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Veinards du CAC 40

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Une manne infinie?
                                Les richesses produites par les grandes firmes du fameux CAC 40 donnent parfois le vertige.
   Le problème qui est posé n'est pas celui de leur ampleur, toujours le plus souvent bienvenue, mais de leur répartition.
     En fait, au lieu d'une répartition selon la règle des trois tiers, telle que rappelée par Sarkozy (un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés, un tiers pour l'investissement), la réalité est toute autre, surtout en France.
  Ce sont les actionnaires, les gros, qui se taillent la part du  lion. Et pas qu'un peu. Surtout en France.
    On le savait depuis quelques années, mais la tendance s'accentue. Dans l'économie à dominante financière dans laquelle nous sommes, des rapports récents convergent pour dénoncer ce déséquilibre grandissant dans la répartition.des richesses produites, aux dépends de l'investissement d'avenir et des producteurs, sans lesquels    aucune richesse ne verrait le jour.
     Un économie de rente s'installe et de super-profits pour les managers. ..Actionnaires, qui ne sont pas ou peu des particuliers. ... Près de la moitié de ces dividendes partent vers l'étranger. 55% seulement restent en effet en France, tandis que 20% prennent la direction de la zone euro et 16% celle des Etats-Unis. En France, les particuliers ne détiennent finalement que 9% de CAC40 et leur part a été divisée par quatre en trente ans. Ce sont des sociétés d'investissement ou des fonds de pension qui possèdent la quasi-totalité des entreprises cotées
  Ce sont les actionnaires qui font la loi, impulsant ainsi des tendances plus spéculatives que productives. Le rendement à court terme est privilégié par rapport à l'investissement à long terme, ce qui est un facteur de risques et de crises. ...En 2016, les entreprises du CAC 40 ont distribué plus de 66% de leurs bénéfices aux actionnaires, contre 30% dans les années 2000. Une exception française, car en Europe continentale les entreprises du CAC 40 sont de loin celles qui versent le plus d'argent à leurs actionnaires. On est loin de la règle des trois tiers prônés par Nicolas Sarkozy. "Ça fait bien longtemps que je pense que la règle des trois tiers est une bonne règle. Sur 100 de bénéfices, il devrait y en avoir 33 qui reviennent aux salariés, 33 qui vont directement dans la poche de l'actionnaire et 33 qui servent à être réinvestis dans l'entreprise. Parce qu'une entreprise doit investir pour continuer à être compétitive", déclarait-il le 5 février 2009...déclaration de bon sens, mais qui a fait long feu.

      La France est championne du monde des dividendes reversés aux actionnaires:...Les richesses n'ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes, qui choisissent délibérément une course aux résultats de court terme pour conforter les actionnaires et les grands patrons au détriment des salariés et de l'investissement", a dénoncé Manon Aubry, porte-parole d'Oxfam France, citée dans le communiqué.
   Par exemple, ...le sidérurgiste ArcelorMittal, l'énergéticien Engie et le leader mondial de la gestion de l'eau Veolia sont, dans l'ordre, ceux ayant les taux les plus élevés de redistribution des bénéfices en dividendes aux actionnaires, soulignent les deux ONG.
  Les organisations Oxfam et Basic, notamment, dans le sillage de nombre d'économistes dénonçant les dérives financières d'un capitalisme ....appellent le gouvernement "à reprendre la main sur cette économie déboussolée avec des mesures de régulation ambitieuses", "en préservant la capacité d'investissement et en interdisant que la part des bénéfices reversée aux actionnaires dépasse celle qui est reversée aux salariés".
      Ce partage déséquilibré des bénéfices n'est pas seulement un facteur de risques dans une économie mondialisée mais constitue aussi une menace pour le développement.

    Cette machine à dividendes… et à inégalités, cette tendance aux « profits sans partage » contribue à anesthésier le risque entrepreneurial et à créer et favoriser les conditions d'une précarisation des emplois.
      L'actionnariat a changé de nature comme la gestion des entreprises, avec toutes les conséquences visibles ou invisibles, notamment les nouvelles formes de management brutal et la souffrance au travail.

         Les rémunérations explosent jusqu'à la folie pour les dirigeants des grands groupes, dans une lutte sans merci au coeur de la concurrence internationale. Les inégalités se creusent dans une spirale sans fin.
         Les actionnaires ne connaissent pas la crise. Leur rémunération explose. 56 milliards d'euros en 2014 en France, uniquement pour les entreprises du CAC40, ce qui en fait un des pays qui distribuent le plus de dividendes. Plus de mille milliards de dollars dans le monde. C'est historique. Mais pour atteindre de tels montants, les grandes entreprises françaises ont recourt à des stratégies et des méthodes difficilement avouables. Plans sociaux, licenciements, pressions sur les salariés au point de les pousser à bout… Certaines de nos grandes entreprises sont prêtes à tout pour dégager toujours plus de cash au profit de leurs actionnaires. Ce sont parfois ces mêmes entreprises qui bénéficient d'aides publiques massives...
      La crise de 2008 a mis en lumière l’hégémonie de la pensée financière dans le management des entreprises. Cette hégémonie se manifeste par l’importance de la valeur actionnariale dans les discours des dirigeants et par la multiplication des indicateurs de performance financière (marge opérationnelle, rentabilité des investissements, rentabilité des capitaux propres).
       Une majorité de travaux explique cette « colonisation » de la financiarisation par des mécanismes macroéconomiques (comme la désintermédiation bancaire) et par l’évolution des structures actionnariales des grandes entreprises au profit d’investisseurs institutionnels. Les fonds d’investissement imposent, par exemple, des objectifs de rentabilité plus élevés et l’augmentation de la part des dividendes versée aux actionnaires...
        Cet aspect du capitalisme devenu capitalisme toxique depuis les années reaganiennes n'est pas une bonne nouvelle pour les actionnaires eux-mêmes.
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La fête chez Amazon!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Silence on ferme!... 

                           ...Les petites librairies et toutes les manifestations culturelles, les spectacles....Les artistes sont priés de rentrer à la maison! Il faut sauver l'essentiel; l'économie. Metro, boulot, dodo. La culture attendra. Primum vivere.                     __ Les hyper disent merci!     Les livres attendront le retour des jours meilleurs, comme s'ils n'étaient pas essentiels quand ils faut guérir les bleus de l'âme, sortir l'esprit du confinement mortifère.     On comprend la colère des libraires et les frustrations des lecteurs. Qui décrète de ce qui est essentiel?  Surtout quand on a tout fait pour réduire les risques de contamination. Il est temps de réagir.               ___ La Fnac pourra ouvrir ses portes, au motif qu'elle vend aussi du matériel électronique, mais surtout le géant qui écrase les libraires n'aura aucune limite. Amazon accroîtra encore plus son immense fortune sans contraintes.

 

        Les livres sont des choses "inutiles" qui nous veulent du bien. Si la musique adoucit les moeurs, les livres peuvent adoucir l'existence, lui donner un sens nouveau, conférer une lumière dans les ténèbres, sauver parfois de la désespérance.

  "La vie est trop courte pour s'infliger de mauvais livres"        
    Certes, les livres ne guérissent pas les bleus de l'âme, mais ils peuvent souvent contribuer à retrouver un certain goût de vivre, en nous sortant de notre isolement, voire de notre esseulement, voire d'une certaine détresse morale, en côtoyant l'humaine condition, comme disait Montaigne. Mais pas seulement. Ils sont là aussi pour la jubilation.
  Encore faut-il trouver les bons livres, ceux qui nous conviennent à un moment donné. Tout ce qui s'imprime n'a pas la même valeur. De même qu'il y a lire et lire, il y a écrire et écrire.
        Comme dit Birnbaum: "Au début de son récit 'Tomber sept fois et se relever huit', Philippe Labro raconte qu'il ne cesse de transpirer, sans comprendre ce qui lui arrive. Exactement comme moi à ce moment-là. De même, en lisant 'Face aux ténèbres', où William Styron, suicidaire, décrit sa plongée dans la dépression, à chaque page, je pouvais me dire : 'D'autres avant toi sont passés par cet état."
    Que l'on croie ou non au bibliocoaching, on peut toujours se donner les moyens de trouver le livre, l'auteur, avec lequel notre esprit entrera mystérieusement en résonance et qui nous révélera à nous-mêmes et peut-être nous libérera de pesanteurs aliénantes., ne serait-ce que de manière passagère. De manière gratuite et non purement utilitaire.
    Comme dit encore Birnbaum: "Pour aller mieux, j'ai retrouvé le chemin du papier et de l'écriture à la main, moi qui m'étais enfermé dans les écrans
       Lire peut aider à libérer 
                    Que lire libère, c'est le bon sens même. Les mots, leur agencement, l'atmosphère qu'ils créent peuvent apaiser les maux.
      Le plaisir de lire ne se décrète pas, mais il peut se cultiver. 
Pas de recette particulière, le goût de la lecture vient en lisant. Cette musique de mots.
     Trouver une passeur de lecture est la meilleure voie...Affaire de chance parfois, de disponibilité toujours.

                                                                       ______________

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Nanos à gogo

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Elles sont partout
                              Les nanoparticules. Même dans notre assiette.
     Ce n'est pas la première fois que, dans leur utilisation alimentaire surtout, elles sont devenues objet de critiques de la part de plus en plus de spécialistes.
   300 produits viennent d'être signalés comme pouvant être un danger pour la santé. Les risques sont maintenant mieux connus, même si des recherches restent encore à faire ou à poursuivre.
    Le dioxyde de titane, présent dans l’alimentation, notamment dans un certain  nombre de friandises, a été signalé comme un perturbateur potentiel.
   La toxicité de certains produits ne ferait même plus de doute.
      Certaines firmes commencent à arrêter leur production.
            Une nouvelle révolution technologique est en marche.
   On en perçoit un peu mieux aujourd'hui les enjeux ambigus. 
La question revient régulièrement en devenant de moins en moins théorique, dans la mesure où les nanoparticules sont déjà notre pain quotidien.
   Même si on ne peut encore rien affirmer d'absolument précis et définitivement sûr pour l'instant concernant leur incidence sur les organismes vivants, de forts soupçons se font jour, si on se fie aux  trop rares études sur ce sujet
 "Elles "sont utilisées pour purifier l'eau, comme agent anti-agglomérant et gélifiant, et dans les emballages pour protéger contre les UV, éviter la multiplication des microbes ou détecter une éventuelle contamination". Dans le seul domaine des emballages, cette technologie en plein essor devrait rapporter 20 milliards d'euros d'ici à 2020, selon l'enquête de The Environmental Magazine. Dans l'industrie alimentaire, elle est aussi utilisée pour fournir nutriments et vitamines, ou encore comme conservateur, épaississant, colorant... Le dioxyde de titanium, par exemple, sert de colorant blanc "dans des dentifrices et de nombreux produits transformés, comme les Mentos, les chewing gums Trident et Dentyne, les M&Ms, la crème chantilly glacée de Betty Crocker...(" liste The Environment Magazine...")
___Oui, elles se sont discrètement invitées à notre table, entrant dans nos aliments:
La première question qui se pose est celle de l'infiltration, au fin fond de notre corps, des nanoparticules que l'on mange. Plusieurs études montrent qu'elles peuvent franchir les barrières de protection physiques, interférer sur le système immunitaire, pénétrer dans les vaisseaux sanguins, le système lymphatique et divers organes. Selon l'Afssa, "le foie et la rate seraient des organes cible, mais certaines nanoparticules sont retrouvées dans les reins, les poumons, la mœlle osseuse et le cerveau". En outre, la taille des nanoparticules est déterminante dans leurs pérégrinations à travers notre organisme, comme le montre une étude menée sur des souris et citée par l'OMS et la FAO : "Les plus petites particules [d'or] ont été retrouvées dans les reins, le foie, la rate, les poumons et le cerveau, alors que les plus grandes sont presque entièrement restées dans l'appareil digestif."
__La grande question est celle de l'effet de ces nanoparticules sur notre santé. Question complexe et, jusqu'ici, peu éclaircie.
   Malgré ces incertitudes provisoires, aucun moratoire n'existe et les applications, très rentables, avancent à grande vitesse dans de nombreux domaines.
 Raison de plus pour rester vigilant, malgré (ou à cause de) la difficulté des études approfondies. Bruxelles fait l'autruche.
     L'Association France ouvrière consommateurs (AFOC) s'inquiète...des risques potentiels induits par des produits alimentaires contenant des nanomatériaux, pointant un décalage de plusieurs années entre leur mise en vente et les résultats d'études toxicologiques.L'association reconnaît des "avancées" dans des textes adoptés récemment au niveau français et européen en la matière, qui "vont dans le bon sens". "Mais les résultats des études de toxicologie sur les premiers nanomatériaux interviendront dans plusieurs années. Pendant ce temps, les professionnels auront mis sur le marché de nouveaux nanomatériaux dont les risques ne seront étudiés que beaucoup plus tard, ce qui est contraire à la règle de prévention des risques: 'pas de données, pas de marché'", déplore l'AFOC. 
     Finalement, quels bénéfices pour quels risques?
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Vous avez dit "islamopithèques"?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Au nom de l'Islam  (quelques notes de lectures)

                     L'islam a ses intolérants, ses chiens fous, comme le catholicisme a eu les siens, comme les évangélistes peuvent avoir les leurs, dans une moindre mesure. Au nom de l'Islam, dit pur, des intégristes ont tué plus de personnes en pays d'Islam que sur nos terres, et continuent à le faire, au nom d'une foi jugée orthodoxe, qui cachent mal le plus souvent des revendications territoriales et des objectifs politiques locaux, comme de bas intérêts économiques.    Et il n'y a pas que l'affrontement entre les chiites et les sunnites, qui a laissé un Yemen exsangue, au nom d'un wahabbisme sans pitié.

 

           Au nom d'un islam d'un autre âge ou fabriqué pour la circonstance, au nom d'une pureté mythique... « L’islamopithèque, c’est quelqu’un qui veut vivre en 2020 tout en gardant intactes les manières de faire de gens qui ont vécu il y a mille ans. C’est quelqu’un qui raisonne de la même manière que l’islamophobe parce que, pour les deux, il ne saurait exister d’autres formes de vivre l’islam que selon la manière dont les gens ont vécu il y a mille ans. »             __Mais peut-on parler de raisonnement? Certains croyants ont honte d'être assimilés au tueurs au nom d'Allah : "... Concernant les musulmans, la source de légitimité de leur foi étant le Coran (supposé le dit de Dieu dicté à son Prophète Mahomet) les héritiers spirituels de l’ayatollah Khomeyni en Iran, les épigones de Mohammad Abdelwahhab en Arabie Saoudite tout comme les fans de Mollah Omar en Afghanistan se réfèrent au Coran et aux hadiths (faits et gestes du Prophète) et citent, les uns comme les autres, sourates, versets et fables attribuées au Prophète qui légitimeraient le corpus de la chari’a qu’ils imposent à leurs concitoyens et les fetwas (ordonnances religieuses) assassines qu’ils émettent à l’encontre des “mécréants et infidèles”, chez eux comme à l’étranger. Tous se réclament détenteurs et dépositaires du vrai islam tout en se tirant dans les pattes, en ennemis jurés qu’ils se déclarent, afin d’imposer leur souveraineté islamique au monde musulman...."              __Certes les textes contiennent nombre d'ambiguïtés, comme la Bible elle-même.           L'hyper-concentration migratoire en France est un problème longtemps délaissé, favorisant la diffusion  des pires extrémismes, comme le signale  N.Polony: "...  la stratégie des Frères musulmans, telle que nous l’avions décryptée il y a déjà un an, consiste, depuis leur création dans les années 1930, à « réislamiser » les musulmans en exerçant une pression pour les inciter à adopter une pratique littérale et rigoriste de l’islam afin d’imposer un ordre théologico-politique dans lequel la religion affirme son emprise sur la société. Depuis trente ou quarante ans, les populations musulmanes d’Europe sont une cible privilégiée pour cette propagande.."      Les arrangements, les accomodements (dits raisonnables)  ont favorisé la pénétration des pires thèses, jusque dans l'école, devenue un lieu d'influence et de confrontation. La laïcité étant peut à peu devenue un idéal qui s'érode ou s'efface. Ne plus être otage devient enfin une revendication justement proclamée. Pour arrêter le surgissement d'autres drames. En finir avec les aveuglements volontaires. Et entendre ceux ou celles qui parlent de tolérance, en dehors des chapelles mortifères. ____________

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Thaumaturgie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Le roy te touche, Dieu te guerys.
                                               Voici revenu le temps du merveilleux.
     Celui où une aura de mystère sacré entourait la personne royale.
  Au contact de l'Oint du Seigneur, bien des miracles pouvaient se produire
 C'était l' époque bénie des rois guérisseurs. 
   Le charisme royal attirait les foules.
  Revenons-nous en ces temps sacrés?
        Certains signes semblent le confirmer.
 Si l'on en croit le fervent porte-parole du Palais, Bruno Roger-Petit, un ère nouvelle s'annonce.
' Commentant la visite d'Emmanuel (dont le sens est: Dieu avec nous) à la basilique de Saint-Denis, où se trouvent les sépultures des rois de France, il déclara sans sourciller:
 "Cette visite était nimbée des forces de l'esprit. Il y a, chez Macron, l'idée de transmission. Il place sa présidence dans la continuité des gouvernants qui l'ont précédé. Il se sent dépositaire de l'histoire... Pour lui, le toucher est fondamental, c'est un deuxième langage. C'est un toucher performatif : 'Le roi te touche, Dieu te guérit.' Il y a là une forme de transcendance."
    Admirables propos d'un courtisan sincère, annonciateur d'une monarchie qui monte, parlement à son service, qui ne sera bientôt plus qu'un organe de consultation ou d'enregistrement.
  Le nouveau conseiller de la cour, le vicomte Philippe de Villiers, nouveau conseiller officieux du Prince, saura lui souffler les bons principes éclairés. Bon sang ne saurait mentir.
     La verticalité est revenue dans la doulce France. L'ethos de droite est confirmé.
  La figure du roi est de retour en nos temps troublés. Les nostalgies princières y trouveront leur compte avec le chambellan S.Bern, qui a séduit la reine.
   Des temps nouveaux sont arrivés. La Restauration est à nos portes. L'intronisation au Louvre ne fut pas l'oeuvre du hasard. La place de la Bastille fut écartée. La macronie fut instituée.
     A Reims, bientôt, le sacre. A suivre sur Gala.
            Hosannah au plus haut des cieux!
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Le temps du courage

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Tenir bon  (Comme déjà dit en février)

Donnons-nous aujourd'hui
                                    Notre courage quotidien.
            Et délivrons-nous du mal...
     Car Notre Père n'est plus au cieux, ou alors il est en RTT prolongé.
   Et les églises sont désertées...les incantations tombent dans le vide, sauf pour certains! Il y a des chanceux...
  Seule la solidarité nous sauvera. Et le courage, devenu valeur en baisse.

  Dans le Huis clos imposé, la vie est compliquée, surtout pour les combattants du front et les abandonnés sur le terrain. La cruauté de certaines situations nous affligent. Ne pas pouvoir enterrer dignement des proches est une épreuve qui laissera des traces. La référence à Antigone et Créon vient à l'esprit, un conflit déchirant entre  valeurs privées et raison d'Etat dans le traitement de nos morts.
  Le confinement peut être parfois terrible avec le temps, une mise à l'épreuve inédite et douloureuse. L'enfer peut être les autres, pour reprendre librement JP Sartre, quand les liens se délitent, quand montent les tensions.
  Il y a le coronavirus, mais aussi un autre virus qui peut aussi empoisonner, celui de la connerie, qui se réveille parfois en certaines circonstances de dé-solidarité, la connerie humaine qui, disait Eintein, est infinie.
   Non, ce n'est pas une guerre mais une lutte de tous contre un "ennemi " sans visage, chacun à sa place et selon ses moyens. Contre le coronamachin sans visage et la zizanie entre nous. Ce qui n'exclut pas la libre critique.
  Non, il n'y a pas de "héros", mais des professionnels qui font leur travail en dépassant parfois leurs limites, et plus, avec un courage qu'il faut saluer. En retenant l'immense déficit de notre système de santé sacrifié sur l'autel du marché depuis trop d'années et que la crise révèle cruellement. Petit à petit depuis 1983.
  ..En suivant les grandes lignes des discours récents de Mr Faukon-Yaka, qui se révèle, pour la circonstance, le prophète d'une vie qui va enfin changer, d'un système qui ne peut plus durer.
                        Tenir. Tenir bon.
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Préjugés, confusions et amalgames

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Ici et ailleurs.
             L'exclusion de l'autre, sous toutes ses formes, est une valeur bien partagée. Hélas!
                Depuis des temps indéterminés.A certaines époques plus qu'à d'autres.
                    De l'ethnocentrisme diffus au racisme institutionnel, il y a bien des degrés dans le rejet psychologique, culturel, parfois physique de l'autre.
       L'antisémitisme, en particulier, ne date pas hélas! d'aujourd'hui.


        Le dénoncer sous toutes ses formes est un devoir autant moral que civique  L'affaire est entendue. Comme toutes les autres formes de racisme, qui ne se limite pas à cet aspect.
    Ses formes le plus virulentes se développent le plus souvent sur un terreau favorable, quand la peur sociale domine, souvent amplifiée par des crises diverses, exploitée parfois politiquement pour détourner des colères, des frustrations. La théorie du bouc émissaires est maintenant mieux identifiée.
     Mais se pose la question du comment. Comment protester au mieux, collectivement, sous forme de pétitions, par exemple. Sans tomber dans les approximations, les confusions, les amalgames, la polémique discutable.
         L'Appel récents des 300, à cet égard, s'est attiré nombre de critiques, certains ayant dû signer sans avoir lu le texte ou l'ayant seulement survolé.
     Il est des démarches qui peuvent être contre-performantes et, en mélangeant le vrai au faux, se retourner contre leurs auteurs en ne jouant pas dans le sens désiré.
    Surtout quand le sujet est sensible et déclenche trop d'erreurs historiques, d'a priori, de parti-pris, de polémiques masquées.
          Des amalgames aussi, basées sur trop d'approximations et de généralisations.
   Malgré les tensions récentes très médiatisées, parfois imprudemment, il semble que, s'il y a autant de préjugés (ce qui est difficilement mesurable), les actes de racisme en France ont plutôt tendance à diminuer et à être catalogués comme tel trop rapidement, comme dans le cas très litigieux de Mme Knoll.
   Il faut rester prudent et méfiant vis à vis des chiffres qu'on fait parler trop vite, sans tenir compte du contexte.
    Sans contester les véritables dérives, qui ne sont pas que salafistes, il faut tenir compte de l'arrière-plan politique auquel certains font référence sans le dire clairement.  Il y a une prise de parti et une confusion manifeste entre une cause noble et la défense d'une politique qui l'est moins. Des officines de Netanyahou au Crif, l'amalgame est largement diffusé; la critique de la politique sioniste actuelle serait une forme moderne de l'antisémitisme. 
    Il faut rappeler que  l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé. Beaucoup de Juifs eux-mêmes, religieux ou non, savent faire la distinction, en Israël ou ailleurs, entre l'Etat actuel sans frontières définies  et colonisateur et la politique menée depuis dix ans surtout pas l'équipe actuellement au pouvoirComme disait de manière raccourcie Esther BenbassaLa thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique. 
  L'histoire est souvent oubliée. Un certains nombre de Juifs européens, comme Buber ou Einstein, furent opposés déjà au mouvement sioniste naissant, dans toute sa rigueur initiale.
 Qu'il soit déjà ancien, de 610 à 1492, plus récent, de1300-1800 notamment, ou cruellement moderne, l'antisémitisme est une constante épisodique en l'Europe, sur fond historique de doctrine chrétienne ostracisante. Les problèmes de la Palestine et du “rêve brisé”   comme dit Charles Enderlin sont encore vifs.
     La grande confusion risque encore de durer, alimentée par un conflit qui s'éternise, de même que des amalgames et les non-dits.

                 ... Amalgame entre, d’une part, des violences et des actes meurtriers perpétrés contre des citoyens juifs français par des terroristes déclarés et, d’autre part, des assassinats de type crapuleux, comme celui de madame Knoll, dont la preuve qu’il relèverait de l’antisémitisme ne repose que sur la connaissance, par l’auteur du crime, de la religion de sa victime.

   Amalgame entre une idéologie politico religieuse, le salafisme, et une religion essentialisée comme seule porteuse de violences, l’islam. Quant à la nécessité de réviser les textes sacrés, ni la Bible ni les Evangiles n’ont été critiqués ou remis en cause par Vatican II qui a fait supprimer de la liturgie, certains passages accusant les juifs de déicide, sauf dans les églises intégristes qui ne reconnaissent pas l’intervention pontificale. Les textes sacrés restent sacrés. Seules leur lecture et interprétation ont été revisitées (cf. Rachid Benzine, « L’urgence n’est pas d’expurger le Coran mais d’en faire une lecture critique », La Croix, 23/04/2018). S’appuyer sur les prêches et interprétations du Coran des imams salafistes pour demander que « des versets du Coran soient frappés d’obsolescence », c’est attribuer à l’ensemble des croyants multiformes musulmans une attitude haineuse envers les juifs.       C’est aussi leur attribuer une identité ethno-religieuse, à l’instar de l’image façonnée, au cours des siècles, des juifs comme « race à part ».
    Amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui assimile la contestation de la politique coloniale et raciale d’Israël à l’égard des Palestiniens (sans oublier les discriminations à l’égard des Falachas juifs d’Ethiopie et de la récente émigration africaine, commises notamment par les courants ultra-orthodoxes) à la dite « volonté de destruction des juifs » par des mouvements extrémistes au Proche-Orient. En oubliant que l’Etat israélien s’autoproclame « Etat juif » et s’arroge le droit de parler au nom des juifs du monde entier. Amalgame dont plusieurs personnalités « hors de tout soupçon »  ont fait les frais (Maspero, Charles Enderlin et tant d’autres) lorsque l’on a cherché à les faire condamner par la justice comme antisémites ou en les empêchant de continuer à exercer leur métier. De même pour tous ceux et celles, juifs et juives, qui ont subi diffamations ou calomnies publiques comme par exemple l’ex-ambassadeur et ancien déporté Stéphane Hessel, auteur du manifeste «  Indignez-vous », Edgar Morin ou l’ancien président du CRIF, Théo Klein dés qu’ils refusèrent de cautionner inconditionnellement la politique l’Etat d’Israël. Et dernièrement, l’actrice Natalie Portman, traînée dans la boue parce qu’elle avait refusé de participer aux cérémonies du prix Genésis ne voulant soutenir ni la politique de Netanyahou ni « la violence, la corruption, les inégalités et l’abus de pouvoir ».
    Il ne faut pas pour autant négliger, dans les prisons comme dans les quartiers que la République française nomme de « non droits », la progression d’idéologies salafiste et wahhabite, qui reprennent la « théorie du complot juif », revisitée par l’extrême-droite et relayée par les réseaux sociaux. Il faut rappeler que cette même république a été sourde aux appels de travailleurs sociaux – laïques et musulmans (mais pourquoi définirait-on certains citoyens par leur appartenance religieuse ?) pour lutter contre les prêches de ces imams. Cette même république a été sourde également aux études des anthropologues et des sociologues sur la montée des mouvements religieux servant de rempart ou de colmatage socio-éducatif au retrait des services publics et des pouvoirs régaliens dans certaines périphéries paupérisées. Les attaques contre la pensée critique, appelée par le manifeste pensée de la « gauche radicale »  réduisent les analyses des phénomènes de paupérisation et de ségrégation sociale – conjugués à la montée du consumérisme et au ressentiment de ne pas être du bon côté de la fracture – à une position idéologique. Les détracteurs de la pensée critique, eux, pensent si bien qu’ils parlent d’épuration ethnique pour désigner la fuite des quartiers paupérisés vers des quartiers plus « sécurisés » et gentrifiés de certaines fractions de la population juive. Quand, dans l’Afrique du Sud post-apartheid, des fractions aisées de la population noire ont quitté les townships pour des quartiers blancs, et que les Blancs ont déserté ces mêmes quartiers a-t-on parlé d’une « épuration ethnique..?
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Contre l’antisémitisme, avec détermination et sang-froid
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Biais cognitifs

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Quès aco?

                    Un phénomène simple et compliqué à la fois.
  La pensée n'est pas automatiquement ajustée au réel. Elle en est même parfois bien éloignée, malgré l'illusion d'en être proche.
                   Penser "vraiment", c'est penser contre soi.
 Contre la pente facile des idées toutes faites, prémâchées, communes, partagées par le plus grand nombre.

   La vérité, toujours provisoire, est une conquête. La pensée (plus) juste ne va pas de soi. Elle se construit. Pas seulement dans le domaine de la recherche scientifique,  Comme l'a répété Bachelard, notamment dans la Philosophe du non. Non à sa nature profonde, dont la tendance est plutôt de s'en laisser conter.
  La priorité étant d'abord de penser les obstacles épistémologiques qui font barrage à une connaissance (plus) juste du réel, même partielle,  et qui sont constitués par toutes sortes de croyances, d'erreurs ou d'illusions, dont nous sommes le plus souvent à peine conscient, sans esprit critique.
 L'ignorance et son inconscience sont la pente la plus facile pour l'esprit.
    L'esprit est ainsi fait que l'accès à la vérité ne va pas de soi, ne peut être que partielle et parfois tardive. Quand elle aboutit...
 Nous voyons le monde à travers le prisme de nos préjugés, de nos ignorances, de nos passions aveuglantes...
  Cette attitude "naturelle" (au sens de "spontanée" ) peut prendre de multiples formes et n'est pas facile à détecter par le sujet lui-même.
     Repérer les biais cognitifs n'est pas simple. Cela nécessite un certain recul et déjà des connaissances constituées poussant à leur dépassement.
  La raison est continuellement sous influence. Dans de multiples domaines.
     Ce qu'on appelle post-vérité aujourd'hui, qui n'est pas nouveau, en est un des aspects, dans quelque domaine que ce soit.
  Nous sommes parfois marqués, de bonne ou de mauvaise foi, par des vérités alternatives, dont la force entraînante  est le partage commun.


  Nous n'en aurons jamais fini avec les exigences de la rigueur rationnelle, la prudence vis à vis notamment des faux nez de la science. là où beaucoup s'égarent. Les illusionnistes sont légion.
    Ascèse mentale, rigueur et modestie sont les conditions pour progresser toujours un peu plus, loin des sentiers de l'erreur. notre condition première. "LA" vérité est un mirage, même si cette notion guide nos pas vers un horizon qui fuit sans cesse.
           «L'ignorance qui se connaît, qui se juge et qui se condamne, écrit Montaigne, n'est pas une entière ignorance: pour l'être, il faut qu'elle s'ignore elle-même
                                   ______________________________________

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Il est partout

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Il colonise la toile
                                 Pas seulement nos rues. 
         Hors de lui, point de salut.
  L'anglais, du moins celui que nous parlons mal facilement, comme disait Churchill, est devenu notre nouveau latin, avec la montée en puissance technologique de l'empire, avec le triomphe de la Silicon Valley, avec la numérisation galopante d'une grande partie de notre vie, dont les clés sont ailleurs.

 


   La langue ou la sous-langue du colonisateur fait florès jusque dans nos rues, se niche dans moindre aspect de notre vie quotidienne, jusqu'au coiffeur du coin qui a mis son enseigne = l'heure de Londres ou le petit restaurateur qui ne fait plus la cuisine, mais des happy meal..
       Un globish à tout faire.
   Dans le monde des open space, on jargonne sans retenue un globish douteux.. A Science Po, on se démarque du vulgum pecus. Les élites se délitent.
   La langue de Shakespeare et ses dérivés ont  pris le haut du pavé dans notre enseignement.
       Certains résistent encore, mais au Québec. La dérive est constante depuis plus de vingt ans

        C’est dès les années 60 qu’apparaissent les prémisses de la démission linguistique de nos élites.   Le général de Gaulle comme Georges Pompidou ont une conscience aiguë du danger. Ce dernier définira clairement l’importance de l’enjeu : « Si nous reculons sur notre langue, nous serons emportés purement et simplement. C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi les autres ». 
    Mais ce phénomène de démission, jusque-là marginal, prendra une autre dimension quand l’exemple du renoncement viendra de la tête de l’État.   Le signal, l’acte spectaculaire de capitulation linguistique, date du 27 mai 1974, jour de l’élection à la présidence de la République de Valéry Giscard d’Estaing : reléguant le français au rang d’un patois local, c’est en anglais qu’il commenta sa victoire devant la presse étrangère. Le nouveau président enfoncera le clou en 1976 à la Nouvelle-Orléans où il prononcera son discours exclusivement en anglais devant des milliers de Cajuns catastrophés par une telle trahison !
     La francophonie reste...des mots. Words!
             A Bruxelles, le français, pourtant officiel, est délaissé de plus en plus. Dans les grandes entreprises, des notes de services circulent maintenant en anglais, sans justification aucune.
     Le globish déferle dans tous les secteurs:
     
          Bafouant leurs propres règles, les gouvernants ignorent l’article II de la constitution (« la langue de la République est le  »), ainsi que la loi de 1994 (dite loi Toubon), votée unanimement par le Parlement, et qui dispose que « le français est la langue de l’enseignement, du travail et des services »). 
      En effet, La  a institué l’ comme langue de l’Université et les quelques restrictions cosmétiques apportées à cette loi ne sont pas respectées--Les services publics et les entreprises détenues et/ou pilotée par l’Etat (Poste, SNCF, Air-France, EDF, etc.) multiplient les produits dénommés en anglais au mépris des usagers francophones et des étrangers non anglophones qui résident dans notre pays--Les publicités diffusées aux heures de grande écoute par les médias, y compris publics, sont fréquemment rédigées en anglais ou en franglais sans que cela n’émeuve en rien le « Conseil supérieur de l’audiovisuel »--Le gouvernement s’apprête à céder au chantage d’un magnat de la production cinématographique qui prétend obtenir des fonds publics pour tourner ses superproductions en anglais--Une initiative de l’Inspection d’anglais invite les professeurs de cette discipline à militer pour l’enseignement en anglais des autres disciplines !--Un cartel de radios commerciales prétend de fait en finir avec les quotas de chanson francophone passant à l’antenne, alors même que les jeunes chanteurs francophones ont de plus en plus de mal à trouver des lieux d’accueil, de lancement et de diffusion--Nombre de colloques universitaires ou scientifiques se tenant en France contournent la langue de Victor Hugo et d’Aragon bien que ces institutions bénéficient du financement public issu des impôts de tous : que devient le devoir pour les intellectuels et des savants, que proclama initialement Descartes en 1637 (Discours de la méthode), de s’exprimer dans la langue d’usage de la population ? --Que devient le droit de comprendre de nos contemporains quand trop de pseudo-experts, de publicitaires, de journalistes s’adressent au public avec des expressions que la majorité des citoyens ne comprend pas ou que pire, elle comprend de travers ?__Nombre d’entreprises imposent à leurs salariés de travailler en anglais ou en jargon franglais, ce qui est source d’humiliation, de discriminations et d’insécurité ; certains secteurs économiques ne recrutent plus que des cadres supérieurs « English Mother Tongue », ce qui institue une préférence nationale à l’envers, symétrique de la honteuse « préférence nationale » lepénisteLes quelques protections qui subsistent encore autour de notre langue commune sauteraient bien évidemment avec la mise en place du « Grand Marché Transatlantique », dit TAFTA, que les autorités françaises et européennes négocient actuellement dans le dos des citoyens__L’UE révèle sa nature dictatoriale en méprisant ses propres traités qui l’obligent à respecter le plurilinguisme : l’anglais devient de facto la seule langue officielle de l’UE et le gouvernement français tolère que Pierre Moscovici, actuel commissaire européen et ancien ministre français, écrive ses « lettres de cadrage » (fustigeant tous les acquis sociaux de notre peuple) en anglais à Michel Sapin. __Déjà, la ministre sarkozyste Christine Lagarde, dite « Lady The Guard », prétendait obliger les hauts cadres du ministère des finances à correspondre en anglais à l’interne !__Le patronat « français » et européen pousse honteusement à la roue : on se souvient du mot du Baron Seillières devenu président du super-syndicat patronal « Businesseurope » et déclarant devant Jacques Chirac : « désormais je ne vous parlerai plus qu’en anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ».__La langue de travail de l’armée française asservie à l’OTAN et à ses entreprises prédatrices devient l’anglais sans que cela émeuve le haut encadrement de la défense de moins en moins « nationale » et de plus en plus atlantique et néocoloniale...
       And so on...
  Alors que le français (entre autres) a façonné l'anglais.
      Oui à l'anglais. Non à l'anglais envahissant!
       Résister à la pulsion mimétique anglo-saxonne, c'est résister à une forme de sujétion, car une langue n'est jamais neutre, elle véhicule et impose ses modèles.
   L'anglomanie vire vite à l'anglocratie.
   On l'a déjà dit: La fuite en avant vers le tout-anglais correspond à des rapports de forces politiques clairement explicités:
   A  l'heure ou le libre-échange euro-américain va se mettre en place, il faut se remettre en mémoire quelques affirmations non dépourvues d'ambiguïtés:
-"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca
-« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner
-Dans son rapport de 1987/88, le directeur du British Council écrit «  Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond.  »
  Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais et que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ...affirmait David Rothkopf dans Praise of Cultural Imperialism, 1997)       
         Une langue n'est pas neutre et son abandon ou son affaiblissement progressif à des incidences sur les structures de la pensée, sur sa maîtrise.
                                     Mais le soft power a sa logique.
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   Le New York Times lui-même se moquait avec mordant de ce que nous sommes devenus:
               "...Ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketique qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l'affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d'Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d'après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français?)
Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culture. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britanniquev. La diplomatie française s'est mise aussi à l'english, en publiant, sous l'impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l'impérialisme cool de l'anglais », ainsi que l'a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d'être autre chose qu'une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne.
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Couvre-feu et changement d'heure

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Couvre-feu: une vieille histoire.

                                               Pour la première fois en France, un couvre-feu a été imposé pour des raisons sanitaires. 46 millions de Français sont concernés. Si, à l'origine, le couvre-feu était utilisé au Moyen-Âge dans un sens littéral, en éteignant les feux de cheminées la nuit pour éviter les incendies, il évoque aujourd'hui un passé douloureux lié aux périodes de guerre.

La traversee de Paris 1
Jean Gabin et Bourvil dans le film la Traversée de Paris, une histoire en plein couvre-feu pendant l'occupation allemande.
La Traversée de Paris

Qui aurait pu imaginer, il y a encore un an, que le gouvernement imposerait un couvre-feu à 46 millions de Français ? Après l'Île-de-France, Rouen, Lyon... Le Premier ministre Jean Castex a étendu le couvre-feu à 38 autres départements entre 21 heures et six heures du matin pour lutter contre le Covid-19. C’est la première fois, en France, qu’un couvre-feu est décrété pour des raisons sanitaires. Et il fait écho à un passé douloureux. 

Il nous provient du Moyen-Age et il ne s'agissait alors que d'une mesure de "bon sens", estime l’historien Jean-Claude Schmitt dans Philosophie magazine. Il s’agissait d’éviter les incendies des maisons en bois en imposant aux populations d’éteindre leurs "feux" de cheminée à la tombée de la nuit. Le couvre-feu était alors sonné par les cloches de l'église de la ville ou du village. "Le couvre-feu rythme la vie des citadins en créant une séparation nette entre le jour et la nuit. D’une certaine manière, il égalise les rythmes de tous les habitants", explique Jean-Claude Schmitt.

Emeutes, Gilets jaunes... Une accélération

Mais l'histoire du dernier siècle lui donne un nouveau sens. Pendant la seconde guerre mondiale, un couvre-feu est ainsi imposé par les Allemands dans les zones occupées pour faire régner l’ordre et empêcher les actions de la Résistance. En 1961, un couvre-feu est établi à nouveau en pleine guerre d’Algérie. Il est imposé à Paris par le préfet Maurice Papon aux "Français musulmans d’Algérie". Cela entrainera une manifestation et une répression sanglante le 17 octobre. 

Ce n'est qu'une quarantaine d'années plus tard que le couvre-feu refait son apparition en France. En 2005, sous la présidence de Jacques Chirac, le Premier ministre Dominique de Villepin proclame l'état d'urgence pour faire face aux émeutes dans les banlieues. Il ne s'applique qu'aux mineurs non-accompagnés. En 2018, c'est l'Île de la Réunion qui est ciblée par un couvre-feu partiel, en plein épisode des Gilets jaunes, après des scènes de pillages et de violences urbaines...

 

 

                                     Heure d'été: un sujet polémique qui ne date pas d'aujourd'hui.

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