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Sur le fil du rasoir

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Capitalisme en crise.
                                   Depuis ses origines, le système capitaliste, qui s'est mis en place au 19° siècle, a connu périodiquement des crises plus ou moins longues, plus ou moins profondes, de natures différentes dans la plupart des cas: crise de surproduction, crises bancaire comme en 2008...A tel point qu'on a pus dire dans les milieux d'affaires libéraux que la crise serait comme une nécessité, une loi du fonctionnement du système lui-même. De même qu'un organisme vivant peut connaître des périodes de crises, le fonctionnement du marché connaîtrait lui-même des périodes de ralentissement, voire d'effondrement inévitable.
    Mais la métaphore a ses limites. Car un marché, sous certaines conditions, peut-être régulé, ses effets potentiellement pervers peuvent être anticipés et évités. Ce n'est pas la main de Dieu qui le dirigerait secrètement, et il y a toujours des alternatives, si on se donne les moyens de l'analyser et d'agir dans un autre  sens souhaité. On sait par exemple que la folie spéculative et les surprimes menaient droit à un effondrement bancaire, non pas seulement rétrospectivement , mais quelques rares économistes avaient anticipé où nous menait la folie spéculative, comme Roubini ou Jorion. Mais l'aveuglement a prédominé, comme le signalait en son temps Roosevelt au sujet de la crise de 29.
       La crise qui nous arrive a cette particularité que ses causes ne sont pas endogènes. Elle est l'effet de facteurs essentiellement exogènes, naturels, que l'on a pas vu venir et qui met à mal des pans entiers de l'économie, surtout quand ils étaient déjà touchés défaillants ou fragiles.
         Certains économistes ont pu dire que cet événement de grande ampleur, de portée internationale, dont on voit mal l'issue, ne cause pas la crise dans laquelle nous entrons, mais la précipite plutôt, à un niveau rarement atteint.
      Difficile problème d'interprétation. Ce n'est pas seulement un simple choc entre l'offre et la demande.

       Comme le pense M. Husson, "...L’une des caractéristiques essentielles de cette crise est de diffracter l’économie, autrement dit de frapper inégalement ses différents segments. Les mesures globales sur le recul du PIB ne sont en effet qu’une moyenne d’évolutions très différenciées. Certains secteurs sont directement impactés par des mesures de fermeture pures et simples, notamment dans le commerce de détail non essentiel, d’autres le sont moins. Les calculs menés par l’OFCE [12] établissent qu’au niveau mondial la perte de valeur ajoutée irait de 47 % pour la branche hébergement-restauration à 7 % pour l’industrie agroalimentaire, et 3 % pour l’administration publique. Une autre étude [13] établit que ce sont les secteurs en amont dont l’activité recule le plus, autrement dit les secteurs les plus éloignés de la demande finale. Tout se passe donc comme si le virus «remontait les filières» en passant de l’aval («la demande») à l’amont («l’offre»).     Les dégâts n’ont donc pas été infligés «équitablement». Par exemple, les secteurs de services les plus frappés emploient en général beaucoup de main-d’œuvre, souvent à bas salaires, sur contrats précaires, pour qui le travail à distance est souvent impossible. Selon l’OCDE, plus d’un tiers des entreprises serait confronté à des problèmes de trésorerie après trois mois de confinement [14]. D’où des mesures de soutien (report des impôts, étalement des dettes, prise en charge d’une partie de la masse salariale). Mais une autre petite musique commence à poindre: la crise ne serait-elle pas une bonne occasion d’éliminer les entreprises «zombie» qui ne méritent pas de survivre? Trois économistes [15] ont même suggéré que ce serait aux banques de décider de leur sort, ce qui permettrait selon eux «un triage efficace, en préservant les entreprises socialement viables sans subventionner les entreprises zombie»              La même hétérogénéité apparaît entre pays. L’étude déjà citée de l’OFCE montre ainsi que le recul du PIB va de 36 % pour l’Espagne à 12 % pour le Japon. Mais il faut ici prendre en compte la transmission à travers les chaînes de valeur. Une étude évalue ainsi à un tiers environ la baisse du PIB résultant des chocs transmis par les chaînes d’approvisionnement mondiales. Comme cette baisse a été en moyenne de 31,5 %, «un pays qui n’aurait lui-même imposé aucun confinement, aurait enregistré une contraction moyenne de 11 % de son PIB en raison des confinements dans les autres pays [16]». C’est pourquoi on ne peut raisonner pays par pays: l’infographie ci-dessous est particulièrement éclairante sur ce point. Elle donne l’origine et valeur des composants étrangers incorporés à la production de véhicules assemblés en France. On constate une «forte interdépendance régionale (plus de 75 % des composants sont produits en Europe) qui rend impossible la production dans un contexte de confinement-déconfinement non synchronisé. L’arrêt de la production à un point de la chaîne paralyse le reste de la production, et ce d’autant plus vite que l’industrie fonctionne avec des niveaux de stocks très faibles qui ne permettent pas d’absorber le moindre ralentissement de la production [17].»         Cette extension de l’épidémie frappe de nombreux pays déjà confrontés à de redoutables difficultés économiques, qui sont encore aggravées par la crise actuelle: chute du prix des matières premières, fuite des capitaux, effondrement des taux de change, croissance de l’endettement. Pour ne prendre qu’un exemple, les pays d’Afrique dépensent plus dans le service de leur dette que pour la santé publique. A cela s’ajoute une crise alimentaire et sociale déclenchée par l’interruption des activités et aggravée par l’absence de revenus de complément, notamment en direction du secteur informel. Comme le dit l’ONG Grain, des millions de personnes sont forcées de choisir entre la faim ou le Covid-19 [19].      L’offensive différenciée du virus interdit d’envisager une reprise équilibrée, autrement dit une reprise où tous les secteurs redémarreraient en même temps et au même rythme....        Tout indique que l’on s’achemine vers des dispositifs qui feront de la masse salariale l’une des principales variables d’ajustement permettant de rétablir la profitabilité des entreprises. Réduction du chômage partiel, accords de maintien de l’emploi, allongement de la durée du travail, automatisation accélérée [24]: tous les indices sont déjà là de cette orientation. Cela veut dire qu’on vise à une reprise sans emploi, c’est-à-dire à relancer l’économie en réduisant au maximum les effectifs. Mais l’effet en retour est un frein à la reprise de la consommation: on ne peut en effet geler, voire baisser, la masse salariale et «en même temps» relancer la consommation. A moins que l’on compte sur une reconversion de «l’épargne forcée» des ménages dont le revenu a été à peu préservé, alors que leur consommation était «confinée». Le seul moyen d’éviter cette boucle récessive du côté de la demande conduit à une pérennisation et à une exacerbation des inégalités, dont on n’est même pas assuré qu’elle serait suffisante.        Ce cercle vicieux peut s’étendre à l’ensemble de l’économie européenne, voire mondiale. La désynchronisation des économies pose en effet la question de la coordination des réponses qui y sont apportées. Sur le plan sanitaire, force est de constater que la coordination a été à peu près inexistante: chaque pays a réagi à sa manière, et comme il le pouvait, alors même que le virus ne semble pas connaître de frontières. Cette question se posera de nouveau avec acuité quand on disposera d’un vaccin (ou de vaccins) et on ne peut qu’être inquiet à ce sujet, tant l’Union européenne s’en est jusqu’ici remise en matière de recherche à des partenariats avec des entreprises privées guidées par d’autres critères que l’intérêt public [25].                  Avec le redémarrage de l’économie, tous les pays vont chercher, avec des chances très inégales de réussite, de capter la fraction la plus importante possible de la reprise des échanges de marchandises. A court terme, le moyen le plus approprié est de gagner en compétitivité en baissant le «coût salarial»: certes, la compétitivité dépend de bien d’autres facteurs, mais sur lesquels on ne peut jouer de manière rapide. On se trouverait alors dans une configuration, somme toute classique, où tout le monde ou presque perd à ce petit jeu: on a déjà vu dans un passé récent des récessions «auto-infligées» par de telles politiques...."                  Reviendra-t-on au business as usual ou prendra-t-on la voie indiquée pas Macron lui-même se réclamant de l'Etat-providence?:  «il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties. (…) Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché.» Ou encore: «une certaine idée de la mondialisation s’achève avec la fin d’un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l’économie et avait contribué à la pervertir. L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle....»                              On peut raisonnablement penser que ce sont là paroles de circonstances. Comme celles de Sarkozy assurant en son temps que les conditions d'assainissement des banques étaient enfin réunies....

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Sous-traitance en question

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Gestions à risques, responsabilités et sous-traitance.
                L'incident aurait pu très mal tourner et avoir de grandes conséquences. 
     Il est révélateur de la gestion problématique actuelle de certaines centrales nucléaires en France, dont on veut prolonger l'existence, dans un contexte d'interrogations sur le coût du nucléaire, sa nécessité et la question épineuse des démantèlements annoncés et de la transition énergétique.
     Il semble bien que la sûreté nucléaire en France  ne soit pas toujours assurée aussi bien qu'on le prétend. (*)
    Une série de "dysfonctionnements" se sont étalés dans le temps, de niveaux de gravité différente.
     Des dysfonctionnements dont l'origine semblent largement dus au recours massif à la sous-traitance et à la rapidité des délais imposés, au manque de coordination de  travaux à risques à exécuter.
   Et le métier se perd. Comme dans d'autres secteurs, notamment à l'usine du Creusot, chargée de la fabrication des calottes de cuve, notamment pour Areva.
   L'éclatement du système de maintenance pose aussi des problèmes qui ne sont pas seulement de conditions de travail.
 Derrière le fiasco de l’EPR, les errements du Creusot sous la responsabilité de M. Bolloré et d’Areva on été soulignés. Dans l’usine du Creusot,  la gestion est défaillante.
     Le feuilleton continue, ainsi que les mensonges et les manipulations.  La question de la sous-traitance, parfois nécessaire, mais souvent menée pour des raisons de pure économie, est depuis longtemps dénoncée, à commencer par Marcel Boiteux, ancien PDG d'EDF, estimant qu'à force de sous-traiter les fonctions stratégiques, « peut-être qu'un jour pourra s'introduire la petite faille qui pourra conduire à une erreur ».
        La question se pose aussi à la SNCF, à la suite d'accidents graves.
                        Une gestion de type néolibérale, où l'Etat se désengage de plus en plus...
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   (*)    ...Pilotées par la Division de l’ingénierie du parc, de la déconstruction et de l’environnement d’EDF (DIPDE), les opérations de changement des générateurs de vapeur usagés sont entièrement réalisées par des prestataires extérieurs. Ceux-ci sont réunis et se coordonnent au sein d’un groupement d’entreprises. Celui qui opérait à Paluel était emmené par Areva Nuclear Power, avec Eiffage Construction Métallique (BTP), Kaefer Wanner (isolation industrielle) et Orys (sous-traitance). Les employés de Bouygues présents intervenaient comme sous-traitant d’Areva.
      Ces quatre entreprises ont elles-mêmes fait appel à environ 70 sous-traitants. Ajoutés aux entités EDF mobilisées, cela a rendu très complexe la circulation d’informations. Cette profusion d’acteurs, dont les rôles étaient parfois mal compris par les autres, aurait ainsi créé un climat de confusion, tout en diluant les responsabilités. « C’est tellement compliqué, que l’on ne sait plus qui fait quoi », illustre ainsi un salarié.      Comment peut-on se passer efficacement des informations dans ces conditions ? D’autant que tout le monde est prié d’aller vite pour respecter les délais irréalistes qui sont imposés. « Dans le nucléaire, pour calculer la durée des chantiers, la direction dit : sans aléas, on peut le faire en tant de jours, explique un agent EDF. Et c’est ce temps là qui est retenu, et que tout le monde s’efforce de respecter. Le problème, c’est que ces délais sont complètement en dehors de la réalité. Il y a toujours des aléas, surtout pour un chantier comme celui du remplacement du GV de Paluel qui constitue une tête de série. » Jamais, auparavant, un générateur d’un réacteur aussi puissant (1300 MW) n’avait été remplacé par EDF [5]. Pourtant le caractère inédit du chantier n’a, à aucun moment, été pris en compte. « Ces délais, reprend un salarié de Paluel, poussent les gens à faire des conneries, c’est évident. En plus, si on ne les respecte pas, on est montré du doigt comme celui qui a retardé le chantier. »...
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_ Nucléaire: l'impasse?
_ Sécurité nucléaire en péril?
De Maïak à Fukushima
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Survol

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

__ Les USA et l'eau.
                       Le cas de Flint.

__ La mort des caissières?

__ Retraites: matière inflammable.

__ Bac au rabais. Ecriture en perdition.

__ Une dramatisation contre-productive?

__ Fraudes au chômage partiel.

__ Guyane: situation critique.

__ "Reste à charge": incohérences.

__ Psychiatrie: effets redoutés dans un domaine sinistré.
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Bombe démographique?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Seulement une question de chiffres?
                                                 Périodiquement revient ce lancinant problème, étant donné la croissance générale de la population mondiale, malgré les tendances à la stabilisation des naissances dans les pays développés et même à une certaine régression dans d'autres.
     "Sauver la planète" devient le leitmotiv souvent avancé pour tirer la sonnette d'alarme planétaire et invoquer des politiques malthusiennes, de manière informative ou contraignante. Certaines poussées migratoires renforcent cette crainte et ces injonctions.
    Or il faut resituer Malthus en son temps et son contexte économique pour comprendre sa pensée.
   Il importe de se pencher d'abord sur la géographie des peuplements et des populations pour comprendre la diversité des répartition de populations dans le monde et les tendances en cours et à venir. Dans certains pays, par défaut de natalité, on assiste à une stabilisation ou à une décroissance; dans d'autres, par défaut d'éducation, de formation des femmes, de maîtrise d'un certain nombre de moyens économiques et de décisions politiques, on a quelques raisons de s'inquiéter.
   La notion de "bombe démographique", souvent invoquée, jugée susceptible de mettre en péril nos ressources naturelles, demande à être critiquée et les projections sur les évolutions climatiques ne font pas l'unanimité. Le climat comprend des facteurs largement méconnus et s'insère dans une histoire.         Que peut-on dire de l'évolution économique du Mali, quand des révolutions économiques peuvent rapidement s'y produire et changer la donne démographique, à l'heure où la Chine s'interroge aujourd'hui sur la baisse de sa natalité. La stabilisation ou la réversibilité est encore possible, à condition de mettre en oeuvre les conditions de mutations économiques et culturelles. Il y a assez de richesses économiques dans le monde pour ce faire. La question est celle de la solidarité, de la justice et même de l'intérêt bien compris.
   Ce qui est fondamental est de tenir compte d'abord de l'empreinte écologique des Etats.
    "Faut-il...réduire la natalité dans les pays où elle est la plus élevée, à savoir les pays en développement ? Pas forcément car tout dépend de l’empreinte écologique des Etats, c’est-à-dire la multiplication entre le nombre d’habitants d’un territoire et leur impact sur l’environnement. Comme l’a souligné une étude de l’université de l’Oregon, chaque bébé qui naît aux Etats-Unis est responsable de l’émission de 1 644 tonnes de CO2, c’est-à-dire 5 fois plus qu’un bébé venant au monde en Chine et 91 fois plus qu’un enfant qui voit le jour au Bangladesh. Facteur aggravant pour les Américains, leur espérance de vie est relativement élevée (78 ans contre 72,9 ans pour la Chine et 62,8 ans pour le Bangladesh)....
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Le piège

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Quand l'Etat n'est plus maître chez lui
   
          Et quand les multinationales exercent leur chantage à l'égard du pouvoir étatique.
    Elles ont trop souvent pris le pouvoir, dans des domaines stratégiques, avec la complicité ou le laisser faire des Etas eux-mêmes.

 

              "....   Depuis le lundi 6 juillet, la Commission européenne négocie la "modernisation" d’un obscur traité sur les énergies fossiles - le traité sur la charte de l'Energie -, hérité de la Guerre froide, qui permet à des entreprises d'attaquer des Etats en justice lorsque ces derniers s'en prennent à leurs intérêts.
     C’est dans la plus grande discrétion que se décide, une fois de plus, l’avenir de l’Europe. Depuis le lundi 6 juillet, la Commission européenne négocie la « modernisation » d’un obscur traité sur les énergies fossiles, qui permet à des entreprises d'attaquer des Etats en justice lorsque ces derniers s'en prennent à leurs intérêts.
      Le texte en question - le traité sur la charte de l’énergie - doit être modifié cette année pour répondre aux objectifs du Pacte Vert (« Green deal »), lancé à l’été dernier par la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Le but de ce dernier : la transition de l’Europe vers la neutralité carbone à l’horizon 2050. Le succès de cette négociation est loin d’être acquis. En juillet 2019, la Commission a certes obtenu un mandat du Conseil européen pour réécrire plusieurs articles du traité. Mais les Européens vont devoir s'attaquer à un texte réputé difficile, hérité de la fin de la Guerre froide.
      Le traité sur la charte de l’énergie, ou TCE, est un accord de commerce ratifié par une cinquantaine d’États et la plupart des membres de l’Union européenne. Depuis 1994, il définit un cadre pour l’exploitation, le transit, et la vente d’énergies fossiles. Un « accord archaïque » en matière d'écologie, enfoncent les députés européens Pascal Canfin (LREM), Pascal Durand (LREM) et Aurore Lalucq (Génération.s) dans une tribune publiée par Libération le 7 juillet, jugé « incompatible avec la réalisation des objectifs de l’accord de Paris sur le climat. »
       « Il faut se resituer dans le contexte de l’époque », détaille la chercheuse du GIEC, Yamina Saheb. « En 1991, l’Union soviétique s’effondre, les pays occidentaux cherchent un moyen de s’approvisionner en énergies fossiles à l’Est. Or, les anciennes Républiques soviétiques sont encore instables pour les investissements ». Les États européens proposent alors de créer un marché européen de l’énergie, incluant la Russie, pour mettre les investisseurs étrangers à l’abri du droit international. Le traité sur la charte de l'énergie est adopte à Lisbonne en décembre 1994. Son secrétariat s'installe à Bruxelles. Dans le même temps, les membres du traité décident de recourir à des tribunaux d’arbitrage privés pour régler leurs litiges. Et parmi ses nombreuses dispositions, le texte fixe certaines règles pour protéger les investisseurs à l'étranger. Avec son article 10, ses membres s’engagent ainsi à respecter des « conditions stables, équitables, favorables et transparentes » dans leur législation.
     Par cette disposition, le TCE donne le droit à n’importe quelle entreprise d’attaquer un pays qui modifierait sa législation dans le domaine de l’énergie. Les Etats membres devront désormais dédommager les entreprises dont les bénéfices seraient menacés par des décisions de nature politique, comme l’interdiction du forer du pétrole en pleine mer. Un véritable piège, pour l'Europe, qui ne va pas tarder à se refermer sur les Etats.
      En vingt ans, plus de 130 procédures ont été ouvertes auprès de tribunaux d’arbitrage privés contre des pays au nom de cette clause. « À l’origine, l’article visait surtout la protection des investissements contre les nationalisations arbitraires », explique l’organisation écologiste CNCD-11.11.11, basée à Bruxelles. « Elle est aujourd’hui invoquée pour remettre en cause des législations environnementales ou sociales pour des motifs d’expropriation indirecte et de pertes de profits », poursuit l’ONG.
       L’Espagne est le pays le plus attaqué, avec 48 procédures dirigées contre le royaume, dont une vingtaine seulement ont été résolues à l'heure actuelle. Les investisseurs lui reprochent une série de mesures prises dans le secteur des énergies renouvelables entre 2009 et 2019. Selon ces multinationales, l'Espagne aurait violé l'accord « en ne respectant pas le cadre dans lequel avait été fait les investissements à l'époque », nous explique l'un des avocats parisiens en charge du dossier. Un argument massue pour empêcher les Etats de toucher à leurs lois en matière de climat. Bilan de la douloureuse : ces dernières années, le pays a été prié de verser plus d'un milliard d’euros de dédommagements à des multinationales au nom du TCE.
     Aucun pays n'échappe à ces procédures, pas même la très sage Allemagne. Le 3 juillet, le ministère de l’Economie allemand a reconnu avoir négocié 4,2 milliards d’euros de compensations auprès de deux entreprises d'extraction de lignite, LEAG et RWE, pour s’éviter des poursuites en justice. Les industriels ont invoqué le préjudice qu’ils pourraient subir si l’Allemagne réalisait ses ambitions climatiques. Le 3 juillet, le parlement allemand a, en effet, adopté un projet de loi, qui prévoit la fermeture de toutes ses usines à charbon d’ici 2038.
    « SI NOUS NE MODIFIONS PAS CE TRAITÉ, LES ENTREPRISES CONTINUERONT DE FAIRE PRESSION SUR L’EUROPE ET D’EXERCER LEUR DROIT DE BLOCAGE FACE À DES MESURES ÉCOLOGIQUES, IL FAUT RÉVEILLER NOTRE PAYS FACE À CE CHANTAGE », INSISTE LA CHERCHEUSE YAMINA SAHEB, QUI FUT, PENDANT QUELQUES MOIS, SECRÉTAIRE DU TRAITÉ À BRUXELLES, AVANT DE QUITTER SON POSTE, PAR DÉCEPTION.
       Comme elle, plusieurs députés français ont émis l’idée de se retirer collectivement de l’accord avec les autres pays européens. La Russie et l'Italie ont déjà montré l'exemple, rappellent les députés qui signent une tribune dans Le Monde, le 8 juillet, réclamant la transparence sur les tractations menées à Bruxelles. « C’est précisément parce que ce débat se passe à huis clos que nous souhaitons le sortir de l’ombre », développe auprès de Marianne la député de la majorité, Marjolaine Meynier-Millefert (LREM), signataire du texte.
     Alors que le premier tour de négociations prend fin ce 9 juillet, un deuxième round de discussions a été prévu à l’automne. A ce jour, aucune date n’a encore été arrêtée pour proposer un nouveau texte. Le projet de « modernisation » du texte traîne déjà dans les cartons depuis plusieurs années. L’urgence écologique attendra..."
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HSBC: banque à part

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Devenir un client de HSBC:
                                            Un rêve!

                                        La mégabanque qui monte, qui monte... surtout en Asie.  ( 香港上海滙豐銀行)
     En 1865 The Hongkong and Shanghai Banking Corporation est fondée par des entrepreneurs britanniques de Hong Kong, notamment l’écossais Thomas Sutherland, pour financer les échanges entre l'Europe, l'Inde et la Chine, en particulier, la soie et l'opium indien revendu en Chine, à la suite de la victoire britannique dans les guerres de l’opium et la fondation de l'Empire britannique des Indes. (Wiki)
     Certains les appellent les gangsters de la finance, parce qu'impliqués dans diverses affaires qui ont défrayé la chronique
     Ils ne sont pas les seuls On connaît les aventures ordinaires et extraordinaires de Goldman Sachs, de la Deutsche Bank...
   Mais HSBC ne se distingue pas seulement par un présent sulfureux , mais aussi un lourd passé.
            Les barons de la banque et de la drogue ont de l'expérience.
      On se souvient du scandale Swissleaks qui entacha l'image du géant bancaire et qui devra verser 300 millions à Bercy pour éviter un procès. Une paille!
    La banque sait se montrer généreuse avec ses actionnaires et représente la banque préférée des ultra-riches.
   Bref, un vrai paradis.
          Le souci est que, depuis dix ans, comme pour d'autres banques, on a fait fonctionner la planche à billet, mettant énormément d'argent en circulation. Et la Chine détient les plus grandes réserves de change de la planète. Or HSBC a un ADN à moitié chinois et facilite l'ouverture des marchés occidentaux à la Chine, Ces murs d'argent risquent de déstabiliser l'économie bien plus fort qu'en 2007. Compte tenu du profil de la banque  et le l'opacité du PC chinois quant à la régulation de la finance, c'est tout sauf rassurant..." (Marie Cailletet)
                                La machine à cash est un vrai problème.
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Langue: un effondrement?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Sauver la langue 
                       La maîtrise de la langue, de sa langue, a toujours été considérée comme un des éléments essentiels  de la maîtrise de la pensée, de sa formulation, de son expression toujours plus précise et fine, comme de la prise de conscience de ses émotions et de leurs formulations, pour soi-même et pour les autres. Ce n'est pas seulement un problème de vocabulaire plus riche et plus précis, mais aussi une question de syntaxe mieux maîtrisée.
 


      C'est une expérience plus profonde que la formule: ce qui se conçoit bien..... Penser de mieux en mieux (tâche infinie) ne peut aller sans une langue plus enrichie, ce qui est un processus sans fin. Les mots sont pas que des outils, mais des conditions nécessaires à l'élaboration d'une pensée toujours plus fine et nuancée.. On ne peut penser sans les mots, avait-on déjà remarqué depuis longtemps.
   Une langue qui s'appauvrit, qui s'étiole, se féodalise ne peut pas ne pas avoir d'incidences sur les contenus de pensée. et leur expression, et agir sur la pensée peut se faire par le biais des mots, instrumentalisés parfois au service du pouvoirs ou des pouvoirs, comme l'analysait Orwell. Le langage commandé ou le langage mécanique est trop souvent celui que nous reprenons sans vraie conscience, ce qui produit une pensée qui ne peut être personnelle, au sens de réflexive et critique.
      Une langue est par nature évolutive. Parfois lentement, parfois plus rapidement selon la nature des échanges interculturels à un moment donné.
 Or aujourd'hui, plus d'un observateur déplore une chute lente vers des formes d'expressions linguistique de moins en moins maîtrisées . De nombreux facteurs sont à l'origine de ce phénomène, notamment une perte de rigueur, de vocabulaire, de maîtrise de la syntaxe, conséquence des abandons successifs d'exigences, parfois minimales, en matière d'enseignement, sous la pression du milieu et de la réduction des heures consacrées à l'apprentissage de la richesse de notre héritage linguistique. Les  exigences de base ont été réduites, les heures de français et de culture générale ont drastiquement diminué, le vocabulaire s'est restreint, la syntaxe a été délaissée ou noyée sous les approches trop techniques et formelles....Le ludique a pris trop souvent la place de la rigueur, du travail nécessaire, laissant place à une spontanéité faussement éducatrice. L'effort s'est discrédité peu à peu.
     On déplore que le français soit en souffrance et on ne se demande pas pourquoi. On constate la pauvreté de l'écrit, même de la part de ceux de qui on attendrait le plus, et on ne s'interroge pas. On se contente de vagues et trop tardives remédiations. La mal est fait, dès l'école primaire, considérée comme la phase essentielle. Il est des retards et des handicaps qui ne se rattrapent pas.
  De plus en plus considéré comme un carcan, sauf dans certains milieux favorisés, la langue a subi les assauts d'une contestation générale des contraintes, alors que sa vocation est d'être libératrice, d'autant plus qu'elle est mieux maîtrisée. Les dominants profitent bien d'une pensée appauvrie par une  langue réduite à des formes sommaires.
    Il n'y a pas que les enseignants qui le reconnaissent, même s'ils sont aux premières loges d'un combat souvent perdu d'avance. La réduction du vocabulaire et son détournement sont des facteurs qui ne sont pas neutres socialement et politiquement. Pas seulement dans les cités...C'est le vivre ensemble qui est en question dans le langage et la culture. La question est éminemment politique au sens large et noble du terme.
    Reconstruire une enseignement digne de ce nom sur cette question deviendra de plus en plus  difficile si on laisse les tropismes sociaux se développer.  Un diagnostic ne suffit pas, si des moyens appropriés ne sont pas donnés rapidement.
       Une langue mise à mal est le signe d'une pensée dépossédée d'elle-même.
                  Comme le remarquait à sa manière Michel Onfray, qui évoquait, non sans ironie mordante,  " un cerveau reptilien qui tient lieu désormais de cortex où les émotions primitives et l'instinct ont remplacé la capacité à réfléchir, à analyser, à argumenter. Le pathos remplace le logos. Mais ne serait-il pas question ici de langage articulé ? De capacité à mette en mots des émotions ? Ne serait-il pas question aussi de vocabulaire et de syntaxe ? De ressources langagière. Il fut des temps barbares et gothiques, pourtant, où l'école apprenait à tous, sans exception, un français riche et même porteur de références culturelles.
Les exclus de la langue, on le sait, sont amenés à se conduire comme les exclus tout court, prêts à s'engager dans le cycle de la révolte active. Le ghetto linguistique emprisonne ses victimes dans le ghetto social : ici naissent et naîtront les extrémismes, les intégrismes, les idéologies simplistes. A cerveau reptilien, réaction binaire, comme dit toujours Onfray. Un mot décrit l'incapacité à mettre des mots sur les émotions : l'alexithymie. Et c'est justement le grec qui aide à comprendre : a (privatif), lexi (λέζις, la parole, le mot) thymos (θυμός, état d’esprit, humeur). Nul doute que cette alexithymie a de beaux jours devant elle car, c'est bien de perte du logos dont il est question. L'incapacité à traduire des émotions fines et complexe, à nuancer, à s'exprimer clairement et distinctement, trouve sa solution dans le slogan mimétique ou pire, l'aboiement et la vie en meutes idéologiques.

Fin des lettres?...

Je me me suis plongé dans les archives de l'INA pendant le confinement et une chose m'a frappé qui devrait faire s'interroger nos amis "progressistes" qui pensent que s'opposer à une régression c'est être conservateur et réactionnaire, et qu'on ne peut jamais dire que quelque chose de bon s'est perdu. Qu'une régression, voire un désastre, a bel et bien eu lieu : en l’occurrence ce qu'on pourrait appeler un effondrement syntaxique.

Les gens interviewés dans les années 60 et suivantes (Archives de l'INA, donc), au hasard, dans la rue, utilisaient un français beaucoup plus riche et soutenu qu'aujourd'hui, un français exempt de vulgarité, simple, mais solidement charpenté par une syntaxe correcte. Sans doute parce que l'école fonctionnait mal et n'avait pas été démocratisée. On y entend des commerçants, des ouvriers, des employés, des agriculteurs (qui ne sont pas des "clients" de journalistes, mais bien des quidams ) et on demeure frappé par la bonne maîtrise de la langue et l'abondance, souvent pittoresque, du vocabulaire. C'était avant que les pédagogues ne considérassent, à juste titre, la langue comme fasciste : un dispositif arbitraire de maintien de l'ordre social, un moyen de se distinguer et d'exclure l'autre. Un carcan à "déconstruire" (ce mot commence à donner la nausée à des gens passéistes qui n'ont rien compris aux avant-gardes) pour libérer la classe ouvrière. Heureusement, la grammaire fut mise en examen et traînée devant des juges progressistes, dès le milieu des années soixante-dix.
    Désormais l’oppression a cessé presque partout et les écrivains académiques de la tradition scolaire ne viennent plus parasiter ou plomber les propos des uns et des autres pour entraver la libre expression, brider la spontanéité et la sincérité, et prescrire un soi-disant bon usage. J'ai entendu une jeune employée de boulangerie interviewée et citant, au détour d'une phrase, un propos de... Victor Hugo.... Une apprentie boulangère, autant dire, le prolétariat. Rétrospectivement, j'ai un peu honte pour elle : quel genre de conditionnement cette pauvre femme a-t-elle pu subir durant une scolarité pourtant courte ?
    Circonstance indéniablement aggravante, cette citation venait de façon très pertinente orner des paroles fort justes, syntaxiquement élaborées, prononcées distinctement, avec aisance et naturel, sans le moindre empêchement ! Brisée par la violence symbolique d'une école primaire réactionnaire, la jeune femme, colonisée et assujettie, singeant la voix de son maître, m'est apparue comme la victime inconsciente de normes évidemment discriminatoires qu'heureusement l'école moderne a su depuis longtemps déconstruire ! Ce monde en noir et blanc de la télévision du passé me fait horreur : il m'a fait voir en vérité dans quel Enfer de réaction nous fussions demeurés si le progrès n'avait pas continué sa marche tranquille vers toujours plus d'égalité en vue de l'extinction progressive des Lumières, matrice du paternalisme de l'homme blanc européen et du colonialisme.         Tout le monde parlerait en bon français, y compris dans nos banlieues, au grand dam de la pluralité linguistique, des cultures et de la diversité ! Si l'école était demeurée comme lieu de l’apprentissage de la maîtrise des passions-pulsions c'est à dire lieu de répression, on n'aurait pas assisté à la libération de tous. Merveilleuse libération dont on voit les effets. Comme dit Dany-Robert Dufour, le credo pédagogique fut : "Libérez-moi de tout ce qui m’aliène (les institutions, la culture, la civilisation, la langue, les signifiants, le nom du père, les savoirs, les pouvoirs, etc.) et vous allez voir ce que vous allez voir !" Et on a vu. Et on voit...
                                                                   __________________
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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Elles furent les gardiennes
                                        Les femmes de soldats de 14.
   Célébrer les poilus ne doit pas fait oublier la condition des femmes restées seules au foyer et assumant  les plus rudes tâches, à la ville comme à la campagne.
   A la campagne surtout. Souvent engagées dans l'effort de guerre
       «Les Gardiennes», comme les appelle Xavier Beauvois, dans son récent film, Un film à la grande épaisseur historique et à la densité plastique  remarquée.  
     L'histoire peut être écrite ou donnée à voir de bien des manières, en mettant l'accent sur des faits ou des situations souvent négligées, mais parfois décisives, en dehors de l'événementiel, comme Eric Vuillard, sur un autre plan, pour une autre guerre, dans son roman L'ordre du jour.
               
 Les paysans furent  fortement mobilisés. La france restait majoritairement paysanne.
       Passant de la faux au Lebel, ces terriens, très vite embourbés, enterrés, de moins en moins enthousiastes, moururent en masse au champ d'honneur, à Verdun ou ailleurs.

« Les champs dévastés avaient des airs de terrain vague, avec leur meule en ruine et leurs javelles culbutées. Ce qui me fout à ressaut, c’est d’aller me faire fendre la gueule pour trois champs de betteraves qui ne servent plus à rien » écrit le soldat Roland Dorgelès, 74e RI, dans Les croix de bois. « Gens de la terre, ils souffrent plus que ceux du Midi devant leurs récoltes non rentrées, foulées aux pieds » constate Renaud Jean dans la Meuse. - See more at: http://www.humanite.fr/guerre-de-14-les-paysans-fortement-mobilises-547157#sthash.csM5eenk.dpuf

  

« Les champs dévastés avaient des airs de terrain vague, avec leur meule en ruine et leurs javelles culbutées. Ce qui me fout à ressaut, c’est d’aller me faire fendre la gueule pour trois champs de betteraves qui ne servent plus à rien » écrit le soldat Roland Dorgelès, 74e RI, dans Les croix de bois. « Gens de la terre, ils souffrent plus que ceux du Midi devant leurs récoltes non rentrées, foulées aux pieds » constate Renaud Jean dans la Meuse. - See more at: http://www.humanite.fr/guerre-de-14-les-paysans-fortement-mobilises-547157#sthash.csM5eenk.dpuf
« Les champs dévastés avaient des airs de terrain vague, avec leur meule en ruine et leurs javelles culbutées. Ce qui me fout à ressaut, c’est d’aller me faire fendre la gueule pour trois champs de betteraves qui ne servent plus à rien » écrit le soldat Roland Dorgelès, 74e RI, dans Les croix de bois. « Gens de la terre, ils souffrent plus que ceux du Midi devant leurs récoltes non rentrées, foulées aux pieds » constate Renaud Jean dans la Meuse. - See more at: http://www.humanite.fr/guerre-de-14-les-paysans-fortement-mobilises-547157#sthash.csM5eenk.dpuf
« Les champs dévastés avaient des airs de terrain vague, avec leur meule en ruine et leurs javelles culbutées. Ce qui me fout à ressaut, c’est d’aller me faire fendre la gueule pour trois champs de betteraves qui ne servent plus à rien » écrit le soldat Roland Dorgelès, 74e RI, dans Les croix de bois. « Gens de la terre, ils souffrent plus que ceux du Midi devant leurs récoltes non rentrées, foulées aux pieds » constate Renaud Jean dans la Meuse. - See more at: http://www.humanite.fr/guerre-de-14-les-paysans-fortement-mobilises-547157#sthash.csM5eenk.dpuf
« Les champs dévastés avaient des airs de terrain vague, avec leur meule en ruine et leurs javelles culbutées. Ce qui me fout à ressaut, c’est d’aller me faire fendre la gueule pour trois champs de betteraves qui ne servent plus à rien » écrit le soldat Roland Dorgelès, 74e RI, dans Les croix de bois. « Gens de la terre, ils souffrent plus que ceux du Midi devant leurs récoltes non rentrées, foulées aux pieds » constate Renaud Jean dans la Meuse. - See more at: http://www.humanite.fr/guerre-de-14-les-paysans-fortement-mobilises-547157#sthash.csM5eenk.dpuf

      Elles, prirent le relai, la faux et la charrue, travaillèrent au champ, à l'usine, de plus en plus résignées. D'autres furent munitionnettes, par nécessité; assumant tous les risques. Parfois confidentes pour le poilu harassé.
                   Les femmes n'avaient pas le choix.
L'appel de Viviani fut entendu, qui fit de nécessité vertu.

   « Debout, femmes françaises, jeunes enfants, filles et fils de la patrie.
   Remplacez sur le champ de travail ceux qui sont sur le champ de bataille.
   Préparez-vous à leur montrer, demain, la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés !
   Il n'y a pas, dans ces heures graves, de labeur infime.
   Tout est grand qui sert le pays.
   Debout ! A l'action ! A l'oeuvre !
   Il y aura demain de la gloire pour tout le monde ».

          
             Mais les droits.ne suivirent pas, même si des idées germèrent, qui plus tard fructifièrent. 
       Le droit de vote, ce fut 30 ans plus tard... Un combat de longue haleine.
  Une médaille de consolation pour les 600000 veuves. 1 million d'orphelins.
             Et la guerre s'invita aussi au coeur des couples.
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Casse-tête

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Castex: un casse-tête?

                                  Il doit assurer une mission impossible: assurer un fin de règne qui s'annonce plus que problématique, après un changement de cap où seul le capitaine sera à la barre au sein d'un équipage désemparé.

     Une mission impossible, après la violente tempête qui a fait tanguer le navire?

  En tous cas, malgré les injonctions, le jour d'après sera de droite...comme avant.

 

      Un changement d'apparence pour en fait ne rien changer d'essentiel, alors que les circonstances exigeaient plus, voire autre chose. Comme promis...

     Les personnels de l'hôpital risquent d'être désenchantés:"... rien de la logique ancienne du système ne changera sans doute. Le nouvel homme de Matignon a été un des artisans de ses actuels dysfonctionnements, caractérisés notamment par  “...un accent mis sur le mesurable au détriment de l’aspect relationnel du soin.” Une critique que reprenait en creux Emmanuel Macron en 2018 lorsqu’il promettait, devant Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin de “redonner de la cohérence” à un “hôpital étranglé....Étranglé par quoi? “Par un système devenu comptable..."

   De plus, quelques ratés qui ne seront pas sans conséquences

                Le rebond sur les retraites arrive au plus mauvais moment, alors qu'il s'agit d'abord de soigner le grand malade et de prendre son temps pour classer et traiter les urgences absolues.

                 __ (*) "...Ajoutons pour la bonne bouche qu’auparavant, il était à la Cour des Comptes, puis directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, en profitant pour tout mettre en œuvre pour la « transformation » de l’hôpital, ce qui a conduit à la situation totalement dégradée que l’on sait de cette institution, ainsi que l’écrit Claude Manor dans les colonnes de Révolution Permanentelien  Pour être plus précis, c’est lui qui était à la manœuvre lors de la « restructuration » du système hospitalier entre 2005 et 2007, et qui, selon Patrick Bourdillon, de la CGT santé à Society, avait introduit la notion d’objectif dans l’hôpital, signifiant ainsi que ce service public se devait d’être rentable. Ce que confirme Hakim Becheur, chef de service à l’hôpital Bichat, à Paris, qui le rend responsable de la casse de l’hôpital public, car cette tarification à l’acte a provoqué « une course absurde à la rentabilité », et la nomination de Castex est ressentie par le personnel soignant comme une provocation.   Danielle Simonnet, conseillère municipale à Paris LFI, ne dit pas autre chose, et estime que le choix de Macron est « une insulte terrible » envers « toutes celles et ceux qui ont subi la pandémie de Covid-19 (...) cet homme ne remettra pas en cause le monde d’avant, il le perpétuera. C’est avec lui que Macron prépare la guerre sociale pour la rentrée, qu’il s’attaquera aux 35 heures, à nos retraites, et qu’il oubliera totalement la bifurcation écologique promise ». lien Or Castex dit vouloir boucler le Ségur d’ici le 11 juillet prochain, et on lui souhaite bien du plaisir. lien .."

      __De 2005 à 2006, il est le directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale, où il participe à l’introduction de la notion d’objectifs et de rentabilité dans l’hôpital et à une rationalisation des coûts15 dans le cadre du plan hôpital 2007, qui introduit notamment la tarification à l'activité (« T2A »).[wiki]

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On a beau savoir...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Elle arrive toujours
                         Quand on s'y attend le moins.
  Elle provoque toujours la surprise ou l'effroi, même si elle est proche. Parfois la sidération
    Même quand on est stoïque et serein, qu'on le dise et qu'on l'écrive, comme d'Ormesson, malgré son ultime étonnement: "Et moi qui m'imaginais devoir vivre pour toujours..."
    Et pourtant quel événement est le plus nécessaire du point de vue naturel?
     Mais on a toujours plus ou moins besoin de se rassurer, de se rabattre sur des mythes et des cultes, sur des excès de démonstrations de ferveur, que les médias exploitent à l'envi. Seule le Croix, pour des raisons religieuses, n'a pas fait la Une sur la mort de la vedette, à l'heure où Jérusalem est au centre d'interrogations plus que sérieuses. où des corps flottent tous les jours dans les eaux méditérranéennes.

    La mort discrète, telle que la chantait Brassens, la modestie jusqu'à la fin, le départ sur la pointe des pieds, pour ne tomber dans les excès indécents et larmoyants (comme dit Dutronc) à l'égard de l'idole de foules.
   Si Johnny a droit  a des honneurs publics, est-ce parce que son talent et ses frasques étaient appréciés par tous ou en tant que grand "contributeur" aux finances publiques...grâce notamment à certaines connivences de haut niveau et de 40 ans de démêlés avec le fisc.?
           Pourquoi vouloir "sanctifier" les morts? Pour calmer les vivants? Un hommage suffit. " C’est bien connu, une personnalité qui meurt devient un saint que l’on pare de toutes les vertus et de tous les talents"
  Une forme de reconnaissance qui devrait aller plus à la plume qu'à la guitare. Johnny n'est pas Victor Hugo. Mais la culture et le courage politique sont aujourd'hui des valeur en baisse.
      On a beau être chéri de la Ve République, on n'y coupe pas. On ne peut prolonger l'instant fragile.  Le coup de tabac arrive toujours.
    La mort est indissolublement liée à la vie
Comme dit Montaigne;Il n'y a rien de mal en la vie pour celui qui a bien compris que la privation de la vie n’est pas mal. 
         Elle est même le principe du vivant. 
    .       Du point de vue de la raison, la mort n'est rien, comme le dit Epicure
     Le cimetière est un dortoir paisible:  le mot vient du latin coemeterium, devenu cimiterium (Bas-Empire), issu du grec ancien κοιμητήριονkoimêtêrion (« lieu pour dormir, dortoir »).
   Même si son acceptation sereine fait problème, du point de vue du désir et de l'imagination.
      Celle-ci est conditionnée par les cultures, les époques, les croyances, les circonstances, les modes...
  Elle ne devrait pas interdire l'humour,, comme chez Desproges, même s'il est parfois un peu noir.
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