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Et pendant ce temps-là...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

...Ils écoutent sagement, somnolent ou s'amusent,
                                           Nos députés.
  Le stress au travail, la détresse psychique, le burn-out professionnel, le management brutal, la situation du personnel hospitalier....ne les intéressent apparemment pas.
           Mais à quoi sert un député?
[Étymol. et Hist. 1. xives. depputé « celui qui est chargé d'une mission » (Ordonn. ds DochezNouv. dict. de la lang. fr.,Paris); 1393 (ds DenifleUniv. franc. au moyen âge, p. 51 d'apr. DG); 2. 1748 député « celui qui est élu pour participer aux délibérations d'une assemblée » (Montesq.Espr. des lois, XI, 6 ds DG). Empr. au b. lat. deputatus « délégué » part. passé de deputare (députer*).]
      Des vérités bien senties dans une chambre devenue d'enregistrement.
           L'empêcheur de siéger en rond l'a ouvert à propos...
Mais il joue son rôle, plus ou moins bien, mais il remplit sa mission.
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Liker o not liker?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Liker or no liker?
                          That is the question...       [Bis repetita]
     Sur Facebook ou maintenant de plus en plus souvent sur certains journaux en ligne , on est invité à liker.
    Parfois presque sommé de le faire.
      A la suite d'une opinion, d'une appréciation, d'un article, d'une image, d'une vidéo...
  Il n'y a pas d'alternative, comme pour l'empereur romain qui détenait l'ultime décision dans l'arène: pouce levé ou baissé. Pas de milieu. On ne peut pas liker ++ ou --. C'est ça ou c'est pas ça.
     De plus en plus nous sommes invités à liker et de plus en plus vite.
  Aimer la tarte à la framboise ou non, apprécier telle voiture ou non, telle vedette ou non, être en accord avec tel homme politique ou non... Il faut savoir.
   Facebook vous y invite en permanence, c'est le principe du club.
      Même à la Maison Blanche, on fait de la diplomatie twittienne. Un peu brouillonne, mais enfin...On n'arrête pas le progrès.
 Je like, donc je suis.
       Je peux être invité à entrer dans le monde autrefois secret des grands et des moins grands et à donner mon avis sur leur toilette, leurs goûts, leurs idées, leurs choix. En likant, je  peux contribuer à faire baisser la cote de popularité d'un élu et compromettre sa réélection, ou le contraire. C'est pas magique?
    Le pouvoir du pouce peut même (re)dorer le blason d'un idole en perdition, vedette ou pape.
C'est le nouveau pouvoir de la grande famille des likers, en temps réel. C'est trop top.
  Une bonne idée pour les modalités de vote pour demain, pour les citoyens comme pour les élus à l'Assemblée. Fini les isoloirs et les échanges plus ou moins amènes sur les bancs des élus.
    Foin de temps perdu, de débats interminables, de nuances superfétatoires, d'arguties sans fin.  Il faut trancher du pouce et du clavier. C'est oui ou c'est non. C'est ça ou c'est pas ça. Tu veux ou tu veux pas..♪♫♪
    Rangeons-nous docilement à la logique simple du numérique , à la logique binaire qui en est le principe: le courant passe ou ne passe pas...
   La logique modale, la discussion socratique-à-couper-les-cheveux- en-quatre, le pinaillage sur les queues de cerises, les débats incertains sur les choix moraux et politiques, les questions jamais tranchées, les improbabilités, les problèmes toujours en suspens, c'est fini. J'aime Macron, comme j'aime Madona. Je n' aime pas le bruit mais aussi Mélanchon. C'est rassurant.
   C'est clair, c'est rapide, c'est efficace
        Autrefois, on ne likait pas à la vitesse de l'éclair, on réfléchissait. Que de temps perdu!
           C'est aussi narcissiquement jouissif. Un nouveau pouvoir nous est né au sein de la tribu de millions d'amis. La convergence des "like" est la force nouvelle de décisions de demain; sur l'immigration, la peine de mort, la politique sociale, que sais-je encore...Plus aucun sujet ne doit échapper à la logique du pouce.
     I like Europe, c'est tendance. Oui mais quelle Europe? la question n'est pas là...
         Les esprits chagrins diront que le symbole peut vite devenir un traceur, un pixel espion, un hameçon pour les marchands toujours en maraude sur le net, mais on peut répondre qu'il peut aussi être fédérateur pour de bonnes causes,  point de ralliement des hommes de bonne volonté. Par exemple, En Amérique latine, l'organisation non gouvernementale TECHO a utilisé un dérivé du bouton « J'aime » de Facebook dans leurs campagnes, comme symbole de l'insatisfaction envers la pauvreté et le logement déplorable dans les bidonvilles, selon Wiki.
     Des million d'amis, ça compte! Et aujourd'hui les meilleurs twittent en likant!
         Alors, likons en coeur, mes bien chers frères en numérique.
Demain sera forcément meilleur. C'est nos grands frères de la Silicon Valley qui nous le promettent.       Alors...
   [Tout en bas, likez si vous voulez. C'est vous qui voyez...]
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Soigner l'hôpital

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Question de priorité....Et d'humanité.
                                                On parle d' investir massivement dans la défense nationale, mais qu'en est-il de la justice en déshérence ou de la santé publique, qui n'a pas de prix, même si elle a un coût.
  Voudrions-nous suivre les pas de nos voisins anglais?
       Quelle priorité?
  Quel praticien se penchera sur le lit du malade, qui a besoin d'un traitement de fond, comme l'affirment mille médecins, certains depuis des années, comme le clame régulièrement le Pr Grimaldi, depuis qu'un remède inadapté lui a été administré par des gestionnaires à courte vue?
   La pression sur l’hôpital public est devenue intolérable, pour le personnel et forcément pour les patients. Le gouvernement rabote sur les sommes qu’il doit verser aux hôpitaux au titre des missions d’intérêt général, et il met toujours plus haut la barre des économies requises : 1,1 milliard d’euros en 2017, 1,6 milliard en 2018. Ces objectifs concourent à la dégradation des conditions de travail des personnels soignants, soumis à des cadences infernales et mal rémunérés. Résultat : l’hôpital public est fragilisé, à bout de souffle."
    Le client patient devra-t-il bientôt venir pour une hospitalisation avec ses compresses, comme en Grèce, ou avec ses gants de soins, comme cela s'est déjà produit chez nous.
   Le système est à bout de souffle, comme en psychiatrie, comme dans les Ehpad, comme on l'a vu récemment.
   Le rabot budgétaire dénature les système, hanté par la performance, dans l'esprit du new public management, emprunté au monde de l'entreprise, qui aboutit à un esprit d'autofinancement impossible et finalement ruineux par multiplication des actes.
   On dérive vers un management sans ménagement pour les valeurs humaines qui doivent être au coeur du système hospitalier. Un chirurgien qui enchaîne de plus en plus d'interventions sans temps de repos, l'infirmière qui court d'un service à l'autre sans pouvoir parler avec ses patients, une concertation de plus en plus rare au coeur du personnel ne peut que créer frustrations et pire. La négation même de la fonction de soignant.
     La réforme de l'hôpital public menée depuis trente ans s’inscrit dans la lignée du nouveau management public qui vise à faire de lui une entreprise comme les autres, au mépris de son histoire et des valeurs portées par ses agents....Depuis le début des années 1980, les réformes mises en œuvre ont contribué à la dégradation des conditions de travail des personnels (chronométrage, standardisation des tâches, etc.) et a suscité leur opposition. Mais, les pouvoirs publics sont restés sourds à leur colère, préférant maintenir le cap plutôt que de tenter de réformer autrement. La dernière loi dite HPST du 21 juillet 2009 en constitue un exemple éloquent. Cette logique gestionnaire n’a fait qu’accentuer le malaise hospitalier...; 
  Certes, nous ne pratiquons pas chez nous de la discrimination hospitalière à l'israëlienne 
   Mais on arrive à un point de rupture, que dénoncent maints personnels et même des chefs de service.
Les clignotants sont là depuis des années. 
   Ce n'est pas d'hier que l'hôpital fonctionne avec des bouts de ficelles.
       Le new public management est passé par là.
  Le management nouveau est arrivé. Une sorte de quantophrénie, qui fait oublier l'intérêt du "client" aux soins.
   Une gestion de plus en plus technocratique, comme dans une entreprise, où le malade n'est plus au centre du système.
   Une 
médecine de plus en plus standardisée, du fait notamment de l'hyper-informatisation des données et des objectifs économiques visés. L'ordinateur est partout, l' humanité se raréfie.

  Le glissement vers l'introduction du secteur privé, rend le système plus sélectif et plus onéreux, sous prétexte d'économie. Le privé devient la référence.
  Les lois du marché s'imposent de plus en plus, là où le service à la personne concrète, avec ses maux propres, devrait s'imposer. Cela demanderait du temps, qui manque de plus en plus, comme le note Véronique Vasseur.
 On assiste à des situations parfois ubuesques, avec des injonctions contradictoires. 
  Le premier malade, c'est l'hopital. Malade du marché.
Un grand corps malade de plus en plus en danger
   La fatigue parfois extrême des personnels, souvent démoralisés,  met les patients en danger. Le système ultra-complexe de la  tarification à l'activité entraîne des surcoûts que l'on prétend vouloir éviter. 
        Le financement appelé "tarification à l’activité" (T2A), dont le but déclaré est de diminuer le coût des hôpitaux. Et l’objectif, inavoué, d’augmenter le financement des cliniques.La T2A est faite pour mesurer la quantité, pas la qualité ; les gestes techniques, pas l’acte intellectuel.Elle ne prend en compte ni la gravité, ni l’activité des services hautement spécialisés, ni la précarité, ni les problèmes psychologiques, ni l’éducation du patient… Elle se révèle complètement inadaptée aux services de médecine des hôpitaux publics.Conçue à l’évidence en faveur des cliniques, la mise en place de la  Tarification à l'activité, comme attendu, entraîne le déficit voire la faillite de 90% des hôpitaux publics.Ce déficit permet aujourd’hui de justifier l’abandon de certaines activités, la restructuration d’autres, voire la fermeture pure et simple de nombreux hôpitaux de proximité. Certains seront vendus au privé…Le patient qui se fait alors opérer en clinique est obligé de payer des dépassements d’honoraires devenus exorbitants. Il est commun de devoir payer des dépassements de l’ordre de 1 000 euros pour une cataracte ; pour une prothèse de hanche, 3 000 euros pour le chirurgien et 1 000 euros pour l’anesthésiste..."(C.Perron)
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La France ne dépense pas « beaucoup plus que les autres » pour sa santé, contrairement à ce que dit Agnès Buzyn: ...Ce n’est pas « beaucoup plus que tous les pays de l’OCDE », puisque quatre d’entre eux dépensent autant ou plus : la Suède (11 % du PIB également), l’Allemagne (11,3 %), la Suisse (12,4 %) et… les Etats-Unis qui, eux, sont hors de la tendance, avec 17,2 % de leur PIB....
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Malaise à l’hôpital public : il y a urgence 
- Hôpitaux, Ehpad : le soin saccagé
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Afghanistan papers.

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La dissimulation comme stratégie
                                                            Pour le pire des résultats.
     Aux USA, tout finit par se savoir. En tout cas beaucoup de choses. Même s'il faut du temps pour y arriver.
      C'est ainsi que les dessous de la politique vietnamienne de plusieurs présidences s'est trouvée dévoilée par certains journalistes curieux et finalement par des voix officielles. C'est ainsi que l'intervention musclée au Chili a été démystifiée peu à peu et finalement par Kissinger lui-même. De même pour l'intervention en Irak, qui a commencé par un énorme mensonge de l'administration néo-conservatrice Bush, et dont les véritables visée ont été finalement révélée à la presse.


      Il en est de même pour l' aventure afghane, sans qu'on fasse vraiment la somme des victimes civiles et des dégâts matériels provoqués par une intervention longue et violente. Les visées économiques de ce fiasco furent passées sous silence pendant longtemps. Et il y a encore beaucoup à savoir.
        Le Washington Post continue à faire progresser l'analyse de ce qui devint un bourbier, un pays où s'enlisèrent déjà Alexandre le grand, les troupes coloniales anglaises et celles de l'URSS, que les supplétifs du Pentagone contribuèrent au retrait, avec l'aide des djiadistes recrutés secrètement au Pakistan._______

          Un recueil de documents gouvernementaux confidentiels obtenus par le Washington Post révèle que de hauts responsables américains n’ont pas dit la vérité sur la guerre en Afghanistan tout au long de cette campagne de 18 ans, faisant des déclarations optimistes qu’ils savaient être fausses et cachant des preuves indubitables que la guerre était devenue impossible à gagner.     Les documents ont été produits dans le cadre d’un projet fédéral visant à examiner les échecs fondamentaux du plus long conflit armé de l’histoire des États-Unis. Elles comprennent plus de 2 000 pages de notes inédites d’entrevues avec des personnes qui ont joué un rôle direct dans la guerre, des généraux et des diplomates aux travailleurs humanitaires et aux responsables afghans.        Le gouvernement américain a tenté de dissimuler l’identité de la grande majorité des personnes interrogées dans le cadre du projet et a dissimulé presque toutes leurs remarques. Le Post a obtenu la publication des documents en vertu de la loi sur la liberté de l’information au terme d’une bataille juridique de trois ans.    Au cours des entrevues, plus de 400 de collaborateurs ont critiqué sans retenue ce qui s’est passé en Afghanistan et comment les États-Unis se sont enlisés dans près de deux décennies de guerre.     Avec une franchise rarement exprimée en public, les entretiens ont mis à nu des plaintes, des frustrations et des aveux refoulés, ainsi que des suppositions et des rumeurs malveillantes.      « Nous n’avions aucune compréhension fondamentale de l’Afghanistan – nous ne savions pas ce que nous faisions », a déclaré Douglas Lute, un général de division de l’armée qui a servi comme tsar de la guerre en Afghanistan à la Maison-Blanche sous les gouvernements Bush et Obama, à des enquêteurs en 2015. Il a ajouté : « Qu’essayons-nous de faire ici ? Nous n’avions pas la moindre idée de ce que nous entreprenions ». [war Czar (tsar de la guerre) : expression familière pour désigner l’adjoint au président et conseiller adjoint à la sécurité nationale pour l’Irak et l’Afghanistan, NdT]       « Si le peuple américain connaissait l’ampleur de ce dysfonctionnement… 2 400 vies perdues », a ajouté M. Lute, attribuant la mort de militaires américains à des défaillances bureaucratiques entre le Congrès, le Pentagone et le département d’État. « Qui dira que c’était en vain ? »       Depuis 2001, plus de 775 000 soldats américains ont été déployés en Afghanistan, dont un grand nombre à plusieurs reprises. Sur ce nombre, 2 300 y sont morts et 20 589 ont été blessés au combat, selon les chiffres du ministère de la Défense.         Les entretiens, à travers un large éventail de voix, mettent en relief les principales défaillances de la guerre qui persistent à ce jour. Ils soulignent que trois présidents – George W. Bush, Barack Obama et Donald Trump – et leurs commandants militaires ont été incapables de tenir leurs promesses de victoire en Afghanistan.      Comme la plupart d’entre eux parlaient en supposant que leurs remarques ne seraient pas rendues publiques, les responsables américains ont reconnu que leurs stratégies de guerre étaient complètement erronées et que Washington avait gaspillé d’énormes sommes d’argent pour tenter de transformer l’Afghanistan en un pays moderne.        Les entretiens mettent également en lumière les tentatives bâclées du gouvernement américain de mettre un frein à la corruption galopante, de mettre sur pied une armée et une police afghanes compétentes et de faire reculer le commerce florissant d’opium du pays.       Le gouvernement américain n’a pas fait une comptabilité complète des sommes qu’il a dépensées pour la guerre en Afghanistan, mais les coûts sont énormes.          Depuis 2001, le ministère de la défense, le département d’État et l’Agence des États-Unis pour le développement international ont dépensé ou affecté entre 934 et 978 milliards de dollars, selon une estimation ajustée en fonction de l’inflation calculée par Neta Crawford, professeure de sciences politiques et codirectrice du projet Costs of War à l’Université Brown.     Ces chiffres ne comprennent pas l’argent dépensé par d’autres organismes comme la CIA et le ministère des Anciens Combattants, qui est chargé des soins médicaux pour les anciens combattants blessés.          « Qu’avons-nous obtenu pour cet effort de mille milliards de dollars ? Ça valait mille milliards de dollars ? » Jeffrey Eggers, un ancien membre des Navy SEAL et membre du personnel de la Maison-Blanche pour Bush et Obama, a déclaré aux intervieweurs du gouvernement. Il a ajouté : « Après l’assassinat d’Oussama ben Laden, j’ai dit qu’Oussama riait probablement dans sa tombe aquatique compte tenu des sommes que nous avons dépensées pour l’Afghanistan ».     Les documents contredisent également un long chapelet de déclarations publiques de présidents, de commandants militaires et de diplomates américains qui, année après année, ont assuré aux Américains qu’ils faisaient des progrès en Afghanistan et que la guerre en valait la peine.      Plusieurs des personnes interrogées ont décrit les efforts explicites et soutenus déployés par le gouvernement des États-Unis pour tromper délibérément le public. Ils ont dit qu’il était courant au quartier général militaire de Kaboul – et à la Maison-Blanche – de falsifier les statistiques pour faire croire que les États-Unis étaient en train de gagner la guerre alors que ce n’était pas le cas.                « Chacune des données a été modifiée pour présenter la meilleure image possible », a déclaré Bob Crowley, colonel de l’armée de terre qui a été conseiller principal des commandants militaires américains en matière de contre-insurrection en 2013 et 2014, aux enquêteurs du gouvernement américain. « Les sondages, par exemple, n’étaient pas du tout fiables, mais ils ont confirmé que tout ce que nous faisions était juste et que nous devenions un cornet de crème glacée qui se lèche lui-même » [self-licking ice cream cone : expression idiomatique désignant une organisation ou une entité dont le seul but est de promouvoir sa propre existence et sa propre splendeur, NdT].     John Sopko, the head of the federal agency that conducted the interviews, acknowledged to The Post that the documents show “the American people have constantly been lied to.”     John Sopko, le directeur de l’agence fédérale qui a mené les entretiens, a reconnu au Post que les documents montrent qu' »on a constamment menti au peuple américain ».       Les entretiens sont le sous-produit d’un projet mené par l’agence de Sopko, le Bureau de l’Inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Afghanistan. Connu sous le nom de SIGAR, l’agence a été créée par le Congrès en 2008 pour enquêter sur le gaspillage et la fraude dans la zone de guerre.       En 2014, sous la direction de Sopko, le SIGAR sort de sa mission habituelle d’audit et lance une activité parallèle. Intitulé « Leçons apprises », ce projet de 11 millions de dollars visait à diagnostiquer les échecs de la politique menée en Afghanistan afin que les États-Unis ne répètent pas leurs erreurs la prochaine fois qu’ils envahiraient un pays ou qu’ils tenteraient de reconstruire un pays sinistré.
Le personnel des Leçons apprises a interviewé plus de 600 personnes ayant une expérience de première main de la guerre. La plupart étaient américains, mais les analystes du SIGAR se sont également rendus à Londres, Bruxelles et Berlin pour interviewer des alliés de l’OTAN. De plus, ils ont interviewé une vingtaine de responsables afghans pour discuter des programmes de reconstruction et de développement.     S’appuyant en partie sur les entrevues, ainsi que sur d’autres documents et statistiques du gouvernement, le SIGAR a publié sept rapports sur les Leçons apprises depuis 2016 qui mettent en lumière les problèmes en Afghanistan et recommandent des changements pour stabiliser le pays.    Mais les rapports, rédigés en prose bureaucratique dense et centrés sur un méli-mélo d’initiatives gouvernementales, ont laissé de côté les critiques les plus dures et les plus franches ressortant des entretiens.     « Nous avons constaté que la stratégie de stabilisation et les programmes utilisés pour la mettre en œuvre n’étaient pas adaptés au contexte afghan, et que les réussites dans la stabilisation des districts afghans duraient rarement plus longtemps que la présence physique des troupes de la coalition et des civils », peut-on lire dans l’introduction à un rapport publié en mai 2018.        Les rapports omettaient également les noms de plus de 90 pour cent des personnes interviewées dans le cadre du projet. Alors que quelques fonctionnaires ont accepté de parler officiellement au SIGAR, l’agence a déclaré qu’elle promettait l’anonymat à toutes les autres personnes qu’elle interrogeait pour éviter la controverse sur des questions politiquement sensibles...."_______________________________
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Les riches ont de la chance

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Surtout les très riches
                         Ce n'est pas Mélenchon qui le dit, mais l'OFCE ou la Tribune.
   L'Unesco, le FMI sonnent aussi le tocsin face à la montée rapide et spectaculaire de la très grande richesse. Pas (seulement) pour des raisons morales, mais économiques.
     Elle a accaparé 82% de la richesse mondiale créée en 2017
 Les élites de Davos ont eu connaissance des chiffres livrés par Oxfam et d'autres organismes.
   Et après? Encore faudrait-il analyser les causes...
      Le grand ruissellement, cette mystification, attendra...
            L'ère des super-rentiers à de l'avenir.
                                ...le CAC 40 se porte bien, contrairement à l’économie réelle, PME comprises : « Selon les dernières statistiques, les profits de ces ténors sont passés de 59,8 milliards d’euros en 2012 à 73,6 milliards en 2013 (+23%), et devraient atteindre 87,3 milliards (+19%) au terme de cette année », nous apprend encore Dorion.

Pendant ce temps, de l’autre côté de la balance, la situation ne cesse de se détériorer. En 2011 (dernière année connue, les statistiques concernant l’année 2013 ne devant pas être disponibles avant fin 2015), 8,7 millions de personnes, soit 14,3% de la population française, vivaient en dessous du seuil de pauvreté (fixé à un revenu mensuel de 977 euros par mois)....
     Alleluia!
         Déjà que leur nombre ne cesse de grimper dans les dernières années.
    Pauvres de tous les pays, réjouissez-vous! Les élites financières montent au firmament de la haute richesse.  Pas seulement aux USA ou en Europe, mais aussi en Chine. Qui l'eût cru? L'envolée des zélites financières se poursuit; après le petit accroc de 2008, la machine à cash repart à fond la caisse.
       En vertu de la théorie du ruissellement, vous allez bientôt diminuer, être de moins en moins nombreux. Jusqu'à disparaître dans...quelques siècles. Etre riche n'aura alors plus de sens.
    C'est ma-thé-ma-tique!
         D'ailleurs, le bon Mr Guizot le proclamait, comme la clé du développement général, et Mr Macron lui faisait écho il y a peu en s'adressant aux jeunes. Des gens qui voient loin.
   Certains disent que les pauvres, c'est une fiction  ou en tous cas qu'ils méritent leur sort, qu'il suffirait de vouloir, car la richesse se mériterait.
   Bienheureux les pauvres!...c'était bon pour le rêveur de Tibériade.
       Les temps ont changé. Voici venu le temps des riches, et même des super-méga-riches.
           Un monde enchanté s'offre à tous. Les exemples à suivre ne manquent pas.
    C'est comme une évidence. Il y a de la place pour tout le monde.
       La progression est constante, qui donne tous les espoirs. Et puis tous les riches furent d'abord des pauvres, ou des descendants de très pauvres même. Il suffit de relire l'histoire économique des USA au XIX° siècle ou de regarder Dallas.
   Pour ceux qui doutent, l'aube d' une nouvelle ère macronienne se lève, l'embellie économique française se confirme. Tous les espoirs sont permis. Get rich! Il n'y a pas que my tailor.
                                        ___Mais, mais...on me dit dans l'oreillette (sans doute un esprit chagrin) que la théorie du ruissellement économique serait du  bidon... | théorie selon la théorie du ruissellement économique nous avons tous à y gagner!La théorie du ruissellement  est une théorie d'inspiration libérale selon laquelle, sauf destruction ou thésaurisation, les revenus des individus les plus riches sont in fine réinjectés dans l'économie, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l'investissement (notamment via l'épargne), contribuant ainsi, directement ou indirectement, à l'activité économique générale et à l'emploi dans le reste de la société. Cette théorie est notamment avancée pour défendre l'idée que les réductions d'impôt y compris pour les hauts revenus ont un effet bénéfique pour l'économie globale. En théorie donc, plus il a de riches et moins il devrait avoir de pauvres, de chomeurs, de petits revenus, d'entreprises en difficulté...ceux ci profitants des dollars qui débordants des gros revenus viendraient arroser le bas peuple...
Or, le taux de pauvreté a encore augmenté en 2015! Et le chomage aussi...quant aux riches, de plus en plus riches se portent de mieux en mieux..;."
    Et puis des pessimistes prétendent que les plus riches coûtent cher. D'autres, que des sommes considérables partent non pas seulement dans le super-luxe inutile et improductif, non pas dans l'investissement économique qui profiterait au plus grand nombre, mais dans les fonds abyssaux et vains de la spéculation-casino auto-reproductrice.
       Le vieux Hugo disait que "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches"
Mais c'était au XIX° siècle...
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Intelligence artificielle

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Elle est partout.
        Elle n'a pas fini d'investir notre vie, individuelle et collective. Et on finit par ne plus la remarquer ou même à le soupçonner. Pour le meilleur et le pour le pire.
    Cette dite "intelligence" n'en n'est qu'à ses débuts et on peut s'interroger sur le caractère équivoque de son développement dans certains domaines et les menaces qu'elle peut représenter parfois pour nos libertés dans le cadre du contrôle social notamment. Pas seulement en matière de reconnaissance faciale, toujours plus sophistiquée.
   Il y a une part d'illusion et parfois de fantasme qui se glisse souvent dans les propos concernant les toujours plus grandes performances des technologies du numérique, les exploits des systèmes experts de plus en plus sophistiqués, des algorithmes toujours plus élaborés .
      Il y a lieu de revenir sur les limites de ce qui peut à première vue apparaître comme quasi autonome et infaillible. Voire magique. Les performances de certains ordinateurs (Deepmind), dans les domaines les plus variés, les exploits (relatifs) de Tesla, les systèmes embarqués sur avion, qui peuvent être "faillibles", les techniques de reconnaissance faciale, ...toutes ces applications en croissance rapide peuvent nous amener à croire qu'une véritable intelligence préside à ces réalisations à croissance rapide. Pour le meilleur et pour le pire.
       Or le simple bon sens, la chose la mieux partagée, selon Descartes,  nous amène à reconnaître que c'est l'intelligence humaine qui élabore et encadre ces réalisations dont on ne voit pas les limites techniques, qui sont toutes des applications d'un calcul parfois extrêmement élaboré, qui ne peut fonctionner que encadré, parfois imparfaitement, que par réflexion et décision, dans le contexte de choix qui peuvent être discutables et d'un système de valeurs que la machine elle-même ne peut engendrer.
    Les questions éthiques peuvent toujours être éludées, elles reviennent toujours en force, même dans les cercles les plus spécialisés.
     Il n'est pas besoin d'être grand philosophe pour porter un jugement sur la valeur et les limites de ce produit de l'esprit humain, dont Pascal et Leibniz avaient déjà eu l'intuition, que Turing avait initié. Un esprit qui est l'aboutissement d'une culture, qui ne fonctionne pas sans intuitions, imagination et émotions, qui ne rentreront jamais dans le cadre d'un "calcul", même le plus sophistiqué.
    Nous oscillons souvent entre technophobie et technophilie, ce qui nous égare très souvent et sommes parfois soumis au leurre d'une identification, virant parfois à l'absurdité.
     Il est important de mettre les choses à leur place, de relativiser, et de mettre un terme à certains fantasmes des gars de la Silicon Valley, mais pas seulement.
  Les données de la réflexion humaines, avec leurs limites, se situent toujours en amont.
   Penser l'intelligence, dans sa diversité, est une tâche qui ne sera sans aucun doute jamais terminée.

          Comment freiner et maîtriser un phénomène qui prend toujours plus d'ampleur, investissant une part de notre vie intime et nos libertés sociales?
                               "...Disponibles un peu partout en libre accès, les algorithmes d’Intelligence Artificielle (IA) changent radicalement la donne en matière de sécurité. Là où une organisation malveillante devait investir du temps et de l’expertise pour préparer et mener à bien un petit nombre d’actions criminelles, il suffit désormais de quelques algorithmes courants et de la puissance de calcul de quelques serveurs pour agir avec efficacité et précision sur une vaste échelle.  Hier, l’investissement personnel des malfrats les exposait au risque d’être repérés et identifiés. Aujourd’hui, la délégation du travail à des « bots » garantit aux commanditaires un redoutable anonymat.

Contre ces nouvelles menaces, le panel d’experts reconnaît qu’il n’existe guère de parade évidente. Seule, disent-ils, la mise au point de systèmes défensifs plus intelligents encore pourrait permettre, sinon de prévenir, du moins d’endiguer les attaques. Incitant à une fuite en avant technologique dont les conséquences seront de fournir toujours davantage de moyens aux criminels potentiels.  Pour la première fois, la question de la libre diffusion des algorithmes est posée. Mais est-il vraiment possible de restreindre la diffusion de codes informatiques ..?...On discerne alors le rôle que seront appelées à jouer les grandes entreprises technologiques dans la préservation de la confiance et la défense contre la malveillance. Elles seules détiendront les moyens de contrecarrer les pratiques nuisibles, comme par exemple d’authentifier une vidéo, de bloquer des infiltrations de virus informatiques générés automatiquement ou encore de protéger la multitude des objets connectés dont nous sommes, de plus en plus, entourés et dépendants. Déjà, ces entreprises disposent de leviers considérables, et en grande partie discrétionnaires, sur la visibilité d’une société ou la diffusion d’une information.      Garant de la confiance qui permet le lien social, l’État de droit devra, de plus en plus, s’effacer derrière les entreprises technologiques, celles qui maîtrisent la « bonne » IA et peuvent assurer cette mission. Tendance en tout point comparable aux conditions d’émergence de la féodalité dans l’Europe médiévale....Alléguant la sauvegarde de la souveraineté politique ou économique, la plupart des responsables politiques estiment qu’il est crucial de favoriser le développement d’une « industrie nationale » de l’Intelligence Artificielle. C’est qu’ils redoutent la mainmise des géants technologiques étrangers sur les données, et donc sur les personnes.     Ils craignent, en outre, l’effet des destructions d’emplois liées à la robotisation 4, et brandissent désormais comme une vérité indiscutable l’argument-choc selon lequel « les économies les plus équipées en intelligence artificielle et en robotique sont celles qui connaissent le moins de chômage ». 5    Mais le rêve de donner naissance à des champions européens de l’IA n’est pas sans contradiction dans une économie ouverte et globalisée, où lesdits champions peuvent, à tout moment, passer sous contrôle étranger.      Les entreprises technologiques promouvant l’IA, largement transnationales, l’ont bien compris puisqu’elles omettent soigneusement toute référence à une bien illusoire défense de souveraineté. Il n’est guère besoin d'invoquer celle-ci, au demeurant, pour que la compétition économique et la promesse de miracles techniques suffisent à alimenter une fuite en avant totalement débridée...." ______________
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