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Néobac

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Mais où va le Bacapapa? ( Points de vue sut ce qui se profile et déjà se met en place)

            Du bac "normal" au bac cool, numérisé et local, mais forcément plus inégalitaire?  On en prend le chemin. Ce n'est pas seulement une affaire de circonstances, covid oblige. L'épreuve nationale n'était pas parfaite, loin de là, méritait de nouveaux aménagements, mais pas dénaturés comme il est prévu, au nom d'une prétendue "modernité"  Les consignes ont changé: le mot d'ordre n'est plus les connaissances, la rigueur, la culture, mais la "bienveillance"...jusqu'à l'absurde.      On baisse les bras, mais ce n'est pas d'aujourd'hui. On s'achemine vers un examen de fin d'étude plus local, produit du terroir,  qui ne pourra  plus être objectif et unique, mais qui sera complètement dématérialisé à terme et réduit à une à une vision managériale de l'épreuve. C'est du moins ce que visent les penseurs de la start up nation, s'ils parviennent à leurs fins.                        ____ "... Il ne s’agira pas alors seulement de proposer des outils numériques pour renforcer l’apprentissage à distance, qui on le sait maintenant ne fait que renforcer les inégalités scolaires, mais aussi de vendre des produits “ciblés” aux élèves et aux familles, définis par l’analyse des copies, des erreurs de formes et de fonds récurrentes. Favoriser la marchandisation de l’éducation, voilà la finalité de cette mise en place forcée de la numérisation des copies.    Au passage, on est en droit de se demander où seront stockées les données et qui en aura la véritable maîtrise? Faut-il vraiment rappeler que les plus grands centres de données sont possédés par Amazon, Google, Apple ou encore Facebook? Mais on ne saurait oublier non plus toutes les compagnies de télécommunications qui sont entrées en lice. Comme le constate Educapital, un fonds d’investissement français:     “L'enseignement scolaire est incontestablement le marché ayant le plus gros potentiel en France”. Sans compter que, comme le rappelaient les Échos récemment, “les data centers poussent comme des champignons partout en France”. La France est même la première nation d’Europe en termes de numérisation des services publics. La situation est donc très claire, le gisement d’informations que représentent les millions de pages des copies du bac est une véritable manne pour les acteurs de l’industrie numérique. Le constat est simple. La “digitalisation de l’éducation” nous achemine une fois de plus vers une appropriation du bien public par des entreprises privées...."                                                                                 La blanquérisation de l'institution scolaire se poursuit à bas bruit. Une révolution se prépare, malgré les démentis. sans qu'on ait  défini les critères de la culture et de la formation intellectuelle, citoyenne et humaine.   Le marché de l'éducation se met en place.

 

                    (*) "...Les premières mesures remodelant le baccalauréat, puis la suppression des filières traditionnelles au lycée en 2019 pour les remplacer par des enseignements de spécialité, montraient déjà la volonté de créer des parcours très personnalisés. Qu’importe qu’ils défavorisent, par leur nature, les plus fragiles.  Portée par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur incarnée par Parcoursup a elle aussi ouvert la voie à la sélection et favorisé les inégalités. Le gouvernement dément ? La Cour des comptes, entre autres, a fait une lecture différente de celle de l’exécutif en 2020.  Jean-Michel Blanquer a beau répéter, depuis sa nomination rue de Grenelle, qu’il n’est pas un politique et qu’il incarnation une « société civile », en réalité introuvable, il vient finalement d’agir en vrai politique. Il a su utiliser des circonstances d’urgence pour installer une réforme pérenne.   Le contrôle continu, en effet, avait été introduit pour la session du baccalauréat 2020 par la force des choses. À cause du Covid, les élèves n’avaient pas passé d’examen final. L’année scolaire avait été marquée par un premier confinement strict et la fermeture des établissements scolaires deux mois durant.   Par une pirouette, le ministre de l’éducation nationale vient de décider d’introduire encore davantage de contrôle continu (lire l’article de Prisca Borrel sur le sujet). Si sa part reste à 40 %, les disciplines du tronc commun seront dorénavant évaluées par les enseignants tout au long de l’année scolaire et ne seront plus jugées lors de l’examen final de juin.   En terminale, ce dernier ne portera plus que sur les épreuves anticipées de français, les enseignements de spécialité et le nouveau « grand oral » déjà décrié car lui aussi serait un marqueur d’inégalités sociales. Très vite, les différents acteurs, organisations syndicales et spécialistes des questions d’éducation, ont alerté sur le risque engendré par ce qui est présenté comme un ajustement. Ils craignent que le bac, avec un contrôle continu, ne se transforme en examen « local ». Et que le diplôme qui en sera issu ait une valeur différente en fonction du lieu de scolarisation. ....;   ___ " Ce que projette le gouvernement n’est pas notre projet de société, celui que nous voulons défendre. Il est au contraire à l’opposé des valeurs qui font que nous avons choisi d’enseigner. Au mieux, il nous rendra donc de plus en plus malheureux dans notre profession. Au pire, il nous poussera à la démission pour nous remplacer par des statuts précaires (jeunes contractuels dociles et forcément dévoués s’ils ne veulent pas perdre leur contrat). Mais dans tous les cas, les valeurs que nous portons seront remplacées dès lors que les nouveaux enseignants seront recrutés sur de nouveaux critères tels que la distinction au mérite, distinction entre les professeurs d’un même établissement mais aussi entre les établissements. Nous y sommes déjà…                                                                                      _________Le rapport Mathiot dévoile un changement complet de paradigme, une nouvelle vision purement managériale de l’éducation, des professeurs et des élèves. S’opposent ici deux courants de valeurs : il y a d’une coté l’idée historique et originelle d’une école sous tutelle d’un état bienveillant qui accompagne l’émancipation de tous ses citoyens et assure l’égalité des chances, sans que l’orientation professionnelle des élèves ne soit anticipée outre mesure. De l’autre coté, il y a au contraire une idéologie plus libérale, de dérégulation, d’affaiblissement de l’état et du service public, pour l’ouverture de l’enseignement à un grand marché qui serait forcément vertueux grâce à la compétition de tous contre tous. Ce concept Mathiot n’est que le prolongement de la loi Vidal. Il anticipe le devenir professionnel des élèves avant même que ne soit achevée leur formation citoyenne et culturelle. Nous sommes à l’aube du basculement complet de notre modèle et de ses valeurs républicaines. Si le modèle actuel dysfonctionne, c’est uniquement parce que tout est mis en œuvre pour qu’il dysfonctionne… C’est pourquoi je le redis : à chaque proposition dans le texte, nous devons nous demander en quoi elle améliore les problèmes posés et si ces propositions n’y répondent pas alors quel est leur but réel ? C’est précisément parce que ce projet ne nous parle pas à priori que le travail de décodage est long, complexe et fastidieux. C’est précisément parce qu’il ne nous parle pas qu’il faut le faire parler, et parce que ceux qui le portent sont déterminés à nous y perdre. Nous n’avons pas le droit de nous dispenser de sa compréhension profonde. Je n’ai bien sûr aucune leçon à donner mais le sujet me tient trop à cœur pour ne pas vous mettre en garde mes chers collègues sur les conséquences d’une politique dont nous voyons déjà chaque année les dégâts sur nos conditions de travail, ainsi que celles des élèves. J’en veux pour preuve les heures d’enseignement qui disparaissent chaque année malgré la hausse des effectifs, les 45 heures supprimées cette année encore sur notre dotation horaire dans notre lycée et contre laquelle le CA a voté une motion ce jeudi 1er février. Bien sûr, faites-vous votre propre avis sur la question. Je vous donne le mien non pas comme une injonction mais comme un exutoire personnel, car j’ai ici besoin de m’exprimer. Je suis en effet très inquiet de ce qui se prépare, et je ne crois pas être le seul...   Un certain nombre de professeurs dénoncent les projets de réforme du baccalauréat et du lycée, ainsi que la réforme de l'accès à l'université. Alors que notre fonction première est de porter et transmettre les valeurs de la République, on nous impose un projet de réforme qui ne respecte aucunement le processus démocratique prévu par les institutions. En effet, à ce jour (février 2018), le texte n’est passé qu’en 1ère lecture à l’assemblée nationale et n’est donc pas officiellement adopté. Pourtant, les professeurs sont sommés de le mettre en œuvre dès à présent. Un certain nombre de collègue dénoncent la méthode antidémocratique et autoritaire du gouvernement pour la mise en application anticipée et accélérée d’une réforme dont nous ne sommes pas d’accord sur le fond à bien des égards.      À la lecture du rapport Mathiot, il ressort que ce qui se prépare est une révolution idéologique qui vise à détruire les fondements même de l’école de la République et les valeurs fondamentales qu’elle portait jusqu’à présent. Bien sûr rien n’est présenté comme tel dans les objectifs affichés, car il impératif pour le gouvernement de ménager notre mécontentement, plutôt que de le prendre en considération... Il faut pourtant déchiffrer l’origine idéologique de ces réformes. Il faut bien comprendre quel est l’objectif du gouvernement : la mise en application de la politique économique libérale prévue par l’OCDE et L'UE, progressivement mise en place depuis plus de 20 ans, sous prétexte d’austérité nécessaire. Pourtant s’il y a bien un domaine sur lequel il ne devrait jamais être question de faire des économies, c’est assurément sur l’éducation de nos enfants, car ils sont les futurs créateurs d’avenir et les passeurs d’Histoire de demain. Dans ces réformes, le prétexte d’austérité n’est qu’un arbre de communication qui cache la forêt idéologique et sournoise dont il nous est interdit de discuter la légitimité s’agissant pourtant de missions très spécifiques de l’école qui ne saurait être une entreprise, ni ses élèves des marchandises. Je m’alarme donc qu’on atteigne aujourd’hui le point de non-retour, la fin bientôt définitive des valeurs de l’école publique et égalitaire, les seuls valeurs pour lesquelles mon métier a encore un sens.          Désormais, le lycée ne sera plus un lieu d’émancipation, d’éducation et de partage de notre culture française construite autour de l’égalité et de la fraternité. L’école qu’on nous promet sera une institution de mise en compétition de chacun contre tous avant même que ne soient enseignées nos valeurs communes, avant même que nos jeunes ne soient émancipés dans un esprit critique et par des savoirs disciplinaires transmis par nos prédécesseurs qui les ont eux-mêmes acquis dans le temps long de notre Histoire commune. On nous promet une école qui classe au lieu de former, qui préfère les grilles de compétences normalisées et la mise en algorithme comptable de critères quantitatifs, plutôt que la mise en valeur des sensibilités qualitatives et de l’histoire humaine et sociale.   L’école deviendrait donc une institution qui organise le recrutement des élèves pour les entreprises, une agence d’enregistrement des futurs effectifs disponibles sur le marché du travail, futurs intérimaires aux statuts précaires, noyés dans la masse salariale, dévoués corps et âme pour le salaire minimal qu’autorise leur soi-disant « réussite » vis-à-vis de leurs camarades de promotion qui auraient « moins bien réussi ». Pourtant au final, il n’y a que 50 000 postes non pourvus à cause de l’inadéquation entre la formation et le besoin, mais en revanche il y a toujours 3,5 millions de chômeurs et seulement 500 000 places disponibles sur le marché de l’emploi...."    ( __Affaire à suivre...)___________________

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Paradis fiscaux (suite...sans fin?)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

D'ici et d'ailleurs.
                              Enjeux géopolitiques.
   Officiellement, ils auraient disparu, ou presque.
  Cela fait des années que certains proclament que le ménage a été fait, qu'ils n'existeraient même plus. Miracle du verbe! De la part de Moscovici et des autres.
      Pourtant, la fête paradisiaque continue, malgré les dénégations, de manières diverses et variées
Aux dépends des budgets publics, de la redistribution et de l'investissement productif.

Beaucoup de gesticulations médiatiques à ce sujet  de la part de l' OCDE et de pays pourtant directement concernés...
    La grande évasion continue, sous des formes toujours plus sophistiquées et plus ou moins "légalisées".
   Le feuilleton de l'évasion fiscale continue...
                          "   Loin d être un nouveau catalogue des différentes techniques de l'évasion fiscale tentative vouée généralement à l échec tant l' astuce des fiscalistes est sans limite et la réglementation en perpétuel changement , loin d être une démonstration apportant une impossible solution définitive aux dérives de la finance offshore, ce livre retrace par l histoire les enjeux géopolitiques qui ont toujours dominé le sujet des paradis fiscaux. Si, depuis la crise économique de 2008, l' opinion publique a pris conscience du phénomène, l actualité nous montre que l on est loin des déclarations du président français de l époque affirmant : « Les paradis fiscaux, c est fini ! ». SwissLeaks, LuxLeaks, affaire UBS, etc., chaque mois apporte son lot de scandales. 
     La raison en est simple : les paradis fiscaux ne sont pas un problème pour les grandes puissances tant qu elles réussissent à conserver leur pré carré offshore. Toucher à ces territoires, c est toucher à leur contrôle sur le système financier mondial et donc à leur souveraineté. Loin d être à la marge, la finance offshore est au coeur du capitalisme financier et chaque puissance lutte pour gagner en influence ; le règlement FATCA américain en est un parfait exemple. Ni sujet financier ou fiscal, ni sujet juridique, les paradis fiscaux sont le nouveau grand jeu des rivalités de pouvoir géopolitique entre puissances impliquant aussi certains lobbies industriels et financiers. Destiné au plus grand nombre et illustré de cas concrets, l' angle inédit proposé satisfera autant le lecteur curieux que le connaisseur souhaitant un éclairage nouveau. Il est temps de considérer le paradis fiscal comme une représentation, une construction géopolitique, afin que le débat soit enfin abordé sous son vrai visage...."

Le problème des paradis fiscaux dépasse largement le cadre fiscal, il remet en cause la souveraineté des États et le consentement des peuples à mettre en commun des efforts - via l’impôt – pour financer un choix de société. Il est donc majeur.
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Et nos forêts?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une richesse malmenée. Une gestion pas comme les autres.

          La France reste un pays où la forêt reste remarquable par sa surface et la diversité de ses essences. Malgré les canicules successives dans certaines régions, qui affectent surtout les conifères par un développement important de scolytes qui force à l'abattage, nous n'en sommes pas comme dans certaines régions du monde où les pics extrêmes de chaleur deviennent extrêmement problématiques.                                                                             Mais les garde forestiers sonnent le tocsin, dénonçant la dérive purement commerciale de la gestion des bois et revendiquant une vision de l'avenir avec d'autres enjeux. "...L’ONF n’est pas en déficit, il est en manque criant de financements, c’est différent ! Le vocabulaire que l’on utilise a un sens. Un service public existe parce qu’il répond à des missions d’intérêt général qui nécessitent des investissements sur le long terme ; il n’a pas pour but premier d’être rentable. L’ONF a un rôle de protection et de police qui ne peut pas répondre à des objectifs purement financiers. Nos forêts ne sont pas des usines à bois. Elles captent le carbone, filtrent l’eau, préservent la biodiversité. Ce sont d’abord et avant tout des biens communsNous devons donc changer le modèle économique de l’ONF. Aujourd’hui, il est clair que nous ne pouvons plus financer un service public principalement avec les recettes issues de la vente du bois des forêts publiques. Depuis plusieurs décennies, les cours du bois sont orientés à la baisse comme la plupart des matières premières agricoles. En trente ans, la récolte en forêts d’État a augmenté de 30 % mais les recettes ont diminué de 30 %. Cela ne peut plus continuer ainsi, d’autant que la situation risque de se dégrader davantage avec le changement climatique, l’augmentation des sécheresses, des tempêtes et des pathogènes. Nous devons rompre avec ce modèle qui pousse au productivisme au détriment des écosystèmes...".                                                                                                                        Un modèle de gestion économique qui coûte cher: nous exportons du bois qui nous revient en meubles que nous ne fabriquons plus chez nous. Et une déforestation accélérée dans d'autres pays.    La France peut se vanter de posséder un domaine forestier parmi les plus importants et les plus variés d'Europe, dont la gestion ne peut être laissée au hasard, aux bons vouloirs des autorités locales et surtout des particuliers, voire des lobbies commerciaux, mais elle suppose surveillance, contrôle, gestion dans le temps avec une vision d'avenir, pour une pérennité garantie dans la diversité des adaptations au cours du temps. 

 

         Les arbres se développent  au-delà de nos courtes vies, de nos projections limitées et on en connaît mieux l'importance d'un point de vue écologique. Ils ne sont donc pas seulement des éléments "bons à abattre" pour le chauffage ou les scieries, ils nécessitent surveillance, soins, intelligence et souci d'avenir. Les ventes de bois sont nécessaires, de manière raisonnable, souvent dans l'intérêt même de la forêt elle-même.                                                                                                                                      ______ Mais, depuis un certain nombre d'années, le monde des forestiers vit assez mal les différentes réformes qui affectent leur activité et qui se profilent à l'horizon. Certaines les touchent particulièrement, dans la tendance constatée un peu partout, sous la pression libérale, notamment celle consistant à privatiser leur fonction et à réduire drastiquement leur nombre, dans la perspective d'une gestion à court terme et au nom de la rentabilité, qui ne serait pas au rendez-vous.              ___Un grand nombre de forestiers sont en plein désarroi et le font savoir, malgré leur petit  nombre. Les nouvelles tendances gestionnaires, comme la spécificité de leur statut particulier, les mènent à se manifester, à sortir de leur silence traditionnel. Ils dénoncent purement et simplement un démentèlement de l'ONF ainsi que certaines dérives mercantiles, qui ne sont pas propres à leur secteur d'activité.   IL s'agit de la forêt publique, qu'ils estiment en danger, toutes associations réunies. Ils remettent en question une tendance lourde ou insidieuse:               ___ "....En proposant de généraliser les possibilités de recrutement d’agents contractuels de droit privé, cet article acte une dérive qui s’est installée depuis plusieurs années au sein de l’Office : le remplacement de fonctionnaires assermentés par des salariés de droit privé. Depuis trois ans, les concours de recrutement de techniciens forestiers fonctionnaires sont bloqués et les postes de gardes forestiers sont affectés massivement à des contractuels. La conséquence de cette politique est un affaiblissement de la protection des forêts. Au quotidien, les agents forestiers sont soumis à de nombreuses pressions pour couper davantage de bois, fermer les yeux sur des dégâts causés par l’exploitation forestière, sur des dérives liées à la pratique de la chasse ou encore sur des décharges sauvages en forêt. Le fait d’être assermenté leur permet de résister à ces pressions et donc de protéger au mieux la forêt et l’intérêt général. Pourtant, le projet du gouvernement est de confier à des salariés de droit privé l’ensemble des missions actuellement exercées par des fonctionnaires, ce qui inclut, par exemple, la recherche et la constatation des infractions pénales en matière forestière. Une incongruité relevée par le Conseil d’État et corrigée par le Sénat qui a amendé le texte pour préciser que seuls les agents assermentés sont habilités à rechercher et à constater ce type d’infractions. Les amendements apportés par le Sénat ne règlent qu’en apparence le problème car, depuis 30 ans, le nombre de gardes forestiers assermentés est passé de 9000 à 3000 sur l’ensemble des forêts publiques soit 10% du territoire. L’application en l’état de l’article 33 de la loi ASAP permettrait d’en réduire encore fortement le nombre au détriment de la protection des écosystèmes forestiers. Travaillant le plus souvent seuls et avec des surfaces de forêts à gérer toujours plus grandes, les agents assermentés ne sont déjà plus en capacité de remplir les missions de protection qui leur sont confiées par la loi. Alors que les réformes de l’ONF se succèdent depuis 15 ans, ils dénoncent une perte de sens de leur métier. Les liens de confiance qui s’étaient tissés entre l’ONF, les élus et les citoyens s’étiolent peu à peu. Tout ceci a des conséquences dramatiques : depuis 2005, on recense plus de 50 suicides à l’ONF, un taux plus fort qu’à France Télécom (devenu Orange) rapporté à l’effectif...."__

 

            Les risques de surexploitation ne sont pas un fantasme. Les dégradations sont là, les pressions sont fortes. Le climat est délétère. Nos forêts nous survivront certes, mais dans quel état? Même  si, comme on le dit, la nature reprend ses droits. Les confrontations sont vives entre les purs "marchands" et les partisans d'une saine gestion à long terme d'un patrimoine inestimable...pas seulement financièrement.   Il reste encore trouver un équilibre entre un colbertisme revu et adapté et le nouvel esprit gestionnaire...._______

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Quand les curés (re)convoleront

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

                                      [Notes pour une recherche]
         C'est peu de dire que l'Eglise catholique connaît des difficultés internes. (*)
       La foi ne va plus de soi et les traditions se perdent, avec l'érosion de la pratique religieuse.
  Le recrutement ecclésiastique  pose problème à la hiérarchie et on découvre que des prêtres sont souvent compromis dans des affaires de sexualité ...un peu particulière, ou plus régulière.
     Du moins on en parle.
  La question de la sexualité a toujours fait problème dans l' Eglise catholique. Plus ou moins selon les époques. 
     L'idéalisation de la vierge, l'antiféminisme récurrent, la peur de l'enfer ont souvent joué un rôle majeur, surtout depuis St Augustin. Un long et profond refoulement se met en place.

 


  "Depuis le péché originel, pense-t-il, dans un contexte d'invasion barbare, l'humanité est en danger de condamnation imminente. La femme en est la cause puisqu'Ève a cueilli la pomme la première. Alors que le Christ ne parle jamais du péché d'Ève, Augustin inscrit quasi génétiquement ce péché dans la nature humaine et, plus gravement, dans la nature de la femme. Cette certitude, ancrée dans la pensée médiévale, sera dogmatisée par une longue série de théologiens, depuis saint Anselme, au XIIe siècle, jusqu'à saint Thomas qui, au XIIIe siècle, renforcera le préjugé par la doctrine de la loi naturelle, sur laquelle les théologiens chrétiens n'auront aucun mal à s'accorder avec ceux de l'islam, puisque les uns et les autres, tous masculins, se référeront au second récit de la Genèse..."
    Ce qui n'empêcha pas par la suite maints écarts. Jusqu'au plus haut niveau.
   Aujourd'hui, l'Archevêque d'Arles lancent un pavé dans la marre du conformisme. Mais un petit pavé seulement.
    L'histoire montre que le célibat des prêtre fut valorisé de plus en plus.


 Latran II constitua un tournant

   Le Concile de Trente établit que le célibat et la virginité sont supérieurs au mariage et des injonctions papales incitaient à sortir des griffes des femmes. ...«Celui qui dit que l’état conjugal est préférable à l’état de virginité et de célibat, qu’il soit anathème.    Le célibat des prêtres  fut toujours objet de doute et l'hypocrisie régna jusqu'à aujourd'hui.       Une histoire compliquée, qui fait toujours objet de polémique chez les croyants.                      Quand l'Eglise d'Occident sortira-t-elle de l'ambiguité, qui renforce son discrédit?_
____
      (*)   L’Eglise catholique est dans la tourmente. Et elle risque de le rester longtemps encore. Le scandale de la pédocriminalité au sein du clergé, séisme planétaire, n’a cessé de s’étendre, sans que la hiérarchie ecclésiale y apporte les réponses attendues, espérées des fidèles comme de la communauté internationale. La sortie en février 2019, dans une vingtaine de pays, de Sodoma, l’enquête de Frédéric Martel sur les mœurs du Vatican, a ajouté au trouble. On referme le livre sidéré par cet invraisemblable voyage dans une contrée aux mœurs exotiques, peuplée de très vieux messieurs vivant un stupéfiant entre-soi, constituant selon l’auteur « une des plus grandes communautés homosexuelles du monde ». Où sont les femmes ? Ce sont elles qui pourraient sauver l’Eglise catholique. Religieuse dominicaine et théologienne, Véronique Margron a écrit Un moment de vérité, non pas pour « ajouter une colère à une autre », mais pour proposer des voies « afin de sortir de ce désastre ». Tout autre est le ton de Christine Pedotti dans Qu’avez-vous fait de Jésus ?, directrice de Témoignage chrétien, dont le livre interpelle et « sermonne » la hiérarchie avec colère et tristesse. Selon elle, la conception d’un prêtre tout-puissant est à l’origine de tous les abus.(V.R.)____
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Ça ruisselle, ça baigne...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Il était une fois un Président,     ___(Bis repetita)

                            Qui croyait encore à la théorie du ruissellement.
             Plus vous favorisez la fortune des riches, surtout des super-riches (qui le méritent bien), plus vous favorisez des retombées pécuniaires bénéfiques sur les fainéants les moins chanceux, les moins favorisés, les exclus de l'héritage.
     Même si tous le monde a vocation à devenir millionnaire milliardaires, avec un peu de bonne volonté.
   Plus l'argent est abondant en haut, plus il ruisselle vers le bas. Le trop-plein contribue à arroser les "basses" classes.
   C'est comme une merveilleuse loi physique appliquée au monde social et économique, qui fait qu'il y a finalement une justice, un relatif équilibre qui se crée. Les grandes fortunes, pour croître encore, ne peuvent qu'investir et de ce fait donnent du travail à ceux qui en sont dépourvus.
    CQFD. Aussi évidente que la main de Dieu qui règle invisiblement les marchés en équilibrant les échanges et les transactions pour le bien de tous, par une concurrence d'autant plus bénéfique qu'elle est moins régulée.
  Merveilleux fonctionnement!
       C'est la fameuse théorie du ruissellement, remise au goût du jour (libéral) par Mme Thatcher, fidèle lectrice de Friedman, qui continue à inspirer des décideurs d'aujourd'hui.
  Réjouissons-nous donc qu'on assiste à une montée "fulgurante" de la très grande richesse. Plus il y a de riches, moins il y aura de pauvres. L'équation est simple. La fortune des 500 Français les plus riches, nous dit-on, fut multipliée par sept en vingt ans. Mais on peut encore progresser sur cette voie féconde.
    Il est réconfortant de penser que Mr Macron applique lui aussi le principe de modération vis à vis de ceux que le sort a désignés comme les plus méritants. Il ne faut pas trop charger la barque, sous peine de la voir couler et de voir s'envoler loin de chez nous des sommes considérables, qui éviteraient bien des ponctions cruelles, notamment dans les budgets sociaux. Des sommes dont on nous dit qu'elles sont irrécupérables, qui représentent peu ou prou les PIB respectifs de la Norvège et de l'Autriche. 
 Pour éviter que certains indélicats aillent là où l'herbe est plus verte, il est logique de les retenir en les taxant le moins possible...C'est logique. Pas de quoi être troublé.
  Pitié donc pour les yachts et les lingots!   Ma cassette, ma cassette!
   ______ Mais, mais...on me fit dans l'oreillette que il y a un os. L'économie n'est pas une science exacte, surtout quand elle émane des hauteurs décisionnelles du moment  et il est des esprits sensés qui doutent que la théorie du ruissellement, même remise au goût du jour, ait un quelconque fondement. L'intuition et le quasi-bon sens seraient trompeurs.
         Et si c'était une fable?
                                      On constate en effet que, notamment dans la zone euro, force est de constater qu'il existe beaucoup d’épargne et pas assez d’investissement. Jamais l’écart n’a été si grand entre l'une et l'autre. L’excédent du compte courant de la zone a atteint 360 milliards d'euros en 2016, soit plus de 3% du PIB ! Le sous-investissement ne vient donc pas du fait qu’il n’y aurait "pas assez d’argent qui ruisselle". Il est lié à d’autres facteurs : la faiblesse de la demande, le vieillissement de la population, etc. La faiblesse des taux d’intérêts à long terme reflète cet excès d’épargne : si la demande de crédits pour investir est faible et l’offre est forte, le prix d’équilibre de l’argent est bas.
    De même, les augmentations de capital et les introductions en Bourse sont rares, comparées à d’autres périodes. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif, dit le proverbe. L’épargne file donc à l'étranger ou se déverse sur des marchés d’actifs (actions, immobilier…) dont les prix grimpent de façon stérile. S’ils en avaient la volonté, les pouvoirs publics pourraient résoudre ce problème de déséquilibre entre l’épargne et l’investissement, par de l'investissement public par exemple. Les projets ne manquent pas : transition énergétique, modernisation numérique... Mais cela passe par une explication franche avec l’Allemagne, qui est pour l'heure la principale productrice d’excédents."
      Aïe, aïe! ça ne marche pas...
                 Emmanuel Macron ­espère peut-être que l’accroissement des richesses des plus nantis bénéficiera à tous. Il serait alors bien mal informé. La totale déconnexion entre l’évolution des plus hauts revenus et ceux du reste de la population est ­désormais bien documentée", écrit ainsi l’économiste Thibault Gajdos jeudi dans Le Monde. "Thomas ­Piketty et ses collègues ont établi qu’entre 1983 et 2014, les 1 % les plus riches avaient capté 20 % de la croissance économique, soit autant que les 50 % les moins riches. Cela suffit à démontrer l’inanité de cette ‘théorie du ruissellement’", insiste-t-il.
      "Toute forme d’investissement ne crée pas des emplois". Mais l’efficacité même de la doctrine est aussi contestée. "Le surcroît d’épargne rendu possible par l’enrichissement des plus riches ne vient pas, ou plus, alimenter l’investissement. Si cette relation était automatique, l’économie mondiale ne serait pas piégée par un sous-investissement chronique", considère Gaël Giraud, du CNRS. Par ailleurs, "depuis le début des années 1990, on assiste à l’apparition de reprises de croissance du revenu national (d’abord aux États-Unis puis en Europe) qui ne s’accompagnent pas d’une hausse d’emplois. La preuve du fait que toute forme d’investissement ne crée pas nécessairement des emplois", conclut l’économiste.  "
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De la théorie généralisée du ruissellement
- L’art de faire ruisseler les riches
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Deux visages de l'Amérique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Contrastes
            Quand on aborde ce quasi-continent, il faut s'attendre à des surprises, tant les contrastes sont grands, les inégalités sont profondes.
          A tous points de vue.
    L'histoire du pays, de sa formation, explique en partie cela.
   Le pays des extrêmes présente notamment des aspects économico-sociaux très différents, selon les lieux, les mentalités, les Etats, les législations.
      Deux exemples extrêmes constatés aujourd'hui:
              San Francisco, ville un peu mythique, attirante, a tout pour séduire. Depuis ses origines modestes, elle a bien changé. Elle est en passe de devenir une des villes les plus chères et d'englober en son sein un très grand nombre de sans-abri et de déclassés de toutes sortes.
  Les nouveaux super-riches envahissent de plus en plus la ville tandis que les homeless progressent encore, avec moins d'espace d'accueil.
    Si on compare avec Paris, c’est deux fois plus pour une population trois fois moindre (3 641 SDF dans la capitale française pour 2,4 millions d’habitants ; 7 500 à San Francisco pour 884 000 habitants)



        A Dallas (pourtant réputée impitoyable...), un procureur texan tente de faire preuve d'une mansuétude inattendue vis à vis des plus pauvres, parfois poussés au vol pour survivre. Seulement pour survivre. Pour des produis vitaux de base.


   Allant à l'encontre des réactions de certains de ses confrères et des responsables de la police, il déclare, non sans bon sens, que  «Nous avons tendance à sur-criminaliser en Amérique et cela commence avec les pauvres et avec les personnes de couleur. Tout le monde le sait, tout le monde dit qu'il faut faire quelque chose, mais personne ne fait jamais rien et c'est pour cela que j'ai décidé d'agir», a expliqué CreuzotLe nouveau procureur veut aussi réformer le système de paiement de caution, suivant lequel des personnes qui ne peuvent pas payer se retrouvent bloquées en prison en attendant leur procès pour des délits relativement mineurs...."
      Une proportion effarante de noirs hante les prisons américaines, de noirs pauvres, et de blancs tout aussi démunis qui y végètent pour des délits mineurs sans pouvoir payer de caution...
       La voix de John Creuzot a-t-elle quelque chance de porter?....
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L'art de blanchir

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Plus blanc que blanc.

                            Il n'est pas seulement question d'argent et de ses aventures transfrontalières. On attendait d'une agence européenne s'occupant de sécurité alimentaire qu'elle soit soucieuse de rigueur dans ses travaux de recherche.
    Or, il semble bien que ce ne soit pas le cas. Il y a plus que des doutes.
    C'est même un cas d'école de désinformation.           Même sur les réseaux sociaux. 
   Normalement, L'EFSA s’engage à fournir des avis scientifiques de la plus haute qualité, fondés sur l'expertise de son réseau de scientifiques et de ses collaborateurs, ainsi que sur la qualité de ses informations et de ses méthodologies scientifiques qui respectent les normes internationalement reconnues. [...] L'EFSA s'engage à préserver l'indépendance de ses experts, de ses méthodologies et de ses données de toute influence extérieure.... 
        Pour cinq ans encore, on tolérera l'utilisation du glyphosate, la star des herbicides, même si la France est "autorisée" à prendre des mesures d'interdiction.
   La FNSEA est sous influence et beaucoup d'agriculteurs, souvent victimes du produit, sont  déstabilisés:
                  "Pourtant, d'autres cultivateurs rencontrés par franceinfo ont fait le choix de se passer de l'herbicide, comme Alain Davy, agriculteur dans l'Orne. "Ce n'est pas évident", reconnaît-il. Mais il a réussi à trouver un nouveau mode de fonctionnement, en misant sur une rotation plus fréquente des cultures, pour les empêcher de repousser et en ayant recours au désherbage mécanique pour les herbes les plus résistantes. Sa production a certes chuté de 20%, mais sans herbicide, ses coûts ont aussi baissé de façon "phénoménale", ce qui compense largement la baisse des rendements.
"Les alternatives économiques viables existent, confirme Carmen Etcheverry. Mais il n'y aura pas une solution unique." L'agronome avertit : "Même si les industriels ont déjà dans leurs cartons d'autres molécules pour l'après-glyphosate, ce serait absurde de remplacer une molécule chimique par une autre." Il faut "repenser les systèmes de production" et prendre en compte les spécificités des territoires, des exploitations."
     La "reconversion" au bon sens sera longue et difficile, dans le contexte d'une concurrence souvent faussée générant un productivisme déstabilisant.
  Un des pires scandales sanitaires du XXIe siècle risque encore de durer, d'autant plus que les firmes incriminées savent utiliser avec habileté le double langage et l' arme du doute
   La question en débat crée des remous politiques notamment chez nos voisins allemands, l'empire de Bayer.
    Ce qui est sûr, c'est que le combat, qui va au delà de la firme américaine,  est loin d'être terminé.
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Le silence est d'or

Publié le par Jean-Etienne ZEN



Ecouter le silence...
                             Paradoxe: le silence, on le recherche ou on le fuit. C'est selon.
  Le bruit, que nous attire parfois, nous fatigue et nous épuise.
Il arrive que le silence nous pèse et nous angoisse.
    Ce n'est pas seulement une question de tempérament,de culture ou d'éducation.
Le silence imposé peut être une torture.
     Le bruit peut finir par nous anéantir.
   Il est des silences pesants, voire oppressants et des silences pleins et féconds. 
   Qui ressourcent et libèrent, dans notre civilisation où dominent le bruit permanent, la saturation des ondes, les bavardages incessants, futiles ou plus ou moins savants.
  De toute manière, le silence n'est que relatif et ne peut être que provisoire.
   Si je fais silence dans la nature,  d'infimes bruissements me surprennent et mille bruissements m'habitent..
                   Le silence n'est pas seulement une absence de bruit. Il peut être plein de sens dans certaines occasions. Il constitue un élément structurant de la parole et de la musique. Il est des silences éloquents.
   Alain Corbin, spécialiste des petits riens, de la vie qui souvent nous échappe, historien du sensible et du silence, a célébré et réhabilité l'odorat.
  Le voilà qui se penche sur le silence, ses formes, ses modalités culturelles. Une recherche peu banale, mais féconde.
     Il s'intéresse aux archives du silence, notant qu'aujourd'hui «La société enjoint de se plier au bruit afin d’être partie du tout.» Il y a une peur du silence «liée à l’effroi de se trouver face à soi» 
     C'est dire qu'il y a un rapport étroit entre la qualité du silence et l'état intérieur.
              Pour certains, les yeux peuvent être des oreilles.
                        Mais place au silence... 
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Et pourtant...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Elle tourne toujours...la terre.

     Ce n'est pas une défaite française qui va modifier son orbite. Un épiphénomène dans l'histoire du monde et même dans celle du foot. Un sport qui n'est plus ce qu'il était, du moins à ce niveau, dans le système tel qu'il est.

       Ce n'est qu'un  jeu. On finirait par l'oublier, surtout sur le gazon et sur les canapés. Aucun enjeu vital. Depuis qu'un argent fou est venu changer bien des choses.   Moins politique qu'il ne fut, du fait de l'internationalisation des équipes et de la marchandisation des épreuves, où des sommes considérables sont investies.

   Le ballon rond reprend du service comme il peut dans ces temps compliqués où le public est invité à rester encore devant son écran pour soutenir son équipe. Le covid cloue les fans à la maison.
     Ce sport en crise réémerge après des mois de convalescence. Mais il n'est pas pour autant au mieux de sa forme. Surtout si, faisant un peu d'histoire, on compare son état d'aujourd'hui avec ce qu'il fut dans ses temps les plus florissants et les plus populaires, loin du business qui s'est emparé de lui au niveau professionnel.
      Il a évolué du meilleur au pire.

         Ce qu'est le foot devenu.
   La fête est repartie et avec elle des prises de position pour le moins contrastées.
      Il est vrai qu'il y a matière à débat au sujet de l'évolution récente de cette pratique sportive. populaire, qui a changé plus que dans son esprit, devenu un marché sur le plan international.
   Un sport qui remonte à loin, sous des formes variées et peu codifiées. On en trouve déjà des manifestations dans l'ancienne Chine avant de le voir éclore dans le berceau anglais, puis un peu partout dans le monde.
   Cette pratique, qui continue à enthousiasmer les gamins, à attirer des foules autour d'un club fétiche, n'est pas à l'abri de dérapages et parfois de violences dans certains cas. Violences racistes en Italie, violences d'une certaine jeunesse en Algérie.
    Mais il semble être devenu malade au plus haut niveau, atteint d'une pathologie qui affecte notre société toute entière, miné par des pratiques financières de tous ordres, souvent critiquées mais pas toujours transparentes (pour utiliser un euphémisme). sous l'oeil indifférent des pouvoirs publics.
 C'est tout un système qui a changé, depuis que le monde des affaires a envahi l'univers des stades, dénaturant les pratiques sportives et l'esprit du jeu.
   Le foot mérite bien mieux que ce que la FIFA en a fait.
       Avec les pratiques financières les plus folles, le jeu est devenu aseptisé
 Rien à voir avec les équipes d'avant ces trente dernières années, à Lens ou ailleurs.
   Pour les jeunes, le sport professionnel est devenu un contre-exemple.  il n'est plus guère l' instrument d'émancipation qu'il fut.
   De dérives en dérives, il détourne de plus en plus de personnes autrefois motivées.
        Des millionnaires courant après un ballon, c'est un peu simple, mais pas si caricatural que cela.     Le business est partout.
     Ils nous ont volé notre football, disait quelqu'un avec une certaine justesse.

Une chose est sure: le ballon ne tourne pas très rond.
     Foutu, le footIl reste encore parfois de bons restes.
         Même si on partage pas tous les éléments de cet avis tranché:
             L’économie politique du football est (donc) de part en part une économie politique capitaliste – n’en déplaise à ses thuriféraires de ‘‘gauche’’ – parce que la logique du profit en a fait une entreprise comme une autre, avec ses employeurs, ses actionnaires, ses salariés, ses rapports d’exploitation, ses stratégies financières, ses conflits d’intérêts, ses licenciements, ses liquidations et son chômage. L’Empire football est même devenu au fil des ans une vaste multinationale bureaucratique gérant un énorme marché international où circulent des masses considérables d’argent et où s’opposent sans interruption de grandes fédérations dominantes avec leurs championnats réputés (Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne, France, Brésil, Argentine), des clubs d’élite (en Europe : Real de Madrid, Juventus de Turin, Manchester, Barcelone, Chelsea, Liverpool, Inter de Milan, Bayern de Munich, Milan AC, Ajax d’Amsterdam, Arsenal, Benfica, Eindhoven, CSKA Moscou) et des groupes capitalistes qui se disputent férocement l’hégémonie sur ce ‘‘marché porteur’’. Pour comprendre le fonctionnement de cet univers mercantile complexe qui organise une débauche de compétitions, de rencontres et de ‘‘fêtes’’ – championnats nationaux, régionaux et locaux, Coupes du monde, Coupes de l’UEFA, Super Coupes d’Europe, Coupes intercontinentales, Coupes d’Afrique, Jeux Olympiques, Jeux méditerranéens – il ne faut jamais perdre de vue qu’il repose totalement sur une infrastructure capitaliste et que ses modes d’organisation peuvent, suivant les lieux et les époques, combiner plusieurs formes politiques ou idéologiques : le fascisme, le stalinisme, le libéralisme, le travaillisme, la mafia, le poujadisme, le régionalisme, l’islamisme, etc. – ce qui lui donne cette apparence bigarrée de diversité dans l’unité. Malgré ses manifestations nationales très diverses, le football reste cependant partout traversé par la même logique, car il est institutionnellement subordonné à la maison-mère, la mère pondeuse, la Fédération international de football association (FIFA), créée à Paris en 1904. C’est en effet la FIFA qui accrédite les diverses fédérations et ligues nationales de football, qui fixe les règlements et contrôle ses applications, chapeaute les grandes compétitions, en particulier les Coupes du monde, et oriente les grands projets de développement qui visent tous à convertir la planète à la religion profane du ballon rond, à étendre son empire jusque dans les pays les plus réfractaires, bref à piloter la footballisation du monde. La pieuvre a donc étendu ses tentacules sur tous les continents, des grandes métropoles aux plus petits villages : après l’Europe, l’Amérique latine, la Russie, l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, l’Australie, le Japon, l’Asie du Sud-Est, l’Océanie. A sa manière, le football est l’expression de la colonisation capitaliste du monde, et son exportation aux quatre coins de la planète – à partir de son lieu d’origine, l’Angleterre – traduit l’extension du processus impérialiste, sa pénétration dans des zones encore vierges, son insatiable appétit de conquêtes et de surprofits. Le football, porté par la vague déferlante du libéralisme contemporain, tend également à pénétrer l’ensemble des pays, mais aussi à affirmer son monopole idéologique dans l’industrie de l’abrutissement qui caractérise le capitalisme avancé. Le football est, en effet, contrairement aux rêveries idylliques des zélotes qui persistent à y voir un élément de la culture, l’une des principales machineries idéologiques de manipulation, d’endoctrinement et de crétinisation des masses. En cela, le football est bien l’idéologie dominante par excellence parce qu’il correspond exactement aux valeurs préconisées par le capital. […] De ce point de vue le football est bien une forme de tyrannie et d’aliénation parce qu’il favorise la chloroformisation des esprits, l’obnubilation des médias et la sidération des masses : des matches, des buts, des anecdotes, des olas, des hurlements, des insultes, toute la panoplie de l’infantilisation et de la régression au service d’une entreprise de décervelage ou de lavage de cerveau – pour paraphraser Tchakhotine : le viol des foules par la propagande footballistique  »______Mais comment peut-on être fouteux? (à la mode de Montesquieu)    Mais qu'ont-ils donc à courir ainsi en tous sens après cette malheureuse balle en caoutchouc  En la poussant du pied sans jamais s'en emparer?

Le ballon et les ronds

   Sous les clameurs de gens entassés et bariolés, scandant d'étranges slogans et entamant des chants vindicatifs et parfois des cris vengeurs.
    Dans les tribunes, on peut utiliser ses mains, mais pas sur le gazon. Sauf deux, Allez comprendre.
 La logique de cette activité m'échappe, autant que la pelote Maya.
        Mais comment peut-on être persan fouteux?
   Il y a vraiment ici en Europe et ailleurs des activités incompréhensibles. 
 Je ne suis pas le seul à le dire.
            Et ils seraient payés pour faire ça, dit-on.
  Chez nous, en Amazonie, quand on court, c'est pour quelque chose.
   Je me suis fait expliquer par mon hôte l'étrange spectacle vu dans la lucarne du salon.

J'ai fait des efforts, mais je n'ai pas encore tout compris...      ___________________

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