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DRH

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Silence, on licencie
                              Ressources humaines en question.
     On se souvient du film de Laurent Cantet qui mettait en évidence au coeur d'une entreprise les ravages de l'idéologie managériale telle qu'elle s'est installée dans les grands groupes industriels surtout depuis les années 1980, dans le contexte de la financiarisation progressive des entreprises soumises à la loi de la mondialisation, d'une concurrence exacerbée, de rachats de secteurs de production dans l'intérêt privilégié des actionnaires grands et petits.    (*)
      Hier, ce sont les pratiques inavouables des grands groupes qui sont dénoncées par un ancien DRH, à partir de son expérience personnelle.
   L'auteur met en avant le caractère inhumain de certaines gestions du personnel (comme on disait autrefois), à seule fin de procéder à une sélection le plus souvent éliminatoire, où le dégraissage prime sur le reste, dans une logique qui est souvent, paradoxalement, loin de l'intérêt bien compris de l'entreprise. "Certaines méthodes deviennent même contre-productives, telles que la sous-notation forcée, qui établit un quota de personnes à licencier, même si c’est dommageable pour la bonne marche de l’entreprise. Il faut immoler pour contenter le dieu Chiffre. Cette pratique, le forced ranking, venue des États-Unis, a été condamnée par la justice en France en 2013. Illégale, elle est donc inavouable, mais reste encore pratiquée, permettant notamment départs volontaires et gains de compétitivité.
  Didier Bille lâche le morceau et avoue avoir licencié plus de 1.000 salariés, décrivant un véritable délitement du lien social en entreprise, reflet ce qui se passe dans nos sociétés. Les hommes ne sont plus au centre du système.
   Il sont devenus des ressources . Au terme usuel de « ressources humaines », relativement impersonnel, on revient aux sources de ce qui constitue l’individu, en suggérant que l’on ne gère pas des « ressources humaines » (interchangeables, par nature), mais des « hommes », des êtres uniques dotés chacun d’attentes, d’aspirations, de leur personnalité propre et de leurs qualités intrinsèques, qui attendent d’être valorisées et de trouver leur place et leur plein épanouissement au sein de la structure d’accueil."
       Une  folle dérive, qui ne vise que le quantifiable, au sein d'une logique souvent arbitraire et inhumaine.
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     (*)    Une gestion barbare mais à visage humain. "... Ressources humaines constitue une illustration parfaite de quelques ouvrages récents dénonçant les dégâts de l'idéologie managériale, à l'oeuvre depuis le début des années 80. Le sociologue Jean-Pierre Le Goff parle ainsi de «barbarie douce» (1). «La barbarie telle qu'on l'entend aujourd'hui implique une violence et une cruauté qui s'appliquent à des régimes totalitaires et dictatoriaux. Celle qui sévit dans notre société apparaît aux antipodes. Elle ne laisse guère apparaître les signes d'une agressivité première, n'agit pas par la contrainte externe et la domination. ["] L'"autonomie, la "transparence et la "convivialité sont ses thèmes de prédilection. Elle s'adresse à chacun en ayant de cesse de rechercher sa participation, et ceux qui la pratiquent affichent souvent une bonne volonté et un sourire désarmants.» Résultat: «l'entreprise individualisée», comme la nomme Jean-Pierre Le Goff, est peuplée d'employés parfaitement «autonomes», qui, parce qu'ils sont «consultés», «responsabilisés» pensent que ce qui est bon pour l'entreprise est bon pour eux. Le Goff rend responsable de cet état de fait «la gauche moderniste» issue de 1968 qui, en réhabilitant l'entreprise et en stimulant les valeurs d'autonomie, de créativité, bref des «ressources humaines», a accru (à son insu?) la violence molle et le brouillage des cartes. Le jeune héros du film incarne en cela un digne héritier désarmé des doctrines du business cool. Il met en oeuvre une consultation, donc il croit bien faire, mais celle-ci révèle plus tard qu'elle cache un plan de licenciement.
     Cette rupture du «contrat social» (et moral) le fait basculer dans la défiance. Le «miroir aux alouettes» entrepreneurial qu'on lui avait tendu pendant si longtemps (son père en premier) se révèle une belle entourloupe. Les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello en développent certains aspects dans le Nouvel esprit du capitalisme . «Les situations de travail en entreprise aujourd'hui sont de fait particulièrement susceptibles de faire l'objet d'accusation de "manipulation, expliquent-ils. En effet, si le management consiste toujours à "faire faire quelque chose à quelqu'un, la manipulation et le soupçon de manipulation se développent quand il devient difficile de recourir aux formes classiques de commandement, consistant à donner des ordres ["] Or, les vingt dernières années ont plutôt été marquées par l'affaiblissement des ordres conventionnels et des relations hiérarchiques ["] Dans un tel contexte, on est amené à substituer au commandement hiérarchique dans le plus grand nombre de cas possibles des pratiques visant à amener les gens à "faire d'eux-mêmes, et comme sous l'effet d'une décision volontaire et autonome, ce qu'on désire "leur voir faire.»
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De tout

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Les bourreaux de Béthune plieront-ils?

_  Ecole de commerce: vers la privatisation et donc l'exclusion.

__Quand les avions volent pour rien.

__ Enfin! Remise en question du Mercosur contesté dès le départ

__ Autoroutes:  juteux profits et opacités.

__Les Vikings, injustement méconnus

  Les Vikings ont joué un rôle central dans le décollage économique de l’Europe médiévale. En pillant le continent, ils ont permis de réinjecter dans l’économie les richesses thésaurisées par l’Église. Ils ont également ouvert de nouvelles routes commerciales vers Byzance et Bagdad, où ils exportaient, entre autres, esclaves et fourrures, contribuant ainsi « à rééquilibrer pour un temps le solde de la balance commerciale entre l’Europe de l’Ouest et l’Orient », soutient le médiéviste Anders Winroth.      Dans une étude publiée le 16 septembre dans la revue Nature, des chercheurs de l’université de Copenhague montrent que le patrimoine génétique des Vikings était beaucoup plus varié qu’on ne le pensait jusqu’à présent.                                          ______________________

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Qu'est-ce qu'elle a ma gueule?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Traçage facial
                  Est-ce un monde hyper orwellien que l'on nous prépare?
    Un monde de surveillance généralisée où, sans que l'on s'en rende compte ou avec notre consentement, nous serions dans l'espace public sous les yeux d'un puissant Big Brother, autrement performant que les caméras de surveillance classique.
    Un monde où chacun, par le miracle des algorithmes,  aurait l'illusion de se croire protégé, car reconnu, mais sans se douter qu'il fait l'objet d'un contrôle permanent à des fins politiques et commerciales.
      Prendrons-nous le chemin de la Chine, qui avance vite dans ce domaine, pour un contrôle non avoué des populations.
         Son grand bond en avant en cours semble ne pas devoir connaître de limites. La Chine 4.0 est en route.
     Elle brûle les étapes dans de nombreux domaines, même dans les secteurs de pointe, comme la robotique.
    Mais même s'il y a lieu d'éviter la sino- admiration béate, voire la sino-lâtrie (sans tomber dans la sino-phobie) il y a lieu de s'interroger sur certaines applications en cours.
     Il est un point sur lequel des questions se posent avec une certaine inquiétude: celui du développement rapide des technologies basées sur la reconnaissance faciale, qui progressent à grande vitesse, en même temps que le déploiement rapide des caméras de surveillance presque omniprésentes.
         Presque partout, les personnes peuvent être suivies et reconnues, sans que pour l'instant personne ne semble s'interroger là-bas  sur les dangers de ce développement rapide et performant dans de nombreux lieux publics et qui n' a pas qu'un but utilitaire.
       Csystème performantconçu pour assurer la sécurité des citoyens, a été déployé dans de nombreuses municipalités chinoises. D'ici 2020, près de 600 millions de caméras devraient être installées dans le pays. Certaines d'entre elles, dont le nombre reste secret, sont dotées d'outils de reconnaissance faciale et permettent d'associer une identité aux visages filmés. D'autres se contentent d'en identifier l'âge, le sexe ou certains traits physiques. 
     On peut facilement imaginer, étant donné la nature du régime, que ces nouveaux moyens sophistiqués peuvent être facilement utilisés pour le contrôle des personnes et des foules à des fins sociales et  politiques.
     Il y aura bientôt une caméra pour deux habitants. Difficile de passer entre les mailles de ce nouveau Big Brother.
         Le Wall Street Journal a expliqué l’intention du régime chinois d’installer quelques 600 millions de caméras à reconnaissance faciale CCTV dans le pays – soit une pour trois personnes, alors qu’il en existe déjà 176 millions aujourd’hui. Le pays est aidé dans sa tâche par l’obligation pour tout citoyen de plus de 16 ans d’enregistrer auprès des autorités une photo d’identité. Une réalité un peu trop proche de la fiction.
   Aux USA, les photographies de la moitié de la population adulte américaine sont stockées dans des bases de données auxquelles le FBI a accès. Les polices ont maintenant une arme puissante en main pour surveiller les criminels, mais le coût des atteintes éventuelles à la vie privée du citoyen est énorme. Un visage n’est pas une simple photo de badge. Il diffuse beaucoup d’autres informations et les machines sont capables de lire ces informations....
       Nous voilà entrés dans un type de société où la surveillance généralisée tend à devenir la norme. Un monde que Orwell n'aurait même pas imaginé, qui fait rêver les responsables de l'ordre public à courte vue et les magnats inétéressés du marketing.
 Nos traits sont devenus des données exploitables et utilisables de manière la plus contestable
     On peut craindre que le système n'en soit qu'à ses tous débuts et on peut le généraliser en douceur pour des raisons en apparence les plus acceptables. Il serait temps que la CNIL anticipe l'emballement du phénomène hors des frontières de la cybersécurité.
             - «Plus on est habitué à être observé, moins on est sensible aux atteintes à la vie privée» (A.Rouvroy)
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Sur le plan de relance européen

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Point de vue

             On attend beaucoup de l'accord européen signé pour sortir ensemble de la crise dans laquelle nous sommes plongés à des degrés divers.          Mais les choses ne sont pas si simples que ce que l'on nous a présenté comme une avancée spectaculaire et salvatrice en cette période exceptionnellement critique. Le point de vue de l'ancien banquier Naulot,  qui n'a pas sa langue dans sa poche en matière financière, introduit quelques bémols de taille dans une présentation trop superficielle et optimiste des choses. Voici son point de vue, sur un accord qui ne manque pas d'ambigüités, qui mérite examen et critique:   

 


         _______"...Première question, pourquoi avoir choisi un projet aussi lourd, aussi complexe, qui va mobiliser pendant plusieurs années des milliers de dirigeants et de fonctionnaires à Bruxelles et dans les capitales européennes, alors que l’on aurait pu faire plus simple et plus efficace ?  Pourquoi ce détour de plusieurs années par Bruxelles ?     Si les chefs d’Etat avaient réellement souhaité témoigner leur solidarité, sans arrière-pensées,  à l’égard des pays les plus atteints par la pandémie, ils auraient choisi de procéder par transferts financiers d’Etats à Etats. Ils auraient mis immédiatement en place des transferts en faveur de l’Italie, de l’Espagne, de la Belgique et de la France. L’Allemagne qui est un des pays les moins endettés de l’Union (59,8% du PIB fin 2019) aurait emprunté quelques dizaines de milliards d’euros à un taux négatif de - 0,50%. Son niveau de dette aurait glissé de 2%, c’est-à-dire de l’épaisseur du trait. L’Allemagne, qui profite tant de l’euro et dégage depuis dix ans des excédents courants spectaculaires, contraires aux traités, aurait contribué de la sorte à une plus grande efficacité de la zone monétaire. Les fonds seraient parvenus en Italie avant la fin de l’été ce qui aurait permis aux Italiens de faire face à l’urgence en investissant par exemple dans un  secteur hospitalier qui a tellement souffert. Ce geste de solidarité aurait été unanimement salué. L’article 122 du Traité de fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) était fait précisément pour répondre à ce genre de situations en permettant au Conseil européen, en cas de « catastrophes naturelles ou d’événements exceptionnels échappant au contrôle des Etats »,  d’apporter immédiatement une assistance financière aux pays concernés.              Mais on a préféré s’en remettre à la Commission avec un plan qui va se déployer sur plusieurs années, soumettre les Etats à de multiples examens de passage et financer le tout par un grand emprunt dont on ne sait pas comment il sera remboursé. Tout le monde va recevoir des subventions, même l’Allemagne, et semble-t-il pour un montant significatif ! A une  solidarité immédiate, on a préféré le recours à la dette. Une belle occasion ratée de faire avancer l’Europe des peuples !                                                     La vérité oblige à dire que l’idée qui a conduit la France et l’Allemagne à promouvoir un plan piloté par la Commission et financé par un grand emprunt européen est avant tout politique. Angela Merkel, pourtant hostile à toute dette mutualisée, a vu dans la mission confiée à la Commission pendant plusieurs années un moyen d’accélérer les réformes dans les pays récalcitrants. S’ils veulent bénéficier des subventions, ces pays devront réussir leurs examens de passage, bien entendu lors de la présentation des plans de relance nationaux mais aussi pendant de longues années puisque le plan de relance européen est « ancré » dans le fameux Semestre européen comme cela a été dit par la Commission dès la fin mai. Quant à Emmanuel Macron qui plaidait depuis trois ans pour une dette mutualisée, il obtient  enfin une petite avancée fédérale.                        Toutefois, contrairement à ce qui a été répété en boucle par nos dirigeants, cette dette mutualisée n’est pas un événement historique. A-t-on déjà oublié que le Mécanisme européen de stabilité (MES) de 700 milliards d’euros, créé en 2012 pour venir en aide aux pays périphériques,  permet d’émettre une dette mutualisée ? Par ailleurs, et c’est le plus important, Angela Merkel a précisé dès le mois d’avril que les subventions du futur plan européen auraient un caractère exceptionnel. Elles s’inscrivent en effet, a-t-elle précisé, dans le cadre de l’article 122 mentionné ci-dessus. Elles sont indissociablement liées à la pandémie. En d’autres termes, pour Angela Merkel, cette opération ne doit pas constituer un précédent. En juin 2019, elle avait déjà fermé la porte à tout budget de la zone euro et ce plan n’est pas l’amorce d’un budget de la zone euro. C’est un plan de l’Union européenne. Le plan de l’Eurogroupe du printemps dernier ressemble à cet égard à un ballon de baudruche : sur les 540 milliards, 240 milliards concernent un éventuel recours au MES, ce qui n’intéresse personne, et pour le reste, les engagements des Etats ne représentent que 50 milliards  et encore sous forme de garanties.       Pour des raisons politiques, l’Union européenne a donc choisi de mettre en place une grande cathédrale, comme elle sait le faire parfois[, aux dépens de l’efficacité et d’une franche solidarité. Au cours du long et lourd processus qui s’annonce, elle va devoir apporter de nombreuses précisions juridiques et financières. Pour le moment, trois éléments chiffrés ont été avancés - des subventions à hauteur de 390 milliards, des prêts à hauteur de 360 milliards et un grand emprunt de 750 milliards pour financer le tout – mais le montage de l’opération reste très obscur.                             La légalité des subventions ne fait pas de doute dans son principe puisqu’elles ont pour origine  « une catastrophe naturelle, un événement exceptionnel échappant au contrôle des Etats », c’est-à-dire la pandémie. En revanche, les allocations de subventions s’éloignent de la lettre et de l’esprit de l’article 122 du TFUE. Seuls 30% des montants alloués, ceux de l’année 2023, seront en effet en lien avec la pandémie. Il aurait été pourtant simple de retenir dès l’année 2021 deux critères simples reflétant la gravité de la situation pour chaque Etat : le nombre de morts par million d’habitants et la chute du PIB. Ces critères auraient naturellement été pondérés par la population..." (lire la suite...)_____________

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Intelligence artificielle

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

De la réalité aux fantasmes.
                                          On ne parle plus que de ça.
  Le Directeur de la start-up France, très bottom up génération, y voit le moyen de remettre le pays sur les rangs des pays les plus innovants.


   Son ministre enrubanné, attachant médaillé, envoyé en missus dominicus de la nouvelle cause, Cédric Villaniy, va se son couplet enthousiaste sur ce produit du numérique et des mathématiques, qui a des incidences de plus en plus grande sur maints aspects de la production. Non sans quelques nuances, mais pas sans ambition, dans la perspective des années à venir, où les algorithmes vont envahir un peu plus notre vie, pour le meilleur et pour le pire.
     Algorithmes qu'un ministre voulait enseigner aux enfants, nouveau latin de l'école moderne, utilisé  à toutes les sauces au sein de la révolution numérique.
   L'ambition est de promouvoir les diverses formes de l'intelligence artificielle, clé souvent fantasmée de notre avenir de plus en plus numérisé.
   L'intelligence artificielle est sans doute prometteuse dans certains domaines, mais est encore au berceau et ne pourra se substituer à la pensée vivante et multifonctionnelle.
     Penser n'est pas que calculer.
Le Président est sur tous les fronts il a reçu à dîner mercredi à l'Elysée une quinzaine de sommités mondiales du secteur, dont le Français Yann Le Cun (chef de l'IA chez Facebook), la Japonaise Noriko Araï, qui a conçu un robot capable de réussir un examen d'entrée à l'université ou le Britannique Demis Hassabis, fondateur de DeepMind, père du logiciel AlphaGo qui a battu en 2016 le plus grand maître mondial de go.  Jeudi, un sommet de l'intelligence artificielle organisé au Collège de France rassemble les grands noms du secteur avant d'accueillir vers 15 heures le chef de l'Etat....
     C'est l'enthousiasme, du moins dans certains milieux. Ecouteront-ils les mises en garde du regretté Stephen Hawking, dramatisant à souhait?
   Saura-t-on mettre à temps les garde-fous nécessaires contre une intelligence (non artificielle) parfois dévoyée?
        Saura-t-on garder un sens critique redoublé face à un discours purement scientiste/positiviste et aux risques déjà entrevus dans certaines des applications de ce nouvel eldorado qui fait rêver à l'Elysée?
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- Les Big Data entre promesses et dangers
- Vivre au milieu des algorithmes
- Les dessous d'un rapport
- Intelligence artificielle: une course mondiale à l'innovation
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Jupiter et la lampe à huile

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Ils sont de retour.....

                                       Les Amishs de la terre.       Ne supportant pas la caricature, la dérision, voire la désinvolture d'un discours jupitérien et sa vision naïve et très positiviste du "progrès".       Ils ne sont pas contents, mais pas contents du tout, les verts, de cette sortie présidentielle, qui n'est pas du plus haut niveau etqui vient contredire nombre de ses déclarations précédentes sur l'importance des questions environnementales auxquelles nous sommes impérativement, urgemment confrontés.        Il aurait pu s'abstenir de cette polémique d'un autre temps. Le coup de la "lampe à huile", on nous l'avait déjà fait, comme celui des Amishs, rebelles à tout progrès.   Bon, il faut bien occuper l'estrade, faire son effet, attirer l'attention, mais pour le coup, c'est on ne peut plus inapproprié, pour ne pas dire ridicule.    Que dans le monde des verts, il y ait des options ou des déclarations à discuter, voire à critiquer, cela va de soi. Et ils ne sont pas toujours cohérents dans leurs démarches et leurs positions                                                                                                                           __Il ne s'agissait pas d'un problème mineur: l'introduction sans débat préalable de la 5G demande discussion. Notamment sur les conditions de ce bond en avant numérique, dont beaucoup perçoivent certains risques. Des pays discutent et débattent encore, car c'est un pas en avant gigantesque dont la maîtrise pose problème, même si des applications apparaissent déjà intéressantes technologiquement, médicalement, etc...Un "progrès" qui peut nous libérer comme aussi nous asservir dans maints domaines. Cela n'a guère été évoqué en haut lieu, où l'on veut sortir de la crise par le haut, dans l'urgence. En matière d'énergie, on apprécie encore mal les conséquences de la 5G.   Le Président avait pourtant entériné les conclusions de l'accord de Paris sur les dérives climatiques.   De plus, beaucoup de ceux qui sont injustement critiqués ne sontpas opposés au principe de l'introduction de la 5G, mais demandent un moratoire avec un débat à la hauteur. Juste exigence démocratique sur un sujet qui n'est pas anodin et qui est jugé politiquement sensible. Un moratoire n'est pas un refus.     La 5 G pose des problèmes que certains naïfs ou non informés. ne perçoivent pas. Une régulation s'impose.

"

"..Le sujet de la 5G avait déjà fait l’objet de propositions de la Convention Climat: les 150 membres tirés  au sort avaient notamment défendu “un moratoire en attendant les résultats de l’évaluation sur la santé et le climat”. À l’époque, le chef de l’État n’avait pas fermé la porte à cette demande.   Lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, Cédric O, secrétaire d’État au numérique, a d’ailleurs répondu à Clémentine Autain (LFI) qu’il était d’accord pour un débat “sur des bases scientifiques”, mais pas si “on agite des peurs”. “La France possède l’un des cadres de protection les plus exigeants” en matière d’ondes de radio fréquence, a-t-il affirmé. Il a également indiqué qu’il rencontrerait “prochainement” les membres de la Convention citoyenne...."                                                              On peut patienter __On peut se moquer et même rire un peu de cette sortie peu glorieuse.  Certains ne s'en sont pas privés...____________
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Relire Clément Rosset

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Il s'appelait Rosset
                        Clément était son prénom.
    Il vient de mourir, lui que la mort n'effrayait pas, qu'il avait apprivoisé, à sa manière, comme Epicure ou Montaigne (...pour moi j'aime la vie...), mais sur un mode plus existentiel, plus tragique, avec une tension dialectique paticulière.
     Certes, il ne fut pas un philosophe de première grandeur dans le firmament des penseurs qui comptent. Comme certains qui ont pignon sur média: les BHL, les R. Enthoven et les autres...
 Un philosophe sans bruit, une pensée sans tapage, qui a peu écrit, qui avait lu avec attention le meilleur de Nietzsche et de Schopenhauer.
   Un chasseur d’illusions, qui, refusant tous les arrière-monde, invitait à penser la mort comme phénomène incontournable, faisant partie de la vie. Un destin dont l'acceptation sereine change le regard sur la vie, qui n'est plus tourmentée par un fantasme vain.
    Il s'agit bien de vivre en s'efforçant de concilier les deux dimensions vécues à première vue comme contradictoires, le tragique et de la joie.
  Comme pour Spinoza, la joie de comprendre la nécessité de la nature finit par prendre la place de l'effet de panique de l'idée de la mort, qui n'est rien pour nous, et qui tend à compromettre l'adhésion à l'existence, l'unique qui nous soit donné de vivre, à chaque instant. L'amor fati comme disait Niezsche, qui n'est pas résignation, mais prémisse à plus de liberté.
...Le sens du tragique ne s’oppose guère chez lui à la joie « miraculeuse » d’exister. Au contraire, comme il le martèle inlassablement : « la philosophie est une quête intérieure de compréhension et d’acquiescement à la réalité, un chemin par lequel on trouve une joie enivrante. 
     Le meilleur des mondes est à notre portée, mais pas là où on le pense généralement.
         Dans ouvrage phare intitulé Le Réel et son double (Gallimard, 1976), où il étudie cette tentation que les hommes développent : échapper à la réalité, en concevant des « doubles » du réel – idées pures, utopies, croyances… Les philosophes idéalistes raffolent ; lui traque cette illusion. « Il resterait enfin à montrer la présence de l’illusion, écrit-il, – c’est-à-dire de la duplication fantasmatique – dans la plupart des investissements psychologico-collectifs d’hier et d’aujourd’hui : par exemple dans toutes les formes de refus ou de “contestation” du réel…
        Un refus qui n'est pas une inaction ou un fatalisme.
   Si le hasard est originel, si le réel peut être qualifié d'insignifiant, si le sens fait défaut, c'est à l'homme de lui en donner un.
    Comme disait Camus, à la fin du Mythe de Sisyphe: il faut imaginer Sisyphe heureux....
        Malgré tout.
__
_ Clément Rosset plus réel que jamais
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Management sans ménagement

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Une affaire se termine    (bis repetita)

                             Un lourd dossier tournant autour de la souffrance au travail, qui déboucha sur de nombreux drames.

    C'était l'époque où France Télécom voulait à marche forcée se transformer en Orange, avec reconversions brutale
et exigences de résultats immédiats, dans le plus pur esprit du  new public management en vogue à l'époque, où on ne jurait que par la privatisation, dans l'esprit du plus pur libéralisme actionnarial.
   La fin d'un procès qui a trop duré et scandaleusement indulgent ne représente pas la fin du problème, celui de la souffrance au travail, qui ne se manifeste pas toujours de cette manière et qui affecte bien des secteurs d'activité et ce depuis longtemps, avec accélération dans les années 1990.
               "...Aujourd’hui, le nombre et la part des troubles psychosociaux dans les accidents du travail est en constante augmentation. Il paraît dès lors délicat de parler d’une époque révolue en ce qui concerne France Télécom et son management. Plus que des hommes, le procès France Télécom condamne un management borgne, focalisé sur l’intérêt unique de l’actionnaire. Il condamne également une réification par le management de l’humain, devenu simple objet qu’il faut gérer dans le processus de création de valeur. Pourtant, malgré l’ambition de ce premier jugement, il n’est pas garanti que les pratiques changent..."
          Au coeur du débat sur les retraites revient en surface la question de la pénibilité du travail. Une question difficile à analyser et à mesurer avec précision.
   La peine accompagne toujours plus ou moins toute activité laborieuse non choisie, la pénibilité fait partie intrinsèquement de certains métiers manuels, mais aussi intellectuels. Mais le stress intense et durable est un aspect bien connu, pouvant conduire l'individu au pire. A l'atelier comme à l'hôpital.
   Mais la souffrance au travail  n'est pas inéluctable. Elle dépend de conditions diverses qui peuvent être évitées ou changées, de facteurs organisationnels dépendant d'un type de production, pas seulement de simples rapports humains.      Il n'y a pas là de fatalité. L'absurde n'est pas une donnée intrinsèque du travail.
      La question de l' évaluation, telle qu'elle est pensée et menée renforce les pressions de toutes sortes, en devenant souvent contre-productive.
  Le problème n'est pas nouveau. Il devient même croissant, en tendant à se généraliser. Malgré la législation récente ici ou là, quand elle peut s'exercer.
           Mais il prend des formes nouvelles suivant les types de tâche et d'organisation du travail.
                 Gagner sa vie, ce peut être aussi la perdre physiquement, brutalement ou à petit feu, comme le montrait le document diffusé mardi soir sur France 5.
   L'activité de traitement ou de transformation de certains produits, de certaines matières, surtout sans précaution,  engendre des effets dévastateurs sur l'organisme, comme pour l'amiante, de triste mémoire. Mais il y en d'autres...
  Les formes de travail changent selon les activités et les relations dans la production.
   Le travail dit de force, les tâches traditionnelles de type  fordien régressent, mais les tâches répétitives sont à l'origine de nombreux troubles musculo-squelettiques.
    La souffrance psychologique et morale tient une place moins spectaculaire, mais elle n'en n'est pas moins réelle, avec le développement des nouvelles méthodes de gestion où l'obsession de compétitivité devient la règle, où la vitesse devient la norme, dans un nouveau cadre technique où la machine numérisée et ses algorithmes donnent le ton et le rythme, où la qualité des relations humaines souffrent d'une mise en concurrence systématique et génère parfois isolement et culpabilité, qu'on a pu appeler souffrance éthique.
    Depuis les travaux de Dejours, il a été montré que ces maux n'avaient rien de médical.
On parle toujours de burn-out  , mais aussi de bore-out.
      Il n'y a pas que le management brutal qui reste d'actualité.
La perte de sens dans le travail a des incidence sur la manière dont l'individu se juge, s'apprécie.
    La gestion par le stress, voulue ou non directement intentionnelle, reste une pratique connue, elle a fait des dégâts à France-Télecom. Mais pas seulement, et pas seulement hier.
          Le nouvel esprit du capitalisme , la mise en place d'une précarité de plus en plus grande, engendrant une crainte latente de déclassement ou de perte d'emploi,  le développement des tâches éclatées et souvent solitaires, la déstructuration de la vis sociale en général sont des éléments associés qui constituent la toile de fond de ces nouvelles formes de souffrances, qui peinent à s'avouer.
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Liberté et obéissance (2)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Obéir: une injonction qui vient de loin.
                                      Depuis la nuit des temps, la loi du groupe, large ou/et restreint, a prévalu sur celle des individus, et tend souvent à réapparaître. La conquête des droits fondamentaux est une tâche sans fin et des régressions sont toujours possibles, à différents niveaux.

Toujours d'actualité.

    L'obéissance n'a généralement pas bonne presse et ses connotations courantes sont très souvent négatives.
   Associée à la contrainte illégitime, au pouvoir excessif, à la servitude, à l'absence ou à la réduction de l'autonomie, elle est vue souvent comme ce qu'il faut combattre, contre toutes les formes d'oppression , d'arbitraire, physique ou culturel ou intellectuel....
  Savoir dire non, résister, s'éduquer, au cours d'une histoire où des libertés peu à peu se construisent, de manière non linéaire, sur le plan individuel ou institutionnel.
    Une certaine désobéissance a toujours ses vertus, même si l'autonomie totale est un fantasme, si la liberté absolue est un mythe. C'est sur fond de soumission à des règles que l'autonomie (relative) peut se construire. Pour une certaine liberté de penser, l'enfant doit se soumettre au langage et à un minimum de contraintes acceptables.
  Mais résister, s'autonomiser, ne vont pas de soi: il est plus "confortable" d'obéir que de se prendre en charge et d'assumer sa liberté, de suivre le troupeau que de travailler à s'émanciper, par la constitution de jugements indépendants.
    La servitude volontaire, telle que l'entendait La Boétie, favorise l'arbitraire et les excès du pouvoir.
 Pour Kant, il est si aisé d’être "mineur" ! Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui décide pour moi de mon régime, etc., je n’ai vraiment pas besoin de me donner de peine moi-même.
  Comme le reconnaissait aussi Orwell, à sa manière. Le consentement peut avoir une forme positive, mais aussi souvent négative.
  L'obéissance est une notion pleine d'équivoques, du pire au meilleur. L'obéissance aux lois qu'on s'est prescrites est liberté, dans un contexte de règles légitiment discutées et volontairement acceptées, disait Rousseau.
   L'obéissance peut donc recouvrir des domaines très différents, de la nécessité légalement reconnue à la pire perversion subie. Il faut savoir de quoi on parle et qui en parle.
   D'un certain point de vue, il est permis d'obéir. D'un autre, il est nécessaire de désobéir.
     L'expérience fameuse de Milgram en dit long sur les pièges du conformisme et le caractère non spontané de la révolte légitime.
   Comme dit Frédéric GrosDésobéir requiert un certain courage, car ce qui nous retient de désobéir, c'est la peur de nous retrouver seuls
 Une expérience éthique et intime.
   Nos rapports à l'autorité, même nécessaire en son principe, sont toujours ambivalents. La confiance aveugle nous pèse moins que la critique nécessaire.
Si la perte d'autorité parentale éclairée produit les enfants que l'on sait, on sait où mène l'excès d'autorité. Ce qui rend l'éducation réussie une mission (presque) impossible, comme le reconnaissait Freud.
   Par nature l'humanité est fragile, comme la démocratie  où elle peut s'épanouir au mieux, et il faut souvent reconstruire des droits bafoués ou  abandonnés.
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Chers médicaments

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Dans les deux sens du terme.

                 Investissez dans les labos! Les très grands. Ceux qui font la pluie et le beau temps en matière de production pharmaceutique et de fixation de prix..                                                                                Ils nous soignent souvent, nous sauvent parfois, mais nous ruinent dans certains cas. Les individus comme les Etats.      Sauf les actionnaires des grands laboratoires pharmaceutiques, ayant parfois la puissance financière de certains Etats, qui prospèrent comme jamais.    Ils sont nécessaires, mais ils échappent trop souvent aux contrôles sanitaires indispensables mais trop faibles, savent s'affranchir des règles d'une déontologie qui s'impose et fixer leurs prix de manière la plus arbitraire, parfois la plus scandaleuse, échappant le plus souvent aux sanctions, qui, quand elles ont lieu, ont peu d'incidences sur leur finances.

                 C'est ce que nous rappelait hier soir Arte, dans une émission spéciale, montrant les dessous, souvent peu glorieux, des quelques grandes firmes toujours plus concentrées de la production médicamenteuse, qui n'innovent plus guère mais qui savent de mieux en mieux profiter des résultats de la recherche publique. Le problème n'est pas nouveau mais prend une nouvelle dimension et une nouvelle urgence dans les circonstances actuelles de pandémie, où l'on manqua par un temps de produits essentiels dans les hôpitaux.     .                                                                                                           Contrôler les pénuries calculées, les surfacturations, les méga-profits réalisés pour des médicaments qui atteignent parfois des prix inaccessibles pour un citoyen non couvert (par ex. aux USA, par ex. dans le domaine de l'oncologie).       Réaliser des études plus indépendantes avant mise sur le marché de produits à très haut risques secondaires (les affaires ne manquent pas, comme celle du Médiator).     Il reste encore beaucoup à faire pour mettre de l'ordre dans un domaine encore opaque où le retour sur investissement est l'un des plus hauts.        Mettre fin à l'intense lobbying auprès des Etats et des soignants, naïfs ou complices.                                                                                                                    Les Etats doivent reprendre le pouvoir dans un domaine si crucial pour la santé publique et les finances qui la garantit. Il est temps de revoir le problème posé par les stratégies financières imposées par des grands groupes qui souvent usent et abusent de leur pouvoir.  Business first!   Une remise en question de fond s'impose depuis déjà bien longtemps pour sortir d'une situation où les Etats et les malades sont comme pris en otage.    Cela ne pourra se faire efficacement que par un contrôle d'Etats associés sur les multinationales de la santé et des régulations sévères.                                                                                                                                La santé est une chose trop importante pour être laissée aux firmes qui prétendent faire pour le mieux dans ce domaine, qui n'est pas un domaine marchand comme les autres.______________________

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