Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Traité de Rome (suite)
                                   Parlera-t-on encore d'Union Européenne dans quelques décennies?
   Du moins dans sa forme actuelle.
           On peut raisonnablement en douter, quels que soient ses désirs et ses options.
     La réalité semble nous rattraper, avec le surgissement de tendances nationales, voire de certains replis nationalistes, qu'on peut craindre, mais qui ne sont, selon l'expression de H. Védrine, que des conséquences et non des causes.
    Conséquences de l'oubli des peuples au coeur d'institutions juridico-technocratiques à réformer, à refonder entièrement, sur la base de traités à renégocier, d'économies à repenser hors du cadre du strict libéralisme thatcherien. Le RU nous quitte, après avoir bien contribué à nous façonner à l'anglo-saxonne, à faire de l'espace européen un marché, seulement un marché.
   L'Europe se meurt, l'Europe est morte...De fait.
       Faudrait-il repenser le vieux projet gaulliste de l'Europe de la collaboration, de l'Atlantique à l'Oural, une organisation plus souple, plus diversifiée mais plus vivante et plus large?
   L'avenir le dira. Mais demain ne sera plus comme hier, quand on voit seulement le désarroi des élites, tétanisées par le Brexit  la situation polonaise ou hongroise, le désastre grec et ce qui peut suivre. Des conséquences, pas des causes.
      - Oui, l'Europe va mal (1)
      - Oui il faut reconstruire une autre forme d'union (2)
  Dans le cadre et les limites de son époque, Mendès-France voyait assez juste sur les conséquences possibles de l'esprit de Rome.
    Au lieu d'être un lieu de développement politico-économique, non pas harmonieux, mais satisfaisant, non pas unanime,  mais pacifique.
    Tout reste à réinventer.  Mais qui prendra l'initiative? quel peuple indiquera le chemin? qui brisera la rigidité et l'aveuglement de Bruxelles?
      Bien difficile à imaginer pour l'instant. Comme il arrive souvent, seule une crise majeure pourrait stimuler un sursaut. Souhaitons qu'elle soit créatrice.
     Car, comme le jugent ces auteurs, qui n'ont nulle science infuse, mais quelque lucidité  l'Union européenne est de moins en moins hospitalière 
  Le vivre-ensemble, la solidarité de principe sont mises à mal par les dogmes bruxzellois de l'OMC: la concurrence fiscale, le dumping salarial et tous les autres, l'accumulation des excédents commerciaux de l'Allemagne, qui se met aussi à terme en péril...
      "....L'intransigeance allemande pousse de fait ce pays à envisager une stratégie de rupture, car comme on l'a dit précédemment, rien n'est résolu. Le jour où la Grèce fait officiellement défaut, les Allemands vont être contraints à «prendre leurs pertes» et donc à reconnaître ce qu'ils ont toujours refusé jusqu'à présent, c'est-à-dire qu'une union monétaire implique une union de transferts. Pas sûr qu'après cela l'Allemagne que souhaite encore rester dans l'euro."
________________

Partager cet article
Repost0

Nos ancêtres...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

   ...Les Gaulois ♪♫♪   (air bien connu)
                                   Voyage au bout de la pelle et du microscope.
                                         Tous les jours, on en apprend un peu plus sur "nos ancêtres les Gaulois".
   Ils sont loin les mythes véhiculés par Lavisse et consorts, quand les événements imposaient la nécessité d'un sursaut des esprits autour d'un roman national bien ficelé.
     Un mythe encore parfois naïvement instrumentalisé.

       Un récent document, produit sur France5, montre assez bien que depuis quelques dizaines d'années  la connaissance historique sur un peuple qui n'a jamais existé en tant que tel, mais comme un ensemble de communautés parvenues à un degré de développement qu'on ne soupçonnait pas et à une activité économique intense et variée, contrairement à tous les clichés. n' a cessé de progresser.
   On n'a pas fini de revisiter cette période, au fur et à mesure des découvertes, plus nombreuses qu'on ne pouvait prévoir. 
  Les sciences et les techniques annexes de l'histoire: archéologie aérienne, fouilles méthodiques, analyse chimique des reliefs de toutes sortes mis au jour ont donné à la connaissance des moyens inédits.
        Reconsidérer sans cesse l'histoire qui se fait est une nécessité.
__Pour la compréhension de certaines périodes, surtout celles qui n'ont pas laissé de traces écrites, ou qui ont laissé des indices insuffisants, l'historien est souvent confronté au manque de documents lui permettant d'accéder à une compréhension satisfaisante des événements, des données civilisationnelles, des pratiques sociales et économiques, des changements en général.
 L'archéologie, s'enrichissant de méthodes toujours plus élaborées, de techniques toujours plus fines et de moyens sans cesse renouvelés, vient souvent, comme science annexe, donner à l'historien des éclairages nouveaux pour interpréter telle période ou tel aspect d'une époque.
   C'est ainsi, par exemple que la compréhension de la vie en Gaule pré-romaine ne cesse de s' amplifier, grâce aux techniques expertes des fouilles méthodiques, aux décryptages des traces matérielles du passé, préservées plus ou moins partiellement.
  Elles remettent souvent profondément en question des interprétations parfois naïves ou simplistes traditionnelles, des préjugés sur une époque.
      Du coup, on peut dire que l'histoire, surtout ancienne, est régulièremen
t revisitée, approfondie et corrigée.
 Celle de la France, en particulier, de son passé néolithique ou plus récent.

_"Des sols de France, les archéologues rapportent en effet une nouvelle histoire, très différente, souvent opposée à celles des textes et à une historiographie souvent dupe ou complice des idéologies. Celle de notre territoire entier et des sociétés qui l’ont occupé et non limitée à ce dont les textes anciens témoignent. De la préhistoire au néolithique, de l’âge du bronze à l’époque contemporaine, les près de 200 sites de fouilles présentés dressent par de brefs textes et des images un portrait inédit."
            L'histoire des Gaulois sort transformée de fouilles organisées dans les trente dernières années, souvent au hasard des grands travaux urbains ou autoroutiers.
Apparaît maintenant un peuple complexe,organisé, hiérarchisé, raffiné, non démuni de moyens...Une image nouvelle, qui bat en brèche les représentations naïves ou tronquées que des siècles d'écriture historienne et de manuels scolaires ont véhiculées.
 L'occupation du territoire, le type d'économie, les brassages de populations, la nature des "invasions barbares"...tout prend un nouveau sens à la lumière des reliefs que le passé a laissé plus ou moins bien conservés, par une série de hasards heureux.
"L’archéologie donne là du grain à moudre à l’anthropologie, à l’histoire sociale et des idées. Pas seulement par les informations sur la vie quotidienne, l’économie, mais aussi les traces des représentations et des idéologies, comme ce glissement, il y a environ 6000 ans des images de la féminité – sexualité, fécondité – vers celles du masculin, de la guerre, de la domination, du pouvoir. Les tombes les plus riches montrent des chars, des flèches, des canines de loup, des signes solaires..."
   L'archéologie 
aérienne, notamment dans la France du Nord, a renouvelé complètement nos croyances concernant l'occupation du territoire pendant la période gallo-romaine.
____Les exemples sont innombrables.
Bavay, la cité de Grand , cité-sanctuaire gallo-romaine, vouée à l'oubli pendant des siècles, ressuscitée maintenant. Le cas de Thérouanne, plus proche de nous, où les fouilles se poursuivent...
   Pour le passionné, faute de pouvoir se déplacer, il y a de quoi passer des heures, des journées à explorer virtuellement les données de ce portail sur l' archéologie, à approfondir les différents usages de la documentation archéologique, à s'intéresser aux grands sites archéologiquesdans tous les pays, à découvrir même des civilisations oubliées...

_________________

Partager cet article
Repost0

Les pauvres nous em......

Publié le par Jean-Etienne ZEN

  Qu'en faire?
                      Non seulement ils exagèrent, mais aussi ils gâchent le ,paysage.
            Et il n'y a pas que la vue, qui vous bousille une journée.
    Surtout les pauvres vraiment pauvres, pas seulement les nombreux précaires, travailleurs pauvres, qu'on ne voit pas du tout, parfois uberisés, qui dorment même dans leur voiture.
   C'est vrai qu'on devrait, non pas les supprimer, il faut rester humain, mais trouver une solution pour les mettre à part.  Pour leur bien.
    Ainsi on les oublierait mieux et on vivrait mieux, l'esprit moins tourmenté.
    Le monde de nos villes serait plus clean et on n'aurait plus sous les yeux le spectacle affligeant et outrageant de la paresse, du laisser-aller et parfois de la déchéance. comme aurait dit J.Swift.
    Délocaliser la pauvreté, voilà la solution. Après tout c'est de leur faute.
       Regardez Trump, même Fillon, ils ont travaillé dur et se sont fait tous seuls.
      Mettre fin au monde grandissant des assistés, au coeur de nos pays riches.
   Oui, parce qu'ils augmentent, ainsi que les mal logés, c'est intolérable.
         Et ils nous dérangent, ici comme aux USA.
   Cette nouvelle  maladie contagieuse nous fait peur et perturbe notre bonne conscience. Il y a trop d'assistance!
  Mme  Lagarde a beau venir (une fois) plaider leur cause,comme nu nouvel abbé Pierre, ça empire.
    Comme disait John Locke, qui y allait peut-être un peu fort, il faut trouver une solution. Pas comme à Paris sous l'Ancien Régime, où on n'y allait pas de main morte.
              ... Les vagabonds et les mendiants entre 14 et 50 ans qui mendient hors de leur paroisse sans laisser-passer seront arrêtés et condamnés aux travaux forcés pour trois ans : ou sur le port en attendant qu’un navire de Sa Majesté puisse les embarquer avec un salaire de soldat, frais de bouche déduits. S’ils imaginent pouvoir s’échapper à la première escale, ils seront traqués et punis comme déserteurs. S’ils s’aventurent à fabriquer un faux laisser-passer, ils auront les oreilles coupées et seront déportés dans les plantations coloniales en cas de récidive....

   _______________________
Partager cet article
Repost0

Derrière les murs

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

De mur en mur   
                     Aucun mur ne va jusqu'au ciel et ne dure une éternité.
  La chaîne Histoire a rediffusé un document non orthodoxe (du point de vue de Tel Aviv) sur les enjeux du plus grand mur, de 700km construit entre Israël et la Cisjordanie, pour des raisons "officielles" de sécurité.
    Des barrières physiques, politiques et psychologiques, concrétisation d'un conflit qui dure, sans dire son nom. Un mur d'incompréhension érigé de sang froid, illégalement. Des villages et des familles palestiniennes sont enclavées, en situation de survie économique.
  Dans le pur esprit de Vladimir Jabotinsky __(1)
_______
 Certains murs finissent par cèder, d'autres durent, de nouveaux s'érigent (*)
        Beaucoup n'ont pas d'oreilles, sourds à la détresse.
            Il en reste tant  dans le monde aujourd'hui,
                                                                 Beaucoup à abattre.
__________25 ans après, celui de Berlin  reste dans les mémoires (**)
     Le mur de la honte est toujours là. Destiné à tomber, comme tous les autres...
   Il sont toujours symbole de repli et de faiblesse.
                Ne parlons pas des murs d'incompréhension.
                   Il y en aurait pour des années...
    Non, les vrais murs, de béton ou de barbelés, les murs-frontières, ceux qui tomberont aussi un jour...comme les enceintes fortifiées et les citadelles d'autrefois. Qui n'excluent pas les frontières.
        Comme le remarque V.Hugo:
    « Autour de cette ville, la monarchie a passé son temps à construire des enceintes, et la philosophie à les détruire. Comment ? Par la simple irradiation de la pensée. Pas de plus irrésistible puissance. Un rayonnement est plus fort qu’une muraille. »
       La muraille de Chine, le mur d'Hadrien n'ont pas résisté, pas plus que les barrières, plus ethniques, de l'apartheid...
__________
  (**) - Toute une histoire...partiellement secrète.
       - Une chute  programmée?
  -Relire le passé... Les conséquences.
_________
(*) "...L’installation de nouveaux murs apparaît caractérisée par une variété de situations et de configurations. Ils sont construits pour renforcer les frontières entre des États ainsi que pour séparer des morceaux de territoire au sein d’un même État – ou d’une ville. Il peut s’agir de tenir en dehors ou d’expulser des groupes ou populations « indésirables », « dangereuses », ou bien d’instituer un territoire sécurisé pour un établissement résidentiel séparé, une enclave, comme le sont les gated communities, les gated towns et autres enclaves. Il faudrait encore ajouter ces autres territoires sécurisés par des murs de béton aussi bien que par des clôtures, des barbelés et, paraît-il, des fossés, où s’installent les établissements de l’industrie extractive globalisée. Il faut relever la variété des matériaux de construction et des formes qui caractérisent ces barrières ; qui sont d’autre part accompagnées par un répertoire de dispositifs de surveillance électronique ou armée, de check points, de zones tampon. Mais le fait d’énumérer cette variété ne réduit pas l’impression qu’il y a là, dans ces « concrétions », des éléments communs, un air de famille, qu’il faut mettre en lumière et étudier. Wendy Brown dans son livre sur les nouveaux murs – jusqu’ici la recherche la plus complète sur ce phénomène – y voit une concrétisation de la mise en question par la mondialisation de la souveraineté des états nationaux, laquelle est devenue « poreuse » ; elle y voit à l’œuvre, dans cette variété, un format commun de construction de l’espace et d’organisation d’une collectivité qui suggère un principe d’ordre différent de celui de la souveraineté. Alain Supiot y a relevé plutôt des indices du principe de suzeraineté. Partant de cela, on peut spécifier et articuler la question de ce qu’ont en commun ces « nouveaux murs ».
_________________

Partager cet article
Repost0

La République des malins

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(C'était hier...)

 

Et des coquins            [Quelques notes sur L'affaire en cours...sans oublier les autres. Attention aux                                                                 rideaux de fumée, médiatiquement instrumentalisés.]
                         Quelqu'un, et non des moindres, évoquait récemment la nécessité de « démocratiser la démocratie » 
    Fort bien. C'est une tâche permanente, car c'est le système de gouvernement le moins mauvais, mais le plus fragile et instable, qu'il faut toujours remettre en chantier, amender et corriger, pour que le pouvoir arrête le pouvoir.

     Dans la cuisine préélectorale actuelle, l'affaire du propriétaire de Beaucé est un coup de plus pour nos institutions, revues et corrigées dans un système présidentiel qui a dérivé, favorisant à l'excès l'exercice des ambitions personnelles et la lutte des egos. Les primaires les ont exacerbées.
   Comment expliquer à un smicard l'ampleur des sommes distribuées dans des conditions troubles et toujours déniées. (*)
    Un problème de simple décence, aurait dit Orwell.
       Notre présidentiable a quand même compris le trouble de l'opinion. Mais ça s'arrête là...Juste un petit trouble. .
    Voilà qui scandalise nos principaux voisins d’Europe.
   L'extrême personnalisation de la vie politique ainsi que la généralisation des primaires, qui sont signes de défaillance du système, le dénaturent rendent urgente une réforme de la Constitution.
        Certes, on ne demande pas à un responsable politique d'être un saint, un modèle de vertu, ni d'être un Cincinnatus,  un incorruptible comme Robespierre ou même un Jose Mujica.
Ajouter une légende
      Mais nos (chers) élus ne peuvent exercer leur mandat que sous le contrôle et dans l'intérêt de leurs administrés, dans l'intérêt général, en vue du bien commun.. Il suffit de relire Montesquieu et sa conception de la vertu, au sens politique.
   Une démocratie est toujours fragile  et réformable, sous peine de devenir un mirage.
        Une autre démocratie est toujours possible, si les citoyens restent éveillés.
     L'hyper-présidence d'aujourd'hui a montré ses limites et ses excès, laissant peu de place aux débats parlementaires sur des questions pourtant essentielles.
   Nos z'élites n'ont de légitimité qu'à la condition de remplir scrupuleusement leur mandat, et pas tout une vie. La politique n'est pas un métier, c'est un service.

   Le risque de corruptions est toujours présent , si les garde-fous ne fonctionnent pas bien, pour éviter que l'on répète que  l’honnêteté ne paie pas en politique 
_______
   (*)  : " Fillon a toujours mis en avant le fait qu’il avait, au contraire de ses principaux concurrents du parti gaulliste, les mains propres. Durant le débat des primaires qui l’avait opposé à Alain Juppé (reconnu coupable en 2004 de prise illégale d’intérêt dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, sous la houlette de Jacques Chirac), Fillon annonça: «On ne peut pas diriger la France si on n’est pas irréprochable.» Fillon n’a pas non plus manqué de railler les nombreux démêlés judiciaires de son rival Nicolas Sarkozy au sujet de ses frais de campagne en invoquant la droiture morale de la grande figure patriarcale et conservatrice nationale, Charles de Gaulle: «Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen?» Maintenant que le parquet financier a ouvert une enquête préliminaire au sujet de l’affaire Fillon, le général semble plus seul que jamais."
________________________________________
      Comme disait Alexis de Tocqueville:

    Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques. Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)
« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.
« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)
« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple… [Alexis de Tocqueville _Extrait de De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840]"
_________________________________
Partager cet article
Repost0

Ailes présidentielles

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Présidents volants
                 Nos présidents adorent les gros navions.
                            Ça ne vole pas haut, mais ça coûte cher au contribuable.
            L'aéroplane fait partie maintenant du train-train présidentiel.
      Comme Macron, qui a trouvé le filon. Même pour 100 kilomètres.
A bord pour un oui pour un non. Et c'est bonbon!
  Le train, c'est trop lent, trop vulgaire et trop dangereux, avec ou sans pyjama...
     Il est fini le temps des trains spéciaux des chefs d'Etat, comme celui des carrosses d'ailleurs, sauf pour la Queen en quelques circonstances.
     Jamais sans mon avion est devenu la règle.
 Surtout depuis François (le Premier), qui le prêtait souvent à ses copains pour leurs petites folies et qui ne lésinait pas sur les frais de palais. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Closer. Alors...
  François (le Second) en fit un usage plus modéré, mais non sans risques.
    Mais avec Macron   les dépenses s'envolent, avec ou sans Falcon.
       Il y a tant d'affaires à régler à l'heure de la mondialisation. Pas seulement diplomatiques.
      Comme Sarko, il ne prend pas Ryanair, bien moins cher. On se demande pourquoi.
           Sarko One bling bling, c'était quelque chose!
  Depuis Vincent Oriol et son DC4, on a fait du chemin. Si on peut dire. La caravelle est à la poubelle.
  Quel sera pour demain l'avion préféré de nos présidents voleurs volants?

                                                                ________________
Partager cet article
Repost0

Champagne!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il y a peu...)

 

Wall Street exulte.
                C'est la fête dans les hauts-lieux de la haute finance mondialisée.
                             L'avenir est de nouveau ouvert à plein de lucratives perspectives.
                                      Les loups de Wall Street sont lâchés.
     On avait voulu, si peu, réguler leurs pratiques pas toujours orthodoxes (pour utiliser un euphémisme), qui nous ont menés, avec la complicité des Etats, là où l'on sait.
    Voilà que Trump n'a pas tardé à leur faire plaisir, en se proposant de détricoter la régulation financièrere, qui avait été mise en place (très partiellement, pour parer au plus pressé), après l'ouragan de la crise de 2008.
     Obama ne s'était pas privé des conseils de Goldman Sachs, mais le nouveau Président veut leur ouvrir toute grandes les portes, quitte à se contredire.
     On avait cru comprendre que la régulation, même marginale, n'était pas seulement utile, mais nécessaire, comme l'avait parfaitement dit Roosevelt en sa période troublée...
     Deux dispositions sont particulièrement dans le viseur de M. Trump. Il s’agit d’abord de s’attaquer à la règle dite « Volcker ». Ce texte interdit notamment aux établissements bancaires de pratiques  la spéculation pour leur propre compte. Elle prévoit aussi de fortes restrictions de la détention de participations dans des fonds spéculatifs ou des fonds de private equity (investis dans des entreprises non cotées en Bourse ). L’objectif principal consiste à éviter le financement d’actifs risqués par des dépôts garantis par l’Etat fédéral.
       On a toutes les chances de s'attendre assez vite à un retour prochain de nouveaux excès bancaires et à une nouvelle crise, qui n'est pas exclue, dans le désordre financier mondial.

             ...Quinze jours à peine après s’être installé à la Maison Blanche, Donald Trump a commencé son travail de démolition de la régulation financière . D’un trait de plume, il a engagé, vendredi 3 février, le processus d’annulation de tous les dispositifs adoptés après la crise financière de 2008, en signant deux ordres présidentiels (« executive orders »), dont il use et abuse depuis son installation.  
   Sans attendre, Donald Trump a décidé de s’attaquer à la réglementation la plus symbolique de l’après-crise financière : lloi Dodd-Frank, adoptée en 2010 pour encadrer un peu mieux les activités bancaires et financières. Bien que très limitée par rapport aux ambitions initiales affichées par Barack Obama lors de son accession au pouvoir, celle-ci est encore jugée insupportable par Wall Street, les banquiers ne rêvant que d’une chose : revenir à l’ordre – ou plutôt au désordre – ancien, qui a mené le monde à la catastrophe.
   Dans la foulée, Donald Trump a lancé l’annulation de toute la réglementation, adoptée elle aussi après la crise de 2008, censée protéger les consommateurs et les épargnants contre les pratiques abusives de la finance et les produits toxiques comme les subprimes, par exemple. Les textes imposant notamment aux conseillers financiers de recommander aux fonds de pension des investissements « dans l’intérêt de leurs clients » vont être abolis, car trop contraignants pour la finance.
   ...La sénatrice démocrate Elisabeth Warren, qui a été très en pointe dans le combat pour la régulation financière, a immédiatement réagi à cette décision : « Donald Trump a beaucoup attaqué Wall Street pendant sa campagne, mais en tant que président, nous découvrons de quel côté il est réellement. […] Les banquiers de Wall Street et les lobbyistes qui, par leur cupidité et leur inconscience, ont presque détruit le pays peuvent sabler le champagne. Mais le peuple américain n’a pas oublié la crise financière de 2008 et il n’oubliera pas ce qu’il s’est passé aujourd’hui. » 
   Les marchés, eux, ont applaudi l’annonce. Toutes les valeurs financières et bancaires étaient à la hausse vendredi. Les analystes et les commentateurs boursiers se félicitaient de cette mise à bas programmée de la régulation financière, laquelle annonce des lendemains qui chantent pour la finance.
      C'est la fête dans les salons feutrés des grandes banques
                "L'association bancaire ABA a salué une initiative qui "devrait permettre de libérer le pouvoir de l'industrie bancaire", tandis que le Financial Services Roundtable, le lobby des grandes banques, va travailler avec la nouvelle administration sur des réformes "constructives".
    "C'est une trahison d'une de ses promesses de campagne, en l'occurrence faite à ceux qui ont été saignés par Wall Street et qui constituaient le pilier de sa base électorale", fustige en revanche Bartlett Naylor, de l'association de défense des consommateurs Public Citizen.
   Donald Trump avait axé sa campagne sur le rejet des élites, symbolisées notamment par les banquiers dont l'impunité supposée est régulièrement dénoncée aussi bien à gauche qu'à droite de l'échiquier politique américain. "
         C'est reparti comme en 14...
                      ... Le président Trump a signé un autre décret visant la règle fiduciaire qui oblige les conseillers financiers à agir dans l'intérêt de leurs clients. Cette règle devait entrer en vigueur en avril, mais elle sera reportée, en attendant son réexamen. "Revenir sur cette règle montre que l'administration Trump est du côté de Wall Street", a réagi l'ONG Public Citizen.

    Le sénateur démocrate Charles Schumer a protesté affirmant que "le président Trump qui avait promis de tenir tête aux grandes banques, leur permet maintenant d'écrire le code de la route". Il a assuré que les démocrates "feront tout ce qui est en leur pouvoir pour ne pas abroger" la loi Dodd-Frank."
_______________________
Partager cet article
Repost0

Petite pilule calmante

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

...Pour soulager le malade?
                   Ça fait du bien, mais la guérison est loin.
          C'est mieux que rien pour l'instant, dira-t-on, mais cela ne règle pas les problèmes de fond, notamment la logique du système hospitalier, son management, tel qu'il s'est mis en place surtout depuis une dizaine d'années.
  C'est l'avis de la majorité des personnels de santé, touts catégories confondues.
   Ce n'est pas du tout à la hauteur des attentes


 Quand on sait que, par exemple, les infirmières sont parmi les plus mal payées de l'OCDE
  La question financière n'est pas la seule. Celle de l'organisation, comme du fonctionnement, est primordiale. C'est le coeur du problème.
     "...Les 500000 infirmiers dans les hôpitaux publics en France perçoivent un salaire particulièrement bas, Selon l'Organisation de coopération et de développement économique OCDE. En 2015, il était parmi les plus faibles des 29 pays membres de l’organisation internationale d'études économiques. La rémunération moyenne des infirmiers français est ainsi inférieure de 5% au salaire moyen national. En comparaison, en Espagne, un infirmier gagne 28% de plus que le salaire moyen, le rappelle France info...."
                              "   ...La priorité du gouvernement n’est pas là. Son but est de contraindre les hôpitaux à réformer et donc à économiser davantage. En effet, les hôpitaux qui demanderont une reprise de dette devront s’engager, en retour, par contrat avec l’État « dans une trajectoire de désendettement et/ou dans un plan de transformation », indique l’exécutif. On applique donc aux établissements hospitaliers la stratégie que le FMI applique aux pays en crise : pour bénéficier d’une annulation partielle de leur dette, les établissements devront accélérer l’austérité et les mesures d’économies. Et cela n’est possible que si la reprise est partielle. Si elle eût été totale, on aurait fait basculer dans le vert les hôpitaux et on aurait fait disparaître le besoin et donc l’incitation à réformer. On comprend donc mieux pourquoi Bercy a fini par céder sur ce point : c’est pour mieux « tenir » les hôpitaux, les réformer plus vite et in fine mieux encore maîtriser les dépenses de santé.
     Comme toujours avec le gouvernement Philippe, les cadeaux n’ont pas d’autres objets que ceux-ci : obtenir l’acceptation des réformes. Du côté des hôpitaux, la méthode est en réalité assez brutale. Du côté des personnels, on espère que les primes saupoudrées et les petites mesures de soutien au secteur feront leur effet et dissuaderont les personnels en grève de rejoindre la mobilisation prévue le 5 décembre. Ce plan d’urgence dans lequel, après huit mois de grève, le gouvernement se rend subitement compte des besoins de l’hôpital n’a pas d’autre fonction. Il s’agit d’abord d’un but   politique de désamorçage.
    Mais l’exécutif atteint là les limites de son exercice consistant à feindre les concessions pour mieux imposer sa « transformation » néolibérale. Car d’une part ce plan « massif et inédit », pour reprendre l’antienne chantée à Bercy, n’a rien de massif, ni d’inédit (il n’est pas nouveau de fixer l’Ondam à 2,4 %), mais il n’a pour autre fonction, de l’aveu même du premier ministre, que d’accélérer le plan « Ma santé 2022 » qui vise à faire beaucoup plus avec des moyens réduits. La faible quantité d’oxygène que le gouvernement accorde à l’hôpital pendant les trois prochaines années ne vise donc qu’à lui permettre de vivre davantage en apnée à l’avenir. La communication et le lyrisme auront bien du mal à dissimuler cette rude vérité...".
                                          ________________________________________

Partager cet article
Repost0

Les censeurs et l'éthique journalistique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Le problème se repose régulièrement:
                                    Qu'est-ce que la vérité journalistique?

      Assez facile à définir. Pas si facile à respecter.
        Même en sachant qu'elle ne peut être jamais atteinte dans l'absolu, qu'elle est toujours relative, fragmentaire et provisoire, l'important étant le souci permanent de l'objectivité des faits et l'éthique journalistique.
      Tout bon journaliste le sait, même s'il sait aussi qu'y être fidèle est une tâche permanente, un pari difficile, un objectif jamais vraiment atteint.
    Aujourd'hui, la lutte contre les informations  parasites et les manipulations diverses, les fake news, dont les sources se sont multipliées. avec le développement des caneaux parallèles, fait partie de ses visées, dans le souci de s'alimenter aux meilleures sources, de les confronter et les analyser de manière critique, pour en faire une synthèse la plus complète et fidèle possible, sans négliger les  interprétations prudentes qui leur donnent sens.
     Mais le journaliste ne travaille pas le plus souvent tout seul et hors sol, mais se trouve intégré au sein d'organes qui peuvent implicitement ou non, outre ses propres préjugés,  lui donner des orientations, des grilles d'analyses, des lignes éditoriales, qui méritent éclairage et discussion.
   Une question à se poser est de savoir à quel type de journalisme a-t-on à faire.
      Combattre ce qu'on appelle aujourd'hui la  post-véritéest nécessaire au sein des rédactions, à condition de bien les identifier et d'être soi-même irréprochable.
    Difficile d'éviter soi-même le formage de l'opinion, puisque les medias contribuent à faire l'opinion.
:         Quand un journal se propose de jouer au gendarme de la presse, dont il fait partie, et de jouer au père la morale, il prend des risques.
     L'appel à la censure est rarement la meilleure formule.
      Difficile et scabreux de se présenter comme  modèle en matière la qualité de l'information, même quand on s'est appelé journal de référence. C'est une question de plus ou de moins.
   L'indépendance d'un organe de presse doit toujours être questionnée, même s'il est considéré comme le "meilleur".
    Si les menteurs prennent souvent le pouvoir, même au niveau de l'écrit, une grande vigilance s'impose.
  Ce que dit Frédéric Lordon ne manque pas d'intérêt, concernant la prétendue objectivité d'organes de presse se croyant hors du champ des croyances et des idéologies: ...les décodeurs recodent sans le savoir, c’est-à-dire, comme toujours les inconscients, de la pire des manières. Ils recodent la politique dans le code de la post-politique, le code de la « réalité », et les désintoxiqueurs intoxiquent — exactement comme le « décryptage », cette autre abysse de la pensée journalistique, puisque « décrypter » selon ses ineptes catégories, c’est le plus souvent voiler du plus épais brouillard....

    Remettre les medias en question est une nécessité.
           Car le journalisme ne s'exerce pas hors du champ des pouvoirs, qu'ils soient apparents ou non,  revendiqués ou niés.
     Quand la presse est malade par excès de concentration ou de dépendance aux puissances surtout financières, quand la connivence peut-être si grande, la question de la vérité prend un sens plus aigü et plus.impératif.
  La question n'est pas seulement éthique mais elle est aussi politique. De la qualité de l'information dépend la qualité de la citoyenneté.
____
-  Charlot ministre de la vérité, par Frédéric Lordon
____________________

 

Partager cet article
Repost0

Black is black

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Il y a de l'espoir ♪♫♪
                  On n'y échappera pas, au black Friday. 
             Revient de nouveau la fièvre acheteuse.
          Un mal qui répand la fureur.
  Auchan dégaine, Carrefour fourbit ses armes, Amazon prépare ses troupes...
 Les zyper-con-sommateurs sont dans les starting-blocks.
   Ça va saigner. Alibaba a déjà fait un malheur. 
 Non, ce n'est pas le vendredi noir de sinistre mémoire.
  Mais au contraire celui de la folle euphorie des super bonnes affaires, réelles ou imaginées. Tout le contraire d'une crise majeure. Pour certains du moins. Gros succès garanti.
   Le piège à gogo va fonctionner à fond.
 Un rituel bien made in USA, après le sacrifice de la dinde, dont le succès ne se dément pas. Toutes les occasions sont bonnes. Il n'y a pas de petits profits.
  De quoi mettre provisoirement un terme aux frustrations quotidiennes, du moins pour un temps limité, dans l'euphorie des bonnes affaires à réaliser...La sur-consommation est reine. Les zypers sont supers.
   On se croit roi et l'on est esclave. Les biens nous possèdent.
 Pour la citoyenneté responsable, on attendra
     Mais des appels à la résistance commencent à se faire entendre pour maîtriser les dérives pulsionnelles et amener à un sursaut responsable. 

 
  ....Directement importé des Etats-Unis, le "Black Friday" pose ses valises en France. Après une arrivée avortée en 2015 (en raison des attentats du 13 novembre), c'est en 2016 que la fête commerciale américaine s'établit dans l'Hexagone. ...Un engouement certain. Comment expliquer ce phénomène?
       Outre-Atlantique, le "Vendredi Noir" est célébré au lendemain de Thanksgiving. S'il revêt un caractère symbolique pour de nombreux américains, Thanksgiving ne signifie pas grand-chose en Europe. Pas plus que Black Friday, d'ailleurs. Cette courte période de solde n'a pour autre ambition que de combler un vide du calendrier.   Pour les distributeurs français comme pour les distributeurs américains, créer de toutes pièces une fête entre Halloween et Noël était surtout une idée juteuse pour appâter les consommateurs avant les achats de Noël.    "Les courses de Noël se font à 60-70% sur les trois premières semaines de décembre. En août-septembre, c'est la rentrée (...). Novembre est un temps mort commercial"explique Laurent Thoumine, directeur exécutif de l'activité de conseil pour la grande distribution chez Accenture. La grande distribution accueille à bras ouverts cette importation américaine : à moins d'un mois des soldes d'hiver, il n'y a pas de petits profits..."
Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 5 6 > >>