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Aller voir ailleurs

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Un tourisme bien particulier

        Ou plutôt une nouvelle trahison des clercs?  Se casser, car il faut bien se caser...Quitte à faire du lobbyisme d'intérieur, soft ou moins soft, en mettant ses compétences au plus offrant ou en répondant à des invitations très intéressées.

         « Affairisme, mélange des genres ou naïveté : quand notre élite oublie la France ». C’est le sous-titre sévère de Ces Français au service de l’étranger, un livre signé du journaliste d’investigation Clément Fayol... Dans cette enquête très fouillée, il raconte comment des puissances étrangères (Etats-Unis, Chine, Russie, émirats du Golfe, anciennes colonies…) recrutent dans l’intelligentsia politique, économique et militaire française.  En fin de carrière, faute de pouvoir retrouver un emploi substantiel, souvent plus que par sympathie ou lobbying, certains hauts fonctionnaires se mettent au service de certains intérêts étrangers. Ils suivent la pente de la mondialisation dans le domaine des affaires, cautionnant ainsi les régimes et les firmes qu'ils servent et qui savent souvent habilement utiliser leurs compétences ou leur image. C'est ce que décrypte Clément Fayol, parti d’un constat qu’il écrit noir sur blanc :  

 

 

"Signe que notre pays pèse sur la scène internationale, il est ciblé par tous les groupes de pression, entreprises, banques, Etats ou groupe d’intérêt possibles. Qui y voient un marché à pénétrer, un membre du Conseil de sécurité de l’ONU à influencer, une ancienne puissance coloniale à manœuvrer ou un membre fondateur de l’Union européenne à fléchir. Un pays puissant encore, mais rendu vulnérable par ceux-là mêmes qui le dirigent. Si bien que, durant chaque enquête que je mène pour différentes rédactions, je constate l’émergence d’un mécanisme d’entrisme et d’influence qui s’appuie sur l’utilisation de hautes personnalités françaises. Des anciens hommes politiques, des élus, des PDG de fleurons industriels, des hauts fonctionnaires qui acceptent de se mettre au service d’intérêts étrangers. "    On croise dans le livre de Clément Fayol des personnages aussi célèbres que Nicolas Sarkozy ou Dominique de Villepin, mais aussi de parfaits inconnus à la grande influence réelle ou supposée. Le journaliste revient aussi sur l’affaire Alstom, les fréquentations d’Alexandre Benalla ou encore les réseaux de la société de gestion d’actifs BlackRock.        Quelles puissances étrangères sont le plus à l’offensive ? Comment ces lobbyistes d’un genre particulier s’agitent-ils sur la place de Paris ? Pourquoi des dirigeants français collaborent-ils si facilement avec des groupes étrangers ? Invité de Marianne TV, Clément Fayol répond à ces questions et à bien d’autres encore.__________

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En France, on n'a pas de pétrole...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Mais on a du lithium ...

                      Pour paraphraser la célèbre formule de qui vous savez.....Jupiter l'a proclamé: nous n'en manquons pas. Pékin n'a qu'à bien se tenir...Voici revenue la question de l'énergie, mais sous des formes bien différentes, dans des conditions qui ont radicalement changé, dans le contexte d'un tournant historique inédit: prise de conscience d'un gigantesque défi climatique et d'un conflit inattendu à l'Est, qui nous oblige à repenser plus vite que prévu le monde de la consommation d'énergie, dans les plus brefs délais. Il y a la possibilité du stockage des énergies vertes, mais aussi la question de la production, de nos déplacements Le véhicule électrique annoncé comme généralisable dans les prochaines décennies, à marche forcée, n'est pas sans poser des problèmes majeurs, même si les constructeurs se précipitent sur ce nouveau marché, alléchés par les aides d'Etat et les profits de demain. Les véhicules électriques: toute une histoire.. Mais ce n'est pas le seul problème: il y a celui de la production des semi-conducteurs...                                                                                                           Il y une dimension de pari dans les nouvelles voies que l'on tente d'explorer, sous la pression de la nécessité, dans un contexte géopolitique mouvant. Mais de manière moins empirique qu'à d'autres époques                           Dans la panique énergétique non anticipée dans laquelle nous sommes plongés, une matière première rare prend le premier plan des préoccupations et des investigations des Etats. Une matière déjà connue, devenue stratégique, mais diversement répandue et déjà objet de compétition mondiale: le lithium                                                                                                                                              "...  Llithium figure désormais en tête de la liste des « minerais critiques ». Ce métal, qui sert à la fabrication de batteries électriques, voit ses cours exploser, au point d’être qualifié d’« or blanc ». Il a aussi gagné, dans le jargon des groupes miniers, le surnom de « pétrole du XXIe siècle », indiquant son rôle de premier plan dans la définition des rapports de force mondiaux, un rôle occupé jusqu’ici par les hydrocarbures.  Il suffit de remplacer lithium par gaz pour comprendre la nature des interrogations sur le futur de cette ressource. Le cas de la guerre en Ukraine l’a illustré, lorsque la Russie a en substance fermé ses robinets à destination de l’Europe, procédant à une « militarisation » (weaponisation) de cette ressource naturelle. Voilà qui illustre ce qui pourrait arriver demain avec des minerais dits critiques, au premier rang desquels figure le lithium.   Ce métal est crucial pour la production de batteries (au lithium-ion) pour les véhicules électriques, en remplacement des moteurs thermiques (dont l’Europe a programmé la disparition pour 2035), mais aussi de façon plus générale dans toute l’économie de la transition énergétique, parmi d’autres minerais critiques. « Le monde va passer de kilowattheures très carbonés, consommateurs d’énergies fossiles, à des kilowattheures très “métallisés”. En outre, toutes les technologies de pointe et aciers à haute valeur ajoutée utilisent une quantité croissante de métaux rares. C’est notamment le cas de l’industrie aéronautique et de défense », analyse Vincent Donnen, dans une note de l’Institut français des relations internationales consacrée aux métaux critiques..."                                                                                                                                                       Mais la production de cette précieuse matière première peine à suivre et la concurrence pour son obtention deviendra de plus en plus rude. Seulement, l'impact environnemental n'est pas nul et pose même de sérieux problèmes, connus depuis un moment.  Il en faut beaucoup. Il en faudra beaucoup plus demain avec le développement accéléré des batteries de toutes sortes qui seront nécessaires pour le fonctionnement des voitures électriques en pointe et le stockage envisagé de l'énergie "verte".   La Chine, qui a quasiment le monopole de cette matière très recherchée, ne devrait plus être la seule à en extraire, car l'Europe notamment, envisage d'entrer dans le jeu et de devenir autosuffisante.     Le problème est que l'extraction est très complexe et polluante et demande beaucoup d'énergie et d'eau. Le Portugal est sur la liste, mais le sous-sol français n'en manque pas. En attendant d'autres matières premières et notamment la maîtrise de l'hydrogène, de sérieux problèmes vont se poser.                            ___ Le développement des énergies nouvelles dans des secteurs de plus en plus larges de l' économie dite verte, les transports, etc... posent des problèmes auxquels on réfléchit peu à long terme. Pour le moment.  Les terres dites rares portent bien leur nom. Leur extraction et leur concentration posent des problèmes auxquels nous allons être vite confrontés.  Dans les conditions actuelles, ne sommes-nous pas à l'aube d'impasses à venir?  Le problème des terres dites rares, sans lesquelles les nouvelles technologies numériques et leurs multiples applications actuelles et à venir ne pourraient voir le jour et se développer, commence à émerger dans l'espace informatique et énergétique de manière de plus en plus large, même s'il reste encore largement ignoré.

      Des livres et différentes émissions nous confrontent à un   énorme défi pour l'avenir:
     Avec la COP21, un tournant prétendait être pris pour sortir au plus vite des énergies fossiles pour gagner peu à peu en énergies vertes, comme certains pays en pointe dans ce domaine en donnaient l'exemple, pour une transition énergétique douce.
     Mais s'était-on posé le problème de l'accès à ces matériaux, que l'on trouve en quantité infinitésimale dans le sol, la roche, des traitements lourds et polluants qu'il faut pratiquer pour les extraire, de la commercialisation concentrée dans quelques pays, surtout la Chine, qui détient un quasi-monopole de fait, de la pollution massive que nécessitent leurs traitements et leur éventuel recyclage.
     La demande est exponentiellement explosive que ce soit en matière civile (téléphones portables, notamment)  ou en matière militaire (missiles balistiques, etc...)
   Nous entrons, sans y avoir réfléchi dans de nouvelles dépendances, après avoir laissé la Chine accaparer l'exploitation et le traitement de technologies décisives pour l'avenir.
    Ce que l'on considérait comme "propre" se révèle en fait "sale" et dévoreur d'énergie en amont, comme en aval (retraitement).
   Nous avons fait un pari qui ne pourra être tenu et élargi (voitures électriques, par exemple.)
     Il est temps de prendre la mesure du risque des voies que nous sommes en train de prendre, pour repenser le problème et sortir de nos naïvetés.
   "Rares", ces matériaux le seront de plus en plus et on voit déjà qu'en Chine ou en Mongolie les terres rares tuent des villages.
      Un récent papier nous invitait à prendre la mesure de cette question des terres raresici et là, que je découvrais seulement, considérant naïvement que le tout-numérique serait notre avenir, ne voyant pas que même une éolienne demande une quantité importante de nouveaux métaux, peu à peu découverts à partir du tableau de Mendeleïev.
      Serait-ce une bombe à retardement, comme titrait le Point?  En tous cas, les aspects cachés du problème émergent peu à peu dans l'esprit des spécialistes et de certains responsables politiques.
  Vers quelles impasses allons-nous arriver à vouloir foncer tête baissés ver ce nouvel eldorado qu'on nous a fait miroiter?
     Difficile à dire. En tous cas, une réflexion s'impose, au niveau mondial, pour dépasser les intérêts commerciaux à court terme, les rapports de force que l'on a laissé s'installer. Une question de souveraineté nationale.
     Plusieurs livres de bon niveau traitent la question assez complètement. J'ai apprécié particulièrement celui de Guillaume Pitron, accessible à tous: La guerre des métaux rares. préfacé par H.Védrine, dont on peut lire gratuitement sur Amazon les importantes premières pages.
_______- La face (très) sombre des énergies renouvelables
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Cerveau augmenté?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Ou réparé?

                                            Le cerveau se découvre comme un grand inconnu au fur et à mesure qu'il révèle sa complexité, sa malléabilité, sa capacité à s'informer, à s'adapter, à comprendre et à se comprendre par rétroaction spontanée ou élaborée. Ce continent est encore largement à explorer, malgré toutes les avancées des cinquante dernières années, surtout dans ses fonctions les plus essentielles, les plus déterminantes pour ce qui constituent l'humanité en tant que telle: la pensée, la réflexion, la décision,  le traitement des émotions, en relation avec le corps tout entier.            __Malgré cette part d'inconnu, qui croît au fur et à mesure que l'on pénètre ses arcanes, des tentatives sont faites pour parer à certains de ses dysfonctionnements, de ses déficiences, de ses limites aussi. Des limites qui apparaissent au fur et à mesure que le numérique se développe, que l'"intelligence artificielle" prend des formes plus sophistiquées, que certaines performances dépassent, et de loin, ce que peut faire en vitesse certains processus neuronaux.       _De plus , la médecine de pointe cherche de nouvelles voies pour parer à certaines déficiences du notre organe si spécifique. C'est l'heure de la recherche sur les implants cérébraux, qui nous laisseraient entrevoir une activité neuronale réparée sur certains points, augmentée sur d'autres. Les neurosciences prennent leur envol avec des micro-expériences parfois concluantes, parfois avec des projets qui ne sont pas sans poser problème: "...Comprendre le fonctionnement du cerveau et améliorer nos capacités d’intervention pour remédier à certains de ses dysfonctionnements font partie des défis majeurs relevés par les neurosciences de ces dix dernières années. Et deux approches différentes et de grande envergure se sont concrétisées.   Dans la première, avant tout théorique, il s’agit de modéliser de manière réaliste le fonctionnement du cerveau grâce à des réseaux de neurones artificiels (informatiques ou électroniques) : c’est l’objectif du projet européen Human Brain Project. Dans la seconde, pragmatique, on cherche à développer des implants cérébraux pour enregistrer et stimuler le plus grand nombre de neurones possibles : c’est le but du vaste projet américain Brain Initiative, ou encore du projet européen Braincamp  D’ici très peu de temps, arrivera donc logiquement le moment où l’on disposera d’une part de vastes réseaux artificiels neuromimétiques, et d’autre part d’interfaces à très haute résolution permettant un couplage bidirectionnel (enregistrement et stimulation) avec des millions de neurones du cerveau. Or la fusion de ces deux mondes technologiques, prévisible, conduirait à l’émergence de vastes réseaux hybrides couplant l’activité du cerveau avec celle de réseaux artificiels. Et ce n’est pas de la pure science-fiction : des preuves de concept ont déjà été fournies par des réseaux hybrides simples, à l’instar de la technique de « dynamic clamp »...."

 

 

Après des expériences contestées, d'autres furent tentées pour simuler certaines parties du cerveau au niveau moteur et même cognitif, ouvrant la voie à des perspectives thérapeutiques que nous n'entrevoyons que très partiellement. Ce qui ne va pas sans poser des problèmes, éthiques notamment, qu'il est urgent de prendre en compte, surtout quand des projets viennent de la Silicon Valley et des promoteurs de "l'homme augmenté", qui baignent en plein mythe. De même l'ordinateur qui deviendrait analogue à un certain cerveau bute sur des analogies trompeuses. Il y a un risque énorme à assimiler un homme à une machine, comme le soulignent maints biologistes et philosophes. Surtout dans la perspective mythique, positiviste et prométhéenne de l'"homme augmenté". Il est temps de mobiliser les esprits, avant qu'il ne soit trop tard....____________________

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Ecrire, encore...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Une pratique dépassée?

                         Pour certains, l'écriture manuelle serait une pratique dépassée, d'un autre âge. Un apprentissage long et fastidieux, qui rappelerait une pratique chronophage dans l'école austère de Jules Ferrry, où l'application au graphisme appliqué avec pleins et déliés de rigueur, devait tendre à la régularité, voire à la perfection: la calligraphie, comme on disait, la "belle" écriture. Un apprentissage long et appliqué en milieu scolaire, qui aboutissait parfois à la perfection sous les doigts du greffier ou du secrétaire de mairie. Nostalgie d'une pratique et d'une époque qu'il faudrait reléguer dans les oubliettes d'un passé charmant mais désuet.                                                    Les "modernes" s'opposent résolument à une telle perte de temps et d'efforts vains, à l'heure où domine le clavier, jusque sur les portables. Ils constatent que l'écriture à la main est en voie d'extinction. Qui écrit encore à sa grand-mère ou à sa bien aimée? Le numérique s'est démocratisé. Il faut donc s'y consacrer et abandonner porte-plumes encombrants et même pointes Bic plus récentes. Dans certains pays, on est en train de franchir le pas du tout numérique en milieu scolaire. Les USA et la Finlande, notamment ouvrent la voie, dite du futur. Place aux écrans et aux tablettes dès le plus jeune âge. Du simple mouvement des doigts à la page parfaite et uniforme. Rien de plus simple. Plus de distinction entre différentes écritures. L'idéal démocratique réalisé, quoi...

 

 

 

   On pourrait le penser... Or des études récentes montrent que l'écriture manuelle, avec son apprentissage progressif, est important dans la formation des aptitudes de l'enfant, motrices et intellectuelles.    A l'heure de la digitalisation généralisée, des claviers uniformes, des tablettes de toutes sortes, cet aspect des choses avait échappé même à certains "modernes" pédagogues....Le détour pas l'apprentissage de l'écriture est une phase plus complexe et nécessaire qu'on ne le croit. "... L’écriture manuscrite active davantage de capacités cérébrales, comme la pensée, la langue, la mémoire et la motricité. On apprend mieux à percevoir et à distinguer les lettres quand on écrit à la main. L’écriture manuscrite aide à se souvenir. Elle aide probablement aussi à augmenter les compétences en lecture..."                                 Il est temps de sortir de la tendance lourde à la standardisation dès le premier âge. Le développement cognitif s'en trouverait amélioré.  _______

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Trump et le démocratie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Demolition man

                    Le chaos lui va si bien.      On savait la démocratie américaine bien malade, mais les dangers sont renforcés dans ce qu'il vaut mieux appeler une ploutocratie en déshérence.  Un Américain, N. Chomsky, donne son point de vue à quelques heures de l'élection:

           "...       Alors qu’il est encore trop tôt pour prédire l’issue vraisemblable de l’élection présidentielle de novembre 2020, Donald Trump continue de prendre du retard dans les sondages nationaux, tout en se livrant à des manœuvres électorales malhonnêtes dans l’espoir de vaincre le challenger démocrate Joe Biden.    L’espoir de victoire de Trump repose en grande partie sur sa campagne « la loi et l’ordre », qui au travers de mensonges concernant les fraudes possibles du vote par correspondance discrédite par avance les résultats de l’élection si ceux-ci étaient en faveur de Joe Biden.      Dans cette interview exclusive pour Truthout, Noam Chomsky évoque l’importance nationale et internationale du refus de Trump de s’engager dans une  » transmission apaisée du pouvoir  » et de sa dépendance aux théories du complot.                                                                                                                       ____C.J. Polychroniou : Noam, à un peu plus de deux semaines des élections nationales les plus importantes de l’histoire récente des États-Unis, la campagne de Trump continue de clamer le message de  » la loi et l’ordre » – une tactique politique sur laquelle les dirigeants autoritaires ont toujours compté pour contrôler les peuples et renforcer leur main mise sur un pays – mais refuse d’accepter une  » transmission apaisée du pouvoir  » s’il perd face à Biden. Quelle est votre réflexion sur ces questions ?      Noam Chomsky : L’appel à « la loi et l’ordre » est normal, pratiquement un réflexe. La menace de Trump de refuser le résultat de l’élection ne l’est pas. C’est quelque chose de nouveau dans des démocraties parlementaires stables.      Le fait que cette éventualité soit même envisagée révèle à quel point le boulet de destruction de Trump a été efficace pour miner la démocratie traditionnelle. On peut se rappeler que Richard Nixon, qui n’est pas exactement respecté pour son intégrité, avait quelques raisons de suspecter que sa victoire aux élections de 1960 lui avait été volée grâce à des machinations du Parti démocrate. Il n’a pas contesté les résultats, plaçant le bien-être du pays au-dessus de ses ambitions personnelles.      Al Gore en a fait de même en 2000. L’idée que Trump puisse placer quoi que ce soit au-dessus de ses ambitions personnelles – y compris le souci du bien-être du pays – est trop absurde pour qu’on en débatte.        James Madison a dit un jour qu’on ne protège pas la liberté avec des « murailles de parchemin » – des mots sur un papier. L’ordre constitutionnel présuppose plutôt la bonne foi et un certain engagement, même limité, en faveur du bien commun. Lorsque c’est cela qui a disparu, nous sommes passés dans un monde sociopolitique différent.          Les menaces de Trump sont prises très au sérieux, non seulement dans les commentaires détaillés des principaux médias et revues, mais aussi au sein même de l’armée – qui pourrait être obligée d’intervenir, comme dans les dictatures de pacotille qui sont le modèle de Trump. Un exemple frappant est la lettre ouverte adressée au plus haut officier militaire du pays, le chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, par deux commandants militaires retraités très estimés, les lieutenants-colonels John Nagl et Paul Yingling. Ils mettent en garde Milley : « Le président des États-Unis cherche à dévoyer activement notre système électoral, menaçant de rester en fonction au mépris de notre Constitution. Dans quelques mois, vous aurez peut-être à choisir entre défier un président sans foi ni loi et trahir votre serment » celui qui vous engage à défendre la Constitution contre tous ses ennemis, « de l’intérieur et de l’extérieur. »       L’ennemi d’aujourd’hui est à l’intérieur : un « président sans foi ni loi », poursuivent Nagl et Yingling, qui « mobilise une armée privée capable de contrecarrer non seulement la volonté de l’électorat mais aussi les mécanismes d’application de la loi ordinaire. Lorsque ces éléments entreront en conflit le 20 janvier 2021, l’armée américaine sera la seule institution capable de faire respecter notre ordre constitutionnel. »           L’ennemi d’aujourd’hui est à l’intérieur : un « président sans foi ni loi », poursuivent Nagl et Yingling, qui « mobilise une armée privée capable de contrecarrer non seulement la volonté de l’électorat mais aussi les mécanismes d’application de la loi ordinaire. Lorsque ces éléments entreront en conflit le 20 janvier 2021, l’armée américaine sera la seule institution capable de faire respecter notre ordre constitutionnel. »         Les sénateurs républicains « réduits au statut de quémandeurs » ayant renoncé à toute once d’intégrité, le général Milley devrait être prêt à envoyer une brigade de la 82e division aéroportée pour disperser les « petits hommes verts » de Trump, conseillent Nagl et Yingling. « Si vous gardiez le silence, vous seriez complice d’un coup d’État. » 

                                                       
 Les menaces de Trump sont prises très au sérieux, non seulement dans les commentaires détaillés des principaux médias et revues, mais aussi au sein de l’armée.         C’est difficile à croire, mais le simple fait que de telles réflexions puissent être énoncées par des voix sages et respectées, et qu’elles trouvent un écho dans le grand public, est une raison suffisante pour que nous soyons grandement préoccupés par les perspectives de la société américaine.      Je cite rarement le correspondant principal du New York Times, Thomas Friedman, mais lorsqu’il demande si cela ne pourrait pas être notre dernière élection démocratique, il ne se range pas à nos côtés, nous « les hommes sauvages en coulisses » – pour reprendre le terme de McGeorge Bundy parlant de ceux qui ne se conforment pas automatiquement à la doctrine autorisée.            En attendant, nous ne devrions pas négliger la façon dont les principaux éléments de l' »armée privée » de Trump montrent leur talent sur leur terrain de jeu habituel : le cruel désert de l’Arizona où les États-Unis, depuis Clinton, poussent des pauvres hères fuyant la misère créée par la destruction de leur pays par nos soins afin que nous puissions nous soustraire à notre responsabilité – tant juridique que morale – à leur offrir une possibilité d’asile.           Lorsque Trump a décidé de terroriser Portland, Oregon, il n’a pas envoyé l’armée, s’attendant probablement à ce qu’elle refuse de suivre ses ordres, comme cela vient de se passer à Washington D.C. Il a envoyé des paramilitaires, dont les plus redoutables d’entre eux appartenant à l’unité tactique BORTAC de la Patrouille frontalière, qui a pratiquement carte blanche avec les « damnés de la terre » comme cibles.     Lorsque Trump a décidé de terroriser Portland, Oregon, il n’a pas envoyé l’armée, s’attendant probablement à ce qu’elle refuse de suivre ses ordres, comme cela vient de se passer à Washington D.C. Il a envoyé des paramilitaires, dont les plus redoutables d’entre eux appartenant à l’unité tactique BORTAC de la Patrouille frontalière, qui a pratiquement carte blanche avec les « damnés de la terre » comme cibles.           Immédiatement après avoir exécuté les ordres de Trump à Portland, la BORTAC a repris ses passe-temps habituels, comme détruire un centre d’aide médicale rudimentaire dans le désert, où des volontaires tentent de fournir une aide médicale, ne serait-ce que de l’eau, à des gens désespérés qui, d’une façon ou d’une autre ont réussi à survivre.       Ne se satisfaisant pas de cet exploit, la BORTAC s’est rapidement remise à la tâche. Peut-être que ceux qui pourrait un jour être confrontés à l’armée privée de Trump aimeraient en savoir un peu plus à son sujet. Voici un extrait d’un rapport faisant autorité sur la question, fourni par l’organisation humanitaire No More Deaths :        Après le coucher du soleil hier, 5 octobre, la patrouille frontalière américaine a pénétré dans le poste d’aide humanitaire No More Deaths, Byrd Camp, avec un mandat fédéral, c’était là le deuxième raid nocturne en deux mois. Les volontaires ont été retenus pendant 3 heures tandis que 12 personnes qui recevaient des soins médicaux, de la nourriture, de l’eau et un abri contre une chaleur de plus de 40 degrés étaient appréhendées.              Dans une démonstration militaire impressionnante, la Border Patrol, accompagnée de son unité tactique (BORTAC), a débarqué dans le camp avec un char blindé, des véhicules 4×4, un hélicoptère et de nombreux véhicules identifiés ou pas. Des agents, armés de fusils d’assaut, ont poursuivi et terrorisé les personnes qui recevaient des soins, tout cela pendant que l’hélicoptère les survolait à basse altitude, soulevant la poussière et les débris, rendant toute visibilité presque impossible. La patrouille frontalière a fait voler les vitres en éclats, défoncé les portes et détruit l’infrastructure essentielle du camp ainsi que les réserves. Ceci après avoir inspecté le camp et patrouillé dans son périmètre, créant un climat hostile et angoissant pour les gens qui, depuis la nuit du samedi 3 recevaient des soins.       Depuis le précédent raid du 31 juillet, la patrouille frontalière a refusé à plusieurs reprises de rencontrer les volontaires pour discuter des protocoles communs antérieurs qui confirmaient le droit de fournir une aide humanitaire. Le chef du secteur de Tucson a envoyé aux représentants de No More Deaths une lettre officielle confirmant ce refus.                                            Ces gens là sont les professionnels de l’armée privée de Trump, renforcés par les milices armées qui défendent les théories de la suprématie blanche. Celles-là même que le FBI et le Département de la sécurité intérieure considère comme la principale menace intérieure aux États-Unis, et qui a fortement progressé pendant les années Trump, faisant passer les crimes liés au terrorisme de 20% en 2016 à près de 100 % en 2019.       Ces gens là sont les forces qui peuvent être appelées à faire respecter « la loi et l’ordre » si en fait, le haut commandement militaire décide d’être « complice d’un coup d’État ». Cela semble inimaginable, mais malheureusement, ce n’est pas inconcevable.    Pour démanteler les processus démocratiques et s’accrocher au pouvoir on remue ciel et terre dans la campagne de Trump.     Pendant ce temps, Trump et ses partisans républicains font des heures supplémentaires pour mettre en œuvre leur stratégie visant à saper l’élection ou à la discréditer si le résultat n’est pas le bon, préparant ainsi le terrain pour un éventuel coup d’État.    En prévision, une « Armée pour Trump » est mobilisée pour débarquer dans les bureaux de vote pour intimider les électeurs qui votent mal. Ce qui était autrefois le ministère de la justice assouplit les règles concernant les enquêtes sur les fraudes électorales au cas où il serait nécessaire d’en passer par là.                                                                    En résumé, on remue ciel et terre dans la campagne de Trump pour démanteler les formes démocratiques et permettre à celui-ci de s’accrocher au pouvoir.    Le fait que nous ne soyons pas seuls est peut-être un peu réconfortant. D’autres grandes démocraties sont également en train de se délabrer, tombant également entre les mains de dirigeants ayant des tendances fascistes, voire même ayant cette idéologie. (nombre de gens, y compris les plus grands spécialistes du fascisme, considèrent que qualifier Trump ainsi est encore trop gentil).      La plus grande démocratie du monde, l’Inde, est actuellement dirigée par un destructeur de la même veine que Trump, Narendra Modi, qui est en train de détruire la démocratie laïque indienne et transforme l’Inde en une ethnocratie cruelle, tout en écrasant le Cachemire.    La plus ancienne démocratie du monde, la Grande-Bretagne, n’en est pas encore au niveau de démolition de Trump, mais le Premier ministre Boris Johnson essaie de rejoindre le club. Le fait qu’il ait suspendu le Parlement afin de pouvoir faire passer sa version du Brexit, rapidement annulé par la Cour suprême, a suscité l’indignation des milieux juridiques britanniques. Ceux-ci l’accusent de porter atteinte à la présomption de bonne foi sur laquelle repose l’ordre constitutionnel britannique depuis des siècles. Il est depuis passé à la violation du droit international – certes, mais seulement « un petit peu » – en annulant une disposition cruciale de l’accord qu’il venait de conclure avec l’UE, laquelle poursuit maintenant la Grande-Bretagne pour cette violation.       On peut ajouter la deuxième plus grande démocratie de l’hémisphère occidental, dirigée par un clone de Trump qui tente par tous les moyens d’imiter son mentor, par exemple en essayant de licencier des enquêteurs qui osent se pencher sur la corruption et la criminalité présumée qui l’entourent, lui et sa famille. Bolsonaro a été bloqué par la Cour suprême. Les États-Unis sont allés plus loin sur la voie de l’autocratie. Lorsque les inspecteurs généraux chargés de surveiller les malversations de l’exécutif ont suivi la même voie, le dictateur en puissance de la Maison-Blanche les a simplement licenciés. Il l’a fait sans que le Sénat républicain ne bronche, lui qui avait initié cela pour protéger le public. Il en est d’ailleurs désormais « réduit au statut de quémandeur. »       C’est peut-être une simple coïncidence, mais il existe une corrélation remarquable entre le souci des dirigeants à démolir l’ordre démocratique et le fait qu’ils aient accéléré le massacre de leur propre population par la COVID-19. Le classement actuel des cas et des décès, rapporté par le South China Morning Post (Hong Kong), qui fait autorité en la matière, est, par ordre décroissant, le suivant :  États-Unis : 7.551.428 cas, 211.844 décès  Inde : 6.835.655 cas, 105.526 décès  Brésil : 5.000.694 cas, 148.228 décès    Ils sont suivis loin derrière par un parangon de démocratie, la Russie : 1 253 603 cas, 21 939 décès. Les autres sont loin à la traîne                                Nous ne sommes pas seuls. D’autres grandes démocraties sont également en train de se délabrer, tombant aussi entre les mains de dirigeants présentant des tendances fascistes.   Le tableau n’est bien sûr pas complet. Il est important de prendre en compte les taux de mortalité et d’autres variables. Mais le tableau général, ainsi que la corrélation sont difficiles à ignorer.    Ce qui est en train de se passer aux États-Unis, en Inde et au Brésil ne peut pas non plus manquer de nous rappeler des souvenirs du début des années 1930 – pour moi, des souvenirs personnels amers. Un trait commun en est l’adoration fanatique du Leader Suprême par ses loyaux disciples. Il y a une curieuse différence. Mussolini et Hitler apportaient à leurs adorateurs quelque chose : des réformes sociales, une place au soleil. Trump les poignarde dans le dos par quasiment chaque décision législative et chaque mesure de l’exécutif, et nuit gravement aux États-Unis sur la scène internationale. Il en va de même pour ses compagnons d’armes en Inde et au Brésil.     Constater la détermination de Trump à causer un maximum de souffrances à la population américaine est stupéfiant. Cela va bien au-delà de ses crimes véritablement titanesques : une course vers l’abîme de la catastrophe environnementale et une forte intensification de la menace de guerre nucléaire. Dans des proportions bien moindres, une fois de plus, il remue ciel et terre pour causer de graves préjudices à la population.    Mais restons-en à la pandémie, la moindre des graves crises auxquelles l’humanité est confrontée. Il existe un consortium international, le Covax, qui s’efforce de faciliter la recherche de vaccins par des efforts de coopération et d’accorder au moins une certaine attention aux problèmes de distribution, en garantissant que les vaccins et autres traitements potentiels seront disponibles pour ceux qui en ont besoin plutôt que d’être monopolisés par les riches.      La contribution de Trump ? La plus habituelle : se retirer de l’effort qui rassemble plus de 170 pays.   Le démolisseur en chef a toujours un prétexte : Dans le cas présent, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est impliquée, et elle sert de bouc émissaire à Trump, qui s’agite pour détourner l’attention de son massacre de dizaines de milliers d’Américains.     Outre la cruauté caractéristique de la poursuite de l’intérêt personnel, le désengagement signifie que les Américains seront lésés si des vaccins sont développés ailleurs – peut-être en Chine, qui, selon certains rapports, pourrait être en tête dans la recherche.      Comme en 2003, après l’épidémie de SRAS, les scientifiques avertissent maintenant qu’une autre pandémie de coronavirus est probable, probablement plus grave que celle-ci. Nous avons déjà expliqué comment Trump a démantelé les protections qui étaient en place contre la pandémie actuelle, laissant les États-Unis particulièrement mal préparés. Il poursuit maintenant résolument dans la même voie, et pas seulement en se retirant du Covax.      Les pays du monde entier participent actuellement à un sommet de l’ONU sur la biodiversité « pour tenter de ralentir la destruction rapide de la nature par l’humanité ». La responsable de l’ONU à la tête de la convention, Elizabeth Maruma Mrema, souligne que la prévention d’une nouvelle pandémie est un objectif crucial. Si nous voulons éviter une autre COVID, prévient-elle, « nous devons agir… Soit nous conservons et protégeons cette nature, sa biodiversité, soit elle nous fera souffrir, c’est ce qui se passe actuellement ».      Trump apporte à nouveau son aide de la manière habituelle : en refusant de participer.                                        L’approche de Trump en matière de conventions et d’initiatives internationales est simple : Si je ne suis pas l’initiateur, je démolis, en prétendant que c’est le pire accord de l’histoire.   En l’occurrence, les médias y contribuent également. Dans le cadre d’une recherche rapide, ce ne sont pas les deux minutes entendues sur les radios publiques qui permettront de couvrir la question.     Pendant ce temps, la « destruction de la nature par l’humanité » progresse à grands pas. Une étude majeure sur la destruction de la biodiversité réalisée par les Jardins botaniques royaux de Kew a révélé que « les deux cinquièmes des plantes du monde sont menacées d’extinction » (….). Nous sommes en train d' »ignorer le coffre au trésor des espèces sauvages » qui offre des combustibles, de la nourriture et des médicaments potentiels à l’humanité, déclare le scientifique Colin Clubbe, spécialiste de la préservation de la nature ».    La BBC a consacré 3 minutes à cette étude. Après tout, nous avons nos priorités, respectons-les.   L’approche de Trump en matière de conventions et d’initiatives internationales est simple : Si je n’en suis pas l’initiateur, je démolis, en prétendant qu’historiquement, c’est le pire accord. Si ça vient de moi, c’est « l’affaire du siècle », la plus grande réussite de tous les temps. Et avec sa chambre d’écho médiatique, et les quémandeurs du Congrès, il est capable de s’en sortir. Ayez pitié du pays et du monde.     Il est vrai que les méthodes de Trump permettent d’obtenir des résultats. Agiter un gros gourdin donne parfois des résultats. Lorsque les États-Unis ont approché le Conseil de sécurité de l’ONU pour exiger de renouveler les très sévères sanctions contre l’Iran, ils ont refusé à la quasi-unanimité, y compris la Grande-Bretagne. Peu importe. Le secrétaire d’État Pompeo, dans le plus pur style Mussolino-Hitlérien, est retourné au Conseil de sécurité pour l’informer que les sanctions de l’ONU étaient renouvelées.       « Les États-Unis ont pris cette mesure décisive », a indiqué Pompeo à ses larbins du Conseil de sécurité, « car, outre le fait que l’Iran ne respecte pas ses engagements au titre du PAGC [Joint Comprehensive Plan of Action, Plan d’action global conjoint, NdT], le Conseil de sécurité n’a pas prolongé l’embargo sur les armes imposé par l’ONU à l’Iran ». Une telle désobéissance ne peut bien sûr pas être tolérée par le Cher Maître du monde.     Plus largement, l’administration Trump ne cesse de renforcer l’internationale réactionnaire dirigée par Washington, c’est la seule initiative géostratégique qui puisse être décelée dans le chaos administratif. Les membres principaux en sont les compagnons de Trump, Modi et Bolsonaro. Au Moyen-Orient, ils sont rejoints par le général égyptien al-Sissi, le « dictateur préféré » de Trump, qui a poussé l’Égypte vers de nouveaux abîmes de désespoir. Et bien sûr, les dictatures du Golfe, avec à leur tête l’estimable Mohammed ben Salman, dont un des crimes mineurs est le sauvage assassinat de Khashoggi. Un autre membre bienvenu est Israël, qui, maintenant, cache à peine sa dérive vers l’extrême droite. La récente formalisation des relations tacites entre Israël et les dictatures du Golfe trouve sa place naturelle dans ce système. Il y a aussi des membres ailleurs, comme la démocratie hongroise illibérale de Viktor Orbán, et en coulisses, dans l’attente, des figures séduisantes comme l’Italien Mario Salvini, fêtant la noyade de milliers de pauvres damnés en Méditerranée, ce qui est la contribution de l’Italie au bilan génocidaire de l’Europe.      Du côté positif, l’internationale réactionnaire de Trump est désormais combattue par la nouvelle Internationale progressiste, issue du mouvement Sanders aux États-Unis et d’un homologue européen, le DiEM25, un mouvement transnational qui cherche à préserver et à renforcer ce qui a de la valeur dans l’Union européenne, tout en surmontant ses graves défauts. Il a également attiré un large éventail de représentants du Sud. Sa première conférence internationale vient de se tenir en Islande, son Premier ministre en étant membre. Bien qu’elle n’ait évidemment pas les ressources de violence et la richesse de l’internationale réactionnaire, elle a promis de représenter le peuple dans la guerre de classe mondiale qui est en cours pour délimiter les contours du monde post-pandémie.      Typique des dirigeants autoritaires, Trump s’appuie fermement sur l’utilisation et la promotion des théories du complot, apparemment pleinement conscient du fait que celles-ci intensifient la polarisation politique. Pourquoi les théories du complot prospèrent-elles en politique, et que signifient-elles pour la réalité politique de la fin de la deuxième décennie du XXIe siècle aux États-Unis ?     L’une des raisons pour lesquelles les théories du complot fleurissent est que les gens veulent des explications, parfois par curiosité intellectuelle, parfois pour des raisons plus personnelles et souvent déchirantes. C’est particulièrement vrai lorsque tout se casse la figure. C’est arrivé de bien des façons.    Prenons le désastre néolibéral de ces 40 dernières années. Dès le début, son importance a été très clairement annoncée par Thatcher et Reagan, et leur gourou économique Milton Friedman :     Il n’y a pas de société ; les individus doivent faire face aux ravages du marché seuls, sans défense, et certainement pas celle des syndicats, qui doivent être détruits. Le problème, c’est les gouvernements, qui sont imparfaits du fait qu’ils ne répondent que partiellement aux besoins du public. Les décisions doivent donc être transférées aux mains du secteur privé, en fait, aux entreprises. Les entreprises doivent se consacrer uniquement à l’auto-enrichissement. Non pas par principe d’économie, mais par choix éthique.                             Il y a d’autres nuances, mais c’est là l’essentiel. En rassemblant ces principes, il n’est pas difficile de tirer quelques conclusions sur les conséquences probables.      La Rand Corporation vient de publier une étude sur l’ampleur des effets (à peine inattendus). Elle estime à 47 000 milliards de dollars la somme « transférée » des classes moyennes et ouvrières vers les très riches depuis Reagan-Thatcher-Friedman. Le terme « volée » serait peut-être plus exact.     Rand considère que les très riches sont 10 %. C’est trompeur. Il s’agit en fait d’une infime partie de ceux-ci. Les 0,1 % des plus riches ont vu leur part de la richesse nationale doubler depuis Reagan, pour atteindre 20 %.      Ce n’est qu’une partie de la sinistre histoire, amplifiée par le programme de mondialisation radicalement anti-ouvrier de Clinton, l’austérité post-Thatcher, le sauvetage par Obama des auteurs de la crise de l’immobilier et le rejet de la législation visant à aider aussi les victimes, et bien d’autres choses encore.        On ne devrait pas être vraiment surpris de constater que l’épidémie de « morts de désespoir » qui a frappé les États-Unis, principalement parmi les hommes blancs en âge de travailler, commence maintenant à toucher la Grande-Bretagne. Rien de moins qu’une grande partie du monde est consumée par la rage, le ressentiment, le mépris des institutions. Ce qui offre un terrain fertile aux démagogues et aux escrocs – parfois, comme Trump, particulièrement doués – qui peuvent ainsi parader se présentant comme sauveurs du monde tout en obéissant servilement à leurs oppresseurs. Avec l’aide des systèmes d’information, ils peuvent détourner l’attention des causes du mécontentement populaire pour le diriger vers les boucs émissaires habituels, en exploitant les préjugés et les craintes profondément ancrés. Nul besoin de revoir la façon de procéder.        Dans un tel climat, les théories du complot peuvent prospérer.                                                            L’une des L'une des raisons pour lesquelles les théories du complot fleurissent est que les gens veulent des explications… C’est particulièrement vrai lorsque tout se casse la figure.      Il y a d’autres facteurs à prendre en compte. Le monde réel est complexe. Choisissez n’importe quel événement, et même les témoignages les plus sérieux présenteront des maillons faibles, des coïncidences bizarres, des caractéristiques inexpliquées. C’est pourquoi les scientifiques pratiquent leurs expériences, en faisant abstraction totale des phénomènes observés. Là encore, cela encourage les théories du complot.         En outre, certaines de ces théories peuvent avoir une certaine validité. Adam Smith a sciemment exagéré lorsqu’il a déclaré que « les gens d’un même métier se rencontrent rarement, même pour la détente et le divertissement, mais la conversation se termine par un complot contre le peuple, ou par un stratagème pour augmenter les prix ». Mais il n’était pas en train d’élaborer un complot. C’est ce qui arrive tout le temps. Certaines de ces dérives sont bien étudiées. Dans beaucoup d’autres cas, on a toutes les raisons de le suspecter.    Pour ne prendre qu’un exemple actuel, la station de radio nationale allemande Deutsche Welle a récemment interviewé l’éminent politologue américain Norman Ornstein de l’American Enterprise Institute concernant certains faits curieux impliquant Trump, la Deutsche Bank et la Cour suprême des États-Unis.    Pour citer les premiers mots :     « Le rapport explosif du New York Times quant à la situation fiscale du président des États Unis Trump soulève des questions gênantes pour le plus grand prêteur allemand, la Deutsche Bank, à savoir : pourquoi la Deutsche Bank a-t-elle prêté 2 milliards de dollars à Trump alors que d’autres banques, y compris toutes les banques américaines, n’étaient pas disposées à le faire ? Et alors que la Deutsche Bank gère sans doute les prêts, nous ne pouvons pas dire ce soir qui ou ce qui se cache derrière cet argent.          En d’autres termes, nous ne savons pas à qui appartient la dette du président des États Unis Donald Trump. Et pour compléter l’énigme, on trouve le rôle joué par le fils d’un ancien juge de la Cour suprême. Justin Kennedy, fils de l’ancien juge Anthony Kennedy, était chef de division et contact de Trump à la Deutsche Bank. Kennedy était proche de celui qui était alors futur président tout en continuant à lui prêter de l’argent. »        Une autre pièce du puzzle, comme l’explique Ornstein, est la retraite prématurée du juge Kennedy. Le vote décisif de la Cour, qui a permis à Trump de désigner le jeune Brett Kavanaugh, d’extrême droite et protégé de Justin Kennedy, pour le remplacer.   » Le tableau est terrible « , conclut Ornstein, qui demande que l’enquête soit menée par l’État de New York, et non par les procureurs fédéraux, ces derniers étant maintenant à la solde des représentants légaux de Trump, ce qu’on appelait autrefois le ministère de la Justice.                            Ce n’est certes pas une théorie du complot, mais ça s’en rapproche quand même diantrement.     En bref, dans un marécage fétide, les théories du complot prospèrent, et certaines pourraient s’avérer avoir une incidence considérable sur le monde créé par les systèmes de pouvoir public et privé.                                          [C.J. Polychroniou est politologue et économiste, il a enseigné et travaillé dans des universités et des centres de recherche en Europe et aux États-Unis. Ses principaux sujets de recherche portent sur l’intégration économique européenne, la mondialisation, l’économie politique des États-Unis et la déconstruction du projet politico-économique du néolibéralisme.    Il contribue régulièrement à Truthout et est membre du Projet Intellectuel Public de Truthout. Il a publié plusieurs livres et ses articles ont été publiés dans divers journaux, magazines, revues et sites web d’information populaires. Nombre de ses publications ont été traduites dans plusieurs langues, notamment en croate, français, grec, italien, portugais, espagnol et turc.    Il est l’auteur de L’optimisme contre le désespoir : Noam Chomsky et le Capitalisme, l’Empire, et le changement social, une série d’entretiens avec Chomsky Edition Lux, coll. Futur proche. Publié à l’origine chez Truthout et compilés par Haymarket Books.  (Source : Truthout – 12/10/2020)__________________
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Varia

Publié le par Jean-Etienne ZEN

1.  Enfin!...

              Après tant de dénis et d'atermoiements.

                           Les marchands de doute ont trop longtemps sévi.

2.  Hospitalité

                              "... Toute la politique migratoire est aujourd’hui basée sur la sécurité. Si vous avez un principe d’hospitalité, vous serez obligés de regarder les questions de sécurité et d’ordre public proportionnellement à ce que l’hospitalité exige. Cela permet de contrebalancer la toute puissance de l’ordre public en prenant en considération aussi les droits fondamentaux des personnes migrantes..."

3.  Lithium en France

                     Oui, mais...".. l'impact environnemental n'est pas nul et pose même de sérieux problèmes, connus depuis un moment.  Il en faut beaucoup. Il en faudra beaucoup plus demain avec le développement accéléré des batteries de toutes sortes qui seront nécessaires pour le fonctionnement des voitures électriques en pointe et le stockage envisagé de l'énergie "verte".  

4.  Perte atomique

                                 "...un accident est si vite arrivé.    Une bourde était même tellement probable qu'un nom de code spécifique a été attribué aux imbroglios impliquant des armes nucléaires: «Broken arrow» («flèche brisée»). Dans cette terrifiante catégorie, on retrouve les largages intempestifs de la bombe, les tirs inopinés, mais aussi les pertes de la précieuse marchandise. Depuis 1950, on dénombre ainsi pas moins de trente-deux accidents catégorisés «flèche brisée»..."

5.  Marché carbone en question 

 

 

                        Une usine à gaz...

5.  Puces conflictuelles

                       La guerre des puces aura-t-elle lieu?

6.  Un Indien dans la ville

                         L'idéologie conservatrice et même libertarienne revient en force. Au pire moment!

7.  C'est quoi ce scandale?

                       La vieillesse est une erreur...   ______________

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Danse particulière

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Les grandes pandémies ont vu naître des bouleversements socio-économiques souvent profonds, accompagnés de changements culturels, de modifications notables dans divers domaines, notamment dans celui des croyances, des expressions artistiques, dont il nous reste des témoignages et des traces bien visibles.               C'est d'elles, surtout celle de la grande peste, qu'est née ce qu'on nomme encore la danse appelée "macabre".  Celle de la vie et de la crainte de mort omniprésente.                                      Suite aux terribles pandémies de peste du 14° siècle, elle a fait son entrée dans une partie de l'art de l'époque et a laissé des traces multiples.       Un tel malheur collectif incompris a suscité la terreur à travers une partie de l'Europe, qui dans ses croyances a renoué plus fortement avec ses hantises de l'apocalypse.   Les conséquences furent profondes.


     Un thème qui traverse toutes les époques, qui se retrouve même parfois dans l'inspiration musicale. ♫♪♫
    La grande faucheuse était omniprésente et menaçait, en ces périodes troublées.
 Le thème de la danse macabre apparaît dans des poèmes de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle qui, tel le Dict des trois morts et des trois vifs, évoquaient l'inéluctabilité et l'impartialité de la mort. Deux fléaux contribuèrent probablement à la popularité des danses macabres : la peste noire (milieu du XIVe s.) et la guerre de Cent Ans (1337-1453). Il ne faut pas oublier l'élément de satire sociale que comporte un thème qui souligne vigoureusement l'égalité de tous devant la mort et qui contribua vraisemblablement à son succès. (EU)

    La guerre avons, mortalité, famine...Bref misère domine

Nos méchants corps dont le vivre est très court »...
 
« Mort, qui jamais ne sera lasse
de renverser les rangs, les places,
comme j'aimerai aux deux rois
Dire, si j'en avais l'audace,
Comment de ton couteau de chasse,
Tu rases ceux qui ont de quoi.
Les hauts placés par toi déchoient ;
Tu réduis en cendre les rois... »
« Mort, tu abats en un seul jour
Le roi à l'abri de sa tour
Et le pauvre dans son village... »
(Hélinand de Froimond, Vers de la Mort, strophes XX et XXI)
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Energies

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Le grand défi

           A l'origine déjà était l'énergie, au coeur des étoiles et de l'univers en formation. L'art d'utiliser l'énergie est le moteur de l'aventure humaine depuis ses débuts. De l'énergie musculaire, à la traction animale, jusqu'à celle de l'atome, en passant par la puissances du feu et les formes de transformation carbonée...L'histoire de l'homme peut se faire à la lumière de ses découvertes, de ses utilisations et applications dans le domaine énergétique. Chaque bond en avant, chaque mutation technique est le plus souvent la conséquence de l'exploitation de nouvelles sources d'énergies.             __ Nous sommes aujourd'hui à un tournant. Les énergies fossiles finissent pas s'épuiser et le conflit russo-ukrainien nous oblige à repenser nos choix énergétique, de nous adapter plus vite que prévu à une nouvelle donne, qui ne sera pas épisodique.    L'Europe, pour ne parler que d'elle, est confrontée à un grand défi, à un problème qu'elle ne pourra résoudre et dépasser que par la concertation et l'action commune. Pour l'instant, c'est plutôt la cacophonie qui règne, malgré des prises de conscience globale et convergentes sur l'urgence.                                                                                           A l'épreuve des faits, ou bien l'Europe se dissout ou elle se renforce...Pour l'instant, l'Allemagne fait cavalier seul dans ce domaine, comme elle l'a fait longtemps à bas bruit dans les domaines productifs et financiers.  "... "...Aujourd’hui, Berlin est de nouveau saisi par la tentation du chacun pour soi, tant la flambée des prix du gaz et de l’électricité panique ses décideurs économiques et politiques. Son plan de 200 milliards d’euros, dévoilé le 29 septembre et destiné à alléger la facture énergétique des citoyens et des entreprises allemands, en atteste. D’ailleurs, le chancelier, Olaf Scholz, n’a pris la peine de prévenir ni l’Elysée ni la Commission européenne. Lundi 3 et mardi 4 octobre, certains des ministres des finances des Vingt-Sept, qui se réunissaient à Luxembourg, s’en sont émus, évoquant le risque de désintégration qui en découle pour l’UE.."                                                                                    Malgré ses avancées vers la décarbonation, il lui reste un long chemin à parcourir. Elle paye un prix fort, après trop d'années de certitudes et de marchés florissants. Les convergences ne sautent pas aux yeux. Ce qui est loin d'attrister Washington... 


  ____ "...Ce 20 mars 2022, l’heure n’est pas à la transition écologique ni à la « diplomatie des valeurs » chère à cette figure des Verts allemands : si M. Habeck marque ainsi sa déférence vis-à-vis d’un défenseur des droits humains aussi irréprochable que l’émir du Qatar, avant de faire courbette, le lendemain, devant celui des Émirats arabes unis, c’est pour acheter de l’énergie climatiquement peu correcte : du gaz naturel liquéfié (GNL) susceptible de remplacer le gaz russe qui propulsait jusque-là l’économie allemande. Outre-Rhin, l’image a marqué. Elle reflète le séisme provoqué en Europe par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales imposées à Moscou. En quelques semaines, la question de la sécurité énergétique a rejoint sur le devant de la scène celle du climat. Et, sans surprise, l’a effacée.    Depuis la fin du XIXe siècle, sécuriser leur approvisionnement en ressources fossiles obsède nations et empires, dussent-ils pour cela exploiter leurs populations, remodeler les paysages, coloniser des continents, vassaliser des alliés, peupler ou dépeupler des régions entières. Entre 2007 et 2011, ExxonMobil dominait Wall Street et, en novembre 2007, Petrochina pulvérisait brièvement le record mondial de valorisation boursière. Quinze ans plus tard, seule Saudi Aramco, partiellement privatisée, surnageait dans le palmarès des dix plus importantes capitalisations boursières, entourée par huit géants de la haute technologie. L’ère numérique, qui dissimule soigneusement son infrastructure énergivore derrière les petits écrans du grand public, et le flou qui accompagne la transition vers les ressources renouvelables ont fait perdre de vue l’évidence qui avait hanté des générations de dirigeants occidentaux : l’accès à l’énergie conditionne la souveraineté des nations, leur puissance.   Trois mois après le début de l’invasion russe, la bataille de l’énergie qui se joue loin de Kiev compte déjà ses cocus, ses coquins et ses conquérants. L’Europe et, en particulier, l’Allemagne appartiennent sans ambiguïté à la première catégorie.  Dans sa gestion de la crise ukrainienne, Bruxelles a commis deux imprudences. La première a consisté à réduire dans la précipitation plutôt que de manière planifiée sa forte dépendance au gaz (45 % début 2022) et au pétrole (27 %) russes sans disposer de solution de rechange d’une fiabilité et d’un coût équivalents. Dès le 8 mars 2022, la Commission européenne ébauchait le plan REPowerEU visant à « éliminer notre dépendance aux combustibles fossiles russes » d’ici 2027 et, plus concrètement, à réduire des deux tiers les approvisionnements de gaz russe d’ici la fin de cette année. Généreusement assaisonné d’« hydrogène vert », de solaire, d’éolien et de biométhane, le projet repose dans l’immédiat sur le recours au GNL. Transportée par navire méthanier (chacun contient en moyenne l’équivalent d’une journée de consommation française), cette source d’énergie majoritairement exportée par les États-Unis, l’Australie et le Qatar fait l’objet de toutes les convoitises, car un tiers des échanges internationaux s’effectuent non pas à la faveur de contrats à long terme, mais au comptant : le plus offrant remporte la cargaison. Comme les ronds de jambe de M. Habeck au Proche-Orient, les justifications morales apportées par l’exécutif européen pour diversifier ses approvisionnements inspirent une certaine perplexité. « Notre réflexion stratégique est la suivante, expliquait Mme Ursula von der Leyen, présidente de la Commission : nous voulons construire le monde de demain en tant que démocraties avec des partenaires partageant les mêmes idées », avant de citer les associés énergétiques d’avenir que sont les États-Unis ainsi que trois autres démocraties exemplaires : l’Azerbaïdjan, l’Égypte et le Qatar … En outre, les pourparlers ne se traduiront pas en flux gaziers importants avant des mois, voire des années : les États-Unis ne disposent pas de capacités d’exportation suffisantes pour remplacer le gaz russe ; le carnet de commandes du Qatar, majoritairement tourné vers l’Asie, affiche complet jusqu’en 2026 ; l’Égypte exporte la majorité de sa production vers la Chine et la Turquie. Avec les troubles en Libye et le différend algéro-marocain, qui a conduit à la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe (GME), l’Afrique du Nord n’offre guère de solution. Résultat : le 27 avril dernier, le prix du gaz en Europe planait six fois plus haut qu’un an plus tôt .À l’aune des intérêts européens, l’alignement de l’Allemagne et de la Commission sur les positions américaines constitue une seconde erreur. Washington peut d’autant plus aisément décréter un embargo sur les hydrocarbures russes (8 mars) qu’il ne pâtit pas de ces sanctions. Que la Commission européenne lui emboîte le pas en annonçant le 4 mai l’« élimination progressive de l’approvisionnement en pétrole brut russe dans les six mois et en produits raffinés d’ici la fin de l’année » revient à sanctionner les populations du Vieux Continent, en particulier celles aux niveaux de vie les plus modestes. Plus de la moitié du gazole importé par l’Europe provient en effet de Russie. Or les mesures gouvernementales destinées à éviter une crise des « gilets jaunes » à l’échelle continentale ne compensent ni entièrement ni durablement la hausse des prix du carburant. Ainsi, lorsqu’elle diversifie à juste titre son approvisionnement énergétique, l’Union n’a guère intérêt à boycotter Moscou. À ce sujet, déjà, une fracture se fait jour : face à la Pologne et aux pays baltes, alignés sur Washington et décidés à se couper immédiatement des hydrocarbures « qui financent la guerre de Poutine », la Hongrie et la Slovaquie, deux pays alimentés en pétrole par un oléoduc russe, refusent le hara-kiri énergétique que leur propose Mme von der Leyen...." -[Mathias Raymond- Pierre Rimbert]-         (à suivre...forcément)           ______________________

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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Histoire revisitée.

                 Ce que M.Bloch a appelé l' étrange défaite, un tournant dans l'histoire de France, nécessite une relecture. Comme tout événement historique majeur, il faut toujours remettre l'interprétation sur le chantier. Ce qui est le lot commun dans ce domaine. Surtout sur un événement largement déformé dès l'origine, devenu presque un mythe, ayant bien servi Vichy et l'occupant.       ____Le film Dunkerque:  un film aux gros moyens mais méritant discussion. Où le spectaculaire fait oublier l'essentiel. Un film n'est pas un récit mais peut beaucoup fauter par ses silences et ses parti pris, dans ce qu'il suggère, donne à voir, avec ses choix implicites.

       Rien n'est dit sur la formidable résistance des forces françaises pour permettre à l'essentiel de l'armée anglaise d'embarquer malgré tout, sur le jeu le plus souvent masqué des décisions finales des alliés et même sur certaines tentatives pour faire obstacle à des velléités françaises de passage vers la mer et une certaine duplicité des responsables britanniques.
      Ce que rappelle bien Dominique Lormier dans Dunkerque.
           D'une façon générale ce film contribue implicitement à accréditer l'idée fausse, longtemps entretenue, que cette issue tragique était inéluctable et que, de façon générale, le cours  de cette invasion et ses  suites étaient inscrites dans une sorte de destin historique.
      Certes, l'histoire fut ce qu'elle fut, avec ses aléas, ses imprévus, ses impréparations, ses erreurs stratégiques et tactiques, ses fautes. Mais, sans faire de l'uchronie naïve et facile, on ne peut s'empêcher de se demander, comme Churchill et d'autres, ce qui se serait passé à certains moments clés et si, à certains moments, le cours des événements n'aurait pas pu être différent.
      Oui, la déroute dunkerquoise aurait pu être évitée et la défaite finale n'était sans doute pas inéluctable comme le remarquait en leur temps De Gaulle et d'autres.  Les combats auraient pu se poursuivre ailleurs, comme le craignait Hitler, presque étonné que la signature de l'armistice soit intervenue si tôt.
     L'idée de Blitzkrieg rapide,facile et invincible est une légende, un mythe entretenu par ceux qui souhaitaient secrètement ce que Bloch appela l'étrange défaite.
    L'armée française était loin d'être sous-équipée et il y eut plus d'un moment dans l'avancée de Guderian où les troupes allemandes furent mises en sérieuse difficulté, faisant craindre au Führer un risque d'échec, de renversement de situation.
    L'attitude de l'armée française ne fut pas celle de débandades généralisées, même si le comportement des officiers ne fut pas toujours exemplaire, si l'Etat Major faillit sur plus d'un point et si les transmissions furent plus que défaillantes.

           La bataille de Stonne en témoigne, à partir du 15 mai 1940, par exemple, dont le général allemand Paul Wagner disait: Il y a trois batailles que je n'oublierai jamais :Stonne, Stalingrad et Monte Cassino.
     Une occasion manquée, sans doute.
  Oui, la déroute dunkerquoise aurait pu être évitée et la défaite n'était pas inéluctable.
              Bref sur cette guerre, bien des préjugés sont à rééxaminer.
  Malgré la défaite sur le littoral, l'armée française dans globalité n'était pas tactiquement en déroute:
        Les combats pouvaient donc se poursuivre encore quelques semaines, d’autant que l’armée allemande commençait à rencontrer de sérieux problèmes logistiques, à cause de l’élongation de ses lignes vers le sud et l’ouest de la France. «L’idée d’une France ne capitulant pas était le cauchemar de Hitler», affirment les auteurs sur la base des travaux récents d’historiens militaires allemands. Pour arriver jusqu’à la Méditerranée, les troupes allemandes auraient dû mener encore de longs et durs combats - d’autant qu’on sait aujourd’hui que la Blitzkrieg (guerre éclair) relève davantage de la propagande de Goebbels que de la réalité militaire...."
   Un débat qui doit se poursuivre...
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Le mythe de la guerre éclair (Karl-Heinz Frieser)
Comme des lions.
- Défaite fraunçaise, victoire allemande sous l'oeil des historiens étrangers. _________________

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(Dé)croissance démographique?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Où va la population mondiale?

             Les démographes sont en pleine interrogation. Ils savent qu'ils ne pratiquent une science exacte (il n'en existe aucune dans les sciences humaines), mais ils se donnent les moyens d'y voir plus clair dans les mouvements de populations à un moment donné et surtout les tendances profondes sur le long terme ou le court terme. Modifications sur le taux de natalité, qui a des incidences sur l'histoire d'un peuple ou d'un continent, chutes brutales d'une population après un événement naturel, comme la peste noire ou une profonde modification climatique, etc... Autant d'objets d'étude qui peuvent en apprendre beaucoup sur l'histoire locale, régionale, voire mondiale...                                                                                                                                                   Aujourd'hui, beaucoup de spécialistes en la question s'interrogent sur les tendances de la population mondiale, qu'on a vu monter rapidement depuis le début de l'ère industrielle. Assistons-nous en ces dernières décennies à une chute programmée de la population mondiale, de manière différenciée, une chute qui ne serait pas provisoire, mais tendancielle, sous l'effet de facteurs divers, naturels comme culturels? Certains pays s'interrogent déjà sur une moindre natalité en leurs sein, leur apparaissant problématique en leur, comme l'Allemagne qui peine à renouveler sa population. Mais ce pays n'est pas le seul. D'autres voient leur natalité baisser régulièrement, comme certains pays de l'Afrique du Nord, tandis que le Sahel connaît une explosion problématique, pour des raisons surtout culturelles. La démographie peut souvent aider l'historien sur les modifications profondes à venir.   


                                                                                 __  La France n'est plus la grande puissance quelle était au XVIII° siècle, mais sa politique de soutien familial lui permet de ne pas être affectée comme certains de ses voisins. Mais des données nouvelles pourraient modifier la tendance: les effets (relatifs) de la covid sur l'espérance de vie, les données récemment enregistrées sur la baisse de la fécondité masculine, les résistances psychologiques liées à une certaine angoisse écologique...Quelques facteurs partiels qui ne sont pas sans doute à eux seuls des éléments explicatifs, mais qui contribuent à mieux saisir ce qui s'annonce sans doute comme une régression, voire une stabilisation de la population mondiale. Ce qui ne serait pas en soi un drame, si l'économie s'adapte aux nouvelles donnes, ce qui serait pour d'autres une chance de voir se réduire une pression excessive sur le milieu vital, aux ressources limitées. Un débat en cours qui n'est pas anodin...                                                                                              En tout cas la "bombe démographique" n'aura pas lieu, si les tendances constatées continuent à se vérifier. Des questions d'ordre moral et politique se posent. Faut-il d'urgence "arrêter le enfants" comme il est parfois préconisé?... Un grand défi attend l'humanité, que ne résoudront pas les démographes, qui ne peuvent que poser des diagnostics à partir de leurs données chiffrées et de leurs projections et leurs hypothèses.. _________________

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