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Tourisme idiot

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Voir et être vu
                Le touriste moyen de masse d'aujourd'hui, pressé et stressé, est un animal singulier.
    Soumis au bougisme, au voyeurisme et au narcissisme.
       Smartphone en main, le monde est devenu pour lui spectacle vite oublié, mais pixelisé.
  Le tourisme de masse est le pendant de la consommation du même nom et en présente bien des tares.
  Consommer un produit dit d'exception,, vendu parfois peu cher, est souvent l'idéal du touriste pressé qui en veut pour son argent.
   Voir et surtout être vu, là où il faut être, là est l'important.
          Comme dit un internauteles gens veulent pouvoir montrer « qu’ils étaient là », qu’ils ont vu la Vénus de Botticelli à Florence. C’est comme s’ils cochaient la case « been there, done that ».
C’est un tourisme idiot, un véritable « hit and run » pseudo-culturel.
Ils ne viennent pas pour découvrir et apprécier l’œuvre, mais pour faire de celle-ci un élément d’un décor dont ils veulent être les vedettes."
      De même pour les sites naturels: le Grand Canyon, Santorin...vus en quelques heures, guidés par de gentils accompagnateurs du bateau de croisière amarré au port et prêt à repartir vers de nouvelles destinations, pour voir un maximum en un minimum de temps.
    Le légitime désir d'ailleurs est devenu trop souvent une fuite en avant vers de toujours nouvelles destinations dont la réalité profonde reste ignorée.
    Ne parlons pas des dégâts produits par une hyper-fréquentation de certains sites, à  Venise ou ailleurs, en Italie du Nord ou du Sud, ou maintenant en Islande...
                          Trop de tourisme tue le tourisme.
   Tant qu'on a du pétrole...
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Journal de crise (5)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Un jour de plus...
                       Les jours se suivent et se ressemblent...sinistrement.
                           Nos vies ont déraillés, comme si on en avait perdu le mode d'emploi ...
   Il y aura un avant et un après, cela paraît une certitude, sans que l'on puisse donner un visage à cet après qui est par nature indéterminé. Le meilleur est souhaité, mais n'est pas assuré.
   C'est justement dit:


             Nous vivions des temps hypnotiques: nous allions d'un point à l'autre, de son domicile au travail, du travail à son domicile, comme de parfaits automates, rompus à une routine qui si elle pouvait parfois se montrer pesante avait l'avantage de nous occuper l'esprit. Nous n'étions pas vraiment au monde, nous nous contentions d'occuper l'espace que la société nous avait réservé et jour après jour, semaine après semaine, dans ce long continuum d'années qui finissait par former une vie, nous allions sans prendre soin de nous interroger sur le sens même de nos existences.Tout cela a volé en éclat.Nous voilà soudain nus face à nous mêmes. Chaque nouvelle journée est comme un long voyage dont nous ignorons les différentes étapes. Nous n'avons plus de structures, aucun objectif à atteindre, et cernés par l'ennui qui menace à tout moment de nous engloutir, nous cherchons un moyen de ne pas sombrer tout à fait. Nous chancelons sur nous-mêmes et pris dans les rets de ce vertige immobile, nous cherchons désespérément une branche à laquelle se raccrocher.Nous ne sommes pas malades, nous ne sommes pas vraiment en vacances mais tout ce qui hier était encore source de plaisirs, les amis, les sorties, les ivresses légères des terrasses de cafés, les promenades au large, les nuits étoilées quand les cœurs robinsonnent –la frivolité comme projet de vie– tout cela nous est désormais interdit....
    Nous avons tous été baisés biaisés, pris de court. Bien que nous aurions pu savoir et anticiper, l'impréparation a été manifeste et nos systèmes de santé ont été réduits depuis des années pour des raisons budgétaires à courte vue et la recherche a baissé la garde, victime du culte du rendement. Malgré les alertes des services de renseignement et des autorités sanitaires il y a de cela plusieurs mois.
 Les dénégations ont d'abord été nombreuses et certains veulent déjà  virer de bord. Business first!
Et pourtant, le spectre d'une dépression sévère pointe à l'horizon, dont on imagine encore mal les contours, la profondeur. et la longueur. Les parades et les solutions ne pourront être que mondiales. Il n'y aura pas de salut dans le repli frontalier, étant données les interactions de fait de la mondialisation, même si elle est appelée à se réduire.
  Le risques est grand de dérapages et d'abus de toutes sortes et il va falloir être vigilant sur le devenir des mesures provisoirement prises par nécessité, pour que l' Etat de droit retrouve son fonctionnement normal une fois la bourrasque passée.
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Y a pas photo (2)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Qui donnent un sens inédit au réel, qui parfois le magnifient
                     
|Forêt de Chaumont]
[Résistante à la libération de Paris]
 
   Invitent à le regarder autrement  et  donnent à penser.
      Par leur puissance d'expression et d'évocation, aussi bien dans l'ordinaire, le commun, l'exceptionnel, le tragique ou le dérisoire..
        Où l'on rencontre l'oeil, l'esprit, la sensibilité et le savoir-faire de l'opérateur, qui savent se faire invisibles.
  Choses, parfois très banales, personnes ou situations: tout est bon pour l'appareil guidé par l'intuition et l'esprit.
  Photos célèbres ou non, elles en disent parfois plus  que certains textes ou leur donnent tout leur sens, elles donnent à voir ce que l'on côtoie le plus souvent dans l'indifférence ou l'aveuglement.
[La mère migrante]
 
____Comme ces image qui donnent une idée comme aucune autre de la crise dramatique de 1929 aux USA, de ses répercussions sociales et psychologiques.
  Ou de la situation des enfants voués très tôt au travail.
  Celles qui nous rappellent un épisode du Mur de Berlin....
     Mais il n'y a pas que les photos historiques, évoquant une période ou une situation.
     Il y a toute la masse de celles qui côtoient le quotidien ou la "banalité" des jours. Car pour l'oeil du photographe, rien n'est inintéressant. Tout peut prendre sens, selon la sensibilité du moment, le cadrage, le jeu des lumières. Une feuille en automne, le visage d'un vieillard...
   Le beau, n'est pas dans le réel, mais dans la belle représentation du réel, disait à peu près Kant.
    Cette capacité à susciter notre attention, notre émotion, notre admiration, au coeur de la grisaille des jours.
    Cartier-Bresson et les autres, c'est d'abord un oeil, une passion et une incroyable attention au réel, avant d'être un objectif expérimenté, qui nous réconcilient avec les choses et les êtres.
 
 
[Sénior crétois au repos(photo personnelle)]
 
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Journal de crise (4)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Primum vivere.
              Ce n'est pas seulement moi qui le dis.
                     Quand le danger potentiellement mortel guette, il est des priorités qui dépassent toutes les autres, pour ses proches, pour soi-même et tout son entourage, proche ou lointain.
  Les besoins ordinaires de base sont(encore) satisfaits. Heureusement. Ce n'est pas toujours le cas en période de guerre, même si à la ferme familiale on ne manquait pas de rutabagas, vivant en autarcie restreinte. Un privilège à l'époque. Pommes de terre, lait, cochons constituaient la base de survie en ces quatre années d'occupation.


   L'objectif, c'est la vie. on peut se passer de moutarde, de poivre, mais plus difficilement de pain, de pommes de terre...Tant qu'on aura des pâtes et de oeufs, on survivra. 
   Mais lire c'est aussi vivre. On peut vivre sans réfléchir, comme un coronamachin, mais moins bien.
         __Confinement des villes, confinement des champs. Restez chez-vous, mais (en même temps) allez aux fraises disent-ils. C'est con, pour les con-finés.
       __On aborde une semaine  sans doute décisive, qu'ils disent. On veut bien le croire, mais cela ne mettra pas un terme à notre claustration. Et tout le monde n'a pas une vocation monastique.
      __ Au front, les combattants sont plus que fatigués. Pourvu qu'ils tiennent! Surtout dans des conditions qui s'annoncent plus difficiles encore.
       __ Dans le confinement de survie, certains ont des idées peu ordinaires. Manière de s'affirmer existant.  Pour moi, j'ai décidé de ne plus me raser ...en attendant la fin, la longueur de la pilosité étant comme un instrument de mesure des jours claustrés. Par économie aussi...Il va falloir tenir.
         __ Comme Diogène dans son tonneau, je médite comme je peux, quand je peux, sur la fragilité humaine et la folie d'un monde qui part pour l'instant en eau de boudin, le coronatruc n'étant qu'un révélateur.. Au risque de choquer par un cynisme un brin provocateur, pour réveiller les esprits endormis ou conformistes. Sidérés aussi par l'ampleur de la vague montante.
          __  Il serait temps de songer à fermer la bourse, du moins pour un temps, afin de juguler les effets de panique moutonnière trop bien connue et de freiner une spéculation devenue folle et peu soucieuse d'investissements et du long terme.  Sinon, les lendemains pourraient être terribles, comme dit Roubini, qui avait vu venir la crise de 2008.
                   On pourrait se pencher un peu plus sur les dires d'Augustin Barrau...qui ne manquent pas de pertinence.
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Y a pas photo

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Trop de photos tuent la photo
                                             Trop de photos émoussent notre regard.
            Trop de photos perturbent notre attention, compromettent la pure jouissance de l'instant.
   La boulimie photographique, amplifiée et banalisée par le smartphone, relègue au second plan les capacités de l'oeil et les pouvoirs de l'émotion, auxquelles on ne fait plus confiance.
   C'est une vision par procuration. Prendre une photo et partir aillleurs.... Est-ce à cela que se ramène un certain tourisme?  Un safariphoto permanent?
              Certains ont fait le choix d'arrêter de prendre des photos de vacances.
      Grand chasseur d'images devant l'éternel, j'ai fait de même, sortant d'une certaine addiction photographique, encouragée par Google et Photoshop. 
    Le puissant Nikon macronikor argentique d'autrefois, avec lequel je pouvais passer des minutes devant une simple fleur ou un insecte rare a été remplacé par le banal et commun Lumix, qui est censé régler tout lui-même...Pas de soucis!
     J'ai arrêté Snapchat moi aussi, regrettant ma passion passée, quand je développais moi-même, en noir et blanc, au fond de ma salle de bain, des heures entières, jamais lassé par la magie qui s'opérait sous mes yeux. La paresse et la facilité m'ont gagné avec l'âge, comme la réduction de mes capacités d'étonnement, de mes désirs de voir autrement.
    Une addiction  qui peut mener loin...       Trop d'images sur mon disque dur, qu'on n'a même plus le temps de regarder.. 

[Photo personnelle (cliquez)]

   L'inflation de photos nous guette.
       La nomophobie est très contagieuse, à l'heure où un enfant de huit ans peut vous pixeliser.
  L'appareil oculaire a maintenant sa prothèse (qui sert éventuellement à téléphoner...), même devant le plus beaux paysages.
  Que deviennent nos souvenirs? La mémoire s'altère.
       La maladie de l'image envahit parfois les aspects les plus triviaux de la vie quotidienne, devenant une sorte de rite moutonnier. Ne parlons pas de la pratique des selfies, cette pulsion narcissique sans borne, à laquelle cèdent aussi ceux qui nous gouvernent.
    Il y a photos et photos. Simple capture mécanique du réel ou image réfléchie, élaborée à partir de la personnalité toute entière, unique, originale....même modestement.
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Journal de crise (3)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Vers des terres inconnues
                              Les vaillants petits soldats et les grands héros de première ligne commencent enfin à être équipés progressivement des armes défensives minimales pour affronter l'ennemi sournois, invisible et omniprésent.
  Il était temps. L'incurie administrative et politique devra être plus tard analysée et sanctionnée.
    Mais quid des "petites mains" , jugées enfin aujourd'hui enfin si indispensables, hôtesses d'accueil ou employés au tri postal, exposées et vulnérables ?


   J+7  aujourd'hui. C'est comme si c'était il y a si longtemps, dans cette inédite expérience des jours où domine le "rien" et le plein des pensées qui se bousculent, dans la succession d'activités qu'il faut inventer pour exister, instant après instant, surtout quand on se sait assigné à résidence pour de longues semaines encore.     Perspective que l'on prenait encore avec une relative légèreté il y a à peine une semaine. Il est difficile de ne pas céder à la tentation du repli, de ne pas devenir  victime du confinement, quand les bruits extérieurs se font de plus en plus rares et atténués, quand on ne voit même plus le visage de son voisin d'en face. Comme sur un radeau de sauvetage qui flotte sans boussole vers des terres inconnues, dans le silence de l'espace infini et uniforme.
  Dans le jardin, les mésanges insouciantes poursuivent leur balai annuel, dans le fièvre de l'accouplement qui vient et de la préparation des nids. La vie continue, indifférente à nos petits soucis. Et pourtant, elle tourne. La terre en a vu d'autres. L'humanité a connu bien pire, pour autant que l'on remonte dans le temps. Les obsessions d'hier deviennent minuscules ou dérisoires par  rapports aux hantises d'aujourd'hui, qui elles mêmes auront une fin. Nécessairement. 
 L'euphorie de la victoire finale débouchera sans doute sur des années difficiles, un peu comme après 1945, où la vie ne fut pas facile jusqu'au début des années 1950. Les anciens se souviennent.
  Ça peut aussi se passer mieux que prévu et un rebond spectaculaire peut avoir lieu si les bonnes décisions sont prises au bon moment. Si les banques et les entreprises jouent le jeu. Dans leur intérêt. On a le droit d'être sceptique.
  Morgen ist auch ein Tag, disent nos voisin d'Outre-Rhin. On verra bien demain.   A la maison. Zu Hause. C'est moins dur avec un jardin, entretenu comme jamais auparavant. Dans ce temps étiré, quand les enfants sont loin, il va falloir encore prendre sur soi pour inventer un quotidien vide d'événements saillants au sens habituel.
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Faiblesses de l'euro fort

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il y a trois ans...)

 

L'euro se renforce, dit-on.
                            Dans le climat d'une certaine reprise des affaires.
          Bonne nouvelle ou feu de paille?
   La force de la monnaie unique aurait de quoi rendre optimistes les gouvernants de l'euro-zone.
Dans le contexte d'une certaine embellie, très différentiée.
   Mais les choses ne sont pas si simples.

      Deux logiques monétaires s'affrontent et l'Allemagne s'oppose à la politique dite "laxiste" de Mario Draghi, pour éviter la récession. La politique de la chancelière, arc-boutée sur un euro-mark trop fort pour ses partenaires voisins,  l'obsession de l'épargne pour des raisons démographiques mais aussi électorales, tétanisée  par la crainte irraisonnée d'une inflation même minime, n'est guère cohérente avec le principe de l' autonomie de la banque centrale, qui s'efforce d'injecter des liquidité pour éviter une déflation dangereuse, mais sans relancer vraiment la croissance.
    Depuis 2014, Super-Mario s'efforce de colmater les brèches, pour combler les écarts,  mais ce jeu de pompier monétaire ne pourra plus durer très longtemps, tant que les disparités entre pays de l'euro-zones seront si marquées et que les effets de la crise seront encore si prégnantes, l'Allemagne s'arrangeant d'un euro très fort.
    L'argent peu cher et même les taux négatifs sont alléchants, mais cela n'est pas sans risques. L'Allemagne a sans doute raison dans certaines de ses mises en garde, même si sa crainte d'une certaine inflation est quasi-pathologique, mais que fait-elle pour  aider à bâtir une solidarité réelle et investir chez elle au lieu de continuer sa fuite mercantile en avant vers des surplus astronomiques, des excédents si critiqués.?
   On le voit une fois de plus, la monnaie unique pose problème. A quand une monnaie commune négociée?
______________Fin décembre 2016, l’euro était à 1,04 dollar et beaucoup pariaient sur une parité totale avec le dollar. Mais depuis, la monnaie européenne est prise dans un courant ascensionnel qui semble sans fin. En huit mois, elle a gagné 13,4 % par rapport à la monnaie américaine, pour revenir à 1,18 dollar, comme fin 2015. Dans le même temps, l’euro s’est apprécié de plus de 10 % par rapport à un panier de devises étrangères.

 
Depuis le début de l'année, l'euro a gagné plus de 13 % par rapport au dollarDepuis le début de l'année, l'euro a gagné plus de 13 % par rapport au dollar
 
Pour certains analystes des marchés des changes, ces corrections sont juste le reflet de la situation mondiale actuelle. Alors que le dollar paie lourdement les débuts désastreux de la présidence Trump et les incertitudes économiques du pays – la monnaie américaine baisse par rapport à toutes les devises étrangères de référence –, la montée de l’euro traduit le retour de la croissance dans la zone euro, marquée par une baisse du chômage et un excédent commercial record. « Les perspectives de croissance en Europe se sont améliorées de façon impressionnante. L’économie croît très fortement », assure un analyste de BMO Capital cité par Bloomberg.    ___
Mais les choses sont moins simples:
Pour d’autres, ces mouvements sur les changes sont en fait les premières adaptations à un resserrement de la politique monétaire européenne, attendu au début de 2018. Pressé par les Allemands d’en finir au plus vite avec son programme de rachat d’obligations (quantitative easing) qui amène 60 milliards d’euros supplémentaires dans le système monétaire chaque mois, Mario Draghi avait lui-même esquissé en juin un changement prochain de la politique monétaire européenne dans un discours à Sintra (Portugal). Il avait évoqué alors la fin des forces déflationnistes en Europe et le retour de la croissance. Tous en avaient conclu que la BCE allait suivre le chemin de la Réserve fédérale et abandonner graduellement son programme de rachat et de taux zéro pour revenir à une politique monétaire plus normale.... Le président de la BCE va-t-il ou non fermer le robinet à liquidités qu’il a ouvert sans retenue pour sortir la zone euro de la crise ?  Avant même la remontée de l’euro, la question de la sortie de cette politique ultra-accommodante était déjà compliquée. Les marchés financiers, drogués à l’argent gratuit des banques centrales depuis le début de la crise financière de 2008, ont du mal à imaginer un avenir sans. Les liquidités qui tournent désormais sur les marchés de capitaux ont atteint des montants considérables. Le moindre changement risque de provoquer des mouvements de capitaux d’une ampleur impressionnante, des centaines de milliards se déplaçant en quelques clics sur les marchés des changes mais aussi sur les marchés obligataires et d’actions.
Mais l'optimisme n'est que de façade.
   Comme dit  Martine Orange:   ...trois trimestres de croissance ne suffissent pas pour assurer que l’économie européenne a retrouvé son cours normal, contrairement à ce que soutiennent certains observateurs et politiques, qui pensent qu’en quelques mois les traces d’une crise de près de dix ans ont été effacées. D’autant que ce rebond a pu avoir lieu grâce à des circonstances exceptionnelles : par crainte de la montée des populismes en Europe et d’un rejet de l’Europe après le Brexit, les responsables européens ont accepté, le temps des élections néerlandaises et françaises, d’accompagner la politique monétaire très accommodante de la BCE, en relâchant leur politique d’austérité et d’ajustement budgétaire sur les États. Mais maintenant que tout danger leur semble écarté, ils entendent revenir au plus vite au strict respect des règles des traités. Au risque de bloquer à nouveau toute l’économie européenne par des politiques récessionnistes, comme ce fut le cas en 2008 et 2011. Une éventualité que ne semblent même pas envisager les responsables européens, à commencer par ceux de la France....
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Stupeur et tremblements

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Se pincer pour y croire.
                                     Une situation bien pire que celle, très passagère et sociale décrite par Amélie Nothomb.
  Elle n'avait affaire qu'à des hommes et à leur organisation. Aujourd'hui, l'ennemi est sans visage. Nulle part et partout à la fois. Une situation apparemment sans fin assignable.
   On est plus proche de Giono et de certaines de ses évocations, ou de Kafka et de ses descriptions d'ambiances menaçantes indéterminées et toujours résurgentes.  Ou d' évocations à la Rimbaud, qui se concrétisent  régulièrement.

1940? Non, mars 2020...

       On n'a vraiment pas envie de rire, sauf dans quelques cas, même si on a besoin de décompresser, par le rire, parfois nerveux, l'humour, souvent noir. Il faut bien lâcher quelques soupapes de sûreté de temps en temps.
 On regarde vers l'horizon où une fin assurée est annoncée.  Rien n'est clair mais ça aide à tenir au jour le jour, toujours un peu en train de se pincer pour s'assurer que l'on n'est pas dans un mauvais rêve.
  Et pourtant. On était prévenu ou on aurait pu l'être. C'est comme à l'aube d'un conflit annoncé: le pire est rarement envisagé. On refoule ou on regarde ailleurs. Ou l'on est aveuglé par les petits intérêts présents. Comme des somnanbules, disait un historien.
  Après les signes avant-coureurs auxquels on ne prêtait pas attention, la vague arrive, le tsunami déferle comme il y a peu sur les côtes thaïlandaises.
  L'image du gouffre qui s'ouvre devant nous n'est pas inappropriée. Nous avancions en aveugles vers ce que nous ne pouvions pas imaginer.
  Les prises de conscience montent enfin au coeur de décisions difficiles à prendre, obligeant à des choix parfois déchirants, des compromis boiteux.. Comment continuer à faire avancer le bateau qui tangue dangereusement par très gros temps vers des côtes hospitalières sans mettre en péril non pas la cargaison, mais les hommes?
   A situation d'urgence, mesures d'urgence. Une "union sacrée", mais pas inconditionnelle, pas sans critiques légitimes, doit finir par s'instaurer.
  La situation est quasi-explosive dans le milieu carcéral, où la double peine est d'actualité.
   Aux USA, les prédateurs s'en tirent cyniquement. tirant les marrons du feu, comme les profiteurs de guerre d' autrefois,
 Ailleurs, c'est le déni tragique qui prévaut en haut-lieu, préparant les pires jours. 
     Isolons-nous, mes frères! Tel est le nouvel appel sacré. Un paradoxal isolement solidaire. Tout le contraire d'une guerre. Un combat silencieux.
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Plaies américaines

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Des plaies encore très vives
                                            Le terrorisme d'extrême-droite qui s'est manifesté à Charlottesville, même s'il peut paraître circonscrit et minoritaire, a mis au jour un aspect inquiétant d'une certaine Amérique que l'on croyait révolu.

    Les suprémacistes ont manifesté une telle violence que l'on se croirait revenu plus d'un siècle en arrière. Certes, le racisme n'est jamais disparu, surtout dans certains Etats du Sud, mais le surgissement d'une telle violence, lourdement armée le plus souvent, ne manque pas d'interroger et d'inquiéter.
       Le grand twitter, imprécateur, provocateur et diviseur qui tient lieu de Président n' a pas été pour rien dans ce déchaînement, du moins indirectement, et ses réactions à l'événement ont été sévèrement jugées pas ses concitoyens sensés.
     On avait connu le Tea-Party, aux franges extrêmes du Parti Républicain, mais là on passe à un autre registre.
    On assiste à une forme de renaissance d'un néo-fascisme, parfois meurtrier, sans complexe, d'un terrorisme blanc surtout concentré dans les Etats du Sud, que l'inénarrable Trump semble d'abord avoir absous. avant de rectifier mollement et tardivement ses propos.
  Il y avait des gens très bien des deux côtés a-t-il d'abord déclaré. "Les propos présidentiels ont été immédiatement salués par David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan qui était présent à Charlottesville. Merci président Trump pour votre honnêteté et votre courage, a-t-il lancé sur Twitter, le remerciant d'avoir "dit la vérité" en dénonçant "les terroristes de gauche".
     Réaction classique, mais terrible, au coeur d'une Amérique déboussolée et...surarmée. Un passé qui ne passe pas...

  L'Amérique a avec les armes à feu de toutes natures et de tous calibres, considérées comme  fondements de la liberté, un rapport fusionnel.
 ...La moitié des adultes connait personnellement quelqu'un qui a été abattu, accidentellement ou intentionnellement, et environ un quart reconnait avoir été menacé par arme. Ils considèrent que la violence des armes à feu constitue un très gros problème aux États-Unis, même s’ils en possèdent une eux-mêmes.
      Trump s'était déjà manifesté sur la "suicidaire" absence d'armement des victimes du Bataclan à Paris, comme Sarah Palin. Le remède à toutes les violences....mais sources de tant d'homicides et de carnages répétitifs, de dérives policières.
   Le Deuxième amendement ne sera pas abrogé cette fois encore. Au contraire. Même les déficients mentaux devraient y avoir accès.
     La NRA a bien travaillé auprès de élus. Mais de façon non désintéressée. Et c'est bon pour le PIB.
        Quand les armes font la loi, avec le minimum de législation, on peut s'attendre à tous les excès.
         La Bible et le fusil, c'est le top dans certains Etats, comme pour les illustres fondateurs.
   Une addiction qui n'est pas prête de disparaître, malgré les velléités de Obama et les actions citoyennes, surtout sous une telle présidence, qui souffle sur les braises.
                   God save America!
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Journal de crise (2)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Les jours se suivent...
                       Et se ressemblent de manière inédite, étrange, dérangeante, perturbante pour beaucoup. Dans une temporalité singulière que nous n'avons jamais connue.
 Nous vivons dans un temps suspendu où l'attente paraît sans horizon clair, sans consistance réelle, comme peut l'être celle des travaux et des jours habituels et rassurants.
   Un inconfort psychologique qu'il faut bien assumer et transcender par de multiples dérivatifs, inventer d'autres rythmes. Nous sommes dans un entre-deux où l'on tâtonne encore beaucoup, dans l'étrange longueur des jours.
   Nous aspirions à du temps libéré, mais il s'offre à nous hors de toute référence connue, sur un fond l'incertitude paralysante, qui côtoie le morbide glaçant et les questions sans réponse qui se bousculent souvent en nous.
    Et demain?
 On s'est toujours plus ou moins bien relevé d'une "guerre", même terrible, parfois plus vite que l'on aurait cru.
   Nous sommes assaillis d'injonctions contradictoires, dont nous ne percevons toujours la logique, énoncées par des responsables souvent aussi incertains que nous.
Il ne faut pas arrêter les activités essentielles, "quel qu'en soit le prix", mais jusqu'où peut-on réduire provisoirement des droits bien établis.  La cohérence n'est pas toujours de mise. Chez Amazon, on s'épuise et on prend des risques. Mais le personnel médical au front ne suffit plus.
   Les exigences patronales ne sont pas toujours dénuées d'arrière-pensées.
Produire coute que coute, mais quoi, et à quel prix. Des masques? On a trop tardé. Tout n'est pas également important et prioritaire.
  Le en même temps a ses limites, même s'il faut s'adapter, parfois au jour le jour.
    C'est le temps des fractures et factures, même aux USA, qui se réveille dans le désordre. On subventionne à guichet fermé. La monnaie hélicoptère, promise plus par peur et par intérêt que par générosité soudaine, est plus facile à distribuer quand on est encore le banquier du monde
   La récession nous attend, c'est sûr, mais de quelle profondeur et pour quelle durée? La normalité, du moins celle qui nous était familière, ne reviendra pas. Les activités reprendront leur cours, bien sûr, mais dans un contexte que nous avons du mal à imaginer.
  Ce sont ces incertitudes qui taraudent notre présent et qui sont au coeur de l'intranquillité des jours, selon l'expression de Pessoa.

       Mais un nouveau printemps reviendra.

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