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Comme des somnambules

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Vengeance: le cycle infernal

   « Je vous mets en garde. Si vous ressentez de la rage, ne vous laissez pas envahir par elle. Après le 11 septembre, nous étions enragés aux États-Unis. Nous avons demandé justice et obtenu justice, mais nous avons aussi commis des erreurs. » (JB)

 

 

           Pire que des "erreurs"...                                                L'historien C Clark a montré comment les grandes puissances européennes s'étaient précipitées en 1914 dans une guerre longue et meurtrière sans aucune idée des conséquences terribles qu'ils allaient enclencher. Au vu de ce qui se passe au Moyen-Orient, on peut se demander si le conflit en cours, qui vient de loin, ne va pas entraîner des bouleversements qu'on a du mal à imaginer.               Un nouveau cycle de la vengeances semble à nouveau renaître.  Avec la certitude qu'il mènera au pire, à des retours de flamme inévitables. On sait que la radicalisation du côté de Gaza s'est renforcée après les précédentes attaques israëliennes dans cette "prison à ciel ouvert."                               Pour une fois, Biden a prononcé des paroles sensées.

            Depuis des années couvent des affrontement sur toute le Palestine et les mises en garde on été nombreuses. Mais certains Israëliens ne veulent pas entendre parler de vengeance, y voyant un venin mortel, obscurcissant la pensée. Un cycle qu'il faut briser. Il n'y aura jamais de der des ders. Hélas! pour l'instant le débat est confisqué et les confusions sont grandes

                                                                                                                      " Dans l'ivresse de la vengeance, les voix de ceux qui veulent la paix sont presque inaudibles."

                         ___________________________

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Billet du dimanche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 __ Vigilance

__ Vacances

__ Auditions

__ Propagande

__ Irresponsabilité

 

__ Chères mines

 

__ Golden State?           

__       Melonimania >>

__ Vaccinosscepticisme

__ Double frappe

__ Une guerre propre?

__ Cerveau auxiliaire

__ Alerte au privé

__ Entrées de la drogue

                     ___ Jouer les prolongations... ____________________

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Individualisme et/ou solidarité

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une notion qui pose problème

   Pleine d'ambiguïtés. Tout dépend dans quel sens on la prend                                                                                 Pout Tocqueville,  elle constitue le fondement de la démocratie, qui doit être idéalement au service des individus, pour garantir les libertés particulières, assurer  les conditions de leur développement. Un projet qui est toujours un idéal, un projet à construire et à améliorer. Comme il le dit: « L’individualisme est une expression récente qu’une idée nouvelle a fait naître. Nos pères ne connaissaient que l’égoïsme. L’égoïsme est un amour passionné et exagéré de soi-même, qui porte l’homme à ne rien rapporter qu’à lui seul et à se préférer à tout. L’individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui dispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l’écart avec sa famille et ses amis ; de telle sorte que, après s’être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même. »                                              Moi ou les autres?..Etre soi avec les autres ou aux dépends des autres? Liberté individuelle ou contraintes sociales et légales?...Faux problèmes, dans la mesure où les deux dimensions sont interdépendantes.v L'individu est à la fois le produit d'un héritage culturel et le producteur des relations qui le conditionnent.                                                                                                                   Se démarquer du milieu est à la fois une nécessité et un risque. La liberté est toujours à construire, entre acceptation et refus, entre obéissance et révolte, entre tradition et innovation, dans une histoire où les relations entre individus et société sont instables.    ______  Le nomadisme d'aujourd'hui est un problème

 

 


« Devenez vous-même en huit leçons ; réussissez votre vie en quinze… » L’individu est désormais sommé de s’épanouir. Mais l’injonction ne mérite-t-elle pas d’être questionnée à l’heure où les gens ne se sont jamais montrés si inquiets d’eux-mêmes ? D’où sort cet impératif qui oblige chacun à « réussir sa vie » ? Nos ancêtres ne vivaient pas avec ce poids là. Ils enduraient un autre joug, celui des obligations plus concrètement violentes, commandées par leur dépendance au collectif..." ( M. GAUCHET)
 

   

Marcel Gauchet : L’individu privatisé ( Le blog Marcel Gauchet)"...L’avenir des individus exigera donc une renégociation des rapports entre eux-mêmes et leur société. C’est bien de cultiver l’estime de soi, mais l’individu doit affronter une question plus pressante : « comment parvient-on à obtenir l’estime des autres ? ». Comment survivre sans cultiver le désir d’appartenir à une collectivité qui fonctionne bien ? Il faut passer par la renégociation des rapports entre le « je » et le « nous »,que ce soit au niveau de la famille ou de la cité. Sinon, notre démocratie va se retrouver dans l’impasse."

Les désarrois de l'individu-sujet, par Dany-Robert Dufour

"...A notre époque, celle des démocraties libérales, tout repose, en fin de compte, sur le sujet - sur l’autonomie économique, juridique, politique et symbolique du sujet. Or c’est dans le même temps que se rencontre, à côté des expressions les plus infatuées d’être soi, la plus grande difficulté d’être soi. Les formes de la destitution subjective qui envahissent nos sociétés se révèlent par de multiples symptômes : l’apparition de défaillances psychiques, l’éclosion d’un malaise dans la culture, la multiplication des actes de violence et l’émergence de formes d’exploitation à grande échelle. Tous ces éléments sont vecteurs de nouvelles formes d’aliénation et d’inégalité.

Ces phénomènes sont fondamentalement liés à la transformation de la condition du sujet qui s’accomplit sous nos yeux dans nos « démocraties de marché ». « Etre sujet », c’est-à-dire « être-soi » et « être-ensemble », se présente selon des modalités sensiblement différentes de ce qu’elles furent pour les générations précédentes..."

Alain Ehrenberg : La fatigue d'être soi : dépression et société


L'individualisme - Hansen- love philosophie

"...Il ne fait pas de doute qu'une des pentes des sociétés marquées par l'éclatement des encadrements familiaux et religieux ainsi que par l'argent-roi ne conduise à l'affaiblissement de la force d'obligation de tout un ensemble de devoirs, au primat des intérêts privés, au « après moi le déluge », autrement dit un individualisme sans frein, sans souci des autres, sans respect de la loi. Tout simplement un individualisme irresponsable.

Néanmoins comment ne pas voir qu'une autre pente existe qui mène les individus à combattre les turpitudes et le racisme, à se soucier des autres, prendre en compte l'avenir de la planète, lutter pour plus de justice et de solidarité ? C'est ainsi que l'individualisation extrême de nos sociétés n'a nullement empêché la multiplication des associations et des bénévoles. C'est ainsi que les individus sont toujours capables de s'indigner, de faire acte de générosité pour les plus mal lotis de la planète. Tel est l'individualisme responsable, individualisme que l'on peut qualifier de raisonnable, autolimité, respectueux du droit des autres. Ne diabolisons pas en bloc l'individualisme qui constitue le fondement d'une société de liberté et d'innovation. S'il y a un individualisme négatif, il existe aussi un individualisme positif qui signifie indépendance d'esprit, affirmation de la personnalité singulière, esprit d'initiative et de recherche. Et aussi respect de la loi et

des droits de l'Homme. L'individualisme n'est pas une malédiction, c'est aussi la chance d'une société plus humaniste, plus tolérante, plus inventive de l'avenir. L'école doit se proposer pour but non l'effacement de l'individualisme, mais le combat contre l'individualisme irresponsable afin de faire progresser l'individu libre et responsable. Aucune tâche n'est plus grande, plus cruciale pour l'avenir de nos sociétés que celle-là".(Lipovetsky) )

L'individu hypermoderne
"...La société hypermoderne est une société où tout est exacerbé, poussé à l’excès, à l’outrance même : la consommation (Gilles Lipovetsky parle d’hyperconsommation), la concurrence, le profit, la recherche de jouissance, la violence, le terrorisme (on parle d’hyperterrorisme), le capitalisme (Laurent Fabius parlait récemment d’ « hypercapitalisme »). Elle est le produit de la mondialisation de l’économie et de la flexibilité généralisée qu’elle entraîne, avec ses exigences de performance, d’adaptabilité et de réactivité toujours plus grandes, induisant une modification profonde de nos comportements, une impossibilité de vivre des valeurs de long terme. La révolution survenue dans les technologies de la communication y joue un rôle essentiel, impliquant une mutation de notre rapport au temps et une obligation de réagir dans l’immédiat. Enfin, c’est une société marquée par le triomphe de la logique marchande et par l’éclatement de toutes les limites ayant jusque-là structuré la construction des identités individuelles, une société où, apparemment, tout est possible mais qui rejette impitoyablement ceux qui ne parviennent plus à suivre le rythme de ses exigences...."(Nicole Aubert)
Consommateurs ou/et citoyens ?
Individualisme de masse en Californie
"...Lorsque la production du particularisme devient la norme d’action, l’individualisme sous-jacent apparaît paradoxal, qu’il s’inscrive dans une logique de profit ou non. A San Francisco, les efforts faits pour se distinguer se rapportent à un système de valeurs prônant la différence partagé par les congénères. Du coup, dans les lieux où l’expression des différences est généralisée, elle devient presque insignifiante. L’indifférence envers les différences exprimées par d’autres devient elle aussi une norme de comportement..."


Christopher Lash : La culture du narcissisme (Climats)

 

"Une démocratie ne vaut et ne dure que si elle sait refondre constamment dans la communauté l'individualisme qu'elle fait naître"
(J.de Lacretelle) 
Jacques de Lecretelle
)    _______________________________________
   

 

 

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Désindustrialisation: une fatalité?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

En France  ________________

                                                       Il semblerait que quelques signes de réindustrialisation se manifestent, sans convaincre tout le monde, malgré le volontarisme et les déclarations affichés en haut lieu. Quoi qu''il en soit, on revient de loin...Le dogme de la mondialisation libérale semble tout de même en voie d'érosion. et des velléités de retour à une certaine souveraineté économique émergent ça et là...                                                                                                                                 Depuis plus de vingt ans, la France a perdu de nombreux atouts en matière industrielle, par  laxisme ou par conviction néolibérale naïve. Le contexte idéologique de la "mondialisation heureuse", l'impact des croyances à la vertu des marchés et à la valeur des services ont favorisé des abandons de souveraineté que nous payons encore cher aujourd'hui, notamment en matière d'emploi et de formation. Malgré un volontarisme épisodique, comme les appels de Montebourg, la barre n'a pas été redressée, même si l'époque post-covid laisse entrevoir un rebond et des prises de conscience salutaires. Mais nous continuons à payer cher nos erreurs. Nous avons souvent regardé passer les trains et le France fut trop souvent "vendue à la découpe"....avec l'inertie ou la complicité des élites.  Le tournant de 1983 fut un moment clé pour comprendre le virage qui marque encore nos choix.  Cette période et celles qui l'ont précédée et suivie, sont assez complexes à analyser et quelques rappels sont nécessaires:  ____

 

 

Point de vue

                                         "... La France est affectée depuis un quart de siècle par une désindustrialisation massive. Dans La désindustrialisation de la France, 1995-2015 (Odile Jacob, juin 2022), Nicolas Dufourcq, directeur général de la BPI (Banque Publique d’Investissement), s’interroge sur les causes du phénomène et donne la parole à des témoins de premier plan : entrepreneurs, économistes, hauts fonctionnaires.    Ce livre passionnant et dense redonne vie à tout un pan de l’Histoire contemporaine. Il nous invite à bâtir notre opinion à partir des avis souvent opposés des intervenants...     En 2020, la France (68 millions d’habitants) compte 5,3 millions d’ouvriers contre 7 millions il y a 40 ans. Ce sont essentiellement des hommes. 40% seulement d’entre eux, soit environ deux millions, travaillent dans l’industrie. Les autres sont chauffeurs routiers, agents de maintenance, garagistes, etc         Un siècle plus tôt, la France (40 millions d’habitants) comptait six millions d’ouvriers. Ils travaillaient essentiellement dans l’industrie et dans ces années-là, leur nombre dépassait celui des agriculteurs en activité. Il y a un siècle et demi enfin, sous le Second Empire, ils étaient environ deux millions et demi – dont une proportion notable de femmes et d’enfants - pour une population similaire.  .......Ces chiffres illustrent le tête-à-queue de l’industrie française. On voit en effet que son poids relatif dans la population et l’économie est retombé en quarante ans à ce qu’il était à l’aube de la révolution industrielle.                    Les Français prennent conscience de la désindustrialisation à partir de 2008. C’est l’année où la crise des subprimes venue d’Amérique frappe le Vieux Continent. Plusieurs groupes prestigieux ont déjà disparu : « Alstom, mis à terre par l’acquisition ratée des turbines d’ABB en 2003, Pechiney, abîmé par l’acquisition d’American Can, puis racheté par Alcan en 2005, et Arcelor, racheté par Mittal en janvier 2006 ». À ces noms s’en sont ajoutés bien d’autres depuis : Technip, passé aux Américains en 2016, Lafarge repris par le Suisse Holcim en 2015, etc.            Pour le reste, les groupes français font très vite le choix de délocaliser leurs usines sur les marchés émergents (Chine, Brésil) et dans les pays à bas coût (Tunisie, Maroc,…). Ils entraînent avec eux, bon gré mal gré, leurs principaux sous-traitants, ainsi que l’attestent les entrepreneurs interrogés par Nicolas Dufourcq. Ils profitent aussi de la délocalisation pour construire des usines dernier cri qui à Tanger, qui à Wuhan, de sorte que lorsque surviendront des difficultés, ils fermeront en premier lieu les usines françaises, sous-équipées et vétustes !        Les constructeurs allemands délocalisent également mais avec une différence capitale que souligne Nicolas Dufourcq : ils transfèrent en Europe orientale et ailleurs les activités bas de gamme et la sous-traitance ordinaire tout en conservant leurs meilleures machines et leurs activités haut de gamme dans l’usine-mère, où elles sont assurées de disposer d’une main-d’œuvre fidèle et qualifiée.       Du coup, phénomène insuffisamment souligné, « la proportion des capacités industrielles hors du territoire d’origine est aujourd’hui beaucoup plus élevée en France qu’en Allemagne, en Italie ou en Espagne : le poids des ventes des filiales de groupes français à l’étranger représente 2,5 fois la valeur ajoutée industrielle de la France contre 1,3 fois pour l’Allemagne, 1 fois pour l’Italie et 0,5 fois pour l’Espagne. »                       Selon l’auteur Nicolas Dufourcq, libéral bon teint, « tout commence dans les années 1970 » : le premier choc pétrolier est suivi d’une rigidification du droit du travail sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing. L’élection de François Mitterrand en 1981 n’arrange rien : 39 heures, lois Auroux, nationalisations, augmentation des charges patronales, contrôle des prix… « Le modèle social français pèse de tout son poids sur les entreprises ». Les dévaluations permettent de sauver malgré tout leur compétitivité, la dernière intervenant en 1987.       Vient alors le tournant libéral de 1983. Le président Mitterrand choisit de renforcer l’intégration européenne vaille que vaille. « Décidés sans grand débat national, la suppression du contrôle des prix et l’Acte unique de 1986 préparent le marché unique de 1992. (…) C’est aussi l’époque où le concept de politique industrielle prend une coloration péjorative partout en Europe. »                                              Notons qu’en 1994, le Premier ministre Édouard Balladur réunit une commission sous l’égide d’Alain Minc pour réfléchir à la France de l’An 2000. Nicolas Dufourcq en est le rapporteur. Le document final prône l’adaptation du pays à la mondialisation par une politique d’austérité salariale. Jacques Chirac s’engouffre dans la brèche et dénonce la « fracture sociale » qui risque de s’ensuivre. Il sera élu à la présidence de la République.               Jean-Baptiste de Foucauld, commissaire au Plan et véritable âme du rapport Minc, reconnaîtra que le rapport a peut-être péché par trop d'assurance. Il ébauchera une distinction qui n'y était pas : « Dans l'industrie, où les machines coûtent plus cher que les hommes, c'est normal qu'on augmente les salaires ; mais, dans les services, la main-d’œuvre constitue la principale charge. Dans ces secteurs, c'est en allégeant le coût salarial que l'on créera des emplois. » (Libération, 20 avril 1995). C’est peu ou prou la politique que mettra en œuvre en 2003-2005 Peter Hartz… en Allemagne.                                      La fin du siècle est marquée par une forte reprise de la croissance en France. Tous les indicateurs se mettent au vert malgré une hausse des taux d’intérêt due à l’endettement massif de l’Allemagne, qui doit financer la réunification de l’Est et de l’Ouest après la chute du Mur de Berlin. Le gouvernement de Lionel Jospin en profite pour instaurer la semaine de travail de 35 heures (4 heures de moins sans baisse de salaire).        Bien que plébiscitée par les Français, l’initiative arrive au plus mauvais moment. Elle provoque un charivari dans les entreprises et les administrations, cependant que la monnaie unique ouvre la France à la concurrence européenne. Dans le même temps, l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) la plonge dans le grand bain de la mondialisation.          Pour ne rien arranger, les entreprises de taille intermédiaire (ETI), généralement à caractère familial, se voient gravement pénalisées par l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et les droits de succession. Pour payer leurs impôts, les actionnaires familiaux se voient obligés soit de pressurer l’entreprise pour dégager davantage de dividendes, soit de vendre leurs parts à des groupes étrangers. Il faudra la loi Dutreil de 2003 pour alléger leur fardeau.    Dans cette conjoncture pour le moins compliquée, la palme de l’inconscience est sans conteste remportée par Serge Tchuruk, Pdg d’Alcatel, l’un des fleurons nationaux (120 sites industriels, 150000 salariés dans le monde, numéro un mondial de la fibre optique). Il annonce en 2001 vouloir faire de l’équipementier télécoms une « entreprise sans usines » (fabless) ! Il ne va que trop bien y arriver. Aujourd’hui, l’entreprise n’existe plus.  L’Allemagne, ragaillardie après l’épreuve de la réunification, profite du marché unique et de l’euro pour exporter à tout va.  « À partir de 2003, les parts de marché allemandes à l’export hors de la zone euro explosent littéralement, à un rythme qu’on n’avait jamais vu. (…) Le déficit commercial avec la France se creuse dans la foulée des pertes de parts de marché à l’export. (…) En vingt ans, notre déficit commercial ne va plus cesser de se creuser. Il tangente aujourd’hui les 100 milliards d’euros annuels. Il est de 17 milliards d’euros par an sur le seul franco-allemand depuis quinze ans, dont une part écrasante en biens manufacturiers. » La perte de savoir-faire industriel va de pair avec ce déficit commercial toujours croissant.             Louis Gallois (77 ans) est le dernier des grands patrons qu’a connus la France. Après un passage à la Direction Générale de l’Industrie et dans les cabinets ministériels, aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, il a dirigé la Snecma et Aérospatiale avant d’être appelé en catastrophe à la SNCF en 1996 pour sortir celle-ci d’une crise existentielle. En 2007, il a assumé la co-présidence d’EADS. Porté enfin en 2014 à la présidence du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën, il contribue à sauver le groupe automobile d’une mort assurée.    Nicolas Dufourcq a eu la bonne idée de lui confier la conclusion de son ouvrage en dépit d’une opposition politique et idéologique assumée.       Louis Gallois admet des erreurs dans la politique industrielle de 1981-1983 (échec des plans sectoriels : machines-outils, électronique). Mais il rappelle aussi que les nationalisations ont sauvé de la faillite plusieurs champions français alors très mal en point. Elles leur ont permis de se refaire une santé, avant que les privatisations hasardeuses de 1986 et 1995 ne les remette à l’épreuve.          Mais le virage essentiel est celui de 1983, dit-il : « Mitterrand estimait que la voie du programme socialiste était une impasse et qu’il fallait un nouveau projet. Ce projet était l’Europe. Pour moi, c’était une rupture du contrat. C’était surtout une fuite en avant vers une Europe libérale à l’allemande. Je savais que si on sortait du SME [système monétaire européen], ce serait rugueux et qu’il faudrait mettre tout de suite en place une politique de rigueur à la Trichet, avant Trichet. Il fallait faire une dévaluation interne en plus de la dévaluation externe. C’était coûteux, mais c’était le prix du respect des engagements pris devant les électeurs. Mitterrand a préféré l’Europe, car il a cru qu’elle lui épargnerait cet effort. Ensuite, la décision d’aller vers le marché unique (Acte unique) est passée en douce. Aucun débat n’a eu lieu, ni au Parlement, ni au gouvernement, sur le démantèlement de l’essentiel de la réglementation économique française. »         De manière logique suite à ce virage, la droite libérale l’emporte aux législatives de 1986 et veut en finir avec la politique industrielle. « Quand Madelin est nommé ministre de l’Industrie, il déclare que les industries manufacturières ne sont pas sa tasse de thé, » se souvient Louis Gallois. Le ministre n’en fera que trop la démonstration. L’industriel déplore également les erreurs de l’attelage Chirac-Jospin (1997-2002) : les 35 heures qui ont désorganisé les entreprises et mobilisé les énergies à un moment où elles auraient été nécessaires ailleurs ; l’entrée dans l’euro à une parité trop élevée.  Il affirme très clairement la responsabilité de l’euro dans la désindustrialisation. « Chez Airbus, on vendait nos avions en dollars avec des coûts en euros. (…) Entre 2005 et 2009, au plus haut cours de l’euro, on ne tenait plus. (…) Pour moi, l’euro fort avantage les forts et affaiblit les faibles. » De fait, avec la monnaie unique, on se prive de la fonction d’équilibre que joue une monnaie nationale en sanctionnant tant les excédents que les déficits commerciaux.                                                            Nicolas Dufourcq, qui a pris la direction de la BPI en 2012, veut croire que la désindustrialisation est désormais derrière nous, du fait de quelques mesures correctives sur la fiscalité, les successions, etc. Du fait aussi de la fin de la « mondialisation heureuse » (Alain Minc) illustrée par la pandémie de Covid-19 (pénuries de composants chinois). Du fait enfin de l’action de sa banque. Les chiffres semblent attester de la recréation d’emplois industriels en France. Mais « une hirondelle ne fait pas le printemps. »      Les pénuries de main-d’œuvre, les carences abyssales du système éducatif, autrefois réputé l’un des meilleurs du monde, la démotivation de la jeunesse après la pandémie, l’argent gratuit et le « quoi qu’il en coûte » nous rendent pour le moins sceptiques sur la solidité de cette « réindustrialisation ».  [ Merci à André Larané_____Souligné par moi_]____________

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Publié le par Jean-Etienne ZEN

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Crises de l'eau

Publié le par Jean-Etienne ZEN

A l'échelle planétaire

                           Près du quart de la population mondiale n'a pas accès à l'eau ou difficilement et nous la gaspillons trop souvent, nous qui pourtant commençons à avoir un accès problématique à des réserves qui tendent régulièrement à s'épuiser, du fait des évolutions climatiques problématiques qui nous affectent. De plus, dans les régions plutôt favorisées, l'accaparement et la marchandisation de l'eau, directe ou non, met en péril l'avenir de cette ressource cruciale, au risque d'affrontements et d'utilisations conflictuelles, comme à Gaza.   Y a-t-il un  bien commun plus fondamental?       


                                                                                                             L'eau, c'est la vie: une banalité?

 

                             Quand elle est là, à notre disposition, en toutes circonstances, on n'y pense pas. Comme à l'air qu'on respire. Des biens fondamentaux, qui sont à l'origine de la vie pour notre planète comme individuellement.. Des banalités qu'il est bon de rappeler quand elle vient à faire défaut ou que sa qualité se dégrade. Quand près de 50% de la population mondiale est ou sera exposé à des pénuries d'eau, il y a urgence. L'histoire nous donne des indices de conflits humains autour de l'eau. Parfois aussi de débats, de tractations, pour le répartir et la distribuer équitablement quand elle se fait rare. Comme encore aujourd'hui dans des zônes désertiques du Maghreb ou déjà en Andalousie. Mais parfois ce sont des conflits qui sont chargés de préserver ou de conquérir la ressource devenue rare. Et on peut craindre qu'ils prennent de l'ampleur quand elle se fera encore plus rare, comme en Palestine aujourd'hui où l'essentiel des ressources aquatiques est captée par la puissance occupante. Un cas où le conflit n'est pas seulement (parfois) armé.                                                                                                                                                       Déjà dans la haute Antiquité, on trouve des traces de conflits autour de l'eau.                                                    "...Pas d'eau, pas de vie... Voilà un moyen efficace de mettre fin à un conflit ! Supprimer les ressources en eau d'une place-forte, d'une ville voire d'une région fait partie des stratégies les plus implacables pour fragiliser l'ennemi. Athènes ainsi en fit les frais lorsque, pendant la 2e guerre du Péloponnèse, Sparte se décida à polluer les réservoirs de la cité au mépris des règles qui géraient alors officieusement les conflits.

Grand puits du fort de Joux (Franche-Comté) créé par Vauban au XVIIe siècle sur une profondeur de 147 m. Agrandissement : Puit de la forteresse de Königstein dominant de 240 mètres la courbe de l'Elbe à 30 km au sud-est de Dresde en Allemagne.Pour les forteresses du Moyen Âge, l'approvisionnement est un tel enjeu que l'on n'hésite pas à y consacrer la moitié de l'argent nécessaire à la construction de tout le bâtiment : il faut absolument en effet que les assiégés puissent avoir à disposition un « grand puits » plongeant jusqu'à une nappe phréatique.

Le temps passe mais les méthodes restent puisqu'en puisqu'en 1991 l'Irak fit de la destruction des usines de dessalement du Koweit un objectif prioritaire ; quelques années plus tard, les Serbes entreprirent de faire plier Sarajevo en fermant les robinets de sa station d'épuration (1995). Simple mais plus réaliste que le détournement de l'Arno envisagé au XVIe siècle par Nicolas Machiavel et Léonard de Vinci pour soumettre Pise...

Le fleuve Arno à Florence, Chronique de Nuremberg, 1493. Agrandissement : Leonard de Vinci et la dérivation de l’Arno, carte conservée à l’intérieur des collections royales de Windsor.

Mais avoir accès à l'eau n'est pas suffisant, encore faut-il qu'elle soit potable ! Choléra, dysenterie et autre typhoïde ont longtemps décimé les armées, faisant plus de dégâts par exemple pendant la guerre de Crimée que les combats eux-mêmes. Heureusement, en 1915 est créé en France le Service des eaux aux armées qui s'emploie à encadrer l'approvisionnement et surveiller la qualité de l'eau.  Aujourd'hui, si des unités mobiles de traitement peuvent apporter un début de solution, procurer 10 litres d'eau par homme chaque jour reste une priorité et un défi logistique pour toute nation en guerre....                                                                                                 Si aucun conflit ne s'est encore officiellement déclenché à cause de problèmes d'accès à l'eau, des désaccords existent, exacerbant les relations entre États. Comment l'Égypte pourrait-elle rester indifférente à la construction, en Éthiopie, du grand barrage de la Renaissance sachant qu'elle est totalement dépendante des eaux du Nil ?De la même façon, les pays d'Asie centrale ne peuvent se passer de l'eau de l'Amou-Daria, de plus en plus exploité par l'Afghanistan, tandis que le Pakistan est tributaire du cours de l'Indus qui prend sa source au Tibet...."      (Herodote.net)                                      _________________________________

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Pour l'amour de la langue

Publié le par Jean-Etienne ZEN

   ___ La langue: héritage fragile mais vivante

Qui mérite d'être défendue comme élément fondamental de notre identité commune

Un rêve fou?

 

 La langue, notre bien commun, est un combat. Et les priorités?

     François Ier a consacré une pratique, établi un usage officiel.

       

 .
                   Une langue parfois mise à mal.
                                            Ce n'est rien de le dire...
  Sans vouloir dramatiser à outrance, sans passer pour un taliban de la langue, qui évolue sans cesse, il faut bien constater que le niveau de langue s'érode,  que l'expression devient de plus en plus approximative, que la grammaire n'est plus intériorisée (ce qui n'est pas sans conséquences au niveau logique), que le vocabulaire s'appauvrit et que la colonisation  par le globish est de plus en plus rapide. C'est plus qu'un emprunt occasionnel, c'est devenu une marotte ridicule. Même mon coiffeur s'y met.
    C'est l'effet de multiples causes, culturelles et économiques bien sûr, mais renforcé par l' abandon progressif d'un enseignement digne de ce nom, où le ludique a souvent supplanté les bases linguistiques fondamentales  et la nécessaire rigueur. Une langue mérite d'être travaillée, au-delà de son aspect utilitaire. Les vrais amoureux de la langue se font rares.
    Si encore il ne s'agissait que de l'orthographe,... C'est l'expression de la pensée qui est trop souvent malmenée. On peut le voir jusque dans nous universités et nos écoles d'ingénieurs, où la pensée souvent pâtit d'un manque de rigueur. Par ex, la confusion entre le futur et le conditionnel n'est pas anodine. C'est par la langue que l'on pense.
    La pauvreté du langage constitue un enfermement, souvent peu ressenti comme tel.
    Malgré les déclarations d'intention et les réformes qui ne changent rien (combien d'heures de français reste-t-il aujourd'hui dans nos collèges?), y a -t-il encore place pour un sursaut?
    Celui qui maîtrise (mieux) sa langue peut maîtriser tout le reste.
        Si déjà les préconisations de la loi Toubon étaient respectées....
_____
                  Manifeste méritant d'être diffusé:

« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci, Cahiers de prison.
« Il ne restait de ce pays que son langage. Un beau langage qui servait à tout. Vous savez, comme on a chez soi une chose précieuse qui est là depuis si longtemps qu’on en use à n’importe quoi, à empêcher la fenêtre de se fermer, et le petit la prend comme une règle pour dessiner, et c’est un presse-papier si commode ! Qui donc se souciait que ce fût un pays, ce pays, et il est indiscutable que c’est un grand progrès que de perdre ce sens de la jalousie, cette haine du voisin, cet orgueil de son toit, un grand progrès sur les ténèbres, un grand progrès sur le néant ». Louis Aragon, poète et résistant.
             Accompagnant la casse néolibérale et euro-atlantique du cadre national, des services publics et des conquis sociaux, une politique destructive de substitution systématique du « globish » à la langue française (pourtant « langue de la République » au titre de la Constitution…) affecte tous les aspects de la vie sociale en France. Entre mille exemples : Carrefour-Market lance une campagne intitulée Act for food ! ; Renault, Airbus et PSA basculent toute leur documentation technique à l’anglais ; des centaines de grandes entreprises, voire de « startup », obligent illégalement leurs salariés francophones à ne plus travailler qu’en anglais, pendant que la Poste lance « Ma French Bank », que la SNCF en voie de privatisation promeut ses Ouigo (lire we go), qu’EDF invite ses « clients » à « pulser », et que, plus grave encore, la contre-réforme Blanquer du lycée s’ajoute à la loi Fioraso et aux pratiques délétères de la direction de la Recherche pour faire de l’anglais, de la maternelle au Supérieur en passant par le CNRS, non pas une langue enseignée en France, mais une langue d’enseignement concurrençant et évinçant systématiquement le français (et se substituant de fait à toute autre langue étrangère !).
          Il est clair qu’à terme, si ces pratiques continuent de se généraliser en France et en Europe (au détriment de l’allemand, de l’espagnol, de l’italien, du portugais, du russe, de l’arabe, du turc, du chinois, etc.), il n’y aura bientôt plus qu’une langue de prestige, celle de l’Oncle Sam et de Wall Street, ce qui portera un coup gravissime à la diversité culturelle qui fut toujours un aliment vital des échanges et de la culture. Le mauvais exemple est donné par Macron, qui ne perd jamais une occasion de jargonner en Globish devant les grands patrons et de promouvoir l’anglais comme langue internationale unique, non seulement à l’étranger mais en France même… Même si les intéressés n’en ont pour la plupart pas conscience parce qu’elle suit la mode, par mimétisme ou par « modernisme branché », cette invasion de la langue française par des mots ou des expressions d’origine anglosaxonne a contaminé jusqu’aux milieux populaires, voire militants : le tract n’est-il pas trop souvent devenu un flyer ? Il y a peu, des chercheurs en lutte défilaient derrière une banderole portant l’inscription Academic Pride…
        Il faut dénoncer ces pratiques faussement anodines car elles sont le symptôme de l’allégeance sournoise à l’impérialisme occidental qui génère guerres et inégalités entre les hommes et entre les peuples. Du reste, des phénomènes identiques d’acculturation au détriment des langues nationales se déroulent en Europe orientale ou en Afrique, partout où l’impérialisme occidental est prégnant, économiquement et politiquement. Et nous sommes solidaires de tous ceux qui, en Roumanie, au Sénégal, etc. luttent pour la défense de leur langue et de leur culturel.
      En France, derrière cette manœuvre antipopulaire de grande envergure et totalement soustraite au débat démocratique, on trouve le MEDEF : son ex-président, le baron Sellières, clamait ainsi en 2004 que l’anglais doit désormais « devenir la langue (sous-entendu : unique) de l’entreprise et des affaires » ; pratiquant de fait une « préférence nationale » inavouée, le CAC-40 n’embauche déjà plus guère que des « English Mother Tongue » (anglais langue maternelle) comme cadres supérieurs, pendant que l’OTAN a fait de l’anglais, y compris en France, la langue de travail unique des armées.
        Quant à l’UE, elle ne craint pas, en plein Brexit et alors que l’anglais n’est plus la « langue officielle déposée » d’aucun Etat-membre, de promouvoir l’idée qu’il faut faire de l’anglais la langue officielle unique des institutions bruxelloises au détriment des autres langues nationales d’Europe. L’enjeu de cette politique de casse et de classe est énorme : il s’agit de renforcer le « marché unique » cher aux monopoles, de préparer la future « Union transatlantique » sous la houlette de Washington et de faciliter la mise en place des traités néolibéraux transcontinentaux (du type CETA, UE/Mercosur ou TAFTA).
      En instituant la langue unique, les maîtres du grand capital rêvent de mettre en place un hypermarché continental et mondial de la force de travail qui, tout en humiliant les peuples non anglophones, en affaiblissant décisivement les nations existantes, en dévaluant les travailleurs actuels et futurs qui ne maîtriseraient « que » leur langue nationale (ou une langue étrangère autre que l’anglais), accentuerait brutalement la concurrence acharnée et le moins-disant social et salarial entre les prolétaires d’aujourd’hui et de demain : énormes avantages pour le grand patronat sur tous les terrains, social, politique, culturel…
(Il s'agit de) ...combattre vigoureusement la POLITIQUE DU TOUT-anglais : c’est-à-dire la politique oligarchique et antidémocratique tentant à imposer une langue unique continentale, voire mondiale.

Nous appelons donc à : · exiger des autorités, du patronat, des services publics et des collectivités publiques le respect et le renforcement de la législation visant à protéger le français ; · promouvoir un véritable apprentissage des langues étrangères dans leur pluralité dans le cadre de l’Education nationale (avec des maîtres qualifiés), y compris des principales langues de l’immigration de travail (ainsi que des langues régionales là où une demande significative existe) ; · ; non dans un esprit de « purisme » ou de fermeture aux autres cultures, mais pour favoriser un dialogue et une coopération égalitaires entre toutes les nations, toutes les langues et toutes les cultures nationales d’Europe et du monde. c’est-à-dire l’anglo-américain managérial…"

              ___                    Parles-vous globish?        ______________________________

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Varia

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 __ Surdité

__ Xénophobie

__ Convoitises

__ Foodisation

__ Répression

__   Roman et IA >>               

 

__ Fait divers?

__ Chères niches

__ Dysfonctionnements

__ Déserts médicaux

__ Grosse fatigue

__ Tragédie à Rafah

__ IA et apprentissage

__ Immigration sélective

__ Anhédonie musicale

__ Dérives sécuritaires                 

__ T'as ti  tes tongs?                _________________

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Oct. 2023: Nasse meurtrière

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Désespérant!                                                                                                                                                                        Stupeur, effroi et incrédulité. Un "conflitpas comme les autres. Un conflit qui tend fou...comme le dit Monat Chollet.                                                                                                                                                             Une situation insoluble dans l'état actuel des choses. On a mis trop longtemps la poussière sous le tapis, avec le silence ou la complicité des grands et la passivité/impuissance de l'ONU. Une explosion volcanique se préparait, pour les esprits avertis.   Jabaliya n'est qu'une phase tragique dans un déluge de feu. L'idée d'une paix juste devient problématique et celle de deux Etats, un mirage.  Malgré des protestations, même en Israël.    Paroles de Juif français...                                                                                                                                                                                                               On ne voit pas d'issue...Une impossible stratégie. Cela semble consacrer l'échec d'une utopie, devenue une chimère...La vengeance ne fera qu'amplifier le malheur et Netanyahou met en péril son peuple. (Voir ici). Malaise à gauche... __Atterré!

 

 

                   ______ Point de vue  [Merci à Mediapart __ Photos choisies par moi]

                                                       . "...Colère, accablement face à l’accumulation des souffrances insoutenables qui défilent sur nos écrans, sentiment d’injustice torturant, panique devant le déferlement de la propagande de guerre, angoisse mortelle devant ce cataclysme et ses probables répercussions : ces deux dernières semaines, rivée aux informations en provenance d’Israël-Palestine, j’ai eu plusieurs fois l’impression – comme beaucoup, je crois – de perdre la têteIl y a d’abord ce télescopage permanent entre deux grilles de lecture contradictoires, qu’on pourrait appeler la grille « héroïque » et la grille « coloniale ».

En Europe et aux États-Unis, l’État israélien reste perçu au seul prisme de la Shoah, comme le refuge des victimes de l’antisémitisme européen, de sorte qu’un halo d’innocence inamovible, systématique, irréel, entoure toutes les actions de son appareil gouvernemental et de son armée. Quoi qu’il puisse faire, cet État est le héros ou la victime, il incarne la vertu, et toute critique à son encontre ne peut se comprendre que comme une manifestation d’antisémitisme.

. En revanche, le monde arabe – qui n’est pour rien, lui, dans le génocide des juifs d’Europe – et le Sud en général voient Israël tel qu’il est aussi. C’est-à-dire, plus prosaïquement : un État surarmé, soutenu inconditionnellement par la première puissance mondiale, fondé sur le colonialisme, sur le massacre ou l’expulsion, en 1948, d’une grande partie des Palestiniens ; un État qui occupe illégalement la Cisjordanie et Gaza en ignorant les résolutions de l’ONU et qui y mène une politique d’apartheid (« développement séparé ») en multipliant les exactions et les confiscations de nouvelles terres, de nouvelles maisons.

Si terrible qu’elle ait été, l’attaque du Hamas n’a rien changé à ce rapport de forces radicalement déséquilibré entre occupant et occupé (lire notre entretien avec Michel Warschawski).   La mémoire du colonialisme – et non la solidarité religieuse – est déterminante dans le soutien des pays arabes aux Palestiniens (c’est le cas en Algérie, en particulier). Ce soutien s’explique aussi parfois par une expérience directe, concrète, des conflits du Proche-Orient. Il y a quelques années, une de mes amies, une artiste libanaise qui vit en France et qui a gardé un stress post-traumatique des années de guerre, avait été invitée à participer à un festival en Israël. Elle m’avait demandé pensivement : « Est-ce que tu crois que je peux leur dire que je leur en veux quand même un peu d’avoir bombardé ma maison ? »

Comme le résume le chercheur Gilbert Achcar, « en dehors du monde occidental, on ne voit pas les Israéliens – je ne parle pas des juifs en général, mais bien des Israéliens – comme des héros ou des victimes, mais comme des colons, protagonistes d’un colonialisme de peuplement ».                                               La grille de lecture du Sud est partagée en Occident par de nombreuses personnes qui font elles-mêmes l’expérience du racisme et/ou qui portent une mémoire familiale du colonialisme et, plus largement, par des militants politiques de gauche – dont de nombreux juifs. Tous ces gens sont sensibilisés à l’injustice que vivent les Palestiniens, mais ils sont conscients aussi de ce que la politique menée jusqu’ici a de désastreux, y compris pour les Israéliens.

Encourager ces derniers à s’accrocher à la grille de lecture héroïque, c’est en effet les pousser à se fourvoyer toujours plus, comme un voyageur à qui on donnerait une carte délibérément tronquée du pays qu’il est amené à traverser. Ce n’est pas du « soutien », c’est un cadeau empoisonné. En 2001, sous le titre « Ils ne font pas le lien », la journaliste israélienne dissidente Amira Hass avait rapporté une anecdote très parlante.

À un checkpoint, en Cisjordanie, un de ses amis palestiniens, en voiture avec son fils de dix ans, avait été interpellé par un soldat qui lui avait lancé en agitant son arme : « Voulez-vous la paix ? Voulez-vous la paix ? » Surpris, l’homme avait balbutié : « Oui, évidemment. » Avant qu’il ait eu le temps d’expliquer ce qu’il entendait par « paix », le soldat lui avait répliqué : « Alors pourquoi ton fils me regarde avec autant de haine ? »

Effectivement, on ne peut pas comprendre le regard de haine d’un jeune garçon, si on se perçoit comme l’innocence incarnée alors qu’on est un soldat d’une armée d’occupation qui terrorise et humilie toute une population.

Pour l’Occident, cependant, la grille de lecture « héroïque » est une aubaine. Elle permet de faire coup double, voire triple : en soutenant fanatiquement la politique israélienne, les Européens délèguent à cet État le rôle – sacrément risqué – de gardien de leurs intérêts au Proche-Orient ; ils se dédouanent (ou croient se dédouaner) à bon compte de leur culpabilité dans la Shoah ; et, à l’abri de cet écran vertueux, ils peuvent donner libre cours à leur refoulé colonial sans aucune limite, à travers leur perception et leur traitement des Palestiniens.                                                                                                                                      La vision idyllique d’Israël, combinée à un racisme anti-Arabes phénoménal, conduit ses alliés occidentaux à mépriser ou à diaboliser les Palestiniens, et à justifier – voire à approuver – leur écrasement, perçu comme de la légitime défense de la part de l’occupant. À les écouter, on a l’impression que c’est la Palestine qui occupe Israël, et non l’inverse. Alors qu’il y avait déjà à Gaza le triple du nombre des victimes israéliennes de l’attaque du Hamas, alors qu’une population prisonnière subissait un blocus impitoyable et un déluge de bombes, la présidente de l’Assemblée nationale française, Yaël Braun-Pivet, parlait encore du « droit d’Israël à se défendre », affirmant le 22 octobre : « Il y a un attaquant et des attaqué

Les Palestiniens se retrouvent ainsi piégés dans une sorte de trappe de la conscience occidentale. « Nous sommes les victimes des victimes, les réfugiés des réfugiés », constatait en 1999 l’intellectuel américano-palestinien Edward Saïd – une formule amère restée célèbre. Dans un effort désespéré pour les libérer de cette trappe, pour dessiller les yeux de l’Occident, les tenants de la grille de lecture coloniale sont parfois tentés de jeter sur la place publique les atrocités commises par l’armée israélienne ou par les colons                                                                                                                              Lors des bombardements sur Gaza de 2008-2009, le quotidien communiste  L’Humanité, soutien historique des Palestiniens, avait ainsi mis à sa une (7 janvier 2009) la photo de la tête d’une fillette tuée, reposant au milieu des gravats, maculée de poussière et de sang. Un choix sensationnaliste et indéfendable, mais révélateur. « Nous restons éveillés la nuit, à la lueur vacillante de nos téléphones, cherchant la métaphore, la vidéo, la photo qui prouvera qu’un enfant est un enfant, écrit aujourd’hui l’autrice américano-palestinienne Hala Alyan. Quelle est l’image qui marchera finalement ? Celle de cette moitié d’enfant sur un toit ? Celle de cette petite fille croyant reconnaître le corps de sa mère parmi les morts ? »

Cependant, ces efforts sont interprétés par ceux qu’ils voudraient convaincre comme le signe d’un acharnement, d’une fixation antisémite et d’une volonté malsaine de diaboliser Israël. Ils produisent donc l’effet inverse à celui qui était recherché : ils renforcent encore la grille de lecture héroïque. Un cercle vicieux parfait. 

Quand ils ne sont pas diabolisés, perçus comme une horde indistincte et barbare, congénitalement violente et « terroriste », les Palestiniens sont traités comme quantité négligeable. Leur invisibilisation vient de loin ; elle vient du mensonge premier, du slogan des débuts du sionisme : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». 

L’accusation d’antisémitisme systématique contre les défenseurs des Palestiniens dit aussi cela : ceux qui la profèrent n’imaginent même pas qu’on puisse sérieusement se soucier de ces gens ; la critique d’Israël ne peut donc s’expliquer que par l’antisémitisme. Le mur de séparation en Cisjordanie et la clôture high-tech de Gaza traduisent de la manière la plus concrète le refus de les voir, de les prendre en compte, d’admettre leur existence.

Starhawk et l’effacement complet des Palestiniens

Au cours des années 2000, la militante de gauche américaine et « sorcière néopaïenne » Starhawk a mené de nombreuses actions de solidarité en Palestine. Juive « de naissance et d’éducation », dit-elle, elle est venue au monde en 1951, peu après la Seconde Guerre mondiale. Dans un texte écrit lors des bombardements sur Gaza de 2008-2009, elle se souvenait du récit mythologique de la création d’Israël qui avait bercé son enfance. Et elle commentait : « C’est une histoire puissante, émouvante. Elle ne présente qu’un seul défaut : elle oublie les Palestiniens. Elle doit les oublier, parce que, si nous devions admettre que notre patrie appartenait à un autre peuple, elle en serait gâchée. […] Golda Meir disait : “Les Palestiniens, qui sont-ils ? Ils n’existent pas.” » 

Une affirmation que le ministre des finances actuel, Bezalel Smotrich, l’un des chefs de file de l’extrême droite israélienne, qui vit dans une colonie de Cisjordanie, a réitérée en mars dernier à Paris, créant un petit scandale.

Le 18 octobre dernier, Starhawk a publié une version remaniée de son texte de 2008, et elle y a ajouté cette remarque : « Quand un peuple entier est effacé du récit, la tentation devient irrésistible de l’effacer complètement. » Et, en effet, l’invisibilisation des Palestiniens, nécessaire à la préservation du mythe national, rend possible une logique génocidaire.

Les Gazaouis sont aujourd’hui massacrés d’une telle manière que de plus en plus de voix prononcent le mot « génocide » : le philosophe Étienne Balibar en France, le Centre américain pour les droits constitutionnels, l’organisation américaine If Not Nowdes experts de l’ONU, un journaliste britannique qui a couvert le génocide rwandais, une ministre espagnole, la philosophe américaine Judith Butler (membre du bureau de Jewish Voice for Peace), le président brésilien

Ce qui définit un génocide selon la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide, ce sont des actes commis « dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel ». Le massacre d’environ huit mille hommes par l’armée serbe à Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, en juillet 1995, est ainsi considéré comme un génocide.

Ici, le fait de priver toute une population d’eau, de nourriture, d’électricité, le vocabulaire déshumanisant utilisé par le ministre de la défense israélien, Yoav Galant, qui disait le 9 octobre : « Nous nous battons contre des animaux humains », la déclaration du président Isaac Herzog rejetant, le 12 octobre, l’idée que les civils gazaouis soient innocents, ainsi que les mots du porte-parole de l’armée Daniel Hagari, le lendemain, selon lesquels ce qui était recherché était « les dégâts et non la précision » – une franchise tout à fait nouvelle –, pourraient indiquer qu’on se trouve dans ce cas de figure. Le 24 octobre, 42 % des habitations de Gaza avaient été détruites.

Les mêmes éléments de langage repris ad nauseam

Dans un XXIe siècle hyperconnecté, exterminer – ou laisser exterminer – une population oblige à investir autant dans la communication que dans les armes, afin de persuader l’opinion occidentale de l’approuver, ou au moins de l’accepter sans broncher. Cela implique de persuader les spectateurs qu’ils ne sont pas réellement en train de voir ce qu’ils sont en train de voir. Un article du site Arrêt sur images rappelle que « pour étouffer le récit d’occupation gazaoui, l’État israélien dispose d’un véritable arsenal technique et humain dédié aux “psyops”, la guerre psychologique et informationnelle ». Les utilisateurs de YouTube et de X-Twitter en ont eu un aperçu quand des bannières « publicitaires » se sont invitées sur leurs écrans pour justifier les bombardements sur Gaza en soulignant l’horreur de l’attaque du Hamas – quitte à trahir la mémoire de certaines des victimes, qui étaient des militants pour la paix.

Alors même qu’elle pilonne des civil·es, l’armée israélienne est présentée comme une bande de braves gars pleins de bonne volonté et de combattantes valeureuses et sexy ; des journalistes français relaient sans aucun recul la parole de ses représentants, toute déontologie jetée aux orties.

Les discours affirmant la supériorité civilisationnelle de l’Occident (« C’est un combat des enfants de la lumière contre les enfants des ténèbres », a déclaré Benyamin Nétanyahou le 16 octobre) sont particulièrement pénibles, alors même que la soif de vengeance indistincte qui s’exprime partout, en Israël, aux États-Unis ou en France, reproduit précisément la logique animant les membres du Hamas. 

Comme lors des précédentes campagnes de bombardements intenses sur Gaza, en 2008-2009, puis en 2014 – ce que les généraux israéliens appelaient « tondre le gazon » –, les mêmes éléments de langage sont repris ad nauseam, leur absurdité étant compensée par leur matraquage illimité. Cette fois, la puissance de ce rouleau compresseur est encore décuplée, en France, par la bollorisation du paysage médiatique (les chaînes d’information en continu, en particulier), et plus généralement par l’extrême-droitisation accélérée du climat politique.

Les arguments censés justifier la destruction des vies palestiniennes ont été pulvérisés par l’humoriste égyptien Bassem Youssef (marié à une Gazaouie) dans une prestation face à Piers Morgan sur Sky News devenue virale.                         « Israël a la seule armée du monde qui avertit les gens avant de les bombarder. Qu’est-ce que c’est mignon ! C’est tellement sympa de leur part ! » ; « Hassan, le cousin de ma femme, c’est un bon à rien, il n’arrive jamais à garder un boulot, il a raté l’entretien pour devenir bouclier humain » ; « Est-ce que chacun des quatorze mille civils déjà tués ou blessés dissimulait une cible militaire ? Parce que, si c’est le cas, ça fait beaucoup d’armes. Le Hamas est blindé ! » ; « Oh, alors ce sont des “dommages collatéraux” ? Très bien, dans ce cas, pas de problème. Ça se défend. »

La vision des Gazaouis en Occident, un « effet “Homeland” »

Dans un précédent billet, j’ai écrit qu’il était plus facile pour les Occidentaux de s’identifier aux Israéliens, au mode de vie très semblable au leur, qu’aux Palestiniens. J’aurais dû préciser que toute identification avec ces derniers était activement découragée par le discours gouvernemental israélien.

Il y a vingt ans, l’entourage d’Ariel Sharon martelait déjà cet argument pour justifier son refus de négocier avec l’Autorité palestinienne : « Il faut prendre la mesure de ce que représente un attentat en Israël. Quarante morts là-bas, c’est comme s’il y en avait quatre cents en France. » À l’époque, le journaliste de Politis Denis Sieffert faisait observer qu’on ne tentait jamais le même rapport avec les Palestiniens : « Plus de deux mille morts sur trois millions d’habitants en deux ans, cela n’équivaut-il pas à quarante mille en France ? » (Télérama, 15 janvier 2003)

Même invisibilisation, même déshumanisation, il y a quelques jours, quand le compte X-Twitter d’Israël a admonesté Greta Thunberg, qui venait de clamer son soutien aux Gazaouis bombardés, en lui répondant que les jeunes Israéliens fauchés par le Hamas lors du festival de musique auraient pu être ses amis. C’est vrai, bien sûr. Mais pourquoi n’aurait-elle pas aussi pu être amie avec les jeunes Gazaouis tués ? 

Il y a, dans la vision méprisante qu’on se fait généralement des Gazaouis en Occident, ce qu’on pourrait appeler un « effet Homeland ». En 2015, l’épisode 2 de la saison 5 de cette série d’espionnage américaine avait suscité l’atterrement ou l’hilarité dans le monde arabe. Il était censé se dérouler à Beyrouth, mais la capitale libanaise avait été représentée comme un dédale de ruelles poussiéreuses, une succession de gargotes et de gourbis louches – là où, dans la réalité, il y avait plutôt des Starbucks. 

De la même manière, loin des fantasmes, il se trouve que, en dehors du fait qu’ils sont parqués sur une étroite bande de terre, entre la Méditerranée et une clôture barbelée, et qu’ils sont gouvernés par le Hamas, ce détestable produit de l’occupation, les Gazaouis sont des gens ordinaires, ni plus ni moins « modernes » que d’autres sociétés.

Si les États-Unis avaient forcé Israël à mettre fin à l’occupation il y a trente ans...

Dans le même temps, en France, le soutien à la politique israélienne semble permettre, ou accompagner, une grande décharge non seulement du refoulé colonial, mais aussi du refoulé antisémite. Comme le rappelle le collectif Tsedek !, en France, ces dernières années, le gouvernement d’Emmanuel Macron a multiplié les hommages aux figures historiques de l’extrême droite (le maréchal Pétain, Charles Maurras, Jacques Bainville) ; un ministre – Gérald Darmanin – a écrit pour l’Action française et relayé les thèses antisémites de Napoléon.        _La semaine dernière, Charlie Hebdo a publié une caricature représentant les otages israéliens du Hamas avec des nez crochus. L’un des succès de la rentrée littéraire 2023 est un livre présentant une collabo ayant dénoncé ses voisins juifs pendant la guerre comme une « femme libre ».

Une bonne partie de l’extrême droite se range derrière le gouvernement israélien, et certains juifs de France acceptent son soutien, ce qui, comme le résumait bien l’humoriste Waly Dia dans une chronique, est à peu près aussi prudent que de « faire du bouche-à-bouche à un cobra ».                                              On a le vertige en pensant à la quantité de violence qui aurait pu être évitée si les États-Unis avaient obligé Israël à mettre fin à l’occupation il y a trente ans. Maintenant, il est peut-être trop tard. Il est bien possible que les « soutiens » d’Israël aient condamné les Palestiniens à subir de manière définitive le même sort que les Amérindiens, parqués dans des réserves, décimés, diabolisés, méprisés, et les Israéliens à devenir les nouveaux cow-boys de ce nouveau Far West, des geôliers éternels – un destin sordide qui marquerait un échec historique terrible.

________________Et la violence risque de se répandre dans le reste du monde : déjà la guerre menace de gagner le Liban ; le risque terroriste se renforce ; les agressions et incidents antisémites et islamophobes se multiplient. Les partisans d’une paix juste – une paix qui ne soit pas celle des cimetières – vont devoir s’accrocher plus que jamais." [Mona Chollet___Désolé pour les liens du texte, défectueux...Mytère de la transcription?..]

 

Espérer encore?... __________________________________
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La famine n'est pas une opinion

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Mais un fait maintenant bien établi. Une tragédie

              Contrairement à ce que l'on prétend dans certains cercles qui ont intérêt à minimiser ce qui continue de se dérouler à Gaza, la situation réelle des populations en souffrance. Que ce soit à Jerusalem ou à Paris. Contre toute évidence, certains, non dénués d'arrière pensées, crient au mensonge ou à la propagande, alors qu'il y a une quasi unanimité sur ce sujet de la part dejournalistes de tous pays, du moins ceux qui ont survécu sur le terrain, pour reconnaître qu'une terrible famine s'y déroute.                                                                                                                                                 A Jérusalem, on nie, contre toute évidence. Depuis octobre 2024, combien de journalistes tuès? La famine est déniée par Netantahou, instillant le doute ou la dénégatiion.  La logique mortifère  qui continue à 'exercer ne peut plus être niée. Sauf dans la logique de Ben Gvir and Co.   Le gouvernement israélien accélère sa fuite en avant génocidaire et suicidaire , malgré son isolement, qui s'accentue . Et il y a la Cisjordanie...

 

 

Sur la colonisation de la zone E1, Smotrich déclare hier: "Nous sommes en train d'effacer l'État palestinien. Pas avec des slogans mais avec des actions. Les Européens hypocrites n'auront plus rien à reconnaitre en septembre". • Mobilisation de 130.000 réservistes israéliens pour l'opération "Chars de Gédéon 2" (à l'échelle de la population française cela correspondrait à 1,3 millions de mobilisés). À propos de cette offensive Smotrich déclare hier : "Nous allons conquérir, purifier, et rester. En chemin nous allons anéantir tout ce qui reste. Nous allons briser Gaza et la réduire à un tas de décombres. Une destruction totale, sans précédent dans l'histoire du monde". • 65% des Allemands approuvent l'embargo sur les armes décidé le 8 août par le chancelier, contre 19% qui désapprouvent. Du jamais vu en Allemagne. • 58% des Américains approuvent la reconnaissance de l'État palestinien, contre 33% qui désapprouvent. La bascule est là encore très nette, et très rapide, en particulier chez les moins de 40 ans. • Même les représentants de la communauté juive australienne accusent Netanyahu de "faire directement le jeu des opposants à Israël et des antisémites". • Hier Emmanuel Macron a dénoncé "l'analyse erronée et abjecte" de Netanyahu à propos de l'antisémitisme en France, et a annoncé que cela "ne restera pas sans réponse". Quelques jours plus tôt, le ministre des affaires étrangères israélien a menacé de fermer le Consulat général de France à Jérusalem (ouvert en 1843). > C'est l'heure de vérité. Pour stopper Netanyahu il faudra bien plus que des "condamnations" ou des promesses de reconnaissance. Seules des sanctions immédiates, concrètes et crédibles seront efficaces. Les opinions publiques l'ont compris, elles seront en soutien. Les dirigeants doivent agir maintenant, avant qu'il ne soit trop tard, car si l'avenir du monde se joue en ce moment en Ukraine, il se joue aussi à Gaza.

 

 

De plus en plus s'intellectuels israëliens n'hésitent pls à franchir le pas de la condamnation, devant l'horreur des faits constatés.. Comme David Grossman, grande figuree de la littérature:           • David Grossman, immense écrivain israélien, leader du camp de la paix dans les années 1990, qui a perdu son fils lors de la guerre de 2006 au Liban (Une femme fuyant l’annonce, Le Seuil 2008) tente de nommer l'innommable dans la Repubblica: "Je veux parler comme une personne qui a fait tout ce qu'elle pouvait pour ne pas qualifier Israël d'Etat génocidaire. Maintenant, avec une douleur immense et le coeur brisé, je dois constater que c'est ce qui se passe devant mes yeux. Un génocide. C'est un mot avalanche: une fois que tu l'as prononcé, il ne fait que grossir, comme une avalanche". • "La malédiction d’Israël trouve son origine dans l’occupation des territoires palestiniens en 1967. Nous sommes devenus très forts militairement et nous sommes tombés dans la tentation générée par notre pouvoir absolu et l’idée que nous pouvions tout faire. L’occupation nous a corrompus". • "Je reste désespérément fidèle à l'idée de deux États, la Palestine et Israël, parce que je ne vois pas d'alternative. L'initiative d'Emmanuel Macron est une bonne idée et je ne comprends pas l'hystérie avec laquelle elle a été accueillie en Israël" ________________________

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