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Finances en crise (2024)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Faut-il s'en effrayer? (note de lectures)

         ____ Comme toujours en matière de crises économico-financières, les annonces plus ou moins alarmistes doivent être prises avec prudence. Les plus grandes crises, elles, comme celle de 2008, la plus récente, dont nous sortons à peine, on ne les a pas vues venir, ont pris (presque) tout le monde au dépourvu. On a assisté surtout à la faillite des économistes et des acteurs, qui n'ont rien anticipé. Rien n'a été changé sur le fond, concernant les échanges économiques mondiaux et les pratiques du système bancaire. Il est temps de réguler la finance, au bord du chaos. Contrairement à ce que disait N. Sarkozy, la crise n'est pas finie, elle est seulement latente, les mêmes causes produisant les mêmes effets, dans des contextes différents.  On comprend cet appel...                                                                                                                                             On nous annonce aujourd'hui un possible nouveau séisme financier: "...l'économie mondiale est relativement chancelante avec une Chine qui connaît une forte hausse du chômage et une Europe qui plonge dans la récession la France la première. Même les USA connaissent des difficultés malgré les énormes déficits et l'endettement gargantuesque dont nous avons parlé récemment. Cette crise financière pourrait être le déclencheur d'un effet en cascade typique des systèmes non gouvernables pour les connaisseurs de la science de l'automatique. Car la globalisation a comme caractéristique essentielle d'être sans gouvernail à son échelle. Certes, les USA ont depuis la mise en place de la globalisation servie d'état global en régulant la demande planétaire, mais ils sont désormais trop petits pour vraiment contrôler le système qu'ils ont fabriqué. La dérégulation économique planétaire a jeté l'ensemble des forces productives et des salariés dans une guerre économique sans merci dans les années 70. Et comme nous l'avons vu dans notre texte sur le mercantilisme, ou sur la croissance US, c'est bien l'endettement croissant de certains états qui accumulent les déficits commerciaux qui maintiennent un semblant de croissance mondiale depuis 50 ans.  Dès lors à chaque crise financière la panique arrive, car au fond les autorités des grandes banques centrales et du système financier savent pertinemment que le système global actuel n'est pas viable. Il ne tient que grâce à de grosses rustines financières contrôlées principalement par la Réserve fédérale américaine et au bon vouloir des gros pays à excédent comme les gros producteurs de matière première qui maintiennent artificiellement la valeur du dollar. Mais à chaque crise la peur de la perte de contrôle réapparaît. Cette nouvelle crise ne fait pas exception...."                                                                           La question est posée. Une nouvelle crise financière serait-elle à nos portes? De nouvelles bulles apparaissent. Ce ne serait pas la première fois. L'ordre néolibéral serait-il en déclin? Et la myopie bancaire semble être la règle...                  Les banquiers centraux se seraient-ils fourvoyés? Auraient-ils péché par excès d'optimisme et vont-ils pouvoir maîtriser un emballement qui les dépasse? Si un peu d'inflation est tout à fait normal et souvent souhaitable, son excès suscite quelques soucis.    Pour faire reculer une inflation déstabilisante, selon le FMI, "...Les banques centrales des grandes économies s’attendaient il y a encore quelques mois à pouvoir durcir leur politique monétaire très progressivement. L’inflation semblait être alimentée par un mélange inhabituel de chocs du côté de l’offre associés à la pandémie et à la récente invasion de l’Ukraine par la Russie, et il était attendu qu’elle recule rapidement une fois ces pressions allégées.  Désormais, avec une inflation qui atteint des niveaux sans précédent depuis des décennies et des pressions sur les prix qui s’étendent au logement et à d’autres services, les banques centrales reconnaissent qu’il est nécessaire d’agir plus rapidement pour empêcher un désancrage des anticipations d’inflation et pour éviter que leur crédibilité en pâtisse. Les décideurs devraient tirer les enseignements du passé et être déterminés à éviter des ajustements ultérieurs potentiellement plus pénibles et déstabilisants.  La Réserve fédérale, la Banque du Canada et la Banque d’Angleterre ont déjà fortement relevé les taux d’intérêt et ont indiqué s’attendre à poursuivre avec des hausses plus conséquentes cette année. La Banque centrale européenne a récemment relevé les taux, pour la première fois en plus de dix ans...."                                                                                                 Mais agir sur ce levier sera-t-il suffisant, à l'heure où tant de facteurs oeuvrent en même temps au niveau mondial pour déstabiliser certaines productions et les échanges, à commencer par l'incertitude ukrainienne?  Comment éviter que des mesures monétaires trop strictes n'entraînent une casse sociale, une cascade de récessions qui ne seraient plus gérables?... "     


                                  __Une certaine myopie bancaire a été trop longuement partagée. L'inflation n'était pas que conjoncturelle, mais devient structurelle. "...En février 2022, le taux d'inflation L’inflation, qu’il s’agisse d’une inflation tirée par la demande ou d’une inflation poussée par les coûts, résulte de déséquilibres de marché (entre la demande et l’offre des différents secteurs) affectant tout ou partie de l’économie. Ces déséquilibres ont une dimension structurelle quand ils révèlent des changements des paramètres fondamentaux (technologies et préférences) rendant d’actualité une reconfiguration du tissu productif inhérente au progrès technique et à la croissance. Ils peuvent aussi être le fruit de chocs géopolitiques affectant notamment les marchés de matières premières. Sont en jeu les comportements en matière de prix, de quantités produites et d’investissement des entreprises concernées dans différents secteurs. Inversement, des changements structurels importants peuvent résulter d’une forte inflation qui modifie la répartition des revenus et des richesses au détriment des revenus contractualisés (salaires et retraites) avec pour conséquence de pénaliser les achats de biens salariaux et de favoriser celle de biens de luxe. Ils peuvent, en outre, résulter du raccourcissement de l’horizon temporel des entreprises qui ne sont plus incitées à investir à long terme et vont chercher à être flexibles à court terme au risque de contraindre davantage l’offre et d’initier une inflation encore plus forte..."                   Comment éviter le cercle vicieux, qui ne manquerait pas d'être générateur de crise majeure, comme les économies capitalistes en ont régulièrement connue.   La monnaie n'est pas neutre, elle est un moyen et un régulateur, toujours située entre méfiance et confiance....   ______________________________

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Petit billet du dimanche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Déficits

__ Faire-valoir

__ Arnaque

__ Mauvais signe

__ Riches niches

__ Edition et IA

__ Nouveau palier?

__ Péricles et Turmp

__ Audiovisuel en question

__ Retraités russes au travail

__ Sécurité alimentaire

 

__ Nouvelle alliance?

 

__ Nouveau management

__ Impasse stratégique                        

__ Opposition israëlienne?

__ Gains de productivité

__ Suicide démographique?

__ Guéant enfonce le clou

__ Juifs d'Europe, juifs sionistes

__ Ultra orthodoxes en question

   ____________ Nouvelles théories du complot  ___________

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Connaissez-vous Ayn Rand?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

l y peu de chances, ici, en France

            Mais ce auteur connaît encore aux USA une influence extraordinaire dans certains milieux des affaires et de la politique, surtout de tendance libertarienne , à tel point qu'elle fut le livre de chevet de R.Reagan (à l'instar de la bible) et que Trump s'en réclame souvent, même sil ne respecte pas toujours l'esprit de sa pensée. Un oeuvre qui est l'aboutissement d'une histoire personnelle singulière. Papesse de l'ultralibéralisme du reaganisme et du thacherisme notamment, dont Trump et les libertariens restent des admirateurs inconditionnels, dans leurs critiques du rôle de l'Etat et de la justice sociale, de la redistribution. Une apologie de la réussite personnelle ou du self made man. Une gourou pas comme les autres, qui a surfé sur la vague néolibérale des économistes de l'école de Chicago, notamment d'un de ses influents promoteur Friedman, après la période où l'influence de Rooseelt et du Welfare State était dominante. 

Une philosophie politique "impossible"        [notes]               

  Il est des systèmes de pensée politique que l'on peut qualifier de plus ou moins utopiques (même si l'utopie d'aujourd'hui peut être la réalité de demain, comme le suggérait Victor Hugo...), qui prônent, surtout depuis le XIX° siècle, et précisent les conditions d'une société où la solidarité et le partage deviendraient des valeurs dominantes, à l'heure où l'individu livré à lui-même, était soumis à l'arbitraire de ses employeurs, sans règles ni droits contre  l'association pour la défense de ses intérêts légitimes. Owen, Proudhon, Bakounine, Marx, Jaurès, chacun à sa manière...Les luttes ouvrières sont marquées par des idées émancipatrices qui montraient le chemin.

 

                          Mais  il est une écrivaine au destin singulier, au parcours compliqué, se réclamant d'un Nietzsche mal compris, qui prône une éthique de l'égoïsme, du chacun pour soi, qui est devenue  l'héroïne des libertariens aux USA, que l'on pourrait qualifier d' odieuse et moderne, comme le fait un commentateur.
   Elle a inspiré plus ou moins fortement la "pensée" économique de Reagan et de toux ceux qui ont suivi la voie de l'ultralibéralisme, en poupe depuis les années 70. Elle continue à avoir une influence sur une certaine droite américaine, notamment sur Mitt Romney. Elle allait jusqu'à juger comme immoraux les programme soçiaux.
    La réussite et l'enrichissement individuels comme idéal, l'égoïsme comme horizon: c'est devenu le leitmotiv du monde des affaires, contre l'exigence de solidarité sociale demandée par Roosevelt.
  L'idéal est l' individu sans liens...:, comme si ce pouvait être un but assignable, une réalité vivante.
    Un retour à l'"individualisme possessif", terreau et conséquence de la "révolution conservatrice" chère à Margaret Thatcher, fidèle lectrice de Hayek,Friedman, De von Mises...

    Rand est passée de fait de l'individualisme radical à l'éloge du conformisme néolibéral, qui s'emploie à dissoudre les liens de solidarité et à désarmer l'individu face aux pressions marchandes.

Un retour à l'"individualisme possessif", pointé déjà par Hobbes.
Même beaucoup de ceux qui défendent encore la pensée de Ayn Rand voient assez vite les impasses où elle conduit.
     Et, pour le moins, la philosophie ultralibérale d’Ayn Rand passe mal de la théorie à la pratique 
       A l'heure où les valeurs de solidarité sont en baisse, de dérégulations en prétendues "modernisations", on peut encore lire Rand, comme vaccin pour s'immuniser un peu plus contre un certain individualisme, valeur en hausse dans le monde du business et de la société imprégnée par les valeurs mercantiles, où l'Etat apparaît comme un frein ( "l'Etat est le problème") mais destructrice du tissu social et source de violences.

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Larges horizons

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Vers une crise majeure?                                                                                                                                       Hypothèses et incertitudes                                                                                   L' arme énergétique de la Russie

__ La Mer Noire, mère des confrontations                                                                                                                          Si convoitée

 

 

__ Le piège sarkozien                                                                                                                                            Et l'encombrant absent. Un procès historique

__ La grande forme pour Total                                                                                                                                         Si peu imposable.    Réponse du berger...                                       Faudrait savoir

__ Il était une ville...                                                                                                                                        De la chute au réveil

__ De quelle autonomie parle-t-on?

__ Fin de l'Etat providence?

__ La lecture en recul?

__ EDF: fin du service public?

__ Un parti allemand préoccupant

__ L'ère des Frontières floues

__ Un rapport discuté et discutable:                                                                                                                               Libre propos:        Rapport Alloncle: une victoire de l'extrême droite contre l'audiovisuel public "Après six mois de travaux houleux, de polémiques en cascade et de méthodes ouvertement décriées par une large partie de l'hémicycle, le rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public sera bel et bien rendu public. Les 30 députés qui composent la commission ont voté ce lundi 27 avril en faveur de sa publication, prévue le 4 mai prochain. Une décision qui marque une étape inquiétante dans la guerre déclarée par la droite et l'extrême droite contre le service public de l'information. Tout commence à l'automne 2025. Le site d'extrême droite L'Incorrect publie des extraits d'une conversation filmée à leur insu, dans un restaurant, entre les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen et des responsables du Parti socialiste, au cours de laquelle il est notamment question de Rachida Dati. Éric Ciotti, président de l'UDR, s'empare aussitôt de l'affaire et utilise son droit de tirage annuel pour réclamer la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la "neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public". Les travaux débutent le 25 novembre 2025, présidés par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), avec Charles Alloncle, député UDR de l'Hérault et allié revendiqué du Rassemblement national, comme rapporteur. En six mois, 238 personnalités ont été auditionnées lors de 67 séances, dont Vincent Bolloré, Delphine Ernotte (présidente de France Télévisions), Sibyle Veil (Radio France), Léa Salamé, Xavier Niel ou encore Nagui. Plus de 200 heures d'échanges ont été retransmises en direct. Une commission extrêmement médiatisée, mais dont la méthode a rapidement transformé un exercice de contrôle parlementaire en spectacle d'intimidation. Dès décembre 2025, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait rappelé Charles Alloncle à l'ordre par courrier, évoquant des incidents d'une "fréquence et d'une ampleur inédites". Rédigé par Alloncle, ce document de près de 400 pages concentre quelque 80 propositions dont certaines, si elles venaient à être appliquées, constitueraient une attaque frontale contre l'audiovisuel public français. Parmi les mesures les plus emblématiques : la suppression de France 4 et France TV Slash, les chaînes dédiées aux jeunes publics, au prétexte de "redéployer les moyens" vers des offres numériques sur France.tv et les réseaux sociaux. France 2 et France 5 seraient fusionnées en une unique chaîne généraliste, tandis que franceinfo et France 24 disparaîtraient également en tant qu'entités autonomes pour être fondues dans une seule structure. Côté radio, le Mouv', l'antenne hip-hop de Radio France, serait tout simplement supprimée. Un milliard d'euros d'économies ainsi généré ne serait pas réinvesti dans l'audiovisuel public ni dans la culture : il servirait au désendettement de l'État et à l'entretien du patrimoine national. Un tour de passe-passe budgétaire qui dit tout du mépris dans lequel ces propositions tiennent la mission de service public. Mais le clou du cercueil, c'est la proposition de remettre entre les mains de l'Élysée la nomination des dirigeants de France Télévisions et de Radio France, après simple avis des commissions des affaires culturelles et de l'Arcom. Un recul historique que des élus du bloc central eux-mêmes ont résumé en une formule sans appel : un "retour à l'ORTF". Autrement dit, un audiovisuel public mis au pas du pouvoir politique. Alloncle préconise également d'imposer à l'ensemble des personnels de l'audiovisuel public une stricte neutralité dans leur expression publique, y compris en dehors de leurs fonctions, avec un devoir de réserve renforcé pour les figures de premier plan. Une exigence asymétrique jamais réclamée aux médias privés qui, eux, peuvent ouvertement épouser les thèses du camp conservateur. Ce qui a particulièrement choqué les élus de gauche, et même une partie du centre, c'est bien moins le contenu du rapport que la méthode. Au fil des mois d'auditions, la commission s'est progressivement transformée, selon les mots de plusieurs observateurs, en véritable tribunal de l'audiovisuel public. Séquences virales, confrontations brutales, insinuations, accusations ad hominem : ce qui aurait dû être un travail d'investigation rigoureux est devenu un spectacle de mise en cause systématique des journalistes, animateurs et dirigeants du service public. Lors de son audition, Nagui a accusé Alloncle d'avoir déclenché une campagne de cyberharcèlement à son encontre après avoir été présenté comme la personne qui s'est le plus enrichie sur l'argent public au cours des dix dernières années. La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a de son côté dénoncé lors de la dernière audition du 8 avril une montagne d'accusations infondées et outrancières, pointant des chiffres factuellement faux répétés par le rapporteur. La lecture du rapport lui-même, consultée à huis clos les 23 et 24 avril dans une petite salle du Palais-Bourbon sous surveillance d'un administrateur, n'a fait que confirmer les pires craintes. La députée socialiste Ayda Hadizadeh a dénoncé des attaques ad hominem, des insinuations, des diffamations et des mensonges, qualifiant la démarche de dérive trumpiste. Boris Vallaud, chef de file des députés PS, a dénoncé un document à charge, truffé de mensonges et de partis pris. Les élus écologistes, par la voix de Sophie Taillé-Polian, ont estimé qu'Alloncle avait créé un précédent détestable en dévoyant ce qu'est une commission parlementaire. Un député, sans donner son nom, a posé la question qui résume tout : l'Assemblée nationale peut-elle cautionner qu'un rapport parlementaire repose sur des méthodes de calomnie et d'insinuation ? Les insoumis, par la voix d'Aurélien Saintoul et de Nadège Abomangoli, avaient annoncé voter contre sans ambiguïté, qualifiant le texte de mensonger, partial et contradictoire, et estimant qu'une enquête établit des faits, elle ne juge pas des opinions des uns et des autre. L'affaire aurait dû s'arrêter là si une révélation du Monde n'était venue ajouter une couche de scandale supplémentaire : la direction des affaires institutionnelles de Lagardère News, propriétaire du JDD et du JDNews, a transmis à des membres de la commission des questions à poser lors des auditions, notamment à Delphine Ernotte et à Sibyle Veil, deux dirigeantes ayant précédemment critiqué publiquement CNews, Europe 1 et le JDD, toutes propriétés du groupe Bolloré. Des questions sur mesure, destinées à orienter les travaux dans le sens des intérêts d'un groupe de presse privé directement concurrent de l'audiovisuel public. Radio France a réclamé que toute la lumière soit faite sur ces collusions éventue. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a lui-même reconnu que des éléments concordants accréditent des tentatives d'ingérence inédites. Face à cela, Alloncle a balayé la question d'un revers de main : le lobbying, c'est vieux comme l'Assemblée. La normalisation de la corruption des processus démocratiques, en une phrase. Il faut également noter qu'Alloncle a accordé une interview fleuve au JDNews, l'un des médias de l'empire Bolloré, la veille même de la mise à disposition du rapport à ses collègues, pour y présenter ses soi-disant révélations. Le même réseau médiatique qui, depuis des mois, mène une campagne systématique contre France Télévisions et Radio France. Les connexions entre ce rapport et les intérêts de la presse privée conservatrice n'ont donc rien d'accidentel. Face à cette situation, les groupes de gauche n'avaient pas exactement la même approche tactique, mais partageaient la même analyse. Les socialistes avaient proposé un vote en deux temps : un premier sur la publication du rapport en tant que tel, un second sur les préconisations publiées au seul nom d'Alloncle et non au nom de la commission entière. Une manière d'éviter que le sceau de l'Assemblée nationale ne soit apposé sur ce que Boris Vallaud a qualifié de pamphlet idéologique. Les insoumis avaient opté pour une position plus tranchée : non à la publication, point final. Non par opposition au principe de transparence, mais parce que laisser diffuser un tel texte sous l'autorité de l'institution parlementaire lui conférerait une légitimité qu'il ne mérite pas. Les écologistes ont suivi la même ligne. Du côté de Renaissance et du MoDem, l'abstention a été choisie, une façon de ne pas prendre de risque politique sans pour autant assumer publiquement un soutien à ce texte problématique. La droite, après quelques jours d'hésitation, a finalement voté pour, Laurent Wauquiez l'ayant confirmé par tweet quelques heures avant le scrutin. L'extrême droite, elle, n'a jamais eu le moindre doute. C'est donc la coalition droite-extrême droite qui a imposé la publication, avec les abstentions centristes en appoint. Le résultat est sans surprise, mais il n'en est pas moins grave. Il serait naïf de réduire cette affaire à un simple débat sur les mérites ou les défauts de l'audiovisuel public français. Ce qui se joue ici, c'est une offensive coordonnée et méthodique contre l'un des derniers espaces médiatiques qui échappe au contrôle des grands groupes privés et de leurs actionnaires milliardaires. France Télévisions, Radio France, franceinfo : ces structures ne sont pas parfaites, loin s'en faut. Mais elles représentent une alternative concrète à la mainmise de Bolloré et Lagardère sur l'information. Le rapport Alloncle, s'il venait à alimenter une proposition de loi, constituerait un arsenal législatif au service de cette offensive. L'hypothèse d'une inscription à l'ordre du jour de la niche parlementaire de l'UDR le 25 juin prochain est évoquée dans l'entourage d'Éric Ciotti, même si rien n'est encore arrêté. Avec pour horizon une information publique mise sous tutelle présidentielle, appauvrie, muselée et finalement inutile. " (Sources : Libération, AFP, franceinfo, LCP)

__Les digues sauteraient-elles?                                                                                                                                      À un an de l’élection présidentielle, il y a des symboles qui prennent soudain davantage de poids. Le déjeuner entre Jordan Bardella et le Medef rend nostalgique du temps où les élites économiques snobaient le parti lepéniste, où leur cheffe Laurence Parisot s’opposait même frontalement à Marine Le PenMais voilà, comme il courtise autant les patrons que les princesses, le RN est devenu présidentiable et, de fait, fréquentable. Quand bien même les retours de ces réunions sont parfois cinglantes, « le fait qu’ils disent que l’on n’est pas le grand Satan est déjà un progrès », a noté le député nordiste Jean-Philippe Tanguy au MondeTant pis si même les trumpistes américains, qui ont reçu Bardella et Le Pen en grandes pompes en décembre dernier, ont été consternés par leurs propositions économiques, comme le soulignait Reuters.                                                                          Il y a aussi des symboles, moins discutés sur les plateaux télés, qui disent beaucoup de la perméabilité politique vis-à-vis de l’extrême droite. Depuis les élections municipales où le mouvement lepéniste a gagné des dizaines de villes, les digues locales sautent. Au conseil départemental du Tarn-et-Garonne, le RN s’est associé au candidat de la droite pour évincer le PS dans une coalition transpartisane. Il est désormais dans les vice-présidences. À Besançon (25), c’est un lepéniste au profil Facebook caché ordurier élu pour la première fois vice-président de la métropole, qui rassemble 67 communes. Ces symboles effraient mais montrent également la politique de ce parti – dont les maires augmentent immédiatement leurs salaires à La FlècheMontargis, Moissac ou Perpignan – et qui visent d’abord les plus précaires. Au moins, c’en est fini de l’argumentaire électoral, « on n'a jamais essayé ». Au contraire, nous sommes en plein dedans. [ Christophe-Cécil Garnier_ StreetPress.com  ________________

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Le vélo, la femme, la liberté

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Un instrument efficace d'émancipation progressive.

                  On le sait maintenant: la pratique du vélo par la femme n'a pas compté pour rien dans son émancipation . Surtout depuis le début du 20ième siècle. La figure de Jeannie Longo a fini par représenter une sorte de mythe moderne, mais elle est une sorte d'exception dans la masse des femmes dont la pratique de la petite reine est devenue souvent quotidienne dans les rues de Paris ou à la campagne. Mais cela a demandé un certain temps:                                                                     "...La bicyclette est au départ essentiellement masculine. Une femme qui ouvre les jambes, c’est obscène.   Pour conquérir un nouveau marché, des inventeurs vont même tenter de concilier vélo et dignité féminine, « ce qui donne des objets loufoques et ridicules en termes de mécanique, avec des vélos aux pédales sur le côté » pour que les femmes pédalent en amazone, explique Margot Abord de Chatillon, coautrice de l’article « Le vélo : un objet qui révèle, renforce et perturbe l’ordre du genre » et sociologue des mobilités. « On préférait inventer des objets aberrants plutôt qu’accepter que des femmes se déplacent par elles-mêmes. »...Liberté, confiance en soi. Dans une interview en 1896, la suffragette américaine Susan Anthony résume le lien entre féminisme et vélo : « Je pense que la bicyclette a fait plus pour émanciper les femmes que n’importe quoi d’autre dans le monde. [...] Cela […] fait sentir [à la femme] qu’elle est indépendante. À l’instant où elle monte sur sa selle, elle sait qu’elle est à l’abri du danger jusqu’à ce qu’elle en descende, et quand elle roule, j’y vois l’image d’une féminité libre et sans entraves. »...

 

 

 

                         _____ Dans la longue marche vers l'émancipation toujours en cours, à des degrés divers selon les pays et les cultures, le vélo prend une place à part dans l'univers féminin, depuis le début du XX° siècle. Dans les rêves d'enfant déjà, le vélo a depuis longtemps été associé à l'autonomie (rouler tout seul) et à la liberté (sortir plus loin, s'échapper pour un temps du cadre familial) Dès le début du succès de la petite reine (bien féminine), certaines femmes participèrent à ce symbole d'émancipation, bien relatif, mais dans une bien moins grande mesure que les hommes, qui en firent le plus souvent un instrument de déplacement au travail comme dans leurs loisirs..   


                                                                                                       ___ Le chemin que prirent les femmes fut plus long. Il est des pays où il s'ouvre seulement, avec des réserves, comme en Arabie Saoudite. En Occident, il fallut du temps pour vaincre les préjugés concernant la pratique féminine du vélo, malgré l'audace de certaines pionnières, même si l'origine de l'expression "petite reine" est féminine:  "...Dans la seconde moitié du XIXe siècle, alors que le vélocipède devient un symbole de la modernité, une moitié de l'humanité en est encore privée. Le débat entre les hygiénistes –partisans d'une activité physique pour tous– et les conservateurs fait rage. Dans «Le corps des jeunes filles de l'Antiquité à nos jours», on lit: «La crainte d'une virilisation excessive des filles, par le muscle aussi bien que par l'emprunt de la culotte au costume masculin, freine l'usage de la bicyclette.» Les quelques voyageuses à vélo présentes sur les routes de France sont accusées par les chroniqueurs des années 1890 d'appartenir à un genre à part. Le Progrès Illustré décrit Annie Londonderry, première femme à accomplir un tour du monde cycliste, comme un «être neutre» appartenant au «troisième sexe»

                                                                                                               Les fantasmes sur la sexualité et les conséquences sur la reproduction allaient bon train...                     Le vélo nous apprend beaucoup de choses sur nos représentations, sur nous-mêmes. Quand il se laisse aller aux confidences... ou non, surtout si on est un familier de ce morceau de ferraille ( ou de carbone) monté sur roues, reposant toujours sur les mêmes principes de base, malgré les variantes et quelques mutations.

 

    Sur l'histoire récente aussi.
Depuis le fin de XIX° siècle, les Français ont entretenu une relation particulière avec la petite reine.
  Il s'est intégré peu à peu dans leur vie de loisirs, de travail, de luttes aussi (pendant la guerre, le vélo avait une valeur militante, combattante...), d'émancipation des femmes.

" Depuis sa naissance à Paris, le vélo a parcouru toutes les évolutions de notre pays, jusqu’à devenir aujourd'hui le porte-drapeau de l’écologie. Le vélo, la bicyclette, le biclou, c'est l'histoire d'un mythe populaire, nourri par nos souvenirs personnels et par des luttes politiques et sociales...le vélo est un symbole qui incarne des évolutions économiques, environnementales et politiques, pour nos arrières grands-parents comme pour nos enfants. Le vélo n’est pas un véhicule comme les autres : véritable prolongement de notre corps, il nous rend sensibles aux autres et à l’environnement."
    Elle est devenue reine... Une histoire bien française.
Sa préhistoire remonte à 1817: du vélocipède à la bicyclette
 Peugeot a très tôt imposé son hégémonie dans le PVF (Paysage vélocipédique français)   En Arabie saoudite...Il sera permis aux femmes d'avoir un permis. Après le vélo, on progresse. En Arabie Saoudite, les femmesprennent le pouvoir_. sont aussi autorisées enfin à voter pour la premiere fois. Mais attention, seulement aux municipales... C'est toujours ça, après le vélo à petite dose...et le fouet pour les stimuler.  Quelques libertés se mettent en place peu à peu, sous la pression et la nécessité d'un avenir plus problématique.
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Varia

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Abstention

__Gâchis

__ Impasse

__ Crispation

__ Top secret

__ Convoitise

__ Apolitique?

__ Coucou gris

__ Dette italienne

__Nouvelle menace

__ L'ambigü Arnaud

__ Haute tension                           

        __ Après Tchernobyl

                           Déjà 40 ans...

         Rétention d'informations.                                      Responsalités

__ Impasse stratégique

__ Tourmente sarkozyenne

                                _____ Une paix israëlo-libanaise?_____

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Vers une décroissance touristique?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

L'aventure touristique en voie de décin?                                                                                                                  On aura beau dire, comme Jean Mistler "Le tourisme est l'industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux", on n'échappe pas au fait de la pulsion de l'évasion, du tropisme de l'ailleurs, du plaisir de la découverte de nouveaux lieux aussi. Mais avec le temps et la hausse du niveau de vie, cette fringale de nouveauté est devenue bien souvent l'effet d'un conditionnement marchand, parfois d'un impératif moutonnier, qui tend à concentrer de plus en plus de personnes dans les mêmes endroits dits 'incontournables". Le voyageurisme, encouragé par la baisse des coûts des transports et du développement de l'industrie touristique est vite et trop souvent devenu une fin en soi, à tel point qu'il faudrait réinventer le sens du voyage, de l'étonnement, de la découverte de manière plus créative, moins moutonnière. Certains lieux, certains pays et villes soufrent d'un excès de fréquentations (Cancun, Machu Pichu, Annecy, Barcelone, Bréhat...) au point qu'il fallu parfois contingenter la fréquentation. L'Espagne et la Grèce souffrent parfois de surpopulation locale donc  de sous-hydratation critique, de hausse des prix de l'habitat au détriment des autochtones. Au point d'engendrer des réactions négatives de leur part. On atteint parfois des limites. Comme ici. Malgré le charme et le plaisir...   Même si la notion de surtourisme peut parfois être un concept ambigu.

             D'exceptionnel qu'il était, le voyage est passé dans le registre des biens de consommation ordinaires, pour une masse de plus grande de personnes de tous continents.
      Il s'est généralisé, banalisé. low-costé. Partir n'est plus partir.

  Il est devenu un produit d' appel, certains pays jouant sur le tourisme  pour gonfler leur PIB. Pas toujours avec discernement.
   Au risque de réduire le tourisme à des déplacements de foules grégaires qui ne voient rien ou presque, qui ne retiendront que quelques pixels embarqués ou quelques selfies, pour témoigner qu'"on y était".
   Voyage nomalisé, voyages-spectacle, voyage banalisé, vite oublié, avant de préparer le suivant sur catalogue au papier glacé.
    Le low-cost et la guerre des voyagistes  a encouragé la tendance, comme le fast food a banalisé et dénaturé la nourriture. Tant qu'il y aura du pétrole....
     Le voyage de découvertes, lent, peu programmé, dans des lieux non courus, qui laissent des traces indélébiles, est devenu de plus en plus rare .
     Faire l'éloge du dépaysement vrai, de la découverte authentique, des rencontres non programmées est devenu de moins en moins fréquent. Ce dépaysement qui change en profondeur l'intériorité et renouvelle le regard.
      Un peu de tourisme, ça va....Mais on semble avoir dépassé le seuil de la déraison touristique.
          Mais les déferlantes touristiques dans les mêmes lieux en même temps vont tuer le tourisme.
 Et les incidences de ce phénomènes sur le milieu, urbain et/ou naturel, commencent à poser bien des problèmes, même au Machu Pichu, où l'on parle de contingenter la fréquentation, dans certains villes où le problème de l'eau devient crucial, dans d'autres, où l'hyper-fréquentation, festive ou non, perturbe fortement la vie locale, modifie le prix du foncier, entraîne indirectement  l' "exode" de populations, comme à Barcelone , à Venise ou à Dubrovnik. A  Amsterdam, c'est les "festivités" nocturnes qui gâchent tout.
   Si, dans une certaine mesure, il peut être bénéfique économiquement, comme en Tunisie, il peut aussi se révéler catastrophique très rapidement. Les cohortes de visiteurs pressés sortis en rang des bateaux de croisière, sans discontinuer les jours d'été, auront-elles raison des plus beaux sites de Santorin, dont les rues principales sont investies à prix d'or par les marchands de produits de luxe?...
       Il faut réapprendre à voyager, non comme hier, mais selon des formules à réinventer.
   Retrouver le plaisir durable et profond de la découverte, loin de la saturation des tours-operators vendeurs de produits finis, où la surprise doit être bannie, où le confort doit être assuré, où l'on achète d'abord "un prix". Low cost, low plaisir...
   Le Routard ne fait même plus rêver.
        Comment retrouver, à contre-sens des tendances frénétiquement consommatrices, le sens du voyage rare et de qualité. 
  Il ne s'agit plus de suivre les injonctions du voyager pas cher, mais de retrouver le sens de l'étonnement et de la découverte. Avec désir et lenteur. Parcimonieusement.
    Des voyages qui forment à la vie et ouvrent à soi-même, comme disait le vieux Montaigne qui a parcouru une partie de l'Europe... à cheval.              _________________________

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Chine: le piège industriel?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Quand la Chine s'est vraiment réveillée    

            La situation économique chinoise est aujourd'hui bien au-delà des anticipations visionnaires de Peyrefitte. Le réveil est douloureux pour l'Europe, notamment,, après des années d'inconscience et de naïvetés. Pas seulement dans le domaine des voitures. Le temps est loin où l'empire chinois s'arrêta, humilié par les puissances occidentales, qui a fait oublier son épanouissement ancien.   


                                            "...En quelques décennies, la Chine est passée d’atelier du monde à rival technologique majeur pour les Européens. Ces derniers, qui imaginaient profiter de son vaste marché intérieur, ont sous-estimé la capacité d’innovation du pays.   Le 9 février, le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan sonne l’alerte : le « rouleau compresseur » chinois, dit-il, est en train d’écraser l’industrie européenne, notamment française et allemande. Dans son rapport, l’organisme public rattaché à Matignon décrit une puissance chinoise qui, en quelques années, est parvenue à dépasser la plupart des poids lourds industriels occidentaux.   Pékin ne concurrence plus seulement les industries traditionnelles à forte main-d’œuvre comme par le passé (textile, biens de consommation bas de gamme, etc.) : la deuxième puissance économique mondiale, derrière les Etats-Unis, s’impose désormais dans les secteurs d’innovation et les productions à haute valeur ajoutée comme l’intelligence artificielle, la transition énergétique ou la défense. « Tous les secteurs industriels soulignent un rattrapage, voire un dépassement technologique rapide, y compris dans des domaines historiquement dominés par l’Europe (chimie, robotique, nucléaire, machines-outils) », explique le rapport coécrit par Thomas Grjebine, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales.               En quelques décennies, nous sommes donc passés du « fabriqué en Chine » au « inventé en Chine ». Et les marques chinoises sont devenues de nouveaux standards mondiaux dans les voitures électriques (BYD, Geely) mais aussi dans les smartphones (Huawei) ou le commerce en ligne (Alibaba, Shein, Temu). Dans la plupart des secteurs, les écarts de coûts de production entre le géant asiatique et les pays européens sont sans appel, « en moyenne compris entre 30 % et 40 %, et [ils peuvent] dépasser 60 % dans certains segments », précise le Haut-Commissariat.       Impossible de rivaliser : « Ni la montée en gamme, ni les gains de productivité, ni les ajustements organisationnels ne peuvent compenser durablement de tels écarts », indique encore le rapport. Pas d’autre choix donc, selon ces experts, que de « changer de logiciel » pour l’Union européenne attachée au libre-échange, et de mettre en place, à l’instar de l’Amérique trumpiste, « l’équivalent d’un droit de douane généralisé de l’ordre de 30 % » contre les exportations chinoises, tous secteurs confondus. Une solution jusqu’au-boutiste qui ne fait pas l’unanimité parmi les gouvernements européens même si la plupart, comme les acteurs industriels, partagent l’inquiétude et le diagnostic.."                                                                                La préférence européenne sera-t-elle la riposte? On peut penser que si elle s'organise efficacement, en sortant des voeux pieux, elle mettra du temps à sortir du domaine des mots ou des injonctions, faute de cohérence. La Chine n'est plus une partenaire, mais une rivale. Elle s'impose de plus en plus comme incontournable. A Bruxelles, le ton se fait de plus en plus grave, ce qui agace Pékin, qui sait cependant que le temps joue pour elle.    Jusqu'à quand?..."Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel", comme dit un proverbe chinois.      _________

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Dans le même bateau

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Déclin silencieux. _Bientôt plus d'insectes?

                              Qui s'en soucie vraiment? Et pourtant, l'effacement discret mais rapide de nombreuses espèces d'insectes autour de nous devrait nous inquiéter. Ce n'est pas seulement le déclin des pollinisateurs qui pose problème. "...Les chiffres sont sans appel  les populations d’insectes ont diminué de 70 à 80 % dans les paysages européens mixtes agro-industriels, comme le montrent de nombreuses études menées durant ces dix dernières années. Pourtant, malgré les signalements de la communauté scientifique, le déclin des insectes est encore négligé voire douté dans la société. Force est de constater que les insectes ne suscitent pas le même intérêt que les grands mammifères ou les arbres. Trop souvent perçus comme indésirables, les insectes sont rarement la cible d’actions de préservation. Mis à part l’abeille domestique prisée pour son miel, on méconnaît le rôle essentiel des insectes qui sont pourtant des maillons clés de la bonne santé des écosystèmes. On méconnaît aussi la diversité de  cette grande famille apparue il y a 400 millions d’années et qui représente 80% des espèces animales. Nous pensons surtout aux espèces jugées nuisibles, que nous trouvons toujours trop abondantes dans notre environnement..."

 

 

 

 


_____ On n'en parle pas assez...Jusqu'au jour où...on n'en parlera plus.
          Ce ne sont pas les insectes qui sont une menace, mais leur disparition rapide, trop rapide.
    Même si certains sont considérés, parfois à tort, comme  véhicules de maladies ou de désagrément.
 Certains disent: il faut en finir avec les insectes. Enfin ceux qui restent.... Ces bestioles qui piquent, qui grignotent, qui puent, qui grimpent...les cafards et autres nuisibles.
    Nous ne les voyons trop souvent, sauf exception, comme inutiles ou dangereux.
 Même si leurs fonctions ne sont pas toujours claires, nous les connaissons mal. La plupart ont un rôle positif dans la biodiversité.


   Notre rapport aux insectes, dont nous ne comprenons pas souvent la fonction ou l'utilité est le plus souvent à revoir. 
   Il n'y a pas que les "gentilles" abeilles...ou la commune fourmi.
 En tous cas la plupart des espèces disparaissent à grande vitesse pour des raisons aujourd'hui mieux connues
  Les conséquences sont redoutables et le seront de plus en plus.

          Le déclin alarmant des insectes dans le monde, mis en évidence par plusieurs études récentes, a trouvé un écho considérable dans les médias et suscité l’émotion du public. Mais les espèces d’insectes généralement choisies pour illustrer cette extinction de masse sont principalement « esthétiques » (libellules, papillons, etc.) ou d’utilité reconnue (pollinisateurs ou coccinelles par exemple).  Bref, des espèces qui disposent d’un fort capital de sympathie, et qui restent à leur place, c’est-à-dire dehors : nous sommes prêts à leur offrir l’hôtel, mais dans le jardin, pas à la maison.  Cette prise de conscience de l’insecte comme ayant droit de la biodiversité ne s’accompagne pas d’un changement de son statut. Le moins que l’on puisse dire est que notre perception des « arthropodes » – très grand groupe qui contient notamment les insectes, les araignées, les scorpions et les scolopendres – est ambiguë.
  Les campagnes de sensibilisation arrivent bien tard. Les alertes ne manquent pas, qui font le lien avec la raréfaction de oiseaux, en mal de nourriture.
  La culture intensive et ses produits phyto-sanitaires avec l'appauvrissement des sols qui l'accompagne est évidemment montrée du doigt.
            "...Quelque 86 % de papillons monarques en moins en Californie et 76 % d'insectes volants en moins au cours des trois décennies écoulées en Allemagne. Des abeilles en difficulté. Depuis quelques années, les observations scientifiques pouvaient laisser craindre le pire. Aujourd'hui, un rapport confirme le déclin généralisé des populations d'insectes à travers le monde. Selon ces chercheurs qui ont compilé 73 études menées sur 40 ans, plus de 40 % des espèces d'insectes sont en déclin dans le monde et un tiers des espèces sont en voie de disparition« Cela se passe à une vitesse incroyable. Dans 100 ans, tous les insectes pourraient avoir disparu de la surface de notre planète, s'inquiète Francisco Sanchez-Bayo, biologiste à l'université de Sydney (Australie). Si ce déclin ne peut pas être enrayé, cela aura des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes de la planète et pour la survie de l'humanité. »    Car les insectes, s'ils ont toujours un peu mauvaise presse, apparaissent pourtant indispensables à la pollinisation des plantes. Ils savent aussi recycler les nutriments. Et ils servent de nourriture de base à un certain nombre d'autres animaux comme les oiseaux, les reptiles, les amphibiens ou encore les poissons..."
  Une espèce sur huit est directement menacée...
               Nous ne le savons pas assez: nous sommes tous dans le même bateau...___________________________
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Orchestrer le silence

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Retour sur Tchernobyl

       Quarante ans après...                                                                                                                                         C'est une tragédie sans fin. Non loin de l'ancienne centrale, la cité, dégradée reste sous surveillance: "...cette ville, dont les habitants étaient si fiers, ne sera plus jamais habitable : Pripiat a été irradiée au plutonium, dont les différents isotopes mettront entre 24 000 ans et des millions d’années à se désintégrer. Lors de votre visite, on vous recommande de ne marcher que sur l’asphalte, d’éviter l’herbe, de ne pas fumer, de ne pas manger ni boire afin de ne pas aspirer de « particule chaude » — un grain de poussière porteur d’un isotope de plutonium qui, ingéré, créera un foyer radioactif dans vos poumons.... la récente publication des archives du KGB ukrainien, chargé du contrôle de la centrale nucléaire, est d’un intérêt particulier.... la récente publication des archives du KGB ukrainien, chargé du contrôle de la centrale nucléaire, est d’un intérêt particulier....Édités par l’Institut ukrainien de la mémoire, ces documents couvrent vingt-cinq ans de surveillance de la centrale de Tchernobyl et de la ville nouvelle de Pripiat, qui abritait le personnel de la centrale et celui des chantiers de construction. Ils portent sur la période allant des premiers travaux dans les années 1970 jusqu’à l’effondrement de l’Union soviétique, et contiennent un nombre très important de documents relatifs aux deux années qui ont suivi l’accident..."                                                                                                                Une responsabilité encore largement insaisissable   . Les écosystèmes, devenus objets d'observation, évoluent de manière très variable, parfois paradoxale . La rétention d'informations s'exerce toujours . Les mémoires semblent être atomisées      


  "..Du point de vue purement technique, les causes de l’accident sont assez bien connues : il y a eu des défauts de construction, il y a eu des erreurs des opérateurs, la culture du secret, et le contexte social, politique et économique de l’Union soviétique. Mais concernant l’impact sur l’environnement et surtout sur la santé publique, il ne peut pas y avoir de réponses sûres parce qu’il aurait fallu faire dès le début des recherches d’une grande envergure et extrêmement coûteuses... "    ___________ 

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