Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sale temps pour les économistes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

L'économie au tournant
                                   Les débats sont plus vifs qu'ils n'ont jamais été au sujet de la compréhension de la connaissance économique et de ses présupposés.
     Les effets de la crise, qui a pris (presque) tout le monde au dépourvu,, y compris l'ancien directeur de la Fed, Alan Greebspan, y sont pour qielque chose.
     Certains découvrent enfin naïvement que l'économie n'est ni une science neutre, ni une science dure, ni une connaissance de type scientifique classique, mais qu'elle participe des sciences humaines, malgré certains de ses aspects économétriques, auxquels elle ne peut se ramener. La quantophrénie a régné trop longtemps, au détriment de la prise en compte de l'aspect qualitatif des phénomènes observés et de la critique des présupposés du moment.
     Les dogmes de l'économie néo-classique, à dominante mathématique, a amené ses adeptes à se fourvoyer, comme la crise l'a mis en évidence. (*)
    Sa capacité d'anticipation a été prise de cours et son optimisme de base sur l'exubérance des marchés a été mise en défaut. Mais ne c'était pas la première fois. La capacité d'oublier, le manque de prudence méthodologique lié à l'appât du gain financier se sont  une nouvelle fois manifestés.
    L'économie néo-classique s'est fourvoyée, en suivant des présupposés et des dogmes qui subissent aujourd'hui des démentis cinglants, notamment les croyances à l'existence d' individus rationnels et du marché spontanément autorégulé.
     La pensée de Hayek et de Friedman, imposée comme indépassable,,vulgarisée et appliquée par M. Thatcher et R.Reagan sont à l'origine du tournant néolibéral des années 70, de la financiarisation tous azimuts de l'économie devenue mondialisée, au détriment des pouvoirs régulateurs étatiques.
   Le capitalisme actionnarial, c'est-à-dire le primat de la rentabilité financière, n'est pas seulement injuste et inefficace. Il engendre la souffrance au travail, il tue des gens et détruit notre écosystème. L'analyse économique dominante n'est pas simplement discutable, elle est souvent absurde. Et les politiques anticrises aggravent les crises ! Tout cela est à la fois stupéfiant, incroyable, stupide...
   Il n'est donc pas étonnant que l'on parle de la faillite des économistes, que l'on évoque une.crise de la science économique et de son enseignement.
      Comme si le débat critique et la confrontation des idées ne devaient pas être la norme en ce domaine, qui touche de si près aux choix politiques majeurs, comme Keynes et la politique économique de Roosevelt l'ont si bien démontré en son temps.
      Les économistes classiques sont à la peine et beaucoup le reconnaissent, come Krugman et Stiglitz,, surtout depuis la déroute de 2008. Mais certains, accrochés aux dogmes pourtant déconsidérés, peinent à le reconnaître encore
     Les dits pris Nobel ne changent rien...
        L'économie est l'affaire de tout homme cultivé, qui peut en comprendre l'essentiel.
 :Une certaine imposture économique n'a pas fini de vouloir s'imposer 
     Les modèles mathématiques ,si en vogue, ne sauveront pas une discipline déconsidérée par ses pratiques récentes.qui étaient tout, sauf neutres.
_______
(*)  ... Thomas Philippon, auteur du Capitalisme d'héritiers (Ed. du Seuil, 2007), pointe du doigt la «trop forte segmentation de la recherche académique». Faute d'«économistes généralistes», personne, ou presque, n'a pu observer la propagation de la crise, surgie d'un coin obscur du droit immobilier américain (le contrat subprime) pour se propager à l'économie réelle, passant par les dernières innovations de la finance (les mécanismes de «titrisation» et de crédit dérivés). «Il aurait fallu plusieurs cerveaux dans la même tête pour voir venir les choses», résume Philippon.
   Gilles Raveaud, professeur d'économie à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-8, reprend l'argument, pour le pousser un peu plus loin: «Depuis des années, on a assisté à un morcellement du savoir économique terrifiant, avec l'apparition de spécialistes très pointus, ici sur le travail, là sur le commerce international... On se retrouve à l'université avec des thésards très calés sur leur sujet, mais dénués de toute culture générale en économie!»
____Et Raveaud, qui connaît bien la recherche américaine pour avoir enseigné deux ans à Harvard, de s'inquiéter de ces manquements: «Un économiste peut traiter du chômage, sans rien connaître aux marchés boursiers ou aux banques... C'est conforme à la théorie de l'équilibre général, selon laquelle on peut analyser le fonctionnement d'un seul marché pris séparément, celui du travail par exemple, puisqu'on suppose que les autres sont naturellement à l'équilibre. Mais cela ne tient pas!»
___En fait, la macroéconomie des dix dernières années a subi de lourdes transformations. Vexés de ne pas pouvoir prétendre au statut de scientifiques purs et durs, la plupart des économistes ont versé dans un formalisme mathématique effréné, sur les conseils de Milton Friedman et ses collègues monétaristes. Profusion de courbes, modèles et équations, qui ont éloigné les chercheurs du monde «réel». Les maths sont devenues une fin en soi.
___Aveu de Thomas Philippon: «Nous étions devenus des enfants gâtés, puisque nous n'avions pas connu de vraie crise depuis longtemps. Sous la présidence Clinton, la politique monétaire était devenue répétitive. Notre intérêt pour le réel s'est donc logiquement atténué.»
___Une enquête étonnante, réalisée auprès des doctorants en économie des grandes facs américaines (téléchargeable ici), confirme ces propos. Plus de la moitié des personnes interrogées (51%) estiment que «connaître l'économie de façon approfondie» est «sans importance»... Et à peine 9% des thésards se disent convaincus du contraire («connaître le réel est très important») !...
____________________________
 

Partager cet article
Repost0

Lu aujourd'hui

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

__ Thiaroye: 1° décembre 1944.

__ Terreur en Mer du Nord.

__ La reconquista?

__ On ne paie pas pour le Labrador.

__ Génial!

__ On ne meurt pas tout à fait...pour Facebook.

__ Nouveaux mercenaires.

__ Au nom du dollar.

__ Se souvenir, oublier.

__ EDF: vers un démantèlement.
        Que veut Jupiter?
                                                      _________________________________

Partager cet article
Repost0

Histoire d'eau

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

L'eau, un bien commun, pas une marchandise
                                                 A l'origine était l'eau, selon la cosmologie du vieux Thalès, selon aussi de nombreux mythes.
   Ce que la science moderne ne peut que confirmer, non plus comme un postulat, mais comme une donnée essentielle vérifiée, celle de l'importance de la vie en nous et hors de nous. De l'eau des océans naquit la vie, sous ses formes les plus primitives..
      Quoi de plus vital, fondamental que l'air et l'eau?
     L'air est encore gratuite, merci!
                Même si à Pékin pollué de petits malin proposent de l'air en boîte
     L'eau n'est pas un bien commun comme les autres 

           L'eau, à la différence des autres, demeure en quantité fixe sur terre : si localement peuvent survenir des déficits, en réalité, il n’y a pas moins d’eau sur la planète, mais des prélèvements croissants dans des ressources qui, elles, ne croissent pas.  L’eau, les forêts, les pêcheries, la biodiversité, tous ces biens communs affrontent des défis similaires : la surexploitation et la pollution. Le premier de ces défis renvoie à la «tragédie des communs» : en l’absence d’intervention publique fixant les conditions et les limites d’usage d’une ressource libre d’accès, celle-ci est inévitablement surexploitée.
        Nous avons perdu la valeur de l'eau, banalisée, gaspillée, souvent polluée, comme à Flint. Son recyclage, trop partiel et limité s'impose comme une nécessité pour le présent et l'avenir. Le problème ne se pose pas de façon aiguë dans le monde que dans le Colorado. Sans le Nil, disputé par plusieurs pays traversé, que serait l'Egypte? L'eau en Israël est un des éléments de conflit avec ses voisins.
    L'eau doit être mise à la portée de chacun, qu'elles que soient ses ressources.  Couper l'eau par défaut de paiement, ce n'est pas comme couper l'électricité.
  Les scandales parfois engendrés par les concessionnaires privés, montrent bien la nécessité d'une gestion publique responsable de la ressource en eau.
    En France , le texte voté par plusieurs instances,  permettra l’amélioration de la vie de plus d’un million de ménages qui ont actuellement du mal à payer leur facture d’eau et de près de 150 000 personnes qui sont privées d’un accès direct et matériel à l’eau et à l’assainissement.
- Cette PPL «ne coûte que» 50 millions d’euros, un budget modeste en comparaison par exemple avec le chèque énergie qui coûterait entre 600 millions et 1 milliard d’euros).
         La rationalisation de l'eau devient un impératif de plus en plus urgent..
                  Mais les enjeux du problème sont mondiaux.

_________________

Partager cet article
Repost0

Chasse aux sorcières?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Rhétorique trumpienne
                           En cette période d'Hallowen, la chasse aux sorcières est entamée.
      Donald est furieux. Il fulmine. On l'accuse de tous les maux, même des pires!
                      On lui reproche même des mensonges.


  On lui en veut, c'est clair. Par ici, par là. Et si le Sénat s'y mettait aussi...
 On s'acharne contre son auguste personne.
    Lui qui est à l'abri de tous soupçons, il en est sûr.
     Surtout en ce moment.
  Il est même le meilleur. D'ailleurs il le dit...
  Le roi de l'hyper narcissisme, l'homme de tous les superlatifs n'a pas fini d'étonner le monde par ses sorties remarquées.
 Pour faire plus fort que lui, même César n'aurait pas osé.
  Il est le plus grand Président... sans attendre le bilan.
      Elu de Dieu même. En toute modestie.
  Trump, le super Président, tout en verve, stupéfiant d'audace, fait toujours dans la nuance
    Diriger est une question d'instinct, pas de réflexion.
       Foncer, telle est sa devise.
   ...Donald Trump fonce. Et durcit chaque jour un peu plus sa rhétorique, répétant à l’envi sa nouvelle ligne d’attaque : « Ils n’aiment pas notre pays. Vous savez quoi ? S’ils ne l’aiment pas, dites-leur de le quitter ! »

« Voter pour un démocrate en 2020, quel qu’il soit, c’est voter pour la montée en puissance du socialisme radical, la destruction du rêve américain et, pour le dire clairement, la destruction de notre pays », a-t-il conclu mercredi soir, des propos peu communs dans la bouche d’un président américain....
    Voilà qui est clair.
                                 ________________________________
Partager cet article
Repost0

Post-vérité ou l'invention de l'eau chaude

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

   C'est comme une fureur sémantique
                   Elle a commencé Outre-Atlantique, toujours en mal de nouveaux concepts frappeurs.
   Après la post-modernité, la post- et la trans-humanité des rêveurs de la Silicon Valley, c'est maintenant le règne de la post-vérité, en attendant l'apparition de la post-ceci ou cela...
     Mais sans atteindre le niveau de la post-connerie...qui, elle, n'a pas d'âge.
            Comme si le problème du mensonge, de la désinformation, de la propagande, comme on le disait déjà en 14, en politique notamment, de l'enfumage des esprits, de la manipulation de hommes était un problème de notre temps, même si les moyens de transmissions et de pression sont aujourd'hui décuplés. 
   Il suffit de relire le Gorgias de Platon, Spinoza ou Machiavel, entre autres,  pour voir que le problème ne date pas d'aujourd'hui.
    Le mensonge est devenu une manière (jugée habile, et de fait efficace) de communiquer. Les hâbleurs, baratineurs, bonimenteurs, en s’y prenant bien, parviennent à faire tenir pour vrai n’importe quel mensonge ou calomnie. Le phénomène des « fake news » (fabrication et propagation de fausses nouvelles), prend le pas sur l’effort de « fact checking » (vérification des chiffres et des faits). Les fables sont plus appréciées que les faits. Un bon « bobard » vaut mieux que l’austère, ou dérangeante, vérité....
      Quid novi sub sole?
            Quoi de plus ancien, de plus courant et de plus "normal"?
    La vérité n'est jamais donnée, surtout dans le domaine médiatique. Elle est à (re)construire,à relativiser, à redresser,  contre la mauvaise foi, les partis-pris, les rumeurs, les approximations et les propagandes de toutes sortes.
   Voilà qui n'a rien de post-révolutionnaire, vu l'humaine condition....même à l'ère de la post-présidentielle macronienne ou trumpienne.
___________________________

Partager cet article
Repost0

Ultima verba

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Derniers messages 
                           La visite des cimetières n'est pas toujours triste.
          Au Père Lachaise, on peut y faire d'intéressantes découvertes, tout en s'y promenant fort agréablement. 
         On peut difficilement résister au charme étrange  de certains cimetières ruraux anglais, curieusement désordonnés, comme à l'abandon, ou aux couleurs presque joyeuses des cimetières mexicains ou antillais. Il y a aussi les roumains et les autres...
      Mais le plus intéressant est ce qu'on peut lire sur la pierre ou le bois, les ultimes paroles du disparu ou de ses proches.
   Chacun laisse un petit message, avant de partir, comme une bouteille à la vie.
                      Enfin, s'il y pense, s'il peut, s'il en a eu envie...   
Ou d'autres se sont chargés de le faire à sa place,..avec plus ou moins de bonheur, parfois avec un mauvais goût plutôt kitch.
    Il y a des taiseux qui partent discrètement, sans laisser un mot sur la table
 Certains ne laissent pas de message. La plupart même.
Surpris pas la faucheuse. Manque de temps ou d'esprit...Ou par indifférence: après moi...
   D'autres choisissent un granit froid, net, mais poli. Sans tralala. Silence éternel.... 
Il y a les laconiques, à la formule sèche et courte, à la romaine, du genre: N'oublie pas que tu es mortel.. Au cas où on l'oublierait...
   Il y a les volubiles, les bavards, qui en font des tonnes, pour attirer les futurs regards. Narcissiques jusqu'au bout...et au-delà. 
   D'autres font dans le conventionnel le plus plat: Au revoir, là-haut.. sans préciser les coordonnées...
D'autres font de l'humour jusqu'au bout. Ils ont ma préférence .Ils n'ont pas pris la mort au sérieux.
  Certains vont jusqu'à se moquer du monde gentiment ou cruellement, ou lancent une dernière blague, comme Allais: Ci-gît Allais - sans retour....ou comme Francis BlancheLaissez-moi dormir ! J'étais fait pour ça !
          Il y a les poètes, comme   d'Alfred de Musset au cimetière du père Lachaise, qui versifient jusqu'au bout: : 
Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré;
La pâleur m'en est douce et chère
Et son ombre sera légère
A la terre où je dormirai ! 

     Il y a les farceurs  comme le poète Scarron, premier mari de Madame de Maintenon, qu'une maladie, une terrible infirmité, empêcha toute sa vie de dormir ! Il rima pour lui-même : 
Passant, ne fais pas de bruit !
Garde que ton pas ne l'éveille,
Car voici la première nuit
Que le pauvre Scarron sommeille ! 

      Il y a aussi les misanthropes ou les fatigués de la vie qui, comme Fernandez (1928-2005) soupirent éternellement de béatitude: Enfin seul! 
______Bref, l'imagination de certains semble sans limites...
                          Les épitaphes, quand elles sortent du conventionnel, font rêver ou sourire, selon le cas. La mort est ce qu'elle est, triste et froide C'est ce qu'en disent les hommes qui présente un intérêt.
       Non, vraiment, pas toujours tristes, les cimetières.
_____________________

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6