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"Evolution" du droit du travail

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Comment il a été démantelé en Europe
           ns aucun bénéfice sur l'emploi et les gens                      (Document)
                (Selon l'équipe de jounalistes de Investigate Europe)
   [Projet pilote paneuropéen : une équipe de neuf journalistes travaillant dans huit pays européens, qui enquêtent sur des sujets ayant une résonance sur l’ensemble du continent. Il publie des articles dans plus d’une dizaine de journaux. Parmi eux figurent notamment: le Tagsspiegel (Allemagne), EuObserver (UK), Newsweek Polska (Pologne), Publico (Portugal), Infolibre(Espagne), Aftenposten (Norvège), Corriere della Sera et Il Fatto Quotidiano (Italie), ViceGreece et Efsyn (Grèce), Falter (Autriche), Dagen Arbet (Suède), The Black Sea(Roumania), Ugebrevet A4 (Danemark), Pot Crto (Slovenie), EUObserver (UK), En savoir plus sur le projet : www.investigate-europe.eu.]
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          L’Allemagne, la Grèce, l’Italie, la Roumanie, ou encore l’Espagne... Et maintenant la France. Ces dix dernières années, la plupart des pays de l’Union européenne ont subi de profondes réformes du droit du travail. Officiellement, au nom de la lutte contre le chômage. Mais les études réalisées depuis, y compris par les institutions les plus libérales, sont unanimes : leur impact sur l’emploi a été minime. En revanche, ces politiques se sont traduites par une explosion de la précarité et une baisse des rémunérations pour les salariés.
   La misère de l’emploi précaire a de nombreux visages. Elle peut prendre la forme de contrats de travail sans assurance maladie ni protection sociale. Il peut s’agir de temps partiels qui n’apportent pas un revenu suffisant pour vivre. Ceux et celles que cette misère affecte en sont aussi réduits à s’accrocher à un contrat temporaire après l’autre, ou sont contraints de gagner leur vie en tant qu’auto-entrepreneurs fictifs ou travailleurs prétendument indépendants. Les méthodes varient selon les législations nationales de chaque pays, mais le résultat est toujours le même : des millions d’Européens doivent se contenter d’emplois précaires et mal payés, qui ne leur offrent aucune perspective. Et le phénomène continue de s’étendre.    Le président français Emmanuel Macron souhaite renforcer cette tendance. Dans sa dernière réforme, son gouvernement a par exemple autorisé les employeurs à embaucher des travailleurs pour des projets ponctuels, avec des contrats qui prendront automatiquement fin à l’issue de leur réalisation. Dans le même temps, les accords collectifs nationaux, qui offraient jusqu’ici des protections importantes aux salariés, ont vu leur rôle fortement affaibli.
-Un jeune européen sur deux en contrat précaire
        Tout ceci à un moment où l’économie européenne se porte un peu mieux qu’elle ne l’a fait depuis dix ans. Dans la seule zone euro, 5,5 millions de personnes ont trouvé un nouvel emploi depuis la fin 2012. Mais selon les données collectées par Eurostat, l’agence de statistiques de l’Union européenne, 4 de ces nouveaux emplois sur 5 sont temporaires ou à temps partiel. Dans leur majorité, ils sont mal rémunérés. Pourtant, les deux tiers des personnes concernées souhaiteraient un emploi permanent à temps plein, comme le confirme la Commission européenne dans son dernier rapport sur le marché du travail dans l’UE. Conclusion du département recherche de la banque américaine Merrill Lynch elle-même : la supposée prospérité actuelle de l’Europe est « de mauvaise qualité ».
    Les jeunes en sont de loin les premières victimes. Près de la moitié des travailleurs âgés de moins de 25 ans sont en contrat temporaire. En Espagne, ce chiffre dépasse les 70%. « C’est extrêmement problématique, reconnaît Marianne Thyssen, commissaire européenne à l’Emploi et aux Affaires sociales. Ils ne peuvent quitter la maison de leurs parents, acheter un logement, faire des projets. Cela affaiblit l’économie toute entière », avertit cette femme politique conservatrice belge. « Les gens qui sont en emploi précaire n’investissent pas dans leurs compétences, et leurs employeurs non plus, explique-t-elle. Plus les emplois sont précaires, moins l’économie est productive. »
    Un diagnostic partagé par d’éminents économistes. « Toutes ces formes non-sécurisées d’emploi sont extrêmement coûteuses, à la fois pour les personnes concernées et pour la société dans son ensemble », explique par exemple Olivier Blanchard, longtemps économiste en chef au Fonds monétaire international (FMI).
-Des dirigeants européens obsédés par la flexibilité
     Mais pourquoi l’emploi précaire atteint-il de tels niveaux ? Que faire pour inverser la tendance ? Dans leur entreprise de dérégulation des marchés du travail, les gouvernements européens et la Commission se sont basés depuis des années sur des hypothèses et des théories qui se sont révélées fausses et irréalistes. Les commissaires et les ministres nationaux en charge de l’économie ont systématiquement cherché à démanteler ou affaiblir les accords sociaux collectifs, combattu les syndicats et, ce faisant, favorisé les inégalités et l’insécurité au travail. Les pays de l’Union européenne sont aujourd’hui pris dans une course au moins-disant en ce qui concerne les salaires et les droits des salariés, rendant toute réponse au seul niveau national encore plus difficile.
   Le mot-clé qui résume ces développements est la « flexibilité », explique le syndicaliste français Thiébaut Weber, un économiste chargé de suivre ces questions au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES). Les dirigeants européens sont « obsédés par l’idée que le marché du travail est un marché comme les autres et qu’il doit être rendu aussi flexible que possible », précise-t-il. Ce qui signifie permettre aux entreprises d’employer leurs salariés à leur propre discrétion, selon les conditions du marché, et au coût le plus bas possible. En d’autres termes, les employés sont les perdants. Selon Thiébaut Weber, les politiques sociales suivent le même principe à travers toute l’Europe, et « la précarité en est le résultat logique ».
-451 réformes du droit du travail en dix ans
          Le droit du travail des pays de l’Union européenne a connu une vague de dérégulation depuis deux décennies, qui ne semble pas prête de s’arrêter. L’Organisation internationale du travail (OIT) a recensé, dans les pays dits « développés » et notamment dans l’UE, 451 réformes du droit du travail depuis l’année 2008. La plupart de ces réformes structurelles, comme elles sont appelées dans le jargon des économistes, suivent la même recette : si les travailleurs sont suffisamment flexibles et bon marché, alors les entreprises créent de l’emploi, le chômage baisse, et l’économie croît. 
    Telle est également la logique sous-jacente à l’« Agenda 2010 » mis en œuvre par l’ancien chancelier fédéral allemand Gerhard Schröder pour casser les prétendues « structures ossifiées » du marché du travail. Les emplois temporaires ont été « libérés des contraintes bureaucratiques » et la limitation de ces contrats temporaires dans les start-ups allongée à quatre ans. Les « mini jobs » et les emplois à bas salaire ont bénéficié d’un traitement fiscal de faveur, et les chômeurs ont été contraints d’accepter n’importe quelle offre d’emploi, aussi mal payée soit-elle. En parallèle, un grand nombre d’entreprises ont choisi de s’exempter des accords salariaux collectifs et de recourir à des travailleurs temporaires, contractualisés ou à temps partiel, pour réduire leurs coûts salariaux.
 Le tableau catastrophique de l’emploi allemand
Aujourd’hui encore, ces réformes sont considérées dans l’Europe entière comme une réussite incontestée. Le taux de chômage allemand est tombé au plus bas depuis la réunification (2,5 millions d’Allemands seraient au chômage mais plus de 7 millions occupent un emploi à bas salaire, lire notre article ici). Les hommes politiques des autres pays se plaisent à évoquer le modèle allemand lorsqu’ils veulent déréguler un peu plus le marché du travail national. La chancelière Angela Merkel a elle aussi l’habitude de chanter les louanges des « réformes » allemandes. Ce n’est que grâce à ces réformes que l’Allemagne « a pu distancer la France », a-t-elle affirmé en mai 2017.... 
      (lire la suite)
                     Harald Schumann et Elisa Simantke, pour Investigate Europe
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Le vert lui va si mal

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

A l'aube d'un virage?
                             Mutation ou délitement?
        Les résultats assez inédits des urnes et le bilan de la Convention pour le climat semblent indiquer à la fois une prise de conscience collective qui s'affermit et une volonté de passer enfin à des mesures significatives pour repenser notre aventure industrielle et marchande à la lumière des alarmes lancées par un toujours plus grand nombre de spécialistes, pas seulement de climatologues.


   Nous avons peu de temps devant nous pour entamer un grand virage, sans nous contenter d'incantations et nous parer de belles vertus, pour continuer à assurer les conditions nécessaires à la vie humaine pour notre descendance.
  Le Président Macron ne pouvait pas rester sourd à la vague qui monte, même si elle est floue et ambivalente, reflétant aussi un désarroi ambiant et un rejet du jeu politique traditionnel.
   Mais le voilà pris à son propre jeu et obligé d'accompagner, pour le contrôler, un mouvement qui lui échappe dans une large mesure.
    Après la "déception", la prise en main et la promotion obligée de valeurs qui lui étaient jusqu'ici bien étrangères. Un peu comme comme Sarkozy à un moment, la main sur le coeur, dans une étrange conversion qui fut sans lendemain. Mais là, la simple manoeuvre tactique a moins de chance de réussir. Le contexte a changé. L'écologie ne sera plus un "supplément d'âme" s'ajoutant aux mesures conventionnelles.. Les prises de conscience sont trop fortes, les urgences trop rapprochées.
   Et maintenant?...que vais-je faire, comme le chantait G.Bécaud. Tout est à repenser, jusqu'à l'exercice du pouvoir, c'est certain. Le vert n'était pas la couleur prévue, quand était envisagés les grands projets pour demain, depuis le pharaonique site marchand du nord de Paris jusqu'à l'exploitation de la super mine d'or en Guyane.
  Ce n'est pas un pas en avant qui est attendu, mais un conversion, une mutation:
                   "...;Quoi qu’il décide ou qu’il annonce, Emmanuel Macron se trouve aujourd’hui coincé par la montagne de promesses qu’il n’a pas tenues depuis trois ans. Dans son camp, les déceptions sont lourdes. Dans l’opposition, la défiance paraît irréversible. Sans structure et avec un maillage territorial pour le moins confidentiel, le président de la République va donc entamer la dernière partie de son quinquennat plus fragilisé que jamais. « En Marche est vide en termes d’idées et ne correspond plus à la recomposition politique qu’on avait initiée, conclut un cadre de LREM. Si on ne fait rien, on va vers le délitement....»
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Un projet en or abandonné?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

En Guyane.
              C'est oui.
                            Jupiter n'était pas venu en Père Noël, mais il avait tout de même un trésor caché dans sa hotte: un eldorado futur pour terre infortunée.
    On va donc livrer la forêt tropicale à un méga-groupe minier russo-canadien qui a trouvé le filon...
  Un projet exemplaire, nous dit-on. Columbus Gold est sûr de son fait. S'il le dit...
      La Guyane, qui se porte mal, aura donc bonne mine.
            Foi de l'Elysée.

       Un peu d'embarras quand même, du moins en apparence sur ce projet controversé, qui ne sera pas claironné:
    Après avoir dit non, puis on verra, c'est maintenant décidé: la « Montagne d’or » se dressera au coeur de la forêt guyanaise.
     C'est bon pour le business, moins pour la flore et la faune, sans parler des populations, de leur santé, même si elles ramasseront (peut-être) quelques pépites. On connaît la chanson...
    L'extraction de l'or n'est pas une activité minière comme une autre, même non "sauvage".
      Mais que dit Mr Hulot, sur son siège hautement éjectable?
        Un test politique ou l'affaire sera vite oubliée? Une affaire dont l'impact sera bien plus considérable et d'une autre nature que Notre-Dame des Landes.
     Mais peut-on résister à la ruée vers l'or?
         Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on prendrait des risques insensés pour un peu plus de métal doré, ce fétiche d'une autre époque.
        Et la Guyane n'est pas à l'abri d'autres risques.
                Mais elle mérite peu d'intérêt: elle n'est qu'une île (sic!).... tout à fait insalubre..
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Quand le tourisme devient toxique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Partir, revenir...
                                 D'exceptionnel qu'il était, le voyage est passé dans le registre des biens de consommation ordinaires, pour une masse de plus grande de personnes de tous continents.
      Il s'est généralisé, banalisé. low-costé. Partir n'est plus partir.

  Il est devenu un produit d' appel, certains pays jouant sur le tourisme  pour gonfler leur PIB. Pas toujours avec discernement.
   Au risque de réduire le tourisme à des déplacements de foules grégaires qui ne voient rien ou presque, qui ne retiendront que quelques pixels embarqués ou quelques selfies, pour témoigner qu'"on y était".
   Voyage nomalisé, voyages-spectacle, voyage banalisé, vite oublié, avant de préparer le suivant sur catalogue au papier glacé.
    Le low-cost et la guerre des voyagistes  a encouragé la tendance, comme le fast food a banalisé et dénaturé la nourriture. Tant qu'il y aura du pétrole....
     Le voyage de découvertes, lent, peu programmé, dans des lieux non courus, qui laissent des traces indélébiles, est devenu de plus en plus rare .
     Faire l'éloge du dépaysement vrai, de la découverte authentique, des rencontres non programmées est devenu de moins en moins fréquent. Ce dépaysement qui change en profondeur l'intériorité et renouvelle le regard.
      Un peu de tourisme, ça va....Mais on semble avoir dépassé le seuil de la déraison touristique.
          Mais les déferlantes touristiques dans les mêmes lieux en même temps vont tuer le tourisme.
 Et les incidences de ce phénomènes sur le milieu, urbain et/ou naturel, commencent à poser bien des problèmes, même au Machu Pichu, où l'on parle de contingenter la fréquentation, dans certains villes où le problème de l'eau devient crucial, dans d'autres, où l'hyper-fréquentation, festive ou non, perturbe fortement la vie locale, modifie le prix du foncier, entraîne indirectement  l' "exode" de populations, comme à Barcelone , à Venise ou à Dubrovnik. A  Amsterdam, c'est les "festivités" nocturnes qui gâchent tout.
   Si, dans une certaine mesure, il peut être bénéfique économiquement, comme en Tunisie, il peut aussi se révéler catastrophique très rapidement. Les cohortes de visiteurs pressés sortis en rang des bateaux de croisière, sans discontinuer les jours d'été, auront-elles raison des plus beaux sites de Santorin, dont les rues principales sont investies à prix d'or par les marchands de produits de luxe?...
       Il faut réapprendre à voyager, non comme hier, mais selon des formules à réinventer.
   Retrouver le plaisir durable et profond de la découverte, loin de la saturation des tours-operators vendeurs de produits finis, où la surprise doit être bannie, où le confort doit être assuré, où l'on achète d'abord "un prix". Low cost, low plaisir...
   Le Routard ne fait même plus rêver.
        Comment retrouver, à contre-sens des tendances frénétiquement consommatrices, le sens du voyage rare et de qualité. 
  Il ne s'agit plus de suivre les injonctions du voyager pas cher, mais de retrouver le sens de l'étonnement et de la découverte. Avec désir et lenteur. Parcimonieusement.
    Des voyages qui forment à la vie et ouvrent à soi-même, comme disait le vieux Montaigne qui a parcouru une partie de l'Europe... à cheval.
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En deux mots

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

__ Désinformation chez Merck, mais actionnaires comblés.

__ J. Assange au plus mal. Un acharnement.

__ Attachez vos ceintures.

__ La "paix "des frères.

__ Mora, recruteur négrier.

__ Réaction de survie?

__ SNCF: nouvelle donne.

__ Convention pour le climat.

__ Inquiètudes pour l'Arctique.
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Il était une fois

Publié le par Jean-Etienne ZEN

...La révolution russe                                             (Quelques notes___suite)
                                   L'événement qui ébranla le monde, selon John Reed, et dont tous les mécanismes et les conséquences sont encore loin d'avoir été analysés et appréciés par les historiens à leur exacte mesure, loin des clichés, des réductions et des jugements de valeur, n'a pas fini de nous interroger. 
           Par delà les mythes et les reconstructions opportunistes.
      Malgré le temps, la matière reste complexe et encore en fusion, objets de maintes débats idéologiques qu'on ne peut qualifier d'historique.

[Expositions- Oeuvres]

    Loin aussi des traces ambiguës qui restent dans l'esprit de nombreux russes d'aujourd'hui, qui ont subi les distorsions du temps, des politiques staliniennes et de leurs réactions. Une matière toujours brûlante et souvent traitée unilatéralement.
      Les événements centenaires, de 1917 jusqu'à la mort de Lénine surtout, avant le tournant stalinien qui aurait pu être évité, selon le testament du défunt, demandent encore bien des explorations, malgré toutes les recherches déjà menées, pour ne parler que celles de Marc Ferro en France.
     On ne peut parler de l'événement à l'aune des prolongements staliniens discutables, de leurs acteurs principaux. et sans doute évitables. Toute révolution n'est pas nécessairement vouée à manger ses enfants.
     Les conditions étaient réunies, surtout depuis le début du siècle, pour qu'un explosion sociale se produise: l'extrême misère paysanne, la montée d'un monde ouvrier prolétarisé et, plus tard, la succession des échecs militaires contre l'Allemagne, dus largement à l'incompétence d'un régime anachronique, qui créa objectivement les conditions du retour au pays de Lénine, vite confronté à une situation dramatique et à des choix douloureux, en plein chaos, puis vite jeté en pleine guerre civile extrêmement coûteuse en vie humaine et confronté très vite à une conspiration des grandes puissances européennes, qui ne voulaient pas perdre un allié contre l'Allemagne et qui convoitaient les immenses richesses d'un pays où l'on avait déjà beaucoup investi, pas seulement en emprunts russes.
   Vus d'Europe, au coeur d'une guerre qui s'éternisait et en pleine propagande, les événements n'étaient pas perçus pour ce qu'ils étaient, comme c'est toujours le cas en plein séisme événementiel.
       Ce qu'on a appelé la grande conspiration contre la Russie  fut plus importante et plus longue que ce qu'on en a dit et ne fut pas pour rien dans le durcissement et la centralisation du régime en place. La gestion des urgences firent le lit des dérives futures. La NEP fut un coup de frein mais pas décisif.
        Selon Wiki,  « les forces armées de quatorze États envahirent la Russie soviétique sans déclaration de guerre », avec en tête « la Grande-Bretagne, la France, le Japon, l’Allemagne, l’Italie, les États-Unis », tuèrent plus de Russes que la guerre même, 7 millions d’« hommes, femmes et enfants », et causèrent des « pertes matérielles estimées par le gouvernement soviétique à 60 milliards de dollars », montant très supérieur aux « dettes tsaristes aux Alliés » et qui ne donna lieu à « aucune réparation » des envahisseurs, selon « le bilan » de Michael Sayers et Albert Kahn (The Great Conspiracy : The Secret War Against Soviet Russia,
          L'armée française s'impliqua dans le conflit pour des raisons loin d'être désintéressées. Le dépeçage de l'ancien empire était à l'ordre du jour: l'abondant pétrole du Caucase, les riches terres de l'Ukraine ...suscitaient bien des envies et les préoccupations géopolitiques anglaises trouvèrent un terrain de jeu favorable. Sans parler du Japon.
      Des personnages troubles comme Sidney Reilly jouèrent les hommes de l'ombre.
         Très vite se posa la question des nationalisations, pour assurer la maîtrise des capitaux et des outils de productions et la dé-féodalisation des campagnes arriérées.
    Le tournant décisif de 1917, après l'ébranlement de 1905, nous a transmis une mémoire toujours embarrassante...et compliquée. Au coeur de la tempête, beaucoup de relations et même d'amitiés  brisées.
     Normale ou monstrueuse, la révolution russe?  Très ambiguë et d'une rare complexité dans ses premières années, en tous cas. L'histoire aurait pu suivre un autre cours, mais on ne peut faire abstraction de l'héritage et des nécessités du moment.. Le stalinisme n'était pas inscrit dans ses gènes, même si l'économie de guerre, avec toutes ses contraintes et ses conséquences, était difficilement évitable.
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            "À partir de l'été 1918, Anglais, Allemands, Français, Américains, Grecs, Polonais, Roumains et Japonais interviennent. Avant l'armistice de Rethondes, l'Ukraine reste occupée par les troupes allemandes, qui renversent le gouvernement et privent la Russie d'approvisionnement en blé. Les troupes autrichiennes occupent Odessa, les Japonais débarquent à Vladivostok, les Turcs pénètrent dans le Caucase.
    Anglais et Français arment le général tsariste Denikine, les Allemands la division cosaque de Krasnov. Clemenceau conçoit même une intervention française de grande envergure en Ukraine en utilisant des troupes prises sur l'armée d'Orient, mais l'action tourne court à cause du manque de moyen engagés et de l'hostilité de la population locale (mars-avril 1919). Le général blanc Lavr Kornilov (mort en 1918) écrit : « Même s'il faut brûler la moitié de la Russie et verser le sang de trois quarts de la population, nous le ferons si c'est nécessaire pour sauver la Russie ». L'écrivain blanc Andreïev écrit : « Là où on fusille les gens comme des chiens, règnent la paix, la prospérité et un sens très fin de la légalité ». Les pogroms antisémites que perpètrent ou laissent perpétrer les généraux blancs font plusieurs centaines de milliers de victimes et constituent les pires massacres anti-juifs jamais perpétrés avant la Shoah.
     Les Britanniques emploient des armes chimiques développés pendant la guerre contre l'Allemagne et l'empire Ottoman, 50 000 « M Devices », des bombes contenant de l'adamsite, sont envoyées en Russie. L'aviation britannique les utilise le 27 août 1919 sur le village de Iemtsa dans la région de Arkhangelsk. L'effet de surprise et les morts spectaculaires (vomissements de sang) font fuir l'ennemi. Il y a d'autres bombardements de villages sous contrôle bolchevique. Les bombardements visent d'autres localités sous contrôle rouge tels que Tchounova, Vikhtova, Pocha, Tchorga, Tavoïgor et Zapolki....."
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- Point de vue
6 novembre 1917 - La Révolution d'Octobre - Herodote.net
- 1917-2017 : cent ans après la Révolution d'Octobre
En 1917, la bourgeoisie russe est faible et incapable de s’affirmer
- « Les bolcheviks n’avaient nullement le modèle soviétique en tête » 
- Le cas étonnant de Marcel Body (voir document)
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Le charme discret

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

De la bourgeoisie
                            Il a bien du souci, le Maïtre de Beaucé.
   Après les ennuis qu'on connaît, le voilà qui contre-attaque, se jugeant victime.
    Victime d'une justice que certains estiment "au ordres", arrêtant  net sur le chemin de la présidence espérée un "homme d'exception". Il a rebondi, mais pas dans la voie espérée.
  L'heure est à la défense contre un système qui l'aurait broyé.
    Notre système hyper-présidentiel serait donc un système où tous les coups sont permis, où les grands shows prennent le dessus, où les figures individuelles sont à l'avant-scène et où le débat d'idées est escamoté, voire réduit à quelques slogans vite oubliés.

   Les dorures du Palais attirent plus que le service du bien commun et les intérêts des lobbies s'imposent d'avantage que les principes républicains dont nous sommes encore sensés nous inspirer.    Le Président, malgré l'apparence, ne maîtrise plus grand chose, sinon à la marge, à l'heure où la souveraineté est mise à mal. Depuis plus de vingt ans, la marche à l'hyper-pouvoir centralisé a fait oublier les débats d'une république d'assemblée, qui a ses défauts,  mais qui peut être vraiment délibérative, sur la base de programmes différenciés soumis aux libres débats, réellement appliqués. Le retour aux idéaux républicains, quoi...
     Démocratiser la démocratie attendra. Place aux ambitions, au double langage, au machiavélisme à peine masqué  (*)
    De toutes manières, le Fillon nouveau a fait long feu et devra retourner  au château. Giscard en avait bien un. Comme Chirac d'ailleurs.
         Il y a fort à faire à Beaucé et Pénélope a besoin de repos.
_______________  (*) Mais nos (chers) élus ne peuvent exercer leur mandat que sous le contrôle et dans l'intérêt de leurs administrés, dans l'intérêt général, en vue du bien commun.. Il suffit de relire Montesquieu et sa conception de la vertu, au sens politique.

   Une démocratie est toujours fragile  et réformable, sous peine de devenir un mirage.
        Une autre démocratie est toujours possible, si les citoyens restent éveillés.(*)
     L'hyper-présidence d'aujourd'hui a montré ses limites et ses excès, laissant peu de place aux débats parlementaires sur des questions pourtant essentielles.
   Nos z'élites n'ont de légitimité qu'à la condition de remplir scrupuleusement leur mandat, et pas tout une vie. La politique n'est pas un métier, c'est un service.

   Le risque de corruptions est toujours présent , si les garde-fous ne fonctionnent pas bien, pour éviter que l'on répète que  l’honnêteté ne paie pas en politique 
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   (*)  : " Fillon a toujours mis en avant le fait qu’il avait, au contraire de ses principaux concurrents du parti gaulliste, les mains propres. Durant le débat des primaires qui l’avait opposé à Alain Juppé (reconnu coupable en 2004 de prise illégale d’intérêt dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, sous la houlette de Jacques Chirac), Fillon annonça: «On ne peut pas diriger la France si on n’est pas irréprochable.» Fillon n’a pas non plus manqué de railler les nombreux démêlés judiciaires de son rival Nicolas Sarkozy au sujet de ses frais de campagne en invoquant la droiture morale de la grande figure patriarcale et conservatrice nationale, Charles de Gaulle: «Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen?» Maintenant que le parquet financier a ouvert une enquête préliminaire au sujet de l’affaire Fillon, le général semble plus seul que jamais."
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      Comme disait Alexis de Tocqueville:

    Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques. Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)
« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.
« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)
« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple… [Alexis de Tocqueville _Extrait de De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840]"
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Permafrost: un défi si proche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

On n'attendait pas cette menace potentielle.
                                                            La plus grave  de l'humanité?
    Le permafrost, terres gelées du grand Nord, est parfois appelé une bombe à retardement. Il contient un énorme danger. En dégelant, il pourrait libérer une grande quantité de gaz à effet de serre qui ferait monter la température terrestre de plusieurs degrés.
      Dans le permafrost sont congelés des restes de plantes et d’animaux anciens, y compris des dépouilles de mammouth. Dès que le sol dégèle, ces débris fermentent et le gaz carbonique et le méthane s’échappent dans l’atmosphère. Le méthane cause un effet de serre 23 fois plus important que le gaz carbonique (sur 100 ans).
    Le permafrost va-t-il dégeler ? En Alaska, il dégèle et occasionne des glissements de terrains. La Sibérie se couvre de petits lacs de fonte de permafrost. Une partie du permafrost se trouvant sous les mers s’est dangereusement réchauffée et des bulles de méthane s’échappent du fond....
           Certains parlent de cataclysme planétaire:
             "A Yamal, péninsule peuplée surtout d'éleveurs nomades de rennes et située entre la mer de Kara et le golfe de l'Ob, les températures ont dépassé de 8 degrés la normale saisonnière en juillet, approchant 35°C. "Nous parlons d'un endroit au delà du cercle polaire", observe Sergueï Semenov, directeur de l'Institut russe du climat. "C'est une anomalie sans précédent..."
     Peut-on parler de bombe climatique?  Tout en restant prudent...
                                                        Il faudrait en dire un mot à Trump....qui parle de canular chinois.

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Quand sautent les boulons

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Des boulons et des vices.

                                Etre statufié. Un idéal longtemps revendiqué par les "grands",  une longue tradition historique pour se rendre visible longtemps, pour assurer un présence mémorielle auprès de la longue suite des vivants. Revendiquer un peu d'immortalité, en quelque sorte; depuis les pharaons jusqu'à Foch, en passant par Napoléon. Se retrouver aux yeux du public comme un symbole de permanence, en quelque sorte hors du temps, toujours dans les mémoires, quitte à devenir un mythe idéalisé.

 

   Certains sont devenus de marbre ou de fer sans l'avoir voulu, du fait d'une reconnaissance plus ou moins tardive, venus de tous les horizons historiques: on ne mettra pas sur le même pied Montaigne, Pasteur...ou Bugeaud, Ceaucescu..
                                     Ce n'est pas très difficile de faire tomber une statue. Surtout à plusieurs. Surtout quand le ressentiment est fort vis à vis de ce qu'elle représente, réellement ou dans l'imagination populaire, à un moment donné de l'histoire. Les statues de Staline et autres n'ont pas résisté longtemps après la chute du Mur  Good bye Lenin rappelle ces moments.
     Il y a des fois où cela se justifie assez bien de faire tomber ce qui était l'objet d'un culte imposé. Cela l'est moins quand rien de marquant le justifie. Ce peut être un acte politique fort, symbole de transformations profondes. Mais aussi un acte assez peu légitime, surtout longtemps après, surtout quand il y a erreur sur la personne, son véritable rôle, sa vraie nature. Quand la mémoire s'emballe ou se trompe de colère, faute de connaissances et de contextualisation, en référence à des luttes présentes.
   L'histoire officielle se trouve parfois mise à mal dans l'assaut contre certaines figures statufiées, mais le défaut de mémoire, l'aveuglement dû à la colère présente peuvent aussi être impliqués. Parfois jusqu'au vandalisme sans retenue. Des actes cathartiques qu'on peut facilement expliquer. Malgré les efforts parfois tardifs de pédagogie:
     "...Le déboulonnage est une façon de transformer le sens des statues mais ce n’est qu’une façon parmi d’autres. La ville de Bordeaux, qui a été un port négrier français, vient d’installer des éléments explicatifs sur les plaques des rues qui portaient le nom de philanthropes de la ville qui avaient par ailleurs participé activement à la traite des esclaves. Cela s’est fait à l’aide d’une commission qui a regroupé des associations, représentants politiques, chercheurs, anthropologues, sociologues ou historiens. Cette réflexion a même abouti à la création d’une nouvelle statue, celle de l’esclave Modeste Testas, qui représente la souffrance des esclaves..."
    La frénésie moralisante n'est pas toujours la meilleure des choses. Rebâtir une mémoire juste et complète est l'oeuvre la plus utile et la plus urgente. Pour éviter l'anachronisme et les confusions. Pour cause de lectures problématiques de l'histoire.
          L'histoire à l'épreuve de la rue n'est pas toujours la plus nuancée...C'est une euphémisme.
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Au nom de la vie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

       Elle est partie, Anne Bert. Sereinement.
               Trop tôt.
     Mais la fin tragiquement inéluctable de son parcours était réfléchie.
  L'écrivaine nous a quittés sans tapage, mais avec un message pour ses contemporains.
  Non par recherche morbide de la fin, mais, comme elle le dit: J’ai vite compris que si je ne prenais pas les devants, j’étais vouée à mourir de la pire des manières.
   La maladie de Charcot ne donne aucun espoir, laissant entrevoir la plus terrible des issues, non pas surtout la fin inéluctable, avec laquelle elle avait fini par faire alliance, mais avec les atroces souffrances programmées où la personne se dissout dans d'atroces souffrances.
    Elle est allée en  Belgique  pour se livrer humainement, volontairement, à l'acte fatal, dans des conditions les plus encadrées et légales qui soit là-bas.
    Après avoir écrit  Le tout dernier été, témoignage de son choix et des déficiences légales de son pays en ce qui concerne ce qu'on appelle l'assistance de fin de vie.
         Le terme-couperet de suicide ne convient pas en la circonstance pour désigner une mort lucidement choisie dans des conditions particulières et humainement assistées.
«  Je viens de rencontrer mes passeurs. Ces hommes qui font désormais partie de ma vie puisqu’ils vont m’aider à la quitter.
,,,Je les ai sentis rigoureux, exigeants, prudents. Et engagés à me tendre doucement la main. Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l’âme.  »

     On lui a lâché la main. Définitivement.
        Mais pas dans l'indifférence purement stoïque ni dans l'héroïsme claironné. Comme en exil. C'est déchirant de devoir quitter mon pays pour mourir comme je l'entends.
     _____En France, la fin de vie dans les conditions actuelles, reste encore largement un sujet tabou.
  Les conditions de la mort à l'hôpital ont changé, mais la loi Leonetti est insuffisante ou mal appliquée dans l'ambiguïté et la culpabilité., La législation est défaillante.
  Elle pourrait enfin changer si aboutissent les demandes en cours, selon le voeu de Anne Bert.
        Pour ne pas vivre sa vie jusqu'au bout de l'enfer...
                       Pour s'inventer un autre jour...
             Pour ne pas être condamné à l'exil, en Belgique ou en Suisse.
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