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Où l'on reparle de Monsanto

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

En savoir plus sur Monsanto!
                                     C'est ce à quoi nous invite la (trop) célèbre firme de St Louis, spécialisée dans les biotechnologies agricoles, au service de l'agrobusiness, des hommes et du progrès alimentaire.

     Sa récente fusion (contestée) avec l'autre géant Bayer n'est pas à vrai dire une bonne nouvelle. Cette hyperconcentration, ce changement d'échelle inquiètent les agriculteurs, mis sur la voie du digital farming, comme le monde médical.
   ...A l'issue de cette acquisition - annoncée pour la somme de 59 milliards d'euros - la firme pourrait faire état d'arguments économiques bien plus convaincants, auprès de la commission et des membres européens. Cela pourrait sonner la fin de l'exception européenne, alors que les semences modifiées ont atteint à présent 90% du marché américain
      Monsanto, c'est plus de 100 ans de pratiques dévastatrices, qui ne furent reconnues et dénoncées que assez récemment. C'est une suite de scandales qu'il faudra encore du temps et du courage pour les dénoncer.      Comme Marie- Monique Robin en France.
  Diverses  enquêtes  de par le monde ont abouti à des constats assez renversants, non seulement sur les effets ravageurs de divers produits de la toute puissante firme mais aussi sur les silences, les complicités, les lobbying puissants exercés.      Le Tribunal Monsanto permit de rendre publiques certaines pratiques douteuses du groupe.
   Les récentes études sur les effets des perturbateurs endocriniens  ont permis d'aller plus loin dans la remise en question des pratiques du géant de la chimie et de dénoncer l'ambiguïté et la complaisance des autorités, notamment européennes.
     Les pressions sont anciennes et fortes sur des responsables souvent ignorants du cercle vicieux de certaines pratiques du conglomérat américano-européen et du problème vital des semences.
   Les luttes contre certains produits s'élargissent, mais seront encore longs et difficiles, à l'échelle mondiale. D'autant plus que les techniques de marketing de la firme s'affinent et s'adaptent en fonction des circonstances, s'efforçant souvent de semer le doute dans les esprits.
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Journal de crise

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Petite revue de presse
                          On assiste à un confinement, qui commence à affecter en profondeur notre vie quotidienne , après un début teinté d'incrédulité et d'interrogations inquiètes. Tiendrons-nous? Comment?   Malgré la volonté de diversification de ses occupations, l' assignation à domicile modifie  notre conception du temps, notre rapport au réel, surtout social et familial. La confusion qui a présidé à l'établissement de règles nouvelles, diverses selon les pays, n'est pas faite pour apaiser les esprits les plus critiques.

     De plus, ce confinement est à double détente et les situations sont bien diverses selon les lieux et le niveau de vie. Il n'est pas également supporté.
     __ Que cette crise montante soit un révélateur de notre société, de ses dysfonctionnements et de ses tares, a été déjà plus d'une fois souligné, à des niveaux divers. Pas seulement au niveau matériel, mais aussi institutionnel.  La casse des services publics des vingt dernières années apparaît sous une lumière plus crue, obligeant l'Etat (qui, disait Reagan, était "le problème") à faire machine arrière, de manière parfois chaotique et périlleuse.
      __ Les conséquences psychologiques  de cette crise inédite risquent d'être lourdes, quand on en fera le bilan, Si un bilan peut être fait de données qui ne sont guère mesurables.
      ___ On perçoit à peine les incidences économiques globales de cette période dont on n'entrevoit pas la fin, à tous les niveaux, qui obligeront forcément les instances décisionnelles à prendre le chemin d'un new deal, qui devra être mondial ou ne sera pas.
      __ Les USA semblent s'engager dans une voie difficile, après les tergiversations de Trump. Les carences du système de santé et les inégalités criantes obligent le pouvoir à reconsidérer (momentanément) quelques principes ultra-libéraux, sans atteindre les engagements de Roosevelt en son temps. Plus par intérêt et par peur, redoutant une tragédie à l'italienne.
               ___ Un certain humour, heureusement, continue à être entretenu, pour calmer les angoisses et guérir les bleus de l'âme.
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Autre face cachée (2)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Celle du web
                      Que l'on a pu comparer à un iceberg, où la partie visible, utilisée couramment, par les voies d'accès reconnues, ne représente qu' une partie de ce qui se développe dans des profondeurs.

 

 
 

    Ces métaphores de la profondeur (deep web) et de l'obscurité (dark web) ne doivent pas faire illusion. Le "secret" de ces fonctions de la toile, inconnue ou méconnue du grand public, ne relève que la logique informatique, d'une rare complexité théorique pour le non initié, même si par le biais de Tor, une part des données sont accessibles à certaines personnes ou à certains services dont l'anonymat doit être garanti, pour des raisons évidentes, comme des services de police. Mais non sans failles possibles. Par ce biais, les données sont seulement accessibles via des logiciels, des configurations ou des autorisations spécifiques.
   Elles sont souvent associées à des activités illicites, voire criminelles, mais, si elles les permettent, du fait d'un anonymat garanti, elles ne réduisent pas à cela.
    Elles peuvent être utiles dans le domaine du savoir et de la recherche, dans le domaine universitaire ou militaire, ou dans celui de l'investigation policière.
 En fait, pour les praticiens expérimentés, le net profond est bien moins sombre que ce que l'on pourrait croire et peut être vulnérable (*)
    Un outil qui peut fonctionner pour le meilleur ou pour le pire. Le problème est que le pire peut proliférer étant donnée sa garantie -théorique- d'anonymat.
  Bref, sur ses deux niveaux cachés, l'usage du web présente de profondes ambiguïtés.
      Mais l'histoire de la toile, si récente, n'a peut être pas fait la moitié de son chemin...
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(*) ...Les développeurs de Tor, ainsi que certaines organisations comme l’Electronic Frontier Foundation (EFF), soutiennent que la majorité de ses utilisateurs sont des militants ou des gens simplement soucieux de protéger leur vie privée. Tor a été ainsi utilisé par le passé pour permettre les échanges entre les journalistes et les lanceurs d’alerte comme Edward Snowden.
   Mais en jetant un rapide coup d’œil sur Hidden Wiki – le principal indice répertoriant les sites du dark web –, on s’aperçoit que la plus grande part des sites mentionnés concernent des activités illégales. Certains d’entre eux ne sont que de vastes escroqueries, il est donc difficile de dire s’il est facile ou non d’acheter des armes ou de faux passeports. Mais il existe indéniablement des sites du dark web où ces choses sont tout à fait possibles.
   Bien que le dark web rende l’application des lois difficile, il y a eu de nombreuses arrestations mettant fin à des activités illégales et punissant les consommateurs. La plus retentissante fut sans doute celle de Ross Ulbricht, le propriétaire du site de vente de drogues, Silk Road."
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Une saison en enfer

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Par ces temps incertains,... 
                       ...Sylvain Tesson nous recommande le détachement, dans son expérience sibérienne de confinement, racontée dans le détail.
      Il montre que le confinement peut être assumé, à certaines conditions.
  Le problème est que l' isolement pour lui était un choix revendiqué, dans l'esprit de Rimbaud, une sorte d'aventure spirituelle.


   Mais on ne peut demander au commun des mortels d'atteindre ce niveau d'ascèse. surtout dans les épreuves du moment, vécu comme une sorte de tremblement de terre.
    On ne peut demander à la masse des gens d'assumer dans la sérénité une telle expérience, souvent traumatisante. où il est question de vie ou de mort.  La plupart sont désorientés, parfois assommés, et même hagards. Incrédules aussi.  
   L'avenir n'est même plus mis en perspective, dont on se demande ce qu'il pourra devenir. C'est au jour le jour. Dans un climat de fatalité résignée ou de tensions extrêmes.  Dans le repli individualiste ou la compassion. Les hommes font l'expérience des sentiments contradictoires qui les animent. Le meilleur ou/et le pire.
                La tragédie de Bergame laisse incrédule et semble nous ramener à certaines expériences mortifères des pestiférés du Moyen-Age qu'il fallait fuir, mais sans la consolation de la foi et les interprétations spirituelles des clercs.
  Une tragédie qui semble n'épargner personne. Un mort suit l'autre, d'une demi-heure à l'autre. L'armée évacue par camions des corps dont il faut vite se débarrasser. Sans rituel souvent.Hallucinant et terrifiant.
   Ce n'est plus le passage épisodique du choléra, comme dans Mort à  Venise, c'est l'installation plus durable d'un virus faucheur de vies sans discernement. 
   La Hollande fait peur avec ses choix discutables, auxquels renonça Boris Johnson finalement.
          Le moins pire est de vivre les heures avec résignation, ou mieux dans l'esprit taoïste, le "lâcher prise", pour tenter de désamorcer les tensions permanentes, voire la panique qui parfois submerge, en se disant que rien ne sera plus comme avant.
     Le livre de Pessoa peut nous aider à assumer une certaine intranquillité dans les souffrances communes.
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Faces cachées (1)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Pathologies financières

                          Il n'y a pas que la lune qui a une face cachée.

                                                                  Sur un autre plan, la finance  a aussi la sienne, qui n'a rien de naturelle, mais qui est le produit d'un système en vertigineuse croissance depuis une trentaine d'années avec le développement de l'hyper-financiarisation  et qui peut prendre bien des formes.

    Certaines sont maintenant bien connues, même si les experts eux-mêmes ont des difficultés à en mesurer l'ampleur, comme les masses d'argent accumulées dans les paradis fiscaux ou le montant de l'argent sale, qui se recycle avec la complicité de certaines structures bancaires....La pratique de l'anonymat et le développement fulgurant de l'informatisation ont facilité la circulation de capitaux de plus en plus rapides et considérables. La pratique accélérée du trading haute fréquence a accéléré et obscurcit.le processus.

   Ces capitaux circulent et exercent leur action sur le marché en dehors de toutes règles et de tout contrôle.

                      Du phénomène de «Shadow banking», autrement dit la finance de l'ombre, nous

n'entrevoyons que certains aspects, comme nous ne soupçonnons que très partiellement toute la part de l'évasion fiscale ou de l'argent recyclé et blanchi dans des lessiveuses "honorables" et ayant pignon sur rue (ou sur lac)...le pouvoir politique fermant les yeux ou se contentant de menaces formelles ou de contrôles et de sanctions toujours à venir.

                                         Difficile de cerner les contours du «shadow banking», donc de le mesurer parfaitement. Le Financial Stability Board (le Conseil de stabilité financière, créé en 2010 par le G20 après la crise des subprimes) a chiffré le marché à 75.000 milliards de dollars à fin 2013. C'est 5000 milliards de plus qu'en 2012. À fin 2014, il devrait avoir atteint les 80.000 milliards de dollars. Selon cette estimation, le «shadow banking» représente ainsi un quart des actifs financiers mondiaux, la moitié du poids du système bancaire traditionnel, et l'équivalent du PIB mondial annuel. Les États-Unis, la zone euro et le Royaume-Uni détiennent à eux seuls les trois-quarts des actifs qui relèvent du «shadow banking». Mais dans les BRICs et les pays émergents, particulièrement en Chine, en Inde, en Indonésie et en Russie, la «finance de l'ombre» progresse fortement. Du côté des acteurs du «shadow banking», les fonds d'investissements immobiliers et les hedge funds connaissent les expansions les plus fulgurantes.

     Il faut bien noter que ces calculs du FSB «ne prennent pas en compte les centres financiers offshore (les paradis fiscaux, ndlr), où la plupart des hedge funds sont domiciliés»... En réalité, aujourd'hui, la définition du «shadow banking», de ses activités et de ses acteurs, n'est toujours pas clairement établie et les travaux n'en sont qu'à leurs débuts...Le «shadow banking» présente deux problèmes majeurs: son poids dans le financement global de l'économie et l'interdépendance des acteurs du «shadow banking» entre eux et avec le système bancaire traditionnel international. Ce qui signifie que si le «shadow banking» est sytémique: s'il souffre, il entraîne avec lui le système bancaire «normal». La crise des subprimes de 2007 en est la preuve concrète....     [ Extraits]

          Toutes les plate-formes non régulées sont appelées dark pools:

      Un dark pool a pour objectif de traiter des volumes d'ordres de bourse importants (transactions sur blocs), hors marchés officiels (grandes bourses réglementées ou systèmes multilatéraux de négociation), et sans afficher le prix des transactions avant leur finalisation. Il permet ainsi aux acteurs (acheteurs ou vendeurs de titres) de rester anonymes.

   Cette finance de l'ombre constitue une dérive dangereuse, souvent dénoncée, même pour des pratiques bancaires "licites" mais opaques:

   L'histoire des dark pools est un peu celle de l'arroseur arrosé : bien qu'elles procèdent d'une volonté politique de libéraliser le secteur financier, les dark pools ont un fonctionnement totalement contraire aux principes de l'économie de marché. Ces travers ont été largement mis en évidence par le rapport sur la révision de la MIF, mais aussi par les membres du G20 Finances, réunis en avril, qui ont tenté de "rappatrier" le plus d'instruments financiers possible sur des marchés organisés.....

      La transparence et la régulation ( à peine entamée, souvent purement verbale) dans ce secteur ne sont pas pour demain...sauf si une crise plus violente que les précédentes contraindra les acteurs politiques à intervenir vigoureusement, à la manière de Roosevelt en plein cataclysme économico-bancaire. (*)

                 Un banquier suisse (oui!) analyse tous les risques inhérents à ce système, dont il établit les causes

prinvipales.

     Les mastodontes financiers, outre les pratiques galopantes du trading haute-fréquence, ont adopté des pratiques non orthodoxes qui sont loin d'être sans risques, même pour leurs propres intérêts, ouvrant leurs caisses aux mafias diverses et variées accentuent les périls.

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   (*)   Franklin Delano Roosevelt aurait-il eu la même mansuétude vis à vis du gouvernement des banques, dont le pouvoir a été à peine écorné? Roosevelt qui disait publiquement: "...Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix – le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l’antagonisme de classe, l’esprit de clan, le profiteur de guerre. Ils avaient commencé à considérer le gouvernement des États-Unis comme un simple appendice à leurs affaires privées. Nous savons maintenant qu’il est tout aussi dangereux d’être gouverné par l’argent organisé que par le crime organisé. Jamais dans toute notre histoire ces forces n’ont été aussi unies contre un candidat qu’elles ne le sont aujourd’hui. Elles sont unanimes dans leur haine pour moi – et leur haine me fait plaisir. Je peux dire que lors de mon premier mandat ces forces menées par l’égoïsme et la soif du pouvoir ont trouvé un adversaire à leur hauteur. J’aimerais pouvoir dire à l’issue de mon deuxième mandat qu’ils ont trouvé leur maître..."

__Les banques, ayant tant reçu des Etats, ne disent même pas merci, les ingrates!
         Elles continuent même à spéculer en douce, comme la plus importante de toutes, qui donne l'exemple, en toute légalitéGoldman Sachs Elles ne risquent pas trop d'être inquiétées: on a tant besoin d'elles! Too big to fail and to jail...Elles ne souhaitent qu'une chose: qu'on continue à les laisser faire.
                     Comme le remarquait, outré, un ancien directeur de la Banque Mondiale: 
                  "Les banques sauvées grâce à l'argent public se retournent vers ceux qui les ont sauvées en disant: payez vos dettes! Leur arrogance est inacceptable " (J Stiglitz)
     Ou, comme disait son célèbre compatriote:
                   « Le gouvernement devrait créer, émettre et favoriser la circulation des monnaies et des crédits nécessaires à la satisfaction du besoin de dépense du gouvernement et du besoin d’achat des consommateurs.L’adoption de ces principes doit permettre aux contribuables d’économiser le paiement d’un gros volume d’intérêts. L’argent cessera de gouverner et se mettra au service de l’humanité. » (Abraham Lincoln) _
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Fringomanie et environnement

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 C'est chic, c'est fashion!
                            Tout devient fashion, dans la novlangue d'aujourd'hui, pas seulement dans l'habillement.
           Mais c'est moins valorisant pour l'environnement. Même pas du tout.
  La fast fashion, la fringomanie, la fièvre acheteuse, dans les pays développés, ne connaissent pas de limites, sont en augmentation constante.
    Il est temps de mettre un frein. Ethique à l'étiquette!


   L'industrie de la mode est certainement la deuxième du monde  en terme de pollution globale, en amont comme en aval.
   La fast fashion a des conséquences qui sont rarement évoquées.
         Les profits tirés de l’industrie de la mode ne cessent de progresser, avec un taux croissance annuel de 8,7 %. D’ici 2023 le marché devrait atteindre 598 milliards de dollars selon Statista. Les grandes enseignes de Fast fashion («Mode Rapide») tirent profit du gaspillage de nos ressources.
  Il est temps de remettre en question cette frénésie, qui flatte le narcissisme vestimentaire ambiant.
   Malgré des engagements récents, mais qui restent à démontrer, à mettre en oeuvre, à l'encontre de puissants intérêts.
     S'habiller responsable? Encore du chemin à faire...
          ...Entre 2000 et 2010, le nombre de vêtements vendus chaque année dans le monde a doublé. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 100 milliards. En 2014, un Américain moyen s’est débarrassé d’un peu plus de 36 kg de vêtements. Ceux-ci ont en moyenne été portés sept fois avant d’être jetés. Ce sont ces chiffres accablants qu’égraine la journaliste américaine Dana Thomas dans Fashionopolis. Son projet est triple : retracer l’histoire de l’industrie du textile, depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours ; pointer les dérives de la « mode éphémère » (fast fashion en anglais) ; mettre en lumière les alternatives proposées par les tenants d’une confection textile plus responsable.
   Thomas parvient à attirer l’attention sur les principaux problèmes posés par cette industrie qui génère 2,4 billions de dollars par an. Et elle le fait d’une façon susceptible d’intéresser non seulement les professionnels du secteur mais aussi ceux qui se préoccupent d’économie, de droits de l’homme et de politiques écologiques » observe la journaliste Tatiana Schlossberg dans The New York Times. Thomas s’est rendue dans les sweatshops du Bangladesh et dans les usines du Xinjiang, cette région de la Chine que l’on surnomme « la capitale mondiale du jeans ». Si des enseignes comme Zara ou H&M se targuent d’afficher des prix défiant toute concurrence, celui payé par la planète est exorbitant, souligne l’auteure. L’industrie textile serait responsable de près de 20 % de la pollution de l’eau dans le monde et de 10 % des émissions totales de CO2, précise-t-elle.
       Face à un tel gaspillage de nos ressources naturelles, Thomas plaide pour l’adoption d’un modèle basé sur le concept d’économie circulaire. Recyclage et réutilisation : nos vieux vêtements doivent pouvoir trouver une seconde vie. Une solution que certains jugent peu satisfaisante : « J’aurais aimé que Thomas arrête de tourner autour du pot et propose une série de mesures à mettre en place. Qu’elle déclare qu’il devrait y avoir des lois interdisant de piller ainsi la planète. En mettant l’accent sur le changement des comportements individuels, Thomas laisse les patrons des industries textiles les plus nuisibles s’en tirer à bon compte », regrette l’écrivaine américaine Cintra Wilson dans The New York Review of Books.  (Pauline Toulet)
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Continuer une guerre

Publié le par Jean-Etienne ZEN

( Il y a trois ans...)

 

       En Afghanistan.  Déjà la plus longue de l'histoire des USA.
                                                                         Trump du mardi revient sur ses propos du lundi: nous resterons en Afghanistan, qu'à vrai dire les troupes US n'ont jamais définitivement quitté depuis l'annonce de fin 2014 et leur présence sera renforcée.
   Après l'engagement de Bush et l'obstination d'Obama, au bout de 16 ans, un engagement de mille milliards de dollars, 2 400 morts, 20 000 blessés.
    Le résultat est nul. Le projet bushien de désordre créateur a montré ses effets. Qui dira combien d'Afghans, seulement civils, furent tués au cours des opérations?
    Mais une bonne affaire pour le complexe militaro-industriel, qu'Eisenhower dénonçait très tôt comme un péril interne, et pour des intérêts qui jouent en sourdine leur partition.
   On comprend qu'un vive opposition s'exprime même en haut lieu à Washington. 
    A vrai dire c'est l'engagement initial lui-même qui fut une folie et qui s'annonçait comme un bourbier sans fin. Là où l'empire britannique s'était cassé les dents, là où l'Union Soviétique a sans doute reçu le coup de grâce.
    Ne parlons pas des conséquences, qui se sont étendues et élargies: le soutien et l'aide substancielle fournis à une guérilla djihadistes depuis le Pakistan voisin, qui allait trouver là l'occasion de s'affirmer et d'essaimer, la montée en force de groupes talibans, qui reviennent une nouvelle fois des confins du Pakistan pour contrôles une partie non négligeable du pays.
      Le bourbier initial pourrait bien devenir un sanctuaire pour terroristes
  Trump d'avant-hier affirmait pourtant: Quittons l'Afghanistan », écrivait-il sur Twitter en janvier 2013. « Nos troupes se font tuer par des Afghans que nous entraînons et nous gaspillons des milliards là-bas. Absurde ! Il faut reconstruire les USA.
      Les enjeux géopolitiques, à l'heure où il faut contrôler la Chine et son sulfureux voisin ont pris le pas sur la raison La guerre d'Afghanistan est ingagnable et les troupes trumpiennes aboutiront aux résultats vus avant et ailleurs: la montée d'une opposition plus forte favorisée par la chute du régime corrompu mis en place par l'oncle Sam.
   Une nouvelle impasse se dessine, avec des conséquences incalculables, comme toujours.
      Un nouveau bourbier, pourtant anticipé par certains stratèges du Pentagone, se prépare.
        Mais qu'allaient-ils faire dans cette galère?
                                      Savoir arrêter une guerre: une leçon déjà oubliée....
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L'ennui n'est pas mortel

Publié le par Jean-Etienne ZEN

En cette période de confinement de fait, plus que jamais.
                                    Alors que de longues journées s 'annoncent, où les jeunes et les moins jeunes vont devoir s'organiser autrement, en dehors de toutes les références habituelles, il va falloir repenser le temps en dehors des références routinières et familières.
  Ce qui ne fera pas sans doute sans inconfort, sans désarroi, devant l'espace de nouvelles libertés et exigences qui s'annoncent, plein d'ambiguïtés et d'incertitudes, où il faudra réorganiser ses activités, inventer de nouvelles formes de vie, repenser le temps qui nous est offert et qui nous effraie un peu. Parfois nous panique.
  Pour éviter la difficulté humaine de "rester en place". Comme disait Pascal: Tout le malheur des hommes est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre..."
          Mais le temps, devenu parfois péniblement long, peut être  créateur.
            Si l'on rompt avec certaines  exigence de notre temps:
                                     Il ne faut jamais rester sans rien faire, dit-on, L'esprit doit toujours être occupé. 
        L'oisiveté? la mère de tous les vices...répète-t-on.
  L' inaction serait non seulement contre-productive, mais aussi destructrice.


 Mais malgré les injonctions et les pressions, nul n'y échappe  Le sentiment passager du vide, de l'incomplétude peut être un tremplin.
     C'est l'état d'esprit le mieux partagé du monde, même s'il peut être pesant.
                        Sous des aspects les plus variés. Depuis l'ennui occasionnel de l'enfant à l'école jusqu'à celui, durable et profond, du vieillard aux jours tristes et routiniers.
       L'ennui ordinaire, non pathologique, tout nous pousse et nous incite à le combattre, surtout au coeur de nos sociétés marchandes de "loisirs", qui jouent en permanence sur l'hyper ludique et incite à l'hyperactivité comme remède à l'ennui, jusqu'à occuper l'esprit démesurément, jusqu'à abolir tout recul critique et tout élan créateur.
  Le trop-plein est devenu notre monde.  L'ennui est le plus souvent déconsidéré, associé parfois au temps perdu, à la paresse, qu'il faudrait pourtant parfois réhabiliter, comme l'a fait Lafargue en son temps
    S'il n'est pas pathologique, dépressif et paralysant, l'ennui ordinaire, souvent bien opaque, peut être un excellent tremplin pour une recherche, un nouvel élan, une création.
    C'est pour cela qu'un enfant qui s'ennuie n'est pas toujours à réprimander, au contraire. L'hyperactivité à laquelle il est incité n'est pas la voie meilleure pour lui, au contraire.
     Moravia en a fait de l'ennui une sorte de donnée existentielle, motrice d'une écriture... pas du tout ennuyeuse. (*):
     Certes, elle est ambiguë, et parfois stérile ou invitant à l'excès.
            Mais on comprend qu'elle puisse être l'objet d'éloges, dans certaines conditions.
  L'ennui  n'est pas seulement dans nos états d'âme, il peut être engendré par notre milieu, répétitif et sans relief ou trop conforme, malgré la diversité'apparente. On peut s'ennuyer de tout, partout, même au cours d' une croisière aux Caraïbes. L'ennui naît des profondeurs de nous-mêmes.
___________Laissez les enfants s’ennuyer n'est pas toujours une mauvaise chose, laisser son esprit vagabonder et peut-être inventer, au milieu de tant de sollicitations ou d'activités imposées, qui neutralisent toute créativité.
      Philippe Duverger rappelle utilement que l’école n’est pas faite pour être divertissante, qu’un certain ennui y est inévitable, rigueur et concentration, qui y sont de règle, s’opposant au zapping imposé par la société. Mais n’est-ce pas précisément au cœur de ce zapping, entouré des objets de jouissance que sont ou que peuvent être les objets numériques, que l’ennui va le plus clairement peut-être manifester sa qualité d’affect subjectif et sa valeur symptomatique de refus ?
..... l’ennui n’est pas un phénomène nouveau dans l’institution scolaire, (que) seuls les comportements qui lui sont associés ont changé, et que les élèves qui, aujourd’hui, savent s’ennuyer poliment, n’ont aucun problème avec l’école !
                             Oui, le droit de s'ennuyer peut et doit être revendiqué, contre toute propention à saturer toujours et à tout prix l'existence, à ne plus laisser de place pour la respiration libre des facultés, surtout de l'imagination.
    Inséparable de la condition humaine, il se révèle fécond chez maints écrivains, comme Flaubert, Proust, Pascal, Beckett, Moravia, Cioran....
      . Montaigne relève que l’écriture est un remède contre l’angoisse de lire. La lecture est en effet inséparable de l’ennui. Plus précisément, elle se pratique sur fond de vacuité : sur ce fond sans fond que Flaubert appelle « marinade ». Mais de quel ennui est-il question ? C’est selon. C’est pourquoi une  généalogie de la notion est ici nécessaire.
   Sénèque distingue l’ennui du chagrin. Ce dernier a généralement des causes précises, comme la douleur. L’ennui est plus vague et plus insidieux. Dans les Lettres à Lucilius, Sénèque voit bien que l’ennui peut aller avec l’agitation, et donc peut être une « activité oisive » : un divertissement impuissant à guérir de l’ennui. Comme remède à l’ennui, Sénèque propose l’activité qui remplit la vie, mais une activité sans se projeter dans l’avenir, une activité d’ici et pour maintenant. Parmi ces activités peut se situer l’écriture, non pas comme divertissement, non plus comme recherche esthétique (une création qui ne serait pas tout à fait une activité), mais comme art de s’appliquer dans l’effectuation des choses. Comme art, aussi, de gérer son emploi du temps. Car l’ennui, comme état de « plein repos » (Pascal), est le fond de la condition de l’homme. Quand l’homme est en repos, il repose sur quoi ? Sur rien. D’où la nécessité de se détourner du repos – d’un repos comme gouffre, d’un repos sans fatigue qui n’est alors qu’une chute. Corollaire inquiétant : si l’homme ne doit jamais être en repos, ne doit-il jamais faire retour sur soi ? L’état de réflexion serait en lui-même  source d’angoisse, de rupture de l’élan vital, d’acédie et d’ennui. C’est contre cette conception pessimiste – la lucidité inséparable de la dépression – que s’élève le janséniste Nicole. « L’ennui, soutient Nicole, touche l’âme quand elle est privée de cet aliment indispensable que sont pour elle les pensées » .
Pascal, de son côté, ne considère pas que les divertissements suppriment les côtés positifs de l’ennui que sont le sentiment de la gravité des choses et de la fragilité de notre être dans le monde. La légèreté du divertissement n’est pas une faute : elle protège, et c’est tant mieux, contre l’excès d’angoisse. C’est au fond une  forme de lucidité que de rechercher le divertissement. Il faut savoir « être superficiel par profondeur », comme Nietzsche le disait des Grecs. En d’autres termes, pour Pascal, c’est parce que l’ennui a sa place, mais ne doit avoir rien que sa place, que le divertissement a aussi sa place....
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(*) ...Son ennui, on l’a dit, n’est pas le contraire de l’amusement ou du divertissement. Il est insuffisance, voire carence totale de réalité. Il ne vient pas de l’intérieur mais d’un manque de rapports avec l’extérieur, d’une incommunicabilité radicale entre le sujet et le monde, d’une impossibilité ontologique à établir un lien quelconque entre les choses et lui: «La sensation de l’ennui naît en moi de l’impression d’absurdité d’une réalité insuffisante, c’est-à-dire incapable de me persuader de sa propre existence effective»....

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Pas folle, l'Italie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il y a trois ans..)

 

Le nucléaire est abandonné
                                        L'Italie a tranché.
              Après un débat assez long et contre les ultimes tentatives berlusconiennes, deux référendums successifs ont abouti au choix d'une transition vers de nouvelles formes d'énergie. Changement de cap.
       Fukushima a créé le choc décisif, comme pour l'Allemagne de Mme Merkel.
      Les risques sismiques élevés ont été l'argument décisifs.
         Le Japon tergiverse.
   Après une fermeture définitive, des réouvertures de sites se font plus ou moins en catimini, malgré une opposition majoritaire de l'opinion.  "...Un sondage publié mardi par le quotidien Asahi révèle que 74% des personnes interrogées se prononcent en faveur d'une sortie progressive du nucléaire. "
  Les risques de tremblements de terre y sont là-bas sans doute moins fréquents qu'en Italie, mais sont d'ampleur plus élevée. Qu'on songe à Kobé.
   La construction et la gestion de l'après catastrophe de Fukushima apparaissent comme une folie, à la fois technologique, financière et politique. On a frôlé le pire et il faudra des dizaines d'années avant qu'on aboutisse à une certaine maîtrise des risques. Mais personne n'en sait rien. C'est là le pire.
   C'est le tonneau des Danaïdes. Le gestionnaire privé Tepco a fini par reconnaître ses erreurs, et ses mensonges, après les accusations lancées par le premier ministre le l'époque. Les dernières tentatives pharaoniques consistant construire un mur congelé pour empêcher le déversement des eaux contaminées dans le Pacifique ne sont pas sûres d'aboutir. Que fera-on des masses de terre et des fûts dangereux accumulés. Tepco, qui a tout fait pour masquer et rassurer, envers et contre tout, passe aujourd'hui aux aveux. Plus grave que prévu... 
 Le mythe d'une situation sous contrôle s'effondre. Tepco est débordé.

     __On s'interroge toujours sur ce qu'on peut appeler le paradoxe de Fukushima:

        Comment une puissance industrielle aussi avancée a pu faire, de manière aussi peu rationnelle, de tels choix, qu'elle va payer longtemps encore, tout en s'exposant à d'autres risques majeurs graves, avec ou sans tsunami.
      Chez nous, l'entrée et la persistance dans le nucléaire n'a jamais fait l'objet d'une consultation populaire, contrairement à d'autres pays et on tergiverse, sans clarté ni courage décisif.
  Malgré les récentes affaires touchant Flamanville,  le scandale d'Areva,  l'incertitude sur le coût des démantèlements, les problèmes de l'enfouissement des déchets, on ne tire pas de conséquences claires et la transition nucléaire reste un objectif flou et lointain. Balayer la poussière sous le tapis n'a jamais été un objectif politique. Les risques majeurs ne sont jamais exclus. L'histoire nous le rappelle.
  Les débats de fond sont escamotés.
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Une faillite japonaise: ..«Ce qu’il faut admettre, aussi douloureux soit-il, c’est que nous avons affaire à un désastre made in Japan. Les raisons fondamentales sont à chercher dans le souci des convenances qui fait partie  intégrante de la culture japonaise: notre obéissance automatique, notre réticence à remettre en cause l’autorité, notre attachement au respect du programme, notre dépendance au groupe et notre insularité», conclut le président de la commission.
«Cette arrogance a été renforcée par la mentalité collective de la bureaucratie japonaise, pour laquelle le premier devoir de tout bureaucrate est de défendre les intérêts de son organisation. Poussée à l’extrême, cette mentalité a conduit à placer les intérêts de l’organisation avant leur devoir primordial, qui est de protéger la population»... (Kivoshi Kurokawa)
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Comme une guerre

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Sauver les meubles
                                     Quand l'incendie est déclenché, on ne se précipite pas pour sauver une babiole, même jugée importante.  On essaie de soutirer des flammes le ou les éléments essentiels, comme une personne en danger ou des papiers d'identité fondamentaux..
     Ce que met en évidence la période critique que l'on vit,  c'est l'extrême fragilité des sociétés dans lesquelles nous étions installés comme dans des forteresses imprenables, parce que jugées solides et durables. Nous oublions vite des tragédies d'hier, de toute sortes.
    C'est notre extrême vulnérabilité que nous expérimentons en cette période impossible à imaginer hier. La fragilité de notre condition nous pourtant rappelé depuis les sages de l'Antiquité, Stoïciens en tête.
    Mais il faudra sortir de l'impasse où notre économie joue gros, à moins qu'elle trouve de nouvelles voies pour inventer de nouveaux chemins, plus au service de l'humain.
   La bateau-terre tangue de partout, mais on s'est toujours sorti d'une crise économique et même d'une guerre.
   Nous supportons mieux les effets d'un virus inconnu que ceux d'un conflit et de son cortège de violences. Nous avons affaire à une ennemi intime, qui est dans l'ordre de l'évolution et qui n'est pas nouveau sur notre terre. Il aurait même quelque chose à nous dire, si nous l'écoutons.
  Le vrai virus n'est pas toujours là où on croit.
    A nous de trouver les parades, d'esquiver les coups, en acceptant d'avance le risque, mais en faisant tout pour notre protection mutuelle, pour esquiver les menaces Jamais depuis longtemps le mot solidarité, imposé par les faits,  n'aura revêtu un sens aussi fort.

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