gentil camarade. Pour la forme. Mais la guerre économique contre l'Iran continuera.
       Tout ça pour ça?
     Parenthèse enchantée d'un côté, parlotes sans lendemain près de la machine à café de l'autre...on aurait pu éviter tant de dépenses.
  Bref, la grande kermesse, comme tous les ans, malgré quelques éclats de Jupiter, selon son habitude.
   Vous me direz, mieux vaut se parler que de se faire la guerre. Mais nous sommes en pleine guerre économique, lourde de conflits potentiels.qui ne pourra que s'accentuer, au vu des tendances actuelles.
  En cette période de récession, de crise monétaire, le vif du sujet a été évité.
  Bref, les G7 se succèdent et se ressemblent, à quelques détails près.
      Il est temps de passer à de nouvelles formes de concertation, de changer ce rituel immuable
Le Fashon Act, limité, se concrétisera t-il?
             Comme le remarque Romain Godin
                                           "  ....Pourquoi avoir paralysé la côte basque en plein mois d’août ? Pourquoi avoir dépensé 36,4 millions d’euros quand nos hôpitaux réclament quelques millions d’euros de plus pour améliorer l’accueil des patients ? Pourquoi avoir mobilisé 13 000 membres des forces de l’ordre ? Une chose est certaine : pas pour un sommet capable de régler les grands problèmes économiques de l’époque. Le G7 de Biarritz sera même le premier à reconnaître son impuissance puisque, cette fois, aucun communiqué commun ne sera publié à son issue.
     C’est sans doute une économie salutaire dont l’honnêteté de la démarche doit être portée au crédit d’Emmanuel Macron. Depuis une dizaine d’années, les communiqués du G7 se contentaient d’enfiler les perles habituelles de la communication officielle. Le G7 est pour la liberté du commerce, l’égalité hommes-femmes, l’environnement et la paix dans le monde. Il est contre la guerre, les inégalités et les épidémies. La belle affaire. On peut, au reste, se convaincre de son inefficacité par un fait simple : les sites dédiés aux sommets du G7 par les gouvernements organisateurs n’existent plus et, preuve de leur vacuité, on cherchera en vain les communiqués des réunions passées. N’engageant à rien, ils se sont naturellement évaporés. 
     Mais l’honnêteté de la démarche d’Emmanuel Macron ne doit cependant pas être surestimée. Car l’absence de communiqué est surtout le fruit d’une tension extrême au sein du G7 qui paralyse même l’accord sur les grands thèmes que l’on vient de décrire. L’arrivée d’une forme d’extrême droite au pouvoir aux États-Unis avec Donald Trump, et désormais au Royaume-Uni avec Boris Johnson, rend la rédaction d’une déclaration finale quasiment impossible, comme l’avait montré le précédent G7 au Canada. Mais la logique aurait alors voulu que, si l’accord est impossible sur cette question purement formelle, il n’y eût simplement pas de G7. On se serait épargné une saison écourtée pour la côte basque et quelques dizaines de millions d’euros, sans que le monde ne cessât pour autant de tourner.
        Certes, on ne peut écarter un argument central : la division au sein du G7 rend le dialogue et les discussions toujours plus nécessaires. C’est précisément parce que l’on ne s’entend pas qu’il faudrait se parler. Peut-être, mais le dialogue doit-il prendre la forme de ces sommets ? Et surtout, est-il à la fois possible et utile ? Ne peut-on se parler autrement ? En réalité, les sommets du G7 étaient déjà de stériles festins de puissants lorsque Barack Obama était président des États-Unis et ils le sont encore davantage maintenant que Donald Trump refuse formellement toute forme de multilatéralisme. Mais qu’on ne s’y trompe pas : le clown Trump a bon dos. Ce rejet d’un accord commun au sein du groupe des Sept existe depuis plus longtemps. Les vraies décisions se jouent ailleurs, dans les discussions bilatérales ou dans les grands « camps » qui se dessinent dans le monde actuel : Union européenne, « nouvelle route de la soie » chinoise, restes de l’empire étasunien…
         En réalité, lorsque l’on observe les grands désordres du monde, on s’interroge sur la capacité du G7 de Biarritz non seulement de pouvoir dépasser les vœux pieux, mais simplement de pouvoir engager une discussion. Le Brexit ? Boris Johnson a montré qu’il était dans un dialogue de sourds avec Angela Merkel et Emmanuel Macron cette semaine. Qui peut croire que l’on avancera sur le sujet ce samedi parce que les trois dirigeants dîneront devant la plage de Biarritz avec quatre autres plus ou moins intéressés par le sujet ? Le ralentissement économique mondial ? Emmanuel Macron a promis de parler relance à Angela Merkel. Mais qui peut croire qu’il a besoin d’un G7 pour évoquer le sujet avec la chancelière allemande ? Au reste, cette dernière vient de fermer la porte à cette option. Le président français le sait parfaitement, ce qui confirme que tout cela n’est que mise en scène. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ? La Chine n’est pas dans le G7 et Donald Trump n’en fait qu’à sa tête, tandis que les autres membres du G7 ne cherchent qu’à profiter de la situation. Aucune position commune n’est possible dans le groupe. La discussion est impossible et inutile. La Chine a d’ailleurs annoncé ce vendredi 23 août, à la veille du G7, de nouvelles mesures douanières en réponse à celles des États-Unis pour 75 milliards de dollars. Une façon de bien insister sur le peu d’importance de cette réunion de Biarritz sur le sujet.
      L’environnement ? Emmanuel Macron a tweeté qu’il voulait évoquer la crise des incendies en Amazonie. Mais là encore, le Brésil n’est pas présent et il sera impossible de définir une position commune face à Brasilia, par exemple un embargo. Londres et Washington, mais aussi sans doute Berlin, ne souhaitent pas se fermer l’accès au marché brésilien pour laisser la place à d’autres, notamment à Pékin. D’ailleurs, Emmanuel Macron n’a jamais mentionné un tel embargo et s’est contenté d’évoquer un non français au traité commercial entre le Mercosur et l’UE (qui est du ressort du Conseil européen), ce qui ne concerne en rien le G7. On voit ici une fonction cachée et perverse de ce type de sommets : afficher un désaccord pour montrer qu’on ne peut rien faire.
     Certes, Justin Trudeau s’est empressé de retweeter le président français pour assurer qu’il ne « saurait mieux dire », mais en précisant que « beaucoup avait déjà été fait » lors du sommet de l’an passé au Canada. Étonnante remarque lorsqu’on sait les problèmes que pose le Ceta, l’accord commercial canado-européen, et alors même que les événements d’Amazonie prouvent de façon éclatante le contraire et que, précisément, le président étasunien avait refusé de prendre tout engagement sur le climat. Au reste, Justin Trudeau est fort affaibli avant les élections générales de l’automne, notamment en raison de l’émergence des Verts, et il faut surtout voir ici un message à usage interne, dans le cadre de la campagne canadienne… En attendant, une unité et une résolution du G7 sur le sujet sont proprement impossibles.
         .... la crise de 2008 a une longue traîne. Elle a désorganisé l’ordre néolibéral du monde qui, désormais, est en crise. Les G20 sont, dès lors, eux aussi rapidement devenus des coquilles vides pleines de belles intentions sans lendemain. Qui se souvient des conclusions de celui qui s’est tenu en juin au Japon, dont les signataires se sont contentés de réaffirmer leur attachement aux accords de Paris sur le climat ? Emmanuel Macron y avait reçu des assurances sur la forêt amazonienne de Jair Bolsonaro, assurances qu’il a dû reconnaître comme mensongères ce 23 août… Si le besoin d’une entente internationale n’a jamais été aussi évident, sa possibilité n’a jamais été aussi réduite. En réalité, le G20 comme le G7 ne sont plus que des fossiles d’un système en voie de décomposition où chacun tente désespérément de se tirer au mieux d’une situation qui échappe à tout le monde....
     Le G7 ne sert-il donc à rien ? Pas tout à fait. Il sert de vitrine. Dans un coin de la vitrine, il y a l’illusion de la coopération. On feint de discuter, de monter des commissions, de fixer des ambitions. Et puis, rien ne suit. Une des dernières décisions concrètes du G7 avait été en 2005 de promettre 25 milliards de dollars pour les pays les plus pauvres. Ce montant n’a jamais été versé et beaucoup d’États africains se sont alors vendus au plus offrant, autrement dit la Chine. Mais on n’en est même plus à ce niveau, il s’agit seulement de se mettre en scène en train de discuter pour prouver par l’image que l’on se parle, même et surtout si l’on ne se dit rien.
      Mais l’essentiel de la vitrine est constitué d’autre chose : de la communication des chefs d’État et de gouvernement présents. Rien n’est plus utile à cette communication que ce type de grandes rencontres entre « maîtres du monde ». L’hôte de la rencontre est alors particulièrement mis en valeur, incarnant une forme de « direction personnelle » de cet aréopage. C’était bien le sens du tweet « amazonien » d’Emmanuel Macron où il donnait « rendez-vous » aux « membres du G7 », comme s’il gérait cette urgence internationale. À cela s’ajoute évidemment la possibilité de mettre en avant un agenda de communication nationale. Là aussi, dans le cas du président français, c’est évident : il a décidé de placer au centre de ce sommet les questions des inégalités et de l’environnement. Piquant pour celui qui refuse de lancer, malgré les taux bas, un vaste plan d’investissement pour le climat et qui, donc, place la dette publique devant la dette écologique, mais aussi pour celui qui concentre son action fiscale sur les plus fortunés et sur la destruction de l’État social. Cela est cependant cohérent au regard de la narration lancée au printemps d’un pseudo « acte II » du quinquennat fait de social et d’écologie. Au reste, le choix de Biarritz, lieu de villégiature de jeunesse du président, montre assez le caractère purement personnel et vaniteux de ce sommet vide de sens. Et c’est donc bien dans cette raison d’image qu’il faut chercher la seule justification de ce G7 de Biarritz, des millions dépensés et de la côte basque bouclée. Une forme d’usine Potemkine d’un monde en lambeaux et d’un pouvoir aux abois."
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Alertez B.B.

Publié le par Jean-Etienne ZEN

  Luttes des ergots
                                On les disait interdites
                                                         Mais c'est ce qu'on croyait.
                           Parfois clandestines, elles reviennent en force dans nos gallodromes..
                C'est la bataille des ergots egos.
          Il va falloir faire quelque chose.
     Cela ne peut plus durer.
   Le spectacle est souvent sanglant et forcément primaire.
      Tous les coups sont permis de la part de nos coqs, gaulois,comme il se doit. 
               Personne n'épargne personne.
                       Les zêlées z'ailées zélites sont sorties du poulailler
                                   Et on ne les tient plus!
     Il est temps que l'on change le système...
                                                                              O! Monde cruel....
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