Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le mois le plus long

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Après Le Jour le plus long...
                                On se souviendra du mois d'Avril 2020. On pourra en parler, comme les poilus de 14 racontait leur guerre.
     Mais ne n'est pas une guerre, comme disait Madame Merkel. C'est un long et âpre combat contre un ennemi invisible et perfide, une "saloperie", comme disait un soignant, qui est loin d'être terminé. J'avais entendu parler par mon grand-père, de la grippe espagnole, si meurtrière, mais presque passée inaperçue, du moins dans mon village, la fin des combats éclipsant tout et les médias ne jouant pas le rôle d'amplificateurs comme aujourd'hui.


    Un mois étrange, au temps suspendu, différemment vécu selon les lieux et les types d'habitats. Un temps d'une surprenante étrangeté, en rupture avec tout de que l'on avait pu connaître, hors classification dans nos courtes mémoires.
   Il fallait parfois se pincer pour y croire, Jamais on a ressenti autant notre fragilité en tant qu'humanité, jamais on a relativisé autant ce qui nous apparaissait, dans la vie routinière d'avant,  comme important. Le péril toujours possible nous faisait passer de rires (souvent nerveux) à l'incrédulité  voire à l'abattement. Avec cet espoir toujours renaissant: on en sortira. 
   Mais quand, comment? Dans quelles conditions? Car nous ne sommes pas au bout de nos peines, nous dit-on. Heureusement que des élans de solidarité se sont manifestés pour soutenir les valeureux combattants de l'avant et les innombrables petits soldats de l'arrière, tout aussi importants.
    Mais nous entrons avec Mai, sans défilé ni muguet, dans une zône grise plus incertaine. Il faudrait être madame Irma pour prédire ce qui va se passer dans les mois qui viennent et dans quel état notre pays va s'en sortir, sanitairement et économiquement. En Mai ne fais pas encore ce qu'il te plaît...
  Le train va-t-il dérailler, comme le prévoient certains économistes, qui, on le sait, se trompent souvent? ou bien repartirons-nous d'un autre pied, plus fragilisés certes, mais sur des bases nouvelles, vers d'autres formes de développement et d'échange. A condition qu'au niveau national comme international, une solidarité de fait s'installe réellement pour définir d'autres règles du jeu que celles du libéralisme mondialisé facteur d'injustices, que le système financier passe de l'accumulation spéculatif stérile à l'investissement productif rénové, tendu vers un équilibre rompu entre l'homme et son milieu. Ce qui suppose un contrôle démocratique sur les institutions, qu'il va falloir réinventer. La peur peut être le début de la sagesse, mais elle peut aussi accentuer antagonismes et nationalismes
   Les jours d'après sont incertains par définition. Ils peuvent être sombres comme remplis de lueurs d'espoirs. Après le désastre de la dernière guerre, 1945 fut le temps de la reconstruction matérielle, morale et législative avec le CNR et ses avancées sociales et institutionnelles.
   Reviendront, on peut l'espérer, les "jours heureux" annoncés après cette épreuve inédite.
                                               ____________________________

Partager cet article
Repost0

Ordonnances bien ordonnées

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(A prpos d'une récente mise en ordre...)

...Commencent par une petite mise en ordre
                                                                            Les ordonnances n'ont pas bonne presse, notamment depuis celles de Juillet 1830.
   Si elles furent utilisées ensuite, notamment en périodes d'exception, en temps de guerre, De Gaulle leur donna une importance particulière, et ensuite furent régulièrement utilisées dans le cadre d'une république de type présidentialo-monarchique.
   Si à droite comme à gauche, certains s'opposent à ces mesures, qui devraient rester exceptionnelles, le nouveau Président semble vouloir y avoir recours dès le début de son débat.
        « Le système des ordonnances, qui permet au gouvernement de rédiger des quasi-lois, s’inspire de la pratique des décrets-lois apparue sous la IIIRépublique (1870-1940).

   Pendant la première guerre mondiale, le gouvernement d’Aristide Briand souhaite légiférer très vite sur des domaines cruciaux. Voyant que le Parlement prend du temps pour délibérer, il tente d’intervenir à la place du législateur mais il échoue.
La pratique des décrets-lois devient ensuite fréquente à la fin de la IIIe République, dans les ­ années 1930 et 1940. Elle s’inscrit dans un mouvement global de transfert du pouvoir législatif vers le pouvoir exécutif observé à cette époque dans toutes les démocraties du monde.
   En 1946, la Constitution de la IVRépublique interdit le recours aux décrets-lois – ce qui n’empêche pas la plupart des gouvernements qui se succèdent après 1953 de recourir, notamment par la pratique de la loi-cadre, à un système proche de celui des ­décrets-lois.
   En 1958, la Constitution de la VRépublique renforce les pouvoirs de l’exécutif en instaurant la pratique des ordonnances, qui permettent au gouvernement d’empiéter ponctuellement sur le domaine du Parlement. »
 

     Notre Président veut aller vite, pourtant il a une majorité favorable et peu expérimentée. Mais la chambre n'a plus depuis longtemps le poids républicain qu'elle devrait avoir.
     Le gouvernement fait sa loi
        Après un dialogue préalable formel quoique claironné, c'est n'est pas du De Gaulle, mais plutôt de la  Silicon Valley qui transparaît. «Donner aux gens une opportunité», comme disait Clinton
   Fort bien, mais il y a de forts doutes , même en haut lieu, que ces mesures feront baisser le chômage.
     Même le Premier Ministre affirmait:« nous savons que le droit du travail n’est pas la première cause du chômage en France, en aucune façon », et d'autres au gouvernement reconnaissaient que ce n'est pas une baguette magique...On attend mieux chez Mr Gattaz.
   Une  réforme « ambitieuse »? C'est loin d'être une évidence. Plutôt une amorce pour d'autres réformes plus audacieuses "libérales" encore. Sur le plan du travail comme sur celui des retraites et des aides sociales. Ce n'est qu'un début...
  Beaucoup doutent que cela fera baisser le chômage, mais ce sera au moins un nouveau signe aux actionnaires et à Berlin.
    Revoilà la loi travail en question. La CFDT critique mollement, comme c'est devenu l'habitude.. D'autres voient une nouvelle destruction du  droit du travail. ou une «généralisation de la précarité» ou une loi taille patrons. Pour la précarité, elle n'est pas seulement à nos portes...
    Beaucoup ont déjà insisté sur le fait que la clé du chômage se trouve surtout dans un investissement éducatif massif, une remontée du niveau de vie dynamique pour un nouveau développement, la résorption des zônes de pauvreté, une aide sociale mieux ciblée et une véritable chasse à l'évasion fiscale qui atteint des sommets.
    Mais silence, là-dessus. La compétivité à tout prix reste, sans cela, un mirage.
  Revenir sur la critique de certains leurres, de certains mots détournés, comme la notion trompeuse de " charges sociales".
  Mais, paraît-il,  l'action de celui qui se dit jupitérien est rafraîchissante pour Mr Gattaz, qui se réjouit aussi des profits des entreprises..La financiarisation poursuit son cours.
    C'est le moderne retour de l'ancien monde...
___
L'enjeu de la fléxibilité
___________

       " Il s’agit d’un « projet de transformation du code du travail d’une ampleur inégalée ». Après trois mois de jeu de chat et de la souris avec les représentants des salariés et du patronat, la ministre du travail Muriel Pénicaud a cessé de se cacher derrière son petit doigt. Ce jeudi 31 août à midi, elle a présenté, aux côtés du Premier ministre Edouard Philippe, le contenu des ordonnances qui vont bouleverser les règles régissant les relations entre employeurs et employés en France.
     Les longues semaines de concertation plus ou moins sincère ont accouché de cinq ordonnances, courant sur 160 pages et mettant en musique 36 « mesures concrètes majeures » (elles sont disponibles ici). Leur objectif est on ne peut plus clair, selon la ministre : « changer l’état d’esprit du code du travail », afin d’assurer plus de « liberté », de « sécurité » et de « capacité d’initiative des entreprises ». Ce qui constituerait « une impulsion déterminante pour l’investissement et l’emploi en France ».
        Autrement dit, le gouvernement entend bouleverser la philosophie générale du code du travail, le faisant passer d’un texte pensé pour défendre les salariés face aux abus de leur employeur, à un outil de « sécurisation » des pratiques des chefs d'entreprise. Quelques minutes plus tôt, Edouard Philippe avait lui aussi vanté les mesures radicales présentées. Certes, « nous savons que le droit du travail n’est pas la première cause du chômage en France, en aucune façon », a-t-il concédé. Néanmoins, a-t-il assuré, « personne ne peut aujourd’hui soutenir que notre droit du travail favorise l’embauche », ni « qu’il protège efficacement et qu’il aide au développement des entreprises »."
        « Pour le patron d’une petite ou d’une moyenne entreprise ou pour l’investisseur étranger, le droit du travail tel qu’il existe est souvent perçu comme un frein à l’embauche et comme un frein à l’investissement », a persisté le premier ministre. Il contredit là une toute récente étude de l’Insee qui montre justement que les chefs d’entreprise pour qui les risques juridiques et les coûts d’un licenciement sont des barrières à l’embauche sont très minoritaires. Mais qu’importe.        Le principal est de coller à la vision du monde que le président Emmanuel Macron a justement détaillée le jour même dans Le Point, disant à quel point, « dans un monde très schumpetérien », il est « important de libérer le processus de “destruction créatrice” » dans le monde du travail. Et c’est à cette « libération » que s’est attelé le gouvernement. Une fois les ordonnances signées par le président et publiées au Journal officiel, puis ratifiées par le Parlement avant la fin de l'année, les salariés et les employeurs français vont entrer dans un nouveau monde, aux règles totalement bouleversées....
__________________________ ((A

Partager cet article
Repost0

Un juteux marché

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Chère, très chère santé.
                                 Aux USA, peu de domaines échappent à la loi du marché, à l''impitoyable règle du business pur et dur. 
     A chacun même de gérer ses propres soins avec ses propres deniers. Des mutuelles existent pour les plus favorisés, mais à des prix qui laissent plusieurs dizaines de millions de citoyens incapables d'avoir accès à certains service de soins, malgré l'Obamacare, dont les effets pourtant limités sont en train de s'estomper.

    La santé, c'est comme le reste. Elle a un prix. Et quel prix parfois! Du moins pour ceux qui peuvent bénéficier de soins médicaux, quels qu'ils soient.
    France 5 a eu la bonne idée de diffuser hier soir un document sur ce sujet, mettant en évidence la logique froide et parfois cruelle du fonctionnement de ce système de santé, qui ne connaît pas, comme dans les  autres pays industrialisés, une gestion publique basée sur le principe de la solidarité.
        "...En plus d'avoir le système le plus cher du monde nous avons une mauvaise espérance de vie, une mortalité infantile élevée et un nombre record de décès (dus à des causes évitables) » s’indigne le professeur et médecin Adam Caffney en insistant sur le fait que les « hôpitaux sont devenus des entreprises commerciales qui ne pensent qu’à optimiser leurs profits. » Ainsi, des « codeurs » sont chargés d’attribuer aux malades des codes qui permettent à l’hôpital de surfacturer les actes. Les puissants lobbys ne reculent devant rien pour empêcher le système de changer, et dépensent des millions pour arroser élus et laboratoires.

   Paul Gosar, représentant républicain de l’Arizona assène cyniquement :  « La santé, ce n’est pas un droit. Vous êtes ce que sont vos gènes, c’est à vous d’être responsables de votre santé, de ce que vous mangez, du sport que vous faites, de la vie que vous menez… en fait, ce n’est pas mon problème et tout le monde peut se faire soigner »Un « dernier filet de sécurité », qui s’appelle « Emtal » prévoit que « quiconque se présente à un service d’urgence doit être traité et stabilisé, qu’il soit assuré ou non ». Il oblige les hôpitaux qui reçoivent des fonds publics à donner les premiers soins mais un tiers des établissements ne l’appliqueraient pas. Et les assauts répétés de l’administration Trump finissent de fragiliser un système à l’agonie..."
         Chacun est responsable de sa santé comme de son statut social, de sa richesse, celle-ci étant méritée, comme la pauvreté aussi, au pays du self made-man.
    Le  projet de refonte initié par Benni Sanders ne se concrétisera pas, étant donné son retrait de la candidature et l'aile modérée des Démocrates n'est pas très décidée à faire campagne sur le sujet étant donnée la résistance attendue d'un partie du public aisé et du poids des lobbies.
        ___ Pour prolonger...
                                                ______________________________
Partager cet article
Repost0

A quoi sers-je?

Publié le par Jean-Etienne ZEN


Hommage soit rendu
A ceux et à celles qui sont dans l'ombre, sans lesquels une société ne pourrait fonctionner.
   Ceux que la crise a révélés.
Le personnel médical jusqu'à celles qui assurent le ménage en hôpital, indispensables, les aides soignantes en Ehpad ou ailleurs, les aides à domicile, etc...toutes les "petits mains" sans lesquelles une économie périrait.
A ceux qui assurent les poubelles, sans lesquelles les villes deviendraient invivables.
Les invisibles, les oubliés, les déconsidérés, les méprisés parfois.
Les mal payés  Ceux dont la fonction sera demain mieux reconnue, nous promet-on en haut lieu. (?)
Dans le contexte d'un nouveau contrat social. Rénové.

"...Les métiers les plus importants ne sont pas ceux qu’on croyait. Il y a une contradiction énorme entre la hiérarchie des salaires, de la reconnaissance sociale, d’une part, et l’utilité des métiers, d’autre part. Ceux qui sont au front sont certes des professions encore dotées de prestige, comme les médecins et les infirmières, mais il y a aussi en première ligne de nombreuses personnes qui appartiennent aux métiers du care (le soin et le prendre soin, les aides-soignantes, les aides à domicile, les auxiliaires de vie…), ou aux métiers de la vente, du nettoyage, du transport, de la production (les caissières, les livreurs, les transporteurs, les éboueurs…). Une partie de ces métiers sont l’objet d’une faible considération – on parle parfois de métiers peu qualifiés ou non qualifiés. Or, on s’aperçoit que ces activités sont aujourd’hui les plus importantes pour la vie et la survie de la société..."


_______________________
Partager cet article
Repost0

Des épidémies et des hommes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Chocs historiques.      

                         Si le phénomène que nous vivons est profond, durable et perturbant, s'il est capable de ralentir et de modifier la vie économique et sans doute politique, de la manière que nous observons, il n'est pas le premier.

    Mais nous oublions vite ces épisodes tragiques qui ont affecté l'histoire des hommes, pour ce que nous pouvons en savoir, et qui les ont laissés bien plus démunis que nous, subissant souvent l'événement, court ou durable, mais terriblement mortifère, comme une manifestation de puissances extérieures se déchaînant contre eux de manière punitive.

   Elles ont eu souvent des incidences importantes sur le cours des événements, dans l'histoire humaine, au point d'en modifier les données par ses conséquences ou de contribuer à remettre en cause un système établi, comme la peste justinienne, qui eut des conséquences profondes et durables. au niveau du cours des choses comme des croyances et des institutions établies.

               "..Malgré l’effondrement de sa partie occidentale sous la pression des Barbares au Ve siècle, l’empire romain perdure en Orient autour de Constantinople, la « nouvelle Rome ». Vers elle convergent les routes commerciales de la mer Baltique à l’Égypte nourricière, de la mer du Nord à la mer de Chine !

L'empereur Justinien promulguant le Code, Maître du Retable Beaussant, vers 1480, Paris, musée du Louvre.

Par la mer Rouge et l’océan Indien, les Romains se procurent des marchandises précieuses, soie et épices en premier lieu. Ils les paient avec l’or venu du sud du Sahara et cet or rejoint ainsi les chambres fortes du sous-continent indien. Seule la Perse sassanide fait entrave à ce fructueux commerce.

      Arrivé sur le trône en 527 à la mort de son oncle Justin, Justinien s’affirme rapidement comme un empereur à poigne. Soutenu par sa femme Theodora, il mate dans le sang la sédition Nika en 532. Il fait également compiler le droit romain du Corpus iuris civilis de 528 à 534, intégrant à la fois les anciennes lois et les plus récentes.

    En matière de politique extérieure, il conclut en 532 un traité de paix avec les Perses afin d’avoir les mains libres pour restaurer son autorité sur l’Occident romain.

    La reconquête est entamée en 533-34 en Afrique vandale, poursuivie avec l’Italie ostrogothique à partir de 535 et complétée plus tard, en 552, par la prise de la Bétique (Andalousie). Mais il doit en même temps affronter un ennemi autrement plus redoutable que les Perses et les Germains…

    La peste entre dans l’empire romain en suivant la route commerciale de la mer Rouge : elle se manifeste à l’été 541 à Péluse, sur le delta du Nil. Une fièvre s’installe puis des ganglions gonflent et les malades meurent très vite, provoquant un effet de sidération dans la population.

     Une fois à Alexandrie, l’un des carrefours de l’Empire, elle profite des rats embarqués sur les navires pour gagner les ports de toute la Méditerranée. Les puces commencent par s’en prendre aux rats du lieu, puis après quelques jours, une fois tous les rongeurs tués, elles s’attaquent aux hommes. La population n’a pas les moyens de se prémunir contre la pestilence alors même qu’elle en est informée.

   À court terme, l’empire byzantin semble surmonter la crise. Tant bien que mal, Justinien et son général Bélisaire parviennent à compenser les pertes dans l’armée pour mener à bien leurs entreprises militaires, mais la crise est aussi économique. Il n’y a plus d’argent pour payer les soldats et malgré une pression fiscale maximale, les impôts ne rentrent plus par manque de contribuables. En 553, Justinien est obligé d’effacer les impôts dus depuis l’épidémie. Aucun de ses successeurs ne parviendra à surmonter la situation : trop peu d’hommes pour gérer un empire trop grand qui ne parvient pas à réduire ses ambitions et s’épuise dans d’interminables guerres avec la Perse.

Saint Sébastien intercède auprès de Dieu pour conjurer la peste, Josse Lieferinxe, XVe siècle, Baltimore, Walters Art Museum.En effet, une fois la première vague passée, l’épidémie frappe de nouveau une vingtaine de fois en deux siècles, la dernière vague étant attestée en 750. L’auteur (inconnu) des Miracles de saint Demetrius décrit ainsi la situation catastrophique de Thessalonique en 597 : « Ni les bébés, ni les femmes, ni la fleur de la jeunesse, ni les hommes en âge de porter les armes et de servir la cité n’étaient épargnés par la maladie : seuls les vieux y ont échappé [sans doute avaient-ils été immunisés lors de la précédente épidémie] ». De nouvelles habitudes se prennent comme celle de fuir les villes : en 747-748, l'empereur Constantin V lui-même s’installe à Nicodémie et « télétravaille » au moyen de dépêches officielles.

   Au total, les estimations varient beaucoup mais le nombre de décès sur ces deux siècles se chiffre en millions dans un empire d'Orient qui devait alors compter environ trente millions d'habitants et ne plus en voir que la moitié à la fin du VIème siècle (un demi-millénaire plus tôt, à son apogée, l'empire romain pouvait avoir cinquante millions d'âmes).

    La peste et ses conséquences sur l’organisation administrative contribuent à distendre les liens entre la capitale et ses possessions, surtout en Occident. Le pape Pélage II ayant succombé à la maladie le 8 février 590, son successeur Grégoire le  Grand (590-604) organise en avril une grande procession contre le fléau, au cours de laquelle la tradition postérieure rapporte qu’il aurait porté une image de la Vierge attribuée à saint Luc.

    Dans un contexte de forte angoisse religieuse, il s’affirme comme le protecteur des Romains dont il gère aussi le ravitaillement, l’administration impériale – puisque Rome se trouvait encore théoriquement dans l’Empire – n’étant pas à même de le faire : l’épidémie contribue ainsi, indirectement, à l’affirmation de la papauté en tant que puissance territoriale.

    La peste frappe profondément l’Europe, jusqu’à l’Irlande, même si les sources sont bien moins nombreuses et ne permettent pas d’en évaluer la gravité. Elle fait un retour violent dans les années 660, en Angleterre à partir de 664 : l’archevêque de Cantorbéry Didier et le roi du Kent Earconberht succombent tous deux. Son influence sur les transformations sociales et économiques s’avère toutefois impossible à préciser en l’absence de sources précises, comme dans les régions.

   C’est toutefois plus à l’Est que les conséquences sont les plus profondes : la saignée humaine subie par les empires romain et perse les a laissés vulnérables face aux armées issues d’une des rares régions qui n’avait pas été touchée par la peste, l’Arabie. L’ascension fulgurante de l’islam et ses victoires militaires déroutantes de facilité ne peuvent être appréhendées en oubliant les ravages de la peste, même s’il n’est pas question de les réduire à ce seul aspect.

     Pourquoi la peste est-elle arrivée en 541 et pas avant, ou après ? L’hypothèse souvent retenue aujourd’hui lie cette date à la vague de froid des années 530 et 540, d’une intensité exceptionnelle. Elle est la conséquence d’une part d’une tendance de fond à un refroidissement du climat depuis la fin de l’optimum climatique romain, au milieu du IIème siècle, et d’une éruption volcanique colossale survenue en 536 et peut-être d’une seconde en 539 ou 540.

     Les chroniqueurs notent la disparition du soleil en 536 et les analyses dendrochronologiques confirment que les dix ans qui suivirent cette année furent les plus froides de notre ère. Le lien entre ces conditions climatiques et l’épidémie de peste est très vraisemblable mais n’est pas établi avec certitude : les rongeurs ont-ils modifié leurs habitudes en raison des conditions climatiques ? Se sont-ils multipliés parce que les pluies intenses de ces années avaient accéléré la croissance de la végétation ?

     Quoi qu’il en soit, le climat plus froid et humide a aggravé les effets de la peste justinienne : il a occasionné une forte baisse des récoltes, notamment en Italie, et occasionné des disettes qui, en affaiblissant les organismes, les ont rendus plus réceptifs à la maladie...."

                                                         _______________________________________

Partager cet article
Repost0

Ne m'appelez pas Président

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Dites Docteur.
                         Docteur Donald.
   Homme d'Etat de première grandeur, fin spécialiste en coronamachintruc et gestionnaire avisé des affaires publiques. The best of the World!
    Tout le monde sait ça.
On devrait écouter davantage celui que Dieu a envoyé, comme Moïse, pour le salut de son peuple.
 Et ses conseils éclairés en remèdes magiques, dignes des grands médecins de Molière.
Ce n'est pas ma réélection qui m'obsède, tout le monde sait ça!
 Je change souvent d'avis, passant d'un extrême à l'autre, mais c'est le propre des génies de savoir se remettre en question. Se confiner ou pas...faut voir.
       America first ou pas first? That is the question..
    En tout cas, en phase avec la droite, voire l'extrême, la vraie Amérique. Au boulot, quoi qu'il en coûte!
   Les inégalités sont dans la nature des choses et , selon la loi du ruissellement, disparaîtront quand les riches seront encore plus riches. C'est une évidence. Foi de Donald!
   Seul Bolsonero fait mieux, ainsi que Pinera. Ils ont juste un peu plus d'audace.
                  God bless América!
______
                                               
     De mauvaises langues prétendent que " A partir de 1900 et pendant plus d’un siècle, l’espérance de vie a progressivement augmenté aux États-Unis. Mais curieusement, depuis 2014, elle est en recul. Alors qui meurt et pourquoi ? Ce sont les deux questions que se sont posées Anne Case et Angus Deaton (lauréat du prix Nobel d’économie en 2015), un couple d’économistes de l’université de Princeton. 
     Dans Deaths of Despair, ils montrent que ce déclin de l’espérance de vie ne concerne en réalité qu’une catégorie bien précise de la population américaine : les hommes blancs, d’âge moyen (45-54 ans), peu instruits. Et de quoi meurent-ils ? De « désespoir ». Chez eux, on observe en effet une forte augmentation du nombre de suicides et de morts liées à une surdose de médicaments ou à l’abus d'alcool. Rien qu’en 2017, 158 000 Américains seraient ainsi « morts de désespoir ».
    À l’origine de leur accablement, un sentiment de déclassement nourri par la baisse de leur pouvoir d’achat et la précarisation croissante de leurs emplois. Et cela, alors même que la situation des diplômés s’améliorait sensiblement. Tout comme celle des Noirs et des Latinos. « Mourir de désespoir n’est pas qu’un phénomène américain. La même chose s’est produite en Russie, après la chute du communisme […], de telles morts résultent de la dissolution des structures sociales qui conféraient un sens à la vie des gens. Mais les États-Unis sont peut-être particulièrement vulnérables à ce genre d’événements, en raison de l’individualisme prégnant et d’une certaine tendance à associer réussite économique et prestige social », analyse l’économiste britannique David Canning dans la revue Science.
    Se sentant exclus du rêve américain, les « petits Blancs » trouvent une consolation dans les paradis artificiels, expliquent les auteurs. Et la défaillance du système de santé américain a tôt fait de transformer leur désespoir en catastrophe sanitaire, comme en témoigne la récente crise des opioïdes. « La colère de Case et Deaton cible essentiellement le secteur de la santé, qui non seulement donne de mauvais résultats mais en plus coule l’économie américaine. Nos dépenses de santé par habitant sont deux fois plus élevées qu'en France, mais notre espérance de vie est inférieure de quatre ans, nos taux de mortalité infantile et maternelle sont près de deux fois plus élevés et, contrairement à la France, il y a chez nous 30 millions de personnes qui sont dépourvues d'assurance maladie », pointe la biologiste Helen Epstein dans The New York Review of Books. (Pauline Toulet)
                                                             ____________________

Partager cet article
Repost0

Finances et économie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Quelques notes de lecture
                                       On peut considérer l'argent comme un moyen ou comme une fin. 
     Comme le capital nécessaire pour investir et se développer, comme un outil indispensable, propre à créer de nouvelles richesses. Mais le processus de production peut prendre des chemins périlleux où l'argent va d'abord à l'argent.
    Depuis les années 70, mais surtout 90, le capital financier, qui se mondialise, se sophistique, s'autonomise de plus en plus, prend une place prépondérante dans la sphère de la  production. Au point que celle-ci devient une fin"secondaire", priorité étant à l'enrichissement sous toutes ses formes.
  La spéculation l'emporte sur l'investissement, la production à long terme et la redistribution.
    Les grandes entreprises ne sont plus d'abord soucieuse d'investissements productifs, de développement économique d'un pays, elles sont mues par d'autres objectifs, les pouvoirs de décision se situant en dehors de la sphère de la production, les actionnaires de toutes sortes, privés ou ou institutionnels, prenant de plus en plus un pouvoir de décision. Cette hégémonie se manifeste par l’importance de la valeur actionnariale dans les discours des dirigeants, le développement excessif d'un système bancaire toujours plus pantagruélique et dérégulé, mettant régulièrement en péril l'économie toute entière, comme on le voit à chaque grande crise.
    Selon wiki, L'usage intensif d'opérations à « effet de levier » et à « transfert de risques » n'a pas manqué de soulever quelques critiques:
  C'est d'abord le paradoxe de vouloir faire du « capitalisme sans capital » qui est pointé. Un montant de capitaux propres insuffisant ou trop "ajusté" peut faire peser un risque excessif sur le projet ou sur l'entreprise financés de la sorte.
Par effet de chaîne ou de dominos, sur l'ensemble de l'économie, leur emploi important et simultané par toutes les entreprises d'une filière économique de premier plan créent un risque systémique majeur . En effet, en cas de mauvaises affaires, le rôle des capitaux propres comme « matelas de sécurité » de l'entreprise n'est plus assuré. Il ne reste alors d'autres solutions que la faillite, l'intervention publique ou, dans le meilleur des cas, la reprise par une autre entreprise ou d'autres investisseurs.
  Par ailleurs le recours à des montages financiers de plus en plus sophistiqués et à la dissémination des risques via des instruments financiers complexes et composites ( en application notamment des pratiques de titrisation ) accroit l'opacité des transactions et font perdre aux systèmes d'informations leurs qualités intrinsèques (transparence, intégrité, exhaustivité..). La crise des subprimes a fourni l'illustration pratique d'un tel brouillage de l'information et de la difficulté à situer clairement la nature et le montant des risques pesant sur les portefeuilles et leurs détenteurs....

        L’économie est de plus en plus centrée sur la finance. Un phénomène qui est composé d’une panoplie de mécanismes parfois très complexes, mais dont les incidences sur l’économie telle qu’elle nous apparaît au quotidien est devenue préoccupante."
         Une petite présentation ludique et simplifiée peut aider à comprendre ce phénomène répétitif, complexe, mais assez "logique" dans ses grandes lignes. Actuellement, le processus est caractérisé par une sophistication qui masque très souvent un phénomène finalement assez simple mais ravageur, surtout si on se réfère aux premières crises, à Venise ou à en Hollande, ou même encore à celle de 1929, qui ruina pour longtemps la machine économique, pas seulement aux USA.
       ______ La crise de 2008 a mis en lumière l’hégémonie de la pensée financière dans le management des entreprises. Cette hégémonie se manifeste par l’importance de la valeur actionnariale dans les discours des dirigeants et par la multiplication des indicateurs de performance financière (marge opérationnelle, rentabilité des investissements, rentabilité des capitaux propres).

       Une majorité de travaux explique cette « colonisation » de la financiarisation par des mécanismes macroéconomiques (comme la désintermédiation bancaire) et par l’évolution des structures actionnariales des grandes entreprises au profit d’investisseurs institutionnels. Les fonds d’investissement imposent, par exemple, des objectifs de rentabilité plus élevés et l’augmentation de la part des dividendes versée aux actionnaires..."
       "Le néolibéralisme, dogme idéologique dominant depuis les années 1980, aurait grandement miné l’État-providence et, plus particulièrement, sa capacité à redistribuer les richesses, ainsi que sa fonction régulatrice (donnant libre cours aux marchés), tout en contribuant à «l’écroulement des oppositions organisées... Ces transformations ont aussi mis fin au régime de croissance d’après-guerre (le fordisme), reposant sur «quatre piliers institutionnels principaux: le rapport salarial fordiste [partage négocié des gains de productivité], des politiques économiques actives […], l’État-providence [et] des systèmes financiers administrés», tous censés contenir la croissance des inégalités de revenu.
       «Les nouvelles politiques économiques remettent en question le compromis capital/travail antérieur, en créant un rapport de force favorable aux entreprises et aux détenteurs du capital financier.» Les objectifs du capitalisme actionnarial modifient aussi le fonctionnement de l’économie puisque les investisseurs ont maintenant le dessus sur les managers, les premiers devant «maximiser la valeur des participations financières et organiser un système de contrôle externe destiné à inciter les dirigeants des entreprises à satisfaire les objectifs des actionnaires»."
      D'où le risque permanent d'implosion...
        Le cannibalisme financier a pris le pas sur la production dans l'intérêt collectif et la répartition équitable des ressources financières.  La richesse comme dit Stiglitz est devenue une fin en soi, cette tendance provoquant pertes d'emplois et creusement des inégalités d'une ampleur inédite et accélérée.
                    Le capitalisme financiarisé devient toxique, créant des conditions pour s'autodétruire.
       Le court-terme et l'avidité spéculative tendent à prendre le pas sur la vision à long-terme, l'investissement utile, le bien de tous, l'Etat abandonnant peu à peu son rôle de régulateur et de redistributeur, au nom des sacro-saintes lois du marché.
______________________
Partager cet article
Repost0

Des animaux et des hommes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Ils nous étonneront toujours...
Proches ou lointains, domestiques ou sauvages...
Etonnants rapports que ceux que nous entretenons par le biais du langage avec le monde animal, finalement si peu connu. Pour le meilleur et pour le pire..Des rapports ambigus où l'anthropomorphisme et la fantaisie règnent en maître, mais parfois avec un brin d'observation et de bon sens mêlé à un imaginaire immémorial.
Pas si bêtes, les bêtes...
D'Ormesson s'est bien amusé...

«Myope comme une taupe», «rusé comme un renard» «serrés comme des sardines»...  les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.

    La preuve: que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l'autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.
     Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là , ... pas un chat !
    Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.
Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l'a certifié: cette poule a du chien, une vraie panthère
   C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.
   Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.
  Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu'une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine.
Une vraie peau de vache, quoi !
Et vous, vous êtes fait comme un rat.
Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe.
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l'âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l'envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c'est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.
 C'est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce.
  Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d'ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.
  Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence.
  Après tout, revenons à nos moutons: vous avez maintenant une faim de loup, l'envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d'autres chats à fouetter."

     _________________
De tuer les animaux à tuer les hommes il n'y a qu'un pas, tout comme de faire souffrir les animaux à faire souffrir les hommes. (Léon Tolstoï)   ______________
Partager cet article
Repost0

Vie de cochon

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Et tours de cochon
                       Selon le dicton,
                                            Tout est bon dans le cochon.
                                                     Républicain ou non.
                                                          Même dans l'Orégon....
Jambons, saucissons, rillons ou filet mignon, quelle dégustation!
    Au restau comme à la maison.
Mais son sort est parfois cochon.
  Pas toujours bon d'être un cochon.
    Ce n'est guère folichon.
     Quels cons! ces patrons...
        Optimisons le cochon!
             Dur, dur  d'être cochon!
Pourtant, l'est pas con, le cochon.
   Et pas si sauvageon.
     Il a même le coeur très bon
       A Tarascon ou à Cholon.
         Que serions-nous sans le cochon,
            Qui enchante filles et garçons? 
              Même s'il est souvent grognon.
                 Dites-le-moi, mais pour de bon...
__________

  Se passer de cochon? Non, c'est trop bon.
          Mais...          Pía Spry-Marqués est une jeune femme ayant grandi à Madrid avant d’élire domicile en Grande-Bretagne où elle obtient un diplôme en archéologie de l’université de Cambridge. Son objet d’étude ? Le porc à travers les âges, du paléolithique à nos jours. Ou plutôt, comme l’indique le titre du livre qu’elle vient de publier outre-Manche, comment le porc devient du cochon. Elle se souvient de ses années madrilènes, lorsque son seul contact avec l’animal se faisait lorsqu’il était déjà mort et transformé : sur les étals des bouchers, ou dans les restaurants où pendaient de formidables jambons de Pata Negra et Cie, raconte le quotidien The Independent.
           Aujourd’hui, elle a changé d’avis : elle trouve toujours les porcs formidables mais parce que, selon elle, il s’agit d’animaux sensibles, sociables et intelligents. Ils devraient être nos « meilleurs amis » plutôt que de remplir notre panse, dit-elle. A cela s’ajoute la surproduction dans des conditions de plus en plus dégradantes pour l’animal. Du coup, elle a arrêté d’en manger. « J’adore le jambon ibérique, j’adore le chorizo. Mais cela ne peut pas justifier ce que nous faisons aux cochons », conclut-elle. 
__________________ 

 

Partager cet article
Repost0

A votre santé

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Une priorité.
                      Nous sommes en train de le redécouvrir crûment. IL faut une crise d'ampleur mondiale pour revenir aux fondamentaux. Nous avons manqué de prévision, malgré les avertissements répétés et nous avons négligé les moyens.
      Le grand corps malade a repris de la vigueur. Par nécessité. Mais à quel prix? Avec les moyens du bord, Parfois avec des bouts de ficelle. Au début sans masques  et les moyens manquent encore. Il ne suffit pas de se dévouer corps et âme, il aurait fallu un peu de prévoyance, moins de gestion à la petite semaine, moins de comptabilité à courte vue pour "faire des économies". Nous le payons cher.
   Repenser la santé publique, au niveau international aussi, est une urgence. Le pilotage de l'OMS a  montré ses limites. Les virus ne connaissent pas les frontières.

     Sophie Crozier, qui exerce sur le terrain, n'a pas de mots assez forts pour dénoncer les carences organisées qui ont affecté le système de soins français, particulièrement le système hospitalier, dont le fonctionnement et la logique d'organisation désespèrent les meilleurs praticiens, du haut de l'échelle au plus bas échelon, de l'aide-soignante au chirurgien confirmé, qui ne peuvent ouvrer efficacement que dans une étroite collaboration
   . La crise sanitaire révèle encore toutes ces défaillances depuis longtemps dénoncées mais ignorées des gestionnaires surtout tournés vers des objectifs de rentabilité, au nom de la sacro-sainte doctrine libérale. Nous en payons le prix.
   L'empathie ne suffit pas. Il faut encore être efficace et pour l'être il faut des moyens et aussi une autre organisation, des équipes soudées et stables, considérées et (aussi) mieux payées. Le salaire d'un infirmière en France est dans les derniers d'Europe.
   Pas de médecine sans moyens. Mais pas de comptabilité à courte vue.  La vie avant la bourse. Une question de priorité morale mais aussi de simple bon sens.
                                                _____________________________

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 5 > >>