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L'art du storytelling

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Gouverner, c'est paraître, disait quelqu'un.
                                                                 Pour le meilleur ou pour le pire.
              C'est reste vrai dans une large mesure.
      César savait travailler son image pour gagner les faveurs de Rome.

Louis XIV à lui seul était un théâtre sur la scène deVersailles.
  Qu'on pense, à l'extrême, à la scénographie du nazisme orchestrée par Goebbels
       Gouverner ou vouloir le faire, c'est aussi parler, avoir recours à l'imaginaire, comme  Montaigne mais aussi Pascal l'avaient déjà remarqué, à un jeu de rôle, à une certaine mise en scène, qui séduit et neutralise toutes critiques et renforce l'adhésion.
   Utiliser la stratégie de la parole, des apparence physiques, des symboles, de la rhétorique pour gouverner. Machiavel ne disait pas autre chose, par simple constat:

    Ce qui compte pour le pouvoir n’est guère ce qui est vrai du Prince, mais ce que les gens pensent qui est vrai de lui: le renom est le premier instrument du pouvoir pour le Prince.
L’important, pour le Prince, est de ne paraître que ce qu’il lui faut paraître, non nécessairement ce qu’il est

         Le pouvoir est donc largement un problème de re-présentation, jusqu'à un certain point. Qu'on songe à Georges Bush, habillé en pilote de la Navy, appelant à la croisade contre l'empire du mal irakien
     Tout pouvoir s'accompagne d'une dose de représentation , de récit de soi de mise en scène
   Shakespeare nous présente, grâce à l’action des images, le spectacle même du pouvoir, la destinée de la puissance royale, dans une fiction qui devient la réalité elle-même, un miroir symbolique où le roi-spectateur peut admirer toute sa force et tout son pouvoir
           Le Président Macron est aussi le roi du storytelling,,. à sa manière.
               Sachant utiliser un  discours construit avec art.
   On voit poindre un  think différent, chez le premier de cordée:        « Nous nous adressons à tous ceux qui voient les choses différemment. Ceux qui suivent une vision, pas un chemin. Tandis que d’autres sont distraits par la nouveauté, vous vous concentrez sur ce qui est essentiel. Même avant que vous ne puissiez voir comment, vous n’avez jamais douté que nous puissions changer les choses. Et puis nous avons changé les choses ensemble, encore et encore. Ce sont les optimistes comme vous qui font progresser le monde. Continuez donc à voir les choses différemment. Gardez l’idée qu’il existe toujours une autre ou même meilleure façon de faire. Vous êtes la différence entre le monde tel qu’il existait et le meilleur endroit qu’il va devenir. Etre différent, c’est la seule chose à propos de nous qui ne changera jamais’’.
       Il est sur tous les fronts, occupant tous les terrains, ne dormant pas ou peu. Chaque jour un nouveau projet, chaque semaine une nouvelles mesure, ses troupes s'époumonant à le suivre. Il s'agit d'aller vite, de court-circuiter les analyses de fond et les critiques, de créer à tout moment un effet de sidération.
       Macron fait (aussi)son storytelling.

Enfin, presque...Il y a mieux.

   Certes, pas comme Poutine, le super tsar de la mise en scène, mais beaucoup plus habilement, avec un sens étudié de la figuration, comme lors de son entrée royale dans la cours du Louvre le jour du couronnement, comme son parallélisme établi avec Clemenceau.
    Mais tout le monde ne tombe pas sous le charme du regard franc et clair, de l'audace affichée des propos, de la détermination sans faille, des discours parfois séduisants mais purement rhétoriques.
   Et tout pouvoir finit par s'user, confronté à des limites et des obstacles parfois créés par lui-même.

        Pas facile d'être grand communiquant, d'être acteur de son propre rôle....jusqu'à l'excès.
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Re-localiser

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Thème dominant des temps présents

                  Hier soir encore Fance2 a consacré un long débat, ou plutôt une longue suite de monologues, sur le sujet de la relocalisation, depuis longtemps un problème pour certains responsables de tous bords, une préoccupation réelle, un souci immédiat pour d'autres, un voeu pieux pour certains.    Les velléités sont nombreuses, surtout en ces temps d'urgence économique, les propositions fusent tout d'un coup sous l'effet de la nécessité nouvelle, mais les doutes aussi s'installent, après tant d'années de laisser-aller, de désindustialisation, comme le rappelait Alain Montebourg.  Produire à bas prix, c'était la loi et les prophètes depuis que le textile et la métallurgie ont été démantelés, dans le cadre euphorique d'une mondialisation que l'on disait "heureuse", selon l'expression d'Alain Minc.

 

        Mais ce fut bien d'autres secteurs de l'économie que nous avons abandonnés aux lois du marché, dans le domaine informatique et de certaines technologiques de pointe. Les chances de remonter la pente deviennent de plus en plus problématiques et retrouver les voies d'un contrôle de certains matchés parfois hautement décisifs ne semble plus à notre portée.  Pour la production pharmaceutique peut-être, mais Alcatel, on ne peut y penser, comme pour Alstom.                                 La volonté de reconquête industrielle s'affiche au grand jour, mais les obstacles sont nombreux et il semble bien que nous sommes condamnés à l'innovation. L'urgence sanitaire majeure impose de faire vite dans certains domaines. L'incertitude de productions extérieures s'est manifestée crûment. Mais cela mettra du temps, dans les domaines prioritaires, et aura forcément un coût. Sans remettre en question les règles du libre-échange, mais pour un retour sur des abandons successifs, parfois de grande ampleur.   Produire autre chose, produire autrement...on ne s'y prépare pas en quelques semaines et les risques sont grands de fausses relocalisations:                                                                                                     « On peut annoncer la relocalisation d’une entreprise, mais si elle est intégrée dans un réseau mondial de chaîne de valeur [l’ensemble des étapes de production d’un produit qui permettent d’obtenir un avantage concurrentiel], elle sera très fragile et pourra être de nouveau délocalisée dans les deux ans. Il faut donc miser sur le local, même à un niveau régional. »       Et pour l’économiste Henri Sterdyniak, la crise a montré que le modèle de beaucoup d’entreprises est fragile. Elles pourraient être tentées de se diversifier ou de relocaliser. « Les entreprises préfèrent produire dans les pays à bas coût, une relocalisation pourrait se faire mais plutôt vers les pays de l’est de l’Europe. » Selon lui, il faudrait une vraie politique volontariste de la part de la France comme de l’Union européenne pour faire revenir les industries..."    I    __Investir dans les filières d'avenir semble moins incertain, à condition de faire les bons choix et des paris réalistes. On ne peut s'engager dans la filière des énergies nouvelles aussi facilement que dans celle de la fabrication des lunettes...  Bref, les projets qui nous attendent sont gigantesques, surtout après de si longues années de détricotage où l'Etat a perdu la main, dans un processus financier de long détricotage._______________________________

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Trop de finances...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

...Tue la finance
                            Où l'on reparle de malédiction de la finance.
    Non pas dans certains milieux d'extrême gauche, mais au sein d'instances de recherche universitaire et économique.
      En établissant un parallèle avec la malédiction du pétrole, aussi parfois appelé "excrément du diable", observée dans certains pays comme l'Angola.
    L’or noir absorbe toute l’énergie économique du pays. Non seulement cela encourage la corruption et l’évasion fiscale, mais le reste de l’économie n’arrive pas à se développer. Les meilleures recrues travaillent toutes dans ce secteur et le prix de la vie augmente, étouffant les autres secteurs.
     La finance, en tant que but en soi et non comme moyen d'investissement et de développement, est un piège, qui aspire toutes les ressources, explique-t-il. Les meilleurs jeunes diplômés finissent souvent par y travailler, même s’ils ont étudié des matières complètement différentes, comme la biologie marine par exemple. Les banques britanniques, au lieu d’être tournées vers notre tissu industriel, comme c’est le cas en Allemagne, se concentrent sur les marchés financiers internationaux. La finance pousse la livre sterling à la hausse, de façon artificielle, ce qui rend nos entreprises moins compétitives. " Pour M. Christensen, qui nous reçoit à Regent’s Park dans un des rares cafés n’appartenant pas à une grande enseigne, à mille lieues des tours rutilantes du quartier de -Canary Wharf, le bilan est clairement négatif : " Sur le long terme, l’excès de finance -réduit notre croissance économique.
     La dernière crise a fait apparaître avec évidence que le développement anarchique de la spéculation bancaire a été un facteur de régression économique, d'affaiblissement des Etats et de baisse de niveau de vie pour de larges couches de la population.
   Les prédateurs financiers n'ont pas fini de produire leurs effets néfastes, malgré quelques mesures de régulation, qui n'ont pas été au bout de leur logique et qui tendent aujourd'hui à se relâcher à nouveau, faisant apparaître la menace de crises encore plus violentes.
    L'organisation Finance Watch s'efforce d' alerter sur le excès dangereux de la finance et de réfléchir aux conditions de sa mise au service de l'économie réelle.
    Le crédit excessif est à l'origine des problèmes majeurs dont nos sociétés ne se sont pas relevées, un piège qui absorbe toutes les ressources.
 ...Toutes les innovations financières ne se valent pas : l'accès facilité et traditionnel au crédit fait incontestablement progresser la société dès lors que l'usage qui en est fait permet d'acquérir son logement ou de financer ses études. Toutefois, ce même crédit dispensé à travers des produits raffinés devient dévastateur s'il permet de spéculer en Bourse ou d'adopter des comportements irrationnels et dénués de toute justification économique. Ainsi, tandis que la Finance peut effectivement rendre notre monde meilleur en permettant à notre immense classe moyenne ainsi qu'aux plus démunis d'améliorer légitimement leur niveau de vie, elle se transforme en arme de destruction massive dès que certains en font un usage dévoyé!  
       On devrait écouter davantage le dissident de Wall Street.
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Hôpital (suite)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Rappel          _____Ils sont au coeur de la crise sanitaire___

              C'est en effet le manque de moyens en capacité d'accueil, en nombre de lits de réanimation, de personnels qualifiés et suffisants qui déterminent les principales décisions politiques en matière de confinement, total ou partiel, de mesures diverses et variables concernant l'ensemble des dispositions à prendre pour freiner la propagation d'un virus toujours bien présent, même si on l'avait un peu oublié.       L'hôpital est donc le nerf de la guerre.

 

      Tout est dit dans cette analyse du système de santé tel qu'il est devenu, sous les injonctions managériales d'un libéralisme généralisé, et pas seulement en France                                   ________"....La crise sanitaire déclenchée par la pandémie de Covid-19 a servi de révélateur à une crise bien plus ancienne et profonde : celle de l’hôpital public. Depuis 30 ans, progressivement, l’hôpital public a en effet basculé dans une nouvelle ère : celle de la « rentabilité ». Et pour réduire les dépenses, les gouvernements successifs ont lancé des dispositifs toujours plus contraignants comme le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI)l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) ou la tarification à l’activité (T2A)         Désormais, l’heure est au « lean management ». Issue du modèle de production automobile (Ford puis Toyota) et formalisée par un chercheur du Massachusetts Institute of Technology (MIT) dans les années 1980, cette méthode de pilotage des opérations vise à augmenter la productivité d’une entreprise en réduisant ses coûts de production, à travers l’élimination des gaspillages et le travail en flux tendu.                                      Depuis une vingtaine d’années, l’ONDAM alloue aux hôpitaux publics des budgets systématiquement inférieurs aux besoins réels, afin « d’optimiser les dépenses ». Entre 2002 et 2018, 69000 lits d’hôpitaux ont été supprimés, et cela malgré l’accroissement et le vieillissement de la population française. Le manque de liquidités a poussé les hôpitaux à se financer auprès des banques, faisant passer leur endettement de 9 à 30 milliards d’euros entre 2002 et 2013.      Le lean management ayant été poussé à l’extrême, la variable d’ajustement majeure est devenue le personnel soignant, dont les salaires sont parmi les plus bas de l’OCDE. Entre 2010 et 2017, la « productivité » de l’hôpital public a augmenté de 15 %, alors que ses effectifs n’ont augmenté que de 2 %. Et bien que la durée maximale de travail soit fixée à 48 heures par semaine par l’Union européenne, souvent les soignants sont dans l’incapacité de respecter cette limite, faute de personnel. L’AP-HP doit par exemple 1,3 million de RTTs à ses 72000 agents. Ce surmenage affecte à la fois la santé physique et la santé mentale des soignants.  Dans le milieu hospitalier, les arrêts maladie sont ainsi plus fréquents que dans tous les autres secteurs professionnels (10,2 jours par an, contre 7,9), et ces absences augmentent encore la charge de travail des soignants présents. Pire, on ne compte plus les cas de burnout, stress post-traumatique, démission voir même de suicide.     Autre problème de taille, dont les médias ont généralement peu parlé (à quelques exceptions près) : les événements indésirables associés aux soins, perturbant et retardant la prise en charge, et pouvant se traduire dans le pire des cas par une erreur médicale. À l’hôpital, comme dans tous les environnements de travail à risque, la gestion des risques passe par une culture de la sécurité, c’est-à-dire « un ensemble de valeurs et de pratiques partagées par les individus constituant et/ou contrôlant une organisation et établissant des normes comportementales ». Dans un système efficace, la culture de la sécurité est implémentée à tous les niveaux de la chaîne de commandes : des dirigeants de l’entreprise (ici les décideurs politiques et les directeurs d’hôpitaux) à l’opérateur de plus bas niveau (les soignants). Or l’application aveugle des principes du lean management – et notamment la diminution des coûts et l’augmentation de la productivité – va à l’encontre de la culture de la sécurité et augmentent de manière drastique le nombre d’erreurs médicales.                   En effet, plusieurs études ont démontré le lien entre le manque de personnel et de matériel d’une part, et l’augmentation des risques pour les patients d’autre part. Le lean management génère chez les soignants de fortes charges de travail, beaucoup de stress et d’importants niveaux de fatigue. Or ces trois facteurs affectant fortement les réflexes, l’attention, le raisonnement, les capacités de communication et de prise décision des soignants, ils constituent la principale cause d’erreurs médicales. Et la fatigue a sûrement l’effet le plus dévastateur, d’une part parce qu’elle est considérée normale en milieu hospitalier, et d’autre part parce que les soignants ont tendance à en sous-estimer son impact sur leurs performances.                                                                                 En principe, dans un environnement de travail à risque, les opérateurs doivent appliquer des procédures opérationnelles standards (SOPs en anglais) qui permettent de limiter le risque d’erreurs. À l’hôpital, ces SOPs doivent être suivies à la lettre, notamment pour prévenir les risques de contamination ou d’erreurs de prescription. Or la pression temporelle et le manque de matériel médical poussent parfois le personnel soignant à dévier des SOPs (parfois même sous la pression directe de leurs supérieurs hiérarchiques) et à prendre de gros risques, comme réutiliser des seringues à usage unique pour un même patient par exemple. Le respect des SOPs étant le meilleur indicateur de sécurité d’une organisation, nous voyons bien à quel point le lean management est inadapté au contexte de l’hôpital.      Beaucoup de soignants ont dénoncé ce système de management agressif et ses conséquences néfastes, sur eux comme sur les patients. Pris entre le marteau et l’enclume, les directeurs d’hôpitaux (même s’ils font part des difficultés croissantes qui sont les leurs) n’ont souvent d’autre choix que d’appliquer les directives décidées par leurs supérieurs hiérarchiques directs – à savoir les dirigeants politiques qui votent les budgets des hôpitaux publics.                                                                                                   D’un point de vue purement économique, on pourrait (peut-être ?) trouver ce type de management acceptable s’il permettait de faire de réelles économies. Mais en favorisant la survenue d’événements indésirables et d’erreurs médicales, il revient en réalité très cher. Un rapport américain en a en effet estimé que chaque année le coût des événements indésirables pour les hôpitaux américains était compris entre 17 et 29 milliards de dollars. Ce même rapport a montré que les erreurs médicales étaient la huitième cause de décès à l’hôpital, avec 44 000 à 98 000 morts par an aux États-Unis (sur 33,6 millions d’admissions).          Des résultats similaires ont été rapportés dans tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Or il est possible de changer de paradigme. En effet, en investissant massivement dans la prévention des événements indésirables, les États-Unis ont non seulement amélioré la sécurité à d’hôpital, mais aussi réalisé des milliards d’économies......."_____________

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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

[Quelques pistes]
                      Par delà les mythes et au delà des légendes.
          Deux exemples suffiront à illustrer que l'étude méthodique et critique du passé se situe souvent aux antipodes des croyances encore entretenues et diffusées sans contrôle.
          ___Premier exemple: Les Gaulois
                                   Qui n'étaient pas ceux que l'on croit.
            Depuis un certain nombre d'années, on n'en finit pas de découvrir la complexité d'un peuple, que les récits de César ont caricaturé, que des décennies d'enseignement naïf ont déformé, sur des bases historiographiques douteuses.   L'archéologie a considérablement fait avancer nos connaissances.
  Les caricatures ont pu avoir une fonction politique en instrumentalisant des éléments du passé non mis en perspective.
           ___Deuxième exemple: Les Vikings
   Ces peuples qui nous fascinent sont aussi l'objet de mythologies qui envahissent les écrans, une certains littérature à sensation.
    Si l'on se penche sur les études récentes d'un des meilleurs spécialistes de la question, faites de recherches savantes et de questions prudentes, Regis Royer, on apprend vite que:
   LesVikings ne sont pas un peuple unique et ont connu, pour ce qu'on en sait, une civilisation riche et une histoire compliquée, mais passionnante, aux incursions maritimes et fluviales multiples et parfois étonnantes.
  Notamment en Grande-Bretagne et en Normandie.
  Pour les Vikings de l'Est, on signale des avancées en profondeur jusqu'à Samarcande.
  L'occupation assez longue en l'Islande est connue et celle qui affecte le Groenland continue à poser maints problèmes, comme les causes de leur disparition. On peut trouver ici des éléments permettant de mieux situer le problème, à la lumière des travaux de Jared Diamond.
   Le cas d'une occupation sans doute limitée à Terre-Neuve est encore en discussion.
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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

  Bombe A:  tournant historique. Il y a 75 ans...

            Longtemps après cet événement inédit qui mit fin à la guerre américano-japonaise, la lumière se fait encore peu à peu sur ce événement tragique et "fondateur" d' une nouvelle ère, après des décennies de silence, de récits simplifiés et parfois enjolivés, dans le sillage de l'euphorie d'après-guerre.   Il y eu même une mode "atomique après-guerre au niveau des chansons , des modes et des danses aux USA.     Bref, cette engin destructeur devint un temps l'objet d'un mythe. On oublia les circonstances de la décision de sa construction et de son lancement, ainsi que les conséquences tragiques sur les populations civiles pendant de longues années. Sur le Japon lui-même, une chape de plomb s'abattit pour longtemps.     Mais  des historiens ne manquèrent de faire retour sur ce passé escamoté pour essayer de dénouer le fil des événements et les motivations qui poussèrent Truman et son équipe à passer à l'acte, malgré des avis contraires en haut lieu.           La décision fut plus politique que  militaire comme le fait apparaître ce document:

...Truman n’était pas un confident proche du président Franklin D. Roosevelt. De fait, il n’avait que peu d’idées sur la façon dont Roosevelt envisageait les relations d’après-guerre avec l’Union soviétique et ne connaissait pas l’existence d’un programme majeur – le projet Manhattan – visant à produire une bombe atomique.         Au cours d’une série de réunions organisées peu après sa prestation de serment, Truman a surmonté ce déficit, en maintenant son engagement de se conformer le plus étroitement possible aux orientations politiques définies par le président Roosevelt. Mais certaines décisions devaient être prises par le nouveau président, raison pour laquelle il avait convoqué la réunion du Cabinet Room. [Procès-verbal]

Réunion du cabinet Truman à la Maison Blanche, le 10 août 1945, au lendemain du bombardement atomique de Nagasaki. (Abbie Rowe/Bibliothèque Truman)

           Le général George Catlett Marshall, chef d’état-major distingué de l’armée américaine âgé de 64 ans, avait rejoint Truman. En plus de gérer les problèmes liés à l’évolution de la guerre mondiale, le général Marshall était également membre d’un comité de haut niveau (le « Top Policy Group », formé en octobre 1941) qui supervisait les efforts des États-Unis pour construire une bombe atomique.         Marshall avait laissé la plupart des décisions quotidiennes concernant le programme de la bombe atomique aux mains du général Leslie Groves et avait limité son propre rôle à celui de s’assurer que le Congrès continuait à soutenir financièrement le projet et, dans une moindre mesure, à prendre des décisions politiques concernant l’utilisation d’une arme atomique.        Pas plus tard que le 31 mai 1945, Marshall avait déclaré à un groupe de scientifiques spécialisés dans la bombe atomique, d’administrateurs et de décideurs politiques qu’il pensait que les États-Unis seraient en meilleure position dans le contexte d’après-guerre s’ils évitaient d’utiliser une bombe atomique contre les Japonais. Il a également recommandé que les États-Unis invitent l’Union soviétique à assister aux essais de la bombe atomique.              La majorité des participants à cette réunion se sont prononcés contre Marshall, y compris le futur secrétaire d’État James Byrnes, qui craignait que les États-Unis ne perdent leur avance sur les Soviétiques en matière d’armes nucléaires si les Russes devenaient un partenaire de facto grâce à cette coopération. En tout état de cause, Marshall considérait que toute décision d’utiliser ou non une bombe atomique, compte tenu de ses horribles ramifications, était une question purement politique, hors de la portée des militaires.       Deux officiers supérieurs de la Marine, l’amiral Ernest J. King, commandant de la flotte américaine et chef des opérations navales (le seul à avoir jamais détenu un tel commandement conjoint), et l’amiral William Leahy, 70 ans, chef d’état-major du commandant en chef de l’armée et de la Marine américaines, accompagnaient Marshall. L’amiral King était un homme abrupt et alcoolique qui dédaignait ouvertement toute utilisation des ressources américaines à d’autres fins que la destruction totale des Japonais.          Contrairement à King, l’amiral Leahy était partisan d’éviter un bain de sang en combattant les Japonais et était favorable à l’idée de parvenir à une reddition négociée sous la pression combinée d’un blocus économique des îles japonaises et d’un bombardement aérien conventionnel. Leahy était contre toute utilisation de la bombe atomique contre des cibles civiles, un concept qu’il considérait comme « barbare ».      L’armée de l’Air était représentée par le lieutenant général Ira C. Eaker. Le général Eaker avait presque à lui seul fait du bombardement stratégique une pratique acceptée lorsqu’en tant que commandant de la 8e Force aérienne en Europe, il convainquit le Premier ministre britannique Winston Churchill de poursuivre cette stratégie controversée, notant que « le bombardement 24 heures sur 24 affaiblirait les Huns pour l’invasion terrestre et la mise à mort »....

                    Ce fut une décision âprement discutée, qui ne se passa comme comme une certaine légende a voulu le faire croire pendant longtemps.   Plus tard  "Dans ses mémoires, l'amiraLeahy, chef d'état-major particulier des présidents Roosevelt puis Truman, expliquait :  "Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre. (...) L'utilisation à Hiroshima et à Nagasaki de cette arme barbare ne nous a pas aidés à remporter la guerre. (...) En étant le premier pays à utiliser la bombe atomique, nous avons adopté (...) la règle éthique des barbares."    Quant au général Eisenhower, qui dénonça plus tard les dangers du complexe militaro-industriel, il écrivait lui aussi dans ses Mémoires : "À ce moment précis [août 1945], le Japon cherchait le moyen de capituler en sauvant un peu la face. (...) Il n'était pas nécessaire de frapper avec cette chose horrible."______________________

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Les Vikings (suite)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Monde très méconnu
                             Nous restons fascinés  par les Vikings   et le récit de leurs exploits, écrit l’historien. Nous nous les représentons comme de féroces barbares coiffés de casques à cornes, brandissant des épées étincelantes et des haches tranchantes. » Alors même que les emblématiques casques ornés de cornes des Vikings n’ont jamais existé…
                 Pour l’auteur, la réputation des Vikings, au Moyen Âge comme actuellement, est en effet « liée aux conceptions religieuses et à la formation théologique des auteurs des textes qui sont parvenus jusqu’à nous ». Les Vikings avaient certes « une propension à attaquer les monastères et les églises qui constituaient des cibles faciles, sans défense, le plus souvent épargnées par les armées chrétiennes. Comme les moines et les clercs avaient le quasi-monopole de l’écrit pendant le haut Moyen Âge, les chroniques et les autres textes qui nous sont parvenus défendent leur point de vue ». Et les Vikings y ont gagné une réputation détestable : celle d’un « peuple infâme » et d’une « race corrompue ».d
     Même si, comme le souligne Alban Gautier, professeur d’histoire médiévale qui assure la préface du livre, « les Vikings n’étaient pas un peuple », puisque « l’univers des Vikings était marqué par une grande diversité tant culturelle que religieuse » et qu’il n’était pas nécessaire que du sang scandinave coule dans ses veines pour appartenir à ce groupe. À rebours de ce que pensent certains adeptes néopaïens et contemporains des Vikings. L’un des plus grands rois vikings, Cnut le Grand, qui bâtit un empire en mer du Nord entre 1015 et 1035, était ainsi aux trois quarts slave…
      Mais la violence, écrit l’auteur, « continue à passionner la société moderne et les Vikings sont devenus emblématiques de ses formes les plus atroces et les plus insensées ».L’incarnation la plus fantasmée de cette cruauté viking aurait consisté en l’habitude de la torture dite de l'« aigle de sang », dont l’auteur rappelle pourtant que l’imaginaire provient d’une mauvaise compréhension et traduction de la poésie scaldique.
    En dépit de tout cela, la réputation sanglante de ces « super héros du Nord » et de ces « histoires de tortures horribles imprégnées de paganisme », sensationnelles et palpitantes, a « annihilé notre sens critique habituel, y compris celui de nombreux historiens. Même des auteurs ayant accès à des sources de connaissance fiables continuent à raconter ces histoires considérées comme un fatras d’erreurs ».
    L’auteur considère que, replacée dans son contexte historique, « leur violence n’était pas pire que celle des autres », par exemple comparée à un Charlemagne (sacré empereur en 800) dont les armées ont tué et ravagé à plus grande échelle que les Vikings. Le mode d’action des Vikings, consistant à remonter les fleuves à l’aide de bateaux rapides, catalysait l’effet de sidération et de terreur provoqué par ces hommes en armes. En effet, si les peuples d’Europe n’ignoraient pas la violence aveugle dans une époque très tourmentée, lorsque l’ennemi progressait par voie de terre, la rumeur se répandait rapidement et permettait à beaucoup de s’échapper…
     Pour à la fois contrer cette image noire et aller au-delà des imaginaires stéréotypés entourant le temps des Vikings, Anders Winroth fait le point sur un savoir fragmenté, marqué par des vides et des incertitudes, qui a pu catalyser le recouvrement d’une réalité difficile à cerner par un imaginaire puissant et souvent erroné.

      Il utilise pour cela les résultats de fouilles archéologiques inédites, notamment dans les « tombes à navire », puisqu’on trouve dans les campagnes scandinaves des milliers de « navires de pierres » en forme de vaisseaux emmenant les morts dans l’Au-delà et que nombre de Scandinaves, non seulement des guerriers vikings mais aussi des paysans lambda, étaient inhumés « dans une sorte de bateau ou au moins accompagnés par un navire symbolique ».Mais Winroth s’intéresse tout particulièrement aux inscriptions runiques et aux strophes scaldiques, ces compositions élaborées dont les poètes islandais firent la renommée....
..O« recycle toujours les mêmes mythes, mais certaines de ces histoires les plus passionnantes sur les Vikings ne sont que rarement, voire jamais racontées ». Si tout n’est pas passionnant de bout en bout dans cet ouvrage, son grand mérite est de trancher les controverses sur les motifs qui ont poussé les Vikings, pendant trois siècles, à parcourir les mers et les fleuves pour piller, rançonner, coloniser et conquérir une géographie lointaine, allant des mondes arabes jusqu’au-delà du Groenland.

 
Représentation des Vikings datant du XIIe siècle : les Danois sur le point d'envahir l'Angleterre.Représentation des Vikings datant du XIIe siècle : les Danois sur le point d'envahir l'Angleterre.

Winroth ne cherche pas ces raisons dans les explications mécaniques parfois avancées, allant du changement climatique à la pression démographique en passant par un prétendu « caractère guerrier » des peuples du Nord. Son explication est de nature sociopolitique. Comme le résume Alban Gautier : « Afin d’affermir un pouvoir foncièrement instable, les chefs scandinaves du haut Moyen Âge recrutaient des bandes armées qu’il leur fallait récompenser par des présents prestigieux ; en échange, les guerriers fidèles à leur chef se battraient pour lui. (…) L’explication principale du phénomène viking se trouverait donc à la croisée d’une stratégie politique, d’une pratique sociale et d’une éthique guerrière, toutes fondées sur le principe du don et du contre-don. »
     Winroth fait donc le pari que, pour comprendre les Vikings qui sont partis et que l’Europe a vu déferler sur ses terres, il faut d’abord connaître ceux qui sont restés et les sociétés auxquelles les guerriers étaient adossés. En effet, « les raids des Vikings avaient lieu à petite échelle, et étaient le plus souvent le fait d’hommes jeunes qui possédaient peu de propriétés foncières, voire aucune, et n’étaient généralement pas mariés ».
L’historien cherche donc moins à comprendre le « temps des Vikings » depuis le champ de bataille que depuis la « maison-halle » où le chef abreuvait ses hommes et les éblouissait par sa richesse et les produits exotiques qu’il avait pu ramener. « Tout commençait, explique-t-il, avec les grandes fêtes données dans les maisons-halles des chefs de guerre du Nord » qui constituent les plus grands bâtiments de l’Europe septentrionale au Moyen Âge.

 
Attaque viking, image de 1100, faite dans l'abbaye de Saint-Aubin.Attaque viking, image de 1100, faite dans l'abbaye de Saint-Aubin.

Dans cette maison-halle, le chef prononçait des discours, parce qu’un « bon chef n’avait pas seulement besoin d’être généreux et victorieux à la guerre mais devait être éloquent et prononcer des paroles qui allaient droit au cœur ». Il s’agissait aussi d’un « espace sacré où le chef procédait à des rituels religieux ».

 
    Le chapitre que Winroth consacre à la religion est l’un des plus intéressants de l’ouvrage. On y découvre ou redécouvre, même si les fouilles « ne nous apprennent pas grand-chose de la religion vécue », la complexité de l’imaginaire spirituel et mythologique des Vikings, notamment la lutte du dieu Thor avec le serpent de Midgard, qui se tenait enroulé autour du monde et était censé le maintenir en place. Le jour où il lâcherait, le monde se fragmenterait et disparaîtrait, dans le cadre d’une religion largement apocalyptique, où la fin du monde s’appelle le Ragnarök et consiste en un grand incendie après lequel un monde meilleur peut surgir.
    On y voit aussi la façon dont le christianisme a, peu à peu, remplacé la vieille religion païenne en Scandinavie, parfois en se superposant à elle. Winroth prend ainsi l’exemple très parlant d’un moule en stéatite, trouvé dans le nord du Jutland au Danemark, qui donne une image de la manière dont le christianisme a lentement pénétré la culture scandinave sans immédiatement éliminer les anciennes religions. L’artisan qui possédait ce moule, pouvait en effet, au choix, couler « une croix chrétienne ou le marteau de Thor », voire les deux en même temps…
    Cette conversion des mondes vikings au christianisme fut moins le fait de missionnaires« que des besoins et objectifs des chefs et rois scandinaves ». La religion chrétienne fut en effet utilisée comme un « outil de construction des communautés au sein de leur économie politique ».
     C’est en effet au moment où les chefs vikings à l’onomastique devenue légendaire, d’Erik le Rouge à Harald à la dent bleue, sont remplacés par des rois scandinaves que la religion catholique s’impose vraiment. « L’Église joua un rôle de premier plan dans ce processus, fournissant son savoir-faire en matière d’éducation et d’administration, en plus d’une idéologie qui considérait que les rois régnaient, avec l’approbation de Dieu, depuis le sommet d’une hiérarchie bureaucratique. »
   Avec cette transformation de la structure sociopolitique des territoires vikings en royaumes médiévaux, c’est toute la société scandinave qui se modifia, jusqu’à son expression poétique. Le vers scaldique était ainsi entièrement muet sur l’amour romantique, dont les idées ne se propagent dans la poésie scandinave qu’au XIIe siècle. « Dans ce domaine aussi, la Scandinavie rejoint progressivement l’Europe », conclut l’auteur. [Mediapart]
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5 G (suite)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Un débat nécessaire

 L'adoption de la 5G ne va pas de soi et ne peut être précipitée, car c'est un bond en avant numérique qui a de nombreuses incidences et ouvre un horizon d'incertitudes.                                                                    Points de vue:

 


 

 

... On pense à la 5G comme une amélioration du réseau de téléphonie mobile, mais la rapidité des communications devrait permettre de connecter bien plus que nos téléphones. Une rapidité suffisante pour un Internet des objets, connectés entre eux, autorisant captation et analyse de données ou applications de réalité virtuelle. Face à de telles annonces, pas étonnant que technophiles et sceptiques s’affrontent, car ce n’est pas tant la technologie elle-même que ses conditions d’utilisation qui posent questions.       Nous commençons par une interrogation simple avec Xavier Lagrange (IMT Atlantique) : la 5G, c’est quoi ?. La modification des infrastructures numériques devrait notamment permettre de réduire les zones qui ne sont pas couvertes par le réseau actuel, comme l’expliquent Sylvain Colombero et Federico Pigni (GEM).         Pour l’instant, il y a en fait peu de certitudes sur ce que la 5G va changer dans nos interactions sociales et nos rapports au monde, et Valéry Michaud (Neoma Business School) nous rappelle que si nous avons tendance à surestimer l’impact à court terme des nouvelles technologies, nous sous-estimons leurs effets sur le long terme.      Ainsi, Yannick Chatelain (GEM) se penche sur les projets de « villes intelligentes » que pourraient permettre les hauts débits de la 5G au prisme du « capitalisme de la surveillance », dans lequel nos données sont entre les mains de quelques multinationales. C’est aussi la possibilité de captage et de transfert massif de données qui sous-tend l’irruption de la 5G dans les relations internationales, décrypte Christine Dugoin-Clément (IAE).                            De nombreuses questions concernent également les effets de la 5G sur la santé. Alors qu’il y a encore peu de données soulignant des impacts nouveaux, l’Anses, l'agence nationale de sécurité sanitaire, a engagé des études spécifiques aux bandes de fréquence de la 5G (3,5 GHz et 26 GHz)...

Elsa Couderc

Cheffe de rubrique Science

En 5G, il sera possible de diffuser en direct des vidéos de très haute qualité. Alex Bracken / Unsplash

Xavier Lagrange, IMT Atlantique – Institut Mines-Télécom

La 5G anime de nombreux débats sociétaux, mais savez-vous comment fonctionne cette nouvelle technologie ?

Le déploiement du réseau 5G doit débuter d’ici la fin de l’année en France. F. Muhammad / Pixabay

Yannick Chatelain, Grenoble École de Management (GEM)

Outre-Atlantique, les experts en technologie s’inquiètent du devenir des nombreuses données personnelles que pourront bientôt recueillir les objets connectés.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo présente le plan « 5G Clean Path », qui vise à protéger toutes les données transitant sur les réseaux 5G entre les installations diplomatiques américaines et les États-Unis, le 29 avril 2020 à Washington, DC. Andrew Harnik/Pool/AFP

Christine Dugoin-Clément, IAE Paris – Sorbonne Business School

Au-delà du coût environnemental de la 5G, cette technologie se trouve également au cœur de la rivalité géopolitique sino-américaine, une rivalité qui se déroule en partie sur le territoire européen.

Les opportunités économiques restent pour le moment absentent des débats sur l'arrivée de la 5G. FrankHH/Shutterstock

Sylvain Colombero, Grenoble École de Management (GEM); Federico Pigni, Grenoble École de Management (GEM); Pierre Dal Zotto, Grenoble École de Management (GEM)

Les débats se focalisent actuellement sur les craintes sanitaires ou environnementales, délaissant la question des nombreuses innovations possibles en matière de business models.

Que va changer la 5G ? Jack Sloop / Unsplash

Valery Michaux, Neoma Business School

     La vraie révolution 5G ne commencera que dans quelques années… poussée par des applications innovantes, mais freinée par toutes les craintes engendrées par la révolution digitale.__________________________________________

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Le temps des cowboys?

Publié le par Jean-Etienne ZEN


 

Lagarde monte la garde
                         Aux temples du FMI et de l'OMC
                                                  Trump l'a dit. il le fait...mais jusqu'où?
      Une posture où une politique?
  Dans le cadre d'une mondialisation tous azimuts organisée depuis les années d'après-guerre, d'une ouverture toujours plus grande des frontières, dans le cadre de l'OMC, qui peine à concilier les intérêts et les conflits, dans un contexte où tout le monde ne joue pas la même musique, avec les mêmes arrières-pensées.
    Le libre-échange (le doux commerce) présenté comme la moins mauvaise solution, est une directive cousue de fils blancs au coeur des contradictions de la mondialisation.
   La théorie des avantages comparatifs de Ricardo demande à être subtilement évaluée, dans le contexte de la concurrence, dont la réduction peut s'avérer une arme dangereuse pour celui qui en prend l'initiative.
   Mais toutes sortes de moyens peuvent jouer le rôle de freins aux importation pour préserver ou développer, provisoirement ou non, légitimement ou non, un secteur d'activité: dumpings divers, jeu sur la monnaie, subventions avouées ou non...
   S'inquièter d'une guerre économique redoutable, comme le dit Lagarde, c'est dramatiser une initiative qui n'est pas propre aux USA et qui ne pourra aller bien loin sans périls pour son économie interne, telle qu'elle est devenue. Une voiture, une paire de chaussures, les profits de Walmart et pas seulement de Apple ne seraient rien sans les importations et la main d'oeuvre asiatique, les bas coûts de production vers lesquels on s'est tourné pour réduire le prix de revient des produits donc pour peser sur les salaires. De plus les mesures protectionnistes sont choses courantes : George Bush avait aussi relevé les droits de douanes en 2001 et Barack Obama avait taxé l’acier chinois en 2009. À chaque fois, des réponses avaient été mises en place, mais l’effet négatif sur la croissance mondiale avait été très réduit, voire nul. Et pour cause, le niveau moyen de droit de douanes des États-Unis est faible, inférieur en moyenne à ceux de l’Union européenne, et deux fois moindre que ceux de la Chine… Même relevé, ce niveau de protection demeurera réduit et ne devrait pas modifier le niveau des échanges.


    L'OMC, institution de plus en plus critiquée, ne fait pas que des vainqueurs: «On a posé comme principe que le libre-échange est gagnant pour tout le monde», regrette Jean-Luc Gréau, ancien économiste de la confédération patronale française (Medef), qui a publié cette année un livre sur l'avenir du capitalisme où il s'inquiète des délocalisations facilitées par la levée des barrières commerciales.   «En réalité, il n'y a que trois catégories de vainqueurs: les pays qui produisent des matières premières, ceux qui ont de faibles coûts de main-d'oeuvre comme la Chine ou l'Inde et ceux qui sont hautement spécialisés dans les biens d'équipement comme l'Allemagne et le Japon. Des pays qui comme la France ou l'Italie ne font partie d'aucune des trois sont perdants», estime-t-il."
   De là à considérer l'institution internationale comme une menace contre la démocratie, il n'y a qu'un pas. Les lois d'airain de la mondialisation se font souvent sentir jusqu'à la perte d'indépendancc politique et la paupérisation de certains secteurs de l'activité économique.
   Une révision des règles de l'OMC s'imposent d'urgence
          De toutes manières, les dés sont pipés.

Tout l'édifice de la doxa libre-échangiste repose en fait sur un postulat parfaitement erroné: le commerce mondial s'appuierait sur un système de règles garantissant des échanges équitables et qui profitent à tous. Or ceci relève de la pure chimère: le libre-échange ne profite en fait… qu'à ceux qui n'y croient pas. Les pays qui réussissent dans la mondialisation sont généralement les plus protectionnistes: à commencer par la Chine, qui protège son marché de mille manières, en utilisant l'arme monétaire par exemple, ou encore par le biais des «normes», qui permettent d'exclure nombre d'entreprises étrangères du marché chinois. Les Américains eux-mêmes ont toujours défendu bec et ongles leurs entreprises et leurs emplois, ne serait-ce, entre autres dispositifs, que par le biais du «Buy American Act», adopté en 1933.     En fait, tous les pays pratiquent peu ou prou une certaine forme de protectionnisme. Le mois dernier, l'Inde a décidé d'augmenter les droits de douane sur une cinquantaine de produits. Sans provoquer la moindre vague. Même la France d'Emmanuel Macron s'y est mise: mi-février, Edouard Philippe a annoncé un élargissement du «décret Montebourg», qui permet de protéger les entreprises de secteurs stratégiques d'un rachat par un investisseur étranger.
   Comment maîtriser la mondialisation?
       Car L'organisation favorise surtout les intérêts des plus puissants et des multinationales
       " Comme l’a reconnu lui-même Pascal Lamy, directeur général de l’OMC depuis 2005, au sujet de l'AGCS (accord général sur la commercialisation des services) que promeut l'OMC : « l’AGCS est avant tout un instrument au bénéfice des milieux d’affaires». C’est ce qu’avait déjà observé dès 1985 la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, organe de l’ONU) affirmant dans un rapport que « la libéralisation des services profitera essentiellement aux multinationales qui dominent le marché mondial »
     Les représentants des grandes puissances, des firmes transnationales, de la finance mondiale, imposent à l’OMC leurs conceptions néolibérales. Il s’agit d’assimiler à des marchandises des secteurs comme les produits agricoles, l’eau, l’éducation, la santé, les services sociaux et notamment les services publics. L’OMC impose inexorablement aux États de modifier leurs lois, règlements, procédures administratives pour les mettre en conformité avec les règles qu’elle édicte. Mais ces règles édictées par l’OMC, loin de résulter d’un processus démocratique, sont prises dans l’opacité par une minorité de « puissants » (représentants des États les plus riches, des grandes entreprises, des grandes banques), alors que la majorité des États et des populations du monde ne sont même pas consultés ni même réellement informés."
     Réguler le commerce mondial est un impératif  négligé, ou plutôt orienté
            __On évoque enfin la possibilité d'un  traité alternatif, aux orientations plus équitables.
     Il est temps. L'idée est bonne mais l'issue incertaine.
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Plan de relance

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Deux mots sur un problème qui s'annonce compliqué.

                  Il ne suffit pas de promettre, de vouloir arroser, soutenir, reconstruire même une économie souvent  en grand péril, parfois sinistrée,  relancer l'activité dans tous les secteurs. Pas seulement ceux qui sont les plus porteurs ou ceux qui sont les décisifs pour l'avenir. Pour certains, il s'agit seulement de survivre, dans un premier temps, et même de reconstruire, dans des domaines les plus divers.                 La question est celle de la répartition de crédits qui ne sont pas illimités, de la nature des décisions et des arbitrages qui seront pris. Sur le papier, les projets semblent assez satisfaisants. Mais comment faire des choix qui auront des conséquences à long terme, sans négliger les secteurs traditionnels jugés moins porteurs d'avenir. Ou comment tout miser sur l'avenir sans délaisser l'activité traditionnelle ou jugée désuète. Sur le papier, tout paraît clair, mais l'exécution et les arbitrages vont être assurément compliqués et ne seront pas que techniques. Le débat est déjà vif à la veille des grandes décisions.

 

 "...Tant mieux si un Commissariat au Plan permet de mieux prendre en compte les analyses et recommandations produites par France Stratégie ou de mieux articuler l’action des diverses administrations. La création d’un nouvel organe ne suffit cependant pas à garantir que la fonction est mieux assurée. Après avoir réfléchi sur les principaux objectifs, il importe aussi de présenter les divers moyens (développement des infrastructures, des institutions, des compétences, de la confiance, de la cohérence, de représentations partagées) ainsi que les « technologies » de débats plus inclusifs et d’arbitrages plus efficaces et mieux acceptés...."

 

     Le plan sera-t-il à la hauteur? Certains ont des doutes.     Et puis il y a l'aspect européen de l'aide annoncée, qui va s'étaler dans le temps. Là les incertitudes sont plus grandes encore.    On attend beaucoup de l'accord européen signé pour sortir ensemble de la crise dans laquelle nous sommes plongés à des degrés divers.          Mais les choses ne sont pas si simples que ce que l'on nous a présenté comme une avancée spectaculaire et salvatrice en cette période exceptionnellement critique. Le point de vue de l'ancien banquier Naulot qui n'a pas sa langue dans sa poche en matière financière, introduit quelques bémols de taille dans une présentation trop superficielle et optimiste des choses. un accord qui ne manque pas d'ambigüités à ses yeux.________________________

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