Overblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Bienveillance à tout va

Publié le par Jean-Etienne ZEN

D'une notion ambiguë

                                               S'il est une qualité humaine à promouvoir dans les rapports interpersonnels souvent tendus ou possiblement conflictuels, c'est bien celle de le bienveillance. Qui dirait le contraire? .... Seulement voilà, comme beaucoup de valeurs, elle peut être inversée ou dénaturée dans certaines circonstances et même utilisé à  contre-sens ou à des fins de séduction ou d'emprise de manipulation. Ainsi est fait le langage humain, qui peut être ambivalent et doit souvent être interprété ou redressé, remis sur ses pieds.  C'est ainsi que dans un certain langage pédagogique, trop souvent en vogue depuis peu, la notion de "bienveillance",  souvent recommandée et utilisée, alors qu'elle devrait aller de soi, dans un contexte de conflits qu'il faut désamorcer, de tensions qu'il faut réduire. Ce mauvais bon sentiment, comme le dit paradoxalement Michaut, demande une approche critique dans beaucoup de cas, comme un révélateur d'impuissance ou d'abandon.       


                                                                 ___ Dans le monde de l'entreprise aussi la notion fait problème, prônée et encouragée quand elle est loin de s'exercer.  "...« Le monde du travail n’est pas gentil. » D’emblée, les initiateurs de l’Appel à plus de bienveillance au travail, aujourd’hui signé par plus de 300 entreprises, ont pris soin de désamorcer une critique qui vient aussitôt à l’esprit. Dès que l’on entend parler de bienveillance dans l’entreprise, les remarques acerbes fusent : « c’est de la philosophie guimauve », « l’entreprise n’est pas un monde de bisounours », etc.  De fait, comment parler de bienveillance quand la pression sur le travail est devenue si forte que l’on voit partout des réductions de personnels, une précarisation de l’emploi, une augmentation du stress et un boom du burn-out ? Dans un tel contexte, l’appel à la bienveillance a quelque chose de décalé, voire d’indécent. Mais, rétorquent ses défenseurs, c’est justement parce que les temps sont durs qu’il faut s’employer à adoucir les relations de travail autant que faire se peut. La bienveillance n’est pas une philosophie chamallow de gentils idéalistes, c’est au contraire un devoir pour les managers qui exigent beaucoup de leurs salariés. Ce n’est pas une berceuse illusoire dans un monde idéal, mais plutôt une exigence humaine face à la dureté des temps.                                                                                                                                     Ce mouvement en faveur de la bienveillance au travail a pris corps depuis quelques années : il s’inscrit dans un mouvement plus vaste en faveur de la promotion de la « gentillesse » dans la société. L’initiative a été d’abord été lancée par le Mouvement mondial pour la gentillesse (World Kindness Day), un collectif d’ONG, apolitique et areligieux, né à Singapour en 2000 et qui a instauré la Journée internationale de la gentillesse qui a lieu tous les ans le 13 novembre. L’appel à la bienveillance a été relayé à l’école et à l’hôpital, dans les collectivités territoriales. En 2014, le ministère de l’Éducation nationale a publié un guide, Une école bienveillante face aux situations de mal-être des élèves. Destiné aux équipes éducatives, ce guide vise à aider à « repérer les signes de mal-être des élèves », et agir pour « établir un climat scolaire serein ». Concrètement, les personnels sont invités à repérer les signes du mal-être des élèves – indisciplines, jeux violents, signes de fatigue en sont des indices –, puis à alerter l’équipe et agir en conséquence : s’entretenir avec l’élève, recevoir les parents, alerter s’il le faut la protection de l’enfance. À noter que dans ce guide, le mal-être est considéré comme exogène à l’école : le poids des programmes, les mauvais résultats, l’attitude de certains enseignants ne sont pas pris en compte comme sources éventuelles de mal-être. Dans les hôpitaux aussi, des chartes de bienveillance ont été édictées. Elles soulignent l’importance du confort psychologique et moral du patient. Être bienveillant, c’est considérer le malade comme autre chose qu’un corps à soigner. Il est une personne, dont il convient de respecter l’intimité. Toute humiliation doit être évitée, tout cas de malveillance signaléL’appel à la bienveillance a fait une entrée remarquée dans le management. Simple gadget humaniste qui voile la dureté des relations au travail ou enjeu fondamental de la qualité de vie au travail ?                     « Le monde du travail n’est pas gentil. » D’emblée, les initiateurs de l’Appel à plus de bienveillance au travail, aujourd’hui signé par plus de 300 entreprises, ont pris soin de désamorcer une critique qui vient aussitôt à l’esprit. Dès que l’on entend parler de bienveillance dans l’entreprise, les remarques acerbes fusent : « c’est de la philosophie guimauve »« l’entreprise n’est pas un monde de bisounours », etc.,,,,De fait, comment parler de bienveillance quand la pression sur le travail est devenue si forte que l’on voit partout des réductions de personnels, une précarisation de l’emploi, une augmentation du stress et un boom du burn-out ? Dans un tel contexte, l’appel à la bienveillance a quelque chose de décalé, voire d’indécent. Mais, rétorquent ses défenseurs, c’est justement parce que les temps sont durs qu’il faut s’employer à adoucir les relations de travail autant que faire se peut. La bienveillance n’est pas une philosophie chamallow de gentils idéalistes, c’est au contraire un devoir pour les managers qui exigent beaucoup de leurs salariés. Ce n’est pas une berceuse illusoire dans un monde idéal, mais plutôt une exigence humaine face à la dureté des temps.                                                                                       Ce mouvement en faveur de la bienveillance au travail a pris corps depuis quelques années : il s’inscrit dans un mouvement plus vaste en faveur de la promotion de la « gentillesse » dans la société. L’initiative a été d’abord été lancée par le Mouvement mondial pour la gentillesse (World Kindness Day), un collectif d’ONG, apolitique et areligieux, né à Singapour en 2000 et qui a instauré la Journée internationale de la gentillesse qui a lieu tous les ans le 13 novembre.  L’appel à la bienveillance a été relayé à l’école et à l’hôpital, dans les collectivités territoriales. En 2014, le ministère de l’Éducation nationale a publié un guide, Une école bienveillante face aux situations de mal-être des élèves. Destiné aux équipes éducatives, ce guide vise à aider à « repérer les signes de mal-être des élèves », et agir pour « établir un climat scolaire serein ». Concrètement, les personnels sont invités à repérer les signes du mal-être des élèves – indisciplines, jeux violents, signes de fatigue en sont des indices –, puis à alerter l’équipe et agir en conséquence : s’entretenir avec l’élève, recevoir les parents, alerter s’il le faut la protection de l’enfance. À noter que dans ce guide, le mal-être est considéré comme exogène à l’école : le poids des programmes, les mauvais résultats, l’attitude de certains enseignants ne sont pas pris en compte comme sources éventuelles de mal-être.   Dans les hôpitaux aussi, des chartes de bienveillance ont été édictées. Elles soulignent l’importance du confort psychologique et moral du patient. Être bienveillant, c’est considérer le malade comme autre chose qu’un corps à soigner. Il est une personne, dont il convient de respecter l’intimité. Toute humiliation doit être évitée.                               Transposée à l’entreprise, la bienveillance se décline selon trois principes élémentaires. Le premier rappelle tout simplement que les êtres humains ne sont ni des machines ni de simples fonctions dans un organigramme. Ils ont besoin de comprendre le sens de ce qu’ils font et d’avoir en retour, non seulement un salaire, mais quelques gratifications morales. Confier une mission ne se résume pas à donner des ordres et des consignes : cela doit s’accompagner d’encouragements, de remerciements et parfois de quelques compliments quand le travail est bien fait. Un management bienveillant ne bannit pas nécessairement les critiques – voire les sanctions – qui s’imposent parfois ; mais il évite de dénigrer les personnes. Il s’agit avant tout de chasser toutes les pratiques perverses : les injonctions paradoxales, les exigences démesurées, le management par le stress, le harcèlement, le mépris et l’humiliation. Respecter la personne autant que la fonction revient à faire preuve d’attention à autrui. Demander à un collègue des nouvelles de sa famille ou de sa santé ne relève pas simplement du savoir-vivre : il arrive que l’on découvre à l’occasion l’existence de problèmes privés (un divorce, une maladie, le départ d’un enfant à l’université). Beaucoup de managers préfèrent ignorer ces questions par mécanisme de défense (« je ne suis pas leur nounou »). Pour Marie-Christine Bernard, auteure d’Être patron sans perdre son âme (Payot, 2013), un simple mot de soutien, une écoute suffisent à faire du bien. Certes, le manager n’a pas vocation à intervenir sur les enjeux personnels ; il n’est ni un psychologue ni un ami. Mais l’entreprise est un lieu de travail autant qu’un lieu de vie, et les êtres humains ne se transforment pas subitement en une fonction en franchissant la porte de leur bureau.    Au travail, lieu de coopération par excellence, les motifs de discorde sont aussi multiples. Les relations hiérarchiques, les conflits de territoire, les désaccords sur les objectifs ou sur la façon de faire sont omniprésents ; sans même parler des personnalités qui ne s’accordent pas. Éric Albert rappelle aussi que les critiques malveillantes, les jugements à l’emporte-pièce, les reproches acerbes et méchants ne sont pas à sens unique. Il existe celles de managers malveillants, hautains et méprisants, mais aussi celles des salariés entre eux ou des salariés à l’égard de leurs managers. Les conflits entre personnes s’enveniment souvent sous la forme de clans : amis et ennemis, méchants et gentils. Certaines personnes se démarquent pourtant par leur capacité à déminer les conflits. On parle aujourd’hui de « toxic handlers » pour les désigner (encadré ci-dessous). Cette qualité humaine est sans doute un trait de personnalité. Mais elle peut aussi se cultiver : les techniques de communication non violente, de maîtrise de ses émotions, les modèles d’autorité non agressive font partie des pratiques de la bienveillance.    Un autre principe de bienveillance porte sur le respect de bonnes conditions de travail : éviter les réunions à rallonge, les dérangements intempestifs, les appels ou courriels hors du temps de travail, veiller aussi à l’aménagement d’un espace de travail et d’un matériel appropriés. La bienveillance passe enfin par un souci des managers pour assurer de bonnes conditions de travail. L’aménagement de son espace de travail, les transports, les repas, les gardes d’enfants ne sont pas des questions annexes. Tout ce qui relève de l’aménagement des conditions de travail relève de la bienveillance et du bien-être.   Les principes de bienveillance sont au fond très simples : promouvoir l’attention à autrui, veiller à la qualité des relations personnelles et aux bonnes conditions de travail pour chacun......En fait, les modèles théoriques issus de la théorie des jeux démontrent qu’il est bénéfique pour tous de jouer la carte de la bienveillance. Car il existe dans toute activité humaine un principe de réciprocité : le don appelle le contre-don, le respect appelle son retour. Et sur le terrain, il ne manque pas de belles histoires pour illustrer la théorie.             En 2013, le Prix de la stratégie de la bienveillance a été décerné à Florence Pratlong, créatrice de la fromagerie Fédou, installée en Lozère. L’histoire raconte que cette chef d’entreprise bienveillante a apporté beaucoup de bien autour d’elle : l’embauche de salariés a permis de faire vivre l’école du village en voie de fermeture ; ses salariés sont ravis d’être considérés, écoutés et associés aux décisions. Elle a noué avec ses fournisseurs un contrat de confiance pour assurer le prix du lait de brebis. Bienveillance à l’égard des clients, des fournisseurs (de lait), des salariés. « L’écart de performance est énorme », se réjouit F. Pratlong. La productivité a augmenté de 25 %, les ventes ont suivi. etc. La dynamique serait donc vertueuse. La stratégie de la bienveillance serait donc un levier de performance.            Il reste que pour une belle histoire, il existe sans doute beaucoup de déconvenues. Pour une réussite comme Fédou, combien d’entreprises en crise ont précipité leur chute parce qu’un chef d’entreprise attaché à son personnel a hésité à licencier à temps? Combien de managers gentils et compassionnels n’ont pas eu le courage de sanctionner un salarié et se sont vus reprocher ensuite leur faiblesse par d’autres collègues ?   C’est à l’heure actuelle la principale limite de cette belle idée : la bienveillance fonctionne tant que les entreprises fleurissent, ou que les salariés se serrent les coudes autour d’un leader charismatique et entreprenant. Mais peut-on transposer cette dynamique d’équipe conquérante aux grandes entreprises, aux administrations ou aux entreprises en difficulté ?     Même pour les salariés, la gentillesse n’est pas forcément payante. Une étude américaine (2011) a montré que les salariés les plus exécrables gagnent plus que leurs collègues plus gentils ! Les hommes considérés comme « désagréables » par leurs collègues gagneraient en moyenne près de 20 % de plus que leurs aimables collègues. La différence est moins marquée chez les femmes : les « méchantes » ne gagnent que 6 % de plus que les « gentilles » .....                                                                                                                         ___....Les initiatives en faveur de la bienveillance au travail peuvent être vues comme une réaction à la dureté des temps : elle est associée à la thématique montante du bien-être au travail  . Les sceptiques et critiques y verront au mieux une illusion, au pire une stratégie manipulatoire. Ses promoteurs y voient un levier de la performance ou une façon de s’ennoblir (car on gagne toujours à tendre la main). Laissons le dernier mot à Jean-Yves, un DRH rencontré lors d’un stage de formation. Lui qui travaille dans un secteur difficile, l’imprimerie, a toujours cherché à gérer les situations compliquées avec le maximum de justice et d’humanité. Il éprouve une grande amertume quand, ayant fait son travail de son mieux, il doit essuyer critiques, attaques injustes et blessantes. À ses yeux, la bienveillance a peu de retombées économiques, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une valeur essentielle : « Il faut faire les choses avec bienveillance parce qu’on estime que c’est juste et non pour en attendre une récompense. La bienveillance n’est pas forcément payée de retour. L’importance est d’agir selon sa conscience : c’est le principal bénéfice à en attendre. » .......                                                                                 ___  Ah! la journée de la gentillesse...      __________________________

Partager cet article
Repost0

Publicité

Petit billet du dimanche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__  Perdants

__ Respect

__ Coaching

 

__ Déception                                

 

    __ Bras de fer  >>

__ Sauver Wiki

__ Nationalisation

__ Testaments

__ Agroécologie

__ Minerais critiques

__ Shoping assistance

__ Résilience russe

__ Mission Genesis

__ Fausses excuses?

__ Epstein Files

__ Hexane en question

__ Fuite des cerveaux

__ Emplois menacés

__ Sondages discutés

__ Génocide allemand

__ Humour et politique

__ Solitude monétisée

__ Martyr trumpien

__ Culte du chef

__ Voyages vestimentaires

__ Réseaux sociaux: danger!

__ Super entreprises et Etats

                          __________    Revue de presse  ______________

Partager cet article
Repost0

Nourrir les hommes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Quoi de plus fondamental?

                                 Un problème qui est loin d'être résolu à l'échelle de la planète. La famine est même en hausse dans le monde. La réorganisation des politiques agricoles est une nécessité. Le défit que représente la Chine et son immense population est à prendre à compte.  "...Avec 18 % de la population mondiale pour seulement 8,6 % des terres arables en 2020, la Chine fait face à un défi quasi structurel de sécurité alimentaire. D’autant que ses terres arables ont diminué de 6 % de 2009 à 2019 (ministère des Ressources naturelles) sous la pression de l’urbanisation et offrent une productivité moyenne relativement modeste.   Cette situation délicate est aggravée par la pollution des eaux et des sols, particulièrement saillante par le passé du fait d’une administration peu regardante. Jusqu’au début des années 2000, la consommation alimentaire chinoise était assurée principalement par des approvisionnements locaux, le commerce avec le reste du monde étant extrêmement limité.  L’enrichissement de la Chine s’est traduit par une transformation de son régime alimentaire : plus de calories et de protéines consommées et plus de produits d’origine animale ; d’après FAOSTAT, en Chine, la part des protéines d’origine animale dans le total des protéines consommées est passée de 32 % en 2001 à 39 % en 2018.   


                                                                                      Ce supplément de demande n’ayant pas pu être satisfait par la production intérieure, les importations de produits alimentaires chinois ont commencé à augmenter en 2002, le déséquilibre entre consommation et production s’accélérant même depuis 2013 jusqu’à conduire la Chine à devenir le premier importateur mondial de produits agricoles et alimentaires en 2012....Résultat, au cours de la période 2010-2017 la Chine a procédé à une fantastique accumulation de stocks de grains, de sorte qu’aujourd’hui les stocks de l’ensemble des céréales et oléagineux sont estimés à près de 500 millions de tonnes, pour une consommation annuelle de 780 millions de tonnes (graphique 2). Même si ces stocks ont été pour beaucoup accumulés à partir de productions domestiques, ils ont nécessité d’augmenter les importations : les stocks actuels correspondent à près d’un tiers des importations chinoises depuis 2000.   La politique de stockage chinoise illustre bien les effets secondaires d’une politique nationale sur la sécurité alimentaire mondiale. Du fait de la taille du pays, le stockage chinois de céréales et d’huiles végétales a des répercussions significatives sur les équilibres globaux. Concernant le blé, les stocks chinois représenteraient aujourd’hui environ 20 % de la consommation mondiale (graphique 3), soit 54 % des stocks mondiaux. La situation serait encore pire pour le maïs (69 %) et le riz (64 %)...."                                                                                                                                           Une situation périlleuse à l'échelle mondiale, la demande alimentaire chinoise ayant explosé.  Les fractures alimentaires ne sont pas prêtes de se réduire. Surtout aujourd'hui. ______

Partager cet article
Repost0

USA: le mal qui ronge

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Les Uniens et leurs démons.

                                     Toutes les études le confirment. Le nombre de tués par armes à feu (parfois de guerre) ne faiblit pas Outre-Atlantique. On le savait depuis longtemps. Le bilan est effrayant. Ce qui est notable, c'est qu'un écrivain célèbre comme Paul Auster, mais pas seulement lui, fait un diagnostique sans concession du mal qui ravage régulièrement son pays, stimulé par une vieille tradition, ancré dans l'histoire profonde du pays, toléré par un amendement considéré comme intangible et encouragé par le juteux commerce de la NRA, qui a pignon sur rue et qui sait soudoyer les élus. "Les Américains possèdent 393 millions d’armes à feu, soit plus d’une par habitant", signale l'auteur, qui s'interroge:   


                                                                                                                                                    "...Comment trouver les mots pour dire le claquement des coups de feu, les corps en sang, l’horreur de la violence ? Paul Auster y parvient, racontant par exemple, minute par minute, le massacre qui eut lieu le 5 novembre 2017 dans la First Baptist Church de Sutherland Springs, qui fit 26 morts et 22 blessés.... Il pénètre dans le cerveau du « taré » qui a décidé de massacrer cette petite communauté du Texas et retrouve la trace du plombier qui, réveillé de sa sieste, courut chercher un fusil dans son armurerie personnelle puis fonça vers l’église où il réussit à mettre le tueur hors d’état de nuire.  Mais la force de cet essai, qui s’achève par une réflexion sur la présidence Trump et l’attaque du Congrès, réside aussi dans les photos des lieux où eurent lieu les massacres, prises par le jeune artiste Spencer Ostrander : des églises, des supermarchés, des écoles. Des espaces vides, pour la plupart fermés aujourd’hui, comme l’Amérique en compte tant sur son territoire. « Pays de sang » n’est pas un livre ordinaire. C’est une œuvre terrible, un réquisitoire profondément humain et un coup de gueule ..."    Les USA, " le pays le plus brutal du monde occidental. « Les fusillades, ou tueries de masses, ne représentent qu’une petite fraction des morts par balles en Amérique, elles se produisent néanmoins à une fréquence époustouflante, environ une par jour en moyenne sur une année. »                                                                    Les larmes et les déplorations officielles n'y changent rien. Avec des armes toujours plus puissantes, c'est plutôt une terrible montée en puissance que l'on déplore régulièrement, même de la part de gamins. Les fusillades de masse ne se sont pas ralenties.                                                     Ne parlons pas des guerres menées par la puissance américaine, dont les justifications se sont avérée plus que douteuses.   __________

Partager cet article
Repost0

Publicité

Larges horizons

Publié le par Jean-Etienne ZEN

De tout

__   Copains comme cochons

                       Fascination réciproque

__  Quel risque pour la pensée avec ChatGPT?

           Aveux

__  A quoi sert l'archéologie

                  Pour creuser des trous, comme dit R.Dati?      Ou une science auxiliaire de l'histoire, éclairant le présent.

__ Porno toxique  

                        Une déferlante

__ Deux mots sur les hominidés   

                      Nos ancêtres les migrants.  Un site intéressant

__ Aux origines du roman national- républicain

__ Danger de la désinformation

__ Sciences et techniques: ambivalence problématique

__ Narcotrafic: tous concernés

__ Vu de Kiev   Une paix illusoire?    

                                                                                                                                                              "...Les législateurs avec lesquels le Kyiv Independent s’est entretenu estiment que le président ukrainien ne peut pas accepter le plan proposé. « Le prix à payer pour maintenir le dialogue [avec les États-Unis] ne peut être la souveraineté de l’Ukraine, que ce plan sape complètement », déclare Inna Sovsun, députée du parti d’opposition Holos.                                                                                  Nouvelle tentative des États-Unis d’imposer un accord de paix défavorable à l’Ukraine intervient alors que le plus grand scandale de corruption de la présidence de Volodymyr Zelensky a indigné l’opinion publique. La situation sur le champ de bataille reste également de plus en plus difficile, tandis que la Russie continue de pilonner les infrastructures énergétiques ukrainiennes à l’approche de l’hiver, ce qui met encore plus à rude épreuve la population ukrainienne...."

        __ Le système Praud   Pascal Praud, symbole d’un système médiatique qui s’empoisonne lui-même. " A partir de maintenant, on va faire du muslim, muslim, muslim...'

"Dans un pays où l’espace public se rétrécit sous la pression d’une oligarchie médiatique de plus en plus brutale et décomplexée, l’affaire Praud n’est pas une anecdote. C’est un révélateur. Le symptôme d’un système où certains animateurs, propulsés en sentinelles autoproclamées d’un « bon sens » dévoyé, s’abreuvent de rumeurs, de fake news, de comptes trumpistes ou mileistes, sans le moindre recul, sans la plus élémentaire hygiène intellectuelle. Et tout cela, avec le pouvoir immense et irresponsable que leur confère leur exposition quotidienne..."

Sous la pression croissante de la Maison-Blanche, Kyiv est désormais confronté à un plan de paix américain en 28 points que beaucoup dans le pays considèrent comme une capitulation. Des militants, des législateurs, des soldats et des vétérans ukrainiens avertissent que cette proposition pourrait renforcer la position de la Russie, conduisant à une aggravation du conflit plutôt qu’à sa résolution. Et ce non seulement sur le front, mais aussi dans les rues de l’Ukraine.         Volodymyr Ariev, député du parti d’opposition Solidarité européenne, a déclaré que le plan divulgué semblait être « un plan de capitulation et de trahison » et « ne reflétait absolument pas les intérêts de l’Ukraine et de l’Union européenne ». Il estime que si le président ukrainien Volodymyr Zelensky l’accepte, une partie de la société le rejettera, ce qui pourrait conduire à un conflit interne.                                                                                                     Alors que le président américain Donald Trump a passé des mois à tenter en vain d’amener la Russie à la table des négociations, la dernière version du plan de paix, négociée par l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et l’envoyé russe Kirill Dmitriev, semble montrer que Washington s’est finalement rangé du côté de Moscou. Les États-Unis ne laissent à Kyiv que quelques jours pour accepter une proposition défavorable – vendredi, Donald Trump a estimé que le jeudi 27 novembre, jour de la fête de Thanksgiving, était une date butoir « adéquate ».Le plan en 28 points réitère les exigences maximalistes imposées depuis longtemps par la Russie à Kyiv. Dans un discours télévisé prononcé le 21 novembre, Volodymyr Zelensky a confirmé que l’Ukraine pourrait bientôt être confrontée à un choix difficile : « Soit la perte de sa dignité, soit le risque de perdre un partenaire clé. » Il a déclaré que l’Ukraine collaborerait avec les États-Unis et ses partenaires européens pour proposer des alt__ Une toxicité quotidienne:Pascal Praud, symbole d’un système médiatique qui s’empoisonne lui-mêm "... Dans un pays où l’espace public se rétrécit sous la pression d’une oligarchie médiatique de plus en plus brutale et décomplexée, l’affaire Praud n’est pas une anecdote. C’est un révélateur. Le symptôme d’un système où certains animateurs, propulsés en sentinelles autoproclamées d’un « bon sens » dévoyé, s’abreuvent de rumeurs, de fake news, de comptes trumpistes ou mileistes, sans le moindre recul, sans la plus élémentaire hygiène intellectuelle. Et tout cela, avec le pouvoir immense et irresponsable que leur confère leur exposition quotidienne.

Car voici le tableau : Pascal Praud, figure centrale de CNews, scrolle, glane, absorbe, récolte sans filtre des contenus douteux sur X — le réseau social d’Elon Musk devenu une décharge publique où prolifèrent manipulation, désinformation et violence politique — et les déverse ensuite à l’antenne, devant des millions de téléspectateurs qui, eux, n’ont pas les moyens de vérifier la source ou le sérieux de ce qu’on leur assène.
L’épisode Zucman : chronique d’une manipulation assumée
Le 19 septembre, sur CNews, Praud croit tenir un coup médiatique : Gabriel Zucman aurait occupé toutes les ondes de l’audiovisuel public pour défendre sa proposition de taxe sur les grandes fortunes. L’animateur déroule ce qu’il présente comme une liste « sérieuse », « objective », les yeux rivés sur son smartphone : France Inter, France 5, Télématin, etc. Et pour faire bonne mesure, il ajoute des intitulés d’émissions comme :
— « Faut-il exterminer les riches ? »
— « Sa majesté Zucman »
Ces titres sont tellement grotesques qu’un collègue, en plateau, tente timidement : « Il faudrait revérifier… »
Mais Praud, lui, persiste : « Moi je ne fais que rapporter. »
Sauf que tout est faux. Le message repris par Praud provenait d’un compte parodique, « Parti mileiste français ». Une blague. Une caricature. Une satire. Rien de plus. Et pourtant l’animateur, figure centrale de la chaîne la plus politique du paysage médiatique, l’a répétée comme un fait.
Même erreur chez l’influenceur de droite Charles Consigny sur BFM TV. Le compte satirique a dû lui-même intervenir :
« C’était évidemment parodique. »
Cet épisode n’est pas un dérapage. C’est un fonctionnement.
Le smartphone comme rédacteur en chef
Dans l’univers de l’Heure des pros, l’appareil le plus puissant n’est ni la rédaction, ni les journalistes, ni le réel : c’est le téléphone de Pascal Praud.
SMS, contacts hétéroclites — humoristes, ex-footballeurs, anciens députés macronistes, ou même son propre patron Serge Nedjar qui lui souffle des remarques en direct — et surtout une consommation effrénée de contenus douteux sur X. Un animateur concurrent résume :
« Deux fois sur trois, c’est partagé de travers, ou dit de manière totalement univoque. Et souvent sans passer un coup de fil pour comprendre. Ça dénote une façon de ne pas être journaliste. »
Il arrive à Praud de sentir un sujet juste. Exemple : l’encadrement du découvert bancaire, que la plupart des médias n’avaient pas encore repris. Mais trop souvent, c’est l’inverse : un tweet lu, répété sans vérification, transformé en « information ». Comme le scandale imaginaire du 15 octobre :
« L’Agence européenne des médicaments a ordonné l’effacement de toutes les données sur les effets indésirables liés aux vaccins Covid. »
En réalité : une fausse info complotiste, issue du compte « Tocsin », ne concernant que les travaux contestés de deux universitaires antivax. Rien à voir avec les données officielles.
Les sphères numériques fréquentées : un écosystème toxique
On sait désormais d’où viennent certains choix éditoriaux de CNews : des comptes sensationnalistes d’extrême droite comme « Cpasdeslol » ou Fdesouche. Mediapart l’a documenté en 2024. Praud, lui, a récemment vanté « Trump Fact News », un compte truffé de fausses infos, mais hyperactif dans la guerre culturelle pro-Trump.
Son usage d’X n’est pas un hasard : c’est un carburant idéologique.
Pourtant, ces sphères qui l’ont porté se retournent aujourd’hui contre lui. Pierre Sautarel (Fdesouche) s’est mis à se moquer de Praud pour sa défense acharnée de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Kadhafi.
« La sincérité de Pascal Praud coïncide toujours avec les attentes de ses employeurs. Même quand il en change. »
Un constat acide.
Quand les complotistes eux-mêmes l’accusent de trahison
Pendant le Covid, Praud jouait au rebelle : sceptique, provocateur, flirtant avec les milieux antivax et anti-gouvernement. Cela lui avait valu une véritable aura dans les sphères complotistes.
Mais fin octobre, l’affaire de la fake news transphobe visant Brigitte Macron change la donne. Praud s’insurge, juge les accusations « dégueulasses », et affirme qu’Aurélien Poirson-Atlan — alias Zoé Sagan — devrait payer bien plus que 8 000 euros d’amende :
« Il a 100 000 ? Je lui prendrais 100 000. Je lui prendrais tout. »
C’en est trop pour une partie de son ancien public. Myriam Palomba, influenceuse complotiste, l’accuse de n’être qu’un :
« Rebelle de pacotille, journaliste minable qui se fait passer pour antisystème. »
Un retournement révélateur : celui qui s’était nourri de ce terreau s’en retrouve prisonnier.
Le grand écart permanent : encenser les réseaux puis les dénoncer
Ironie : en 2017, Praud déclarait sur RTL :
« Twitter est anonyme, Twitter est effrayant, Twitter infecte la société. Comment échapper à son influence ? »
Huit ans plus tard, X est devenu l’outil privilégié des extrêmes, amplifié par le patronat réactionnaire de Musk. Et Praud, loin de s’en protéger, s’y plonge pour y puiser des infos parfois fausses, qu’il vend ensuite comme vérités éclatantes.
Il oscille désormais entre fascination et condamnation :
— X serait un fabuleux vivier d’infos « cachées » par les médias traditionnels.
— X serait simultanément une « poubelle » remplie « des voix les plus stupides ».
Un discours contradictoire, incompatible, mais révélateur : il ne maîtrise plus l’outil auquel il délègue sa pensée.
Le problème n’est pas Praud, mais le système qui l’a créé
Ce qui se joue ici dépasse le cas d’un seul animateur. C’est la mise en lumière d’un écosystème médiatique où :
— le fact-checking est remplacé par le défilement compulsif d’un feed toxique,
— la nuance disparaît au profit de l’indignation permanente,
— les contenus complotistes et extrémistes deviennent des sources,
— la frontière entre information et manipulation s’effrite chaque jour davantage.
L’erreur Praud n’est pas individuelle. Elle est systémique. Elle est structurelle. Elle est le produit d’une machine médiatique qui a abdiqué son devoir d’informer pour celui de mobiliser, polariser, effrayer et diviser — au profit d’intérêts économiques et politiques très identifiés.
Tant que cette machine ne sera pas remise en question, les épisodes comme celui-ci se répéteront. Avec les mêmes dégâts..."
Source : Libération (Réécriture) _________________
Partager cet article
Repost0

Prof's

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 En première ligne

                   Métier à risques

                Elle a été une victime malheureuse.. L'enquête suit son cours. Pas la peine d'en rajouter à la douleur et à la consternation. Beaucoup de profs sont en plein désarroi. On les comprend. Etant donné le contexte de l'acte meurtrier, sur fond de profond malaise dans l'EN, de dérives qui ne doivent rien au hasard.                                             Si l'heure est à l'émotion partagée, à la colère aussi, la déploration a ses limites. Laissons à la presse faire ses choux gras de l'affaire, frôlant souvent l'indécence. Nous ne sommes pas aux USA, où les pleurs des familles ne changent jamais rien. Et attendons l'aboutissement de l'enquête pour y voir plus clair.   


                                  Mais il conviendrait déjà de s'interroger sur cette tragédie qui n'avait peut-être rien de tout à fait inéluctable. On peut la juger comme une conséquence de l'épuisement d'un système, sa faillite par maints aspects (même si un acte extrême comme celui-là est peu prévisible).  Il y a des précédents, sans parler de l'affaire Paty. . Surtout, il y a une faille dans le suivi des élèves connus comme pathologiquement marqués. Il n'y pas que la performance qui baisse, une certaine forme de "bienveillance" ne vient rien arranger. L'école dite "inclusive", telle qu'elle est pratiquée en France,  montre ses limites. Surtout pas de vague!...                                                                                                                          Le repérage et le suivi psychiatrique de certains élèves ne peut être que défaillant, la où l'abandon psychiatrie est devenu la règle. "...Il faut un  suivi adapté entre les conseillers principaux d'éducation du collège et ceux du lycée. On voit arriver des élèves qui ont des problèmes visiblement psychiatriques, avec des comportements bizarres. On a déjà alerté l'administration et le ministre. Mais il n'y a toujours pas cette démarche de signalement, avant ce moment particulier d’un changement de cycle comme l’arrivée au lycée..”  Sans oublier nombre d'adolescents déstructurés.   Et le psychiatrie est devenue le parent pauvre en France. Ls médecins scolaires, n'en parlons pas; ils ont disparus. Les infirmières, insuffisantes, se débrouillent avec les moyens du bord. Les psys sont rares. Ces conditions dégradées, malgré l'engagement des profs, n'expliquent pas tout, mais ne peuvent pas ne pas être évoquées.                                                                                                Avis d'un prof très concerné:

 

...Ce jeune homme a 16 ans, cela peut donc avoir été diagnostiqué. après, effectivement il faut attendre les résultats de l'enquête, mais il ne peut pas en être arrivé avec une arme dans son sac sans qu'il n'y ait eu de soucis auparavant... J'ai personnellement un élève de 3e détecté schizophrène, il est sous traitement lourd, m'a agressé physiquement, a été exclu provisoirement de mes cours, est revenu; j'ai envoyé un mail à ma direction expliquant que je ne me sentais pas en sécurité avec lui en classe; je n'ai jamais eu de retour de mail... aujourd'hui,je me dis que cette prof d'espagnol (je le suis aussi), ca aurait pu être moi... et j'ai peur...  ____________________
Partager cet article
Repost0

Varia

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Exil

__ Zizanie

__ Alarmisme?

__ AS unique?

__ Télé-religion

__ Contradictions

__ Désenchantement

__ Féminisme russe

__ Empire médiatique

__ Fuir l'Amérique...

__ Sauver la face

__ Cauchemar Trump

__ Budget Frankenstein

__ Relire Carl Schmitt?

__ IA: auto_intoxication

 

__ Menaces trumpiennes

 

__ Vindicte judiciaire

__ Razzia sur la culture

__Sondages et pressions

__   Musk et désinformation  >>         

__ Culture et milliardaires

__ Pour une Amérique "saine"

                 _____________ Le décret Crémieux et les Juifs _________________

Partager cet article
Repost0

Article publié depuis Overblog

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Partager cet article
Repost0

Publicité

Un dernier mot

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Sur les retraites...

        Ou plutôt sur cette nouvelle mouture qui nous est proposée....Il y a ce qu'on croit, ce que l'on dit et ce que l'on répète. Sur la base de données approximatives, d'injonctions venant de haut, de répétitions prenant valeur de vérité. Il y a encore beaucoup à dire sur une (nouvelle) réforme sortie du chapeau des experts de Bercy, alors que certains pays qui ont réfléchi à des modifications sans doute nécessaires, ont mis parfois une dizaine d'années avant d'arriver à des conclusions imparfaites, comme en Suède... Pourquoi tant de hâte et d'obstination, sur les injonctions de Bruxelles? Ne s'agirait-il pas d'abord de rassurer les marchés, très attentifs, comme l'a dit A.Minc?  Il y aurait des progrès à faire...  


                                                                                                                Point de vue: il y a des élément d'impensé dans les mesures qui sont avancées, que peu de gens comprennent toujours bien, d'autant plus que la voix gouvernementale cafouille parfois, comme sur la question des carrière longues...."...Évoquons d’abord l’abandon de la question du chômage. Celui-ci est aggravé dès lors que des emplois sont rendus indisponibles par le fait de reculer l'âge de la retraite. Le partage du travail, en revanche, permettrait de lutter contre le chômage tout en gardant la retraite à 62 ans. Il faut donc en finir avec le sophisme selon lequel "on vit plus longtemps donc on doit travailler plus longtemps". Cette affirmation est fausse par son abstraction. L'égalité devant la mort n'existe pas. Et la différence d’espérance de vie selon les métiers a des conséquences lourdes. Pour l'ouvrier qui meurt 8 ans avant un cadre supérieur, travailler plus longtemps c'est aussi mourir plus tôt, et ne pas pouvoir profiter de la retraite.                                           Quant aux gains de productivité du travail, il est scandaleux de les passer sous silence quand on entend souligner le déficit prétendu des personnes qui assument le financement des retraites par rapport à celles qui en jouissent. Quand on souligne qu'en 1950 il y avait quatre "actifs" pour un retraité, alors qu'en 2020 il y en a "seulement" 1,7, on abdique tout sens historique. On oublie que si les quatre actifs produisaient des biens mesurables par l'indice 400, 1,7 "actifs" produisent aujourd'hui des biens mesurables par l'indice 1200 (INSEE). Qu'a-t-on fait des gains de productivité ainsi multipliés par 10 ? Le capitalisme définirait-il la seule manière possible de les utiliser ? Par quel paradoxe le progrès de la productivité peut-il conduire à repousser l'âge de la retraite ? Objection : « Le travail produit beaucoup plus dans le même temps donc on peut travailler moins sans risque pour l’économie ». La logique du capitalisme mondialisé est autre. Il joue la géographie des délocalisations contre l’histoire des conquêtes ouvrières pour réduire le coût du travail.                                Aggravation du chômage, allongement de la pénibilité, absence de prise en compte des gains de productivité… Évoquons d’abord l’abandon de la question du chômage. Celui-ci est aggravé dès lors que des emplois sont rendus indisponibles par le fait de reculer l'âge de la retraite. Le partage du travail, en revanche, permettrait de lutter contre le chômage tout en gardant la retraite à 62 ans. Il faut donc en finir avec le sophisme selon lequel "on vit plus longtemps donc on doit travailler plus longtemps". Cette affirmation est fausse par son abstraction. L'égalité devant la mort n'existe pas. Et la différence d’espérance de vie selon les métiers a des conséquences lourdes. Pour l'ouvrier qui meurt 8 ans avant un cadre supérieur, travailler plus longtemps c'est aussi mourir plus tôt, et ne pas pouvoir profiter de la retraitQuant aux gains de productivité du travail, il est scandaleux de les passer sous silence quand on entend souligner le déficit prétendu des personnes qui assument le financement des retraites par rapport à celles qui en jouissent. Quand on souligne qu'en 1950 il y avait quatre "actifs" pour un retraité, alors qu'en 2020 il y en a "seulement" 1,7, on abdique tout sens historique. On oublie que si les quatre actifs produisaient des biens mesurables par l'indice 400, 1,7 "actifs" produisent aujourd'hui des biens mesurables par l'indice 1200 (INSEE). Qu'a-t-on fait des gains de productivité ainsi multipliés par 10 ? Le capitalisme définirait-il la seule manière possible de les utiliser ? Par quel paradoxe le progrès de la productivité peut-il conduire à repousser l'âge de la retraite ? Objection : « Le travail produit beaucoup plus dans le même temps donc on peut travailler moins sans risque pour l’économie ». La logique du capitalisme mondialisé est autre. Il joue la géographie des délocalisations contre l’histoire des conquêtes ouvrières pour réduire le coût du travail                                     Financer les retraites...Voilà le leitmotiv ressassé, sur la base d'une approche comptable partiale qui passe sous silence le rôle possible des cotisations patronales, et des augmentations de salaire, pour un partage plus équitable des gains de productivité. L’impensé des économistes néo-libéraux favorables aux réformes actuelles est l'accroissement vertigineux, depuis 1975, des inégalités entre les revenus du capital et ceux du travail, et des inégalités de patrimoine.   Comparons les Trente Glorieuses (entre 1950 et 1983) et l'âge de la mondialisation capitaliste (entre 1983 et 2016). Entre 1950 et 1983, les revenus ont progressé de 4% par an pour la majorité de la population, et les plus hauts revenus ont progressé d’à peine 1% par an. La solidarité redistributive a bien fonctionné. Pour les 33 années qui suivent, c’est l’inverse qui se produit. Entre 1983 et 2016, le revenu moyen des 1% les plus aisés a progressé de 100% (en sus de l’inflation), et celui des 0,1% les plus aisés de 150%, contre à peine 25% pour le reste de la population (soit moins de 1% par an). Les 1% les plus riches ont alors capté 21% de la croissance totale, contre 20% pour les 50% les plus pauvres. Les chiffres confirment aussi la forte croissance des plus hauts patrimoines. Les entreprises du CAC 40 ont distribué 60 milliards d'euros de dividendes en 2019 battant le record de 2008. La solidarité s'est donc effondrée, à rebours du modèle social français. En France, la fin des « Trente Glorieuses », conjuguée avec le premier essor d’une mondialisation capitaliste débridée, a consacré le démantèlement des conquêtes sociales et tout particulièrement des services publics, forme de salaire indirect qui tempère les inégalités. Denis Kessler, vice président du CNPF (devenu le MEDEF) a indiqué le vœu du patronat dans la revue Challenges, le 4 octobre 2007 :« Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer... Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » Un vœu parachevé par M. Macron, soldat zélé du MEDEF, récent fossoyeur du code du travail, du statut de la SNCF, des allocations chômage, et aujourd'hui des retraites.              A qui profitent ces réformes ? Les statistiques de l’INSEE en témoignent. Voyez les rémunérations exorbitantes des dirigeants et le niveau abyssal de leur fortune. Et c’est une telle ploutocratie qui s’insurge contre l’idée d’une majoration des cotisations patronales destinées à conforter les retraites par répartition ! On mesure cet égoïsme de classe et les bénéfices secondaires qu’elle en tire dans la perspective d’une retraite par capitalisation, accessible seulement à ceux qui ont les moyens d’épargner. Du pain bénit pour les fonds de pensions et les assurances privées. En France, un salarié travaille 45 jours par an pour payer les dividendes des actionnaires. En 1981, c’était 10 jours.                                                                     Quant aux nouvelles pénibilités, elles justifient des régimes spéciaux de retraite. Le gouvernement l'a prouvé en décidant de maintenir pour les policiers un régime spécial. Que ne fait-il la même chose pour les autres métiers pénibles ? Comment peut-on prétendre que la pénibilité du travail des cheminots a disparu avec la locomotive à vapeur ? Le stress du conducteur d'un TGV lancé à 340 km/heure est bien réel, de même que le fait de travailler à toute heure. Comme pour les mineurs jadis, voués à la mort par les coups de grisou et la silicose, nombre de professions sont aujourd’hui pénibles. Refuser de prendre en compte le port de charges lourdes est une honte. Les déménageurs et les ouvriers du bâtiment, pour ne citer qu’eux, apprécieront ce refus réaffirmé par le président de la République, en cela fidèle serviteur du Medef.      Quant aux 28 suicidés de France Télécom, leur sacrifice, récemment condamné par la justice, pourrait nous rappeler le stress angoissant d'un qui-vive permanent lié au turn-over des postes. Pensons également aux enseignants sous-payés, qui dans les classes subissent de plein fouet le dénigrement de l'Ecole par des parents déboussolés, l'indiscipline et l'irrespect d'enfants à qui on n'inspire plus le goût et le respect de l'Ecole comme du savoir qui les émancipe. Il en va de même de la multiplication ubuesque de tâches administratives diverses. Christine Renon, directrice d’école à Pantin, s’est suicidée le 21 septembre 2019 en disant sa souffrance dans une lettre bouleversante. Pensons aussi aux infirmières, si mal payées, stressées par la misère des hôpitaux publics, victimes de la réduction de la dépense publique. Pendant ce temps, les cadeaux fiscaux vont bon train pour les plus riches. Cet inventaire des nouvelles pénibilités n’est pas exhaustif, et il faudrait le relier avec la différence de l'espérance de vie.                                                                                      Aggravation du chômage, allongement de la pénibilité, absence de prise en compte des gains de productivité… Pour le philosophe Henri Peña-Ruiz, auteur notamment de « Marx quand même » (Plon), « Entretien avec Karl Marx » (Plon) et « Karl Marx penseur de l’écologie » (Seuil), bien des arguments en faveur de la réforme des retraites méritent des objections en règle.   Évoquons d’abord l’abandon de la question du chômage. Celui-ci est aggravé dès lors que des emplois sont rendus indisponibles par le fait de reculer l'âge de la retraite. Le partage du travail, en revanche, permettrait de lutter contre le chômage tout en gardant la retraite à 62 ans. Il faut donc en finir avec le sophisme selon lequel "on vit plus longtemps donc on doit travailler plus longtemps". Cette affirmation est fausse par son abstraction. L'égalité devant la mort n'existe pas. Et la différence d’espérance de vie selon les métiers a des conséquences lourdes. Pour l'ouvrier qui meurt 8 ans avant un cadre supérieur, travailler plus longtemps c'est aussi mourir plus tôt, et ne pas pouvoir profiter de la retraite.                                                                                                                                       Quant aux nouvelles pénibilités, elles justifient des régimes spéciaux de retraite. Le gouvernement l'a prouvé en décidant de maintenir pour les policiers un régime spécial. Que ne fait-il la même chose pour les autres métiers pénibles ? Comment peut-on prétendre que la pénibilité du travail des cheminots a disparu avec la locomotive à vapeur ? Le stress du conducteur d'un TGV lancé à 340 km/heure est bien réel, de même que le fait de travailler à toute heure. Comme pour les mineurs jadis, voués à la mort par les coups de grisou et la silicose, nombre de professions sont aujourd’hui pénibles. Refuser de prendre en compte le port de charges lourdes est une honte. Les déménageurs et les ouvriers du bâtiment, pour ne citer qu’eux, apprécieront ce refus réaffirmé par le président de la République, en cela fidèle serviteur du Medef.    Quant aux 28 suicidés de France Télécom, leur sacrifice, récemment condamné par la justice, pourrait nous rappeler le stress angoissant d'un qui-vive permanent lié au turn-over des postes. Pensons également aux enseignants sous-payés, qui dans les classes subissent de plein fouet le dénigrement de l'Ecole par des parents déboussolés, l'indiscipline et l'irrespect d'enfants à qui on n'inspire plus le goût et le respect de l'Ecole comme du savoir qui les émancipe. Il en va de même de la multiplication ubuesque de tâches administratives diverses. Christine Renon, directrice d’école à Pantin, s’est suicidée le 21 septembre 2019 en disant sa souffrance dans une lettre bouleversante. Pensons aussi aux infirmières, si mal payées, stressées par la misère des hôpitaux publics, victimes de la réduction de la dépense publique. Pendant ce temps, les cadeaux fiscaux vont bon train pour les plus riches. Cet inventaire des nouvelles pénibilités n’est pas exhaustif, et il faudrait le relier avec la différence de l'espérance de vie.                                                          Quelle différence d'espérance de vie, et de vie en bonne santé, entre les catégories sociales les plus aisées et les plus démunies ? Place aux chiffres de l’Insee.  Entre 2012 et 2016, le niveau de vie des personnes situées parmi les 5 % les plus aisées atteint une moyenne de 5 800 euros mensuels. Parmi les personnes les plus aisées, à la naissance, les hommes ont une espérance de vie de 84,4 ans. En revanche, parmi les 5 % de personnes les plus modestes, dont le niveau de vie moyen n’atteint que 470 euros par mois, les hommes ont une espérance de vie de 71,7 ans. Les personnes les plus aisées vivent donc en moyenne 13 ans de plus que les plus modestes. Pour les femmes, un tel écart est plus faible : à la naissance, l’espérance de vie parmi les 5 % de personnes les plus aisées atteint 88,3 ans, contre 80,0 ans parmi les 5 % les plus modestes, soit 8 ans d’écart. Selon l’enquête Santé et protection sociale de 2014, 11 % des adultes issus des 20 % les plus modestes ont renoncé à consulter un médecin au cours de l’année, contre 1 % des adultes issus des 20 % les plus aisés....."  (Merci à H. P-R)  ___                                                    ____Il faut écouter la parole d'un "sage":
                                                         "... Tant qu'on n'a pas réglé le problème du chômage, dans notre pays, franchement, ce serait assez hypocrite de décaler l'âge légal. Quand, aujourd'hui, on est peu qualifié, quand on vit dans une région qui est en difficulté industrielle, quand on est soi-même en difficulté, qu'on a une carrière fracturée, bon courage déjà pour arriver déjà à 62 ans...Mais on va dire: "Maintenant il faut passer à 64 ans?...Vous ne savez déjà plus comment faire après 55 ans. Les gens vous disent: les emplois ne sont plus bons pour vous. C'est ça la réalité.. ...On doit alors gagner ce combat avant d'aller expliquer aux gens: "Mes bons amis, travaillez plus longtemps." Ce serait hypocrite...." (E.Macron, conf. de presse, 25 avril 2019)________

Partager cet article
Repost0

Ces réseaux dits sociaux

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Qui font florès...et Business   

        A l'ère de l'accès facile et rapide aux contenus informatiques dans l'espace privé,  de toutes natures, informatifs ou ludiques, les débats sur ceux-ci sont souvent au coeur d'échanges souvent polémiques.  Il faut dire que cela se justifie, étant donné les  ambiguités des contenus et des usages qui les caractérisent. Futiles? contestables? toxiques?... Tous les réseaux ne se ressemblent pas et peuvent être, comme la langue d'Esope, la meilleure ou la pire des choses. Il suffit de se demander qui les produit, qui les contrôle, de quelle manière et dans quel but, sachant que les intérêts des géants de la Silicon Valley sont les grands manipulateurs acteurs de ces informations (?), de ces  contenus qui se déversent de par le mondes, entretenus et multipliés par la vertu d'algorithmes sophistiqués visant à la prolifération des avis et points de vue, par la polarisation des opinions souvent inconrôlées, à des fins le plus souvent mercantiles. Business d'un nouveau genre.                                                                                                                                               Umberto Eco n'y va par quatre chemins « Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui avant, ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd’hui, ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel »                                                                                                                                                                            Il est vrai que ces fameux réseaux tendent à présenter chaque utilisateur comme un fabriquant d'opinions fondées, à l'heure où l'on délaisse les sources d'information écrites élaborées et vérifiées, et valorisent le narcissisme souvent ludique ou pervers de celui qui s'y adonne. Le partage critique des données vérifiées a une place souvent dérisoire ou illusoire, l'affrontement des opinions et la cristallisation  des avis souvent polémiques devenant souvent la norme. Se donner à voir et à entendre devient souvent le souci de l'utilisateur moyen, cherchant à combler le vide de ses loisirs et à satisfaire les méandres de ses humeurs. D'un réseau à l'autre, il y a bien sûr des différences de contenus et de formes. De Linkedin à Tik Tok, en passant par Facebook, on constate des différences. Mais le plus souvent la part de choix individuel est assez restreint ou parfois illusoire.                                                              Du temps de cerveau disponible est sollicité pour des buts qui souvent échappent à l'usager moyen, encore plus enfantin. On est prié le plus souvent de laisser son esprit critique et citoyen au vestiaire. Ou parfois de se laisser intoxiquer ou endoctriner. Socialement et politiquement, cela peut être ravageur.    Et surtout, la pratique mécanique et fiévreuse de certaines plateformes se révèle être une captation problématique de l'attention, ce qui n'est pas sans conséquences, et est dévoreuse de temps. Mais aussi parfois une catastrophe éducative.    Pour quand une régulation efficace  et concertée? C'est urgent!...  ____________________    

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 5 6 > >>