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Un rabbin pas comme les autres

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Elle détonne.
                  Dans le concert d'approbation saluant à Tel Aviv la décision de Trump au sujet de Jerusalem,
    Delphine Horvilleur fait part de ses critiques sur ce coup de tête uninatéral, intempestif et dangereux dans le contexte actuel, qui réjouit Netanyahu, l'extrême droite israëlienne et une bonne partie de l'opinion, à part une certaine gauche israëlienne qui se démarque et des manifestants ici et là, qui voient le danger de toucher pour l'instant au statut spécial de la ville-symbole, instrumentalisée une nouvelle fois.
  Son franc-parler, qui n'est pas unique dans le monde juif, lui vaut des menaces dans certains milieux de son propre camp.
   En plus du fait qu'elle en énerve certains.
    Menaces qu'elle prend avec distance, dans son combat contre tous les fondamentalismes.
  Elle dit« L’intégrisme religieux est cette pathologie du regard qui le rend incandescent. L’obscurantisme renvoie précisément à l’étude dans le noir, c’est-à-dire sans dialogue avec les affaires du monde, et dans le mépris de ceux qui plantent et qui récoltent. C’est un retrait du monde qui y met le feu en s’imaginant paradoxalement le sauver. ..Tel est le propre du discours fondamentaliste qui enferme ou mutile ses pairs au nom de ses pères. C’est-à-dire qui cherche à restreindre l’expérience humaine à sa vision du monde, au nom d’un passé souvent fantasmé ou d’une pratique ré-inventée comme atemporelle. Un tel projet religieux est « pharaonique » au sens biblique du terme, dès lors qu’il tente par la force de se construire des mausolées-pyramides pour y enfermer les dépouilles d’une divinité mortifère. »
       Mais commentYHWH y retrouve-t-il les siens?
  On sait, depuis les études de l'historien israëlien Shattner, que la société israëlienne, où portant plus de 40% des juifs s'estiment laïcs, pas seulement le monde juif dans son ensemble, est traversé par de profonds clivages et des tensions fortes, parfois violentes.
   Le monde des rabbins, lui aussi, est multiforme; parfois appuyant la politique d'implantation de Bibi, qui les introduit dans son gouvernement,  parfois en opposition interne ouverte.
 Comment être juif aujourd'hui est une question qui se pose toujours, surtout dans le contexte du regain du projet sioniste et d'implantations affirmées, question plus politique que religieuse.
   Le judaïsme orthodoxe est un monde divers, depuis les plus modérés jusqu'aux plus extrémistes juifs ultra-orthodoxes qui veulent le démantèlement d'Israël, que ce soit à Jérusalem, à New-York ou à Toronto, posant certains problèmes au pouvoir par leur radicalité. Pour eux «Les sionistes n’ont aucun droit sur la terre sainte», «La Torah exige que toute la Palestine soit rendue aux Palestiniens et redevienne souveraine», «La solution: le démantèlement pacifique de l’État israélien», «Anti-zionism is not anti-semitism». Ces hommes appartiennent au mouvement Neturei Karta se définissant comme ultra-orthodoxe et antisioniste. Tous rabbins, ils alimentent leur discours politique d’une rhétorique religieuse et de constantes références à la Torah..
Ils s'appuient su le fait que les fondateurs du sionisme, comme Théodore Herzl, étaient des Juif laïcs, incroyants de surcroît, et dénonce l'amalgame entre antisionisme et antisémitisme.
        Cette opposition est ancienne.
Les mouvements antisionistes datent d’avant la création de l’État d’Israël et participent aussi de son histoire. Les neturei karta son nés d’une scission au sein des partis religieux de l’union Agoudat Israël, créée en 1912. Ils reprochaient au rabbin Isaac Breuer de l’Agoudat d’être trop conciliant avec le sionisme, l’idéologie honnie des religieux considérée comme un «danger mortel pour le judaïsme».
Dans le contexte historique de l’époque, la propagation des fascismes en Europe, certains religieux avaient cherché à créer des alliances avec les sionistes. D’autres n’ont pas varié, tels les partisans du grand rabbin Chaim Sonnenfeld, ardent détracteur du sionisme mort en 1932. Ceux-ci choisissent de se séparer d’Agoudat Israël et créent en 1935 un premier groupe, Hevrat ha Hayim («le parti de la vie»), qui deviendra ensuite Neturei Karta: «les gardiens de la cité» en araméen. Cette expression provient du Talmud de Jérusalem qui présente les religieux comme les vrais défenseurs de la ville sainte."
  D'autres  rabbins extrémistes  ont encouragé le pire repli identitaire et ont inspiré le bras armé de l'assassin de Rabin, dans sa tentative de conciliation avec les leaders palestiniens.

   Un monde ultra-orthodoxe divisé, certains rabbins allant jusqu'à vouloir interdire la conduite aux femmes, et plus...
     Le centriste modéré Lapid, favorable à un retour rapide aux négociations pour deux etats indépendants, cite certains  rabbins qui inspireraient les extrémistes de droite
   Tant que la confusion entre antisionisme expansionniste et antisémitisme sera entretenue, souvent à dessein, les tensions ne seront pas prêtes de se résoudre.
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Un saut hamiltonien?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Ambiguïtés.
                      Après les négociations ardues de ces deniers jours à Bruxelles, certains ont qualifié le compromis, obtenus pour aider à surmonter les effets de la crise européenne, comme une sorte de saut hamiltonien, en référence à l'homme politique qui contribua à l'édification de la nation américaine sur la base d'un fédéralisme, qui allait amener à une nouvelle configuration des pouvoirs et à un partage des dettes.
       Ce qui s'est passé à Bruxelles n'est pas rien , à condition que ce soit ratifié pas l'assemblée, mais ce n'est pas un saut qualitatif. C'est un compromis temporaire et encore bien vague sur de nombreux point, interprété diversement par chacune des parties.  Le quotidien régional de centre-gauche Berliner Zeitung salue un compromis "historique" malgré une réglementation trop "vague" . "Au départ, un droit de veto pour chaque pays membre a été discuté. Le compromis actuel ne le prévoit plus. Selon le nouveau règlement, une majorité de 55 pour cent des pays de l'UE (17 sur 27 pays) avec 65 pour cent de la population totale serait nécessaire pour déposer une plainte. En pratique, cela semble peu probable", critique le quotidien à propos du contrôle de versement des aides.
   Les zônes d'ombre ne manquent pas et il y a des gagnants.
On est encore bien loin d'un premier moment fédéral. La prudence s'impose.  Pour The Guardian, les pays de l'Union européenne auraient bien tort de se réjouir après un sommet "amer" qui "révèle un déficit de confiance entre les dirigeants". Une vrai bataille au milieu des Vingt-Sept selon le site internet du quotidien, pour qui "la confrontation entre les 'frugaux' et les pays qui doutent de l’état de droit met en évidence l’acrimonie au cœur de l’union".
      La "conversion" de l'Allemagne est certes spectaculaire, mais elle semble bien s'expliquer par le contexte difficile qui s'impose à elle et à son industrie exportatrice en péril.
                       "... Pour mesurer les zones d’ombre de cet accord, il suffisait d’écouter les différents camps au sortir de leur interminable réunion mardi matin : chacun avait gagné la partie ! « Nous l’avons fait. L’Europe est au rendez-vous, l’Europe est rassemblée », s’est félicité Charles Michel, président du Conseil européen. « Nous avons apporté une réponse à la plus grande crise de l’histoire européenne », a renchéri Angela Merkel, tandis qu’Emmanuel Macron insistait sur le caractère « historique » de ce plan.
         Au même moment, Mark Rutte, le premier ministre néerlandais qui a mené la fronde des pays dits « frugaux », hostiles à toute mutualisation des dettes au niveau européen, insistait sur le fait que le plan de relance ne transformerait pas l’Europe en une union de transferts de richesses, parce que les Pays-Bas et ses alliés avaient veillé à ce que ce soit un programme ponctuel et limité dans le temps, juste pour faire face à la crise sanitaire.

 
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Charles Michel, président du Conseil européen, après l'accord sur le plan de relance, le 21 juillet. © Stéphanie Lecocq/ AFPUrsula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Charles Michel, président du Conseil européen, après l'accord sur le plan de relance, le 21 juillet. © Stéphanie Lecocq/ AFP          Alors que l’Europe affronte sa troisième grave crise économique en l’espace de dix ans, les dirigeants européens savaient qu’ils ne pouvaient se quitter sur un échec : il en allait de la survie de la zone euro. Durement touchée par la pandémie, l’Italie risquait de sombrer dans des niveaux d’endettement insoutenables si aucune aide ne lui était apportée, au risque de provoquer une nouvelle crise de la dette en Europe. Et, cette fois, la Banque centrale européenne, qui tient la zone euro à bout de bras depuis une décennie, risquait de se trouver sans munitions monétaires suffisantes, si les États européens ne prenaient pas le relais avec des dispositifs budgétaires.        C’est cette menace qui a conduit Angela Merkel à faire volte-face et à abandonner la position dure de refus de soutien aux autres pays européens qu’elle avait adoptée au cours des dix dernières années. Alors que la crise sanitaire met à mal toute l’économie mondiale, que la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump fait peser un risque sur ses exportations, que les produits chinois sont désormais en concurrence directe des productions allemandes, que l’industrie automobile, pièce centrale de l’économie allemande, connaît une crise existentielle, Berlin ne pouvait se payer le luxe en plus de voir s’effondrer la zone euro, devenue son marché intérieur. « Il est dans l’intérêt de l’Allemagne que l’Union européenne ne s’effondre pas », reconnaissait sans ambages Angela Merkel en juin.      Mais cette conversion de la chancelière allemande, applaudie par la France et les responsables européens, n’a pas convaincu tout le monde. Les dirigeants européens pensaient s’être débarrassés de toute opposition forte avec le départ de la Grande-Bretagne, après le Brexit. Ils ont trouvé face à eux un opposant tout aussi embarrassant : les Pays-Bas. Ceux-ci ont réussi à fédérer autour de leur cause le Danemark, la Suède, l’Autriche et la Finlande. Dès que le premier ministre néerlandais a entendu la proposition de la Commission européenne de lever de la dette sous la signature de l’Union afin de faire profiter les pays européens les plus exposés de taux plus bas ou, pire encore, de leur donner de l’argent sans exiger de remboursement, il s’est opposé de toutes les manières possibles au projet. Avec un succès certain.      Car quoi qu’en disent les communicants de l’Élysée, le couple franco-allemand, sur lequel Emmanuel Macron fait reposer toute sa stratégie européenne, a été sérieusement à la peine pendant ce sommet. Loin de donner le la, il lui a fallu aller de concessions en renoncements pour faire approuver son plan de relance. Tous s’attendaient à des révisions à la baisse par rapport au projet de 500 milliards d’euros de dons aux pays les plus en difficulté, présenté en mai. Mais pas dans de telles proportions.        Pendant le week-end, l’Allemagne et la France annonçaient encore que la somme de 450 milliards d’euros était leur dernière limite, la « ligne rouge » qu’ils se refusaient à franchir. Ils ont finalement transigé à 390 milliards d’euros. Tout le reste (360 milliards d’euros) sera versé sous forme d’emprunts auprès des différents pays demandeurs. Et encore : il faudra que ceux-ci montrent patte blanche.      Même si les pays dits frugaux ont en apparence échoué à imposer des conditionnalités sur le versement des crédits dispensés par l’Union – c’est-à-dire à placer les pays sous la direction de la Commission – et à obtenir un droit de veto – les plans seront adoptés à la majorité qualifiée –, ils ont arraché cependant une possibilité de faire appel dans un délai de trois mois, s’ils considèrent que les pays bénéficiaires ne respectent pas les règles. Surtout, ils ont réussi à imposer un contrôle étroit de la Commission européenne sur tous les projets financés par l’Union. Ce ne sera pas la troïka, qui a laissé un souvenir traumatisant dans toute l’Europe, mais cela ira bien au-delà du nécessaire contrôle pour lutter contre la corruption et le détournement des fonds publics.             Le ralliement de l’ensemble des pays européens aux positions néerlandaises sur ce sujet met en lumière la permanence des schémas macro-économiques dans lesquels s’inscrit le plan de relance. Officiellement, celui-ci est censé marquer une rupture avec l’austérité expansionniste, imposée à toute l’Europe depuis 2008, et qui a valu à la zone euro la croissance la plus faible de tous les pays occidentaux. Mais cet abandon n’est que provisoire, une parenthèse pour faire face à la crise économique provoquée par la pandémie : les critères fixés par les traités existants demeurent.                Surtout, cette mise à l’écart n’est que partielle : les réformes structurelles (retraites, marché du travail, Sécurité sociale, santé) sont toujours de mise. Les mises en demeure de Mark Rutte, qui a insisté sur la nécessité de mener à bien ces fameuses réformes structurelles, n’ont suscité aucun désaccord dans les rangs des autres dirigeants européens. Les financements dégagés par l’Europe doivent servir à des projets à même de mettre en œuvre ces réformes, censées soutenir une croissance durable – ce qui n’a jamais été prouvé, les expériences passées démontrant même le contraire. Mais cela vaut aussi pour les projets destinés à soutenir la transition écologique, le développement numérique.      Tout s’inscrit dans la même idéologie ordolibérale, promouvant les mêmes schémas de croissance que par le passé, la même stratégie de l’offre. À cette aune, le grand plan de relance risque vite de se transformer en un programme de soutien au secteur privé, en excluant toute politique publique, la Commission européenne censurant tous ceux qui seraient tentés de s’écarter du « droit chemin "....                                                          ______________________
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Terres rares

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

De plus en plus rares?
                                     Problématique transition énergétique.

Baoutou_Mongolie
 

       Contrairement à leur dénomination , les terres rares ne sont pas des « terres » et ne sont pas si « rares » ! Cette appellation nous vient des scientifiques européens du XVIIe siècle. L’appellation « terre » vient du fait que les oxydes sont réfractaires au feu, et « rare », parce qu’il y en avait très peu en Europe. Les chercheurs de l’époque estimaient qu’il devait donc y en avoir peu dans le reste du monde » explique le géologue Paul Caro.
        De par leurs propriétés particulières, dans le domaine des nouvelles technologies, elles subissent une toujours plus forte demande et font l'objet d'une intense compétition, sur fond de dégradations écologiques. L'extraction et le raffinage de ces nouvelles matières premières ont des répercussions lourdes sur l'environnement.
   Les terres rares prennent une place de plus en plus importante dans les technologies visant à réduire notre consommation pétrole.
    En permettant de nous libérer des énergies fossiles, elles pourraient bien avoir un coût écologique important, en plus de créer de réelles dépendances géopolitiques.
   Une vérité qui dérange les certitudes des inconditionnels de la voiture électrique ou du smartphone. 
    La Chine se trouve de fait aujourd'hui en situation de monopole. 
         Elle est importatrice nette de terres rares d’ici 2025.

 
        ....97% de la production des terres rares se fait aujourd’hui en République populaire de Chine. Or, depuis la massification des postes de TV couleurs, les terres rares sont devenus indispensables aux filières de fabrication d’objets high-tech et de production d’énergie renouvelable – écrans à cristaux liquides, tablettes, ampoules basse consommation, batteries de voiture électrique ou hybride, comme la fameuse Toyota Prius. Bref, aux industries dites d’avenir. Sans parler de leur utilisation dites stratégiques dans les industries dites de défense, c'est-à-dire dans la production d’armes et d’objets militaires : missiles de croisières, munitions guidées, radars, équipements de visions nocturnes, satellites… Le quasi monopole de la Chine sur l’exploitation des terres rares a donc transformé une question géologique, minière et industrielle en quasi-crise géopolitique.
            “Les énergies fossiles ne sont plus la solution, elles sont devenues le problème.” Le ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, l’a répété le 12 décembre 2017 à l’occasion du One Planet Summit, qui portait sur le financement des politiques climatiques. On mesure mieux, à l’aune de cet unanimisme écolo-friendly, la controverse que va susciter l’essai iconoclaste du journaliste (au Monde diplomatique notamment) Guillaume PitronLa Guerre des métaux rares – La Face cachée de la transition énergétique et numérique. Dans cette enquête de terrain nourrie par six ans de tribulations dans une douzaine de pays, l’auteur jette une lumière crue sur un angle mort de la lutte contre le réchauffement climatique : paradoxalement, la manière dont sont produites les green-tech” dont dépendent les énergies renouvelables (ainsi que nos smartphones), et dont nous sommes de plus en plus friands, est très peu respectueuse de l’écosystème...
                 La guerre pour les ressources rares n'en n'est qu'à ses débuts. Même l'industrie de l'armement s'inquiète de l'épuisement des ressources en métaux « stratégiques » 
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Accord à l'arraché

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Enfin!
         Un début de virage  mais non une révolution communautaire.
                               Berlin prendrait-elle enfin conscience des propres intérêts?
   Si on peut parler d'un accord historique, ce n'est pas encore un premier pas vers une intégration rêvée et solidaire. L'Europe reste encore trop souvent un épicerie ou chaque pays veut faire prévaloir d'abord ses intérêts, chaque pays jouant le rôle de marchand de tapis
    Un rapprochement par nécessité, par intérêt. Non pas par idéal.


  Le bras de fer a été long malgré l'urgence.
     Un sorte de Plan marschal? Si l'on veut, mais pas à la hauteur des besoins et de la crise qui s'annonce.
     Problème: à l'échelle de l'union, qui contrevient à ses propres règles,tout est à repenser;
          " L’attitude qu’ont chacun des quatre États est certes sujette à caution. Mais les quatre frugaux ne sont pas les seuls à tenter d’obtenir des concessions sur le plan de relance et, par ricochet, sur le futur budget européen. La Hongrie et la Pologne, pourtant largement bénéficiaires du plan à venir, réclament à leur tour qu’aucune contrepartie en matière de respect de l’État de droit ne soit invoquée pour le prochain budget européen. La République Tchèque semble de son côté vouloir accepter le plan tel quel, mais à condition qu’elle bénéficie sur le prochain budget de rallonge       Ce qui s’exprime ici est moins une attitude individualiste que la conséquence de la logique de l’Union européenne. Les élites pro-européennes ont beau jeu de vouloir dénoncer l’attitude des quatre frugaux. Mais ces derniers ne tentent-ils pas de respecter à la lettre le Traité de fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) et le Traité de l’Union européenne (TUE), dont la naissance a été rendue possible par le Traité de Maastricht ? Dans un colloque organisé à Zurich en février 2019, Mark Rutte rappelait à juste titre qu’il était pour davantage d’Europe et pour un accroissement du rôle de cette dernière sur la scène géopolitique mondiale. Il ajoutait, non sans malice, que chacun devait en interne respecter scrupuleusement les règles fixées en commun et ratifiées par tous les États membres : « Mais un accord est aussi un accord en ce qui concerne l’euro et le Pacte de stabilité et de croissance. Car ici aussi, faire entorse aux règles peut contribuer à l’érosion du système tout entier et nous ne pouvons rien accepter de tel ».           La pandémie du coronavirus est bien venue ébranler l’édifice européen et son caractère exceptionnel oblige les États et l’Union européenne à activer des outils eux-mêmes exceptionnels. C’est d’ailleurs la ligne portée par l’Allemagne qui a effectué un retournement spectaculaire sur la question en quelques mois. Suffirait-il dès lors d’une crise exogène pour affriander les plus frugaux des Européens, alors que ce sont ces derniers qui se sont montrés, en apparence, comme les plus droits dans leur respect des institutions et des règles budgétaires ?

Prise dans cette configuration, cette analyse montre toute l’absurdité de l’architecture européenne qui oblige, in fine, à ce que les États se livrent, à coups d’artifices juridiques, à une concurrence rude et imparfaite. Les Pays-Bas sont l’un des pays qui a le plus profité de l’Union européenne, contrairement à la France ou à l’Italie mais personne ne s’était réellement ému jusqu’à présent du dumping fiscal exercé par les Néerlandais, tant que ces derniers respectaient le pacte de stabilité budgétaire. Le problème n’est donc pas tant que les Néerlandais se soient montrés plus malicieux dans leur gestion des affaires européennes que des règles édictées qui, de fait, montrent l’impasse, sinon la débâcle qu’offre l’Union européenne. Ce dont souffre l’Union européenne et son élite néolibérale est l’aboulie que même une crise de l’ampleur du Covid-19 ne semble que partiellement soigner. C’est cette même élite, qui, sans vergogne, n’a pas hésité à appliquer l’austérité, dont les conséquences sont loin d’être terminées, à la Grèce, à l’Espagne, à Chypre, au Portugal ou encore à l’Irlande. C’est encore cette même élite qui a, coûte que coûte, souhaité préserver la monnaie unique, avec les conséquences dramatiques que l’on mesure chaque jour au niveau du chômage et de la pauvreté, là encore au Sud de l’Europe.            De nombreux éditorialistes font mine de s’étonner de l’attitude des Pays-Bas, de la Suède, du Danemark et de l’Autriche. Ils constatent à quel point ce sont d’affreux radins nocifs à l’intégration européenne. Mais de quelle intégration parle-t-on ? Une intégration qui consiste à poursuivre l’affaiblissement de nombreuses économies car trop divergentes les unes des autres ? Une intégration qui accepte en son sein le non-respect de la question des droits humains les plus élémentaires, à l’image de ce qui s’est déroulé durant la campagne présidentielle polonaise ? Ils oublient en définitive que le problème de ces interminables sommets européens est intrinsèquement, ontologiquement lié à la nature même de l’Union européenne et de sa construction..."
                Une solidarité très partielle, comme dit J.Quatremer., qui n'est pas tendre vis à vis des défauts congénitaux du "modèle" européen.
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Contradictions

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Entre idéaux et réalité...
                        ...La marge est parfois grande.
C'est ce que souligne le manifeste suivant.
    Un peu de logique et de cohérence ne nuit point, même si les problèmes sont parfois difficiles à régler quand on est au pouvoir, d'autant plus qu'ils sont aussi l'héritage d'une situation qui n'a jamais été correctement abordée, qui a fait l'objet d'une politique de gribouille, dans le cadre de la cacophonie européenne sur le sujet.
   On a affaire à une politique migratoire pour le moins floue, dans le cadre dans l'ambiguïté du "en même temps" et d'une stratégie de l'essuie glace.
    On occulte l’urgence et la nécessité qui ont poussé les gens à venir jusqu’ici. Certains s'en indignent, même au sein de LREM
   D'autres soulignent que aucun gouvernement n'avait été aussi loin "Début décembre, plusieurs associations quittaient la table de Gérard Collomb après avoir pris connaissance de sa circulaire. Révélée le 12 décembre, elle vise à recenser les migrants dans les centres d'hébergement d'urgence et à évaluer leur situation administrative grâce à l'envoi "d'équipes mobiles" d'agents de préfecture et de l'Office des migrations internationales (Ofii). L'objectif de cette circulaire: "Déterminer leurs conditions légales de séjour en France", les "informer sur leurs droits et les procédures applicables" et les "faire convoquer pour des examens de situation plus poussés en préfecture" -ultime étape avant de mettre en oeuvre les procédures d'éloignement.
    Mais cela ne se passe pas comme ça, à la Porte de la Chapelle comme dans la région niçoise.
      La vielle peur de l'étranger prend le dessus, avec ses fantasmes d'envahissement, alors que le problème n'affecte qu'une partie minime de la population totale et que nous somme bien en-dessous de certains pays voisins..
        Il s'agirait d' abord de satisfaire l'opinion publique.
   D'anciens immigrés disent leur réticence à accepter cette politique migratoire:"Rappelons-nous de même les intellectuels Jean-Paul Sartre et Raymond Aron, diamétralement opposés dans leur manière de voir le monde, le premier de gauche, le second de droite, le philosophe André Glucksmann, le médecin Bernard Kouchner, Michel Foucault, Yves Montand, le cardinal François Marty, le rabbin Josy Eisenberg, l'écrivain allemand Heinrich Böll se mobilisant en faveur des boat people fuyant le communisme au Vietnam et au Cambodge. 120 000 Vietnamiens et Cambodgiens seront accueillis entre 1975 et le début des années 1980 en France.
                         Une rencontre « inutile » : c’est ainsi que deux associations – Utopia 56 et l’Auberge des migrants – considèrent la venue d’Emmanuel Macron aujourd’hui à Calais, à la veille des débats parlementaires sur le projet de loi sur l’asile et l’immigration. Elles ne participeront donc pas aux rencontres entre le chef de l’Etat, les élus, les forces de l’ordre et les acteurs de terrain. Pour son double discours, humaniste dans les mots mais très sévère dans les actes, le président est de plus en plus critiqué, par les acteurs humanitaires, mais aussi de nombreuses voix intellectuelles et publiques, tels J.M.G. Le Clézio, Louis Gallois ou des responsables syndicaux – et jusque dans les rangs de sa propre majorité. En claquant la porte d’une discussion qu’elles estiment – au vu de leur expérience – falsifiée et perdue d’avance, ces associations prennent un risque (être accusées d’empêcher les échanges), mais refusent surtout de se prêter à un simulacre de dialogue et de servir d’« alibi » à des politiques qu’elles désapprouvent. Et gardent leur liberté d’agir chaque jour, aux côtés des exilés du Calaisis.
               Au nom de la régulation...
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Sortir d' Absurdistan

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Après Ségur, on pouvait être déçu.
                                    On attendait du bon sens à l'hôpital, une autre organisation.
        Mais voilà que ce qui n'était pas possible va pouvoir advenir.
                       Du moins on l'espère.
     Ségur avait laissé un goût d'inachevé.
                Va-t-on maintenant dans la bonne direction?
                           Le ministre s'y engage. Fortement. Attendons maintenant la mise en oeuvre.
           "...Une semaine après ses annonces sur les salaires, le gouvernement a dévoilé, mardi 21 juillet, une série de mesures pour « accélérer la transformation du système » de soins, prévoyant notamment 4 000 lits « à la demande » et une réduction de la part de la tarification à l’activité, en clôture du Ségur de la santé.
      « Nous avons agi vite et fort parce qu’il le fallait (…). Il s’agit de remettre de l’humain, mais aussi de remettre des moyens et du sens dans notre système de santé », a plaidé le ministre de la santé, Olivier Véran, en concluant cette concertation de six semaines animée par Nicole Notat et lancée à la suite de la crise 
             Investissement, gouvernance, organisation territoriale… L’objectif est de « libérer les établissements de santé et personnels d’un certain nombre de contraintes », ainsi que de « redonner du pouvoir d’initiative et de décision à celles et ceux qui soignent », a résumé l’ancienne numéro un de la CFDT. « L’organisation interne et la gouvernance des établissements doivent pouvoir s’adapter à des situations locales spécifiques », a renchéri M. Véran.
      Pour l’hôpital public, M. Véran a, en outre, insisté sur la nécessité de « mettre fin » au « mercenariat » de l’intérim médical, qui a « donné lieu à trop d’abus, trop longtemps », proposant de faire « bloquer par les comptables publics les rémunérations dépassant le plafond réglementaire » ou de permettre aux agences régionales de santé (ARS) de dénoncer les abus devant les tribunaux administratifs.
      Une enveloppe de dotation sera mise à disposition des établissements pour « accélérer la réduction de la part de T2A », la très décriée tarification à l’activité, dans le financement des hôpitaux. Ce système, qui fixe les ressources des hôpitaux en fonction des actes effectués, est souvent accusé de pousser à la « course au volume.... ».
                                                                 ____________________

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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Ces Khazars oubliés    [Jalons]
                        Une brève existence aux prolongements discutés.
     L' historien israëlien Schlomo Sand, comme d'autres, se déclarait il y a peu khasar, fier de l'être, remettant en question une mythologie nationale ayant été à l'origine de son pays.
    Le mythe fondateur de l'exil avait été l'élément idéologique fondateur du retour sur la terre d'origine.
    Le discours officiel sur le retour du peuple juif dans sa terre serait un discours construit a posteriori, comme il arrive souvent dans l'histoire, où le mythe s'élabore souvent facilement pour fonder une légitimité.
   Mais qu'en est-il de cette thèse qui n'est pas sans intérêt mais qui suscite de nombreux débats entre historiens et d'autres, plus passionnés, en terre d'Israël, surtout à l'heure où le sionisme politique est en cours d'extension en Cisjordanie notamment.
      Qui furent ces Khazars, ce  royaume englouti  qui aurait été à l'origine de la branche askkénase?
  Un peuple de nomades au secours de Byzance, qui disparut sans laisser de traces, un peuple qui a préservé le Caucase de la conquête arabe musulmane et soutenu la lutte de l’empire byzantin contre son puissant voisin perse. Aux VIIe-IXe siècles, il jouait donc un rôle déterminant sur la scène du monde.

Plus étonnant encore : ce peuple turcophone s’est en partie converti au judaïsme, cas unique en son genre.   S’ils réussissent à garder leur identité de peuple de la steppe, jusqu'à se convertir au judaïsme, ils conservent aussi un pouvoir essentiellement clanique, sans État. Au moindre signe de faiblesse, les clans et tribus qui leurs sont soumis sont tentés de se révolter. Après une période de troubles dans les années 830, le rapport de force se renverse dans la seconde moitié du IXe siècle et conduit à la chute de l'empire khazar.
    Thomas Tanase est aeez prudent dans son interprétation
          "Cela ne signifie pas pour autant que les Khazars n’aient laissé aucun héritage. Arthur Koestler a popularisé l’idée d’une « treizième tribu » d’Israël, postulant que les Khazars auraient été la véritable origine des populations ashkénazes, ces communautés juives d’Europe centrale et orientale.  Les historiens ont plus que nuancé cette idée, qui repose sur une exagération manifeste. Ils ont parfois nié en bloc toute forme de lien, surtout si l’on estime que la conversion des Khazars n’a jamais concerné qu’une élite restreinte. Mais ce point de vue est lui-même aujourd’hui de plus en plus souvent nuancé.  De fait, une part du peuple khazar s’est bien convertie au judaïsme. Il n’est donc pas impossible, même si cela fait toujours l’objet d’un débat, que des groupes d’origine khazare aient été intégrés dans les populations juives est-européennes ou russes. Mais il ne s’agirait alors que d’un élément parmi bien d’autres, sans doute limité, dans une formation qui s’inscrit sur le temps long.   Les Turcs seldjoukides, appelés à une grande destinée, à l’origine lointaine de la Turquie moderne, sont issus de ces Oghouz qui ont côtoyé les Khazars ; on s’est parfois demandé, là aussi à titre d’hypothèse, si le fait que le fondateur de la dynastie, Seldjouk, ait appelé ses fils Mikhaïl (Michel), Yunus (Jonas), Musa (Moïse) et Israël ne témoigne pas d’une influence khazare."
     Ceux qu'on a nommés la treizième tribu d'Israël ont adopté le judaïsme essentiellement par opportunisme et par intérêt.,  à l’intersection de 3 grandes voies commerciales. D’est en ouest, la route de la soie, qui relie la Chine à la Méditerranée, du nord au sud, la route de l’étain et de l’ambre, vers le sud la route de l’encens, en provenance de la corne de l’Afrique et du Yémen en passant par l’Egypte. La route de la soie est un trait d’union entre l’empire chrétien de Byzance et les puissances perses et ensuite musulmanes de l’est et du sud.
  Ces Juifs de la steppe auraient quitté une sorte de religion chamanique pour adopter le judaïsme, afin surtout de se différencier de ses puissants voisins,  Byzance d'un côté, perse de l'autre.
       Si on suit S.Sand, la notion d'un peuple juif homogène, revenant sur ses terres tels qu'ils les ont quiitées pose problème. Le problème se pose aussi pour la branche  séfarade, qui serait l'aboutissement de nombreuses conversions en Afrique du Nord, de certains peuples berbères notamment 
   Mais épouser à la lettre sa thèse pose problème pour certains historiens, qui sont en fait partagés sur le sujet. à des degrés divers. En Israël, le déconstructivisme de Shlomo Sand et de quelques autres est diversement accueilli. Parfois avec hostilité, surtout dans les milieux religieux fondamentalistes (on le comprend, étant donné le poids des dogmes ambiants et le littéralisme de la lecture biblique) ou avec intérêt, surtout dans les milieux universitaires. 
          Encore du travail pour la recherche à venir, l'archéologie, la génétique des populations...
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Esclavage: histoire complexe

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

L'esclavage vu autrement
                          La lecture simpliste de l'histoire, à laquelle nous sommes généralement habitués, nous amène à croire que ce ne fut qu'un phénomène blanc, limité dans le temps, d'abord européen, conséquence des grandes découvertes, surtout africaines, à partir du 17° siècle, et des nouveaux besoins en matière agricole, avide de main d'oeuvre bon marché.
   Mais l'esclavage n'a pas existé seulement sous ses formes bien connues et seulement en Occident.
  La récent problème du "déboulonnage" nous a permis de raviver notre mémoire trop stéréotypée, à la lecture d'une histoire plus complexe.

      Une très vielle histoire et une réalité à faces multiples malgré les invariants.
                                                         "...L'esclavage a été pratiqué dans toutes les sociétés sédentaires et organisées... mais jamais il n'est allé de soi. Ainsi le savant Aristote se croyait-il obligé de le justifier dans un célèbre plaidoyer. Dans l'Antiquité, c'était le sort qui attendait ordinairement les prisonniers de guerre. Le mot latin qui désigne les esclaves (servus) dérive de conservare (« conserver la vie ») et rappelle cette origine.  Le mot esclave vient du mot Esclavon ou Slave parce qu'au début du Moyen Âge, les Vénitiens vendaient en grand nombre des païens de Slavonie (une région de la côte adriatique) ou d'Europe orientale aux Arabes musulmans, lesquels faisaient une grande consommation d'esclaves blancs tout autant que de noirs.   Au XVIe siècle, la colonisation du Nouveau Monde a suscité de nouveaux besoins de main-d'oeuvre. Ne trouvant plus assez de ressources chez les Amérindiens et dans les bouges du Vieux Continent, les Européens ont fait venir des esclaves d'Afrique noire, où ils n'avaient guère de peine à trouver des vendeurs (marchands arabes ou roitelets noirs).
          Aux Temps modernes (XVIIe et XVIIIe siècles), le dévelopement de la traite atlantique a conduit à assimiler les esclaves aux noirs d'Afrique et suscité en Occident le développement du racisme et du mythe de la supériorité de la race blanche. Les gouvernements ont choisi d'encadrer l'esclavage pour en limiter les abus, faute de pouvoir l'interdire. C'est ainsi que le fils du grand Colbert, ministre de Louis XIV, édicta en mars 1685 un texte réglementaire plus tard appelé Code Noir.
Convoi de captifs en Afrique au XIXe siècle (gravure abolitionniste)
L'esclavage, pudiquement qualifié d'« institution particulière » par les élites des Lumières, a été progressivement aboli à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle dans les États américains et les colonies européennes grâce à l'action des sociétés philanthropiques d'inspiration chrétienne.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'influence des idées démocratiques a conduit à son abolition dans l'ensemble des États de la planète. Les derniers pays à l'abolir officiellement ont été deux pays arabo-musulmans : l'Arabie séoudite en 1962 et la Mauritanie en... 1980.
Il n'empêche que l'on assiste en ce début du XXIe siècle à un retour de l'esclavage dans de vastes parties de la planète, en particulier en Afrique noire depuis la vague de décolonisation des années 1960, mais aussi dans certains pays arabo-musulmans, dans le sous-continent indien, dans certaines régions chinoises et même en Europe.
En Afrique, dans toute la frange sahélienne au sud du Sahara (Mauritanie, Mali, Niger, Nigeria, Tchad, Soudan), de sanglantes tensions perdurent entre les descendants d'esclaves et leurs anciens propriétaires, généralement des nomades musulmans à peau claire.
   Dans les années 1990, les commerçants mauritaniens du Sénégal ont été ainsi victimes de violences meurtrières de la part d'émeutiers noirs qui les ressentaient comme liés aux anciens trafiquants d'esclaves..."
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USA: ses chères armes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Quand les guns se déchaînent
                              Ce n'est pas l'arme qui tue... répète la NRA qui défend de son mieux les lobbies de marchands d'armes en tous genres, de guerre comprises, pour leurs plus grands bénéfices. Donc il faut se protéger de ceux qui en portent légitimement et en achètent plus encore. Un cercle vicieux que dénoncent ceux qui défendent un système dont les effets deviennent de plus en plus incontrôlables et meurtriers.         Dans certains Etats, la vente des fusils d'assaut n'est même pas contrôlée, ou si peu. 
   Au non du sacro-saint deuxième amendement.

    Une folie dénoncée depuis longtemps par ceux qui se refusent d'entrer dans la rhétorique mortifère de certaines élites, qui soufflent sur les braises d'une situation parfois incontrôlable. .
   C'est un problème depuis longtemps, mais avec la crise et les affrontements qu'elle génère, encouragé par des groupes extrêmistes en tous genres et par une économie souterraine de subsistance, c'est devenu explosif.
  De grosses affaires dans les armureries en ces temps d'incertitudes. Business more as usual...
        "...La guerre la plus meurtrière pour la population américaine n’est pas la seconde guerre mondiale, ni la guerre de Corée, ou celle du Vietnam. C’est celle qui se poursuit chaque jour à coups de revolver dans les rues des Etats-Unis. Le taux de meurtres pour 100 000 habitants y est six fois plus élevé qu’en Europe et sept fois supérieur à celui du Japon.    Dans la majorité des cas, ces meurtres sont commis à l’arme à feu. Aux Etats-Unis, pistolets, revolvers, fusils de chasse, fusils à canon scié, fusils d’assaut et mitraillettes sont en vente libre.     Paradoxalement, c’est aussi le pays où l’on trouve le plus d’opposants irréductibles à toute forme de contrôle de la vente des armes. Le lendemain du massacre le plus meurtrier dans les annales — 23 personnes tuées le 16 octobre 1991 à Kilteen, Texas, par un homme disposant de deux pistolets semi-automatiques — le Congrès rejeta une loi qui aurait interdit la vente libre d’une dizaine de catégories d’armes ainsi que des chargeurs de grande capacité (dix-sept cartouches) semblables à ceux utilisés la veille par le tueur du Texas.   
        Dans la plupart des métropoles le journal télévisé commence par l’annonce du nombre de victimes de crimes violents de la journée. Il y a en moyenne un meurtre toutes les vingt-deux minutes (soit plus de 26 000 par an), un hold-up à main armée toutes les vingt minutes. A la tombée de la nuit, Washington cesse d’être la ville des musées et des parcs pour devenir la capitale du crime. Pendant la crise du Golfe, il y a eu plus d’assassinats dans la seule capitale fédérale que de soldats américains tués durant toute la durée de l’opération « Tempête du désert ».    C’est parmi les jeunes que les armes font le plus de ravages. En 1985 elles en ont blessé ou tué (1) 27 000 entre douze et quinze ans. Elles tuent plus d’adolescents que toutes les autres causes de décès confondues...."
   La peur engendre la folie. Une folie entretenue et grosse de revenus pour certains. Quasiment une arme par habitant.
     Les guns partent comme le papier toilette.
  Pour les contrôles, on repassera. Quand ne coulera plus d'eau dans le Potomac...
      Tant que la NRA aura un allié de poids  à la Maison Blanche...
          Tant que des lobbies puissants séviront...
                      L'ennemi intime a encore de beaux jours devant lui.
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A la vôtre!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Vous reprendrez bien un peu de vin pesticides?
                                                                  Vain Dieu, le vin! Qui l'eût cru? Même pour nos grands crus.
        Un outrage à Bacchus et à notre santé! Le divin breuvage n'est plus ce qu'il était.
    Quelle histoire que celle du vin! Les anciens ne se doutaient pas de ce que nous en ferions: un produit parfois à haut risque.
  Quand on boit du vin, on boit un peu plus que du vin.
     Moi qui croyais que le divin jus de la treille était bon pour la santé, comme le disait mon cardiologue.
      C'est perturbant. Le goût des pesticides peut se détecter. Jusqu'à 12 pesticides, cela doit pouvoir arriver au nez et au palais d'un expert: le goût du vin ne lui échappe pas.
    Pourtant, les producteurs l'assurent. C'est bon pour la santé.
 Malgré quelques efforts, le vin est toujours chargé. Bayer est venu au secours de nos viniculteurs.
   Tout cela ne perturbe pas que mon esprit et mon corps de buveur modéré.
      La loi du silence a longtemps régné "Les chiffres sont têtus.... En dépit des plans de réduction de 50 % de l'utilisation des produits phytosanitaires à moyen terme, celle-ci a progressé dans l'agriculture de 2,6 % entre 2008 et 2010 et de 2,7 % entre 2010 et 2011, selon le laboratoire Excell, fondé par Pascal Chatonnet, oenologue et gérant de plusieurs vignobles familiaux à Pomerol et Saint-Emilion..."
    Quand on voit l'ampleur du problème, longtemps soigneusement caché, on est amené à se poser des questions  "Avec  783 000 hectares en 2011, la vigne représente 3,7% de la surface agricole française mais elle consomme à elle seule environ 20% des pesticides (en masse) dont une majorité de fongicides (80%)
    Et qui trinque dans l'histoire? D'abord les viticulteurs, victimes des pesticides, sachant que "La France est le premier pays européen utilisateur de pesticides et le troisième au monde."
   Mais des vins sans pesticides, ou plutôt avec moins de pesticides, cela existe, nous dit-on.
 Les grandes surfaces et autres Carrefour ont trouvé là un filon.
  Il faut être prudent devant les étiquettes "bio", souvent commercialement trompeuses.
  Il faut y regarder de plus près. Le sulfate de cuivre n'est pas terrible non plus.
      Malgré les prises de conscience et « un engagements fort sur le terrain », nous dit-on, il vaut mieux être circonspect
    ...Si l'on tient à sa santé, sachant que, malgré tout, on mourra quand même, comme dit François Morel.
       Quand le vin est tiré, faut-il toujours le boire?
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