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Ils avaient la banane

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Cela sera moins vrai demain
                                                  Les Antilles, îles de rêve, deviennent-ils des enfers sanitaires?
       Au nom de la banane présentée comme « mieux que bio ».
    Les alertes ne datent pas d'hier.
  Beaucoup avaient dénoncé les retombées du chlordécone sur les sols, l'eau, la population
Mais les autorités avaient fait la sourde oreille.
     Le scandale sanitaire éclate de plus en plus au grand jour.
  Jusqu'ici les patrons béké ont profité d'une situation qui les avantageait au détriment des ouvriers des bananeraies, avec la complicité des instances gouvernementales, qui n'ignoraient rien de la haute toxicité du produit bon marché, abondamment .répandu.


   Perturbateur endocrinien reconnu, le chlordécone poursuit ses ravages, comme nulle part ailleurs.
 Déjà un record du monde en Martinique pour le cancer de la prostate. Mais il n'y a pas que ça. Il y a la mer.
       Une surexposition aux pesticides aux effets durables, étant donnée leur nature:
... Le docteur Luc MULTIGNER est chercheur à l’INSERM de Rennes et au CHRU de Pointe-à-Pitre/Abymes en Guadeloupe. Il a révélé que le chlordécone est le toxique le plus répandu dans les cours d’eau aux Antilles et dans le sang des Antillais ; environ 90 % des Guadeloupéens sont contaminés. Selon lui, ces deux particularités sont exceptionnelles car une population entière n’est que très rarement touchée sur une même période de référence par un même toxique. Ce même chercheur affirme que des épidémiologistes, généticiens, cancérologues, et autres spécialistes du monde entier ne cessent de s’intéresser à la contamination globale des populations Martiniquaises et Guadeloupéenne du fait de la pollution globale de leur biotope.
Le Dr MULTIGNER estime en outre que le retentissement politique aurait été très différent, si ce territoire se situait en France métropolitaine....
   Une "bombe à retardement" en Martinique pour 20 générations estiment certains spécialistes.
      Au nom de la concurrence, on était peu regardant en haut lieu sur les effets sanitaires
  Et les dégâts ne sont pas que sur terre.
 

     Il savaient, mais les pressions commerciales prévalurent.

...La Martinique est fortement contaminée par le kepone, suite à son utilisation sans restriction sur les plantations de bananes. Malgré l'interdiction faite en 1990 en France métropolitaine, le puissant lobby des planteurs a fait pression pour pouvoir continuer à utiliser le kepone jusqu'en 1993, soutenant qu'il n'existait pas de pesticide alternatif (ce qui a été contesté depuis).  L'île voisine de la Guadeloupe est également contaminée, mais moindrement. Depuis 2003, les autorités locales ont restreint la culture des sols et d'autres activités (pêche, vente de volailles/oeufs...) en raison de leur contamination.
En 2010, on sait qu'en Martinique et la Guadeloupe le taux de cancer de la prostate est l'un des plus élevés au monde et que les ouvriers des bananeraies connaissent souvent des problèmes de stérilité masculine (délétion de la spermatogenèse).
   Un décret interdit la pêche jusqu'à 500 mètres au large des côtes ; la zone d'interdiction serait passée en été 2013 à 900 mètres. En janvier 2013, le port principal de la Martinique, Fort-de-France, est barré par des pêcheurs qui réclament des subventions pour les aider à poursuivre la pêche aux langoustes. Le 15 avril, une centaine d'entre eux manifestent dans le chef-lieu.
   L'industrie bananière a usé de son influence pour différer l'interdiction du chlordécone, qui n'a été effective aux Antilles qu'à partir de fin 1993 (voire jusqu'à l'écoulement effectif des stocks). Les dérogations, demandées par les parlementaires et accordées par les ministères, ont prolongé l'usage d'un produit interdit au-delà de la date de son retrait d'autorisation de vente (1er février 1990)
Selon l'INRA et l'Afsset (devenue ANSES depuis sa fusion avec l'AFSSA), dans 2 rapports évoqués le 24 août 2010 par l'AFP et le journal Le Monde, puis mis à disposition du public sur le site de l'Observatoire des résidus de pesticides (ORP), le ministère français de l'Agriculture n'a pas ou peu tenu compte des nombreuses alertes sanitaires et environnementales et a privilégié les intérêts économiques (culture bananière) sur l'environnement et la santé dans sa gestion du dossier, alors que dès 1977 des études mettaient en évidence les risques écologiques et sanitaires de ce produit. En 1979, l'OMS classe ce produit comme cancérogène possible, ce que confirme l'INSERM en juin 2010, dans le Journal of Clinical Oncology, pour le cancer de la prostate.
En janvier 2018, le syndicat CDMT des personnels de l’Agence régionale de santé de Martinique écrit une lettre à la Ministère des Solidarités et de la Santé afin de lui faire part de pressions subies par les agents pour « limiter l'information du public au strict minimum »....
                                                                      Il n'y a pas que les abeilles qui sont menacées.
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Fake news

Publié le par Jean-Etienne ZEN

D'hier et d'aujourd'hui.

               La question revient régulièrement et alimente des débats parfois passionnés et aveugles. Elle revient aujourd'hui à propos de l'usage des futurs vaccins. Mais à vrai dire elle ne s'est jamais arrêtée. Elle a des racines profondes et anciennes, se présentant de manières variées, prenant parfois la forme d'un vrai complotisme plus ou moins organisé.    Une notion piégée.  A l'heure où les grands médias , par la concurrence et la vitesse imposées, servent parfois d'amplificateurs à des nouvelles incontrôlées, mal étayées, parfois infondées.     A l'heure où les réseaux sociaux servent de tam tam médiatiques planétaires avec tant de facilité et de rapidité.  Les préjugés en tous genres servent de courroies de transmission , de relais et d'amplificateurs.

 

   Le mimétisme aidant, certaines fausses nouvelles ont vite fait de faire le tour  de la planète aujourd'hui et la vigilance peut parfois être prise en défaut, du moins momentanément. (*)
   Fake news ou pas, les parades peuvent parfois être disproportionnées ou imprudentes, quand elles ne sont pas biaisées, c'est pourquoi il est téméraire ou impossible de légiférer en ce domaine. Ou mettre le seuil de dangerosité en temps réel et qui jugera les fake news d'Etat? La propagande a joué un tel rôle et continue à le faire ,dans le déclenchement et l'entretien des conflits.

L'incroyable mensonge, lourd de conséquences...

    Le problème est  trop sérieux pour être laissé aux soins de la justice et de l'Etat.
 Le journaliste n'est pas toujours un bon veilleur, surtout quand il faut travailler vite et en situation d'urgence et de concurrence.
  Au risque d'engendrer le scepticisme généralisé, il doit veiller à suivre un code de bonne conduite.
         Le débat a encore de beaux jours devant lui...
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(*)   On se rappelle les rumeurs ... à l’encontre du leader socialiste Léon Blum, selon laquelle celui-ci mangeait dans de la vaisselle en or. Diffusée par la presse de droite dans les années 1930, elle ne touchait que ses opposants et suscitait des haussements d’épaule chez les autres car elle ne reposait sur aucun fondement sérieux.    On peut classer dans la même catégorie les rumeurs de la Première Guerre mondiale selon lesquelles par exemple les « Boches » coupaient les mains des enfants. Les citoyens croyaient-ils à ces bobards diffusés par les journaux et les cartes postales ? C’est peu probable car ils ne reposaient sur aucun élément avéré. D’ailleurs, on eut vite fait de les qualifier de « bourrage de crâne ». Mais on laissait dire car ces bobards remplissaient une fonction symbolique en légitimant l’effort de guerre et la solidarité de tous contre l’ennemi commun. De la même façon que les « fake news » d’aujourd’hui, ils soudaient les membres de la communauté dans la haine de l’adversaire
...Après la Seconde Guerre mondiale, l’intelligentsia occidentale a témoigné d’un aveuglement maladif vis-à-vis de la réalité soviétique. Ainsi, lors du procès Kravchenko, en 1949, des personnalités aussi réputées que le Prix Nobel Frédéric Joliot-Curie, Louis Aragon, Julien Benda ou encore Vercors sont venus dire à la barre le dégoût que leur inspirait l'accusé, coupable d’avoir médit sur l’Union soviétique.   Comme les islamistes d’aujourd’hui, ces intellectuels étaient enfermés dans leurs certitudes, inaccessibles au doute cartésien et à la recherche de la vérité. Et face à leurs contradicteurs, ils cherchaient un réconfort au sein de leur groupe.
     ...Si les bobards et les « fake news » n’ont jamais à notre connaissance cassé une réputation, c’est parce qu’ils ne reposent au mieux que sur des suppositions vraisemblables et ne contiennent aucun élément avéré. Ils ne convainquent que les convaincus et suscitent chez les autres des haussements d’épaules.  Il en va autrement des lettres anonymes d’antan ou des demi-vérités qui circulent aujourd’hui dans la presse et sur internet. Leur violence vient de la part de vérité qui rend leur contenu plausible. Elles peuvent en conséquence causer des torts irréparables aux personnes visées, comme on le voit dans le film Le Corbeau d’Henri-Georges Clouzot (1943).  Les demi-vérités ou demi-calomnies diffusées dans la bonne presse ont, bien avant l’ère internet, brisé des réputations et des vies. Comme les lettres anonymes, elles ont une issue fatale parce qu’elles contiennent une part de vérité qui leur apporte de la vraisemblance.     C’est le cas du « prêt gratuit » accordé par l’homme d’affaires Roger-Patrice Pelat en 1986 au ministre Pierre Bérégovoy pour l’achat d’un appartement. Révélé par Le Canard Enchaîné le 1er février 1993, ce prêt existait bien et laissait planer un doute sur la probité du Premier ministre de François Mitterrand alors qu’une enquête approfondie aurait montré l’absence d’intention délictueuse.    Patriote et républicain, qui plus est déprimé par l’échec de son camp aux législatives, Pierre Bérégovoy ne supporta pas que son honneur soit mis en cause. Il se suicida le 1er mai 1993.    Comment ne pas faire le rapprochement avec une autre affaire, le suicide de Roger Salengro ? Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Léon Blum, il fut accusé d’avoir déserté vingt ans plus tôt, pendant la Grande Guerre. Il est vrai qu’il avait été capturé par l’ennemi mais c’était en tentant de récupérer le corps de l’un de ses compagnons d’armes, avec l’accord de son chef…    Plus loin dans le temps, songeons à la reine Marie-Antoinette, dont les maladresses firent le miel de ses ennemis. Elle avait renoncé, par souci d’économie, à une somptueuse rivière de diamants. Mais les bijoutiers vendirent ensuite ce collier à un soupirant de la reine sans que celle-ci le sût. Le scandale retomba sur elle et ternit à jamais sa réputation.   L’affaire du collier lui coûta beaucoup plus que l’accusation d’inceste proférée lors de son procès. Par son outrance, cette accusation sans fondement lui valut au contraire l’indulgence du public… pas assez cependant pour obtenir son acquittement.  ....Plus que des rumeurs et des bobards sans conséquence, plus que des demi-vérités qui peuvent tuer, l’Histoire nous invite à nous méfier des mensonges d'État. Dans leur version la plus anodine, ils relèvent de la propagande avec l’inconvénient qu’ils entament la crédibilité des autorités. Ainsi en a-t-il été du « nuage de Tchernobyl ». Le 26 avril 1986, l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl a entraîné des mesures urgentes de prévention partout en Europe. Partout… sauf en France.   Le président Mitterrand et son Premier ministre Jacques Chirac ne tenant pas à affoler la population ni se mettre à dos le lobby nucléaire, il s’en est suivi une politique de désinformation qui relève du mensonge d’État...    ...L'Histoire et l'actualité montrent que la liberté d'expression et la vérité sont davantage menacés par les dirigeants de certains États, fussent-ils démocratiques, que par les bobards qui circulent sur internet et ailleurs.    Quel crédit accorder à la Maison Blanche quand, tant de fois, les présidents américains ont été pris en flagrant délit de mensonge sur des questions stratégiques ? En matière de commerce et de finance (négociations sur le CETA par exemple), quelle confiance accorder à l'Union européenne, adepte de l'omerta et des manœuvres de couloir ?...    Ces mensonges d'État et ces silences contribuent aux rumeurs de complots et nourrissent les « fake news ». L'antidote pourrait se trouver dans une absolue liberté d'expression (hormis la diffamation et l'insulte).    Si les médias se montrent ouverts au débat et à la critique, s'ils acceptent d'aborder les sujets qui fâchent, s'ils se gardent de diaboliser les opposants à la ligne officielle, on peut légitimement penser qu'il n'y aura plus d'espace pour les « fake news ». Mais nous en sommes encore loin. Un exemple parmi d'autres, qui nous a particulièrement frappé : Le Monde du 20 mars 2017 a pu consacrer un dossier très étoffé à l'antisémitisme dans la France d'aujourd'hui sans écrire une seule fois les mots islamiste, islamisme, islam, musulman etc. Troublant déni de réalité....____________
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Drôle de citoyen

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Au hasard des lectures
                                       On fait parfois des rencontres inattendues.
          Sans sortir de chez soi.
    Certaines livres laissent des impressions mitigées, même salués par les jurys et la presse
          D'autres laissent une empreinte plus forte, mais peu durable.
  Pourquoi me suis-je mis à lire Sylvain Tesson? Un peu par hasard et sans conviction initiale. Par curiosité aussi, à partir d'un document télévisé qui m'a mis la puce à l'oreille sur cet auteur réputé singulier, atypique, qui parlait d'aventures, mais avec un talent rare.
      J'ai commencé le récit de son séjour solitaire dans la forêt sibérienne et je ne l'ai plus quitté.    J'allais de découvertes en découvertes.

    Quelle claque! Quel talent! Des trésors à chaque page. Une imagination littéraire débordante. Un style rare. Des formules lapidaires, un souffle unique, des images loin des lieux communs. Et pourtant le récit de six mois de solitude choisie en Sibérie n'invitait pas a priori à la lecture de passionnantes expériences.
    Comment qualifier cet auteur, difficilement classable, qui écrit avec ses passions, un peu folles parfois, loin de ses origines conventionnelles et bourgeoises parisiennes, à contre-courant de l'enracinement conservateur paternel.? Ce déraciné volontaire, qui tient de Rousseau et de Nietzsche., qui se cherche frénétiquement, jusque dans les expériences les plus improbables, parfois les plus dangereuses. Qui nous réveille dans nos médiocrités ordinaires, comme un exilé de la vie programmée..
   Un voyageur? Mais un itinérant bien particulier depuis sa jeunesse. Une soif inextinguible de fuir la routine, en quête de nouveaux horizons, loin des villes, du bruit, d'une civilisation souvent honnie.
Pour se trouver et éprouver fortement ce que l'on ignore sans le savoir ou qu l'on ne voit plus, sous le poids de habitudes acquises. Une sorte de plongée dans le Tao fondateur, aux sources vitales.
    Une quête inlassable de soi, loin du bruit, presque monacale, mais celle d'un moine laïque, qui ne se séparait jamais, au cours se son séjour de six mois a bord du lac, de Defoe, de Sénèque, de Rousseau et de quelques autres.
   Une sorte d'aventurier philosophe aux yeux grands ouverts sur le monde, attentif au moindre détail, à l'imperceptible même, qui ne sépare jamais son expérience personnelle, son vécu propre, de son expérience locale et cosmique, en bon géographe de formation, prêt à prendre tous les risques, même les plus fous, se mettant en danger parfois mais trouvant dans l'expérience des limites une joie profonde et, dans les échecs, de stimulants rebondissements.
    Toujours dans une autodérision rare; dans cette passion de vivre, parfois aux limites du raisonnable, toujours prêt à aventurer sa vie.
   Jusqu'à l'accident qui aurait pu lui être fatal, qui lui a donné une sale gueule , dont il se moque lui-même. On ne fait pas impunément le mariole, même si l'on peut "réparer les vivants".
   Les confessions de Sylvain solitaire prennent le lecteur aux tripes, bien plus que celle de Jean-Jacques dans la paisible forêt d'Erménonvile. Les paysages qu'il traverse ou les lieux où il choisit de séjourner sont d'une nature moins accueillante.
       Le défi et la jubilation. Le pur bonheur d'exister décrit sans lassitude.

   Après sa chute accidentelle, l'alpiniste, miraculé d'une chute de dix mètres, écrit:
« Ces trois mois de repos, de sobriété, de silence, d’examen de moi-même ont été bénéfiques. Ma vie était un carnaval endiablé et légèrement suicidaire, il était bon de ralentir un peu les chaudières intérieures, de descendre du train. Je conserve une paralysie de la face qui me donne un air de lieutenant prussien de 1870. J’ai aussi perdu l’ouïe à l’oreille droite mais, étant partisan du silence, que René Char appelait “l’étui de la vérité”, je ne m’en plains pas. Notre société est devenue hystérique et bruyante.
    Le Wanderer  en chute libre, adepte de «stégophilie», se remet de tous les maux, de toutes les solitudes. Celui que l'on a parfois appelé le Prince des chats, comme son ami Jean-Christophe Rufin, surmonte les épreuves choisies ou subies, dans une résilience dont le secret est dans sa force intérieure et inextinguible, renforcée par ses nombreuses lectures philosophiques. Sénèque est son ami.
    Difficile d'être plus bavard sur ce zygoto qui sait être taiseux, mais plume à la main, comme dans les Forêts de Sibérie, dont le silence bruissait de présences.
     Comme le dit Sylvain, ...Les arbres nous enseignent une forme de pudeur et de savoir-vivre. Ils poussent vers la lumière en prenant soin de s'éviter, de ne pas se toucher, et leurs frondaisons se découpent dans le ciel sans jamais pénétrer dans la frondaison voisine. Les arbres, en somme, sont très bien élevés, ils tiennent leurs distances. Ils sont généreux aussi. La forêt est un organisme total, composé de milliers d'individus. Chacun est appelé à naître, à vivre, à mourir, à se décomposer - à assurer aux générations suivantes un terreau de croissance supérieur à celui sur lequel il avait poussé. Chaque arbre reçoit et transmet. Entre les deux, il se maintient. La forêt ressemble à ce que devrait être une culture. 
    Vivre fortement, mais aussi s'abandonner à vivre. La volonté et l'abandon: La tension est permanente. Une dialectique qui est un ressort. Même dans la vie de cabane, loin de tout et de tous, au bord du lac BaIkal, qui n'avait rien des paisibles rivages du lac du Bourget de Jean-Jacques:
 ...La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l'habitude donnent à l'élan vital. Un jeu? Comment appeler autrement la mise en scène d'une réclusion volontaire devant le plus beau lac du monde? Une urgence? Assurément ! Je rêvais d'une existence resserrée autour de quelques besoins vitaux. Il est si difficile de vivre la simplicité...
                        La liberté, ce vertige...

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Faut pas déconner!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Les mots sont importants

                                      Parfois malheureux. Souvent révélateurs. Même s'ils sont en eux-mêmes d'une grande banalité. C'est la signification qu'ils prennent dans une situation particulière, l'arrière pensée qu'ils révèlent. Surtout quand on est en responsabilité. Surtout quand est ministre. Ils ont vraiment "déconné" a t-il dit. Mr Darmanin n'a pas seulement été distrait ou maladroit....Et ce ne sont pas les "images" qui choquent, comme l'a dit le Président. Et le réel...non?       Le langage trahit, par ce qu'il dit comme par ce qu'il masque, volontairement ou non. Ce n'est pas de la maladresse...Il y a comme un problème. Il n'y a pas de quoi s'étouffer, comme dit le ministre. Il y a plutôt de quoi se scandaliser.

              Certains ne s'y sont pas trompés, qui ont mis en cause non pas (seulement) les hommes , mais les chaînes de responsabilité, la formation, les pratiques devenues trop fréquentes, le racisme trop répandu. "...L’histoire le montre : le comportement des policiers dépend largement des ordres qui leur sont donnés, de la fermeté des rappels aux procédures et au droit, de l’impunité promise ou non. « Vous serez couverts », déclarait aux policiers parisiens le préfet Maurice Papon quelques jours avant le massacre de manifestants algériens le 17 octobre 1961. A l’inverse, on sait ce que l’absence de drame pendant les émeutes de Mai 1968 doit aux consignes du préfet Maurice Grimaud : « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. »   Papon est un fâcheux précédent. Le maintien de l'ordre s'impose dans certaines circonstances, à condition qu'il ne soit pas source de "dérapages" et d'arbitraire. On peut s'inspirer de certains pays voisins, qui montrent d'autres pratiques. La police est trop importante pour se laisser aller à de telles dérives.    ________________________
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Forces armées et sous-traitance

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Prenons-nous la voie des USA, qui font de plus en plus appel au privé pour gérer les conflits dans lesquels ils se sont engagés?
      Pas seulement dans le domaine de l'intendance, mais même dans l'engagement actif sur le terrain.
    Aux USA, Blackwater, entre autres contractors depuis l'Irak, offre ses services sur le terrain, Le mercenariat va et vient selon les besoins. C'est plus cher que de payer l'armée régulière, mais les morts sur le terrain font moins de vague que ceux qui rentraient du Vietnam sous l'objectif des caméras.


     En Europe, les tendances actuelles ne vont pas jusqu'à là, mais sur bien des plans, qui ne sont pas qu'annexes ou mineurs, on délègue de plus en plus, hors conflit et en opération.
      Hier soir, Arte a diffusé un document sur ce glissement progressif, ne concernant pas seulement la montée de la vente des armes, dans des conditions peu claires, mais aussi dans la "collaboration" entre firmes privées d'armement et forces militaires, en Afghanistan pour l'Allemagne, sur d'autres terrains pour le France, dont l'armée, de plus en plus technicisée, a de proches rapports avec des firmes comme Dassault, Lagardère ou Thalès.
   Plus qu' une collaboration, parfois une osmose, une imbrication d'intérêts, où les conflits ne sont pas rares, au plus haut niveau.
     Le business de la défense nous fait toucher du doigt des aspects de certains conflits d'intérêts, jusque dans certaines infrastructures, en partenariat public-privé, sources de considérables dépenses pour l'Etat. Le partenariat public-privé est dans le vent.
    Une évolution qui éloigne de plus en plus les armées de leur vocation première et qui entraîne l'Etat dans une recherche permanente de marchés, de vente d'armes, jusque dans les pays les moins recommandables, dont on sait souvent qu'elles en seront la destination.
    L'Allemagne fait des progrès. La France est bien placée, sur les marchés indiens, égyptiens et surtout saoudiens, qui ne manquent pas d'en faire l'usage que l'on sait dans le Yemen voisin.
   La sous-traitance va de plus en plus loin, comme le décrit un ancien militaire, qui ne va pas sans poser des problèmes de fond sérieux, selon la Croix-Rouge et d'autres observateurs.
    Le business se porte bien, quand Eisenhower dénonçait en son temps les risques du complexe militaro-industriel.
                            Certains n'y voient rien à redire.
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Moi Je...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Tout à l'ego 

                  L'individualisme possesif semble bien être une composante montante, galopante même, prenant de plus en plus de place aux dépends des valeurs de solidarité, qui s'étiolent ou disparaissent.      Le repli sur ses intérêts propres et à courte vue semble bien devenir la nouvelle norme de nos contemporains. Un repli qui s'inscrit dans le contexte d'une hyperconsommation conquérante, qui centre le sujet sur ses propres désirs, aux dépens de ses devoirs d'être social. "Faire société" devient de plus étranger à nombre de nos contemporains.
      La tendance à la  consécration du sujet commence avec le courant néolibéral et l'affaissement des solidarité sociales. Pour Mme Thatcher, la société "n'existe pas", seuls prévalent les individus avec leurs objectifs propres et concurrentiels. Tendances qui se sont incarnées dans le tissu social et économique: viser d'abord son propre bonheur devient un objectif implicite de plus en plus généralisé.   La solidarité est devenue une valeur en baisse. L'égoïsme devient l'horizon indépassable, la publicité flatte nos tendances les plus autocentrées et notre narcissisme le plus exclusif...L'individualisme prend le pas sur les valeurs de partage, atomisant les individus. 
     Tout commence largement avec l'enfance, où les contraintes les plus justifiées sont de moins en moins imposées et supportées, où le moindre désir est parfois anticipé pour éviter aux chers petits la moindre frustration, ce qui crée des désirs impérieux et exclusifs et finalement des adultes égocentrés à qui tout est dû. Phénomène qui  n'est pas nouveau mais qui s'amplifie et se renforce, les sirènes de l'hyperconsommation étant au chevet des moindres désirs des petits, facilement malléables. 
Deliaison, effritement de l'attention à l'autre, l'enfant devient une proie:
"...Au-delà des « parts de marché » qu’ils représentent à court terme, les enfants sont pour les firmes de futurs clients à fidéliser à tout prix « Vos parts de marché grandissent avec lui », claironnent à l’adresse des annonceurs les spécialistes du « baby marketing », photo de bébé à l’appui, émaillée de la légende : « Votre meilleur vendeur . » Mais surtout, la dimension de ce conditionnement pavlovien dépasse largement les stratégies commerciales prises isolément. La visée profonde du « système-pub » est d’inculquer aux futurs citoyens l’idéologie de la consommation, cette autre face indispensable de la « marchandisation du monde ».-Conduites de consommation, styles de vie, modes de pensée : c’est un modèle uniforme d’individus illusoirement libres que façonnent chez les petits et grands enfants ces publicités qui rythment l’espace médiatique. Dressage du sujet-consommateur, focalisé sur le mythe du produit salvateur, qui doit doper son existence de jouissance et de puissance. Schéma d’absorption des choses de la vie et du monde, qu’il faut « croquer à pleines dents », à commencer par les fleurons de l’industrie audiovisuelle (films, feuilletons, émissions « grand public », albums, stars à la mode, etc.). Légitimation d’une violence des pulsions, nommées « envies », et bientôt érigées en « droits de consommer » que de jeunes tyrans imposeront à leurs proches (l’Association des instituts de rééducation dénonce déjà « les publicités dans lesquelles les enfants sont mis en position de toute-puissance à l’égard de leurs parents »
      Impératif d’une permanente exhibition de soi, l’« identité » ne consistant plus qu’en des signes extérieurs – publicitaires, sportifs ou religieux – par lesquels chacun croit distinguer son « moi je » des autres. Modèle enfin d’un devenir sans cesse en mutation, impossible à maîtriser au sein d’un « monde qui bouge », qui oblige à « changer pour changer » au gré des modes et des événements médiatiques, et engendre une soumission chronique au groupe (jeune ou moins jeune), supposé lui-même toujours en mouvement..."
         De l'enfant-roi à l'enfant tyran, il n'y a qu'un pas. Piégé par ses pulsions impulsées très tôt par le mimétisme ambiant, l'enfant aura des difficultés à accéder aux prises de consciences citoyennes et solidaires, à perdre même la notion de ce que peut être un "contrat social", où la réciprocité est le principe, l'échange, la règle et la bienveillance, le moteur.
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Pauvre Deutsche Bank!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

     Pas le moral. Du souci pour Angela.
                                                   On nous avait vendu l'idée que les grandes groupes bancaires avaient retrouvé leur santé de naguère. Celle d'avant 20008, qui les avait poussé à l'extravagance, avec la bénédiction des dirigeants politiques, euphorisés par la nouvelle donne financière, qui donnèrent le feu vert à toutes les folies spéculatives,  à toutes les dérives, mettant fin à une sorte de mesure inaugurée par Roosevelt.
 
    La bride étant lâchée, les fraudes des banques, devenues plus que des banques, s'engouffrèrent dans les opérations des plus hauts risques, ruinant les Etats, donc les déposants et les contribuables, qui durent les renflouer, du moins celles qui furent déclarées too big to fall.
     On tenta de réglementer, de forcer à la reconstitution de fonds propres, mais les pratiques ne changèrent pas sur le fond et l'obscurité règne encore sur la gestion de nombreux mastodontes internationaux.
    Ne parlons pas de Goldman Sachs qui fait la loi à Wall Street et qui a pignon sur bureau ovale à Washinton et sur bien des pays,  ni même de HSBC, qui veut se faire plus grosse que le boeuf. On sait que nombre de banques italiennes, entre autres, sont dans un état de fragilité inquiétante. 
                   Mais que dire de la Deutsche Bank, dont la seule appellation inspirait confiance aux plus méfiants?
  Elle connaît depuis des années des crises successives, une gestion en berne et aujourd'hui des licenciements massifs.
     Elle tente de rassurer comme elle peut par gros vent et n'est pas loin de passer pour une bad bank, à cause de ses gestions à risques. Un casino mal en point, dont la chute pourrait faire beaucoup de dégâts à cause de son caractère systémique.

    A Berlin, la situation de la Deutsche Bank crée un vent de panique, mais en vain: 
     ...Angela Merkel a déjà annoncé qu’il était hors de question que l’État allemand vole au secours de la Deutsche Bank, une institution vieille de 146 ans, pilier de l’économie allemande. Ce qui a accru les tensions sur les marchés financiers. Le ministre allemand de l’Économie, le social-démocrate Sigmar Gabriel, n’est pas tendre : « Je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer de voir une banque qui a fait de la spéculation son modèle de développement venir se poser maintenant en victime des spéculateursa-t-il déclaré le 2 octobre. Le scénario, c’est que des milliers de personnes vont perdre leur travail. Ils payent aujourd’hui le prix de la folie de dirigeants irresponsables ...
     Des dirigeant laissés à leur bon vouloir.
  Une "vénérable" institution jugée"fragile" et en "difficultés", même pour les autorités américaines.
      Les vrais risques sur les banques européennes sont en Allemagne dit Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank.
      Paradoxal en apparence.
       Mais les difficultés de la Deutsche Bank ne serait-il pas un signe que l'Allemagne est un colosse aux pieds d'argile?
   "Pour les Allemands, c’était effroyable. Le gouvernement a fait ce qu'il fallait : il a renfloué les banques allemandes en utilisant pleins de subterfuges. La Deutsche Bank, par exemple, a été rapprochée de la Postbank et de ses disponibilités gigantesques. La Deutsche Bank a donc survécu grâce au cash de la Postbank. Les autres banques ont reçu des aides venant d’un peu partout.
Cela dit aujourd'hui, la Deutsche Bank continue de faire trembler les marchés. Elle porte un risque systémique considérable.  Berlin va donc renflouer une fois de plus, mais ça va être compliqué. Les aides directes sont impossible : faire payer les créanciers et les déposants risquerait de faire désordre dans le climat politique actuel. A Francfort, on estime que le mieux serait que la BCE rachète des dettes bancaires. Le gouvernement allemand, qui s’y est toujours opposé par principe, serait alors obligé de l’accepter. Tant pis pour le respect du dogme.... la richesse allemande est directement liée à sa compétitivité. Les réformes Schröder mises en œuvre il y a plus de dix ans maintenant, et que tout le monde en Europe envie, ont boosté la compétitivité extérieure de l'Allemagne, en feintant en permanence la demande interne. Les Allemands se sont serrés la ceinture avec des salaires maîtrisés pour éliminer tout risque d’inflation (leur bête noire), et pousser leurs exportations dans un univers mondialisé et très concurrentiel. Les Allemands ont pu ainsi garder leurs industries et leurs emplois. La compétitivité coût et hors coût leur ont permis de fabriquer une des plus belles économies industrielles du monde...
                               Le feuilleton continue. Quelle en sera l'issue?
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Evasion fiscale (suite)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Depuis le temps qu'on en parle....

                                  Et qu'on promet d'y remédier....Par le mauvais temps qui court surtout, un apport dans les caisse des Etats, qui ont besoin de soutenir à bout de bras une économie chancelante, ne serait pas un luxe. Et ce ne serait pas un don, mais un juste retour de ce qui était dû dans le cadre du simple devoir fiscal. Les promesses de ceux qui ont laissé faire ou ont parfois encouragé l'"optimisation fiscale"et autre subterfuge pour échapper à la rigueur du fisc restent largement verbales pour l'essentiel, malgré les promesses et les mesurettes.              ___Les très grands fraudeurs peuvent encore dormir tranquille, à côté de chez nous ou du côté des Caraïbes. Ce ne sont pas des millions qui manquent dans les caisses de l'Etat, mais plusieurs dizaines de milliards, qui font le bonheur des paradis fiscaux, grands et petits. C'est au niveau européen que le problème se pose, au niveau mondial aussi: "...L’évasion fiscale dans le monde, de la part d’entreprises ou de particuliers, coûte chaque année 427 milliards de dollars aux Etats, au profit de paradis fiscaux ou de pays peu regardants, révèle vendredi 20 novembre l’organisation non gouvernementale (ONG) Tax Justice Network. L’ONG a passé au crible l’évasion fiscale pays par pays dans un rapport qu’elle présente comme le premier du genre et qui tente d’éclairer des flux financiers réputés pour leur opacité..."          ___Les études de Vincent Peillon le confirme, jamais démenties.  La lutte contre la covid serait facilitée financièrement par cette manne qui s'envole.

 

La grande évasion continue, elle qui devait être jugulée, aux dires de nos responsables. 

 

   Mais c'est environ 300 milliards d'évasion de toutes natures que l'on peut encore comptabiliser. C'est à peu près le  budget de l'EN qui nous échappe tous les ans. Et Jupiter parle de "putain de pognon" à propos des dépenses sociales...
   A Bercy, on se félicite de progrès réalisés. Sur certains point comme le secret bancaire dans certains cas, oui, en partie. Pour le reste...on est loin du compte. Il n'y a pas que la fraude en interne.   
 La  lutte est d'autant plus difficile que les paradis sont parfois des géants et que les moyens investis pour des enquêtes approfondies sont dérisoires, comme le rappelait Eva Joly.     Le chemin est encore long...     On croyait tout savoir (ou presque) à l'occasion des dernières révélations livrées par les Panama Papers, les Paradies papers...en attendant d'autres qui pourront encore surprendre.      On imaginait les mal nommés "paradis fiscaux", ou plutôt les enfers pour les Etats et les contribuables, confinés dans des espaces exotiques et plus ou moins lointains, dans le lointain Pacifique ou dans le petit Delware.    Mais pas du tout. Il y a une richesse cachée aussi tout près de chez nous, qui échappe aux comptes des Etats, aux investissements productifs, aux services publics, pour s'investir surtout dans l'espace financier mondialisé à des fins essentiellement spéculatives. Ce que Zucman, entre autres, a parfaitement montré:   .... Le montant des avoirs détenus dans les paradis fiscaux a continué à croître, explique Gabriel Zucman , qui a actualisé ses données pour cette nouvelle édition, à peu près au même rythme que le patrimoine financier. Ce montant atteint aujourd’hui 7 900 milliards d’euros, soit 8 % du patrimoine financier des ménages, et représente une perte de recettes fiscales, pour l’ensemble des Etats, que celui-ci estime à 155 milliards d’euros par an. Ce qui peut sembler relativement faible, mais cette évasion fiscale internationale (car cette estimation ne prend pas en compte la fraude fiscale qui se limite au cadre national) est surtout, et même de plus en plus, l’affaire des très riches, pour lesquels elle représente une part de leur patrimoine nettement plus importante... l’évasion fiscale internationale est de plus en plus réservée aux ultra-riches....

       Ils ont donc bien des raisons d'aimer les paradis, les gros comme les petits, pour "optimiser", détourner, voire blanchir. Ils sont excellents pour échapper au devoir commun de redistribution, voire aux sanctions pour criminalités en tous genres. L'offshore, c'est super pour beaucoup et plus besoin de valises pour transférer petits ou gros trésors à mettre à l'ombre. Quelques clics suffisent.
     On découvre que, tout près de chez nous,  au coeur de l’Europe, qui se proclame solidaire, nos voisins bataves encouragent ce sport qui ne peut que léser ses voisins et les autres, comme le fait aussi Dublin."Officiellement, le "pays des tulipes" ne figure pas sur la "liste noire" de l’Union européenne. Pourtant, à y bien regarder, les Pays-Bas constituent bel et bien LE royaume de l’optimisation fiscale, autrement dit : de l’évasion fiscale légale. Comme le Luxembourg ou l’Irlande, les Pays-Bas ont fait de cette activité une véritable industrie, comme l’explique Lison Rehbinder..."
    Une place forte de l'évasion fiscale disent certains. Ou le saint Graal de l'évasion fiscale jugent d'autres.
        Les paradis fiscaux, c'est fini, disait il y a huit ans Nicolas Sarkozy.
                      Il avait juste parlé un peu trop vite....ou était mal informé. A moins que ce ne soit une bien grossière dénégation.

Iles enchanteresses...

        Les paradis, on y tient,, pensent certains fortunés. L'enfer, c'est le fisc! La TVA, c'est Tu Vas te faire Arnaquer!
   L'île de Man, à deux pas de la GB, offshore à nos portes, est un petit bijou;: on peut y trouver la Rolls-Royce de la finance offshore.
   Les Caïmans, c'est un peu plus risqué, mais c'est si exotique!
       Pas seulement pour les riches particuliers (ils le valent bien!) et les opulentes sociétés méritantes, mais aussi pour les groupes bancaires, même en péril.
   Par exemple, la Société Générale qui réalise 22% de ses profits dans les paradis fiscaux mais n'y emploient que 4% de ses salariés pour réaliser 10% de son chiffre d'affaires.
  Ce n'est pas mal!
      Plus près de nous, le verdoyant Luxembourg du bon Mr Juncker , plus conventionnel, mais discret. Ou le pays du Gouda. Accueil cordial assuré. Comme à la City d'ailleurs, so serious! indeed... Elisabeth II, Donald Trump, Justin...
      Après  Panama, il y a de quoi faire. Les voyages optimisent les capitaux.
         Placement illégal? vous plaisantez. L'argent est fait pour circuler, pour voyager. Il n'y a pas de mur. Et l'industrie financière doit tourner un max. On lave plus blanc...et Total-ment
        Un danger pour nos démocraties?  Faut pas pousser! Il y a toujours assez de gens modestes pour payer des impôts. Pourquoi pas un scandale mondial  tant qu'on y est?       
     Et on peut toujours couper dans les dépenses publiques, ce n'est pas un problème.
  L'état impécunieux peut toujours trouver des solutions: un petit million par ci, un gros milliard par là. La politique de l'essuie glace, connue à l'Elysée. On peut toujours trouver des solutions pour compenser les 60 milliards qui manquent annuellement à la France.
   Un peu d'évasion exotique ne nuit pas. C'est devenu la routine du système.
        Xavier Harrel en avait déjà parlé longuement. Antoine Peillon aussi, de manière très  chiffrée.
                               Des révélations? Pas vraiment. Le client est roi, nonobstant P.Moscovici
      On va donc continuer à optimiser en rond, chacun pour soi.
               A Malte ou ailleurs__________________
_______________- (*) Nous nous engageons à prendre des actions pour parvenir à un système fiscal internatilanl  moderne et juste à l’échelle internationale. »
      Pour 2070?... C'est (pas) dans l'air...
                            ____La richesse cachée des nations
                                                                                   Nous sommes riches et nous ne le savons pas...
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Du secret des affaires

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

...Aux affaires secrètes et à  la censure,
                                                            ...Il n'y a pas loin?
                                                                                 Certaines entreprises ou firmes diverses ont tant à cacher, à masquer dans des pratiques souvent illégales mais parfois bien occultées qu'on ne voit pas comment l'information sur des pratiques frauduleuses (comme les pratiques de Volswagen sur ses moteurs diesel "arrangés", les évasions fiscales multiples, les malversations bancaires comme sur le Libor  les gestions parfois toxiques de certains personnels...) pourra à l'avenir filtrer, de l'intérieur comme de l'extérieur. 


    Comment des journalistes d'investigations pourront encore faire leur travail jusqu'au bout, sans lourdes sanctions potentielles, Elise Lucet et les autres?...
     Certes, il  est nécessaire de protéger le coeur d'une production et d'opération commerciales normales au sein de pratiques concurrentielles qui ne se font pas de cadeaux, l'espionnage industriel, direct ou indirect étant toujours d'actualité.
     La loi discutée sur le sujet, en nombre très restreint, a fait réagir une bonne partie de la presse, même la plus tiède habituellement. On se souvient de ce journaliste de La Croix qui avait fait une enquête approfondie sue les pratiques de certaines banques suisses, de l'affaire Panama Papers, qui bouscula un peu des usages financiers devenus courants.
      Il n'est donc pas étonnant que certains, en face de ce projet de loi équivoque, évoquent une possible marche vers une censure qui ne dit pas son nom ou une plus grande difficulté à accéder à des dossiers sociaux ou écologiquement sensibles, comme récemment pour Challenges.
   Comme l'avait souligné à sa manière François Ruffin devant une assemblée clairsemée et une ministre en apparence attentive.
          Comme le note Europe n°1: 
                         ........Plus d'une centaine de rédactions, d'ONG et de journalistes ont interpellé Emmanuel Macron pour qu'il modifie la proposition de loi sur le secret des affaires, "un outil de censure inédit" selon une lettre ouverte publiée mercredi, à la veille de son vote définitif à l'Assemblée nationale.

      "Désormais, la loi donnera aux entreprises le pouvoir de poursuivre tous ceux qui oseront révéler des informations sensibles dans l'intérêt général. Pis, avant même toute publication, elle réinstaurera une forme de censure a priori du juge, abolie en 1881 par la loi sur la liberté de la presse", regrette le collectif "Stop secret des affaires" dans cette lettre publiée dans Libération."      "Aucun débat public digne de ce nom". "Entre les mains de vos députés, cette loi constitue un outil de censure inédit. C'est une attaque sans précédent contre le droit d'informer ainsi que le droit d'être informé de manière libre et indépendante", déplorent les signataires, parmi lesquels une quarantaine de sociétés de journalistes, (dont celle d'Europe 1) ou de rédacteurs, une trentaine d'ONG et de syndicats et une soixantaine de signatures individuelles (journalistes, producteurs et avocats)...."La procédure parlementaire n'ayant permis aucun débat public digne de ce nom, ni aucune concertation entre les partenaires sociaux, vous êtes, avec le Premier ministre, le seul à pouvoir changer le contenu de cette loi", écrivent-ils au président de la République.     "Si comme nous, vous considérez la liberté d'informer comme un pilier de la démocratie ; si comme nous, vous êtes attaché à l'équilibre des pouvoirs et à la défense l'intérêt général, vous devez modifier cette loi. Vous devez limiter le champ d'application du secret des affaires aux seuls acteurs économiques concurrentiels", poursuivent-ils.     Le texte doit être voté par le Sénat le 21 juin. La proposition de loi LREM, qui transpose une directive européenne, fait l'objet de vifs débats depuis plusieurs mois, médias et ONG demandant à ce que les lanceurs d'alerte, les syndicalistes ou les journalistes en soient exclus.      En l'état actuel, "les lanceurs d'alerte seront systématiquement traînés en justice, avant même de pouvoir faire la preuve de leur bonne foi. Les représentants du personnel pourront être poursuivis pour avoir diffusé des informations aux salariés. Les ONG devront démontrer qu'elles agissent pour le bien commun. Et les organes de presse pourront être assignés devant des tribunaux de commerce", énumère la lettre ouverte.   Le texte sera voté une dernière fois par l'Assemblée nationale le 14 juin, puis par le Sénat le 21 juin....
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Glottophobie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Et l'accent? 

              Faut-il tout uniformiser en matière de prononciation de notre langue, rompre avec les disparités qui règnent encore, de Marseille à Lille de Bayonne à Strasbourg?    Les langues provinciales on peu à peu disparu, sous les  coups de boutoir de la Révolution Françaises, puis de ceux des hussards de la République. Et la modernité à fait le reste.    Mais certains résistent encore, parfois avec fierté, parfois avec un brin de culpabilité, voyant les obstacles qui restent encore pour se faire une place au soleil, dans la haute administration ou sur les plateaux télés. Ces traces provinciales peuvent faire sourire, mais elles peuvent aussi constituer des freins, voire des obstacles.    Il faut parler le bon français, avoir le bon accent! Obligation tacite est faite de s'aligner sur les normes en vigueur dans le bassin parisien. Un parler autrefois minoritaire mais politiquement dominant doit-il tout réduire à son modèle? Faut-il juger un journaliste comme JM Apathie de journaliste-cassoulet? Le ridicule peut encore tuer ou exclure.. On peut parfois s'enchanter du parler de Narbonne mais avoir les oreilles offensées quand parle un vrai franc-comtois...Comment en est-on resté encore à ces crispations locales et parfois exclusives?

         "...L’accent sera-t-il ajouté dans l’article 225-1 du code pénal qui interdit les discriminations en France ? C’est ce que demande le député héraultais Agir Christophe Euzet dans une proposition de loi pour combattre la glottophobie, soit toutes les discriminations linguistiquesUn Français sur deux estime parler avec un accent, selon un sondage IFOP publié en janvier 2020. Plus d'un quart d'entre eux affirment être régulièrement l’objet de moqueries dans leur quotidien. Et d'après les résultats de cette étude, quelque 11 millions de Français auraient été victimes de discriminations lors d'un concours, d'un examen ou d'un entretien d'embauche, à cause de leur accent.   Deux grandes époques, deux grandes phases d’unification ont conduit à la stigmatisation des accents régionaux : l'imposition du français après la Révolution à la fin du XVIIIe siècle et l’imposition, à partir du XXe siècle, d’une même prononciation.Le modèle de la bourgeoisie parisienne a été, depuis 1789, le modèle de référence. Au début du XXe siècle, le français n’est encore parlé que par une minorité de la population. D’autres langues, le provençal, le breton, le catalan ou encore le flamand restent majoritairement utilisés, de région en région. Le français ne s’installe que progressivement, quand la monarchie devient absolue au cours du XVIIIe siècle.     C’est à partir de la Terreur que la langue s'officialise, selon l’idée alors de créer une nation unie autour du français, la langue du bassin parisien, celle de la capitale, dans le cadre de la mise en place d’un système centralisé.   Avec l’école puis les médias comme acteurs-clés, la stigmatisation des langues régionales, lors de l’imposition du français, a évolué depuis les années 1970 vers une stigmatisation des accents qui aboutit parfois à des phénomènes de discrimination.  Avant le XVIIIe siècle, la question ne se pose pas. Le royaume de France est constitué de provinces extrêmement diverses avec des statuts très différents les unes par rapport aux autres. Plusieurs sont réputées étrangères et disposent de très fortes autonomies. Le fait qu’on n’y parle pas français et qu’on y utilise d’autres langues est alors considéré comme banal.  Au XVIe siècle, le français n’était parlé que dans la région parisienne et ses alentours. Il était à peu près totalement inconnu ailleurs à l’oral.     

L’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 ne cherchait pas à imposer le français mais seulement à mettre en place l’utilisation d’une langue, écrite et parlée, compréhensible par les administrés et les justiciables. Et tout au long du XVIe siècle, cette ordonnance a été comprise comme prescrivant qu’on utilise la langue locale. Et finalement à cette époque, le latin a été remplacé par l’occitan, le breton, le provençal, le gascon...Progressivement, le français a été imposé comme langue de l’écrit et uniquement comme langue de l’écrit. Personne ne le parlait et cela ne venait à l’idée de personne de le parler. Tout le monde trouvait normal que chacun parle sa langue.  Le français, comme langue écrite, est mis en place à partir du XVIIe siècle, avec la création notamment en 1635 de l’Académie française, chargée d’élaborer une langue normative, une langue de pouvoir. Cela a conduit à une généralisation de l’usage du français par les aristocrates de la Cour, au XVIIIe siècle    Pour combattre le latin et pour affirmer le pouvoir du roi, à la place du pouvoir de l’église, le français est alors imposé dans les textes juridiques et administratifs..."_________________________________

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