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Barbares et barbarie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Ils viennent jusque dans nos bras...♪♫♪
                                                     S'il est un terme ambigü, à connotations variées et à forts jugements de valeurs, c'est bien celui-là
        Au point que l'on n'oserait plus l'employer, tant ses acceptions sont diverses et confuses
  Dans le langage courant, la connotation de ce terme est le plus souvent morale et implique une répulsion, une condamnation implicite devant des actes individuels ou collectifs marqués par l'excès de violence, la démesure dans le déchaînement du mal, de la cruauté humaine dans certaines situations.
      Mais, il faut dépasser ce point de vue spontané, comme l'avait fait  Lévi-Strauss , parlant en ethnologue,  en disant de manière en apparence paradoxale: le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie, faisant référence aux meurs de ceux qu'on appelait "primitifs" et dont on pensait qu'ils étaient hors humanité, les rejetant hors de la culture par méconnaissance et ethnocentrisme.
    Les barbares, ce sont aussi les peuples qui surtout  à la fin de l'Empire romain, ont traversé nos régions, en s'y fixant souvent, dont toute une tradition disait qu'ils semaient désolation et terreur. Ces barbares, dont beaucoup d'entre nous descendent, qu'ils soient Bourguignons ou Normands...
    Un historiens comme Bruno Dumézil nous a montré toute la diversité et les apports de ceux dont nous pensions longtemps que nous ne leur devions rien, ou pire (Les Normands pilleurs, les Huns massacreurs...selon une légende tenace)

      Les barbares viennent d'au-delà des frontières de l'Empire romain. Sur ce point, tout le monde s'accorde. Mais les origines réelles de ces populations demeurent incertaines.__Les sources des VIe et VIIe siècle affirment que les barbares ont accompli un long périple avant de franchir le limes rhéno-danubien, qui forme la limite septentrionale du monde romain.__Leur lieu de naissance serait à chercher au nord de la Germanie, voire en Scandinavie.__Toutefois, depuis une trentaine d'années, historiens et archéologues remettent en cause les affirmations des textes médiévaux.__Beaucoup de spécialistes croient désormais que les peuples barbares se sont constitués au contact direct de l'Empire, à partir de petites tribus déjà largement romanisées.   ______ Les Francs   représentent une partie de nos racines, beaucoup de Wisigoths ont fait souche et les Gaulois,,enrobés de légendes, sont loin d'avoir eu la vie fruste qu'on leur a longtemps prêtée.  Bref, le terme de barbarie est d'abord basé sur l'ignorance,historique longtemps explicable. Il nous reste beaucoup à apprendre sur eux..
_______
          Les Grecs, à l'origine de la notion de barbare, ont eux-mêmes eu du mal à la définir. L'historien Thucydide, au Ve siècle av. J.-C., y introduit déjà une nuance péjorative. Chez lui, le terme « englobe aussi bien d'authentiques non-Grecs, comme les Thraces ou les indigènes de Sicile, que des peuples du nord-ouest de la Grèce tels que les Illyriens, les Étoliens ou la Acarnaniens. Si Thucydide désigne ces derniers comme des barbares, c'est parce qu'il considère comme arriérées ces populations des marges de la Grèce qui n'étaient pas organisées en cités ».  _____À l'époque romaine ou plutôt gréco-romaine, cette vision tend à prévaloir, par exemple dans le regard que portent Grecs et Romains sur les Gaulois, au IIe siècle av. J.-C. « Que les Gaulois aient dès cette époque incarné la figure du barbare sauvage par excellence, les sources grecques en attestent amplement. L'accent est mis sur l'impiété des Gaulois, pillards, sacrilèges que seule l'intervention d'Apollon put détourner de Delphes, mais aussi sur leur férocité guerrière, comme en témoignent les statues du type du Galate mourant en provenance du royaume hellénistique de Pergame. »____Cette vision change au début de notre ère à mesure que Rome étend son empire. « L'ex-ennemi barbare devient un provincial, construit temples et thermes, et adopte la toge, en un mot se romanise (...). Ainsi, les auteurs de l'époque impériale décrivent les Germains au combat en des termes identiques à ceux dont usaient César ou Tite-Live à propos des Gaulois ». Au terme de cette évolution, après l'édit de Caracalla (212) qui accorde la citoyenneté à tous les hommes libres de l'empire, le barbare n'est plus que l'étranger qui vit en-dehors de l'empire.
       En 235, la fin de la dynastie des Sévères marque le début du Bas-Empire ou de l'Antiquité tardive, ainsi que l'irruption des barbares sur la scène intérieure de l'empire romain. « Le péril barbare devint progressivement un facteur central de la vie de l'Empire ».___Au siècle suivant, sans que les barbares en soient forcément responsables, les richesses tendent à se concentrer. Dans les campagnes, une poignée de grandes villae au luxe démonstratif se substituent au tissu de villae antérieur. « L'ancienne pyramide sociale s'orienta dès lors vers une bipartition entre les puissants et les pauvres (...). Dès lors, les pauvres pouvaient être facilement amenés à se révolter, si le maître dont ils dépendaient était trop dur, si la pression fiscale devenait trop forte, si la justice impériale était trop favorable aux puissants. Quitte à passer dans le camp des ennemis de l'Empire s'ils estimaient ne plus rien avoir à perdre. Parmi les barbares du IVe et surtout du Ve siècle, on trouvait probablement beaucoup de Romains déclassés, notamment dans les espaces frontaliers où les identités étaient malléables ».____Les vrais barbares, en échange de leur accueil dans l'Empire, sont astreints à une forme de service, dont le plus saillant est le service militaire. Quelques-uns mènent une belle carrière et parviennent même au consulat malgré le handicap de leurs origines. Plusieurs tentent de faire oublier celles-ci. « En 397 et 398, Stilicon, devenu régent de l'Empire d'Occident, fit ainsi passer des lois pour interdire le port de vêtements non romains à l'intérieur de la ville de Rome » (hum, hum)._____À côté de ces barbares qui servent l'Empire avec loyauté et diligence, « on voit se multiplier les groupes résidant sur le sol romain mais dont le statut est difficile à définir : entrées plus ou moins légalement, ces troupes réglaient leur comportement sur l'attitude que le pouvoir impérial avait envers elles. Correctement nourries et soldées, elles soutenaient loyalement le prince qui les payait. Mais si leurs chefs s'estimaient mal traités ou mésestimés, ils menaient des opérations d'intimation, voire de pillage »._____À partir des années 370, les autorités concluent avec les nouveaux arrivants des traités (foedus) qui en font des « fédérés ». « Une fois installés dans une province, les barbares fédérés avaient le droit de conserver leurs chefs et leur organisation interne ; ils recevaient en outre un ravitaillement en vivres ou en terres permettant de se nourrir ».
     Les historiens et archéologues contemporains tendent à s'accorder sur le fait que les tribus barbares qui ont assailli l'empire romain étaient moins des ethnies que des groupes d'intérêts. ____ Pour comprendre la naissance des royaumes barbares, sans doute faut-il considérer que beaucoup de peuples dont les historiens romains nous relatent les ravages au Ve siècle étaient avant tout des groupes militaires. On y trouvait des individus d'origines très variées, et notamment beaucoup de populations de la frontière, que rejoignaient un nombre important de Romains déclassés. Parfois, il est vrai, le chef d'une armée errante s'appuyait sur une identité ethnique jugée prestigieuse : Alaric se présenta ainsi comme un roi des Goths, même si tous ses hommes n'étaient pas d'ascendance gothique.___Chez ces groupes militaires, le sentiment d'appartenance ethnique s'accroissait à mesure que l'on remportait des victoires en commun ».___Paraphrasant Simone de Beauvoir (et Guillaume Tabard, Le Figaro, 20 septembre 2016), nous pourrions écrire à la suite de Bruno Dumézil : « On ne naît pas Goth, on le devient ». À vrai dire, ce processus d'acculturation nous semble universel. Ainsi, en Afrique australe, au début du XIXe siècle, le prestigieux chef Chaka réunit autour de lui des aventuriers de diverses origines et constitue par le fer et le sang la nation zouloue. ___Aux siècles mérovingiens, les qualificatifs de Francs et Romains n'ont plus rien d'ethnique. À l'époque carolingienne, au IXe siècle, la fusion est consommée entre les différentes populations. La frontière entre civilisation et barbarie redevient géographique et distingue les chrétiens des païens. (Merci à Hérodote.net et à André Larané)
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Retraites dorées

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Et régimes spéciaux
                       Il y a les régimes" spéciaux "et les régimes très spéciaux.
     Le débat sur les retraites continue cahin-caha, souvent obscur, parfois biaisé.
          ...Le dossier des retraites, comme celui de l’assurance maladie, est un faux débat. Il serait plus approprié de parler de manque de ressources car, en effet, c’est bien cette question qui est posée. Notre salaire différé, composé de nos cotisations, elles-mêmes issues de l’entreprise et de nos salaires, est le seul rempart contre l’idéologie libérale pour une véritable solidarité....


    On focalise sur les régimes dits spéciaux, alors qu'ils ne représentent que 3 % des salariés.
 Une paille par rapport à ceux dont on ne parle pas et qui ont des retraites en or.
   Il y a des retraités (ou futurs retraités) qui feraient mieux de se taire.
  Pour la grande masse, ce n'est pas l'opulence et cela ne va pas s'arranger
       Dans son numéro du jeudi 21 novembre 2019, Le Point révèle le coût des ex-Premiers ministres français. Et, ô, surprise ! Ce n’est pas donné. “3,6 millions d’euros : c’est le montant des moyens alloué par l’Etat en 2018 aux anciens Premiers ministres”, affirment ainsi nos confrères. “La députée LREM de l’Aisne Aude Bono-Vandorme vient d’obtenir, grâce à une question posée au gouvernement, le détail de cette somme. Si on exclut le coût de la sécurité, on arrive à un total de 1.010.661 euros, soit 101.000 euros en moyenne par ex-locataire de Matignon (ils sont dix).” L’hebdomadaire précise par ailleurs : “Le plus coûteux pour le budget de l’Etat est Bernard Cazeneuve, qui n’est pourtant resté à Matignon que cinq mois”... Et coûte près de 143.408 euros. Viennent ensuite, dans l’ordre : Jean-Pierre Raffarin (117.995 euros), Dominique de Villepin (110.808 euros), François Fillon (103.304 euros) et Jean-Marc Ayrault (102.420 euros). Lionel Jospin, Edith Cresson, Manuel Valls et Edouard Balladur, de leur côté, coûtent tous moins de 100.000 euros (entre 96.307 pour le premier et 69.106 euros pour le dernier). Le Premier ministre le moins cher ? Alain Juppé, avec 60.454 euros...
   Ils peuvent envisager leur vieux jours avec sérénité..

           Clémentine Autain était l'invitée du "8h30 franceinfo", samedi 23 novembre 2019. La députée LFI de Seine-Saint-Denis a notamment réagi aux propos d'Emmanuel Macron sur les régimes spéciaux. Le chef de l'État déclarait à Amiens vendredi 22 novembre que "cette mobilisation est avant tout la mobilisation de salariés d'entreprises qui relèvent de régimes spéciaux, donc c'est une mobilisation contre la fin des régimes spéciaux". Une déclaration qui, pour Clémentine Autain, est une "invitation à aller manifester".  La députée de LFI affirme que cette réforme des retraites concerne au contraire l'ensemble des salariés : "On part des régimes spéciaux, qui représentent environ les retraites de 3% des salariés, (...) pour toucher à l'ensemble du régime des retraites (...) Le régime par points, cela veut dire qu'au bout du bout, nous aurons des retraites plus basses, tout le monde"
       Le projet semble sans fin et risque fort, s'il aboutit, à être profondément inégalitaire.

 Si une part de redistribution-solidarité était remplacée par des fonds de pension, comme en  Hollande, ça ne manquerait pas d'inquiéter. On voit le risque et on l'a vu en 2008. Fonds de pension, pièges à cons?
   La voie allemande semble impensable.

   S'obstiner sur les mêmes bases, c'est risquer la sortie de route, comme dit l'ami de Macron, qui vise à temporiser.
        Ce n'est pas le rapport du COR qui va éclaircir le problème, soulignant l'aspect purement comptable de certaines analyses, et venant embêter le gouvernement.
   Ce déficit n'est-il pas largement construit au cours des années passées?

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Accords dans le sable

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Acoords Sykes-Picot
                                 Moyen-Orient; comment en est-on arrivé là?

 


              Il a fallu attendre le dépeçage de l' Empire Ottoman pour voir émerger secrètement des frontières dessinées par les marchands de tapis anglais et français, qui, quasiment dans le plus pur arbitraire, en fonction des rapports de force du moment et des perspectives d'exploitation pétrolière, instituèrent un nouvel ordre qui allait s'avérer lourd de conséquences jusqu'à aujourd'hui;
      Ce fut l'accord appelé Sykes-Picot, encore mal connu.
                   Un accord mal ficelé et une dee causes majeures du chos actuel.
       Divulgué en novembre 1917par le gouvernement révolutionnaire russe, l'accord Sykes-Picot soulève   l'indignation dans le monde arabe : outre le fait qu'il bafouait le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, il violait les engagements pris, en 1915, par le haut-commissaire britannique en Égypte, sir Henry McMahon (1862-1949), auprès du chérif de La Mecque, Husayn ibn Ali.

Ces promesses, ambiguës et sujettes à des interprétations divergentes, concédaient aux Arabes, en contrepartie de leur aide contre les Turcs, un grand royaume ou leur indépendance dans les territoires délimités par le 37e parallèle, l’Iran, le golfe Persique, l’océan Indien, la mer Rouge et la Méditerranée. Sous certaines réserves – l’exclusion d’Aden, de Mersin et d'Adana (Cilicie) et celle, contestée, des vilayets d’Alep, de Beyrouth et de leurs côtes, la préservation des intérêts britanniques à Bagdad et Bassora –, cet espace devait ainsi englober l’Arabie, la Transjordanie, une grande partie de la Syrie, l’Iraq, voire, selon une autre lecture de la correspondance McMahon-Husayn, la Palestine...

      Il détermina une situation qui fait de Levant et du MO des chantiers permanents et des lieux d'affrontements. 
     La question des frontières devient aujourd'hui plus vive et meurtrière.
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Dans l'Nord

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Y a pas qu'des corons ♪♫♪ 
                                        Un ville parfaite, une cité idéale, ça n'existe pas.
    Mais une agglomération qui tend à l'amélioration de la qualité de vie de ses habitants, pour le présent et l'avenir, on peut en trouver.
   Notamment au coeur de l'ancien pays minier, il y a peu en déshérence, se distingue un élu dynamique aux idées bien arrêtées, qui voit loin.
   Là où on ne l'attend guère. En plein coeur du pays des corons, encore largement défavorisé, après la saignée des années 80, on assiste à un début de renouveau limité, le chômage étant encore à un niveau élevé.
      Loos est une ville à part dans la région, qui a déjà un pied dans l'avenir, s'efforçant de l'inventer sans tapage jour après jour. Des projets écologiques qui marchent.
  Les habitants entrent peu à peu dans la dynamique inaugurée de manière volontariste par un maire pédagogue, quelque peu visionnaire, dont on commence à parler, même au-delà du pays minier.
   Une dynamique nouvelle se met peu à peu en place dans cette cité modeste et encore défavorisée, qui contredit la fatalisme généralement attribué aux populations de l'ancien pays des gueules noires, qui ne renient pas son passé mais s'engagent sur de nouvelle voies, exemplaires.
___
- On vient parfois de loin...
- Faire un saut à deux pas.
- Non loin, on peut visiter.
- Un peu plus loin...

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CET-A remettre en chantier

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Trop tard!?
           Trump a dit non au Tafta
                       Trudeau a dit oui au CETA
                                 Bruxelles dit: oui, mais..

 

 
  Même revu sur certains points, rendu plus "vendable", l'accord franco-canadien suscite encore bien des critiques légitimes.
   Le libre-échange, c'est bien, mais...
         Le Parlement européen a donc ratifié le Ceta
                    Mais il faut encore. attendre L’accord contesté devra encore avoir l’assentiment des trente-huit parlements nationaux et régionaux de l’Union européenne.
       Le chemin est encore long, car l'accord est contesté par beaucoup d'élus, dont un certain nombre d'eurodéputés et par une large partie de la population informée.
     Les  risques depuis longtemps dénoncés, par des Canadiens eux-mêmes, sont toujours là, à condition de lire entre les lignes et de ne pas se contenter d'une lecture rapide.
    Selon certains,  le Ceta ne serait pas constitutionnel,
____
...Le CETA va désormais entrer en application de manière provisoire, à compter d’avril 2017. En tout cas pour les chapitres du traité dont on considère qu’ils relèvent de la compétence exclusive de l’UE. Il s’agit en fait de l’écrasante majorité du traité (environ 95 %), mais pas forcément de ses dispositions les plus controversées, puisque l’ICS, le nouveau mécanisme d’arbitrage entre État et investisseur privé, lui, devra attendre les ratifications nationales avant d’entrer en vigueur.
    En tout, 38 parlements sont censés valider le texte. En France, l’Assemblée nationale et le Sénat auront leur mot à dire. Ce processus peut être très long. À titre d’exemple, l’accord entre l’UE et la Corée du Sud – assez comparable, par son ambition, à celui du CETA – est entré en application provisoire en juillet 2011. Mais il n’a été appliqué de manière définitive qu’en 2015.
      Certains parlements s’annoncent difficiles à convaincre, à Paris notamment. Mais c’est le parlement wallon qui pourrait bien, une fois de plus, focaliser l’attention (en raison de la structure de l’État belge, pas moins de sept parlements seront consultés sur le CETA). Paul Magnette, le président socialiste de la Wallonie, a fixé une série de conditions au déblocage de la crise d’octobre 2016 et il a répété ce mercredi que la Wallonie ne voterait pas le CETA si les conditions négociées l'an dernier n'étaient pas respectées.____________________

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Langue de bois

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

L'art de ne rien dire ou d'enfumer son public.
                        ....Tout en donnant l'impression de dire des choses importantes.
   Comme le dit non sans humour un certain bonimenteur, on peut brasser beaucoup de vent avec des paroles et des éléments de langage habilement utilisés.
  La langue de bois, cela s'apprend. Il faut connaître quelques codes. En ayant fait l'Ena ou non. Pour travestir, contourner ou masquer sa pensée.
    A la rigueur, on peut prendre des cours.
        ___Le langage a des pouvoirs ambigüs dont nous pouvons vérifier tous les jours les effets. Elle est aussi bien utilisée pour révéler, dire le vrai, que pour dissimuler et tromper, par des procédés rhétoriques spontanés ou des ruses calculées.
  Parler est rarement neutre, dans les rapports humains, surtout au coeur des questions de pouvoir, quels qu'ils soient. La langue est la meilleure ou la pire des choses, comme disait le vieil Esope.
 Il n'est pas rare que les mots servent à embellir la réalité, à dissimuler ou à détourner le sens, à figer le réel au lieu d'en parler avec vérité, nuances et précision, d'en épouser la complexité.
     _C'est une des fonctions de la langue dite de bois
, la xyloglossie, d'usage courant, qui peut avoir diverses fonctions, notamment de travestir la réalité, de l'adoucir, de la nommer selon des usages acceptables pour le plus grand nombre, par des stéréotypes convenus et sécurisants.
   Elle peut prendre des formes très diverses.
 Dans le domaine des rapports sociaux notamment , elle désigne un manière très particulière d'évoquer la réalité.
   Le 
politiquement correct en est une forme connue.
  Au service d'une idéologie, il contribue à verrouiller un système en neutralisant la critique, en politique, dans l'entreprise ou les codes moraux. Les exemples ne manquent pas.
__Stéréotypé, par habit
ude, convention ou calcul machiavélique, il est souvent un instrument de domination, comme la Newspeak orwelienne, et demande à être décrypté (avec la distance de l'humour) et démasqué, l'ironie étant la meilleure technique pour ce faire, la critique frontale étant le plus souvent vouée à l'échec.
   La ruse suprême consiste à substituer une langue de bois à une autre.
Les mots sont importants et peuvent susciter le sommeil de la raison, comme son réveil. Ils peuvent être subversifs. Par exemple, l'appellation "
citoyen" n'instaure pas seulement en 1789 un simple changement de mots, mais une changement en profondeur de rapports sociaux et politiques.

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Grèce: retour de flammes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il y a deux ans...)

 

Mensonge et aveuglement
                                         Alors que le pays s'effondre à bas bruit ... 
...On ne nous avait pas tout dit, à part des informations biaisées ou loin de la vérité.
        Mais certaines choses finissent par se savoir.
  Le FMI savait dès 2010 dans quelle situation inextricable se trouvait la Grèce et que le remède de cheval qui lui était imposé, à titre d'exemple pour les autres surtout et pour sauver les banques, ne pouvait mener qu'à l'impasse ou à la catastrophe économique et sociale.
     Le rôle de JC.Trichet fut majeur dans l'opération.
  Tour le monde mentait. La Grèce, pour les raisons que l'on connaît, avec l'aide complaisante et intéressée de Goldman Sachs, les instances de l'Eurogroupe et le FMI, qui a fini par tenir un double langage, parfois en contradiction avec Bruxelles Berlin.
   IL faut rappeler que la Grèce n'avait pas d'abord vocation à entrer dans l'Eurogroupe, à cause d'une économie trop hétérogène par rapport à celles des pays du Nord, mais que cela se fit quand même, sous la pression de VG d'Estaing, pour des raisons idéologiques.
        Selon La Tribune, le FMI savait que le programme échouerait dès 2010 et F.Godin insiste sur le rôle majeur joué par Jean-Claude Trichet qui a agi comme un obstacle majeur contre toute restructuration de la dette hellénique. La raison en est évidemment la crainte de la contagion, mais l'exposition, alors, des banques françaises et allemandes à la dette grecque (95 milliards d'euros en tout) a joué aussi un rôle majeur. A l'automne 2010, le président de la BCE fera pression sur les gouvernements irlandais et espagnol pour éviter toute restructuration du même type. En avril 2011, il menacera même le nouveau gouvernement irlandais de « jeter une bombe sur Dublin » en forçant le pays à sortir de la zone euro si le programme de « participation des créanciers » promu par la nouvelle majorité était mise en œuvre. Or, en jetant un tabou sur ce sujet, le Français a créé le nœud coulant de la dette qui étrangle encore la Grèce et qui enserre les autres pays jadis sous programme. Idéologue de « l'austérité expansive », terme à la mode alors, il a forcé une solution impossible contre les voix raisonnables du FMI. Les malheurs de la Grèce depuis sept ans y trouvent là leur origine. Une responsabilité qu'il refuse obstinément d'endosser depuis.
       Deuxième conséquence : sur la Grèce, tout le monde a donc menti en mai 2010, du gouvernement grec au FMI en passant par les dirigeants européens et la BCE. Ce mensonge est structurant pour toute l'histoire de la zone euro, particulièrement l'épisode dramatique du premier semestre 2015. Les demandes du premier gouvernement Tsipras, fondée notamment sur une restructuration de la dette et une réduction du niveau de l'austérité, venaient percuter les vérités assénées depuis 2010. Il a fallu briser cette demande par la violence d'un troisième mémorandum, donc d'une poursuite de la logique de 2010, malgré l'évidence contraire de son échec. Le but était en quelque sorte de « forcer la réalité » pour la faire entrer dans une vision définie en 2010. Sept ans de maux du peuple grec, une fracture béante entre le nord et le sud de l'Europe, une humiliation du gouvernement démocratique grec et une situation toujours aussi bloquée auront été les prix à payer de cette tentative sordide de validation des mensonges des dirigeants européens....
        La cacophonie a eu des effets dramatiques, qui n'ont pas fini de se faire sentir.
                  Olivier Blanchard, qui, depuis, a quitté le FMI avait déjà mis en garde dès le 4 mai 2010 : « même en remplissant entièrement toutes les conditions posées, rien ne peut soutenir la croissance contre la contribution négative du secteur public ». Et d'ajouter : « la reprise aura plus vraisemblablement la forme d'un « L » avec une récession plus profonde et plus longue que celle projetée ». Et de conclure : « le schéma de croissance en « V » projetée est beaucoup trop optimiste, il est improbable que les forts gains de productivité puisse jouer un rôle significatif ». Ce mémo prouve que le FMI savait donc parfaitement ce qui allait se passer en Grèce. Les informations de Paul Blustein ont été confirmées par Olivier Blanchard lui-même qui, dans un tweet du mercredi 15 février, a indiqué qu'il « n'a pas fait fuité lui-même » ce document, mais qu'il n'est finalement « pas mécontent qu'il ait fuité »."
      La situation apparaît sans issue tant que l'Allemagne, et surtout Schaüble, maintient sa position dogmatique et étroitement ordolibérale.
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Retraite en retrait

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Cailloux dans la chaussure 
                                       Rien n'est simple dans le chantier annoncé tambour battant.
  Une déjà vieille histoire, reprise à nouveaux frais.
         Mais on dit le chef de chantier déjà épuisé. A moins que ce ne soit une subtile manoeuvre.

  Et voilà que grand père s'y met, ajoutant à la confusion. Il y a du tirage dans l'air.
  Le projet semble sans fin et risque fort, s'il aboutit, à être profondément inégalitaire.
 Si une part de redistribution-solidarité était remplacée par des fonds de pension, comme en  Hollande, ça ne manquerait pas d'inquiéter. On voit le risque et on l'a vu en 2008. Fonds de pension, pièges à cons?
   La voie allemande semble impensable.
        Ce n'est pas le rapport du COR qui va éclaircir le problème, soulignant l'aspect purement comptable de certaines analyses, et venant embêter le gouvernement.
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Des robots et des hommes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Robotique: le tournant
                                       La robotisation, sous toutes ses formes, est un phénomène en accélération rapide dans de multiples domaines.
     Ce "progrès", dont nous n'entrevoyans guère les perspectives de développement et les effets à long terme, correspondant à un moment du développement du capitalisme vers une baisse des coûts de production, de rentabilité concurrentielle sans fin, de relocalisations partielles, ne laisse pas de nous laisser songeurs.
    Mi-fascinés, mi-timorés,  nous sommes le plus souvent dans l'ambiguïté la plus totale à ce sujet. Admiratifs de la chirurgie robotisée, nous nous interrogeons sur les conséquences humaines et sociales de son introduction dans de plus en plus de domaines  industriels, grâce au couplage de plus en plus en plus poussé entre numérique et cybernétique, grâce au développement algorithmique illimité.
 La question n'est pas seulement humaine, anthropologique, elle est aussi sociale, politique au sens large.
      Rifkin prévoit la fin du travail et les propositions peu claires de B.Hamon sur le revenu universel, se calent sur ses pronostics, en partie discutables.
        Brigitte Munier analyse notre crainte irraisonnée et ancestrale de machines autonomes et supposées maléfiques, qui hantent nos imaginaires, la littérature et le cinéma. (*)
   Mais on ne peut réduire le problème à cet aspect et s'en tenir à seulement dissiper les vaines craintes.
          Le développement concurrentiel et ultra-rapide de la robotique pose et surtout poseront de sérieux problèmes, auxquels nous ne sommes pas préparés.
   Quand on voit comment, même en Chine, la production des robots se fait dans certains secteurs à une vitesse inouïe...
   Les robots, quelle que soit leur nature, ont beau susciter notre fascination, la réflexion ne suit pas.
       Elle devient urgente.
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(*)- Le Parlement européen a adopté jeudi 16 février un texte sur le statut des robots. Alors que des programmes sont sur le point de conduire des voitures et que les machines s’essaient à de plus en plus de métiers, le robot fait peur. Une inquiétude spécifiquement occidentale, assure la sociologue Brigitte Munier. Dans Robots. Le mythe du Golem et la peur des machines, elle explique que « la crainte occidentale contemporaine de machines intelligentes menaçant de gouverner l'humanité camoufle une angoisse ancienne et croissante, celle de ne plus trouver de sens à la nature et à la vie de l'homme ».___Selon elle, à chaque époque correspond un mythe qui permet à la civilisation d’extérioriser ses inquiétudes et ses aspirations. Aujourd’hui, la figure du Golem ou du robot domine la culture populaire, de la littérature au cinéma. Le Golem est cette créature humanoïde à base de glaise fabriquée par un rabbin pour défendre sa communauté. Il finit par se révolter et son inventeur doit le détruire. Le mythe populaire juif est développé par Mary Shelley dans Frankenstein au début de la révolution industrielle. Il exprime la peur du pouvoir du progrès scientifique face à la morale. C’est en 1920 que le Golem acquiert sa figure moderne. Karl Capek dans sa pièce R.U.R forge le mot « robot ». La machine a pris depuis diverses formes, de Matrix à Robocop. Mais la question qui anime ces histoires reste la même : qu’est ce qui différencie le robot des humains ?___Une question qui ne se pose pas dans d’autres parties du monde. « Nous avons défini l’homme pendant plus de 25 siècles en Occident comme ayant une âme dotée d’une origine transcendante, écrit Brigitte Munier. Les Japonais n’ont pas cette vision. Pour eux, l’âme est immanente, elle est ici-bas. Voilà pourquoi ils n’ont pas cette peur. » Ils ont d’ailleurs fait d’ « Astro le petit robot » le symbole de l’espoir après la Seconde guerre mondiale. La société japonaise voit dans la machine un compagnon, un auxiliaire : bref, un alter ego.__(En savoir plus : Homme et machine : la phase du miroir)
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Donald, Bibi et les colons

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Effets Trump en Israël.
                                 Le consensus international sur le statut de la Palestine va-t-il disparaître?
   On peut le redouter.  Notamment après le déplacement de l'ambassade US à Jérusalem, qui a un sens particulier.
    Netanyahou, le grand bâtisseur, est aux anges. Il ne fait même plus semblant.
  Trump fait des concessions à la droite israëlienne la plus dure.  Pompeo est à la manoeuvreQuelles qu'en soient les conséquences locales et internationales.
   Le détricotage continue.
 .Le feu vert est donné aux faucons de Tel-Aviv.
        Implicitement ou explicitement.
    Les (timides) résistances de l'administration Obama et de l'ONU n'ont plus lieu d'être.
            Trump s'est déclaré à 100% avec Israëlen faisant les pires amalgames dont il est coutumier.
    Netanyahu et Liberman ont compris le message:
           Israël annonce un plan massif de nouveaux logements dans les colonies:
      Mais pas seulement:
         Tel Aviv approuve la construction de 560 logements à Jérusalem-Est 
 "Dans les dernières semaines de son mandat, Barack Obama a provoqué la colère du gouvernement israélien en n'opposant pas son veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies réclamant l'arrêt de la colonisation israélienne des territoires palestiniens.
   Désignée par Donald Trump pour devenir la nouvelle représentante permanente des États-Unis auprès de l'ONU, Nikki Haley a dénoncé, comme l'homme d'affaires, l'attitude des Nations unies vis-à-vis d'Israël lors de son audience de confirmation la semaine dernière.
    Donald Trump a également promis de transférer l'ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, une initiative qui nuirait à la paix selon Mahmoud Abbas. Selon la Maison-Blanche, les discussions sur ce sujet n'en sont qu'à leurs débuts.
  Un transfert de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem marquerait, s'il est mené à bien, une rupture dans la diplomatie proche-orientale américaine, les administrations successives ayant estimé qu'il importait de mener des négociations sur le statut de Jérusalem, qu'Israël et les Palestiniens revendiquent comme capitale.
       Netanyahu remet en question la contribution d’Israël à l'ONU..
    Et Trump envoie à Jérusalem (oui!) un ambassadeur chaud partisan de la colonisation.
         Sa forte relation avec Isroël, dit Trump, sera le fondement de sa mission diplomatique et un atout de poids pour notre pays, alors que nous renforçons nos liens avec nos alliés et que nous nous battons pour la paix au Moyen-Orient..

      Voilà qui est clair et prépare sûrement un avenir de conflit avec l'ONU et surtout de graves troubles prévisibles en Palestine. Mais pas seulement.
   Les perspectives de paix s'éloignent encore un peu plus....
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