Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Histoire de tuyaux

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Quand ça gaze et quand ça ne gaze pas...    
                                                     « Contrôle les ressources de ton rival et tu contrôles ton rival »,
 


      Les gazoducs se développent en Eurasie comme une toile d'araignée.
  Dans le contrôle des ressources énergétiques,  les puissances productrices de pétrole et de gaz, tissent des liens d'échange de plus en plus étroits. Les transits maritimes deviennent de plus en plus coûteux, longs et aléatoires. 
     Dans le même temps, de nouvelles sources de tension ou de conflits potentiels ou réels naissent au coeur ou à la périphérie de ce tissu d'échanges souvent vitalement nécessaire pour des puissances montantes comme la Chine
    Des rapprochements inattendus ou des renversements d'alliance se produisent régulièrement, au gré des accords, fragiles ou plus durables, qui s'établissent sur la logique de ces échanges, le gaz prenant une place de plus en plus grande, les gazoducs étant un enjeu stratégique autant qu'économique, en Europe  comme en Asie
    Une grande part du grand jeu des puissances mondiales relèvent de cette collaboration/compétition.
       Entre la Russie et la Chine, un des plus grand  projet au monde  est en train de se mettre en place.
Entre le Turkménistan et la Chine, on construit un gazoduc  de plus de 8000 k de long, le premier pays se donnant de grandes ambitionsdu fait de sa richesse soudaine..
   Echanges pacifiques et collaboratifs, mais aussi guerre des tuyaux, comme on le voit avec l'Ukraine,  au fur et à mesure que se dessinent de nouvelles routes énergétiques.
     Des conflits qui ne disent pas toujours leur véritable nom, comme en Irak, ou plus récemment aux origines du conflit syrienConflits sur le transit du gaz, le plus souvent, nécessitant des accords durables.
     A ce sujet, rares sont ceux qui, comme Robert Kennedy ont essayé d'aller au delà de l'écume des événements tragiques.
                 La Syrie fut, entre autres causes (aussi) l'otage d'une bataille pour l'énergie, et notamment du gaz. 
 " On comprend mieux l’intérêt du Qatar à un changement de régime à Damas, affirme ainsi David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Insitut français d’analyse stratégique (Ifas). Il est évident que si le régime de Bachar el-Assad tombe et qu’il est remplacé par un gouvernement de Frères musulmans, ce dernier sera sensible aux demandes de ceux qui les ont aidés à accéder au pouvoir. » Des enjeux qui peuvent expliquer en partie le soutien étonnamment massif offert par le Qatar à la rébellion syrienne. Selon le Financial Times, l’émirat a dépensé 3 milliards de dollars pour financer l’armement des rebelles. Un montant qui dépasse de loin les aides des pays occidentaux – fin novembre 2012, Paris a donné 1,2 million d’euros à la nouvelle coalition formée par l’opposition syrienne. « Mais, ces dernières semaines, avec l’avancée des troupes syriennes, il est évident que seule une intervention occidentale pourrait aider l’opposition syrienne, et donc le Qatar, à arriver à ses fins », poursuit Roland Lombardi."
___________________

Partager cet article
Repost0

Réindustrialiser, disent-ils

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Oui, mais comment?                           (Bis repetita)

                       Redressement productif,  nouveau mythe ? 
___Points de vue
___________________On peut toujours invoquer cette nouvelle idée-fétiche, le verbe ne suffit pas, même si la chose est ardemment souhaitée...
   Le thème revient de manière récurrente.
  Les récentes opérations de rachat par des groupes étrangers de fleurons de l'industrie française comme  Alstom n'incitent pas à l'optimisme.
  Le délitement du tissu industriel se poursuit et peut se mesurer.
     Dans le cadre du libéralisme non régulé en vogue, d'une mondialisation à tout-va au gré des dogmes de l'OMC, des délocalisations vers les pays à bas coûts de main d'oeuvre, certains estiment qu'il n'y a plus qu'une voie possible, pour se hisser au niveau de l'Allemagne considérée comme modèle en la matière, le développement de la haute technologie, soutenue par les nouvelles techniques issues du numérique et de l'intelligence artificielle, de la culture algoritmique, notamment le développement de la robotique.
  De nouveaux défis nous attendraient, selon Patrick Artus. Le numérique serait notre salut. A voir...
     Mais la baisse des coûts, prônée pas certains, n'est pas la solution, au contraire. L'exemple de l'Allemagne, entre autres, le montre assez clairement a contrario.
____________Le simple patriotisme économique incantatoire ayant montré ses limites, comment sortir du cercle vicieux qui s'est installé dans l'eurozone?
  "La situation de sous-investissement actuelle en Europe n'est pas le fruit du hasard, mais bien le résultat à long terme de la dérégulation économique qui tenait lieu de politique publique dans les années 70-80. À force de ne plus investir sur son sol l'occident se retrouve aujourd'hui dépourvu d'entreprise et d'hommes aptes à le faire avancer. Son élite vivant de sa rente en important des masses d'objets que nos pays ne savent plus fabriquer. Aucune nation ne s'est jamais enrichie en achetant aujourd'hui ce qu'elle faisait elle même hier. Tout juste, cette situation permet-elle à quelques groupes sociaux minoritaires de sortir enrichis pendant que la masse de la population s'appauvrit...
      __Selon  Jacques Sapir , "ce sont les chiffres qui comme d'habitude infirment par l'absurde l'efficience de mesure d’austérité sur l'économie des pays en crise. Et que l'on ne parle pas de faire des économies aujourd'hui pour rebondir demain, car on voit mal comment un pays qui connaît un effondrement de ses investissements productifs, soit à même d'hypothétiquement relancer la machine économique, peut préparer l'avenir. La Grèce est doublement punie. L’effondrement des salaires ne la rend pas suffisamment compétitive pour concurrencer l’Europe de l'Est ou l'Asie. Et dans le même temps, l'effondrement de la demande induite par ces politiques a produit un effondrement de l'investissement productif ce qui se mesure dans l'évolution de la formation brut du capital. Disons-le tout net. Les entreprises n'investissent que si elles pensent que cet investissement est nécessaire. À quoi bon accroître les capacités de production, si la demande que l'on prévoit est en baisse ? Le FMI et la BCE redécouvrent ce que Keynes avait démontré depuis longtemps, le lien entre l'investissement et la demande est l'inverse de ce que pense la doxa libérale. C'est la demande qui pousse l'investissement et non l'inverse....
       Pour réorienter l'investissement en France, il faut avant tout faire en sorte que les entreprises n'aient pas d'autre choix que de le faire. Tout d'abord en rendant les importations non compétitives en jouant sur la dévaluation, les quotas et les droits de douane. Ces politiques devront être à la mesure du problème. Ensuite en redonnant à la demande un vrai dynamisme, car comme je l'ai dit précédemment ce n'est pas l'investissement qui crée la demande, mais le contraire. Étrangement et contrairement aux idées actuellement très en vogue, relancer les salaires en France ne refera pas reculer l'investissement bien au contraire. En anticipant une demande en hausse et en bloquant les possibilités de faire appel à l'étranger pour produire nos entreprises seront beaucoup plus enclin à investir dans notre pays. On l'a bien vu dans la courte période 1998-2000, il a suffi d'une dévaluation et d'un retour à l'anticipation positive pour que l'investissement reparte fortement pendant quelque temps. Bien payer les salariés ce n'est pas amoindrir l'investissement, c'est bien au contraire le favoriser. Il faut sortir de l'idée absurde qui conduit à penser le dynamisme économique comme contraire au bien-être de la population."
Pour un nouveau contrat d'entreprise
__Malgré les apparences, la situation de l'Allemagne n'est pas si brillante. 
___Selon le Nouvel Economiste, des dogmes fatals sont à l’origine de la désindustrialisation de la France :
      "Etrange défaite, curieuse déroute dont les causes réelles remontent en fait à trois décennies, ces “trente piteuses” pilotées par trois dogmes successifs responsables de cette lente désindustrialisation : “la société post-industrielle”, “la nouvelle économie”, “l’entreprise sans usine”… Adieu ateliers et usines, rapidement troqués contre des bureaux, la fabrication contre des prestations, le secondaire contre le tertiaire, si noble et peu salissant. C’était un peu vite oublier que les activités de services se nourrissent, en support, de celles de l’industrie, pour une large part. Qu’elles ne sont point rivales mais complémentaires jusqu’à être indissociables. Et que le plus souvent, les industriels avaient externalisé un certain nombre de tâches et missions, ne serait-ce qu’en faisant appel à des sociétés d’intérim. Bref, que du passé industriel il était franchement impossible de faire table rase....un beau jour de 2001, Serge Tchuruk, patron d’Alcatel, se fit le chantre du “Fabless”, “l’entreprise sans usines”; les cerveaux européens sous-traiteraient aux milliers de petits bras asiatiques le travail industriel à faible valeur ajoutée. Cette illusion dura juste le temps pour les Chinois de mettre leur recherche à niveau, de proposer des innovations rudement concurrentielles afin de livrer de sévères batailles sur les marchés mondiaux. Tout faux. Alors que la mondialisation érode les marges, provoquant un véritable cercle vicieux. Laminées, ces dernières ne permettent plus les investissements, impossible de monter en gamme, les produits devenant moins innovants perdent leur avantage concurrentiel. Alors il faut réduire les prix…Pente fatale. Pour Max Blanchet, senior partner de Roland Berger, “ce modèle “fabless” – Alcatel, Thomson qui a vendu ses usines – s’est révélé totalement erroné. Car si on ne produit plus en France, on perd les capacités de recherche, les compétences”. Fermez le ban sur cette “colossale erreur stratégique”. Nous avons atteint un niveau d’obsolescence historique faute d’avoir suffisamment investi dans l’appareil de production. Et nous ne pourrons nous imposer que dans les domaines industriels où le coût de main-d’oeuvre tient pour une faible part dans les coûts de production..."
______L'entreprise  demande une refondation
     Les tourbillons financiers en dissimulent une beaucoup plus profonde : celle de l’entreprise. Née à la fin du XIXe siècle, celle-ci incarnait l’inventivité technique, un collectif de travail, un espace de négociations sociales. Cette logique de progrès s’est brisée dans les années 1980 : le profit des actionnaires est alors devenu la raison d’être de l’entreprise. Cette doctrine a déstabilisé la mission des dirigeants, atrophié les règles de gestion, sacrifié l’intérêt des salariés en cédant le contrôle aux actionnaires
_______________ 
*Dossiers: -L’urgence industrielle : entretien avec Gabriel Colletis, par Jean Bastien 
"Le besoin d'industrie", recension de L'industrie française décroche-t-elle ? de Pierre-Noël Giraud et Thierry Weil, par Jean Bastien 
"Réindustrialiser. Pourquoi ? Comment ?", recension de La France sans ses usines de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, par Jean Bastien (de nos archives)
"La mise en péril d'une base nationale", recension de Renault en danger ! de la CFDT de Renault, par Jean Bastien (de nos archives)
__ La reprise :Grouchy ou Blücher ? 
______________________________________________
Partager cet article
Repost0

Problèmes allemands

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

     Mais pas seulement...
                                     Les orientations du développement politique et économie de Berlin, en tant que grande puissance montante, est de plus en plus clairement un problème majeur pour l'Union.
     L'Allemagne fait de plus en plus cavalier seul, à l'ordolibéralisme tourné surtout vers l'Est, la Chine, les marchés émergents. Elle préside, contre ses propres intérêts à long terme, à la reconstitution d'une l'Europe des puissances où les règles bruxelloises ne sembleront plus qu'un souvenir.
   L'axe franco-allemand a vécu.. Le modèle allemand est encore évoqué dans certaines sphères médiatiques, mais avec de moins en moins de conviction.
      Certains penseurs d'Outre-Rhin avaient déjà tiré la sonnette d'alarme depuis une dizaine d'années, comme Hans Peter Martin ou  l'ex-chancelier Smidt
    La conquête de l'Europe centrale,  son Hinterland, de sa main d'oeuvre abondante et bon marché, a été un puissant moyen de réduction des salaires donc des coûts de production. Les lois Haartz on fait le reste.
    Angela bouscule l'Europe, mais avec des conséquences discutables sur les relations avec ses partenaires, bénéficiant de leurs faiblesses, mais aussi d'une monnaie qui sert bien ses intérêts. Avec le Brexit, l'Allemagne va dominer encore plus l'UE. Mais ce ne sera pas sans créer des problèmes encore inédits.
      IL n'y a rien de "miraculeux" dans le développement de Berlin et son hégémonie de fait
, : "« L'Europe allemande est maintenant sur le point de prévaloir sur l'aspiration d'une Allemagne européenne. » [Romano Prodi, ex-président de la Commission de Bruxelles]_"
      Comme l'analyse Thomas Piketty, ce n'est pas par une productivité exceptionnelle que l'Allemagne développe comparativement spectaculairement son économie, mais pour d'autres raisons.
        Pour résumer: la France et l’Allemagne ont des productivités voisines, mais utilisent de façons très différentes leur haute productivité. A chaque fois que la France produit 100 unités de biens et services elle en consomme et en investit entre 101 et 102 unités sur son territoire ces dernières années. A l’inverse, à chaque fois que l’Allemagne produit 100 unités, elle n’en consomme et investit que 92 unités. L’écart peut sembler mince, mais dès lors qu’il se reproduit chaque année il engendre des déséquilibres financiers et sociaux d’une ampleur considérable, qui menacent aujourd’hui de faire exploser l’Europe.
    Le pays n'a jamais remboursé ses dettes, lui qui a sur le sujet adopté une position de fer vis à vis des autres.
             Non à l'Europe allemande, disait Ulrich Beck, récemment décédé, parlant de l’Allemagne comme d’un « empire accidentel ». « Il n’y a pas de plan stratégique, pas d’intention d’occuper l’Europe, pas de base militaire. La discussion sur un Quatrième Reich est donc déplacée. Mais cet empire a une base économique »...Il n’est pas le seul à l’avoir utilisée. George Soros ou Martin Wolf du Financial Times ont eux aussi parlé d’un empire. Mais c’est un terme à la fois très chargé et flou...
    Si l'on continue dans la direction prise en Europe ces cinq dernières années, le risque est grand d’aller vers une Europe très différente du projet des Pères fondateurs. Comme le souligne le penseur allemand Wolfgang Streeck [lire ici un entretien d’Antoine Perraud sur Mediapart], nous risquons d’aller vers une Europe plus brutale, technocratique, autoritaire, où la politique économique est de plus en plus isolée du contrôle démocratique. D'ailleurs, même si l'on parvenait à une union politique, rien ne dit qu’on pourrait changer les fondamentaux de la politique économique. Quand Wolfgang Schäuble parle d’un pas supplémentaire dans l’intégration, il parle en réalité d’une Europe qui suivrait les règles allemandes...

               L'ex-chancelier Schmidt avait depuis longtemps souligné les dérives possibles de son pays.
... Il est nécessaire de mettre en garde, avec fermeté mais sans exagération, les hommes politiques allemands, les médias et l'opinion publique. Si nous, Allemands, nous laissons emporter par notre force économique et revendiquons le rôle politique central en Europe, ou pour le moins de jouer le primus inter pares, alors une majorité grandissante de nos voisins va se dresser contre nous. L'angoisse de la périphérie face à un centre surpuissant reviendrait au galop. Les conséquences probables d'une telle évolution pour l'Union européenne seraient terribles. Et l'Allemagne se retrouverait isolée.
   La grande et très productive République fédérale d'Allemagne a besoin - éventuellement pour se protéger d'elle-même - de l'intégration européenne. C'est pour cela que depuis Helmut Kohl, en 1992, l'article 23 de la loi fondamentale nous oblige à concourir " au développement de l'Union européenne ". L'article 23 nous impose, dans le cadre de cette participation, de respecter le principe de subsidiarité. La crise actuelle des institutions de l'Union ne modifie en rien ces principes.
  Au vu de notre position géopolitique centrale, de notre rôle malheureux dans l'histoire européenne jusqu'au milieu du XXe siècle et de notre performance économique actuelle, le gouvernement allemand doit porter la plus grande attention aux intérêts de nos partenaires européens. Cet altruisme est indispensable..
____________

Partager cet article
Repost0

Nouvelles bulles financières en vue?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Les banquiers sont souvent muets
                                             Comme leurs coffres.
             Ils sont rares, mais ils existent, ceux qui s'expriment de manière libre, en sortant de leur jargon technico-financier, de la langue de bois propre au milieu, et qui osent prendre du recul par rapport à leur activité et aux opérations banquières et financières en général, prenant des risques pour émettre des jugements sur ce monde abscons, ses mécanismes et ses ressorts, ses risques aussi, surtout aujourd'hui où l'activité financière, spéculative le plus souvent, a pris une telle place en matière économique. Elle n'est pas neutre et détermine le domaine de la production, des échanges et de ce A.Smith appelait la "richesse des nations"..
     L'ex-banquier JM Naulot nous a habitué à parler de son métier sans tabou, de manière critique, à émettre des jugements sur le monde financier, sa prétendue opacité, ses mécanismes, ses crises, notamment les plus récentes, en pointant l'aspect politique de certains choix en la matière et leurs conséquences parfois planétaires.
     Selon lui, la crise n'est pas finie, malgré tous les démentis officiels et toutes les proclamations de ceux-la même qui en furent à l'origine et qui semblent avoir tout oublié.
       Il y a des signes qui ne trompent pas, malgré l'apparence, et qui n'annoncent rien de bon. Sans jouer au prophète, l'auteur lance seulement un avertissement pour éviter une nouvelle et grave dérive.
Roubini et Jorion, qui voyaient venir l'effondrement de 2008, ne furent pas pris au sérieux...
             La situation financière actuelle n'est pas faite pour rassurer Naulot et les zig-zag d'un Trump se reposant sur Goldman Sachs laisse mal augurer de l'avenir:

             Mon expérience de banquier et de régulateur des marchés financiers me fait dire que le pire est malheureusement devant nous. Nous avons eu un aperçu de ce que pouvait être un effondrement avec la crise de 2008. La finance en faillite a alors fait sombrer l’économie mondiale, exploser les inégalités, bondir la dette publique et disparaître la confiance. Les dirigeants occidentaux nous ont vendu voici trente ans le rêve du tout-libéral qui dope la croissance ! Ce rêve n’était qu’une chimère, comme l’était un fédéralisme européen reposant sur la monnaie unique. Les risques d’un véritable effondrement sont là.   Si nos dirigeants refusent tout examen de conscience, veulent à tout prix «maintenir le cap», continuent à faire des discours comme on récite un catéchisme, ils nous emmèneront tout droit dans le mur. Par leur obstination, ce sont eux qui font monter les «populismes» ! Et ils ont en outre l’audace de nous dire que si la crise est là, c’est parce qu’on les a empêchés d’en faire davantage ! La crise financière est indissociable d’une crise bien plus profonde, celle d’un libéralisme économique à bout de souffle.
        Au point de détruire le système libéral ?
    Oui ! Jacques Rueff, un grand économiste libéral, évoquait «ce régime absurde et insensé de l’économie libérée qui est la négation même de l’économie libérale». C’est précisément la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Le capitalisme sans un Etat qui protège et sans un minimum de gouvernance internationale, c’est un système qui secrète la pauvreté, la violence et la confrontation. Certains observateurs se laissent impressionner par les chiffres du chômage dans la société anglo-saxonne mais la réalité est différente des statistiques officielles. Si le taux de chômage américain est de 5 %, c’est parce qu’il est régulièrement «nettoyé». Le prix Nobel d’économie Paul Krugman nous dit qu’il faudrait le multiplier par trois. Selon un autre prix Nobel, Joseph Stiglitz, les salaires réels des classes moyennes américaines n’ont pas bougé depuis les années 90. Une petite minorité capte la plus grande partie des richesses. Les Etats-Unis comptent 3,5 millions d’enfants qui dorment dans la rue et 15 % des Américains se nourrissent avec des bons alimentaires. Voilà la réalité de la société ultralibérale !
       Mais ce monde au bord de l’effondrement n’a-t-il pas fait des réformes ?
  Si, et parfois même très lourdes. Mais ce sont des corrections qui ne s’attaquent pas au problème de fond, à savoir le déséquilibre entre la sphère financière et l’économie réelle. Ce n’est pas en corrigeant à la marge le système financier que nous sortirons des crises. J’évoque dans mon livre quelques réformes simples qui pourraient être faites dans des délais courts sans perturber les marchés financiers. Ne pas le faire est irresponsable.
     L'auteur est exagérément pessimiste, diront certains. Non, lucide, diront les plus avertis.
  Les bulles peuvent être limitées ou sectorielles, comme la bulle étudiante ou d'autres, qui se profilent aux USA, mais elle peut être de plus grande ampleur.. De bulles en bulles...
    Le FMI lui-même exprime ses craintes. Tôt ou tard, le phénomène nous pend au nez, si...
        Le capital fictif compromet notre avenir.
                        C'est une baudruche qu'on peut redouter.
_________________
Partager cet article
Repost0

Contamination

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Par l'argent sale
                L'argent, dit-on, n'a pas d'odeur.
                                Mais il a souvent une certaine couleur.
    LCP a eu la bonne idée de rediffuser cette semaine un document sur un phénomène, accentué par la mondialisation, qui grangrène les systèmes financiers de presque tous les grands pays, tout en faisant le bonheur de ceux qui ont vocation à être d'excellents blanchisseurs, parfois ayant pignon sur rue
      On en soupçonne rarement l'existence et l'ampleur.
      Sans parler de l'évasion ficale proprement dite qui menace les finances de l'Etat, donc nos propres ressources. ( Ce sont des sommes énormes qui échappent au contrôle des Etats, parfois encouragé par eux, (60/70 milliards pas an en France, qui expliquent largement les difficultés du budget français), Une grande partie de l'argent de la criminalité organisée, elle, sous toutes ses formes, se réinvestit par des circuits connus mais difficile à suivre, dans l'économie réelle, pour une honorabilité de façade.
    La face obscure de la mondialisation se développe et renaît le cas échéant, avec la complicité et la complaisance d'un certain monde bancaire en mal de fonds et d'anonymat
     Comme dit Roberto Saviano, c'est parfois la finance criminelle qui sauve des banques de la faillite ou leur assure un surcroît de prospérité.. Elles ne sont pas forcément de seconde zône..
   Dans le BTP, à Londres ou ailleurs, dans le football ou d'autres activités licites, les techniciens du blanchiment rivalisent d'ingéniosité et de rapidité.
   Les sommes en jeu sont colossales, mais les Etats ne coopèrent guère, quand ils le font, et certains savent composer avec. (Les narco-états, par exemple, à l'Est comme à l'Ouest, certaines institutions dites respectables...)
      Ce serait 1600 milliards de dollards de blanchiment, soit 2,7% du PIB mondial.  A peine 1% des flux financiers illicites mondiaux sont actuellement saisis et gelés, selon le rapport de l’ONUDC. Ils résultent en grande partie des trafics de drogues et d’autres crimes transnationaux organisés.
   Autant de moyens non affectés à la santé, à l'éducation; à l'aide sociale, au soutien à l'investissement productif..;..
        Et voilà pourquoi votre Etat est malade.
_______________

Partager cet article
Repost0

Brèves de comptoir

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Méli-mélo
                      ____ Junk food : 350 millions de Chinois sont en surpoids ou obèses. Un sur 5 d’entre eux est un enfant. Au milieu des années 1990, avant qu’une croissance économique sans précédent ne rende la malbouffe largement disponible dans le pays, un seul enfant sur 20 était en surpoids.

 
___ Drapeau : Le petit État ouest-africain du Libéria possède l’un des plus grandes flottes maritimes du monde. Plus de 4 400 navires (environ 12 % du transport maritime mondial) battent pavillon libérien. Cela rapporte au Trésor libérien 20 millions de dollars par an. Une moyenne de 4 500 dollars par navire.
___ Etats-Unis :  Le nombre de personnes gagnant 1 million de dollars par an a augmenté de 40% entre 2000 et 2016. Mais une étude récente de l’Université Harvard conclut que les gens qui possèdent 8 millions de dollars ou plus ne sont guère plus heureux que ceux qui n’ont « qu' » un million de dollars sur leur compte bancaire.
___ Etats-Unis: Le déficit budgétaire américain a atteint cette année près de 1 000 milliards de dollars. C’est le plus haut niveau depuis 2012. Le déficit croissant est le résultat de la politique du gouvernement Trump. Il a introduit des réductions d’impôts et a permis aux dépenses publiques d’augmenter sensiblement. A la fin du mois d’août, le déficit budgétaire s’élevait à 984 milliards de dollars, soit 4,6 % du PIB des États-Unis.
___ Belgique : L’an dernier, les Belges ont dépensé 1 milliard d’euros dans la prostitution. C’est 27 % de plus qu’en 2008. Il s’agit d’une estimation de la Banque nationale de Belgique (BNB). Ce montant a été ajouté au produit intérieur brut (PIB) du pays depuis 2014, comme l’a indiqué l’Union européenne.
___ Sex sells on line :  Les magasins en ligne publient deux fois plus souvent des photos de femmes dans des poses « sexualisées » que les boutiques qui ont également des commerces physiques. L’offre de vendeurs en ligne contient en moyenne 16 % de photos « épicées », contre 8 % pour les magasins traditionnels.
___ Top mondial 2 :  Google a annoncé une percée majeure dans le «quantum computing». La société dit que son superordinateur peut faire un calcul en 200 secondes pour lesquels les superordinateurs classiques les plus rapides auraient besoin de 10.000 ans. Le concurrent IBM remet en question les résultats.
___ Méfiez-vous des femmes criminelles: Europol a publié les noms des criminels les plus dangereux et les plus fugitifs. 18 de ces 21 criminels sont des femmes. Selon Europol, les femmes sont aussi qualifiées que les hommes pour commettre des crimes graves.
___ Méfiez-vous d’El Chapo et Co: L’arrestation d’Ovidio Guzman Lupez a conduit à un véritable massacre la semaine dernière au Mexique. Ovidio est l’un des 15 fils du chef du cartel de la drogue ‘El Chapo’ Guzman, qui purge une peine de prison à vie dans une prison américaine. Il aurait eu 24 enfants, dont 4 sont actifs dans le cartel. Après que 8 personnes sont tombées sous les balles, la police mexicaine a décidé de relâcher Ovidio.
___ Méfiez-vous des prénoms inappropriés:  Nutella, Oussama Ben Laden, Metallica et Ikea figurent sur une liste de 35 noms qui ont été interdits pour une raison quelconque dans un pays ou un autre.
___ Viva Las Vegas :  L’industrie du mariage à Las Vegas génère un chiffre d’affaires annuel de 2,5 milliards de dollars. C’est 1 milliard de moins qu’à l’époque glorieuse de ce secteur. Coût moyen d’une cérémonie de 10 minutes : 77 dollars.
___ Decafino :  Une start-up de Seattle a mis au point un sachet (de la taille d’un sachet de thé) qui absorbe toute la caféine dans une tasse de café, sans affecter son goût. L’entreprise vise donc les millennials qui veulent limiter leur consommation de caféine.
___ Inde :  630 millions d’Indiens sont connectés à Internet. C’est plus que les populations des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Afrique du Sud réunies. Mais pour chaque Indien qui a accès à Internet, il y en a au moins un autre qui ne l’est pas. Près de 7 Indiens sur 10 vivent en milieu rural.
___ Walmart :  1 dollar sur 4 $ dépensé en épicerie aux Etats-Unis revient à Walmart. Ainsi, la chaîne de supermarchés détient une part de marché supérieure à celle de ses 5 plus gros concurrents cumulés. Dans 203 régions, cette part est supérieure à 50 % ; dans 38 d’entre elles, elle dépasse même les 70 %.
___ SUV :  Selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les SUV ont été à l’origine de la deuxième plus forte augmentation des émissions de CO2 dans le monde entre 2010 et 2018. Au cours de la même période, le nombre de SUV dans le monde est passé de 35 à 200 millions.
___ Obésité: Plus de la moitié de la population des pays de l’OCDE souffre d’obésité. 25 % sont obèses. Dans notre pays, 68 % des hommes et 51 % des femmes sont en surpoids. Le chiffre est de 24 % pour les jeunes. Les maladies liées à l’obésité coûtent aux pays de l’OCDE 385 milliards d’euros par an. 
___ Smartphone :Trois adultes sur quatre prennent leur smartphone avec eux lorsqu’ils sont au lit, comme en témoigne un sondage de la société de technologie Asturion. Une personne sur quatre admet que la dernière chose qu’elle regarde avant de fermer les yeux n’est pas son partenaire, mais son smartphone.
___ Uber über alles ? : Des services de taxi alternatifs comme Uber conduisent 62 % du temps sans passager, à la recherche de clients, ou en attente de clients. Ces services contribuent ainsi au chaos de la circulation, plutôt que d’apporter une réponse à celui-ci. De façon remarquable, Uber et Lyft l’admettent toutes les deux.
___ Argent Gratuit : La Grèce, un pays qui n’a retrouvé l’accès aux marchés financiers qu’en avril 2018 après la crise financière, est désormais payée pour emprunter de l’argent. Le pays a levé 487 millions d’euros en début de semaine avec une échéance de 13 mois, et un taux d’intérêt négatif de -0,02%.
___ CO2:  20 Les compagnies pétrolières sont responsables de plus d’un tiers des émissions de CO2 dans le monde entre 1965 et 2017. Le top 5:1. Saudi Aramco 59 milliards de tonnes/2. Chevron 43 milliards/3. Gazprom 43 milliards/4. ExxonMobil 42 milliards/5. National Iranian Oil Co. 35 milliards. (The Guardian)
___ E-Cigarette:  Selon une étude publiée par la revue spécialisée Proceedings of the National Academy of Sciences, près d’un quart des souris exposées à la fumée des e-cigarettes développent un cancer du poumon.
___ Etats-Unis: 1 prêt sur 3 contracté aux États-Unis pour acheter une voiture a une échéance de plus de 6 ans. Il y a dix ans, c’était moins d’un sur dix.
___ Mexique: Le parti du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO) veut nationaliser le commerce du cannabis au Mexique et permettre aux gens de cultiver la plante chez eux.
___ Aux États-Unis, les bénéfices des entreprises US stagnent depuis 2012 alors que les cours s’envolent. La dette publique et privée des États-Unis s’élève à 73.000 milliards de dollars, soit plus de trois fois le PIB américain, dont 25.000 milliards de dollars ont été ajoutés ces des dix dernières années, d’où, à terme, une charge de la dette insupportable. Le 24 octobre, la Fed a dû injecter une somme anormale de 134 milliards de dollars pour éteindre un nouvel incendie sur le marché monétaire du « repo », ce qui montre qu’il y a des limites à l’endettement. Une récession à venir est plus que probable tandis que la Fed songe, pour la troisième fois, en 2019, à abaisser son taux d’intérêt, tout en ayant repris le dangereux rachat laxiste de 60 milliards de dollars de dettes par mois.
___ Mario Draghi a fait acheter par la BCE, durant son mandat, 2.600 milliards d’euros de titres souverains payés par création monétaire, soit le quart des dettes publiques des États de la zone euro. Sa politique monétaire laxiste l’a amené à taxer les liquidités excédentaires des banques avec des taux négatifs qu’il vient d’abaisser à -0,5 %, tout en annonçant la reprise par la BCE, à partir du 1er novembre, « aussi longtemps que nécessaire », d’un programme de rachat d’actifs de 20 milliards d’euros par mois. Le conseil sublime de Mario Draghi à Lagarde dans son testament : « Ne jamais abandonner. »
___ Les taux négatifs mettent les assureurs-vie sous pression, avec la faillite comme seule perspective à terme. En France, après Suravenir, filiale de Crédit mutuel Arkéa, c’est au tour d’AG2R La Mondiale d’annoncer un emprunt obligataire non subordonné de 500 millions d’euros, pour renforcer ses fonds propres. Le spectre de la fin des fonds en euros traditionnels apparaît et l’on cherche des « épargnants suicidaires » prêts à prendre plus de risques, à la veille d’un krach, pour compenser les taux bas… qui pénalisent le rendement du portefeuille des assureurs.
___ La célèbre association française des épargnants AFER, avec 750.000 adhérents, demande déjà un pourcentage minimum de 30 % d’unités de compte (c’est-à-dire des actions au lieu des obligations des fonds euros) pour les nouveaux contrats de plus de 100.000 euros (entre 35 % et 70 % pour AG2R la Mondiale selon les montants versés). Les compagnies tentent de dissuader les épargnants de se « ruer » sur les fonds en euros, dont le rendement baisse, mais qui peuvent encore rester positifs quelques années, en raison de l’inertie des portefeuilles, car il faut environ quinze ans pour remplacer en totalité les obligations contenues dans les portefeuilles d’assureur en fonds euros.
___ Selon le cabinet de conseil international McKinsey, alors qu’on nous explique que tout va bien, plus d’une banque sur trois pourrait disparaître dans le monde, 47 % de ces dernières se trouvant en Asie et 37 % en Europe de l’Ouest. Les taux bas diminuent, aussi les marges des banques, suite à des crédits de plus en plus risqués et de moins en moins rémunérateurs, tandis que le coût des dépôts reste stable. Le spectre de la perte de confiance dans le Système apparaît… tandis qu’on nous annonce une croissance chinoise bientôt sous les 5 %.
___ Le  a vu son prix multiplié par 7, entre 1980 et 2008, à environ 14.000, pour retomber à environ 6.000, en 2009, et se retrouver, aujourd’hui, au chiffre stratosphérique d’environ 27.000. La Bourse de Paris, à 5.700, est aussi à son plus haut niveau depuis le 12 décembre 2007. Quant à l’indice du prix des logements rapporté au revenu par ménage, en prenant l’année 1965 comme base de référence, il a toujours oscillé autour de 1 de 1965 à 2000, pour s’élever brusquement à la verticale, à 1,7, de 2000 à 2019.
___ L’horizon économique s’assombrit en Allemagne, avec 1 % de croissance pour 2020 et 0,5 % pour 2019. L’économie chinoise ralentit, avec une croissance à 6 % au troisième trimestre, soit sa plus faible performance depuis 27 ans, malgré plus de 100 mesures de soutien monétaires et fiscales. Les USA vivent le plus long cycle de croissance répertorié depuis 1854, avec de mauvais chiffres de production industrielle, suite à une croissance artificielle générée par des mesures fiscales et l’injection, en moyenne, de 4 dollars de liquidités par les banques centrales pour un dollar de croissance obtenu. La Banque mondiale et le FMI alertent, de leur côté, sur une chute drastique de la croissance « dans près de 90 % du monde » et des échanges commerciaux.
___ Kristalina Georgieva, nouvelle patronne du FMI, enfonce le clou : « Si un ralentissement majeur se produisait, la dette des entreprises exposées au risque de défaut de paiement augmenterait à 19.000 milliards de dollars, soit près de 40 % de la dette totale dans huit économies majeures » (notamment Chine, Japon, États-Unis et Europe). En Chine, les dettes risquées ont bondi, en dix ans, de 40 à 75 % du PIB. Le risque de défaut de paiement dans le monde serait alors supérieur aux niveaux observés pendant la crise financière de 2008. Les dettes des entreprises pourraient jouer le rôle des prêts immobiliers subprime aux États-Unis en 2008.
___ En Europe, le Parlement des Pays-Bas a alerté la BCE sur les risques de diminution des retraites que les taux très bas et négatifs causaient aux fonds de pension de retraite. En France, pour éviter la faillite de l’assureur Suravenir, suite aux taux négatifs, le Crédit mutuel Arkéa a dû recapitaliser sa filiale à hauteur de 500 millions d’euros. Après Lombard Odier en France, UniCredit, la première banque italienne, toujours en raison des taux d’intérêt négatifs, vient de déclarer qu’elle allait taxer les dépôts de plus de 100.000 euros. La bombe à retardement des taux négatifs pourrait bien même se propager un jour aux États-Unis.
___ La France, avec une dette de 99,5 % du PIB, rejoint le « club » des pays surendettés dépassant les 100 % du PIB, soit les États-Unis (106 %), la Belgique (102 %), la Grèce (181 %) et le Japon (238 %). Les emprunts des États et des entreprises affichant des rendements négatifs viennent d’atteindre 17.000 milliards de dollars, soit 20 % du PIB mondial. Les fonds en euros d’assurance-vie, acheteurs obligés de ces titres, selon les réglementations prudentielles, continuent donc leur lente marche vers l’agonie en prélevant, pendant quelque temps encore, sur les réserves de la PPB (provisions pour participation aux bénéfices). Mais ces fonds seront un jour dans l’incapacité de faire face à la liquidité et de garantir le capital des épargnants.
                                                                        D'apres Lupus
                                  ___________________________
Partager cet article
Repost0

Yemen: une guerre oubliée

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Déjà, il y a trois ans)

Emotion sélective
 
          Qui se soucie du drame yéménite?
     Ce conflit qui nous paraît si lointain et sans commune mesure avec la tragédie syrienne, vers laquelle sont braqués tous les feux médiatiques.
   Et pourtant! Si la presse fait souvent silence, la guerre qui s'y déroule est d'une grande intensité et dépasse souvent le niveau de destruction de la Syrie, qui capte toute notre attention.
        Dans ce pays à l'histoire  déjà longue et fascinante, l'aviation saoudienne  se livre à des destructions sans discernement.
  Certes, le passé de ce pays,fascinant, stratégiquement situé, n'est pas un long fleuve tranquille et l'opposition entre le Nord et le Sud ne date pas d'hier. Mais le conflit d'aujourd'hui est d'une autre nature.
   Dans cette partie du MO, que certains ont appelé le  triangle du diable,  il semble que la  paix soit impossible
   En tous cas, pour le spécialiste de ce pays compliqué qu'est L.Bonefoy, 2016 fut une, une année de guerre pour rien.
     Une guerre apparaissant comme un conflit  par procuration,  même si l'Iran sait se faire discret et les djiadistes plus présents.
             Sans le soutien et les  armes de l'Occident, le conflit n'aurait pas atteint ces sommets. L'enlisement saoudien semble cependant flagrant.
     L’armée américaine fournit la majorité des armes utilisées par le royaume saoudien dans cette guerre, sans parler des nombreux conseillers militaires américains présents sur place pour assurer une partie de la logistique des opérations – et fournir de précieux renseignements, récoltés par la CIA et la NSA...        la France ? Pas de problème, notre pays continue de vendre allègrement des armes au royaume saoudien, malgré les rapports accablants qui lui parviennent de toute part. En 2015, nous avons exporté pour 141 millions d’euros d’armes vers l’Arabie saoudite, alors que les suspicions de crime de guerre étaient déjà largement répandues. Mieux, notre gouvernement n’a rien trouvé de mieux à faire que d’offrir la légion d’honneur au ministre de l’intérieur saoudien, Mohammed ben Nayef, pourtant à l’origine de l’offensive saoudienne sur le Yémen. Lui qui avait dit d’Adolf Hitler qu’on “aurait dû davantage l’écouter”. La France sait décidément choisir ses amis ...
                              Dans un « contexte alarmant, de blocus quasi total imposé par l’Arabie saoudite à un pays qui n’est pas auto-suffisant », Médecins du monde rappelle qu’il existe « tous les déterminants pour une crise majeure, avec un tiers des centres de santé détruits depuis le début du conflit, dans des bombardements de la coalition qui ont notamment détruit un hôpital de MSF ».    Jean-François Corty juge que la situation ne cesse de s’aggraver, même si la guerre s’enlise, car « les conditions d’intervention humanitaire sont de plus en plus difficiles, en raison des bombardements, des conditions sécuritaires et des difficultés administratives imposées notamment par la rébellion houthie qui est en difficulté financière et cherche par tous les moyens à récupérer de l’argent. Toutes les ONG encore présentes ont d’infinies difficultés à s’approvisionner et à faire intervenir leurs équipes sur le terrain...
________________________________________
Partager cet article
Repost0

Réunification discutée

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

       Les dessous de la réunification allemande.
                                                      A l'occasion de l'anniversaire du processus que déclencha la chute du Mur, un certains nombre de débats resurgissent, par delà l'événementiel, sur les conditions de cette réunification, anticipée, souhaitée, mais arrivée plus vite que prévu, dans des conditions très spécifiques qui étonnèrent l'Europe.
     1989 marque le début d'un processus, dont on mesure mieux aujourd'hui la nature et les conditions, longtemps occultées ou peu diffusées. Conditions qui pourraient, dans une certaines mesure, expliquer les réactions actuelles, notamment électorales, d'une partie de la population de l'ex-Allemagne de l'Est.
  Dire que les choses auraient pu mieux se passer, surtout au niveau économique et social, est une évidence.
    La polémique resurgit, notamment dans certains débats publics. La discussion continue, comme sur Public Sénat. Des historiens continuent de s'interroger de manière critique sur les conditions imposées par Bonn à Berlin. Les critiques engendrées pas l'agence  de circonstance Treuhand n'ont pas fini de provoquer des réactions. (*)
   L'histoire aurait pu s'écrire autrement, après la faillite d'un système...
    Ce fut la politique de la tabula rasa qui prévalut. Une privatisation au pas de charge, selon le catéchisme ultralibéral de Kohl et de Schäuble. qui laisse encore des traces.
     Il est bien sûr encore trop tôt pour fournir une analyse assez exhaustive et nuancée de l'impressionnante réunification allemande, qui a pris tout le monde de court, et qu'il fallu largement inventer, voire bricoler.
   Arte a eu l'heureuse idée de diffuser un document sur ce événement déterminant dans l'histoire récente de l'Allemagne.       Mais  le sujet a été trop vite traité, de manière trop anecdotique.  Quelques aspects furent abordés concernant le climat affairiste, la brutalité et l'improvisation lors du démantèlement de l'ex-Allemagne de l'Est, par des capitaux privés de l'Ouest et d'autres pays.
    Quand on relit les déclarations des responsables politiques français avant les faits, on est frappé par les doutes et les réticences devant une éventualité marquée par tant d'inconnues. La gestion de ce redoutable héritage d'après-guerre n'était pas sans risque.
   L'accouchement fut difficile, après la chute du Mur, l'incertitude dominait.
L'inquiètude aussi dans les pays voisins européens, dans un climat de tension que nous avons oublié.
     Le succès de l'opération fut mitigé, avec une série d'erreurs, chères payées, dont le poids financier ne retomba pas que sur Bonn..
  La réunification fut jugée totalement asymétrique:
  ...la privatisation de l’économie est-allemande via un organisme spécialisé le Treuhand, dont la gestion ne fut pas exempte de diverses dérives. Plutôt que d’assainir dans la durée les entreprises publiques concernées, on les dépeça : 85% d’entre elles furent acquises par des Allemands de l’Ouest qui en prirent les commandes, y compris pour les liquider au plus vite ; 5% par des Allemands de l’Est. Des millions de kilomètres carrés de forêts et de terres arables furent de même cédées à très bon marché. Selon une plaisanterie répandue en ex-Allemagne de l’Est : « Les événements de 1989 ont été une vraie révolution»
    Treuhand aux commandes: les bilans furent contrastés, les décisions souvent opaques, les pratiques parfois douteuses.
    Un  bilan mitigé, en tous cas. La polémique sur les modalités de la transition, qui fut une vraie déchirure, bien qu'atténuée aujourd'hui, n'est pas éteinte et il reste beaucoup à comprendre pour les historiens sur l'événement qui reconfigura l'Europe..La crise de l'euro aurait là une de ses origines importantes selon le journaliste allemand W.Münchau..
  Les écrivains furent  plutôt partagés sur le sujet.  On se rappelle comment le romancier Gunter Grass, lui, ne fit pas dans la dentelle. 
     Le dossier reste ouvert...
___________________________

Partager cet article
Repost0

Juncker, président pas très zétique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Après l'illustre Barroso, la relève devait être exemplaire.
                                On se tourna vers une personnalité hors de tout soupçon, de formation édifiante, issu d'un petit pays digne de confiance...(enfin, pas trop...)
   On lui avait confié la clé de la maison assez délabrée pour assurer au moins les réparations urgentes.
     Mais il est resté assis sur le chantier et a laissé filer les dégâts, laissant oeuvrer des voyous.
   C'est le Guardian, le vilain, qui met les pieds dans le plat:
        D’après des documents confidentiels cités par le Guardian, Jean-Claude Juncker, en tant que Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013, a opposé son veto à la plupart des initiatives de l’Union européenne pour lutter contre l’évasion fiscale des multinationales. Malgré un affichage désormais plus volontariste, le pays resterait en coulisses un farouche résistant, d’après ces mêmes fuites.

  Les documents confidentiels en question sont des notes diplomatiques allemandes qui ont été transmises par le groupe de radio allemand NDR au journal britannique The Guardian et au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).    Ces notes concernent les travaux du très secret groupe sur le code de conduite « Fiscalité des entreprises » (dit « groupe Primarolo »), créé en 1998 par le Conseil européen afin de lutter contre l’évasion fiscale croissante des multinationales.____Ces documents « révèlent comment une petite poignée de pays ont utilisé leurs sièges au comité pour faire avorter une action concertée de l’UE et protéger leur propre régime fiscal », écrit The Guardian. Les efforts pour lutter contre les stratégies d’optimisation fiscale agressive et de concurrence déloyale (les mêmes qui sont en cause dans le scandale LuxLeaks) auraient ainsi été « régulièrement retardés, dilués ou tronqués » par quelques-uns des plus petits pays de l’UE, « souvent conduits par le Luxembourg », souligne The Guardian, qui cite un ex-membre du groupe Primarolo confirmant ce constat, sous couvert d’anonymat.    Ces accusations ne sont pas nouvelles – Der Spiegel révélait déjà l’an dernier comment le Benelux avait manœuvré au sein de ce groupe – mais les informations du Guardian jettent à nouveau une lumière crue sur ces pratiques d’obstruction en coulisses....
                  Il n'a pas perdu que les clés, Mais aussi toute crédibilité. Il a contribué à compromettre un peu plus une institution que ne reconnaîtraient plus ses pères.
    Mais qu'en pense notre Moscovici national?

_____________________________

Partager cet article
Repost0

Mourrez, nous ferons le reste

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Ceci est mon e-testament!                                 (bis repetita)
  ________________________Pourrez-vous dire demain.
 Le plus tard possible, bien sûr..
__Pour ceux qui n'en étaient pas convaincus, Google est vraiment plein de sollicitude à votre égard..
 Non content de vous suivre pas à pas, dans la vie, il vous accompagne jusqu'au tombeau.
Mais pas au-delà.
Après, c'est votre affaire...
   Soucieux de votre personne, il prend en charge quelques menus problèmes, dont la gestion ne vous est plus nécessaire dans l'au-delà, et efface tout sur simple demande...avant que la nature se charge de le faire pour votre corps mortel.
   Il ne va pas tout de même pas jusqu'à vous remettre post mortem en main inerte une clé USB contenant toutes vos traces laissées sur le web, que vous pourriez réutiliser peut-être plus tard sur quelque méga-ordinateur céleste, mais il peut garantir que vos e-oeuvres seront à tout jamais à l'abri de toute indiscrétion et réutilisation futures. Vous ne laisserez plus vos productions  dans les poubelles du net, à la merci de médiocres ou malhonnêtes usagers. Place nette sur le net!
       __Même s'il n'y a  pas de vie virtuelle après la mort (mais qui sait?), pour Google, il y a au moins une façon de l'organiser. Le géant américain vient de lancer son nouveau service "Inactive Account Manager", qui permet de prévoir et d'organiser ce qu'adviendront les données personnelles du titulaire d'un compte Google, avec tous ses services associés, après sa mort...
Celui-ci pourra en premier lieu décider de la date de mise en inactivité de son compte (trois, six, neuf ou douze mois après sa mort), ainsi que de ce qu'il adviendra de ses photos sur Picassa, de ses vidéos publiées sur Youtube ou de ses Google Docs. Le titulaire du compte peut ainsi décider du transfert de l'ensemble de ses données vers une personne de son choix..."
 "Inactivité" , c'est bien le mot....
__Sympa, non? Et tout cela gratuitement!
      Si vous le désirez, vos héritiers et amis pourront même en profiter, gardant ainsi de vous un e-souvenir impérissable.
Un simple clic remplacera une visite fastidieuse à une cimetière peut-être lointain.
   Des pages de commémorations seront prévues..
 "Nous espérons que cette nouvelle fonction vous permettra de préparer votre vie numérique après la mort, d'une manière qui protège votre vie privée et votre sécurité", a commenté le géant de l'internet.
 On ne meurt pas tout à fait...pour Facebook non plus..
    .Sur Memorial on line non plus...
        Merci qui?
                 Alleluia!
_________________

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>