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Démocratie en péril

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Un système si fragile...
                          Oui, la démocratie peut mourir, faute d'en entretenir la flamme si faible, toujours trop faible..
   Certains épisodes de l'histoire récente l'ont bien montré, cette flamme peut s'éteindre ou devenir extrêmement ténue, jusqu'à s'éteindre.. Au nom de la démocraie, on peut même en inverser les valeurs.


        Par les temps qui courent, il semble que nous soyons entrés dans une sorte de somnambulisme politique.
  La montée de tendances de repli identitaire, quel que soit le nom qu'on donne à ces phénomènes nouveaux de nationalismes autocratiques, qui voit l'émergence de partis qui ne manquent d'inquiéter, parfois avec d'effrayantes régressions, ne semble pas  soulever de grandes protestations.   Parfois, on se précipite même dans le bras de ceux qui prétendent vouloir notre bien, aveuglés par une démagogie qui stimulent les peurs, les frustrations, en jouant sur l'ignorance et la vue à court terme, en flattant les désirs les moins nobles. En jouant aussi sur les insuffisances et les fautes des régimes ou gouvernements précédents.
     On connaît hélas! la chanson. Elle semble se répéter, de Washington à Budapest, de Rio à Ankara.
        Tocqueville avait en son temps, à sa manière, décrit les symptômes des défaillances possibles d' institutions qui demandent une vigilance de tous les instants.   (*)
             Le plus grand danger pour la démocratie est de se croire acquise.
    Rousseau allait jusqu'à dire qu'il il n'y aura jamais de véritable démocratie, qu'on ne peut atteindre qu'imparfaitement, si on la définit strictement, qu'elle est sans cesse améliorable, ceci étant l'affaire de tous, et pas seulement en période électorale. On peut toujours démocratiser la démocratie ou ce qui finit par en tenir lieu. La représentation est une notion-clé; quoique complexe.
  Oui, on peut en perdre jusqu'à la notion, du moins pour un temps.
     Il y a tant de précédents!  Là, il y a péril en la demeure. Certaines évidences démocratiques sont  parfois bafouées depuis longtemps, par des impératifs économiques néolibéraux, qui tentent de coloniser l'Etat et de dénaturer les institutions à leur profit.
    Dès lors qu'on ne défend plus ses principes ou que l'on se contente de quelques apparences, c'est déjà le début de la fin.
  Le crépuscule démocratique ouvre la voie à tous les populismes, quels que soient leurs formes..Surtout en période de forte précarité pour une majorité et d'inégalités galopantes. La relative égalité des conditions et des chances est en régression un peu partout. Les Etats sont de plus en plus soumis aux marchés aux intérêts financiers à court terme/  
      Par exemple, la sous-représentation des classes modestes et défavorisées dans les assemblées parlementaires et les degrés supérieurs de l'enseignement est devenue patente. Une régression spectaculaire.
    Un certaine privatisation de la politique nous entraîne vers l'agonie de l'intérêt public, et des notions de relative égalité, de service publics, valeur fondatrice de la République. Depuis que l'Etat est le problème, comme disait Reagan, nous filons dans ce sillage de désengagement des institutions publiques et de libéralisation jusqu' au coeur des institutions. 
   Les élections sont devenues trop souvent des processus truqués reposant sur de faux choix.
Certains désignent cette dénaturation, devenue parfois une caricature, souvent désertée,et en soulignent les périls.
« Contre les élections » : le titre provocateur donné, en 2014, à son essai par le Flamand David Van Reybrouck, (est là) pour souligner le fait que non seulement le vote n’était pas une garantie de démocratie, mais qu'il pouvait même miner celle-ci de l’intérieur, prend une nouvelle lumière aujourd’hui.
    En effet, avec le virage en tête d’un candidat nostalgique de la dictature au Brésil, qui succède à la prise de fonction d’un Donald Trump, ce sont les deux pays les plus peuplés d’Amérique, représentant plus de 500 millions d’habitants, qui se proclament déterminés à remettre leur destin, sans coup de force, à des adeptes d’une politique autoritaire et d’une économie inégalitaire.
   Même si on sait, depuis au moins les élections législatives allemandes de 1932, que le fait de voter n'amène pas nécessairement des démocrates au pouvoir, les élections d’hier aux États-Unis, d’aujourd’hui au Brésil ou de demain en Europe, produisent un vertige inédit.
   En effet, ces votes, à l’instar des diplômes qui valident et réifient des inégalités sociales qu’ils sont censés combattre, légitiment et pérennisent des dangers qu’ils sont censés prévenir. Dans des sociétés aussi divisées et inégalitaires, socialement et racialement, que le Brésil ou les États-Unis, la démocratie réduite à sa façade électorale est en train de se retourner contre elle-même.
    Nous sommes de plus en plus confrontés, en ces temps périlleux, à la question cruciale; disparition ou changement en matière démocratique? Eclipse ou renouveau? Sommeil ou sursaut?
 Mais qui donnera le signal de ce sursaut? Il n'y aura pas d'homme providentiel sans la réaction des peuples eux-mêmes, attachés au libéralisme politique, tel qu'on le définissait déjà chez Montesquieu.
    Face à cette situation où les effets du néolibéralisme entachent les promesses du libéralisme historique et où la démocratie libérale n’est plus défendue que par ceux qui en ont trahi les aspirations en la livrant définitivement aux plus puissants, la tentation peut sembler forte, pour une partie de la gauche, de renoncer à défendre la démocratie libérale, tant les démocraties néolibérales contemporaines se sont désintéressées de la question sociale.   Le risque est pourtant élevé, en voulant se débarrasser de l’eau sale du bain néolibéral, de verser au tout-à-l’égout les principes du libéralisme, indissociables des droits individuels. Et de se priver ainsi d’un vaccin contre les dérives autoritaires, xénophobes ou réactionnaires de certaines majorités ou coalitions politiques.    La façon dont le Mouvement Cinq Étoiles, né d’aspirations légitimes au renversement d’une vie politique corrompue et confisquée et dont le programme originel était fortement marqué à gauche, s’est allié à l’extrême droite italienne et lui a servi de piédestal, est un rappel récent de la nécessité de puissants contrepoisons.
    Le surgissement d'un populisme vertueux peut seul inverser les courants qui nous mènent à l'impasse, ou pire encore.


   Il est déjà bien tard, au vu des dérives auxquelles nous assistons et qui ne nous épargneront peut-être pas, si nous ne sortons pas du sommeil démocratique dans lequel nous nous sommes mollement installés, en tant que consommateurs infantilisés.
   La démocratie (la chose, pas le mot) sera toujours à construire et à reconstruire, toujours imparfaite, parfois trahie ou menacée.
_____
         (*)  « Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques. Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)

« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.
« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)

 

« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple…

« Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. » [Alexis de Tocqueville _Extrait de De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840]____________________

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Vélovirus

Publié le par Jean-Etienne ZEN

      Il y a virus et virus

               Il en est un qu'on attrape souvent très tôt. Parfois dès l'enfance. Et qui dure le plus souvent, qui ne vous lâche plus.  Heureusement sans faire de dégâts, au contraire. Il s'accompagne souvent d'une excellente forme physique et psychique ce qui paraît paradoxal.     Rien à voir avec les effets de celui qui nous obsède actuellement et qui pourrit la vie des gens. Je veux parler du vélo-virus. Qui se développe aussi à la faveur du méchant virus, qui vient parfois au secours de ses victimes. Virus contre virus.   Cette affection déjà ancienne, cette passion consistant à chevaucher sa monture d'acier, à la mener loin dans la campagne, à oublier le quotidien, à pédaler, même sans but, en perdant la notion du temps, en cultivant même une certaine euphorie, en s'abstrayant des soucis du moment, seul ou en groupe..,celle que chantait Yves Montand.  "Quand je pédale, je tourne rond" disait un écrivain. On ne peut en dire autant du virus qui nous frappe méchamment et pourrit nos vies. Les médecins vous le diront: ne pas faire de vélo, c'est dangereux pour la santé.

 

       Ce virus ne connaît pas de frontières. Comme l'autre. Quand on l'a attrapé quand on était petit, on peut difficilement s'en passer. Il n'y a pas beaucoup d'antidotes. Les endomorphines font leur oeuvre et contribue à une certaine sagesse vélocipédique.                                            On dit que Socrate marchait beaucoup dans les rues d'Athènes, et, à l'occasion d'une discussions de rencontre, il lançait mine de rien ses interlocuteurs sur des sujets qui n'étaient pas au niveau des pavés:    Qu'est-ce que la vérité? la justice? la beauté?..ces questions surgissaient d'elles-mêmes au bout d'un certain temps, pas toujours résolues, mais au moins mieux posées. Sans en avoir l'air, il pratiquait une certaine ironie bienveillante et pédagogique, propre à déstabiliser son interlocuteur et à l'aider  à reconsidérer son point de vue, surtout par des interrogations orientées provoquant le doute et la remise en question.      Certes, la machine velocipédique n'était pas encore d'actualité, qui aurait pu aider le futur exclu de la cité à étendre son pouvoir d'influence.   ___ Karl Drais et les autres viendront plus tard, avec leurs machines à évasion, à rêver, à s'auto-propulser vers d'autres horizons.    Si Platon aussi réfléchissait pedibus cum jambis,  pour le cyclosophe Guillaume Martin, graine de champion, le guidon et la pensée sont compatibles. La pensée lui vient en roulant, même à fond la caisse.    Certains autres en font aussi une machine à penser et à équilibrer les émotions, à activer les neurones.

____      Le vélo, c'est tout bon.
                           Et c'est bon pour tout et pour tous
                                   La cardiologue vous le dira, l'écologiste aussi, sans parler de l'urbaniste avisé. La bagnole n'a plus d'avenir en ville.
    Mais ça sert aussi à régénérer les neurones, à stimuler la pensée, et finalement à tourner rond.
 Suffit pas d'en parler.

 

   Du moins si on ne joue pas son Pantini, certaines substances à l'appui.
     Pour un philosophe, ça va plus loin, ça aide à mieux penser et à aller à l'essentiel. Ça génère une attitude d'esprit particulière et souvent des idées neuves surgissent en roulant, re-cyclant celles qui, usées, sont un poids pour l'esprit, une inertie épistémologique.
  Déjà Socrate l'aurait dit...si l'on en croit Francis, qui voit dans la pratique cycliste plus qu'une passion possible, mais aussi un entrainement à la pensée renouvelée.   Sans être un super-champion. Si on ne reste pas la tête dans le guidon.
  Le vélo peut aider à réconcilier le corps et l'esprit, la théorie et la pratique et à stimuler une certaine sagesse du corps, les deux étant interdépendants, comme le reconnaissait Nietzsche.
      Mais on peut avoir aussi le nez dans le guidon, devenir une machine roulante obsédée par la performance, c'est possible aussi.

         Guillaume est plutôt dans la lignée d’Alfred Jarry, Jules Renard, Cioran ou encore Maurice Leblanc, grands écrivains cyclistes, Bernard Chambaz allie dans cet essai souplesse des mots et ressort de la pédale. Mouvement, espace, durée, effort : tous les amateurs, passionnés, fous de vélo, trouveront au fil des réflexions de l’auteur de quoi réfléchir à leur tour sur des notions pour eux bien concrètes. Car détrompons-nous : le vélo n’est pas détaché des idées ! De concept en concept, convoquant avec espièglerie les plus grands philosophes – Heidegger, Kant, Spinoza ou encore Husserl –, Bernard Chambaz dévoile une autre facette du vélo : celle d’un objet qui prolonge notre être et nous donne à penser....
      Descartes faisait aussi du vélo. Sans aucun doute.
 Et il a des émules, comme Eric Fottorino, qui dit justement: le vélo est un jeu d'enfant qui dure longtemps. Même comme ancien directeur du Monde.
                      Il roule et il pense. Plus ou moins bien, mais il le fait:
          Même si c'est souvent, à un certain niveau, penser ou panser.  La chute n'est pas exclue. Mais il faut savoir aventurer sa vie, comme disait un certain penseur.
      L'expérience intime du vélo nous ramène à Descartes: pedalo, ergo sum...
        Il n'y a pas que la santé et le loisir qui comptent. Depuis le début, la petite reine occupe souvent la pensée des hommes.
       Comme disait l'autre: Quand je pédale je tourne rond...

          Qui veut penser plus loin ne ménage pas sa monture...
                  

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                                                    ________________________

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Hyper puissance américaine

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Quelques aspects.
                       Le Général de Gaule mettait à son époque en garde contre les pouvoirs et les pressions des USA, qui n'avaient souvent pas cure de la souveraineté des Etats et de leur gestion politique et économique, malgré  les apparences, qui savaient imposer leur intérêts d'abord, au détriment de toute solidarité.
   Les dires de Mitterrand à la fin de sa vie vont dans le même sens, du point de vue essentiellement diplomatique.

   Ce n'est pas le peuple qui est en question , mais les pouvoirs successifs, surtout depuis leur hégémonie mondiale de fait, surtout depuis le fin de la guerre de 14.
    Ce n'est pas seulement le trumpisme qui pose problème, qui n'est qu'une inflexion sur une ligne qui ne change guère sur le fond. Business first et realpolitik avant tout.
    Les pays européens se sont vite retrouvés dans des liens de vassalité de fait, notamment sur un plan monétaire autant que militaire, par rapport à Washington.
     Le principe, le droit d'extéritorrialité s'impose toujours, qui fait encore de l'Amérique, comme on dit, le gendarme du monde, de manière "pacifique" ou indirecte ou de manière frontale et violente.
              Michel Cabirol, dans La Tribune recense à sa manière les quelques "recettes" qui expliquent l'hégémonie de cette puissance impériale:

                                Les Etats-Unis, l'hyperpuissance à qui rien ne résiste ou presque. Avec Donald Trump, Washington assume aujourd'hui complètement ce rôle de gendarme du monde. L'actuel président américain ne fait pourtant qu'utiliser un arsenal judiciaire mis en place depuis longtemps par ses prédécesseurs comme les lois Helms-Burton et d'Amato adoptées en 1996. Elles pénalisaient les transactions commerciales réalisées respectivement avec Cuba, la Libye et l'Iran. Les précédents présidents américains n'ont jamais hésité eux non plus à se servir de cet arsenal.   En conséquence, entre 2009 et 2016, les banques européennes ont par exemple versé environ 16 milliards de dollars de pénalités infligées pour violations des sanctions internationales américaines et/ou de la législation anti-blanchiment aux administrations américaines, dont  8,97 milliards pour BNP Paribas. Ces sanctions entraînent "aussi, inévitablement, des interrogations sur un possible ciblage des entreprises européennes et sur la loyauté de certaines pratiques des administrations américaines", avaient d'ailleurs estimé en février 2016 les auteurs d'un rapport sur l'extraterritorialité de la législation américaine, les députés Pierre Lellouche et Karine Berger. 
Pour autant, Donald Trump va sans aucun complexe un cran plus loin. Le retrait unilatéral des États-Unis le 8 mai dernier de l'accord nucléaire avec l'Iran conclu en 2015 et la remise en application concomitante des sanctions américaines ont fragilisé, voire annihilé la mise en œuvre d'un accord politique pourtant jugé capital dans la lutte contre la prolifération nucléaire et pour la stabilité régionale. Cette décision entraîne un retrait massif des entreprises européennes des échanges avec l'Iran par crainte des sanctions extraterritoriales des États-Unis. Washington a également amplifié les sanctions contre la Russie de Poutine et a en outre lancé une guerre commerciale contre la Chine. C'est beaucoup. A tel point que les États-Unis pratiquent sans complexe une politique juridique extérieure...     Car au-delà des sanctions économiques et financières que les Etats-Unis infligent aux entreprises non américaines, Washington met en péril la qualité des relations transatlantiques et affecte surtout l'autonomie des décisions économiques des autres pays et leur souveraineté diplomatique. D'ailleurs on voit naître des alliances assez inimaginables il y a peu de temps encore : l'Union européenne s'allie à la Chine et la Russie pour contrer les Etats-Unis sur le dossier iranien. En France, le Sénat plaide pour la mise en place de plateformes financières spécifiques et pour un rôle accru de l'euro afin de contrer les sanctions extraterritoriales américaines. Ainsi, une plateforme comme celle dont l'Union européenne vient d'annoncer la création avec l'Iran permettra ainsi à ce pays de continuer à exporter du pétrole et à acheter des biens à l'étranger sans échanges financiers.    "Ce n'est pas une banque mais un dispositif sur lequel on enregistrerait des + et des -", a expliqué mercredi le sénateur Philippe Bonnecarrère, en saluant son côté à la fois "rustique et robuste". "Quand l'Iran vendrait du pétrole en Chine ou en Inde, des + viendraient s'aligner sur cette plateforme au prorata des ventes", a précisé le sénateur centriste du Tarn (Union centriste), auteur d'un rapport de la Commission des Affaires européennes du Sénat, intitulé "L'extraterritorialité des sanctions américaines : quelles réponses de l'Union européenne ?".
1/ L'arme de l'extraterritorialité     La domination des Etats-Unis sur le reste du monde tient à ce que certaines lois américaines s'appliquent à des personnes physiques ou morales de pays tiers en raison de liens parfois ténus avec les Etats-Unis (un paiement en dollars par exemple). C'est l'arme imparable des Etats-Unis pour sanctionner les personnes et les entreprises non américaines. Les lois s'appliquent notamment à toutes les sociétés présentes sur les marchés financiers réglementés américains. Ces lois concernent essentiellement trois domaines : les sanctions internationales imposées, y compris de façon unilatérale, par les Etats-Unis ; la corruption d'agents publics à l'étranger ; et, enfin, l'application de la fiscalité personnelle américaine aux citoyens américains non résidents. Pour Donald Trump, l'application d'une politique extraterritoriale agressive est semble-t-il sa doctrine.
2/ L'arme des sanctions économiques    Hier, Cuba, la Libye, le Soudan, aujourd'hui, l'Iran à nouveau, la Russie. Les États-Unis mettent en œuvre des sanctions économiques et embargos au cas par cas. Ainsi, le Congrès américain a voté la loi CAATSA (Counter America's Adversaries Through Sanctions Act ou en français "Contrer les ennemis des Etats-Unis par le biais des sanctions") pour sanctionner la Russie. Cette loi impose des sanctions économiques contre toute entité ou pays, qui conclut des contrats d'armement avec des entreprises russes. Les Etats-Unis ont également rétabli en mai un embargo contre l'Iran et demandent au reste du monde de le respecter sous peine d'imposer des pénalités financières aux entreprises américaines et étrangères qui y contreviendraient. Donald Trump a appelé fin septembre tous les pays de la planète à isoler le régime iranien, dénonçant la "dictature corrompue" au pouvoir selon lui à Téhéran.     Et gare à ceux qui voudrait passer entre les mailles du filet. L'Office of Foreign Assets Control (OFAC), service du Trésor qui veille à l'application des sanctions internationales américaines dans le domaine financier, emploie environ 200 personnes et dispose d'un budget de plus de 30 millions de dollars. L'OFAC surveille notamment les transactions financières mondiales pour détecter les mouvements suspects. Toutes les transactions faites par les circuits officiels sont enregistrées et donc contrôlables dès lors que l'on dispose de moyens de traitement de masse. C'est bien sûr le cas des Etats-Unis.     Ainsi, BNP Paribas s'est vu infliger en 2014 une amende stratosphérique de près de 9 milliards pour violation des sanctions internationales américaines. Dans cette affaire, le ministère de la Justice américain (Department of Justice) a mis en avant la dimension de sécurité nationale, qui est l'une des justifications traditionnelles de l'extraterritorialité. Début septembre, la Société générale a évalué à près de 1,2 milliard d'euros les amendes qu'elle devra payer après avoir effectué des transactions en dollars impliquant des pays sous le coup de sanctions américaines, notamment l'Iran.    Actuellement, Danske Bank, la plus grande banque danoise, a annoncé début octobre faire l'objet d'une enquête des autorités américaines. Sa filiale estonienne, qui est au centre du scandale, a vu transiter entre 2007 et 2015 quelque 200 milliards d'euros à travers les comptes de 15.000 clients étrangers non-résidents en Estonie. Les transactions ont été faites en dollars et en euros. Une part importante de ces fonds a été jugée suspecte, ce qui pourrait porter la somme d'argent sale à plusieurs dizaines de milliards d'euros, provenant essentiellement de Russie.
3/ L'arme anti-corruption    Pas question de badiner avec la corruption. Les Etats-Unis veillent. Ainsi, la législation américaine réprime la corruption d'agents publics à l'étranger. Cette lutte est incarnée par le Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) de 1977. Et les Etats-Unis y ont mis les moyens. Ils ont à ce titre été parmi les principaux promoteurs de la Convention sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales adoptée dans le cadre de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 1997. En outre, la lutte contre la corruption est clairement assumée comme la seconde priorité du FBI, juste après le contre-terrorisme.    Le non-respect de cette législation a d'ailleurs entraîné de très lourdes pénalités pour des entreprises européennes. C'est le cas d'Alstom qui a dû payer une amende de 772 millions de dollars en 2014 pour violation de la législation américaine anti-corruption. Siemens, qui a racheté l'activité transport d'Alstom, a également été rattrapé en 2008 par la justice américaine (800 millions) tout comme Total (398 millions), Alcatel (137 millions) et bien d'autres... Airbus est d'ailleurs dans le collimateur de la justice américaine, qui surveille les enquêtes du Serious Fraud Office britannique et du parquet national français lancées contre le constructeur européen. 
   4/ L'arme du protectionnisme commercial   C'est l'un des risques majeurs pour les échanges commerciaux mondiaux, la recrudescence des mesures protectionnistes. En 2017, 20% de ces mesures ont émané des Etats Unis, ce qui augmente considérablement leur impact sur l'économie mondiale, précisait AON dans sa 21e édition de la cartographie internationale des risques politiques, terrorisme et violences politiques. "L'impact des décisions de Donald Trump est significatif notamment dans la métallurgie et l'aéronautique et pourrait engendrer des mesures de rétorsion, principalement de la part de la Chine, avait estimé en avril dernier Jean-Baptiste Ory, responsable du Pôle Risques Politiques d'Aon France.      Il n'avait pas tort. Après l'imposition cet été de taxes punitives réciproques de 25% sur 50 milliards de marchandises, Donald Trump a imposé début septembre des tarifs douaniers punitifs sur des biens chinois représentant 250 milliards de dollars d'importations annuelles. Il menace également de frapper pour 267 milliards de dollars d'importations supplémentaires, soit la quasi-totalité des exportations de la Chine vers les États-Unis. Pékin avait promis de répliquer avec l'imposition de droits de douane de 5 ou 10% sur des produits américains d'une valeur de 60 milliards de dollars d'importations annue
5/ L'arme du CFIUS    Les Etats-Unis étaient déjà l'un des pays où les acquéreurs étrangers devaient montrer patte blanche pour s'offrir une société américaine disposant de technologies sensibles. Pas suffisant pour Donald Trump. L'administration américaine a décidé mercredi de prendre de nouvelles mesures pour cadenasser son industrie des investissements étrangers. Les nouvelles règles, liées à la réforme du Comité sur les investissements étrangers (CFIUS) adoptée cet été, vont exiger des investisseurs étrangers qu'ils soumettent obligatoirement aux autorités toute prise de participation - et non plus seulement prise de contrôle - dans une entreprise américaine appartenant à l'un des 27 secteurs clés désignés, dont l'aéronautique, les télécoms, l'industrie informatique, celle des semi-conducteurs et des batteries. Cette réforme constitue la première mise à jour des règles du CFIUS depuis plus de 10 ans. Toutefois, l'administration Trump préparerait d'autres réglementations pour les domaines de l'intelligence artificielle et des infrastructures.    Ces nouvelles règles prendront effet le 10 novembre avant une mise en application définitive dans 15 mois. Elles prévoient désormais que tout investissement étranger dans une des industries clés soit passé sous revue et éventuellement bloqué s'il représente "une menace d'érosion de la supériorité technologique", selon un haut responsable du Trésor. Trois critères vont ainsi motiver l'inspection du CFIUS : s'il y a prise de participation étrangère, d'où qu'elle vienne, même minoritaire; s'il y a attribution à un étranger d'un siège au conseil d'administration de l'entreprise américaine visée, et si l'investisseur étranger peut influencer les prises de décision au sein de cette entreprise technologique.    Aucun pays étranger n'était spécifiquement visé, mais par le passé, le CFIUS, un organisme intergouvernemental dont la tutelle est le Trésor, a bloqué des prises de contrôle par des investisseurs chinois. Huawei a déjà dû renoncer à l'acquisition des sociétés américaines informatiques 3 Leaf en 2012 et 3 Com en 2008. En 2016, selon les derniers chiffres, le CFIUS avait examiné 172 transactions, qui étaient à l'époque des prises de contrôle, et lancé 79 enquêtes avec une seule décision défavorable.......
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Mourrez, nous ferons le reste

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Ceci est mon e-testament!                                 (bis repetita)

  ________________________Pourrez-vous dire demain.
 Le plus tard possible, bien sûr..
__Pour ceux qui n'en étaient pas convaincus, Google est vraiment plein de sollicitude à votre égard..
 Non content de vous suivre pas à pas, dans la vie, il vous accompagne jusqu'au tombeau.
Mais pas au-delà.
Après, c'est votre affaire...
   Soucieux de votre personne, il prend en charge quelques menus problèmes, dont la gestion ne vous est plus nécessaire dans l'au-delà, et efface tout sur simple demande...avant que la nature se charge de le faire pour votre corps mortel.
   Il ne va pas tout de même pas jusqu'à vous remettre post mortem en main inerte une clé USB contenant toutes vos traces laissées sur le web, que vous pourriez réutiliser peut-être plus tard sur quelque méga-ordinateur céleste, mais il peut garantir que vos e-oeuvres seront à tout jamais à l'abri de toute indiscrétion et réutilisation futures. Vous ne laisserez plus vos productions  dans les poubelles du net, à la merci de médiocres ou malhonnêtes usagers. Place nette sur le net!
       __Même s'il n'y a  pas de vie virtuelle après la mort (mais qui sait?), pour Google, il y a au moins une façon de l'organiser. Le géant américain vient de lancer son nouveau service "Inactive Account Manager", qui permet de prévoir et d'organiser ce qu'adviendront les données personnelles du titulaire d'un compte Google, avec tous ses services associés, après sa mort...
Celui-ci pourra en premier lieu décider de la date de mise en inactivité de son compte (trois, six, neuf ou douze mois après sa mort), ainsi que de ce qu'il adviendra de ses photos sur Picassa, de ses vidéos publiées sur Youtube ou de ses Google Docs. Le titulaire du compte peut ainsi décider du transfert de l'ensemble de ses données vers une personne de son choix..."
 "Inactivité" , c'est bien le mot....
__Sympa, non? Et tout cela gratuitement!
      Si vous le désirez, vos héritiers et amis pourront même en profiter, gardant ainsi de vous un e-souvenir impérissable.
Un simple clic remplacera une visite fastidieuse à une cimetière peut-être lointain.
   Des pages de commémorations seront prévues..
 "Nous espérons que cette nouvelle fonction vous permettra de préparer votre vie numérique après la mort, d'une manière qui protège votre vie privée et votre sécurité", a commenté le géant de l'internet.
 On ne meurt pas tout à fait...pour Facebook non plus..
    .Sur Memorial on line non plus...
        Merci qui?
                 Alleluia!
_________________

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L'électrique, pas magique...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

La voiture électrique, voilà l'avenir,..
                                                        C'est du moins ce que pensent beaucoup, 
      Pas seulement dans certains mouvements écologiques, de manière compréhensible, ne serait-ce que pour des raisons d'assainissement de l'air en milieu urbain.
     Mais aussi la fièvre gagne les constructeurs. C'est la course compétitive, chez Renault comme chez Audi, dans la recherche et la commercialisation de nouveaux modèles. L'innovation bat son plein.
    N'y a-t-il pas une part d'illusions dans cette course en avant, dans la croyance à un nouveau type de déplacement, qui semble gagner chaque jour en autonomie et en performance. N'est-on pas confronté à une (nouvelle) impasse énergétique et écologique?
    Le rêve du tout électrique a-t-il un sens, dans l'univers énergétique qui est le nôtre, en pleine transition énergétique, souvent problématique.  La  voiture électrique est-elle vraiment la solution, même si on peut en justifier un usage limité, surtout urbain?


       L'impact énergétique de ce que certains considèrent comme un nouveau mythe ne risque pas d'être moindre, au vu des conditions de production et de recyclages des batteries au lithium, très énergétivores et de la surconsommation électrique que leur extension à grande échelle que cela entraînerait.
    Le pari est-il tenable?  Des Etats-Unis à la Norvège, les politiques sur le sujet varient pour l'instant, mais beaucoup émettent des réserves sur l'extension sans limites du tout électrique, dont on analyse peu les tenants et les aboutissants. (*)
     Sera-ce seulement une niche?
 Les interrogations sont nombreuses, les doutes aussi, méritant souvent attention.
    Quelques constructeurs suivent le mouvement en traînant les pieds, non sans raison. Mais concurrence oblige.
     Sauf si, comme on le pense chez Hyundai, le développement du  moteur à hydrogène peut ouvrir de nouvelles perspectives. L'utilisation du lithium à grande échelle, même en Chine, qui a le quasi monopole de cette terre rare, n'est pas sans poser de gros problèmes et interroge sur le bilan énergétique. Les conditions d'extraction et le stockage-renouvellement de ce nouvel eldorado demandent réflexion et fait douter plus d'un sur la généralisation infinie de cette matière première miracle, qui parlent même de désastre écologique.
     L'avenir de la voiture électrique de plus en plus généralisée semble donc incertain, pas seulement pour des problèmes de coût qui ne manqueront pas de baisser et d'autonomie, qui s'améliore toujours.
  Certains, comme Stéphane Lhomme, sont tout à fait sceptiques.
         Sans oublier qu'il n'y a pas que les voitures:

...Les données de l’'industrie maritime a démontré qu'en considérant la taille des moteurs et la qualité du carburant utilisé, les 40 plus gros navires-cargos du monde polluent autant que l’ensemble des 760 millions d’'automobiles de la planète.
...Ces porte-conteneurs qui nous alimentent en produits que l’on fabriquait dans nos usines délocalisées, aujourd’hui, ils brûlent chacun 10.000 tonnes de carburant pour un aller et retour entre l’Asie et l’Europe.
Ces malheureux 40 navires font partie d’une flottille de 3.500, auxquels il faut ajouter les 17.500 tankers qui composent l’ensemble des 100.000 navires qui sillonnent les mers.
Pour ne pas quitter le domaine maritime, rappelons que la flotte de plaisance française est d’environ 500.000 unités, dont 5.000 yachts de plus de 60 mètres, et que le plus moyen de ceux-ci brûle environ 900 litres de fuel en seulement une heure, alors que les 24 % de foyers français qui se chauffent au fioul ont du mal à remplir leur cuve pour l’hiver.
Pour continuer sur le chemin de la schizophrénie paranoïde, prenons en compte toute la flottille de pêche et les 4,7 millions de poids lourds en transit à travers la France et les milliers d’avions qui sillonnent le ciel.... 

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     (*)       ...La première (difficulté) est la batterie - car la voiture électrique qui s'impose aujourd'hui roule à l'énergie stockée dans des quintaux de batteries. Or des métaux jouent un rôle clef dans leur fabrication. Le prix du lithium a triplé en trois ans, celui du cobalt a pratiquement doublé en un an. Disponible en abondance, le premier pose des problèmes techniques - les ressources sont par exemple en zone désertique alors qu'il faut beaucoup d'eau pour l'extraire. Le second, lui, est produit aux deux tiers dans la très instable République démocratique du Congo.    Si la filière est outillée pour répondre à la demande actuelle (1,2 million de voitures électriques ou hybrides rechargeables vendues l'an dernier), il faudra des investissements colossaux pour multiplier l'offre par dix, voire par soixante ou quatre-vingts si l'on veut électrifier toute la production.Cobalt et lithium présentent deux autres caractéristiques ennuyeuses. D'abord, leurs ressources ne sont pas infinies. Avec ce qui est relativement accessible, il y a de quoi équiper le parc mondial une ou deux fois... mais pas au-delà. Ensuite, leur production consomme beaucoup d'énergie, tout comme leur recyclage. Selon le consultant Jean-Marc Jancovici, une voiture électrique qui roulera 200.000 kilomètres aura émis 50 grammes de CO2 au kilomètre... avant même d'avoir roulé le premier mètre ! Pour réduire les émissions de C02, il faut que l'énergie employée pour produire la batterie soit elle-même décarbonée. Pas évident : la première grande usine de batteries en Europe est prévue en Pologne, là où le charbon pèse le plus lourd dans la production électrique...
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L'ex-Président et les "petits pois"

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Sarko- piège

                L'ancien chanoine du Latran, encore "victime", lui l' habituel pourfendeur de la justice.            Elle est dévoyée à ses yeux, depuis longtemps, simplement parce qu'elle essaie, difficilement, de remplir son rôle... Les magistrats, ces "petits pois, comme il avait commis l’erreur de les surnommer, embarqués dans ce que certains de ses proches appellent une vendetta judiciaireIL est vrai qu'elle ne remplit pas toujours sa fonction comme il conviendrait, en partie à cause de moyens insuffisants, des mauvais traitements subis, mais elle ne mérite pas cet excès d'indignation, surtout quand elle veut, trop tardivement et trop sélectivement, mettre de l'ordre dans les affaires de corruption, au plus haut sommet de l'Etat. Dans un Etat républicain, aucune exception ne saurait exister. dès lors que les preuves sont établies.  Celui qui a "passé sa vie à donner des coups de pouce" ne devrait pas s'étonner. Ça fait quand même beaucoup d'affaires...

 

         Le piège s'est refermé. "...Quelque chose de très politique se jouait à travers ce procès : l’affirmation de l’autorité des juges face à un ancien président de la République qui n’a cessé de chercher à les discréditer. En ligne de mire, le Parquet national financier, créé en décembre 2013 pour traquer la grande délinquance économique et financière, jouait sa réputation et donc sa survie. Fragilisé par de nombreuses polémiques sur ses méthodes d’investigation, constamment mis en cause par Nicolas Sarkozy et ses défenseurs, il sort conforté par le jugement du tribunal, sans être totalement assuré de la suite.  A chaque fois qu’il s’est trouvé acculé, Nicolas Sarkozy a cherché à galvaniser ses troupes contre les juges, ce qui était une façon de se réarmer politiquement. Aujourd’hui, il récolte la monnaie de sa pièce et doit s’interroger sur l’opportunité de poursuivre cette surenchère de nature populiste, qui est non seulement devenue un piège pour lui mais un risque pour le pays....". Que le procès soit "politique", c'est évident , mais pas au sens où l'entend l'accusé. La politique concerne aussi le bon fonctionnement des institutions et l'égalité de tous devant la loi. Le problème est que Nicolas ait été le premier à être ainsi légalement traité et que cette question judiciaire est l'arbre et la foret. C'est aussi un système qui est en cause, pas seulement un homme, des habitudes et des moeurs qui ne commencent pas avec lui: "... il y a indéniablement un micro-climat judiciaire du sarkozysme, une spécificité mortifère de ce mouvement politique qui risque de laisser dans les livres d’histoire, comme le berlusconisme en Italie ou le trumpisme aux États-Unis, les stigmates d’un clan suspecté d’avoir privatisé le bien commun à des fins privées. De s’être servi de l’État plus que de l’avoir servi..."               _________ "...Il s’agit là d’un système unique en son genre quand on l’ausculte au prisme des innombrables dossiers judiciaires qui le cernent désormais. Il n’est pas un proche de Nicolas Sarkozy qui n’ait eu maille à partir avec la justice ces dernières années.   La liste a vraiment quelque chose de vertigineux quand on se penche dessus : les mentors de Sarkozy (Charles Pasqua, Édouard Balladur), son premier ministre (François Fillon, donc), ses amis d’adolescence (Brice Hortefeux, Patrick Balkany), ses conseillers (Patrick Buisson, Boris Boillon), des ministres phares (Claude Guéant, Christine Lagarde), son trésorier (Éric Woerth), son associé historique dans un cabinet d’avocats (Arnaud Claude), son propre avocat (Thierry Herzog), son maître espion (Bernard Squarcini), son témoin de mariage (Nicolas Bazire), sa suppléante (Joëlle Ceccaldi-Reynaud), etc… Certains ont été condamnés, d’autres vont être jugés, d’autres encore ne sont « que » mis en examen dans les enquêtes en cours, mais tous décrivent par les faits qui leur sont reprochés un terrible soupçon pour une démocratie comme la France. Celui d’une prédation sur le dos des citoyens, de leur confiance dans la démocratie et de leur portefeuille (aussi), au mépris des règles élémentaires de décence publique qu’imposent pourtant les mandats et fonctions que chacun a occupés...."  _______________

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Neuro-sciences en question

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Les neurosciences sauveront-elles l'école?
 
                                                             La nomination de Stanislas Deheane auprès du ministre de l'EN pose problème, surtout si ce nouveau venu, quelque intelligent qu'il soit et compétent dans son domaine propre, est appelé à jouer un rôle important.
 
     Comme si les neurosciences, disciplines intéressantes en soi, malgré ses immenses lacunes (la complexité du cerveau et de son fonctionnement reste encore insondable), devaient devenir l'auxiliaire majeur du travail enseignant.
 
     Apprendre, grâce à ces études vagissantes, sortir des difficultés de l'école à l'aide de cette nouvelle approche, voilà un projet qui laisse songeur.
 
       Un vieux rêve scientiste refait surface. La conscience, l'apprentissage deviendraient objet de sciences rigoureuses et l'éducateur ne serait plus, à la mimite, qu'une sorte d'ingénieur-formateur des esprits.
 
       Une néo-pédagogie dont s'inquiètent certains spécialistes des sciences de l'éducation, les mal nommées. Car l'éducation est tout sauf une science au sens strict, comme toute discipline qui relève de ce que l'on classe dans les sciences humaines. Elle est d'abord un savoir faire, qui s'apprend et se perfectionne, une pratique largement empirique et individualisée, au cas par cas, presque un artisanat. Même si elle peut être épaulée par des données venant de la psychologie, de la sociologie...
     Considérer les enfants comme des superordinateurs ferait sourire si on ne voyait pas là un fantasme droit issu de la Silicon Valley. On est en droit de faire des analogies, mais il y a une différence de nature entre le complexité vertigineuse du système neuronal et celle de l'ordinateur le plus élaboré, qui est fondamentalement un computer, produit de l'intelligence humaine. Un esprit humain ne fonctionne pas selon une logique binaire et ne peut se dissocier d'une vie affective, source de motivations, notamment pour des apprentissages multiformes et permanents.
     Vouloir donner la prééminence à l'aspect neuronal, dans l'esprit de l' Human brain project, c'est passer à côté de ce qui fait l'essentiel de la formation des jeunes esprits, qui n'est pas qu'intellectuelle, c'est négliger un certains nombre d'expériences faites pour donner ou redonner aux "apprenants", selon la langue de bois d'aujourd'hui, le goût de s'ouvrir sans limites assignables, aux connaissances et aux pratiques. Freinet, Montessori... et tant d'autres ont ouvert des voies nouvelles, largement redevables à l'intuition fine et à la pratique réfléchie
      Le projet de Deheane, promu par Blanquer, n'est-il pas un feu de paille et une illusions manifeste, rue de Grenelle, qui n'est pas le Collège de France avec ses super-spécialistes?
    La transposition d'un savoir pointu, mais en gestation, dans le domaine éducatif ne fera pas avancer d'un pouce le problème multicausal, historico-culturel, familial... qui est au coeur de la difficulté d'apprendre aujourd'hui, d'un rapport au savoir et à l'autorité qui a changé, sur lequel il serait long de s'étendre.
      Mais il est si commode de se référer à une science, surtout si on n'en connaît ni les limites, ni les défaillances. Le médias emboîtent le pas par mimétisme.
      Comme le signale à juste titre André Giordan, ..;La crédibilité des neurosciences n’est pas assurée sur le plan de l’éducation, les preuves de leur efficacité sont souvent fragiles ou même absentes. Les arguments avancés reposent sur des études rarement corroborées sur le terrain et comportant nombre de biais conceptuels et méthodologiques.
Certaines pédagogies dites d'avant-garde, à effet de mode manifeste, risquent de décevoir, faute de revenir à quelques règles de bon sens essentielles, dont ne manquaient pas beaucoup de vieux hussards de la République.
     L'enfant est de nouveau au coeur d'une bataille, qui fait abstraction de certaines données essentielles, qui relèvent dans une large mesure de son éducation première, de son environnement. Apprendre, dès la prime enfance, est sans doute l'acte les plus mystérieux qui soit.
     Une éducation hors-sol serait-elle en train de naître, qui semble ne pas connaître grand chose de l'enfant et de la complexité de l'acte d'apprendre, qui ne relèvera jamais du domaine scientifique dur. La pédagogie ne peut être une science appliquée.
     Oui à la pédagogie éclairée, qui a toujours besoin de se repenser. Non aux oukazes des scientifiques de laboratoires et à certaines de leur prétentions irréalistes et dogmatiques.
       La pédagogie est une pratique trop sérieuse pour être laissée aux spécialistes auto-proclamés.
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Guerre des vaccins

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Il y a loin de la parole aux actes

                                Les intérêts financiers et politiques conjugués viennent contrecarrer les belles annonces officielles. Non il n'y en aura pas pour tout le monde. Et pourtant les exigences sont partout les mêmes de par le monde et les intérêts sont croisés: nous sommes de fait solidaires dans l'épidémie, c'est de l'ordre de l'intérêt bien compris. Beaucoup on signalé la nécessité de revoir la logique des brevets qui font obstacles à une solidarité nécessaire dans ces occasions exceptionnelles. Les intérêts privés devraient passer au second rang et les égoïsmes politiques s'effacer.      Il y a de fait une vraie géopolitique du vaccin Certains élus réclament la levée des brevets sur les vaccins, qui devrait être un bien commun. Malgré les critiques. Mieux vaudrait réguler la course au profits à laquelle se livrent les grands groupes pharmaceutiques et retrouver une souveraineté dans ce domaine comme dans d'autres.. Des stratégies peu cohérentes. Une sorte de hold up à l'échelle planétaire, une arme diplomatique, parfois.. En Afrique comme ailleurs. Une course de vitesse. Les risques sont énormes.

 

              E.Macron le disait lui-même: «... Serons-nous prêts, lorsqu’un premier vaccin [contre le Covid-19] sera mis sur le marché, à en garantir l’accès à l’échelle planétaire et à éviter à tout prix le scénario d’un monde “à deux vitesses”, où seuls les plus riches pourraient se protéger du virus et reprendre une vie normale..." et  " Le 18 janvier 2021, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, dressait ce constat accablant : « Plus de trente-neuf millions de doses de vaccin ont maintenant été administrées dans au moins quarante-neuf pays à revenu élevé. Seulement vingt-cinq doses ont été administrées dans un des pays aux revenus les plus faibles. Pas vingt-cinq millions ; pas vingt-cinq mille ; seulement vingt-cinq. » Il évoquait la probabilité d’un « échec moral catastrophique ». (*)         _____On se souvient du déluge de bonnes intentions formulées lors du confinement du printemps 2020. Dans la société généreusement refondée qui allait suivre, les vaccins devraient être des « biens publics mondiaux »....     Pourtant, à l’initiative de l’OMS, deux instruments avaient été mis en place pour traduire dans les faits cet élan de solidarité internationale.   Tout d’abord, le mécanisme Covax, censé permettre le « groupement des achats pour les vaccins contre le Covid-19 afin de garantir à cent quatre-vingt-dix pays et territoires un accès juste et équitable aux vaccins ». Un contrat de quarante millions de doses de vaccin (à ARN messager) avec l’américain Pfizer (allié à la start-up allemande BioNTech) a été signé, puis un autre avec AstraZeneca (allié à l’université d’Oxford) pour cent vingt millions d’unités supplémentaires. L’objectif affiché était très ambitieux : fournir deux milliards de doses d’ici à la fin 2021. Second mécanisme : le pool d’accès à la technologie de la vaccination contre le Covid-19, ou C-TAP (acronyme de Covid-19 Technology Access Pool), qui aurait dû garantir le partage de la propriété intellectuelle, des connaissances et du savoir-faire nécessaires pour produire des vaccins à grande échelle, y compris dans les pays en développement. Las, le C-TAP est, à cette heure, une coquille vide, tandis que le mécanisme Covax connaît des difficultés à décoller, au point que l’OMS évoque désormais l’échéance 2022, voire 2024…    Prisonniers de leurs déclarations publiques, les États et l’Union européenne manient le double discours. Dans les faits, la realpolitik l’a emporté, au profit des multinationales du médicament. Malgré la grande opacité qui entoure les « accords d’achat anticipés », des éléments édifiants ont fuité. Et l’on s’aperçoit une fois de plus que s’applique la loi d’airain du capitalisme néolibéral : la socialisation des pertes et la privatisation des profits. Les laboratoires ont été subventionnés à coups de milliards d’euros par les États et la Commission européenne — qui a versé plus de 2 milliards pendant la mise au point des vaccins — pour la recherche et le développement puis la production massive des doses, limitant de facto les risques des entreprises. Pourtant, ces dernières conservent la haute main sur les brevets, négocient âprement les prix avec les États et restreignent les dons et les reventes éventuels aux pays en développement. Selon la secrétaire d’État au budget belge, Mme Eva de Bleeker, les tarifs négociés par Bruxelles iraient de 1,78 euro pour AstraZeneca à 10 euros pour CureVac et 14,68 euros pour Moderna.    Les clauses de livraison apparaissent des plus flexibles, ce qui a laissé la Commission européenne dans le plus complet désarroi lorsque AstraZeneca l’a informée, en janvier, qu’il ne pourrait fournir le nombre de doses prévues (quatre-vingts millions) dans les délais fixés (le premier trimestre 2021). Il en a résulté un début de crise politique avec le Royaume-Uni, qui voulait garder les doses produites, avant qu’un compromis ne soit trouvé sur la moitié du contrat.  Enfin, la responsabilité juridique des entreprises est restreinte au minimum en cas de survenue d’effets secondaires graves, qui seraient assumés là encore par les États signataires. Il serait injuste de n’accuser que les multinationales qui parviennent à imposer des contrats aussi manifestement déséquilibrés. Selon le New York Times, la très officielle Banque européenne d’investissement a accordé un prêt de 100 millions de dollars à BioNTech, qu’elle a conditionné à un prélèvement sur les profits de 25 millions de dollars (3), comme s’il était logique de faire des profits sur les vaccins !  À ces contrats invraisemblables s’ajoute un affrontement géopolitique entre les nations pour le développement, la fabrication et l’accès aux précieux vaccins : la Chine et les États-Unis, bien sûr, mais également la Russie — qui vient d’obtenir une victoire stratégique, la reconnaissance de son vaccin Spoutnik V étant en bonne voie —, l’Allemagne, Israël et le Royaume-Uni. Malgré un départ laborieux et plusieurs cafouillages, Londres a su organiser une campagne de vaccination dynamique, mettant à mal l’argument d’une Union européenne protectrice avancé lors du laborieux et conflictuel Brexit. Dès le mois de mai 2020, le gouvernement de M. Boris Johnson avait créé une Vaccine Taskforce pour développer la recherche, la production et la stratégie vaccinales, nouant par exemple un partenariat avec la société française Valneva pour la production, en Écosse, d’un nouveau vaccin.  Aux antipodes de la lenteur et de la passivité françaises, en somme. Au 4 février, le Royaume-Uni avait administré au moins une dose de vaccin à 16,2 % de sa population, contre 4 % en Espagne, 3,9 % en Italie, 3,6 % en Allemagne et… 2,7 % en France. Non seulement celle-ci est à la traîne dans ce concert des puissances, mais les centres de vaccination ont été montés dans la précipitation, en janvier 2021, sous la pression médiatique, et reposent sur les épaules de soignants débordés et épuisés. Pis, contre toute logique, le gouvernement continue à fermer des lits d’hôpital. Sanofi ayant échoué dans la course au « vaccin national », sa participation et celle d’entreprises françaises comme Delpharm ou Recipharm à certaines tâches de sous-traitance (mise en flacons, conditionnement...) a démarré, là encore, avec retard, en février.   Dans ce contexte tendu, on comprend que les populations des pays en développement ne soient plus une priorité. Les sociétés pharmaceutiques étant crispées sur leurs brevets, les mécanismes C-TAP et Covax ne fonctionnent pas : 13 % de la population mondiale, vivant dans les pays riches, a précommandé 51 % des doses, selon Oxfam. Et à l’intérieur même de l’Union européenne, les premières livraisons ont révélé des inégalités flagrantes : l’Italie a reçu 9 750 doses, la France 19 500 et l’Allemagne 151 125  (4). Même ramenés à la population respective de ces pays, ces écarts demeurent inexplicables et semblent suggérer que certains sont plus égaux que d’autres. L’Allemagne, de surcroît, négocie de gré à gré pour se procurer des doses supplémentaires, en dépit de son adhésion au mécanisme d’achat conjoint de vaccins par la Commission . Garantir l’« égalité de la valeur des vies  » entre le Nord et le Sud, entre les pays du Nord et à l’intérieur de chaque pays, impliquerait de revoir de fond en comble les règles du marché pharmaceutique. La crise actuelle fournit d’ailleurs un cas d’école des aberrations du modèle économique dominant appliqué à ce secteur. En effet, à la faveur du tournant des biotechnologies et de la génomique, les laboratoires externalisent de plus en plus le processus de recherche et développement (R & D) — et donc ses risques — vers des start-up bénéficiant souvent de fonds publics et adossées à des universités . C’est le cas de BioNTech et de Moderna. Or, en dépit de cette intrication croissante entre recherche fondamentale, fonds publics et secteur privé, les droits sur la propriété intellectuelle ne cessent de se renforcer. De surcroît, les fonds publics, par le biais des systèmes de santé, rendent solvable le marché pharmaceutique, qui fonctionne selon un mécanisme d’enchères : les multinationales mettent les pays en concurrence pour obtenir les prix voulus, quitte à concéder secrètement des remises en fonction du volume des ventes.   Face à la prédation des ressources publiques et à la pénurie.."   _______________________

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Lithium

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Matière stratégique
                                On en reparle.
    
 Une terre rare, qui risque d'être de plus en plus rare...
   
       Les impératifs de la transition énergétique pousse à la recherche d'autres matières premières, en posant de nouveaux problèmes économiques et géostratégiques.
            
        Les nouvelles voies que prend l'industrie de l'automobile sont particulièrement impactées.

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Vincent et les autres

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Un empire, ça se construit.

                       Malgré tout. une des plus grandes fortune françaises, l'ami de Sarkozy, ne recule devant aucune aventure financière, à ses risques et périls. La corruption fait partie de l'aventure africaine. Un camouflet. L'homme fort des médias en France subit des déconvenues. Les impôts ne sont pas un souci, comme pour d'autres. La bataille pour les médias continue. L'entrisme est son mode de fonctionnement.    Comme Charles Quint pouvait dire que le soleil ne se couchait jamais sur ses terres, Nicolas Bolloré pourrait affirmer que ses multiples affaires couvrent des domaines et des lieux aux limites sans cesse repoussées ....

   Homme de papier, à l'origine, les domaines d'activités du Breton obstiné sont désormais si variés que l'on risque toujours d'en oublier une partie.
  IL faut au moins 10 minutes  pour survoler l'étendue de l'univers impitoyable de l'atypique homme d'affaires.
       L'activité de l'ami des premières heures de Sarkozy s'exerce aussi bien dans l'industrie que dans la logistique, aussi bien dans la batterie au lithium que dans le domaine des medias, où il entend exercer une pouvoir d'influence incontesté, comme tant de groupes puissants aujourd'hui. Participer à faire l'opinion n'est peut-être un objectif rentable dans l'immédiat, mais il ne doute pas que cette stratégie soit aussi un bon investissement. On mène les hommes aussi par les idées.
  Son influence s'exerce jusque dans la vie quotidienne et pas seulement au  Cameroun ou en Côte d'Ivoire. Entre autres pays.  [L’Afrique est comme une île, reliée au monde par les mers, expliquait un ancien du groupe Bolloré en 2006. Donc, qui tient les grues tient le continent]
    L'ami africain  ne cesse d'étendre ses activités..
         Une récente enquête d'Antenne 2 fit beaucoup de bruit sur ses pouvoirs, ses ambitions et surtout ses méthodes
    "Quand il vous appelle 'mon ami', méfiez-vous !" confie un de ses anciens proches. La technique préférée de Vincent Bolloré, c'est le coup de force avec un grand sourire. Quand il veut avaler une entreprise, ce "chef d’un clan de gitans" est prêt à tout. Ce patron surnommé le "smiling killer", le tueur souriant, a pris le contrôle total du groupe Vivendi quand il en était actionnaire. "
    Il y a les aspects connus dans sa polyactivité, mais il y a aussi une face cachée (*)
      Après avoir dévoré Canal+, ses démêlés actuels avec iTélé  sont une véritable feuilleton.
           Cette volonté de conquête a néanmoins ses revers et n'est pas à l'abri de certaines erreurs.
   Au coeur d'une presse malade, au côté notamment du citizen Drahi, il s'efforce d'étendre son influence. et de contrôler l'univers immatériel de l'information, de contribuer à faire l'opinion.
__________
________(*) Vincent Bolloré se serait sans doute passé de cette nouvelle controverse. Il avait déjà censuré il y a quelques mois un article du Monde sur les violences policières dans son quotidien gratuit Direct matin, dans lequel Le Monde est actionnaire à 30%. Il vient de récidiver la semaine dernière, comme l'a dévoilé Rue 89, en interdisant à la dernière minute la publication d' un article sur les méthodes assez curieuses de la RATP pour pister les clients grâce à la carte Navigo. C'est le type même de polémique qui agace le financier. Quoi qu'il en dise, il est très sensible à son image.
Il préfère que l'on parle de lui comme un nouveau conquistador, un des entrepreneurs prêts à tout pour bousculer le jeu. L'image est désormais ancrée dans les esprits. Il n'y a pas une semaine ou presque sans que l'ombre de Vincent Bolloré ne plane sur le monde français des affaires. Il semble toujours à l'affût, quel que soit le secteur concerné.....

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