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Vous avez dit austérité?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Vous avez dit austérité?

« Nous sommes au bout d’un monde et on s’accroche aux branches » (A Souchon)

___Cela se vérifie tout à fait pour beaucoup en Grèce (2),au Portugal, en Espagne...

Parfois jusqu'au désespoir.

_Un spectre hante l'Europe: l'austérité

__Notion devenue un thème récurrent imposé par les politiques actuelles de divers pays, comme réalité ou comme perspective.

Non pas les restrictions, le manque, dus passagèrement à une guerre ou les contraintes que l'on s'impose à soi-même par choix pour diverses raisons.

Mais la réduction, parfois drastique, que des institutions imposent à une partie de la population sous la pression d'intérêts économiques et bancaires, pour des raisons qui auraient pu être évitées avec une gestion saine et juste des richesses qui ne manquent pas.

__ Politiques de rigueur qui ne sont que des échecs et qui compromettent à coup sûr le redressement promis, le salut espéré.

Réduction spectaculaires de moyens, malnutrition, renoncement aux soins... frappant les plus démunis, surtout, au coeur de la riche Europe, même en Allemagne.

__ Le programme d’austérité imposé à la Grèce est un désastre

L'Espagne s'attaque à la santé et à l'éducation, etc...

A qui le tour?...

___Austérité parfois jusqu'à la misère, qui n'est que l'effet d'un système dévoyé, vicié à la base, comme aux USA lors de la grande crise de 29. .Même la terrible détresse alimentaire au Sahel ne relève pas d'un fait de nature.

_Ce serait être aveugle de ne pas le reconnaître et de ne pas vouloir en admettre les causes humaines, trop humaines.

_Il n'y a nulle fatalité. De Buenos Aires à Athènes.

Reprendre le contrôle de la finance serait le début de la solution.

Austérité, que de bêtises on peut dire en ton nom et de turpitudes on veut masquer!

_____Pour faire passer la pilule à ceux qui sont les plus exposés et les plus démunis, le discours sur l'austérité, comme au bon vieux temps de la morale puritaines chrétienne traditionnelle, s'accompagne deculpabilisation, dans des termes quasi-religieux où la rédemption est annoncée comme la perspective des restrictions, des souffrances rédemptrices.

_____________On en revient à la morale pour rendre chacun responsable de ce qui lui arrive, pour intérioriser sans critique ni révolte le sort qui lui est fait...

__Un parfum des années trente ? Le discours de Pétain après la défaite jouait déjà aussi sur ce registre. Type de discours réentendu il y a peu "en janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos,(où)son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires »

__Autrement dit: Repentez-vous, mes frères, vous avez trop dépensé, trop succombé à la jouissance, trop profité de la générosité des banques!
Si beaucoup se sont irrationnellement endettés à un moment donné, qui les y a poussés en les trompant? Et si la Grèce a vécu au dessus de ses moyens, n'est-ce pas à cause de la complaisance d'une Europe libérale et de la complicité de Goldman Sachs?

Vivent les marchés, vive la crise et vive la rigueur disaient certains lors de la crise de 1974.

__Mais austérité pour qui? et pourquoi?

Pour que survivent les banques?...

_____________________________________________

___" Rigueur, austérité, efforts, sacrifices, discipline, règles strictes, mesures douloureuses… A force d’assiéger nos oreilles de ses fortes connotations moralisatrices, le vocabulaire de la crise finit par intriguer. En janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos, son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires » (1). Dans Le Point, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert, le décompte de nos bacchanales débridées est plus large : l’éditorialiste déplore « trente ans de bêtises, de folies et d’imprévoyance, où l’on a vécu au-dessus de nos moyens ».

__Dirigeants et commentateurs ressassent le même récit fantasmatique : en se montrant paresseux, insouciants, dispendieux, les peuples européens auraient attiré sur eux, comme une juste punition, le fléau biblique de la crise. Maintenant, ils doivent expier. Il faut « se serrer la ceinture », remettre à l’honneur les bonnes vieilles vertus d’épargne et de frugalité. Le Monde (17 janvier 2012) cite en exemple le Danemark, pays modèle auquel une « cure de patates » a permis de revenir dans les bonnes grâces des agences de notation. Et, dans son discours de prise de fonctions, en décembre 2011, le président du gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy, haranguait ses compatriotes : « Nous sommes confrontés à une tâche ingrate, comme celle de ces parents qui doivent se débrouiller pour nourrir quatre personnes avec l’argent pour deux. »

__De nombreuses voix s’élèvent pour souligner l’imposture de ce raisonnement qui prétend calquer le comportement d’un Etat sur celui d’un ménage. Il escamote la question de la responsabilité de la crise, comme le poids insupportable que l’austérité fait peser sur les populations, dont la seule faute est d’avoir voulu se soigner ou payer les professeurs de leurs enfants. Pour un particulier, la rigueur budgétaire peut être une source de fierté et de satisfaction ; pour un Etat, elle signifie la ruine de centaines de milliers de citoyens, quand elle n’aboutit pas, comme c’est le cas en Grèce, à un sociocide pur et simple. Au Danemark, précisait Le Monde, la « cure de patates » se traduisit par une explosion du chômage et par une réduction drastique des programmes sociaux ; « soixante mille familles perdirent leur logement ». Ainsi, non seulement ce faux bon sens efface magiquement les inégalités sociales et occulte les ravages de l’austérité, mais il préconise, face à la crise, une politique économique qui n’aboutit qu’à l’aggraver en empêchant toute relance par la consommation....

__Jean Calvin estimait que la masse des ouvriers et des artisans « devait être maintenue en état de pauvreté pour rester obéissante envers Dieu ». Le protestantisme creusa entre élus et damnés « un fossé a priori plus infranchissable et plus inquiétant que celui qui séparait du monde le moine du Moyen Age — un fossé qui traça une empreinte profonde dans tous les sentiments sociaux ». Le puritanisme anglais forgea également « une législation sur la pauvreté dont la dureté tranchait radicalement avec les dispositions antérieures... » (M.Chollet)
____- Des économistes lancent un manifeste contre la rigueur

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« Nous sommes au bout d’un monde et on s’accroche aux branches » (A Souchon)

Cela se vérifie tout à fait pour beaucoup en Grèce (2),au Portugal, en Espagne...

Parfois jusqu'au désespoir.

Un spectre hante l'Europe: l'austérité

Notion devenue un thème récurrent imposé par les politiques actuelles de divers pays, comme réalité ou comme perspective.

Non pas les restrictions, le manque, dus passagèrement à une guerre ou les contraintes que l'on s'impose à soi-même par choix pour diverses raisons.

Mais la réduction, parfois drastique, que des institutions imposent à une partie de la population sous la pression d'intérêts économiques et bancaires, pour des raisons qui auraient pu être évitées avec une gestion saine et juste des richesses qui ne manquent pas.

Politiques de rigueur qui ne sont que des échecs et qui compromettent à coup sûr le redressement promis, le salut espéré.

Réduction spectaculaires de moyens, malnutrition, renoncement aux soins... frappant les plus démunis, surtout, au coeur de la riche Europe, même en Allemagne.

Le programme d’austérité imposé à la Grèce est un désastre

L'Espagne s'attaque à la santé et à l'éducation, etc...

A qui le tour?...

Austérité parfois jusqu'à la misère, qui n'est que l'effet d'un système dévoyé, vicié à la base, comme aux USA lors de la grande crise de 29. .Même la terrible détresse alimentaire au Sahel ne relève pas d'un fait de nature.

Ce serait être aveugle de ne pas le reconnaître et de ne pas vouloir en admettre les causes humaines, trop humaines.

Il n'y a nulle fatalité. De Buenos Aires à Athènes.

Reprendre le contrôle de la finance serait le début de la solution.

Austérité, que de bêtises on peut dire en ton nom et de turpitudes on veut masquer!

_____Pour faire passer la pilule à ceux qui sont les plus exposés et les plus démunis, le discours sur l'austérité, comme au bon vieux temps de la morale puritaines chrétienne traditionnelle, s'accompagne deculpabilisation, dans des termes quasi-religieux où la rédemption est annoncée comme la perspective des restrictions, des souffrances rédemptrices.

_____________On en revient à la morale pour rendre chacun responsable de ce qui lui arrive, pour intérioriser sans critique ni révolte le sort qui lui est fait...

Un parfum des années trente ? Le discours de Pétain après la défaite jouait déjà aussi sur ce registre. Type de discours réentendu il y a peu "en janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos,(où)son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires »

Autrement dit: Repentez-vous, mes frères, vous avez trop dépensé, trop succombé à la jouissance, trop profité de la générosité des banques!
Si beaucoup se sont irrationnellement endettés à un moment donné, qui les y a poussés en les trompant? Et si la Grèce a vécu au dessus de ses moyens, n'est-ce pas à cause de la complaisance d'une Europe libérale et de la complicité de Goldman Sachs?

Vivent les marchés, vive la crise et vive la rigueur disaient certains lors de la crise de 1974.

__Mais austérité pour qui? et pourquoi?

Pour que survivent les banques?...

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" Rigueur, austérité, efforts, sacrifices, discipline, règles strictes, mesures douloureuses… A force d’assiéger nos oreilles de ses fortes connotations moralisatrices, le vocabulaire de la crise finit par intriguer. En janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos, son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires » (1). Dans Le Point, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert, le décompte de nos bacchanales débridées est plus large : l’éditorialiste déplore « trente ans de bêtises, de folies et d’imprévoyance, où l’on a vécu au-dessus de nos moyens ».

Dirigeants et commentateurs ressassent le même récit fantasmatique : en se montrant paresseux, insouciants, dispendieux, les peuples européens auraient attiré sur eux, comme une juste punition, le fléau biblique de la crise. Maintenant, ils doivent expier. Il faut « se serrer la ceinture », remettre à l’honneur les bonnes vieilles vertus d’épargne et de frugalité. Le Monde (17 janvier 2012) cite en exemple le Danemark, pays modèle auquel une « cure de patates » a permis de revenir dans les bonnes grâces des agences de notation. Et, dans son discours de prise de fonctions, en décembre 2011, le président du gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy, haranguait ses compatriotes : « Nous sommes confrontés à une tâche ingrate, comme celle de ces parents qui doivent se débrouiller pour nourrir quatre personnes avec l’argent pour deux. »

De nombreuses voix s’élèvent pour souligner l’imposture de ce raisonnement qui prétend calquer le comportement d’un Etat sur celui d’un ménage. Il escamote la question de la responsabilité de la crise, comme le poids insupportable que l’austérité fait peser sur les populations, dont la seule faute est d’avoir voulu se soigner ou payer les professeurs de leurs enfants. Pour un particulier, la rigueur budgétaire peut être une source de fierté et de satisfaction ; pour un Etat, elle signifie la ruine de centaines de milliers de citoyens, quand elle n’aboutit pas, comme c’est le cas en Grèce, à un sociocide pur et simple. Au Danemark, précisait Le Monde, la « cure de patates » se traduisit par une explosion du chômage et par une réduction drastique des programmes sociaux ; « soixante mille familles perdirent leur logement ». Ainsi, non seulement ce faux bon sens efface magiquement les inégalités sociales et occulte les ravages de l’austérité, mais il préconise, face à la crise, une politique économique qui n’aboutit qu’à l’aggraver en empêchant toute relance par la consommation....

Jean Calvin estimait que la masse des ouvriers et des artisans « devait être maintenue en état de pauvreté pour rester obéissante envers Dieu ». Le protestantisme creusa entre élus et damnés « un fossé a priori plus infranchissable et plus inquiétant que celui qui séparait du monde le moine du Moyen Age — un fossé qui traça une empreinte profonde dans tous les sentiments sociaux ». Le puritanisme anglais forgea également « une législation sur la pauvreté dont la dureté tranchait radicalement avec les dispositions antérieures... » (M.Chollet)
- Des économistes lancent un manifeste contre la rigueur

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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Point d'histoire

_ Le 6 août 1945, à 8h15 heure locale, un bombardier B-29 américain baptisé « Enola Gay » larguait sur Hiroshima la bombe atomique « Little Boy »...
Le Japon commémore la tragédie inédite, bientôt suivie d'une autre. Recueillement et interrogations.
___La question se pose toujours à de nombreux Japonais et à d'autres, historiens compris: POURQUOI?
____ Un drame évitable, décidée par Truman en dernière instance, malgré les craintes de Niels Bohr et de certains scientifiques du projet Manhattan, les réticences de certains conseillers et chefs militaires, faisant valoir des arguments contre cette première dans l'histoire humaine.
__ Par exemple, "le secrétaire d'Etat James Byrnes - qui, au Sénat, avait été le mentor de Truman avant que ce dernier n'accède à la présidence après la mort de Roosevelt le 12 avril 1945 - ne le cachait d'ailleurs pas. Leo Szilard, qui l'avait rencontré le 28 mai rapporte ainsi que "Byrnes ne prétendait pas qu'il était nécessaire d'utiliser la bombe contre les villes japonaises pour gagner la guerre. Son idée était que la possession et l'usage de la bombe rendraient la Russie plus contrôlable". Le mot-clé n'est ni "compromis" ni "négociation" mais "contrôlable". Ce que Truman confirma lui-même : "Byrnes m'avait déjà dit [en avril 1945] qu'à son avis la bombe nous permettrait de dicter nos conditions à la fin de la guerre."
__ La [destruction] d'Hiroshima et de Nagasaki servit donc de prélude et de prétexte à un déploiement mondial de la puissance économique et diplomatique américaine. Après l'explosion, couronnée de succès, de la première bombe atomique, le 16 juillet 1945, dans les sables du désert du Nouveau-Mexique, Truman avait décidé d'exclure l'URSS de tout rôle significatif dans l'occupation et le contrôle du Japon. Le même personnage, alors sénateur, répondant à Roosevelt qui plaidait pour un prêt-bail à une URSS en proie aux pires difficultés, s'était exclamé : "Si nous voyons que l'Allemagne est en train de gagner la guerre, il faudrait que nous aidions la Russie, et si la Russie est sur le point de l'emporter, il faudrait que nous aidions l'Allemagne, pour qu'ils s'entretuent le plus possible." L'arme [de destruction] massive ne fit pas l'unanimité au sein du petit noyau des décideurs..."
__Plus tard, e "Dans ses mémoires, l'amiral Leahy, chef d'état-major particulier des présidents Roosevelt puis Truman, expliquait :
"_Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre. (...) L'utilisation à Hiroshima et à Nagasaki de cette arme barbare ne nous a pas aidés à remporter la guerre. (...) En étant le premier pays à utiliser la bombe atomique, nous avons adopté (...) la règle éthique des barbares."
_
__Quant au général Eisenhower, qui dénonça plus tard les dangers du complexe militaro-industriel, il écrivait lui aussi dans ses Mémoires : "À ce moment précis [août 1945], le Japon cherchait le moyen de capituler en sauvant un peu la face. (...) Il n'était pas nécessaire de frapper avec cette chose horrible."
_____ _ 6 août 1945 - Une bombe atomique sur Hiroshima.
"... L'opinion publique ne prit guère la mesure des événements qui venaient de se produire ces 6 et 9 août 1945. Ainsi le quotidien français Le Monde titra-t-il le 8 août 1945, comme s'il s'agissait d'un exploit scientifique quelconque : « Une révolution scientifique. Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon ».
Parmi les rares esprits lucides figure le jeune romancier et philosophe Albert Camus, qui écrit dans Combat, le même jour, un article non signé : « Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles ».
_Document d'Arte
__Le premier témoignage de John Hersey. - Le constat. - Nous avons vu trois avions...
__ Débat toujours en cours sur les véritables raisons de la destruction d'Hiroshima.
__ Une autre interprétation...et ici, et là.
__ Diplomatie et ambigüité
___ D
e Hiroshima à Fukushima.

_______________________________________

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Haro sur l'Allemagne?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Haro sur l'Allemagne?

Allemagne ambiguë

___________L'Allemagne est souvent mise en accusation, ou plutôt la politique menée par sa chancellière, sa coalition en voie de fracture et les intérêts qu'elle représente.

L'OIT n'y va pas par quatre chemins. Pour elle, l'Allemagne est responsable de la crise en zone euro, soulignant le fait de "la politique salariale "déflationniste", mise en place en Allemagne ces dix dernières années : "Les coûts du travail en Allemagne ont chuté depuis une décennie par rapport aux concurrents, mettant leur croissance sous pression, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques".

_In Deutschland auch...L'unanimité ne règne pas sur le ligne à suivre, loin de là.

_Joschka Fischer n'a pas de mots assez durs à l'encontre de la politique d'austérité imposée par Angela Merkel

________À quel jeu joue l’Allemagne ?

__Souhaite-t-elle sans le dire le départ de la Grèce de la zône euro?

Selon l'économiste J.Sapir,"... nous voyons se mettre en place petit à petit le mécanisme d’une sortie de la Grèce de l’Euro, solution ouvertement envisagée par le Ministre Allemand de l’intérieur. Ces déclarations, qui ont le mérite de la clarté, soulèvent un autre problème. Quels que soient les démentis, il est clair qu’un membre du gouvernement ne s’exprime pas à la légère, surtout en Allemagne. Il y a au moins un débat important au sein du gouvernement Allemand, et peut-être plus : une décision d’aboutir par petits pas à une sortie de la Grèce de la zone euro. Une sortie qui doit être naturellement « volontaire » (tout comme l’est l’échange des titres de dette est qualifié de « volontaire ») car il n’existe à l’heure actuelle aucun mécanisme pour exclure un pays de la cette zone euro..

___Si la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie ont vu leur endettement public s’accroître dans des proportions considérables ces dernières années, c’est en raison de l’écart croissant de compétitivité avec l’Allemagne. Ceci s’est traduit par un déficit commercial croissant avec ce pays mais aussi – plus subtilement – par une plus grande sensibilité à la montée du taux de change de l’Euro depuis 2002. Ce dernier est ainsi passé de 1 Euro pour 1,05 Dollars américains en 2002 à plus de 1,40 pour revenir, vers la mi-décembre 2011 à 1,30. L’économie allemande peut résister à une telle surévaluation, mais pas celles des pays du Sud de l’Europe. La compétitivité des pays de l’Europe du Sud s’est ainsi dégradée face aux autres pays du monde du fait qu’ils étaient entraînés dans une spirale de réévaluation pour eux insupportable.

__Cet écart de compétitivité s’enracine dans des configurations très différentes des structures économiques et industrielles des pays de la zone Euro. De ce point de vue, la monnaie unique n’a apporté nulle convergence. Pour qu’il en fut autrement, il eut été nécessaire de prévoir des mécanismes de transferts budgétaires importants des pays comme l’Allemagne vers les pays du Sud de l’Europe. Mais, l’Allemagne s’y est refusée dès le départ..."

_____En suivant ses stricts intérêts, dans la cadre d'un ordolibéralisme dogmatique, Berlin mène un jeu dangereux, devenant un problème pour elle-même.

" La Chancelière Angela Merkel souffle donc le chaud et le froid depuis le début de la crise : si une crise longue mais légère est bénéfique pour l’Allemagne, un effondrement de la zone serait une catastrophe pour elle. C’est comme si elle s’efforçait de maintenir ses voisins sous assistance respiratoire en espérant que le statu quo dure le plus longtemps possible..."

__Le modèle de production allemand, essentiellement exportateur, est certes performant, mais paradoxalement aussi de ce fait vulnérable.

__C'est ce qui explique sans doute les tergiversations de la « dame de plomb », prise dans d'innombrables contradictions, passant de la résistance à l'ouverture.

Sans compter les tensions et les contradictions régnant au sein de son gouvernement.

________________Selon un journaliste allemand, se référant à Helmut Schmidt, l'Allemagne ne doit pas oublier sa dette envers l'Europe:

____"... Si le monde entier ne nourrissait pas une profonde méfiance envers l'Allemagne, déclarait récemment Helmut Schmidt, ex-chancelier et grand maître de la politique allemande, l'union européenne n'aurait jamais été mise sur les rails...

"Nous ne sommes pas assez conscients du fait que les Allemands suscitent la méfiance de presque tous leurs voisins et pour des générations encore", affirme Helmut Schmidt. En tout cas, l'un des principaux moteurs de la construction européenne a été la crainte de voir renaître une Allemagne dominatrice. Il fallait ancrer, et par là dompter, ce pays au cœur de l'Europe, à l'importance géopolitique majeure.

L'introduction hâtive de l'euro s'explique elle aussi par la volonté de rattacher à la communauté cette Allemagne renforcée par la réunification. Pour obtenir la bénédiction de la communauté internationale, l'Allemagne réunifiée a dû renoncer au deutschemark. La monnaie unique fut toutefois bâtie sur son modèle, c'était une condition de l'Allemagne. A l'heure où l'euro révèle ses défauts de conception, la faute en revient aussi aux Allemands..."

_______Les banquiers allemands ont tendance a vouloir laisser tomber les pays dits faibles, en oubliant qu'ils sont impliqués dans leur dette. L’Allemagne a donc une part de responsabilité dans la crise européenne

____"... Comme la Banque centrale européenne (BCE) est régie par des règles imposées par l’Allemagne, la politique monétaire de l’UE fut décidée en prenant essentiellement en compte la contraction des salaires allemands. Les banquiers centraux ont alors opté pour une politique monétaire adaptée à la première économie européenne, mais trop expansionniste pour Lisbonne, Madrid, Dublin ou Athènes. L’argent a inondé ces pays nourrissant des bulles (immobilier…), alimentées par un crédit facile. Tandis que la hausse des prix a entraîné celle des salaires, réduisant leur compétitivité. Bien sûr, cela ne veut pas dire que Grecs, Espagnols, Portugais ou Irlandais n’ont pas de responsabilité dans la crise, mais cela explique en partie les distorsions entre le sud et le nord de l’Europe, voire entre l’Allemagne et les autres. Aujourd’hui, les banquiers allemands veulent laisser tomber les pays dits faibles, oubliant que les banques allemandes notamment régionales, ne survivraient sans doute pas à une déconfiture de l’Europe du Sud. Tel est l’avis de Ferdinand Fichtner..."

___ L’Allemagne a cette responsabilité d’avoir imposé le DM, rebaptisé pudiquement euro, au reste de la zone . Monnaie beaucoup trop forte pour une majorité des pays qui l’ont adoptée . On parle souvent de délocalisations, mais sans savoir ce que l’on dit . Les entreprises recherchent, en priorité, à produire hors zone euro . Le coût le la main d’oeuvre est secondaire . La main d’oeuvre peu qualifiée étant, par définition, incapable de productivité et de valeur ajoutée importante . En son temps, monsieur Sellière, alors patron du CNPF, avait eu une remarque qui résume tout . Il avait dit qu’en moyenne, les entreprises industrielles françaises faisaient 2% de gains de productivité par an . Il y a dix ans, l’euro avait été introduit à parité avec le dollar . Quelques années seulement après, il s’était renchéri de 40% . Quelle entreprise peut voir le coût de ses produits prendre 40% en 5 ans par le simple fait de la monnaie ? Un seul exemple illustre celà . La volonté d’Airbus, à l’époque, de partir produire hors zone euro . Volonté vite étouffée par les politiques . Du coup, la facture a été payée par les salariés, par le biais de l’externalisation, souvent hors zone euro . Les Allemands ont réussi à imposer la monnaie, qui permit le mieux de financer sa réunification, sur le dos des autres pays membres..."

____ _____________Incomprise, l'Allemagne?

"... Comme le souligne The Economist, il y a une grave incompréhension de la position allemande. Il ne s’agit en aucun cas d’une véritable intégration politique fédérale. Les Allemands refusent la « Transfer Union ».

Berlin n’est prêt à plus d’intégration que pour le contrôle des budgets nationaux et l’imposition d’une rigueur uniforme via des sanctions plus au moins automatiques qui pourraient être initiées ou prises par la Commission ou la Cour de Justice. Voilà la seule intégration européenne à laquelle l’Allemagne est prête aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’une intégration solidaire mais d’une intégration qui imposerait le « modèle allemand » et l’austérité sur le continent...."
_________ Forte de son succès économique, elle impose son droit
Mais les principes qui régissent les relations entre les länder valent-ils à l'échelle européenne?
Que vaut le projet d'Europe fédérale ?
Selon Jacques Sapir : Il n’y a nul fédéralisme dans ce plan, mais le camouflage de la position allemande sous les couleurs d’un soit disant fédéralisme. Ce plan ne fait que refléter, et consolider, la vision « disciplinaire » ou « punitive » d’un fédéralisme budgétaire qui est celle de l’Allemagne. Un fédéralisme réel ne serait possible qu’à la condition d’être cohérent économiquement. Il faudrait donc pouvoir adosser le fédéralisme budgétaire au fédéralisme fiscal et social et prévoir d’emblée des flux de transferts importants. La position de l'Espagne s'explique par la peur de perdre ce qui lui reste de souveraineté directement au profit de Berlin. Un fédéralisme qui serait uniquement budgétaire ne pourrait être que contraignant, tout en ouvrant de nouvelles possibilités de dumping social ou fiscal. En fait, ce que l’on appelle « l’option fédérale » ne peut plus dissimuler qu’elle n’est que le cache-sexe d’une politique disciplinaire imposée par un pays, l’Allemagne..."
___On s'acheminerait alors vers un fédéralisme autoritaire.
L'Allemagne, qui n'est pas si vertueuse, est à la croisée des chemins, dans une Europe qui a perdu ses repères. Un leadership plutôt désastreux, selon J. Delors.
______Que fera l'Allemagne pour sortir de ses contradictions?
Les Allemands le savent-ils eux-mêmes? __________
-Dernière nouvelle: une délégation du SPD se rend à l'Elysée pour faire pression sur A.Merkel__-L'intérêt de l'Allemagne... __- Le consensus de Berlin __- Deutsche Bank: privatisations dans toute l’Europe.

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Europe: glissements vers les extrêmes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Europe: glissements vers les extrêmes

Une pente inquiétante
_________ L'Europe est malade de la montée de mouvements identitaires et nationalistes en son sein.
__ La déliquescence des institutions de l'Union a une conséquence de plus en plus apparente, même si le regain de nationalismes d'après guerre froide n'a pas qu'une cause.
___ Une droitisation qui pose problème, malgré ses formes et ses expressions diverses, sur fond d'histoires particulières, dont on peut en expliquer la logique, en partie réactive et protectrice.
_ Les récentes entorses à la démocratie inquiètent en Pologne
_ Le populisme autoritaire fait problème à Budapest.
_ En Croatie s'affiche le déni d'un passé trouble et décomplexé.
_ Et une montée aux extrêmes dans d'autres pays, minoritaire ou plus ample et institutionnelle.
_ Repli sur soi, discours identitaire, lecture révisionniste de l'Histoire : ces gouvernements donnent à voir une Mitteleuropa rétrograde, à rebours des valeurs fondatrices de l'Union européenne.
__Mais faut-il s'en étonner? Comme le remarque L'analyste slovaque Daniel Kral : « On observe dans ces partis une volonté systématique de taper sur les élites de la transition postcommuniste, soupçonnées de collusion avec le monde des affaires, à qui l'on reproche aujourd'hui d'avoir accéléré l'adhésion à l'Union européenne. Pendant toutes les années de pré-adhésion, l'UE apparaissait comme un gage de succès. Puis, une fois l'intégration achevée, elle montre son vrai visage… Et aujourd'hui, embourbée dans des crises multiples, elle n'est plus le modèle que l'on attendait, elle a perdu la force attractive qu'elle possédait. »
___ Il y a des causes particulières et des données plus générales, si l'on suit F. Zalewski: ... C'est lié au fait que les partis en Europe centrale sont plutôt dans une logique de parti au pouvoir, moins structurés doctrinalement, avec des bases électorales plus fragiles qu'à l'ouest. Mais c'est aussi lié à un contexte plus général : au-delà des différences historiques avec les systèmes politiques occidentaux, on retrouve à l'est les mêmes tendances qu'ailleurs sur le continent. La crise idéologique de la social-démocratie est européenne. En ce sens, je ne vois pas de différence fondamentale entre le PiS polonais et le FN français. Tous deux ont adopté un discours social et sont en capacité de séduire un électorat parce qu'en face, il n'y a personne. Ils parviennent en quelque sorte à résoudre l'équation entre État social et État national sur laquelle les partis traditionnels ont échoué. À ce titre, il ne faut pas “exotiser” l'Europe centrale. »
___ L'Autriche, de son côté, connaît un cycle politique nouveau,qui se différencie des précédents.
La nostalgie d'un passé révolu, des plaies toujours ouvertes, jointes à une certaine peur de déclassement, dans ce pays pourtant prospère, bien que le chômage ns soit pas aussi bas qu’on le croit
__ Et puis l’extrême droite n'y est pas un phénomène nouveau, surtout depuis la montée du FPO de Haider, dans les années 80. L'amnésie nazie se poursuit dans ce pays à la dénazification ratée.
L'extrême-est est plus affecté par la radicalisation liée au problème des migrants non assumé par le pouvoir central et en Autriche, il n'y a pas de cordon sanitaire autour de l'extrême droite.

Le pays est coupé en deux:
__...Les raisons internes et propres à l'Autriche sont sans doute les plus nombreuses. C'est l'échec du modèle républicain de l'après-guerre et de la gestion par ce pays de son passé nazi et habsbourgeois qui le hante en permanence. C'est aussi l'échec d'un modèle de développement basé sur la financiarisation des flux vers l'Europe centrale et sur un secret bancaire qu'il a fallu abandonner. Mais c'est aussi l'échec de l'Union européenne à laquelle l'Autriche a adhéré en 1995. Le modèle économique et social de l'UE n'est pas apparu comme un moyen de protection pour les populations les plus fragiles et ceux qui se sentent menacés. D'où ce réflexe nationaliste. Les leçons des dirigeants bruxellois sur les migrants, la démocratie ou la mondialisation n'ont pas su freiner ce réflexe par manque de crédibilité....
_____Ce n'est pas par des prescriptions et des admonestations morales que Bruxelles pourra éviter une plus grande dégradation de la situation politique en Autriche comme ailleurs, mais en repensant ses objectifs et ses moyens, en renouant avec ses idéaux de convergence et de solidarité, en changeant son logiciel ultralibéral générateur de précarité et d'exclusions.
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Pour un protectionnisme "éducateur"?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Pour un protectionnisme "éducateur"?

_Pour les dogmatiques de la mondialisation à tout prix et à tout va, qui est surtout devenue celle des capitaux depuis l'ère reaganienne, le protectionnisme est le péché par excellence.

_______Mais ce dogme libéral , au vu des résultats, commence à être contesté même par deséconomistes de droite, dénonçant un libéralisme de courte vue, fonctionnant parfois comme unpiège, et pas seulement par des courants d'inspiration gaulliste ou les nouveaux adeptes dupatriotisme économique. Des appels à changer de logiciel se manifestent.


Maurice Allais avait depuis longtemps montré les impasses d'un mondialisation non tempérée.

Les quelques réserves tardives de Pascal Lamy n'ont pas modifié la rigidité des principes de l'OMC.

________Pour l'économiste J.Luc Gréau: " le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine ait augmenté de 93 % depuis le début de cette année est bien le signe que quelque chose ne va pas. Aujourd’hui, l’Union européenne exporte 100 vers la Chine et importe 300 de produits made in China. Aux Etats-Unis, ce rapport est de 1à 6. Dans nos relations avec la Chine, nous ne profitons pas des supposés bénéfices du libre-échange. C’est pour cela que le retour d’un nouveau protectionnisme est inéluctable. Le vrai risque c’est d’attendre trop longtemps que les emplois industriels en Europe aient totalement disparu.

_ D’où provient la croissance mondiale aujourd’hui ? Un peu des Etats-Unis, mais surtout de l’Asie et dans une moindre mesure de l’Amérique latine. En Chine et en Inde, elle a été alimentée grâce notamment à l’élargissement du processus capitaliste, qui permet à ces pays d’élever leur niveau de compétence et de savoir-faire. Dans ce contexte, les multinationales, en investissement localement, jouent un rôle déterminant dans ce processus de développement. Il ne s’agit pas de remettre cela en question. Le problème c’est que ces nouveaux pays ont choisi un mode de développement qui privilégie la croissance de leurs exportations au détriment de l’énorme potentiel de leur demande intérieure et donc d’un certain progrès social. Je considère que la Chine mène une politique économique impérialiste, dont ni l’Europe, ni les Etats-Unis, ni même l’Afrique ne bénéficient. Trois décisions majeures des autorités chinoises viennent d’illustrer cette ambition. D’abord, la création d’une société à capitaux publics pour être capable demain de construire un avion de ligne chinois concurrent de Boeing et d’Airbus. Ensuite la volonté d’utiliser une partie des immenses réserves de change de la Chine pour investir sur les marchés financiers occidentaux. Enfin la hausse de 30 % des droits de douane à l’importation de certains biens d’équipement pour protéger son industrie nationale. Et pendant ce temps, l’Europe reste inerte..."

_Pourtant, l'idée d'un certain protectionnisme européen fait son chemin, mais un peu tard...Un protectionnisme sélectif et raisonné pour conserver une part essentielle de notre appareil industriel et éviter de plonger dans la déflation salariale.."

___Il est donc urgent de repenser les délocalisations.

Aux Etats-Unis, qui ont toujours gardé un certain nombre de barrières douanières, et dans des pays émergents, le protectionnisme gagne du terrain . En matière de solaire, par exemple,l'Amérique se protège de la Chine, l'Europe compte les morts.

__________________Il reste à repenser de nouvelles formes de protectionnisme éducateur en Europe, comme F.List l'avait suggéré en son temps, selon lequel " une insertion internationale réussie suppose qu'un pays initialement spécialisé dans l'exploitation de ses ressources naturelles et possédant une main-d'oeuvre peu qualifiée, abondante et bon marché s'oriente progressivement vers la production de biens utilisant de la main-d'oeuvre qualifiée et bien payée. Or, ce changement de spécialisation nécessite le recours au protectionnisme : lorsqu'il y a des économies d'échelle, un nouvel entrant ne peut pas être immédiatement compétitif, sauf si sa maîtrise préalable d'un marché domestique large (Chine, Inde) ou une aide publique lui assurent un niveau de production suffisamment élevé. _Même en l'absence d'économies d'échelle, il faut tenir compte des effets d'apprentissage : avec le temps, l'expérience se traduit par l'accumulation de connaissances pratiques et d'une culture qui augmentent l'efficacité productive. Une industrie naissante est donc forcément moins efficace qu'une industrie mûre..., mais la première peut dépasser la seconde si on la laisse grandir à l'abri de la concurrence internationale ou si, au départ, elle est subventionnée. Cet argument, développé initialement par Friedrich List (1789-1846) et John Stuart Mill (1806-1873) sous le nom de " protection des industries naissantes ", demeure un fondement théorique essentiel du protectionnisme." (Alternativeséconomiques_Septembre 2002)

________________Mais la concurrence interne à l'Europe et à d'autres continents n'est-elle pas

un problème trop souvent éludé?

_" "La Chine ne représente que 8 % des importations françaises. De fait, les principaux concurrents et partenaires de la France, ce sont les autres pays de l'UE, qui représentent environ 60 % de nos échanges commerciaux - Allemagne en tête, avec 17 %."

L'usine PSA de Trnava, Slovaquie, 3500 salariés

Salaire moyen : 450 € (wikipedia)

_C'est pourquoi, pour M. Plane, "plutôt que d'envisager des barrières douanières aux frontières de l'UE" - comme propose de la faire notamment Nicolas Sarkozy avec un "Buy European Act" calqué sur le modèle américain -, "il serait préférable d'éviter les comportements non-coopératifs existant au sein de l'UE, comme la mise en place de la TVA sociale en France ou la compression des coûts salariaux enAllemagne, mesures qui ont pour objectif de gagner des parts de marché au détriment de ses voisins européens".
__ Le consensus de Berlin en a été un moteur essentiel. _____________________
- Deutsche Bank: privatisations dans toute l’Europe.
- Protectionnisme : la première initiative citoyenne lance le débat au niveau européen

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Grèce: crise sans fin

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Grèce: crise sans fin

La crise épuise
_____ Comme le note un observateur athénien, par euphémisme.
_... Epuise un peuple devenu sans ressort, fataliste, sonné par tant de régressions non seulement économiques, mais aussi sanitaires, culturelles, morales.
__ Tout se passe comme si la stratégie du choc, chère à Naomi Klein, qui devait servir de sanction et d'exemple, en dehors de tout bon sens économique, avait produit les effets escomptés.
_ Alors qu'il s'agissait surtout de sauver les banques et de faire un modèle; dans une société qui pourtant avait été au début déclarée non éligible au sein de l'Eurozone,vu ses particularismes économiques qui la rendait momentanément inapte à l'entrée dans un méga-marché déclaré solidaire et à la concurrence dite non faussée. Le travail des banques a agi en sous-main, Goldman Sachs en tête, pour aboutir au processus d'exclusion qui ne dit pas son nom. L'idéologie a primé sur le réalisme.Le dogmatisme ultralibéral sans perspective.sur la fameuse convergence. Il fallait un coupable
__ Le noeud coulant se resserre toujours un peu plus sur un pays exsangue, où l'on brade les intérêts publics., sans que le problème de la dette, largement illégitime, en grande partie construite et instrumentalisée, trouve un début de solution. On repousse sans fin la poussière sous le tapis.
__ Mais petit à petit, le discours officiel de Berlin et de Bruxelles connaît des failles.
On en apprend de belles, même si ce n'est pas une surprise pour les esprits avertis.
__ Tout continue comme avant malgré les reponsabilités du FMI mis en cause par un rapport interne, où des voix non orthodoxes se font entendre de plus en plus.
__ Le FMI confesse avoir immolé la Grèce pour le compte de l'Eurogroupe

_ Selon le rapport de l'IUOG, la responsabilité du FMI est mis au jour,

__ Un rapport passé inaperçu, mais "explosif" met les pieds dans le plat.
_ Yanis Varoufakis, ancien ministre des Finances grec, a quant à lui réagi. Dans une tribune publiée par Mediapart, il évoque une "évaluation brutale", qui "ne laisse aucune place au doute quant à la théorie économique triviale et à la diplomatie à la canonnière utilisée par la troïka." "Ce rapport met en difficulté le FMI, la BCE et la Commission", renchérit-il.
Et de conclure : "Soit ils restaurent un minimum de leur légitimité en admettant leurs erreurs et en se séparant de ceux qui portent le plus de responsabilité dans cette affaire, ou ils ne font rien, par la même décuplant le mécontentement des citoyens européens envers l’UE, accélérant ainsi la déconstruction de cette dernière
."
__ Mais on voit mal l'Europe Groupe revenir sur ses pas, réexaminer ses positions passées, à la lumière du terrible échec présent et prévisible par des esprits aussi peu révolutionnaires que Krugman, Stiglitz.ou Evans-Pritchard.
__Il faudra du temps pour déconstruire le storytelling européen. ____________
__ La Grèce toujours plus étranglée par le FMI__ Novembre 2015 : des nouvelles de la Grèce
Grèce : la politique agonisan
te
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L'économie verte dénaturée

Publié le par Jean-Etienne ZEN

L'économie verte dénaturée

Les ambiguïtés de l'économie verte

"Il ne faut pas se leurrer : quand quelqu’un se préoccupe d’économie verte, il est plutôt intéressé par l’économie et moins par le vert" (Meadow)
__________________
____On connaissait les dérives du greenwashing, de la récupération industrielle et commerciale de thèmes écologiques.

__L'économie verte...devenue une nécessité, comme la Chine le proclame elle-même officiellement, confrontée à des problèmes graves de pollution multiforme, un pilier de développement pour nos pays, n'est-elle pas devenue ou en voie de devenir très floue, voire mystifiante.

__"Au niveau des entreprises, on entend plutôt l’économie verte comme une nouvelle stratégie pour durer. Anticipant les réglementations environnementales, qui menacent de se multiplier à l’avenir, bon nombre d’entreprises ont choisi de réduire leur impact sur l’environnement ou de s’afficher comme un représentant des activités «vertes» qui pourraient être soutenues à l’avenir par les politiques économiques. En France, des multinationales de l’eau aux géants de l’énergie, tout le monde veut être plus vert que vert. Et dans de nombreux pays, les régions sinistrées misent sur les «éco-technologies» pour relancer la croissance...

__Ce que redoutent les associations, c’est une financiarisation de la nature pour la faire entrer dans les cases des économistes. «Au nom de la conservation de la biodiversité, de la purification de l'eau, de la pollinisation des plantes, de la protection des forêts et de la régulation du climat, ils considèrent comme essentiel de donner un prix aux fonctions écologiques qu'assurent les plantes, les animaux et les écosystèmes et de les transformer en «services» compartimentés, monétarisés et échangeables sur les marchés», écrivent un collectif d’associations françaises, parmi lesquelles Attac, Les Amis de la Terre ou le réseau Sortir du nucléaire.

Pour ces militants, l’économie verte n’est qu’une «volonté d’étendre le modèle économique néolibéral capitaliste à de nouveaux domaines» et «perpétue le modèle productiviste». La tenue du G20 quelques jours avant le sommet de Rio autour du thème de la «croissance verte» ne les rassure pas."

_________"L’économie verte, c’est l’une des plus grosses boulettes politiques de ces dernières années. Popularisé par l’OCDE, les Nations unies, la Banque mondiale et l’Union européenne, ce concept voulait désigner un nouveau modèle économique respectueux de l’environnement. Alors que le développement durable perdait de son sens à force de discours jamais mis en œuvre ou d’invocations mensongères, parler de croissance et d’économie verte devait rassurer les acteurs économiques en consolidant l’objectif de créer des richesses, et consacrer l’écologie comme moteur universel de développement. Un compromis vertueux entre capitalisme et nature. En théorie.

Sauf qu’à coups de rapports plus néolibéraux les uns que les autres, les institutions internationales en ont fait un synonyme d’exploitation de la nature au profit des intérêts privés, et occidentaux en particulier. Eloge des mécanismes de marché, promotion de l’innovation technologique, valorisation du rôle des entreprises, mécanismes de compensation : tout l’arsenal de l’orthodoxie économique et de la réduction du rôle de l’Etat à la portion congrue a été mobilisé...

Partout où il est fort (en Chine, en Allemagne, au Danemark, aux Etats-Unis), le secteur des énergies renouvelables est subventionné par l’Etat à travers le mécanisme du tarif d’achat. La croissance verte n’est pas qu’une cour de récréation pour intérêts privés. C’est un enjeu d’action publique. D’où le discours montant chez les dirigeants politiques autour de la transition énergétique, qu’on retrouve chez François Hollande, et l’inflexion du discours européen, qui relie désormais plus fortement verdissement de l’économie et exigences sociales..."
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_______Rio+20: pour un changement vraiment durable?_ De Rio à Rio __-Rio: un bilan déjà décevant
- C’est Rio+20, et la maison brûle grave - Le sommet des bras croisés__-Biodiversité en péril__- Comment s'enrichir en prétendant sauver la planète

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Cacophonie européenne

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Cacophonie européenne

Europe: entre dilution et fédéralisme autoritaire?

_____Sous la menace d'un bing bang financier annoncé par les plus pessimistes, dans un scénario ubuesque, où la cécité de Bruxelles ne cesse de surprendre, la cacophonie est totale, les divergences sont patentes.

La crise est passée par là, dans une Europe vassalisée, dominée par la loi des marchés financiers, annoncée déjà comme moribonde il y a quatre ans.

__Une Europe devenue un grand marché néolibéral , une zône de libre échange, sans unité politique ni cohérence économique, où l'euro n'a pu jouer le rôle stabilisateur prévu, mais a creusé l'écart entre les zônes de développement inégal.

____Passée dans l'esprit du consensus de Washington, elle glisse maintenant sous celui du consensus de Berlin, une sorte de federalisme disciplinaire, pire, une hégémonie allemande de fait, comme le redoute Ulrich Beck (1), Joschka Fisher, Helmut Schmidt, Ferdinand Fichtner ont fait aussi entendre une voix discordante au pays d'Angéla, qui se berce un peu d'illusions...
__Une Allemagne à contresens?
Une hégémonie que résume ainsi Mme Lagarde, adepte du dumping salarial: " « L’Allemagne a accompli un excellent travail au cours des dix dernières années, en améliorant la compétitivité, en exerçant une forte pression sur ses coûts de main-d’œuvre."

__Si le fédéralisme politique peut être l'horizon de certains européens, notamment à l'origine du projet, et pour certains commentateurs, dans les conditions actuelles, il faut craindre qu'il mène au délitement de l'idée européenne. l'idée d'une souverainété "partagée" ne pouvant exister que s'il y a un minimium de règles communes et de solidarité entre les membres, malgré leur inégalité de développement.

L'Europe des citoyens reste un voeu pieux .

__L'Europe à deux vitesses, au delà d'une eurodiscipline budgétaire, reste plus facile à dire qu’à faire

Cela paraît un défi impossible "... Comme articuler les futures institutions fédérales de la zone euro et les institutions intergouvernementales de l'Union européenne ? Peut-on imaginer un ministre des finances de la zone euro, voire in fine un gouvernement de la zone euro, responsable politiquement devant les citoyens européens, au sein des structures actuelles de l'Union européenne ? Aucun schéma convaincant n'a à ce jour été présenté. Penser les institutions de l'euro-fédéralisme : tel est le dernier défi des Européens."

____Au bord du précipice, l'option Merkel est risquée.

Un “Maastricht 2” en vue pour la fin du mois, ou un coup de force austéritaire?

Que fera F. Hollande, aujourd'hui en position de force dans l'eurozône, mais arbitre de tendances internes contradictoires? Pourra-t-il, voudra-t-il rompre avec la stratégie de soumission aux marchés financiers?

____Comment sortir du péril dénoncé autrefois par Mendès France, un peu plus de deux mois avant la signature des traités de Rome, le 18 janvier 1957 à l’Assemblée Nationale? :

"Le projet du marché commun, tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du xx ème siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens large du mot, nationale et internationale."________
_-Vers un «saut fédéraliste» ?__- Pourquoi Angela Merkel s'obstine__-Désaccords de fond

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Sur le chemin du Louvre-Lens

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Sur le chemin du Louvre-Lens

It's a long Way...

Ce fut d'abord le scepticisme qui domina, autour de la Fosse 9, après de longues années de friches, d'abandon et de déshérence.
Puis virent les premiers pas de ce projet d'abord jugé par beaucoup insensé
Des rencontres décisives et des convergences improbables donnèrent l'impulsion qui manquait.
Aujourd'hui, la dynamique est là.
Les structures d'accueil, encore défaillantes,vont se développer.
Les dubitatifs régressent.
Paris va y stocker de plus en plus ses réserves
Certes, ce ne sera jamais la fréquentation du grand frère parisien
Mais petit musée deviendra grand...
La greffe se fait progressivement, malgré les aléas de la fréquentation.
Le pari semble réussi.
Tout dépendra maintenant de l'intelligence des responsables régionaux et de l'appui du grand frère parisien pour parvenir à l'âge adulte.
Alors, c'est les vacances...Lens est à deux pas de Paris. sur la route de Lille.
C'est l'occasion aussi de visiter Arras et les trésors du Nord, les belles cités, fortifiées ou non, et de s'arrêter dans un estaminet pour déguster une bonne carbonnade flamande, arrosée d'une bonne Leffe.
Amenez votre lexique ch'ti, on ne sait jamais...☺
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Terres africaines: la grande braderie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Terres africaines: la grande braderie

La colonisation n'est pas morte

___Le problème ne date pas d'aujourd'hui et ne concerne pas seulement l'Afrique, mais l'Afrique est la plus dramatiquement exposée.

___La ruée sur les terres africaines, notamment mais pas seulement pour des raisons de sécurité alimentaire, pose d'autant plus de problèmes que l'agriculture est vitale sur ce continent en croissance démographique, surtout pour la masse des petits exploitants, dont la survie dépend de leur activité.

__La grande braderie , le vol légal continuent...le plus souvent avec la complicité des pouvoirs locaux corrompus. Les populations sont maintenues dans l'ignorance et mises le plus souvent devant le fait accompli.

Le phénomène n'est pas seulement le fait d'Etats comme la Corée ou la Chine, soucieuse de l'alimentation future de leur population, mais aussi d' investisseurs, probablement tous installés dans la City londonienne et du côté des Etats-Unis, des groupes bancaires polyvalents comme Goldman Sachs et Morgan Stanley ou des fonds spécialement fondés pour acheter des terres en Afrique comme JARCH CAPITAL.

En Tanzanie notamment, " 16 % de la population nationale, soit 7,5 millions de personnes, est sous la menace directe de l’insécurité alimentaire. Pour Bernard Baha, « on ne va pas vers le progrès en donnant de telles superficies à un seul investisseur. La population tanzanienne, à 80 % dépendante de l’agriculture, croît toujours à un rythme annuel important : si les terres manquent pour cultiver, ne nous étonnons pas si des révoltes surgissent dans les années à venir ».

__Cette nouvelle forme de colonisation, de pillage vert, de ruée sur le foncier n'est pas sans conséquences sur les prix et les mouvement de population qui vont grossir les masses appauvries des banlieues de certains centres urbains. Tout le monde s'y met.

"Les pays riches lorgnent sur l’Afrique non seulement pour un confortable retour sur capital, mais aussi comme une police d’assurance. Pénuries alimentaires et émeutes dans 28 pays en 2008, baisse des approvisionnements en eau, changement climatique et croissance démographique galopante ont fait ensemble, de la terre un placement attractif. L’Afrique a le plus de terres et, en comparaison avec d’autres continents, elles sont bon marché, dit-il. "Les Terres agricoles en Afrique sub-saharienne procurent un rendement de 25% par an et les nouvelles technologies peuvent tripler les rendements des cultures dans des délais courts", a déclaré Susan Payne, directeur général d’Emergent Asset Management.

__La Banque mondiale encourage la razzia sur les terres agricoles, au nom d'un accaparement responsable (sic!)

" Elle estime que tout apport de capitaux extérieurs dans un pays souffrant d’un déficit d’épargne favorise son développement ; donc les investissements privés dans l’agriculture contribuent au développement national et à la lutte contre la pauvreté, exigence morale du XXIe siècle. On note d’ailleurs que la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, joue un rôle majeur dans la promotion de tels investissements."

__Une réglementation internationale s'impose, de manière urgente, au nom d'autres principes que ceux de l'ultralibéralisme à courte vue en cours.
___- La ruée vers la terre

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