Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Nouvelle guerre du pétrole

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Du pétrole et des hommes.
                                   La guerre du pétrole continue, sous une autre forme, moins soft.
     Cette matière stratégique vient, de nouveau à point nommé
 pour la Maison Blanche.

   Bien qu'inattendue il y  quelques années, une nouvelle source de carburants vient prendre une place dominante, donnant à Donald Trump, pour un moment, un atout majeur: à grands frais, avec de nouveaux moyens, une nouvelle sorte de pétrole assure une prééminence diplomatiquement bien venus, avec des prix provisoirement plus réduits.
      Le pétrole de schistes ne sauvera pas l'Amérique, (pas plus que l'exploration en eaux toujours plus profondes), mais représente, malgré ses inconvénients et ses retombées négatives sur la nature, un atout inespéré pour D.Trump, notamment dans ses relations conflictuelles avec l'Iran et le Vénézuéla et dans l'influence qu'il pourra avoir sur les pays du Golfe pour déterminer les prix qui lui conviennent à un moment donné. Il contribue à redistribuer les cartes géopolitiques de la production et devient une arme pour la politique du moment,
       Une production décuplée en 10 ans. Forons! Drill! tel est le mot d'ordre, les banques aidant.
  C'est une nouvelle ruée vers l'or noir, qui change beaucoup de choses dans le contexte actuel, mais qui a peu de chances de durer et qui pourrait bien être à double tranchant.
    Les effets négatifs d'une production si massive ne pourront pas ne pas avoir d'impacts notamment sur la nature.
   Mais le court-termisme est l'horizon du président et notamment sa future réélection.
 Il s'agit de faire plier l'Iran en dressant la population contre ses élites. Un calcul déjà fait par ailleurs sans succès.El l'Iran n'est pas le Chili.
    Avec l'arme tout puissante de l'exterritorialité, les USA, en même temps, se donnent les moyens exorbitants de sanctionner tous les partenaires commerciaux  actuels et potentiels de ce pays. Tel est leur bon vouloir...
     ....un saut juridique a eu lieu avec le vote, par les États-Unis, de lois extra-territoriales (comme les lois Helms-Burton ou d’Amato-Kennedy, votées en 1996, sous la présidence Clinton). Ces lois permettent, entre autres, de sanctionner tous les États, toutes les entreprises ou tous les individus qui commercent avec des États-parias (Iran, Cuba, Corée du Nord, Venezuela…), et qui, dans leurs transactions, utilisent le dollar ou vendent des produits qui ne comprennent ne serait-ce qu’un boulon ou une ligne de programme issus des États-Unis...
                    ...En violant toute espèce de droit international, en piétinant les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, les Etats-Unis ont pris la responsabilité de mettre par terre le multilatéralisme politique et économique au nom de leurs seuls intérêts : faire de l’argent, le plus possible et le plus rapidement possible. Corollaire de cette posture consumériste et isolationniste : une dérégulation totale prônant « la guerre de tous contre tous » au mépris de tous les engagements internationaux passés....
             Il s'agit de suivre l'odeur du pétrole pour voir où veut en venir la Maison-Blanche, à court terme comme à plus long terme.
   Tant qu'il y aura du pétrole...
_____________________________

Partager cet article
Repost0

A qui le Tour?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Un business qui roule

               Toujours plus vite!...Plus dure sera la chute!                                                                     Au rendez-vous annuel incontournable sur les routes de France, ce ne sont pas les coureurs qui posent problème, mais le système qui les conditionne et les formate. Le tour n'est plus ce qu'il était. D' "artisanal" il n'y a pas si longrtemps, il s'est "marchandisé". ce qui n'est pas sans conséquences sur le déroulement des épreuves et le comportement des coureurs.      C'est devenu le tour des marques et non plus des pays; l'emprise commerciale est totale. La pub est sur les maillots.  Les sponsors font partie du jeu et imposent leurs conditions, pas seulement matérielles. Dans Le vélo, G.Lambert avait déjà montré les prémisses de cette évolution.                                                                                               Certes, ce n'est plus la folle époque de Armstrong, ni même de Froome et de l' équipe Sky mais la logique n'a pas changé. Il faut aller vite, toujours plus vite dans le temps imparti par les exigences télévisuelles. Show must go on. Les marques doivent se démarquer. Plein feu sur Michelin ou Cochonou. Une logique ultra-compétitive où les écarts de réduisent toujours plus et où il faut frénétiquement se "placer" et jouer du guidon. Au risques de chutes de plus en plus nombreuses.   Madiot pointe le problème, mais pas les causes quand il dit:« Moi, ce soir, je n’ai pas envie que mon gamin soit coureur cycliste professionnel. On ne peut pas continuer comme ça. Ce n’est plus du vélo, là. Il faut qu’on change. Si on ne le fait pas, un jour on va avoir des morts. Ce n’est pas digne de notre sport. »

 

                Il fut un temps où le Tour enthousiasmait, où l'on ne se déplaçait pas pour voir des robococks serrés comme des harengs, filant à 50 km à l'heure, caméras partout, attendant la prochaine chute, guettant la demi-seconde qui fera la différence...
    Avec Albert Londres, Antoine Blondin et après...Quand le Tour ressemblait à un tour, non à un produit commercial.
     Aujourd'hui, le Tour est fatigué. C'était quand même mieux moins pire avant...
           Le Tour est cadenassé (capteurs de puissance, oreillettes et divers produits de plus en plus indétectables...qui faussent les données et la spontanéité, etc...)
    Une déjà vieille histoire...
 On peut être journaliste, même philosophe ou être un simple amoureux du vélo, sans partager les excès et les dérives d'une aventure qui est loin de celle de naguère, par exemple, celle de Bartali, Robic, Geminiani, etc...

      Le cyclisme a changé. C'était quand même mieux moins pire avant.
             [On annonce que Jupiter fera une étape de montagne. Il s'y prépare...Non pour rehausser un sport qui s'est depuis longtemps déconsidéré, comme d'autres, mais...pour se montrer. Il y a tant de caméras...]
                     Malgré tout, le vélo (le vrai) ira loin...Certains ont plus d'un tour.
________________
Assiste-t-on à un cycle infernal?
        On parle bien d' "enfer du Nord" pour une épreuve plus modeste, plus chaotique. Evoquer les symptômes et les dérives ne suffit pas.            
"...Le Tour de France n'est plus ce qu'il était. Il fut d'abord cette captivante dramaturgie populaire dans laquelle les spectateurs aimaient à vibrer pour leurs héros : le bon, la brute ou le truand. Les tréteaux du "pauvre" en quelque sorte : Anquetil, la bombe profilée, Poulidor, l'éternel second tenace mais sans roublardise, Bahamontes, l'aigle fulgurant des montagnes, sans compter le géant polyvalent, Fausto Coppi. Bref, le sport faisait rêver les foules. Le capitalisme a transformé tout ce petit théâtre de l'émotion populaire en une vaste entreprise qui tourne à pleins gaz.   La marchandisation du monde n'a pas épargné le sport. Règne du plus fort, culte de la performance épuisant jusqu'à la mort des sportifs obstinément dopés, transformant des hommes certes doués en androïdes futuristes, aspirant foules, capitaux en une spirale avide. "Plus vite, plus haut, plus fort", la juste devise olympique a dégénéré en pitoyable slogan d'entreprise. Robert Redeker, pamphlétaire mordant, a mille fois raison. Le Tour de France, jadis instructive leçon d'histoire pour tous, de géographie itinérante et de morale républicaine, est devenu une plate "leçon de choses" : le bréviaire désenchanté de l'économisme de notre temps...."       On mérite mieux!_________

Partager cet article
Repost0

Travailler plus

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Qui travaille plus?
                           Travailler plus: on connait le slogan, qui depuis Sarkozy hante certains discours officiels.
     La situation de notre pays, globalement moins favorable que d'autres au niveau de l'emploi et de l'investissement viendrait d'un déficit de quantité de travail moyen, qu'il suffirait d'augmenter pour se hisser au niveau des pays apparemment plus favorisés.


      Nous sommes là devant un grand flou, parfois dénoncé par certains économistes, qui souhaiteraient qu'on utilise d'autres lunettes et d'autres intruments de mesure, la situation de chaque pays étant spécifique, surtout après la crise violente de 2008
     Comparaison n'est pas raison. Si on en reste au niveau du PIB, sept des dix pays ayant le plus haut PIB sont aussi classés parmi ceux travaillant le plus faible nombre d'heures. En plus de la Norvège et du Luxembourg, on y compte la Suisse, les Pays-Bas, l'Allemagne et la Suède.
    On sait que ces pays bénéficient en particulier soit d'une population réduite, soit de pratiques d'optimisation fiscale très favorable, d'un système éducatif plus performant, d'un chômage réduit ou masqué, de conditions de salaires plus ou moins encadrées (comme l'Allemagne fonctionnant sur ce point à deux vitesses), etc...
     Définir un temps moyen travaillé (avec quelle productivité?) dans une période donnée, dans une société donnée, avec tel mode de production est une opération des plus complexes qui soit. Tout juste peut-on donner des approximations, sachant que les situations économiques sont évolutives.
   Que sera la prétendue faiblesse du chômage de l'UK, à la productivité si peu flamboyante, après le Brexit? En Allemagne, colosse au pieds d'argile, si les marchés exportateurs continuent de se rétrécir?
    Que prétend-on mesurer? Le quantitatif n'étant ni suffisant ni déterminant en matière sociale.
   Sur le papier, on voit assez bien de quoi on parle, mais on renvoie à une multitude d'autres dimensions associées.
      Déclarer que la France travaille beaucoup moins que ses voisins relève de la désinvolture politique, de l'affirmation gratuite.
        Elle est plutôt au-dessus de la moyenne européenne.
  Et l'on ne tient pas compte de tous les aspects, parfois masqués, du travail.
       Bref, il importe de démystifier les chiffres lancés sans précaution ni analyse, de sortir des slogans, en tenant compte des contextes spécifiques. 
    Les Français seraient-ils donc paresseux?                                   
                                                    Selon l'économiste Jean GADREYl’idée qu’un pays est d’autant plus riche que ses habitants travaillent plus en quantité d’heures pour 1000 habitants (ou pour 1000 habitant de 15 à 64 ans selon les cas) a deux grandes limites. La première est purement économique : si la valeur produite par heure de travail (la productivité en valeur) est supérieure dans un pays A, le volume de travail peut y être inférieur à celui de B alors que la richesse économique totale de A reste supérieure. Or la France figure parmi les pays développés où cette productivité est la plus élevée.
  La seconde limite est bien plus sérieuse : la vraie richesse des nations n’est pas dans leur PIB ou PIB par habitant. Peu m’importe que le PIB par habitant des Etats-Unis soit supérieur de 35 % à celui de la France, comme résultat, notamment, d’un volume de travail (par personne de 15 à 64 ans) supérieur de 30 %, si je sais par ailleurs que l’espérance de vie est très inférieure aux Etats-Unis, que les inégalités, la pauvreté, les violences et les homicides y atteignent des proportions sans commune mesure avec ce que nous connaissons en France (où pourtant…), et que les émissions de gaz à effet de serre par habitant y sont TROIS FOIS supérieures !
Je termine en citant deux très bonnes critiques du slogan « En France on travaille moins que partout ailleurs »...
  La première critique, par les « décodeurs » du Monde (18 septembre 2014), s’intitule « La France, pays où l’on travaille le moins ? » et elle désintègre proprement cette idée avancée imprudemment par Hervé Mariton : « On est le pays où l’on travaille le moins dans la semaine, dans l’année et dans la vie ».
La seconde est celle de Guillaume Duval. Elle date du 13 janvier 2012 et s’intitule : « Temps de travail : faux scoop et vraies erreurs ». 
            Je recommande vivement la lecture de ces deux exercices salutaires, loin de la propagande du MEDEF relayée par les Rivaton, Godet et consorts....
______________________________

Partager cet article
Repost0

Une autre paysannerie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Un système sans avenir

                     L'agrobusiness est arrivé au bout de sa logique. Deux films assez récents témoignent à leur manière du malaise paysan et les drames qui se jouent souvent en silence dans nos campagnes: Au nom de la terre et Petit paysan.  Les suicides y sont nombreux: plus de un par jour dans une population encore en déclin démographique. Le système est devenu fou et le restera tant que la rentabilité à tous prix restera le moteur essentiel, que l'exploitant restera à ce point exploité par des groupes agro-alimentaires, des producteurs d'intrants, des banques  très intéressées. Les boussoles de ce que devrait être une agriculture pour le moins raisonnée et raisonnable sont perdues au niveau des grandes exploitations de type industriel. Les tentatives pour changer cette logique libérale sont encore trop rares, malgré les déclarations officielles. La question dépasse notre pays et les pays avancés, au coeur du commerce agricole mondial. Il s'agit de nourrir les hommes de la manière la plus satisfaisante, la plus juste et la plus durable qui soit. Au niveau européen, les quelques avancées de la PAC sont déjà compromises, dans la concurrence qui s'exerce au niveau des marchés, où la baisse des prix l'emporte sur la qualité et les perspectives d'avenir: la terre n'est pas une matière première comme une autre. De profondes réformes s'imposent. L'avenir en dépend.

 

                       L'agriculture va mal, du moins dans certaines filières et certaines régions      " Il s'agit de mettre en oeuvre, en Bretagne notamment, sans délai ni querelle inutile, un modèle de production viable économiquement, socialement, écologiquement.   Une filière de productions durables qui apporteront une forte valeur ajoutée, par la qualité, par la transformation. Et de ce fait, mieux à l'abri des fluctuations et à même d'affronter la compétition du marché au niveau européen et au-delà.   Des productions qui ne nécessiteraient pas l'assistanat financier institutionnel de l'Europe et de l'Etat par des subventions et des déréglementations artificielles...       Ce type d'agriculture, Pisani l'avait voulu et programmé dans les années 70: la Bretagne, alors en retard et enclavée, devait jouer un rôle pionnier, être à la pointe de l'agriculture intensive moderne et de l'élevage à grande échelle. L'autosuffisance alimentaire du pays et l'exportation étaient les objectifs. Il a reconnu plus tard certaines erreurs, notamment un remembrement sauvage et une trop grande et trop rapide industrialisation, à marche forcée. Mais la FNSA, au nom de la modernité, poussait en ce sens, ainsi que quelques gros bonnets. 

         Aujourd'hui, la première région agricole passe par une phase difficile.
"Aujourd'hui le cochon, hier les œufs, le lait ou les bovins, entre la pression de la grande distribution, la fluctuation des matières premières et la concurrence européenne, les crises se suivent et se ressemblent"
                 Les  bonnets rouges  ne sont pas tous bretons, mais certains Bretons (avec ou sans bonnet) sont en colère...
 Souvent avec raison, malgré les bonnets bénêts.
   Car la situation actuelle, pour diverses raisons, est mauvaise.
Il va falloir réinventer l'avenir.
    L'agro-industrie bretonne n'est plus un modèle.  Elle est à bout de souffle.

 ___________    Il est temps de repenser l'agriculture dans son ensemble.
L'agrobusiness et son système de subvention ne peut être durable.
    Emportés dans le logique des multinationales, les agriculteurs ont perdu leurs repères.
La viande bon marché a un  coût  et la production demande à être repensée.
Les conditions de l'élevage du porc ne peuvent durer..
       Une nouvelle vision de l'agriculture s'impose.
De nouveaux défis à relever...
      Big is not toujours beautiful.
Chez Smithfield, on fait encore bigger. Good Food for everyone!
          Est-ce cela que nous voulons? 
  _____________________

Partager cet article
Repost0

Nouvelle aventure jupitérienne

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

En toute discrétion
                             Mais avec le photographe de l'Elysée quand même, pour immortaliser la scène.
                                           La com' c'est important. Surtout en période de reconquête de l'opinion.
         Le Président des pauvres fait une échappée, en surprenant son monde.
   Il suffit de traverser la rue l'arrondissement pour en trouver, sous une vague toile de tente.
          L'hébergement d'urgence n'est pas le principal souci présidentiel, mais il se rachète.
      En faisant dans le Samu social, dans une tenue ad hoc.
   Il ne s'agissait pas de se montrer en complet veston, dûment gagné à la sueur de son front.
 Mais il a beau faire, sa tenue de maraude le trahit quand même.
     Il est difficile de se départir de ses origines et de ses habitudes.
       L'habit ne fait pas le moine, pas plus que le gilet jaune blouson fait l'Abbé Pierre.
            ... Pour Dominique Gaulme, ancienne reporter au Figaro Magazine et co-autrice de Les habits du pouvoir, Emmanuel Macron joue là un jeu auquel il est habitué: «Il essaye d’avoir l’air de ce qu’il n’est pas! Là, il a pris sa tenue de maraude.» Selon elle, le président de la République saurait finement utiliser le vêtement afin de servir sa communication politique. «Il nous en a fait beaucoup des comme ça. Au début de son mandat, il avait pris des déguisements qui sentaient la testostérone à plein nez. On a eu Emmanuel Macron en combinaison d’avion de chasse, Emmanuel Macron dans le sous-marin… Et là, il nous fait Emmanuel Macron le gentil papa! (…) Il pouvait très bien y aller avec son costume de président....»
 

                                  ____________________________________________________

Partager cet article
Repost0

Toujours joignable

Publié le par Jean-Etienne ZEN

C'est l'injonction contemporaine.

                                              Pour un oui, pour un non. Du plus futile au plus sérieux. En toutes occasions. On comprend que cela ait un sens pour l'urgentiste et le dirigeant, pour le grand randonneur qui prend des risques comme pour la mère qui doit garder un contact précieux avec un enfant éloigné.. La rapidité de la communication et de la réaction font partie de l'efficacité.  Mais tout est question de dosage. Pas seulement.  Que de messages envoyés sont inutiles ou sans véritable contenu, sans valeur utilitaire réelle!.. Les réseaux bruissent de rumeurs dont la vacuité ne sautent toujours pas aux yeux des correspondants, faisant chauffer inutilement les immenses centres de data. 

 

                            C'est la fièvre du portable, qui porte un nom: nomophobie. Jusque sous la couette. Dès le réveil. Le temps personnel s'épuise dans des échanges sans fin. "Etre sans" est vécu comme une frustration intolérable. Sans réseau, nous sommes comme Robinson, abandonnés. Vivre loin du e-contact permanent devient une souffrance. Vivre pour soi-même n'affleure plus l'esprit dans certains cas. Se taire et parler de vive voix tendent à devenir rares, même en proximité physique, de plus en plus tôt. Laisser un temps l'objet communicant tend à devenir inenvisageable, comme le doudou des petits. Le temps plein, vivant, intensément vécu, aux contacts réels s'amenuise. Les quartiers se vident de présences puisque on échange sur les réseaux sociaux avec trop d'"amis", de "follows" en veux-tu en voilà. Pour quels bénéfices? La disponibilité devient peau de chagrin, même à l'intérieur des familles, même au cours d'un repas, même dans un couple. Et la vie dans tout ça?....                               Question de dosage, sans céder à l'addiction. Prendre le temps de vivre réellement...Débrancher, comme certains le font. Ne pas être toujours joignable comme un cadre toujours disponible, dont les heures ne sont plus comptées..

_________ Comment s'en passer?
                                     Un fil à la patte qu'on ne remarque plus.
Pour le cadre censé être constamment joignable même le dimanche et l'adolescent esseulé jusque dans sa classe.
               Que faire sans mon smartphone?
               C'est le vide, le désert, la désolation....
               Allo, maman, bobo!...♫♪♫ 
   Smart: chic, astucieux, intelligent... et tout ce qu'on voudra. Mon smart, c'est moi...Jamais sans mon smart.
      On ne parle pas des usage utiles de ce morceau de plastique à puces, ce couteau suisse de la communication tous azimuts.
        Très bien pour l'urgentiste, le professionnel pressé, le blessé isolé...
   Tout est question de dosage, comme certains produits toxiques, qui peuvent guérir ou tuer.
  Pour le reste...
                     Coupezconseille un sage un peu technophobe.
Pour échapper à la tyrannie de l'appareil à puce.
..Pour que  le petit colifichet pour adultes inconséquents et immatures retourne à sa place : celle d'un simple outil occasionnel
    Il n'a pas tout à fait tort quand il parle de merveilleux gadget de la vacuité, désignant cet appareil comme le paradigme de notre folie actuelle. Il a bouleversé nos relations, brisé notre faculté d'aller vers l'autre et de l'écouter ; il a transformé notre rapport au temps et à l'espace, faisant de son utilisateur une abeille butineuse, incapable de rester en place, de fixer son attention sur un moment unique....

      Il est vrai qu'il crée une dépendance très problématique, qu'il constitue un  fléau scolaire, allant jusqu'à une certaine  robotisation des esprits, à une dépendance consentie,  à un totalitarisme mou.
   "... Le téléphone portable, Facebook participent de l’érosion de l’institution scolaire, parce qu’ils en sont exactement l’antithèse. Mélanges des domaines public et privé, ils s’opposent à l’exigence que l’élève, en entrant dans l’enceinte scolaire, quitte son monde privé pour l’espace public, abandonne ses goûts personnels et adopte les règles communes, mette de côté ses opinions pour acquérir des savoirs. Le portable qui vibre en cours, l’élève qui y jette un œil ou tape sur son clavier posé sur ses genoux en faisant semblant d’écouter signifient que la coupure institutionnelle n’existe plus, que l’élève est devant son professeur un individu à part entière, dont la vie est plus urgente et importante que tout ce qui pourra lui être enseigné. De même, quand les élèves passent jusqu’à 3 heures par jour sur Facebook et deux heures devant la télévision, mais lisent au mieux 2 heures par semaine et travaillent chaque soir moins d’une heure, c’est que le savoir est démonétisé, que le narcissisme et le divertisse- ment l’ont emporté sur la constitution de soi par la culture..."

    L' usage intensifs des sms n'est pas sans conséquences.
         Twitter devient une activité chronophage et une béquille aux  manques de relations réelles.
   L'exacerbation du narcissisme s'y exerce sans frein.
        Voici qu'arrivent la I-watch et les lunettes Google...
Prêt pour une traçabilité  maximale, pour le plus grand bonheur des sites marchands.
      Il serait temps de se déconnecter pour respirer. 
Pour vivre...

  ________________________________

Partager cet article
Repost0

Malédiction pétrolière

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Le pétrole: une manne ou une frein au développement?
                                                   On l'a parfois appelé l' excréments du diable, alors que sa découverte est considérée comme une bénédiction, source de richesses faciles et durables, à un moment donné.
         Même s'il ne durera pas.


 Sauf exception, comme en Norvège, la production de pétrole quand il devient une rentes essentielle dans l'économie, aboutit assez vite à une sorte de malédiction, à des soubresauts inattendus et à des crises parfois profondes.
      On le constate avec l'Algérie aujourd'hui, modèle à bout de souffle, qui s'est laissée aller trop exclusivement à la rente pétrolière, en négligeant le développement d'autres sources de richesses plus durables.
    L'Arabie saoudite commence à comprendre qu'il lui faut rapidement préparer l'après-pétrole, dont elle dépend exclusivement.
      Une addiction qui parfois n'enrichit pas globalement le pays, au contraire, comme au Nigéria.
    C'est pourquoi, il fut appelé l'excrément du diable
            La formule est de l’un des fondateurs de l’OPEP, Juan Pablo Perez Alfonso. Le vénézuelien, déjà dans les années 70, tirait la sonnette d’alarme sur tous les problèmes qu’apporte le pétrole : misère, corruption et parfois la guerre à ceux qui en ont."(“I call petroleum the devil's excrement. It brings trouble… Look at this madness—waste, corruption, consumption, our public services falling apart. And debt, debt we shall have for years.”
      Le Vénézuela a joué trop longtemps sur un pétrole très abondant et cher, qui représente 96 % des devises (richesse qui en intéresse plus d'un), sans diversifier son économie et préparer l'avenir. Sa fragilité vient aussi des intérêts qu'il suscite, un peu comme l'Irak et la Libye à une époque..
      L'histoire se répète...Trump s'intéresse curieusement au Vénézuela.
  La pénurie est largement programmée. Il n'y a pas que la corruption et la mauvaise gestion.
       Le dessous des cartes est souvent oublié.
     Comme le souligne le Monde, ...Cette lecture est fortement partagée par Pasqualina Curcio Curcio, professeure vénézuélienne de sciences économiques à l’université Simon Bolivar. Statistiques à l’appui, elle démontre que ni la production ni l’importation – qui sont quasi le monopole des entreprises privées – n’ont baissé au Venezuela.  "Les pénuries ne sont donc pas le résultat d’un effondrement de la production nationale et/ou d’une baisse des importations consécutive à une baisse des devises étrangères accordées par l’État", souligne Thierry Deronne, qui s’appuie sur l’étude de la professeur vénézuélienne, avant de conclure : "Les causes réelles des pénuries recensées au Venezuela sont donc dans l’ordre :
– Importations ‘fantômes’ : Diminution des importations malgré un octroi croissant de devises étrangères au secteur privé importateur qui place à l’étranger une part des devises attribuées pour l’import
– Accaparement sélectif de biens de première nécessité".
         Dans la foulée de l’annonce de la victoire de Nicolas Maduro aux élections présidentielles, Donald Trump a signé un décret visant à réduire la capacité du régime de Caracas à vendre ses actifs. Jugeant  son élection illégitime, l’Union européenne emboîte le pas au président américain en annonçant de nouvelles sanctions contre la république bolivarienne. Lundi 28 mars, dans une déclaration adoptée lors d'une réunion à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont annoncé qu’ils préciseront la nature des sanctions en juin prochain.
      Selon un processus devenu classique dans le paysage géopolitique, des relations tendues avec les pays occidentaux débouchent systématiquement sur un rapprochement avec la Russie et la Chine. Le Venezuela ne fait pas exception à cette règle. En effet, le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinoix Xi Jinping ont été les premiers à féliciter Nicolas Maduro de sa réélection. En toute hypothèse, les deux puissances orientales restent prêtes à venir en aide au Venezuela, cela fut d'ailleurs le cas en novembre 2017 quand le pays se trouvait en défaut de paiement partiel sur sa dette.
      Cela sera-t-il suffisant pour sauver le pays d'une inflation qui s'envolerait à 2 000 % au cours de cette année (selon les prévisions du FMI) ? Difficile de pronostiquer là-dessus. Quoi qu'il en soit, Nicolas Maduro s'apprête à gouverner un des pays les plus instables et perturbés de la planète. Et l'issue de la crise vénézuélienne ne restera certainement pas sans conséquence sur le paysage géopolitique de l'Amérique latine, et international même...
      L'excrément du diable?  Oui, bien trop souvent.
        Qu'on se souvienne des précoces visées politiques de certaines puissances occidentales  sur les sources pétrolières du Moyen-Orient et notamment de l'Iran.
_______________________

Partager cet article
Repost0

Passé au bout de la pelle

Publié le par Jean-Etienne ZEN

De la truelle et du pinceau.  [Quelque notes sur une discipline en plein développement]

           L'accès au passé, proche ou lointain, n'est pas donné seulement par le bais de l'écriture, de l'archive, qu'il importe d'analyser, de décoder, d'interpréter, de critiquer pour la mettre en cohérence avec les connaissances déjà acquises, qui peuvent s'en trouver parfois bouleversées.    La trace écrite n'est pas la seule, elle est même minoritaire, voire rare à certaines époques pas si éloignées, inexistante pour la plus grande partie de l'histoire de l'humanité.           C'est là qu'intervient la nécessité de se tourner vers les traces matérielles, autant que faire se peut, pour les faire parler, dégager d'elles un sens permettant de comprendre une époque, un habitat, des habitudes alimentaires, etc...Nous ne sommes plus là au niveau de l'événementiel, mais du structurel. L'archéologie historique trouve là sa justification, qui peut être source de "révolutions" dans la connaissance du passé, parfois lointain, comme les découvertes de Boucher de Perthes dans la vallée de la Somme ou de l'abbé Breuil.      Même le vie de nos proches "Gaulois" s'éclaire d'un jour nouveau quans on se donne la peine de fouiller le sol, souvent à partir de photos aériennes bien interprétées ou à l'occasion de chantiers autoroutiers ou autres.

Israël: découverte d'un Homo de 125000 années

 

      L'archéologie préhistorique et historique prend donc de plus d'importance et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Le bilan est déjà impressionnant, quel que soit le pays, et il faut s'attendre à une extension du domaine des fouilles, dans tous les pays où cela est possible. En France, malgré un personnel spécialisé trop limité, il y a toujours un chantier en cours d'exploration, du sud au nord du pays, de Narbonne à Arras, en passant par Thérouanne et Samara.  De la Chine à la Californie, en passant par l'Egypte et l'Irak, la liste est longue des "trésors" déjà découverts, des travaux de recherche en cours. De quoi susciter un intérêt quasi interrompu pour des surprises parfois de taille...._______________

Partager cet article
Repost0

Rien n'arrête Xi Ping

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Nouveau permis à point.
                                       Attention à la sanction!  
    En Chine aujourd'hui, on peut vite voir réduit ou aboli son permis de circuler et être définitivement assigné à domicile, Même rentrer à la maison revoir sa grand mère du côté de Xi'an va devenir impossible.
 

    Condamné à rester à la maison, ce n'est pas mortel, mais ça peut rendre morose, surtout dans l'immense Pékin. Pas besoin de bracelet électronique.
    C'est normal. Il faut contrôler les masses et la délinquance sociale. Sinon, où va-t-on? Orwell en reconnaissait l'ardente nécessité pour parvenir à ses fins, dans certains cas.
     Plus de vingt millions de Chinois connaissent déjà le nouveau régime social à points.
  Cela peut paraître peu au regard de la population globale, mais ça n'est qu'un début..
         Ça leur apprendra, à ces mauvais citoyens, à ne pas être conformes, comme on leur demande
  La reconnaissance faciale a fait des progrès fantastiques  déjà, au pays du tout numérique,  dans ce pays où Mr Xi Ping veut veiller au bien être de ses ouailles. A vie maintenant.
   On constate peu de réactions de la part de ceux qui ne peuvent porter en réaction un gilet jaune. Un gilet qui serait d'ailleurs incongru, comme si un Sénégalais pouvait porter un gilet noir.
        Mr XI veille au grain, plein de sollicitude pour la grande masse de ses subordonnés.
   Affable, discret, presque timide, il sait que la Chine ira loin mais dans le bon ordre.
     Les mauvais comportements sociaux doivent être sanctionnés.
          Sinon c'est l'imprévisibilité et l'anarchie. Il faut voir clair pour marcher vers l'avenir radieux qui s'annonce.
    L'histoire ne dit pas si on peut racheter des (bons) points par une conduite exemplaire, être finalement exonérés de toutes sanctions et à quelles conditions.
    Nulle doute que le Sage qui dirige l'Empire du Milieu saura trouver le juste milieu.
 Sinon, il risque de perdre beaucoup de soutiens, ce qui serait contre-performant dans l'irrésistible ascension de Pékin.
         Pourquoi ne pas suggérer l'idée à Jupiter, pour tous ces déviants qui hantent encore nos carrefours?
   Ce serait sans doute plus efficace que tous les discours, même brillants.
         Et puis, la reconnaissance faciale partout, c'est un marché porteur, qui pourrait relancer notre économie.
  Oui, mais la SNCF et les macronbus pourraient beaucoup y perdre...
_______________________________

Partager cet article
Repost0

Arrêter les enfants?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Le grand défi

               Même si l'hyper-croissance démographique inquiète les démographes, particulièrement dans les pays les plus pauvres, la dénatalité nous guette et touche déjà de nombreux pays, pour ne pas parler de la Chine où elle pose des problèmes spécifiques .Pour F.Bayrou, il faut des bébés pour sauver notre modèle social. Est-ce une bonne idée quand on évoque une décroissance nécessaire et qu'on redoute des catastrophes climatiques futures?          Des injonctions contradictoires nous hantent déjà. A Pékin, c'est une question de puissance qui se pose avec la perspective d'un vieillissement inéluctable de la population. Un problème apparemment insoluble ou en tous cas très compliqué, qui se pose aussi au Japon, en Allemagne....

      ___ Point de vue:   "...La fécondité est déjà en-dessous d’1 enfant par femme dans certains pays comme la Corée. Ce plancher pourrait être bientôt atteint par la Chine ou encore par l’Italie d’après-Covid. Qu’est-ce à dire ? Cette année, 600 000 Italiennes ont donné le jour à autant d’enfants, dont environ 300 000 filles. Ces dernières, dans une trentaine d’années, donneront à leur tour le jour à 150 000 filles, lesquelles engendreront 75 000 filles aux environs de 2080. Autrement dit, si la fécondité italienne se stabilise aux alentours d’un enfant par femme, le peuple qui a donné le jour à Michel-Ange et Raphaël aura disparu à la fin du siècle. Disons pour être plus précis qu’il ne sera quasiment plus représenté que par des vieillards nés au début de ce siècle....     Ne comptons pas sur les robots et l'automatisation pour suppléer au manque de bras et de cerveaux. Les machines augmentent la productivité des travailleurs mais ne peuvent remplacer totalement ceux-ci ni assurer la redistribution des richesses vers les inactifs. Ne comptons pas non plus sur les immigrants. Ils ne peuvent pas combler les déficits des caisses de retraite, comme l'ont démontré par l'absurde les démographes de l'ONU, que cite le rapport Bayrou (Les migrations de remplacement : solution au déclin et au vieillissement des populations ?) : leurs cotisations bénéficient aux retraités d’aujourd’hui mais nullement à ceux de demain et eux-mêmes sont appelés à vieillir et piocher dans les caisses de retraite...;Le Haut-Commissariat au Plan insiste donc sur la nécessité de maintenir la natalité à un niveau satisfaisant pour garantir la perpétuation de notre modèle social. Il s'illusionne toutefois en opposant le modèle français de la redistribution au modèle anglo-saxon de la capitalisation. Dans le premier cas, les besoins liés au chômage, à la santé et à la vieillesse sont financés par les cotisations prélevées sur les revenus des actifs ; dans le second par l'épargne des intéressés. Mais dans les deux cas, on se ramène à un prélèvement sur la richesse nationale future. Peu importent donc le mode de prélèvement et les taux de cotisation. L'important pour le maintien de notre prospérité commune est de s'assurer que notre production de biens sera suffisante pour subvenir aux besoins de tous : actifs et inactifs.    La richesse nationale est la somme des valeurs créées par les producteurs : paysans, ouvriers, ingénieurs, informaticiens, etc. Ces producteurs génèrent une valeur ajoutée dix ou vingt fois supérieure à leur rémunération du fait d'une très haute productivité liée à leur savoir-faire et à leur organisation. La différence est redistribuée sous la forme de services de confort (coiffeurs, livreurs de pizzas, journalistes, etc.), de services sociaux (santé, aides sociales) ou de services régaliens (police, administration). La valeur créée par les travailleurs de ces services-là est rarement supérieure à leur rémunération du fait de leur faible productivité (coiffeurs, livreurs et journalistes ne font pas plus de prestations à l'heure en France qu'en Égypte ou au Mali).     Notre modèle social et notre prospérité commune dépendent en définitive du nombre et surtout de la qualité des futurs producteurs. Ceux-ci se recruteront parmi les enfants nés ou à naître, moins sûrement parmi les pauvres hères qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie...

                        _____L'évolution démographique dans le monde pose des problèmes théoriques et pratiques d'un nouveau genre, qu'on peut  considérer comme difficilement solubles dans l'état actuel des choses.  Même si elle est inégale selon les continents et les pays, si elle a régressé ou s'est stabilisée ici ou là, elle continue à faire son chemin, et, sauf événement majeur, devrait continuer à atteindre des sommets, au regard des limites des ressources de la planète, pensables actuellement.

   

           Même si certains sont (relativement) optimistes quant à la capacité de subvenir aux besoins humains dans d'autres conditions, si les naissances se "régularisent" ici ou là, si l'éducation des femmes (la clé de la natalité) peut encore largement progresser dans d'importantes parties du monde, si le sort économique de populations les plus démunies s' adoucit (il y a un lien entre le nombre des naissances et le niveau des ressources), même si on généralise l'éducation à la limitation des naissances surtout où cela s'impose le plus...il n'en reste pas moins qu'on voit mal comment ralentir drastiquement le niveau de population mondiale, qui semble avancer pas inertie comme un pétrolier géant continuant longtemps sa course avant arrêt définitif.
   Evidemment de nombreuses inconnues demeurent et les démographes ne sont pas toujours d'accord entre eux. (*) Il y a les paramètres, si nombreux, mais aussi les fantasmes.
       On ne tient pas toujours compte des problèmes économiques et politiques de répartition des ressources naturelles et de la fluctuation des marchés qui évoluent encore au gré de la spéculation.     Le problème des ressources est, surtout dans de nombreux cas, celui de l'accès aux biens essentiels, la répartition de ces biens sur une planète où l'on gaspille beaucoup et où la surconsommation d'une partie de la population met en péril la sous-consommation, chronique ou durable, de la plus grande partie de l'humanité. Même si des avancées se font jour, mais si limitées.
    De plus se greffe là-dessus la question des dérèglements climatiques, qui semblent non seulement durer mais aussi s'amplifier, qui vont mettre en péril certaines populations contraintes au déplacement et de grandes zônes d'activité agricole, notamment en bordure de mer, dont la montée  déjà constatée peut compromettre définitivement toute implantation durable dans certaines régions. Sans compter sur les périodes de sécheresse qui pourraient affecter durablement certaines zônes continentales prospères par déficit d'eau et par érosion des sols, comme en Californie.
     Bref, en prenant en compte certaines données seulement, sûres ou hautement probables, on voit mal comment notre pauvre terre (qui en a vu d'autres!), la seule en notre possession, pourrait résister à la pression de plus en plus grande de ce que certains ont appelé une bombe démographique, qui pourrait être source de désordres majeurs notamment en matière de déplacements massifs de populations désemparées.
     Sans être étroitement malthusien, on ne peut se voiler la face. Si on ne sait pas à combien de milliards d'hommes la démographie humaine pourrait décemment s'élever, à condition que disparaissent les inégalités criantes qui tendent à s'amplifier au niveau mondial, on peut être sûr qu'une croissance aussi exponentielle des naissances, surtout là où les ressources sont ou se font les plus rares, posera des problèmes de plus en plus insolubles.
       Faut-il alors arrêter de faire des enfants pour préserver, non seulement l'environnement, mais aussi la survie de notre espèce?
   Question absolument nouvelle, inédite, dans l'histoire des hommes. Largement grâce aux techniques et au progrès de la médecine.
    Mais qui nous met face à une injonction contradictoire: la baisse drastique des naissances, à condition qu'elle soit pensable et généralisable, mettrait aussi en péril le renouvellement de la société elle-même, comme la Chine a fini par le comprendre. Et le problème est souvent mal posé à cause d'une conception étroite et individualiste du problème.
_____________
(*) Point de vue

                          La bombe "P" explosera-t-elle?
__Doit-on partager l'inquiétude de Claude Levi-Strauss, qui déclarait en 2008 :
«La question qui domine véritablement ma pensée depuis longtemps, et de plus en plus, c’est que, quand je suis né, il y avait un milliard et demi d’habitants sur la terre. Quand je suis entré dans la vie active, il y en avait deux milliards, et maintenant il y en a six milliards. Et il y en aura huit à neuf dans quelques années. Eh bien, à mes yeux c’est là le problème fondamental de l’avenir de l’humanité, et je ne peux pas, personnellement, avoir d’espoir pour un monde trop plein.»
?

____« La Terre peut nourrir 12 milliards d’hommes. » pense la géographe Sylvie Brunel
Joel Cohen répond en 1995 : « La population limite (human carrying capacity) dépendra de toute évidence du niveau matériel auquel les gens choisiront de vivre. » Ou plutôt, du niveau de vie qui leur sera imposé ! Une chose est certaine : « le nombre d’hommes sur terre a atteint ou atteindra dans le prochain demi-siècle le niveau maximum que la terre peut supporter en fonction du type d’existence que nous, nos enfants et petits-enfants avons choisi. »

       "...Dans le monde anglo-saxon où se sont développés les premiers mouvements inquiets des chiffres galopants de la démographie mondiale, à l’instar de l’Optimum Population Trust, ils demeurent minoritaires. En France, 
pays où la préoccupation et les politiques natalistes ont irrigué l’histoire, aussi bien sous Vichy qu’en République, ils sont embryonnaires. Seules quelques petites associations, comme Démographie responsable, appellent à une restriction (volontaire) des naissances...
   Le pasteur britannique (Malthus) s’est trompé dans ses calculs, en ne prévoyant pas que les sauts technologiques en matière agricole seraient capables de nourrir une population en forte augmentation. Les progrès – notamment la mécanisation et les révolutions vertes – ne permettent pas d’opposer de manière binaire une population dont la croissance suivrait une courbe géométrique à des ressources alimentaires dont l’augmentation ne serait qu’arithmétique. Ensuite, Malthus s’inquiétait avant tout de la croissance démographique des pauvres et du coût de l’assistance... ...
   Les mouvements (malthusiens))sont le signe d’une inquiétude croissante, qui retrouve les préoccupations démographiques des années 1960 et 1970, lorsque Paul Ehrlich annonçait l’explosion, imminente, de la
«Bombe P», ou lorsque le commandant Cousteau ou René Dumont, le premier candidat écologiste à une élection présidentielle française, affichaient clairement leur volonté de maîtriser l’augmentation de la population...

 

   Cette inquiétude, même si elle puise ses raisons dans l’état de la planète ou les projections des chiffres de la population mondiale, n’est pas tant l’expression d’une réalité démographique ou écologique que d’une perception culturelle.
   C’est tout l’intérêt de la monumentale enquête, parue au printemps dernier, de l’historien Georges Minois, que de faire l’histoire non pas de l’évolution de la population mondiale, mais de notre perception historique de cette démographie. Dans son ouvrage intitulé Le Poids du nombreL’obsession du surpeuplement dans l’histoire, Georges Minois montre ainsi que, si le manque d’hommes a été une peur fréquente et récurrente, notre époque n’a pas le privilège de la crainte du trop-plein. «Platon s’en préoccupait déjà, recommandant un sévère contrôle de la natalité (…). Ceci à une époque où le monde ne comptait même pas 200 millions d’habitants. C’est dire que le problème du surpeuplement est plus affaire de culture que de chiffres », écrit l’historien. La peur du «trop-plein» a concerné aussi bien les chasseurs-cueilleurs du paléolithique, les cités de la Grèce ancienne, l’Europe du début du XIVe siècle que notre monde contemporain…
______Fred Pearce, vise toutefois à rassurer le lecteur inquiet de se compter parmi une telle masse humaine. Bien qu’il soit lui aussi convaincu que «la surpopulation est le moteur secret de la destruction de l’environnement», il ne s’inquiète pas outre mesure.
__D’abord, constate-t-il, la transition démographique qui consiste, dans les pays développés, en un rapprochement progressif des courbes de natalité et de mortalité, est bien amorcée, y compris dans des pays comme l’Iran, certaines régions de l’Inde, la Birmanie, le Brésil ou le Viêtnam… L’augmentation exponentielle de la population est d’abord le résultat d’une forme d’inertie liée à ce que le nombre d’adultes en âge de procréer – et de jeunes qui le seront bientôt – n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire de la planète. Il y a donc, selon lui, «fort à parier que les personnes qui ont moins de 45 ans assisteront au premier déclin démographique depuis la peste noire, il y a presque sept cents ans». Un argument toutefois contesté par Lester Brown, auteur d’un ouvrage intitulé Beyond Malthus (Au-delà de Malthus), dans lequel il estime que les antimalthusiens font trop confiance à la transition démographique et minorent le risque que la surpopulation ne finisse par faire remonter la mortalité, du fait de la sous-alimentation, des épidémies et des conflits, au point de revenir à la situation de sous-développement de départ…"

____________________________

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 > >>