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Survol

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Pas de bol pour les chauves

__ Vers une médecine uberisée?

 

Arrestation à la texane.

__ Quelle police?

__ Pandémie et surveillance

__ La bise: le retour?

__ Des soignants à soigner

__ Parce qu'il était noir...
                     Terrible routine. Le passé ne passe pas.  Constat accablant.
       Une injustice profonde, malgré Black LIves Matter
        . Rien ne change vraiment.
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USA: cry and pray

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Déni de démocratie
                                Jamais sans mon colt, ou mieux, sans mon AR-15!  Le top.

    Au pays de la liberté, le Deuxième amendement donne le droit d'avoir une arme pour une auto-défense enracinée dans l'histoire violente du pays. Que serait un citoyen sans arme(s)?
  Même plusieurs, même des fusils d'assaut. Cela varie avec les Etats, comme la réglementation, parfois purement formelle.
  Si  quelqu'un appuie sur la gâchette et détruit des vies, ce n'est pas l'arme qui tue, répète-t-on.
      On n'y peut rien, c'est la fatalité, c'est le prix de la liberté . Et la liberté est bien défendue avec 300 millions d'armes à feu pour 318 millions d'habitants, inégalement réparties il est vrai.
                       Cry and pray. Il n'y a qu'à pleurer et prier.
    C'est chaque fois pareil, chaque fois qu'il y a une tuerie de masse ou des mort d'enfants imprudents avec les joujoux de papa. Le routine. Celle d'un grand corps malade.
  On attend la suivante ou on verra plus tard...
     Le Président n'est que légèrement embarassé, mais Donald sait se recueillir et prier. C'est pour lui une affaire diabolique, c'est le mal absolu  Et le Mal est inévitable. Il frappe là où il veut. Ou peut-être une catastrophe naturelle?
    Les puissants lobbies des armes n'y sont pour rien. Ils font leur travail, les yeux souvent fermés, et le business est juteux, à l'intérieur comme à l'extérieur.
 Le jeu continue autour des machines à $ de Las Vegas, cet ancien marécage devenu marigot à crocos (Les casinos gagnent en moyenne 9 milliards de dollars par année. ) La ville de tous les superlatifs a encore gagné une étoile.
             La civilisation, elle, attendra...
  Les réformes réclamées par les anti-guns sont une douce utopie. Les plus résolus s'y cassent les dents. On ne change pas un peuple sur-armé si facilement, dans un pays où il y a plus de marchands d'armes que de de librairies. On peut faire son e-marché et les foires aux flingues abondent.
  Malgré la tuerie à la mesure de la folie de la cité des flambeurs, ce n'est pas le moment  de changer quoique ce soit  des habitudes ancestrales, qui n'ont fait que se renforcer et se sophistiquer. L'heure est au recueillement. Toujours le même discours.
    En attendant on autorise les silencieux, on permet aux handicapés mentaux de faire joujou , on peut même se procurer un bazooka ou un lance-flammes. On n'arrête pas le progrès. John Wayne n'en serait pas revenu...
     La police a pris des leçons. Les enfants aussi.
        Les plaies sont profondes. L'addiction est grande, mais bien entretenue par des intérêts qui ont leurs relais politiques généreusement soutenus.
   Qui osera amender le fameux amendement, qui a permis de tuer Luther King, les frères Kennedy, d'autres présidents et tant d'autres citoyens...?
   L'alibi du 2° amendement risque d'avoir encore de beaux jours devant lui ainsi que la bonne conscience d'une majorité de fans.  Business as usual.
                 - .C'est dans  l' air..

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Bas de laine

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

C'est décidé, je vais le vider
                                         Je ne vais pas laisser un Ecureuil croquer mes noisettes ,patiemment accumulées, à la sueur de mon front.  Avec la crise, l'épargne populaire peut en prendre un coup, pas seulement au niveau des taux de rémunération.. Sûr qu'on ne fera pas payer les évadés fiscaux ou ceux qui peuvent s'acheter un troisième yacht; pour ne pas faire fuir les capitaux, donc les investissement, comme ils disent. La sur-richesse ne sera que peu touchée, si elle l'est. Dans certains secteurs, la crise aura même été profitable.


       ...Comme la lessiveuse cachée dans la remise, je vais la vider. J'en garderai un peu sous le matelas, au cas où...Rien que les frais d'obsèques, ça coûte un bras.
  Je vais m'acheter la Harley de mes rêves ou la Rover qui me tente. Las! ce ne sont pas des marques françaises. Ça ne créera pas de l'emploi chez nous. Mais combien de produits industriels made in France intègrent dans leur fabrication des composants venus d'ailleurs?
   Au nom d'un principe bien américain selon lequel un mauvais consommateur est un mauvais citoyen, je vais acheter français et dépenser un max. Comme suggéré: La ministre du travail a appelé vendredi les Français à « ressortir » et à « consommer » les 60 milliards d’euros « mis en épargne » pendant le confinement, afin de « faire repartir » l’activité....
  Acheter français, ils ont dit. Montebourg en tête. Mais quoi?
      Le patriotisme économique ne se décrète pas, mais l'Etat stratège peut réorienter bien des choix, comme on en prône l'exigence en cette période de crise profonde. Verbalement pour le moment.
   La monnaie est faite pour circuler, pour irriguer l'économie, comme le sang pour l'organisme.
Thésauriser est un facteur de stagnation ou de régression à l' échelle macroéconomique.
 Même si un grand nombre de personnes n'ont pas les moyens d'avoir même une épargne de précaution ou si le conditionnement marchand pousse en permanence à surconsommer, jusqu'à l'endettement permanent, jusque dans certains milieux pourtant favorisés. Sans parler de l'argent qui dort dans les paradis fiscaux et celui qui se perd dans les marais de la spéculation boursière internationale.
    L'épargne des Français est une des plus importantes, ce qui n'est pas sain pour l'économie, surtout en cette période, où la relance devient priorité nationale. Comme à certaines périodes, il serait bon que l'Etat, puisqu'il se reproclame "providence", stimule des emprunts garantis mieux rémunérés pour  favoriser l'investissement là où les besoins sont les plus urgents, les plus nécessaires pour l'avenir. .L'argent qui dort ou qui spécule n'a jamais garanti la richesse d'une nation.
   L'investissement productif maîtrisé est une urgence, au lieu d'abandonner des pans entiers de notre économie aux capitaux volatiles internationaux, qui asservissent et affaiblissent le pays à terme. Ce qui suppose de revoir le modèle économique ultralibéral qui sous-tend les dérives et les asservissements constatés et les effets négatifs d'une mondialisation sans contrôle. Réassigner de nouveaux objectifs que commandent les urgence planétaires en matière d'écologie bien comprise, en reconsidérant la question des valeurs, qui ne sont pas que marchandes, quantitatives.
   Nous sommes à l'heure des choix. Les proclamations de tribune ne suffiront pas. Même de gros pansements ne suffiront pas à eux seuls à guérir les plaies profondes que la crise révèle.
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Chers médicaments

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Echos des labos 
                     Les laboratoires pharmaceutiques, du moins les plus grands, ne sont pas dans le besoin.
Loin de là
   Le prix des produits qu'ils diffusent peuvent même atteindre des sommets. Au frais de la collectivité. Sans contrôle suffisant, parfois seulement a posteriori et tardivement, avec une neutralité souvent problématique. Pas toujours dans notre intérêt, comme on s'en aperçoit souvent trop tardivement.
    La santé serait-elle un business, dans un marché comme un autre?  Les laboratoires pharmaceutiques font trop souvent la loi et ne sont pas toujours prêts à rendre des comptes. Que l'on songe à l'affaire du Mediator ou de l'affaire Merk
    Une mine d'or pour les plus grands, d'autant plus que l'efficacité de très nombreux médicaments est régulièrement mise en cause. Le prix exorbitant de certains blockbusters défraie régulièrement la chronique.
     Pour quelle efficacité? La question mérite souvent d'être posée.
         La santé publique  n'est pas toujours la préoccupation dominante. Le professeur Grimaldi dénonce ...le mélange entre santé publique et business. La logique commerciale pousse les laboratoires à se positionner sur des marchés, comme si les produits en question étaient des marques de lessive. L’industrie est guidée d’abord par un impératif de rentabilité. Résultat : si le volume de vente est limité, les prix sont exorbitants, quel que soit le prix coûtant. Ce n’est que si le marché est très large qu’on peut espérer des prix plus bas. C’est la rentabilité pour les actionnaires qui détermine les prix !
 Il cite en exemple les traitements contre la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge). Au départ, il y a un grand progrès thérapeutique qui permet de lutter contre la cécité. Et ce grâce à deux molécules, à l’efficacité strictement identique. L’une est le Lucentis de Novartis, l’autre l’Avastin de Roche. La seule des deux à avoir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) est le Lucentis, qui se trouve être 20 fois plus cher que l’Avastin. Pourquoi ? Parce que ces deux laboratoires ont un actionnariat commun et que Roche, du coup, n’avait pas demandé que l’Avastin soit autorisé dans le traitement de la DMLA. Après des années de polémique, une autorisation temporaire d’usage (ATU) vient enfin d’être donnée à l’Avastin....
    Des médicaments trop chers et pas toujours utiles, selon Médecins du monde.
        De plus, les laboratoires pharmaceutiques savent arroser les médecins.
   Les dessous de cette industrie hors du commun ne sont pas toujours avouables.
      Le lobbying qu'elle pratique jusque dans les institutions d'Etat ou à Bruxelles est maintenant bien connu, malgré les enquêtes et les dénonciations.
  Le problème de l'information et du contrôle d'Etat est encore à définir et à imposer, en dehors de tout conflit d'intérêts.
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   - Que les labos ne soient plus hors de contrôle.
   - « Cadeaux », rémunérations... comment l’argent des laboratoires irrigue le monde de la santé
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La royauté...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

N'est plus ce qu'elle était..
                       Il fut un temps (trop long selon certains coupeurs de tête) où le roi, c'était quelqu'un .
        Au-dessus du lot commun, légat de la divinité, oint du Seigneur. On y croyait. Il guérissait même des ecrouelles, disait-on. On s'abaissait à son passage, il était comme le père du bon peuple, qui priait pour lui tous les dimanches. Ciment du pays, il avait en ses seules mains la destinée de ses sujets sur toute affaire, même pour la guerre. Avec lui, on savait où on allait. Il montrait la voie. Et s'il ne vivait pas de peu, comme disait Rousseau, du moins c'était dans l'intérêt de ses ouailles, certains étant favorisés plus que d'autres, mais cela faisait partie d'un ordre sacré.


    Aujourd'hui, tout part en quenouille. On a mis en place des assemblées querelleuses, tout le monde se croit souverain, même les enfants sont rois...
   Quant à ce qui reste de la royauté, c'est triste à dire, mais c'est devenu de la pacotille, des traces fossilisées, des ruines vivantes, des décors usés...mais des bons sujets à la une de Gala. 
   Il en reste des traces encore en Europe, qu'on sort de temps en temps pour montrer aux gens devenus citoyens, comment ils sont grands et combien ils ont de la chance qu'on les incarne encore ainsi, même si ça coûte un bras pour les finances publiques.
  Certains monarques se tiennent bien, se contentant de tricoter pour les pauvres danois ou de faire quelques sorties officielles pour servir de décor au pays de Belgique, tout chamarrés de médailles qu'ils n'ont jamais gagnées. C'est assez fatigant pour eux, mais en revanche on les laisse tranquilles dans leurs châteaux où ils se livrent aux loisirs qui leur plaît, le golf où la chasse au lion en Afrique.      Mais l'ennui gagne vite les illustres familles et on sait que l'oisiveté engendre bien des dérapages. 
      Certains, estimant leurs passions trop faibles font dans le business, comme à Monaco, et ne s'en cachent pas. Pour d'autres, à Westminster, les frasques sont régulières et amusent le peuple qui aime les gros titres sur papier glacé mais suscitent l'ire de la reine, qui a beaucoup à faire avec ses chevaux. D'autres, c'est plus choquant, font des opérations plutôt frauduleuses, comme celui que Franco a désigné comme son successeur, qui a été pris la main dans le sac, comme un vulgaire malfrat. Ce n'était pas la première fois qu'on le montrait du doigt en son pays...
     ___Pour construire des châteaux en Espagne, il faut de l'argent. Beaucoup d'argent...Alors pourquoi se gêner quand on a des loisirs et une conscience morale et politique si émoussée?  C'est toute la famille qui a contracté de "mauvaises habitudes", sans doute à cause de papa, aux moeurs à géométrie variable. Certains font ça discrètement, avec plus de talent. Lui fait tout pour se faire remarquer.
  Le peuple espagnol, en ces temps si affaibli, va-t-il suggérer à notre pays de lui prêter gentiment l'appareil qui a servi à raccourcir, un jour mémorable, un certain Capet, et qui rouille au fond d'une remise?. 
    Encore une page à sensation dans Voici peut-être en vue. Veremos!
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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Allemagne: hier et aujourd'hui
                                      Le retour sur le passé, proche ou lointain, n'est jamais inutile pour comprendre le présent, du moins en partie et dans certains de ses aspects et ses lignes de force.
      Les dernières élections allemandes, qui ont vu la montée d'une contestation surtout d'origine des Länders de l'ex-Allemagne de l'Est, est à analyser à la lumière des conditions dans lesquelles s'est effectuée la réunification allemande, dont certains analystes reconnaissent que, bien qu'inéluctable, elle aurait pu se faire d''une autre manière, plus réfléchie, plus progressive moins brutale.
     Les traces économiques, culturelles et politiques de ce passage au forceps sont loin d'avoir disparu et on a oublié les rapports de forces géopolitiques de l'époque.
       La volonté de privatisation rapide et massive de l'Est et le démantèlement brutal des structures productives ont créé les conditions d'un ressentiment d'une partie de la population, touchée au plus profond de son identité qui s'était construite depuis la fin de la guerre, malgré l'attraction créée par l'autre côté du Mur.
  On a oublié aussi l'inquiètude de l'époque dans  les pays voisins européens, dans un climat de tension assez forte.
     Le succès de l'opération fut mitigé, avec une série d'erreurs, chères payées, dont le poids financier ne retomba pas que sur Bonn..
  La réunification fut jugée totalement asymétrique:
  ...la privatisation de l’économie est-allemande via un organisme spécialisé le Treuhand, dont la gestion ne fut pas exempte de diverses dérives. Plutôt que d’assainir dans la durée les entreprises publiques concernées, on les dépeça : 85% d’entre elles furent acquises par des Allemands de l’Ouest qui en prirent les commandes, y compris pour les liquider au plus vite ; 5% par des Allemands de l’Est. Des millions de kilomètres carrés de forêts et de terres arables furent de même cédées à très bon marché. Selon une plaisanterie répandue en ex-Allemagne de l’Est : « Les évènements de 1989 ont été une vraie révolution. Pourquoi ? Bah, Marx avait bien dit que la révolution mènerait à un bouleversement des rapports de propriété »
    Le Treuhand aux commandes, les bilans furent contrastés, les décisions souvent opaques, les pratiques parfois douteuses.
    Un  bilan mitigé, en tous cas. La polémique sur les modalités de la transition, qui fut une vraie déchirure, bien qu'atténuée aujourd'hui, n'est pas éteinte et il reste beaucoup à comprendre pour les historiens sur l'événement qui reconfigura l'Europe..La crise de l'euro aurait là une de ses origines importantes selon le journaliste allemand W.Münchau
Très coûteuse, la réunification allemande a imposé des déficits à l’Allemagne, et l’euro était une monnaie trop forte pour elle au moment où elle l’a adoptée, ce qui a suscité sa marche forcée vers la compétitivité pour essayer de compenser. Mais ce faisant, elle a gagné une productivité hors norme qui l’a coupée des autres pays européens et a contribué à renforcer l’euro, et c’est cet euro trop fort pour les pays de la périphérie de la zone qui a été le creuset de la crise de la dette.
       Les écrivains furent  plutôt partagés sur le sujet.  On se rappelle comment le romancier Gunter Grass, lui, ne fit pas dans la dentelle. 
          Les relations franco-allemandes  ne furent pas simples à l'époque et la diplomatie américaine joua un rôle déterminant sur les orientations de Bonn. 
      Les conséquences sur l'économie européenne ne furent pas nulles:
  Le coût de la réunification estimé à 1500 milliards d’euros explique en partie pourquoi l’Allemagne est aujourd’hui réticente à aider les pays du sud de l’Europe. Cependant, c’est l’Europe entière via le jeu des monnaies qui a subi l’ajustement allemand. Les fortes dépenses qui suivirent la réunification ont provoqué une forte inflation (5,1% en 1992), la Bundesbank a alors décidé unilatéralement de remonter son taux directeur à 9,5% pour freiner l’inflation. Or, la stabilité des taux de change faisant partie des conditions requises pour la création de l’euro, les Européens n’eurent d’autre choix que de faire de même. La remontée des taux entraîne une asphyxie de la croissance, et une augmentation du chômage (10% en 1993). La réunification suivie de la politique monétaire non coopérative allemande expliquent en partie la stagnation économique européenne du milieu des années 1990.
   Ajoutons que ce fut un atout pour l'industrie que cette ouverture vers un Hinterland économiquement favorable, du point de vue salarial comme de l'ouverture vers les anciens pays frères.
      La monnaie unique fut donc une chance pour Berlin, confronté à des défis de grande ampleur, mais qui furent finalement l'occasion de rebondir sur de nouvelles bases élargies, comme l'indiquait l'économiste allemand Wolfgang Munschau" Le résultat a été que pendant toute une décennie les politiques économiques allemandes se sont concentrées sur sa propre compétitivité par rapport aux états tiers plutôt qu’à un renforcement de la zone euro dans son ensemble. Et ceci a été la cause majeure de la crise"."
    Ce fut l'origine d'une mutation ambigüe.
         L'analyse que fait aujourd'hui Vladimir Giacché est particulièrement éclairante sur cette période déjà presque oubliée:

                  Vladimiro Giacchè est un économiste italien, actuellement président du Centre de recherche européenne de Rome. Fin connaisseur de l'Europe et de l'Allemagne, il est l'auteur d'un ouvrage original et riche sur la réunification allemande, Le second Anschluss – l'annexion de la RDA(édition Delga, 2015). Alors que l'Allemagne vient de voter dans le cadre d'élections législatives dont les résultats fragilisent Angela Merkel et quelques jour après le vingt-septième anniversaire de l'unité du pays, il a bien voulu répondre aux questions de L'arène nue. 
               "Les résultats des élections législatives en Allemagne ont révélé de profondes divergences entre l'Ouest et l'Est du pays. Dans l'ex-RDA, le parti AfD fait 21,5 %, et est arrivé second. Die Linke y a réalisé ses meilleurs score (16 % contre 9 % au niveau national). J'imagine que vous n'en être guère surpris. Comment l'expliquez-vous ?

___Aucune surprise, en effet. C’est la conséquence d’un pays qui reste toujours divisé vingt-sept ans après son unification, en même temps que d’un accroissement des inégalités sociales ces dernières années. Un citoyen qui vit en Allemagne de l’Est a deux fois plus de chances d’être chômeur que s’il vivait à l’Ouest. Et lorsqu’il travaille, il perçoit un salaire inférieur de 25 % à ce que perçoit un travailleur de l’Ouest.
     Cela n'a pas grand chose à voir avec l’incapacité supposée des Allemands de l’Est à travailler (car oui, cet argument a parfois été avancé). C'est au contraire lié aux modalités de l’unification allemande. C’est lié au fait qu’à la nécessité de réaliser rapidement l’unité politique, qu’à la nécessité idéologique de supprimer complètement la RDA, ont été sacrifiées des exigences économiques élémentaires, en particulier celle de sauvegarder autant que possible l’industrie et les emplois des citoyens de l’Est. On a pratiqué la politique de la tabula rasa, en établissant le taux de change à un contre un entre le mark de l’Ouest et le mark de l’Est. Ce faisant, on a mis l’industrie de la RDA hors-jeu. Par ailleurs, l’ensemble du patrimoine industriel de l'ex-RDA a été confié à une société fiduciaire, la Treuhandanstalt, qui l’a liquidé, créant instantanément des millions de chômeurs. Il est beaucoup plus facile de fermer une industrie que de la reconstruire. Mais depuis, on s'est hélas rendu compte que lorsqu’on désindustrialise un pays (la désindustrialisation de la RDA n’a aucun autre exemple en Europe en période de paix) les conséquences peuvent durer des décennies, sinon des siècles. Le «Financial Times Deutschland» du 18 juin 2008 affirmait d'ailleurs que pour aligner complètement les revenus des deux parties de l’Allemagne, il faudrait 320 ans…Il est dès lors normal que les citoyens qui vivent dans ces territoires se sentent abandonnés par la politique, et qu’ils expriment leur protestation par le vote. D'autant que comme on le sait, le pourcentage de pauvres (et de travailleurs pauvres – les working poors) en Allemagne a augmenté partout ces dernières années, et pas seulement à l’Est....
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Pause bière

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Biérologie en déconfinement
                          Une bière, mais pas une Corona!
             Un petit moment de détente dans l'ambiance pesante qui persiste.
    En attendant que les cafés s'ouvrent au public, après une longue période d'abstinence forcée.
 On va pouvoir se boire une petite bière, partagée socialement. Car il n' y a de plaisir que dans la dégustation collective. Car la bière, la vraie, ne se boit pas, elle se déguste, lentement, autour d'une table commune.


      Et cela s'apprend. Ce n'est pas un gars du pays du houblon qui vous contredira, ni surtout un citoyen d' Outre-Quiévrain.. Que ce traditionnel breuvage soit de facture légère ou de composition plus dense, plus riche ou plus ambrée, comme savent le faire certaines communautés monastiques depuis des siècles, avec leurs secrets bien gardés. A éviter les produits industriels normalisés que crachent des fabriques par fûts multiples.
     Toute une histoire, la bière, bien plus ancienne qu'on imagine. Déjà les Sumériens...
  Une très vieille tradition, qui plonge dans la nuit des temps, favorisée pas les moines plus tard, qu'il a fallu réglementer
                            "...On raconte que ce fut le Roi Dagobert, au début du VIIème siècle, qui créa le premier monastère pour fabriquer la cervoise. La bière des moines était créée !

Il semblerait aussi que ce fut Pépin le Bref, qui offrit à l’abbaye de Saint-Denis, en l’en 768, des houblonnières.    Son fils Charlemagne a par la suite entrepris de promouvoir la boisson. Il réunit les brasseurs en corporation et crée une charte pour régir la fabrication de la bière :
  • L’art du brassage est confié aux moines.
  • Un corps d’inspecteurs itinérants, chargés de parcourir le royaume afin de veiller à sa qualité, est mis en place
  • Des moulins pour le concassage du malt voient le jour
  • Dans l’un de ses capitulaires (édit royal), il exige : « chaque métairie royale, chaque monastère doit posséder une brasserie ».    Les moines, paysans et artisans produisaient, surtout dans le nord de l’Europe, des bières qui réconfortaient pèlerins et voyageurs de passage dans les monastères et les abbayes...."
  • _______     L'antique cervoise ne fut pas seulement une affaire d'hommes. Les Romains donnèrent à la divine boisson le nom de cervoise, de Céres, déesse des moissons, et les Gaulois inventèrent le tonneau en bois, qui permit la conservation et le transport.   Ainsi commença une aventure, qui subit de continuelles transformations et améliorations.
  •                                   ____________________________________
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Travailler (ou non) en GB

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

(Quasi) paradis libéral
                  Depuis le choc du thacherisme, l'Angleterre, bientôt suivie par d'autres pays, est entrée dans la sphère d'influence de l'école de Chicago et de son libéralisme décomplexé.
 La réduction des missions de l'Etat au strict minimum, aux objectifs purement régaliens, était au coeur de la pensée de Hayek et de son disciple Friedman.
 Ce fut le début d'une politique qui allait faire des émules, dans le cadre d'une mondialisation dérégulée et du consensus de Washington.

Les héritiers de la Dame de fer, comme Tony Blair, surent être de fidèles successeurs, qui, avec des hauts et des bas, s'inscrivirent dans la lignée néolibérale.Avec les mutation industrielles et la montée de la prééminence de la finance et de la rente, les conditions de travail ne furent plus un souci pour Downing Street, dont le projet fut essentiellement de livrer la force de travail aux lois du marché. Quitte à laisser se développer un chômage inédit et en le masquant. Des réformes vraiment libérales -(*)En réduisant drastiquement les aides sociales. 
Cameron n'est pas l'Abbé Pierre et favorisa le développement d'une pauvreté vécue de plus en plus comme un statut culpabilisant.

      Des conditions particulièrement restrictives, sous la régime des Job Center aux missions rigidement encadrées.
     Une fin de l'assistanat, qui débouchera presque toujours sur un statut de travailleurs pauvres ou durablement précaires. Voir avec le travail «zéro heure», la magnifique invention des conservateurs, qui semble nous ramener àux workhouse d'une certaine époque, celle de Dickens.
   Selon Challenges, 1,4 million de salariés anglais ont un contrat sans garantie d'heures ni de salaire
       Tandis que la City prospère, que la richesse s'étale sans vergogne dans les beaux quartiers de Londres, que les inégalités, comme ailleurs ne cessent de se creuser, que la retraite à 70 ans est programmée.
   Certes, ce n'est pas la gloire chez nous, mais les pays trop souvent cités en exemple pour leur moindre chômage actuel paient une facture plus lourde socialement;  ...le taux de pauvreté y est bien plus fort qu’en France, s’établissant à environ 17% de la population dans les deux cas, pour un taux de chômage de 5,1% au Royaume-Uni en mars et de 6,1% en mai Outre-Rhin, contre 9,9% en France au deuxième trimestre. Ce paradoxe s’explique par le nombre de travailleurs pauvres : dans ces exemples étrangers, 20% des salariés touchent moins des deux tiers du salaire médian, contre environ 6% en France.  
C'est Challenges qui le dit, pas ATD Quart-Monde. Si les riches sont 64% plus riches, les pauvres sont deux fois plus pauvres. Une pauvreté qui touche les enfants et qui inquiète beaucoup d'Anglais eux-mêmes.
  Une situation qui  ne révolte pas que Ken Loach.
Pourtant, on le dit, les travailleurs ne sont pas plus productifsdans un pays dont la bonne santé économique est souvent proclamée, mais pleine de faux semblants. 
On avance résolument vers la  Big (or thin) Society...
        Alertez la reine!
_____
 (*) " ...Le gouvernement conservateur ne s’est pas arrêté là. On peut remarquer en particulier sa façon très particulière de simplifier le droit du licenciement et d’en limiter le coût pour les entreprises. Pour contester un licenciement abusif devant les tribunaux du travail, il faut désormais avoir deux ans d’ancienneté dans l’entreprise au lieu d’un an comme c’était le cas auparavant. Résultat: environ 3 millions de salariés sont ainsi privés du droit de formuler un recours contre un éventuel licenciement. Et le montant maximal des indemnités dues par l’employeur a été fortement abaissé: il s’établit désormais à douze mois de salaire ou 74.200 livres et c’est le plus bas de ces deux montants qui s’applique.   Pour couronner le tout, l’accès à cette justice du travail est désormais payant: entre 160 et 260 livres (entre 205 et 330 euros) au moment du dépôt du recours, entre 250 et 950 livres (entre 320 et 1.215 euros) au moment du passage en audience. Ces sommes sont remboursées si le salarié obtient gain de cause, mais, pour les plus modestes, l’effet dissuasif joue à plein: après la mise en place de ce système, le nombre des requêtes a chuté de 64% en un an. On se plaint ici de l’engorgement des prud’hommes: voilà une recette simple et efficace de résoudre le problème…"
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Bêtise managériale

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Il y a management et management...
                                                         Il n'y a pas si longtemps que l'on parle de management,  mot emprunté aux pratiques anglo-saxonnes, qui dérive lui-même d'un vieux mot français, issu du mot main.    Il y a bien des façons de prendre les hommes en main. Ici, dans leurs tâches productives. L'idée était là avant le mot, dès les premières formes d'organisation industrielle, puis s'est étendu à d'autres champs d'activité, tertiaires notamment.
       La notion de management a connu bien des aléas et des variations jusqu'à devenir aujourd'hui un terme à la mode, parfois abusivement utilisé, souvent miroir aux alouettes. Si la direction des hommes s'est toujours imposée, parfois de manière rigide et très hiérarchique, elle tend à prendre aujourd'hui un sens généralisé, attractif, un peu enchanté, recouvrant une pratique devenue souvent insidieusement anxiogène, où l'individu tend à s'impliquer pleinement dans ses tâches en pensant se réaliser dans un système qui le dépasse et le contraint intérieurement.
     Nous avons hérité du nouvel esprit du capitalisme anglo-saxon, qui a introduit un peu partout, même dans les hôpitaux les méthodes de nouvelles formes d'organisation et d'évaluation, qui ont leur logique propre dans le système, celles du new public management.
    La standardisation des tâches et les nouvelles exigences de rentabilité, dans un système de production mondialisé, à produit ce que certains appellent les petits soldats du nouveau management:
     ...Ils s'appellent Bernard, Philippe, Céline, Eric ou Laurence. Leur mission ? Implanter dans un hôpital un progiciel à destination du personnel soignant supposé saisir à l'intérieur chaque acte effectué, développer le self-scanning dans un hypermarché pour éviter les gestes inutiles, envoyer à des chefs de service des lettres d'objectif et des tableaux de bord... Dans des cabinets de conseil et d'audit, ils élaborent des dispositifs standardisés pour améliorer la rentabilité des grandes entreprises privées comme des institutions publiques.
    Le lean management (le management «sans gras») qui vise à supprimer les temps morts et les tâches superfétatoires, c'est eux. Le benchmarking qui repose sur des indicateurs de performance permettant de classer les établissements et les services et de déterminer les budgets affectés à chacun, encore eux. Ces acteurs de l'ombre sont au cœur de l'ouvrage de la sociologue Marie-Anne Dujarier. Le Management désincarné réalise en effet une surprenante plongée dans les lieux où se fabriquent les prescriptions qui s'imposent aujourd'hui aux cadres d'entreprise comme aux employés administratifs, aux médecins comme aux infirmiers, aux informaticiens comme aux universitaires, aux policiers comme aux assistantes sociales. Il braque le projecteur sur la main invisible de ceux qui œuvrent, dans de lointains bureaux, à la propagation d'outils de gestion qui rythment le quotidien de nombreux salariés, sans épargner les dirigeants de proximité chargés de les faire appliquer....
       De nouvelles règles qui, sous prétexte d'efficacité, sont souvent sources de tensions, de concurrence exacerbée, de perte de temps, de stratégies absurdes  et contre performantes...
   Quand l'efficacité devient une fin en soi, c'est la qualité du travail ainsi que ses résultats, les relations dans le travail qui en souffrent. Beaucoup de formes de souffrance au travail en sont issues.
    Le lean management s'installe même au coeur de certains services publics, masquant les objectifs économiques sous-jacents.


                                  ______L'hôpital n'a pas échappé à cette tendance pour une grande partie de ses tâches, de plus en plus victime d'une dérive déjà dénoncée par Molière autrefois et par Grimaldi aujourd'hui, dans le domaine qu'il connaît bien, qui s'est engouffré dans une gestion étroite et purement comptable, dont nous payons le prix aujourd'hui. 
   Le bon sens hospitalier, oui, mais pas à en devenir technocratique et oublieux des approches humaines en même temps que sanitaires.
   Des économies oui, mais pas à tout prix, le lean managemnt peut-être générateur d'aberrations et la perte de sens n'est pas loin...
     Remettre le patient au centre du système: du simple bons sens..en évitant le souffrance qu travail issue d'un gestion devenue parfois absurde.
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Sécurité d'abord?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une loi qui fait débat
                          La question des rapports entre sécurité et libertés publiques, qui revient régulièrement, surtout dans les périodes troublées ou jugées comme telles, se révèle toujours être une recherche d'équilibre délicat.
      La loi antiterroriste en débat actuellement ne manque pas de susciter des réticences, voire des critiques.  Il n'y a pas à choisir entre sécurité et liberté, mais des juristes estiment qu'un accent trop marqué sur la notion de sécurité est un risque dont on ne mesure pas toujours les conséquences potentielles, surtout dans le grand public 
      Cette nouvelle disposition engendre des réticences même au sein des Nations unies.
           «  Dans le domaine de la lutte antiterroriste, la Cour européenne admet des procédures dérogatoires mais elle condamne toute restriction excessive et disproportionnée des droits et des libertés, précise Nicolas Hervieu. En matière de lutte contre le terrorisme, la CEDH tolère ainsi des gardes à vue plus longues que pour les infractions de droit commun, mais elle n’admet pas la disparition de toute garantie fondamentale. Dans l’affaire Brogan, en 1988, elle a ainsi estimé que le Royaume-Uni avait violé la Convention [européenne des droits de l’homme] en plaçant des Irlandais en garde à vue jusqu’à six jours et seize heures et demie sans les présenter à un juge. »
   Cette recherche d’équilibre est délicate – d’autant plus délicate que, depuis une trentaine d’années, le dispositif antiterroriste ne cesse de se durcir. En France, la première loi date de 1986 : après une vague d’attentats, les textes allongent la durée de la garde à vue à quatre jours, reportent l’intervention de l’avocat à la 72e heure, alourdissent les peines, autorisent les perquisitions domiciliaires sans l’assentiment des suspects, et créent un corps spécialisé de juges d’instruction et de procureurs. Depuis, l’arsenal antiterroriste s’est encore renforcé – allongement de la prescription en 1995, autorisation des perquisitions de nuit en 1996, autorisation de la fouille des véhicules en 2001, allongement de la garde à vue antiterroriste à six jours en 2011, intensificationdu renseignement en 2015.
  Ces mesures répressives ont-elles fini par rompre l’équilibre entre la lutte ­contre le terrorisme et le respect des libertés publiques ? Ont-elles dépassé la nécessaire « proportionnalité » prônée par les juristes ? « Je le crains, affirme Danièle ­Lochak. Avec le développement des écoutes, des surveillances, des assignations à résidence et des perquisitions, la police et la justice ont tissé une énorme toile d’araignée sur l’ensemble de la population – au risque de toucher des personnes qui n’ont rien à voir avec le terrorisme mais qui ont le tort d’être musulmanes. Il suffit de voir les dérives constatées pendant les premiers jours de l’état d’urgence pour s’en convaincre. Je ne suis pas sûre que ces graves atteintes aux libertés nous aient fait beaucoup gagner sur le plan de la sécurité.  »
   Mais la dérive sécuritaire n’est pas uniquement liée à un déséquilibre croissant entre liberté et sécurité. Ce qui inquiète les juristes, c’est surtout le changement de logique pénale engendré par l’intensification de la lutte contre le terrorisme. «  Le tournant a lieu en 2008, avec la loi sur la rétention de sûreté, explique la juriste Mireille Delmas-Marty. Voté dans le climat sécuritaire des années 2000, ce texte permet de priver de liberté, sans limite de temps, un individu qui a été jugé dangereux – même s’il a déjà purgé sa peine. La rétention de sûreté instaure donc une justice prédictive. Elle repose sur une logique de suspicion – fondée sur des pronostics – et non plus sur une logique d’accusation – fondée sur des preuves. C’est grave, car il est impossible de prédire à l’avance tous les comportements humains... »
     Faire de l'état d'exception une norme n'est pas anodin, ne peut être sans risques et peut  être source de nombreux abus, surtout sous un régime qui serait peu regardant sur les libertés publiques.
   De nombreuses associations de défense des Droits de l'homme se posent aussi des questions.
       Ce problème, qui n'est pas de détail, n'a pas fait l'objet d'un débat digne de ce nom. Il fallait du temps, de la profondeur et de la contradiction avant de parvenir à une formule plus équilibrée. Les amendements vont plus loin que les dispositions du texte. Le gouvernement a fait de la surenchère.

    Est-ce vraiment cela une sortie maîtrisée de l'état d'urgence?
        Nos droits essentiels ne valent-ils pas mieux? Les risques de dérives ne sont pas mineurs, sous ce régime ou sous un autre. L'Etat de droit est sérieusement écorné sans que le risque terroriste, réclamant surtout anticipation, surveillance et coordination renforcées soit vraiment réduit.
      "Désormais, au prétexte de motifs aussi flous qu’évanescents, l’Etat pourra décider de persécuter et d’harceler des terroristes potentiels dont la définition pourra allègrement être modifiée selon les circonstances ou le pouvoir en place."
       L'état d'urgence est toujours problématique, même s'il est pour un temps parfois nécessaire.
   Le slogan de la sécurité d'abord peut être lourd de périls futurs. La loi sera-t-elle régulièrement réévaluée, comme promis? La vigilance citoyenne s'impose.

                                 La France n’est-elle pas « malade » elle aussi parce que devenue indifférente à nos libertés publiques ? Mardi a été adoptée dans le silence général la treizième loi antiterroriste en quinze ans. Et celle-ci inscrit dans notre droit quotidien les dispositifs d’exception de l’état d’urgence. Qui a bougé ? Les ONG, associations et autorités indépendantes : elles ont noté d’une même voix – ce qui est rare – combien ces dispositions étaient attentatoires à nos droits fondamentaux. Pour le reste, rien, silence radio : le texte a été adopté à une écrasante majorité.

 

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