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Assange: fin de partie?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

    Vers un dénouement tragique...

                     Alors que Bush n'a toujours pas été jugé comme criminel de guerre. on s'acharne depuis des années. sur Julien Assange. La libre expression journalistique a pris un coup de plus, les lanceurs d'alerte seront un peu plus menacés. Une extradition qui peut être dramatique pour cet homme affaibli. Le fondateur de Wikileaks risque une fin tragique.                                                                                       L'acharnement se poursuit. Et l'affaire entre dans une nouvelle phase. Julien est une victime, en grand danger, mais aussi un révélateur.  Un acharnement politique et une affaire d'Etat.   Malgré la victoire obtenue par la défense, au vu de l'état de santé de l'inculpé. Si c'est un soulagement, il ne peut être que provisoire, au vu de l'entêtement américain à condamner une personne extrêmement diminuée, du fait de son long isolement forcé et de sa détention prolongée.    Une situation pire que celle d'un condamné de droit commun. La pression de la justice très politique de Washington sur Londres va sans doute continuer, même en l'absence de Trump, malgré les soutiens déjà anciens dans la presse internationale.     Assange a été lâché par ceux qui ont profité des information diffusées comme lanceur d'alerte dans les fameux et complexes dossiers wikileaks, qui ont à l'origine fait l'objet d'un long débat.  On constate aujourd'hui un acharnement que plus rien ne justifie, surtout après les multiples soutiens et les déclarations de l'Union européenne. Malgré l'ire de la CIA, malgré les assauts des ultra-conservateurs de la Maison Blanche et du Pentagone. Les menaces de condamnation côtoient la démesure absurde: presque deux cents ans de réclusion...pour un quasi mort vivant. Le Mexique sera-t-il son dernier refuge?

 

             La volonté de transparence, même si elle ne peut être illimitée, est une exigence qui s'impose à tout journalisme d'investigation, c'est le coeur de son métier. La notion de secret d'Etat est souvent un paravent commode, un rempart pour éviter toute investigation citoyenne ou parlementaire, pour masquer des pratiques discutables méritant des informations, même extorquées (affaire Karachi...)   Les prises de position de Védrine, trop défensives, trop machiavéliennes, ne satisfont qu'à moitié, car on pourrait lui opposer de nombreux contre-arguments. La notion équivoque de "secret" demande à être interrogée. Combien de "sales secrets"-connus maintenant ou pas encore- dans la diplomatie américaine depuis la guerre du Vietnam à celle de l'Irak, dans les relations entre la France et certains pays africainsN.Klein nous en donne une petite idée. La vérité doit souvent être mises au jour, pour des avancées démocratiques nécessaires, même si elle peut être insoutenable. Quoi qu'il en coûte.

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Nucléaire: le grand tournant?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Renaissance inattendue...

         Vers uns Europe nucléarisée?

        Il était voué aux gémonies. De par son coût et surtout ses dangers potentiels. Surtout depuis Fukushima, qui a constitué une date charnière pour réorienter la production énergétique. La France se laissa aller à un jeu de yoyo technico-financier qui a mis à mal ses orientations passées. Nécessité fait loi. l'électricité décarbonée est devenue un impératif. Il s'agit de choisir le moins pire. Le pragmatisme s'impose. Pas seulement en France. Des investissements gigantesques, une mobilisation massive et l'appel aux capitaux privés sont envisagés. L'intendance suivra-telle? Car le temps presse et les chantiers s'étaleront dans la longue durée. L'Allemagne reste sur ses positions, dans la ligne de Merkel. Les Ecolos eux-mêmes sont partagés et les discussions, enflammées.


                              "...De quoi plonger les cadres d’EELV dans l’embarras, alors qu’un changement de rapport de force en faveur du nucléaire est observable depuis quelques années dans l’opinion publique. Le zèle pro-atome du gouvernement, qui organise jeudi 28 septembre une conférence internationale à Paris au titre éloquent – « Accélérer le recours à l’énergie nucléaire pour parvenir à la neutralité carbone » n’est pas pour rien dans la formation de ce nouveau paradigme....À deux semaines de la convention de Pantin, des voix s’élèvent toujours pour que le parti ne se ferme pas à cette frange pronucléaire de ses sympathisant·es. « Il y a une approche pronucléaire progressiste, de gauche et écolo. J’appelle EELV non pas à être pour le nucléaire, mais à ce qu’on puisse marcher main dans la main pour l’écologie politique », plaide ainsi Camille d’« Après l’Effondrement ».                                                               Il a d’ailleurs signé un « appel de militants écologistes à EELV » (à l’initiative de sympathisant·es d’EELV, membres d’associations comme le Shift Project, La Fresque du climat ou Pour un réveil écologique), qui circule ces derniers jours sur X et devrait être publié avant le 14 octobre, demandant au parti de « remettre en question [le] refus par principe de certaines technologies comme le nucléaire civil ou les OGM »« Ces questions doivent pouvoir être débattues au sein du mouvement, ou tranchées par le peuple français », défend l’appel.  Nicolas Barla, élu EELV à la Métropole de Lyon (Rhône) – connu en interne pour ses positions pronucléaire –, l’a signé, de même que Léa Falco, membre du collectif Pour un réveil écologique, dont le manifeste a été signé par 33 000 étudiant·es. Interrogée par Mediapart, cette dernière estime qu’un aggiornamento du parti est nécessaire sur le sujet, tout en plaidant pour la sortie des énergies fossiles « de manière claire, y compris du gaz ». « L’opposition au nucléaire d’EELV est aujourd’hui une contradiction insurmontable pour une opinion publique dont la sensibilité aux sujets écologiques augmente, dit-elle. C’est un repoussoir symbolique d’autant plus grand qu’il paraît incompréhensible au vu de la gravité de la situation et de l’urgence de la sortie des énergies fossiles, que le rapport de RTE [le gestionnaire du réseau français de haute tension – ndlr] de la semaine dernière a encore rappelé – et au vu des paris technologiques qu’engendrerait un mix 100 % énergies renouvelables. »                                                                                                                                                  L’un des rédacteurs de l’appel, un shifter, affirme qu’il a atteint les 500 signatures. Il explique : « Chez les sympathisants d’EELV, ce constat est largement partagé. C’est moins vrai pour les militants, et encore moins parmi les cadres. On veut rendre visibles les gens qui ne sont pas satisfaits du statu quo actuel. On peut trancher des désaccords par des moyens démocratiques – un référendum ou une convention citoyenne –, mais au lieu de ça, on s’enferre dans une guerre de tranchées sur le nucléaire. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, on ne peut pas jouer au “stop and go” indéfiniment. »      Non seulement l’industrie de l’atome a donc réussi à se replacer au centre de la politique du gouvernement (lire l’article de Jade Lindgaard), mais petit à petit, elle étend son aire d’influence jusque dans des sphères écologistes, qui y ont longtemps été hermétiques. « On n’a pas perdu la bataille de l’opinion, mais le travail de Jean-Marc Jancovici a beaucoup participé à une banalisation du nucléaire, admet François Thiollet. Il y a donc un écart entre l’électorat écologiste, bienveillant à l’égard du nucléaire perçu comme une solution immédiate à la décarbonation, et les militants écologistes chez qui ça ne bouge pas beaucoup... » ________________

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Climat et histoire (suite)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 En reparler encore...

                                                Il a fallu du temps pour prendre conscience de ce qu'il est convenu d'appeler "l'urgence climatique", devenue aujourd'hui  un impératif catégorique, malgré quelques dénégations individuelles à la Trump et de ses acolytes conservateurs et affairistes, malgré les inerties des institutions internationales et les doutes entretenus sciemment par les grands groupes industriels. On commence à mieux faire la différence entre les modifications climatiques, classiques et normales, sur le court terme et les grandes tendances actuelles, s'inscrivant dans un temps relativement court, dans celui du développement industriels surtout depuis deux cents ans.   On prend de mieux en mieux conscience surtout, que notre histoire et ces évolutions climatiques sont intriquées profondément, parfois sur le court terme. Surtout depuis les études de l'historien Leroy Ladurie, qui a ouvert la voie de manière très documentée..   


                                                                              L'étude approfondie de différentes époques historiques montre l'importance de transformations climatiques sur le long terme surtout.   Longtemps on les a dissociées. L'événementiel et les modifications climatiques longues ou ponctuelles ne semblaient ne rien avoir en commun. Comme si on avait affaire à deux aspects différents, deux dimensions hétérogènes. On parlait du temps occasionnellement, en passant, comme si le problème du climat, du moins sur la longue durée, était réservé aux seuls climatologues. Les deux dimensions suivaient des chemins parallèles.     Or, peut-on comprendre une bonne partie de la préhistoire sans recourir à l'éclairage climatique: les migrations africano-européennes, les premières apparitions de l'agriculture après la dernière glaciation, le "petit âge glaciaire" après le réchauffement global en Europe au tout début du Moyen-Age; sans compter les aventures historiques qui tournent court, faute de prévision de certains aspects climatiques, comme l'aventure napoléonienne mise en échec par l'hiver russe et plus tard, la déroute nazie aux portes de Moscou?  Le "général hiver" avait tranché..                     _____Aujourd'hui la question du climat nous saute cruellement à la figure. Par une prise de conscience tardive, nous obligeant à des choix douloureux au vu des impacts majeurs de la "course au progrès" sur le milieu naturel. C'est une forme de sidération qui nous affecte devant le grand basculement qui nous attend, dans une incertitude souvent paralysante. Que sera notre histoire demain, quelle géopolitique nouvelle se prépare?,...Nous sommes au seuil de grandes mutations, à n'en pas douter.    L'homme et le climat sont des partenaires indissociables, pour le meilleur ou pour le pire. Ce n'est pas un problème à courte vue de météo. Ce n'est pas seulement et surtout une question de cadre de vie, mais de vie tout court, de conditions matérielles d'existence (ressources alimentaires, environnement thermique vital...)

 

 

              A première vue donc, on voit mal ce que le climat a à voir avec le déroulement de l'histoire et particulièrement avec le déclenchements de conflits.   Les vicissitudes météorologiques ont tout à voir avec la nature tandis que les événements historiques  semblent ne relever que de la volonté, des désirs, des passions humaines et des concours de circonstances.
  Mais ces deux aspects du réel ont plus de rapports qu'on ne le croit.

                        La nouvelle histoire, depuis Braudel, a mis l'accent progressivement sur les interactions entre nature et histoire, notamment Leroy Ladurie.
  On a émis et confirmé l'hypothèse de l'importance d'un phénomène climatique majeur comme un des éléments déclencheurs de la Révolution Française. 
 L'historien du climat ne s'intéresse pas seulement au climat mais à ses conséquences humaines. Les aléas climatiques ont souvent des incidences sur l'histoire des hommes. Pour remonter aux origines africaines, cela relève de l'évidence.
  Les émeutes de la faim des dernières années  sont multicausales. Mais les variations aberrantes des marchés ne sont pas seules en cause..
     La climatologie donne des lumières, mais qui ne peuvent pas être suffisantes, quand elles interviennent.
Pas de causalité directe, mais des corrélations parfois évidentes
    Le climat ne peut être considéré comme une cause mécanique, uniquement déterminante, mais comme une donnée incontournable pour comprendre certains changements de fond, par exemple au niveau de l'agriculture et des habitudes alimentaires, donc des progrès futurs, mais aussi des événements qui ont changé le cours des choses , comme le passage des Huns sur le Rhin gelé ou la défaite de l'armée allemande confrontée à l'hiver russe...
_________          Dans le cas syrien, des études récentes ont montré, pour expliquer en partie la naisance du conflit syrien, que:
      Entre 2006 et 2011, la Syrie a connu la plus longue sécheresse et la plus importante perte de récoltes jamais enregistrée depuis les premières civilisations du Croissant fertile . Au total, sur les vingt-deux millions d’habitants que comptait alors le pays, près d’un million et demi ont été touchés par la désertification , ce qui a provoqué des migrations massives de fermiers, d’éleveurs et de leurs familles vers les villes . Cet exode a attisé les tensions provoquées par l’afflux de réfugiés irakiens qui avait suivi l’invasion américaine de 2003. Pendant des décennies, le régime baasiste de Damas a négligé les richesses naturelles du pays, subventionné des cultures de blé et de coton nécessitant beaucoup d’eau et encouragé des techniques d’irrigation inefficaces. Surpâturage et hausse démographique ont renforcé le processus. Les ressources hydriques ont chuté de moitié entre 2002 et 2008.

    L’effondrement du système agricole syrien résulte d’un jeu complexe de facteurs dont le changement climatique, une mauvaise gestion des ressources naturelles et la dynamique démographique....      _________

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Varia

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Come back

__ (Très) inquiétant

__ Encore radioactive

 

__ Lobbysme pétrolier              

 

__ Tics linguistiques

__ Priorités obligent

__ De crise en crise

__ Harcèlement: question

__ Défaillance étatique

__ Stratégie haussière

__ Tensions à EDF

__ On met le paquet

__ Homophobie d'Etat

__ Contre-pouvoirs menacés

__ Vers une presse muselée?

__ Pécresse fait du Macron                       _____________________________

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Fin du consensus néolibéral?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

S'y achemine t-on vraiment?

                         On le murmure, on le chuchote...  Après le Consensus de Washington, qui a ouvert la voie au néolibéralisme dans toute sa splendeur, avec les effets que l'on sait, notamment la grande crise financière de 2008 et ses séquelles de rigueur durable qui a vu partout un affaiblissement de l'Etat, sommé de se plier aux lois du marché, tout en proclamant son impuissance...   

 

 

               ____  "Le « Consensus de Washington » est la table de la loi énonçant les dix commandements du libéralisme qui déterminent depuis 20 ans les politiques économiques mondiales. Aujourd’hui, la Banque Mondiale, jusqu’alors fervente adepte du dogme, nous annonce que, désolée, elle s’est trompée, que ces règles sont néfastes, et qu’il faut restaurer le rôle de la puissance publique. A la fin des années 1990, le modèle économique ultra libéral adopté par Thatcher et Reagan est devenu le nouveau dogme économique, et ses tables de la loi ont été rédigées par John Williamson, économiste en chef pour la région Asie à la Banque Mondiale. Devenues célèbres sous le nom de « Consensus de Washington », elles énumèrent les dix commandements auxquels devaient désormais se plier les états, et qui imposaient un revirement complet des politiques menées depuis l’après guerre.   Dérégulation, privatisation, monétarisme, réduction des dépenses publiques devenaient désormais d’ardentes obligations en dehors desquelles ils n’existait point de salut. Le rôle de l’état, qui jusqu’alors avait été central, à la fois par les politiques économiques et budgétaires qu’il impulsait, et par son rôle redistributeur des richesses produites par les nations, devait à tout prix être réduit à la portion congrue. Ronald Reagan avait résumé cette nouvelle vision prônant le « moins d’état » lors de son discours d’investiture par sa formule fameuse : « l’état n’est pas la solution, c’est le problème ». L’adoption par les institutions, comme le FMI et la Banque Mondiale, et les élites mondialisées de cette charte libérale a entraîné des conséquences considérables, tant dans nos sociétés que dans les pays en développement. En Europe, le principe de la « concurrence libre et non faussée », au coeur du Traité de Maastricht, qui a acté la mort des services publics, et l’interdiction de mener une politique industrielle, n’a pas d’autre origine, ni d’autre justification.Dans les pays du sud, les effets du Consensus de Washington, ont été bien plus catastrophiques. Les politiques nommées par euphémisme "Ajustements Structurels" exigées des pays en développement en échange de la renégociation de leur dette par le FMI et la Banque Mondiale ont conduit entre autres à la fin de l’encadrement des prix des aliments de base, et à la privatisation de l’eau, avec une explosion de leurs tarifs. L’auteur de ces lignes a entendu Abou Diouf, l’ancien président du Sénégal, relater comment les envoyés du FMI exigeaient de lui qu’il augmente le prix du lait dans son pays, afin de pouvoir bénéficier de l’aide internationale. Pendant vingt ans, toutes les voix critiques remettant en cause ces choix ultra libéraux ont été ignorées ou qualifiées de rétrogrades - le débat autour du referendum européen nous en a fourni le dernier exemple en date. Pendant vingt ans, armés de leurs certitudes, les hommes du FMI et de la Banque Mondiale ont accru les difficultés quotidiennes de centaines de millions d’hommes et de femmes des pays du sud. Au nom de de leur dogme, ils ont conduit l’Argentine à la ruine, plongé la Russie dans une crise sociale sans précédent, dont elle commence tout juste à se relever grâce aux revenus de ses réserves énergétiques dont elle a « osé » reprendre le contrôle en contravention avec la règle du laisser faire. Au nom de ces mêmes dogmes l’Europe s’est privée de politique industrielle, de la maitrise de ses infrastructures, de son énergie, de ses transports. Devant les catastrophes sociales provoquées par cette nouvelle religion du libre échange, dont les bénéfices pour le plus grand nombre se font toujours attendre, bien que les revenus des privilégiés atteignent, eux, des niveaux stratosphériques, des voix dissidentes sont enfin parvenues à se faire entendre, qui ont osé dire ce que beaucoup pressentaient : le roi est nu. Non seulement les règles du Consensus de Washington n’ont pas produit les résultats promis par leurs adeptes, mais les effets néfastes nés de leur application sont de plus en plus criants. Et la charge la plus sévère est venue du coeur du système. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie et Vice Président de la Banque Mondiale, démissionne en 2000 de son poste et fait le procès des politiques prônées par l’institution qu’il qualifie de « solutions archaïques et inadaptées, sans tenir compte des effets qu’elles auraient sur les habitants des pays ». Dans son livre La Grande Désillusion, publié en 2003, il décrit comment l’application du Consensus de Washington a produit les effets inverses de ses objectifs affichés, en causant un enrichissement accru pour le nord et des difficultés sans nombre pour le sud .Aujourd’hui, Le Monde s’est procuré la version préliminaire du prochain Rapport mondial annuel sur le développement, préparé par la Banque Mondiale, et oh, surprise, les conclusions de Stiglitz sont reprises par l’institution, qui juge désormais que l’intervention de l’état dans les pays pauvres est nécessaire pour « encadrer et soutenir la paysannerie », remettant du même coup en cause sa doctrine de « l’ajustement structurel ».Redécouvrant bien tardivement que la petite agriculture nourrit un tiers des 6 milliards d’habitants de la planète, le rapport constate que celle-ci a été « sous-utilisée », pire encore, « avec la domination de l’industrialisation dans le débat politique, le développement par l’agriculture n’a souvent même pas été considéré comme une option », et « les bailleurs de fond ont tourné le dos à l’agriculture », ce qui a conduit à des « coûts élevés pour la croissance, le bien être et l’environnement »._Le Monde cite l’appréciation portée par Michel Griffon, un spécialiste de l’agriculture et du développement durable, qui se réjouit de voir publier un document qu’il « attendait depuis plus de vingt ans, depuis que les politiques d’ajustement structurel ont balayé les politiques publiques agricoles antérieures sans les remplacer ».Vincent Ribier, expert dans le même domaine, rappelle que « les politiques néo-libérales d’ajustement structurel » ont eu un « impact très direct et très négatif sur le monde rural dans les pays pauvres ».Effectuant un revirement a 180°, la Banque Mondiale constate que les dépenses publiques en direction du monde agricole ont baissé depuis 1980, de 1,5% en Afrique, 7,4% en Amérique Latine et 5% en Asie, et juge désormais nécessaire de relancer ces aides, en insistant sur le fait que la croissance agricole est « très dépendante du soutien du secteur public ».M. Ribier, qui a participé récemment à une réunion d’experts au Quai d’Orsay sur le rapport, y voit « la fin du consensus de Washington ».Reste maintenant pour l’Europe à entreprendre elle aussi sa révolution copernicienne, en rangeant cette religion à laquelle même ses clercs les plus zélés ne croient plus, à la place qu’elle n’aurait jamais du quitter : celle d’une extravagance idéologique .C'était Quand les pauvres finançaient les plus riches.                                                                                     Aujourd'hui, les principaux dogmes du néolibéralisme sont en question, du moins en partie et timidement. Les défenseurs de l'OMC, comme Pascal Lamy, se font discret et, par nécessité plus que par raison, des gouvernants se font maintenant les défenseurs de plus de souveraineté et de régulation financière.        ___Et si on revenait à l'esprit de Philadelphie?...  ___________________

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Glyphosate: on continue...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Vous reprendrez bien un peu de glyphosate....

                      Cela avait été annoncé avec solennité: :dans un an, on arrête tout. Puis on s'est ravisé: dans dix ans, annonce Bruxelles. Non sans rencontrer des résistances, parfois étatiques. A la grande satisfaction des lobbyes de l'agro-industrie, bien encadrée par le monde de Monsanto et farouchement exportatrice. On repousse donc l'échéance, pour se donner le "temps de la réflexion", comme si on pouvait avoir encore des doutes sur la nocivité environnementale et sanitaire des produits "miracles" de Bayer et du géant américain. Il y aurait, nous dit-on, encore des doutes sur ses effets contestés à court et à long terme. Une stratégie que l'on connaît bien, qui a fonctionné longtemps dans la défense des cigarettiers, des producteurs d'amiante, etc.....On nous ressort un certain nombre d'études partielles, biaisées, avec une prétendue prudence méthodologique faite de ruse et de calcul, sachant bien qu'il faudra du temps pour re-convertir une grande partie de l'agro-industrie à des pratiques vertueuses, notamment de régénération des sols. Le problème est en amont: cesser les pratiques d'exportations massives et à tout prix au niveau mondial, au sein d'une concurrence, selon la logique de l'OMC, qui pousse à la haute productivité. Même s'il y avait seulement suspicion, il serait plus que temps de passer à autre chose et d'orienter autrement la recherche et de la diversifier, pour des solutions sûres et pérennes.  Mais le doute, patiemment instillé, est devenu une arme commerciale. Comme la rétention de certaines expertises fiables.  On se souvient des Monsanto Papers.    On joue sur des incertitudes, que l'on peut toujours trouver.                                                                                     __ Pourquoi se priver? " Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé dans le monde. En France environ 8 000 t/an de matière active ont été utilisées en 2016. Son succès repose sur un coût faible, une bonne efficacité et une très grande souplesse d'utilisation. Il est largement utilisé pour du désherbage agricole mais aussi pour l'entretien des espaces urbains et industriels."  (wiki Le glyphosate ou les produits de la même famille est maintenant réputé pour être cancérogène. Ce n'est plus une hypothèse, une probabilité, c'est devenu, années après années, une quasi-certitude. Bien des études restent à mener pour approfondir les corrélations, mais l'exemple du Sri-Lanka, qui a exclu totalement le produit de son agriculture, suffit déjà à établir des indices suffisants. Seulement, la désinformation suit son cours, selon une technique bien connue.    Semer le doute dans les esprits est la technique actuelle de lobbyistes de tous pays.


    L'étude des Monsanto Papersrévélant les contradictions  et les manoeuvres de désinformation, bat en brèche toute vélléité de défense, même indirecte .Ces documents, analysés par des organismes les plus sérieux, mettent à nu les techniques de vente et de conditionnement des esprits, ainsi que les contradictions de la firme.
    La fabrique du doute continue, comme dans d'autres cas. C'est une arme qui produit ses effets déstabilisateurs.
        Le nouveau baptême ne change rien. Il est plutôt une dernière technique de masquage, dans cette histoire déjà (trop)longue.

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Lucy et son père

Publié le par Jean-Etienne ZEN

C'était dans les années 1970

                                          Un jeune préhistorien paléontologue se lance à l'aventure en Ethiopie, terre déjà soupçonnée de recéler maintes traces d'humanité ancienne, de témoignages uniques du lointain passé africain de l'espèce humaine. C'est en 1974 qu'il participa à une découverte fondamentale: la découverte d'une pièce unique, celle de restes de l'australopithèque, qui sera nommée Lucy, qui deviendra si célèbre et qui relancera la recherche vers d'autres investigations, qui ne finiront jamais.  Une vie d'aventurier, qui va déboucher sur une meilleure compréhension de notre devenir humain. Un chercheur passionné et un conteur hors pair.    


                                                                                                                                          Le Musée de l'homme et le Collège de France perdent un éminent diffuseur d'idées, qui a lancé assez de graines pour préparer d'autres esprits féconds et de nouvelles recherches...qui ne s'arrêteront jamais. Même si Lucy a déjà pris un coup de vieux...    Les migrations ont commencés très tôt....                                                             __ Nos lointains ancêtres n'ont pas choisi un chemin tranquille...Depuis que Lucy a pris un coup de vieux , n'en déplaise à Yves Coppens, il fallait s'attendre à d'autres surprises dans le domaine toujours mouvant de la paléontologie préhistorique.

 

       Une nouvelle de taille vient de tomber, même si elle se préparait dans le silence de fouilles déjà anciennes
  On a retrouvé en Géorgie un crâne de 1,8 million d'années, ce qui  révolutionne et simplifie (en partie) l'histoire de l'évolution, telle qu'on se la représentait jusqu'ici:
      «Les fossiles hominidés de Dmanisi, dans le sud de la Géorgie, sont les représentants les plus anciens du genre Homo hors d'Afrique», n'hésite pas à affirmer le Pr David Lordkipanidze, directeur du muséum national de Géorgie, à Tbilissi, premier signataire de la publication relatant cette découverte dans la revue Science . Et 5 crânes, dont 4 avec mandibule, ont été exhumés depuis plusieurs années. Ainsi, une mâchoire avait été découverte en 2000. Cinq ans plus tard, à deux mètres de là, un crâne magnifiquement conservé, sans les déformations ou fracturations qu'entraîne parfois la fossilisation, était lui aussi mis au jour. Et mâchoire et crâne s'emboîtent parfaitement. «Cette “tête” est remarquable pour plusieurs raisons, estime Marcia Ponce de Leon, de l'université de Zurich, qui a participé aux travaux. Il a un relativement petit volume crânien, 546 cm3, soit un tiers de celui d'un homme moderne. Il a une face large et prognathe, une mâchoire proéminente avec de larges dents, des arcades sourcilières très marquées. La combinaison de tous ces traits n'avait encore jamais été observée et offre donc des informations nouvelles sur ce à quoi ressemblaient les premiers Homo.» 

Reconstitution artistique

    De nouvelles questions se posent, notamment celle de savoir ce qui s'est passé entre la fin d'Homo erectus et l'arrivée d'Homo sapiens.
  On peut conclure des découvertes de ce site prometteur que nous sommes tous  Homo Erectus, même si l'analyse des crânes est déjà sujette à controverse, ce qui est normal dans la discipline.   De nouvelles pistes de recherche se profilent.
  ".... Pour Lordkipanidze et ses collègues, la diversité morphologique observée chez les fossiles d’Homo africains remontant à environ 1,8 millions d’années représente simplement les variations au sein d’une même espèce, Homo erectus. La ressemblance entre les fossiles de Dmanisi et ceux d’Afrique plaide en faveur d’une continuité génétique entre les humains primitifs africains et ceux d’Eurasie.
Cela revient à dire qu’assez tôt après son apparition en Afrique, Homo erectus a commencé à rayonner en Europe et en Asie. Cette expansion précoce du genre Homo n’a pas nécessité une étape préliminaire d’augmentation de la taille du cerveau : apparemment, les premiers Homo erectus étaient déjà assez évolués pour voyage]r d’un continent à l’autre. Ils sont sortis d’Afrique, se sont établis en différents points d’Europe et d’Asie, puis ont continué à évoluer, à migrer et à se mélanger entre populations, bien longtemps avant l’apparition des hommes modernes. Nous descendons tous d'Homo erectus, par des chemins multiples qui restent à découvrir..."
      Homo georgicus n'a pas fini de faire parler de lui.
           Le créationnisme de papa est une nouvelle fois mis à rude épreuve...

                         [ La revue Hominidés nous aide à comprendre la richesse et le complexité de l'aventure humaine passée, en deçà de l'histoire, dont nous ne saisissons pour l'instant encore que quelques fragments.]    ______________
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Jusqu'à la dernière goutte?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

         C'est reparti!

                              Après la période florissante du siècle dernier et le relatif déclin qui suivit, l'Oncle Sam se remet à forer comme jamais, jusqu'à devenir à nouveau le premier. Drill, Baby! comme disait Sarah Palin, qui voyait le salut du pays dans l'extraction à tout prix et à tout va. Celui-ci a changé de nature, mais donne à la puissance américaine de nouveaux atouts, avec des techniques que l'on s'est refusé chez nous: trop de dangers environnementaux et humains. De l'autre côté de l'Atlantique, on a moins de scrupules et puis le gaz de schistes, comme on disait, s'est révélé une manne de première grandeur. Le lobbying a été efficace. L'optimisme est toujours de mise. La guerre en Ukraine est un bon dopant. L'environnement et la santé des riverains attendront...Pour combien de temps?   La guerre de l'or noir continue, sous d'autres formes, malgré les promesses et les engagement officiels.                                                                                                                                                           Les USA ont retrouvé la première place dans la production du pétrole, grâce à à l'énergie non conventionnelle, ce qui n'est pas conséquences en matière géopolitique. Dans cet ancien Nouveau Monde, "... Ce cycle minier spéculatif porté par le culte du dollar va pourtant totalement à l’encontre d’un développement plus durable, tant ses conséquences environnementales sont considérables (rejets de C02, pollutions, microséismes liés à la fracturation hydraulique...). Surtout, les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial devant la Russie et l’Arabie saoudite et sont dorénavant totalement indépendants, en particulier vis-à-vis du Moyen-Orient et de l’OPEP. Les équilibres géopolitiques et géostratégiques mondiaux en sont bouleversés. C’est dans ce contexte qu’intervient au printemps 2022 l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui débouche sur des sanctions visant en particulier le secteur des hydrocarbures. À moyen terme, le retrait – au moins partiel – de la Russie du marché énergétique mondial d’un côté, le désancrage énergétique de l’Union européenne d’avec la Russie de l’autre ouvrent aux États-Unis de nouvelles perspectives d’affirmation énergétique mondiale, en rénovant en particulier sur des bases nouvelles le vieux lien géostratégique, géopolitique et géoéconomique transatlantique..."   


                                   Les conséquences sur le milieu et la santé sont considérables. Total Energies est impliqué dans cette nouvelle aventure. La France est devenue le premier importateur.                     "...Entre janvier et septembre 2022, Entre janvier et septembre 2022, la France a accueilli 132 méthaniers des États-Unis et importé 11,9 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz américain9 . Cela représente 38 % de la consommation française de gaz10. Selon les données de l’administration américaine, environ 87 % du gaz produit aux États-Unis est du gaz de schiste ou étanche et est donc extrait par fracturation hydraulique11, une technique pourtant interdite en France.."    ______________

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Orwell à Moscou

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Quand des lecteurs font de la résistance

              Si l'on en croit certaines sources réputées fiables, on n'a jamais tant lu à Moscou. Mais pas n'importe quoi. Le pays a beau être contrôlé, bridé, surtout en période de guerre, certains auteurs rencontrent un écho puissant. Faute d'opposition réelle possible, des esprits éclairés font de certains auteurs des alliés intérieurs, pour une résistance qui ne put être pour l'instant que symbolique et périphérique.                                                      __ Quand la presse est aux ordres, quand la police veille...que faire?  Une seule voie: entretenir par l'esprit une forme de résistance intérieure pour garder intacte la flamme de la révolte.  Cela ne changera pas le cours de la guerre, hélas!  mais cela peut contribuer puissamment au réveil citoyen quand sonnera l'heure où le Kremlin s'ouvrira.   Pour l'instant, la novlangue  règne au Kremlin...,celle qui ne heurte pas,  inventant d'autres vocables si les besoins (politiques) l'exigent, comme le suggérait Orwell, qui notait que propagande pouvait très bien se transformer  en vérité, par la vertu d'un rhétorique dévoyée   Il y a  les mots, il y a les choses...Quand les choses déplaisent, changeons les mots, pour masquer les maux. Ne parlons pas d'échec, mais de contre-performance, de violence, mais de troubles, d'ouvriers mais de collaborateurs, etc.......   


                             L'auteur de 1984 est donc bien d'une brûlante actualité, comme l'a pu être Voltaire en son temps...:  "....L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe le 24 février 2022 a eu sur le paysage éditorial russe un effet collatéral plutôt inattendu : au milieu des ouvrages de self-help et d’autres fictions plus ou moins consolantes, le grand succès de librairie de cette période est le roman d’anticipation du Britannique George Orwell, 1984. Selon les derniers chiffres, les ventes du roman ont progressé depuis février de 30 % pour les librairies physiques et de 75 % pour les ventes en ligne sur un an et 1,8 million d’exemplaires en ont été vendus depuis le début du conflit.   Un couple d’Ukrainiens de retour dans sa maison d’Irpine après la longue occupation de la ville par l’armée russe a même retrouvé un exemplaire du roman abandonné par un soldat. C’est donc toute la Russie qui semble s’être plongée dans ce classique de la littérature mondiale. Il est vrai que l’embargo a privé les Russes des films hollywoodiens et qu’ils se tournent vers la lecture pour s’occuper – mais le choix de 1984 est tout sauf innocent dans le contexte politique russe....Il n’est pas anodin que l’ouvrage refasse surface précisément au moment où le régime de Vladimir Poutine, qui a souvent révélé la force de l’héritage soviétique dans la Russie contemporaine, connaît une forte poussée autoritaire en contexte de guerre. Déjà, en 2015, juste après l’annexion de la Crimée, le livre était apparu dans le classement des dix livres les plus lus en Russie, avec 85 000 exemplaires écoulés dans l’année. Aujourd’hui plus que jamais, une partie de la population russe a l’impression que la réalité rattrape la fiction.   Une vidéo postée sur TikTok par une jeune exilée russe à Londres et devenue rapidement virale montre bien ce que, à l’occasion de la guerre en Ukraine, certains Russes reconnaissent dans le miroir orwellien. Les pays inventés par le romancier britannique sont non seulement plongés dans un état de guerre perpétuelle avec leurs voisins, mais ils se caractérisent aussi par l’omniprésence d’une propagande qui déforme la réalité pour mieux la faire correspondre au discours du pouvoir et impose à la population un assentiment qui défie la logique. « La guerre, c’est la paix », dit le Ministère de la Vérité dans le roman : de la même manière, le pouvoir russe cherche à rebaptiser « opération spéciale » une guerre qui ne dit pas son nom et a mis en place un lourd dispositif de mesures judiciaires pour punir ceux qui n’accepteraient pas ces éléments de langage...."                                   ____ Certaines lectures apaisent et aident à résister. Elles présentent parfois comme un danger pour le pouvoir, ce qui explique qu'on puisse les brûler...______________

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Ecrans toxiques

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Y revenir. Quitte se répéter

                                     Car le problème n'est pas anodin. Il n'est pas seulement psychologique, il est aussi culturel. Et il est mondial. Le portable n'est pas qu'un outil souvent utile au quotidien, même si la plupart de ses usages relèvent de l'inutile ou du ludique, il est aussi une entrée (trop) facile sur des domaines discutables ou pervers. Des sites non régulés, laissés à des marchands sans scrupules, qui marchent au nombre de clics, mus par le seul business.  Les efforts difficiles de quelques parents militants pour la maîtrise de l'objet tant convoité reste très marginal.                                                                                C'est plus que le conformisme qui est stimulé dès le plus jeune âge, c'est l'accès sans frein à des données compromettant les capacités d'attention, l'accès graduel à la maturité affective, l'élévation à la lecture en général, à l'exercice de la pensée maîtrisée, diversifiée et nuancée, contre des prêts-à-penser offerts sans réserve. Il n'y a que des inconvénients à exposer aux écrans les plus jeunes, qui sont surexposés, de manière souvent jugée ludique. L'excès en ce domaine se paiera cash. Les jeunes enfants sont les premières victimes.Cela finit par se savoir et par faire consensus: trop d'écrans nuisent à leur santé, pas seulement psychique, non seulement à cause de leur aspect chronophage et de la captation d'attention qu'ils engendrent, mais aussi par leurs contenus, souvent d'une violence banalisée. Le danger n'est pas toujours mesuré de l'usage non maitrisé des écrans de toutes sortes de certains outils numériques.

 

 

         Trop d' écrans font écran.    On ne le répétera jamais assez. Leur usage immodéré fait trop souvent obstacle à la réalité, à la perception correcte du monde, forme un filtre par rapport au monde que nous vivons, un frein à la réflexion sur celui-ci, sur nous-mêmes et nos potentialités.  Le virtuel tend à prendre le pas sur le réel.  Utilisés à haute dose, les écrans nuisent à notre capacité d'attention, à notre rapport à la vie réelle et à notre santé aussi, quand ils deviennent chronophages, quand ils se font toxiques. A conseiller avec modération. Pour les enfants surtout.       Les leaders de la Silicon Valley  le savent bien, qui éloignent les leurs le plus possible de ce qui ne remplace pas la présence humaine, la pédagogie vivante, les relations concrètes. Il y a lieu dans bien des cas de s'inquiéter de l'omniprésence des écrans de toutes sortes, de leur envahissement non contrôlé, de la fascination qu'ils procurent très tôt, de la dépendance qu'ils entrainent, de la passivité qu'ils créent, surtout quand la pratique n'est pas encadrée. Et l'on s'étonne que la concentration des enfants pose problème, que son enfermement passif devienne problématique quand la boulimie s'installe...Si rien n'est fait, on prépare (déjà) une génération de zombies, de caractériels et de diabétiques par manque de mouvement.                                                 "....Télé allumée en permanence, dessins animés pour mieux faire avaler les repas, jeux sur appli pour calmer les cris, parents rivés sur leurs téléphones, il en faut peu pour rendre son enfant accro aux écrans. Les Centres médicaux psychologiques sont assaillis de très jeunes enfants, surexposés aux écrans dès le berceau, qui présentent des symptômes en tout point semblables à ceux des enfants autistes, ou avec des troubles massifs de l'attention. Retards important de langage, grande agitation, absence de coopération, manque de concentration, comportements violents et addictifs, isolement, à travers la présentation de nombreux cas de patients, Sabine Duflo, psychologue clinicienne, pousse un cri d'alerte : les écrans sont des retardateurs puissants du développement des compétences cognitives et relationnelles Mais en supprimant ou en régulant fortement leur usage, il est possible de modifier très rapidement et profondément les symptômes de troubles d'allure autistique ou de TDAH. Elle propose ainsi des solutions simples, applicables et déjà testées avec les familles, notamment la méthode des 4 temps sans écrans (smartphone/tablette/TV/Jeux vidéos/ordinateur) : Pas d'écran le matin, Pas pendant les repas, Pas avant de se coucher, Pas dans la chambre de l'enfant..."                                            _____La surabondance des écrans dans la vie quotidienne, dans tous leurs usages et leurs diversités, l'invasion du numérique dans les aspects les plus divers de la vie sociale et intime posent problème à plus d'un titre. L'utilité de la plupart de ces nouvelles technologies n'est pas à discuter dans nombre des secteurs, même si les modalités de leur introduction dans la vie quotidienne peuvent avoir des conséquences d'une grande violence, notamment sur les conditions du travail.  La présence des écrans au coeur de la vie de famille et de la vie personnelle, dans son aspect utilitaire mais surtout ludique, pose plus d'un problème. Du smartphone aux jeux vidéo, il y a un mésusage de plus en plus signalé, qui met en péril les relations familiales et sociales et, par ses aspects chronophages, compromet la disponibilité à d'autres tâches, affecte les dispositions affectives et sociales, les capacités d'ouverture aux autres et d'attention.  Les effets toxiques de la surconsommation du numérique commencent à être mieux connus, même s'il y a toujours débat entre spécialistes. Une addiction qui peut prendre des dimensions inquiétantes, psychologiquement et même physiquementJusqu'à la nomophobie.                                       Plus d'un spécialiste de l'enfance et du développement du cerveau se rejoignent: la consultation immodérée des écrans dès la prime enfance et à proscrire, étant donnés les effets néfastes constatés au niveau psychologique et même physiologique: le développement du cerveau, très malléable dans les premières années, est compromis à plus d'un titre.         Les enfants ne devraient pas être abandonnés très tôt  au monde numérique pour des usages ludiques ou même pédagogiques, surtout hors de toute surveillance humaine.       Ce qu'on compris les concepteurs et les vendeurs de ces objets digitaux de la SiliconValley, qui proscrivent les tablettes pour l'éducation de leurs propres enfants.  Les facultés cognitives seraient compromises par un usage abusif des outils numériques. Les recherches se poursuivent sur ce sujet. Mais on sait déjà que le développement affectif et social est atteint à des degrés divers. L'addiction caractérisée aux portables se remarque aussi chez l'adulte, mais l'emprise est bien plus marquée dans les premières années, compromettant les possibilité d' apprentissages multiples et divers et sclérosant l'attention et la vie affective.
Dans son étude fouillée au titre provocateur, La fabrique du crétin digital, Michel Desmurget remarque que dès deux ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque trois heures d'écran.. Ce docteur en neurosciences parle de "décérébration" au sujet de cette consommation croissante avec l'âge, dans toutes sortes d'activités, même parascolaires.    Contrairement à certaines idées reçues, cette profusion d’écrans est loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes conséquences : sur la santé (obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite…), sur le comportement (agressivité, dépression, conduites à risques…) et sur les capacités intellectuelles (langage, concentration, mémorisation…). Autant d’atteintes qui affectent fortement la réussite scolaire et humaine des jeunes. Une étude encore en débat, mais qui ouvre des voies prometteuses....

 

          « Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expérience de décérébration n’avait été conduite à aussi grande échelle », estime Michel Desmurget. Ce livre, première synthèse des études scientifiques internationales sur les effets réels des écrans, est celui d'un homme en colère. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents.."

      Un constat sévère, mais sans doute nécessaire  dans l'emploi anarchique de ce qui ne peut que proliférer. Des études incomplètes et encore discutées sur certains points, mais qui semblent bien corroborées par le simple constat empirique. Comme l'usage abusif des tablettes dans le domaine scolaire.__________
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