Overblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

L'école, encore une priorité nationale?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

L'école, encore une priorité nationale?                                                                                                                                                             Une question qu'on peut se poser. Même si on n'est pas académicien. Même si on pourrait se poser la question plus modeste: où est passé le niveau, le simple niveau attendu, acceptable, notamment dans sa propre langue, sa maîtrise normale, ainsi que celle de la culture générale ? On ne peut demander à tous les élèves d'être "excellents", cela va de soi, même si cette notion est toujours  relative, dépendante pour une part des critères d'appréciation et du niveau d'exigences, implicitement ou explicitement demandé, dans un domaine donné, à un moment donné. Avec le développement de la scolarisation prolongée et généralisée, les exigences demandées ("80% au bac"), on aurait pu s'attendre à une montée du niveau, en ce qui concerne les matières de base, notamment. Or, c'est la déconvenue. C'est peu de dire que le niveau monte, comme on se plaisait à le dire il y a encore une décennie. Certains jettent l'éponge. Il y a peu d'enseignants qui ne se plaignent de la chute des performances, parfois spectaculaires, notamment dans la matière de base, qui conditionne tant d'autres: la langue maternelle. Même  en université. Même au niveau des nouveaux professeurs recrutés à la hâte, pour pallier un manque d'attractivité du métier. On n'en est plus à s'interroger sur l'utilité du point-virgule ou sur la pertinence de l'accent circonflexe. S'il n'y avait que l'orthographe!... Le bateau coule...Il n'y a pas qu'une question de pédagogie. Il n'y a pas de mystère, même si les causes sont pas toutes l'effet d'un système en crise, pourtant toujours en réforme...Ce n'est pas l'intelligence artificielle qui le sauvera, pas plus que les neuro-sciences.. La réduction du temps scolaire n'est pas une cause à écarter.  Le français, qui vient de loin, tel qu'il s'est constitué, n'est pas tombé du ciel et il continue à se modifier lentement.

                        Le niveau monte...dans la contre-performance.
     Ce n'est pas seulement l'école qui va mal, c'est la culture qu'elle est censée diffuser qui pose problème.  Aux dire de ceux qui sont en première ligne, comme de ceux qui constatent en aval les effets d'un système qui ne remplit plus sa mission.
    Un immense défi et une immense faillite, dont les causes sont multiples et ont déjà été analysées. En vain. Le savoir est en péril, les exigences se réduisent. les effets sont parfois stupéfiants.
                  L'école va mal. Tout le monde le déplore. Peu proposent des solutions. Les réformes se suivent et se ressemblent...La dernière en cours renforce ces tendances sous son aspect de "modernité" et  laisse peu d'espoirs à un possible renouveau.
   La culture générale se réduit de plus en plus et les apprentissages deviennent de plus en plus empiriques et minimalistes.

 Le ministre ne consent à revoir la copie que sur des détails techniques.
   La lecture n'est plus une priorité; on se contente de bases communicationnelles
 Ce n'est pas le recours aux problématiques neurosciences qui fera des miracles.
Certains constats d'acteurs du terrain devraient alarmer (*)
  ___L'école est devenue un grand corps malade.
              Comment la reconstruire?
   (*)     Point de vue:      ____           C'est le cri d'un révolté. Professeur de philosophie en lycée et membre du Conseil supérieur de l'éducation (CSE), René Chiche publie un ouvrage où son attachement à l'institution scolaire se mêle à une rage sourde face à son état de ruine. Dans "La désinstruction nationale" (éditions Ovadia), cet homme engagé déplore que le niveau de ses élèves soit désormais proche du néant. La faute à l'empilement des réformes, aux pressions de la hiérarchie, à la dégradation des programmes ou encore à la fragilisation des Humanités, entre autres. Entretien;

             Ce qui a déclenché mon envie d'écrire, c'est tout d'abord le niveau inacceptable atteint par mes élèves. En classe, j'ai face à moi des élèves qui sont le produit de l'école : ils ont passé 15 ans en salle de classe et se retrouvent pourtant dans un état dramatique de quasi-illettrisme. Et cela, je ne peux plus le supporter. L'autre raison profonde, c'est que beaucoup de choses ont été écrites sur l'école, mais de manière souvent trop dogmatique. Avec un seul but : descendre des ennemis politiques ou décrédibiliser des positions opposées. Ce que j'ai voulu faire, au contraire, c'est écrire un livre pour le grand public, pour la société toute entière, en proposant une place de choix au sujet lui-même : l'école. Parce que nous sommes tous responsables de son état actuel. Surtout, derrière ce sujet, il y a la question de la République. Parce que c'est à l'école que tout commence, c'est la mère de toutes les batailles. Qu'elle n'instruise plus ne peut amener que de graves déconvenues pour toute notre société.
  Les copies de philosophie que vous corrigez sont en majorité, dites-vous, d’une "extrême-pauvreté". À tel point que vous parlez du français comme d’une "langue étrangère" pour certains. À qui la faute ?
    Il y a des causes qui sont très connues, comme par exemple la diminution du nombre d'heures de français et de philosophie, les modifications successives dans les programmes... Mais il y a quelque chose de plus fondamental derrière cette situation : le triomphe des Sciences humaines sur les Humanités. L'usage de langue, c'est l'instrument de la connaissance et de la pensée. Or, cet instrument ne peut s'acquérir comme tel que par la lecture de classiques, de grands auteurs. Pendant les années 70, l'université a commencé un processus de destruction de cet héritage pour promouvoir l'étude d'auteurs comme le psychanalyste Jacques Lacan, par exemple. Résultat : les professeurs, une fois en classe, ont ensuite développé une capacité à déployer un discours complètement artificiel sur des auteurs classiques qu'ils n'ont jamais lu. N'ayant que peu intégré cette culture classique, ils n'ont d'autre choix, devant les élèves, que de proposer autre chose. Ce sont les conséquences de ce mouvement que mon témoignage veut illustrer

  Vous dites craindre des conséquences sur ce que vous appelez "la conscience des électeurs". Pourquoi ? Avez-vous pu constater, en classe, des signes avant-coureurs ?
  Bien sûr. Il se trouve que j'enseigne dans un lycée moyen, je sais donc qu'il y a pire. Et généralement, quand on parle de l'école, on parle du pire. Mais le pire n'est pas forcément représentatif. Ce qui est plus intéressant, c'est de regarder la moyenne en face. Je crois que mes classes sont représentatives de cette "moyenne". Je dois l'avouer, mes élèves sont très gentils... Mais ils ne savent, en général, rien. C'est-à-dire qu'ils ont été portés, pendant toute leur scolarité, dans un système qui ne leur a pratiquement rien donné, rien transmis. Ils sont donc une matière première idéale pour tout type de manipulations. Je ne dis pas que tout cela a été fait pour en arriver là, mais c'est un effet que je constate. Il suffit de lancer n'importe quel sujet pour observer qu'ils n'ont aucune distance critique.
    Vous rapportez d'ailleurs un événement au lendemain de l'attaque de Charlie Hebdo où une élève refuse d'effectuer une minute de silence en citant un texte religieux qu'elle a trouvé sur un obscur site Internet…
   C'est presque un autre sujet qui est celui de la lecture. Où est-ce qu'on apprend la langue ? On l'apprend auprès de ceux qui ont porté un haut niveau de l'expression : les auteurs. Mais aussi par le dialogue, l'échange... Quand on zappe toutes ces cases, on n'a plus aucun repère. N'importe quel discours devient la référence absolue. Le fanatisme, sous sa forme religieuse ou sous sa forme politique, naît ainsi. Le cas de cet élève symbolise parfaitement cela. Il y a quelque chose de très grave : Internet, par Wikipédia notamment, a donné l'illusion que le savoir pouvait se dispenser de la lecture. Comme si savoir une chose pouvait se résumer au fait d'en avoir vaguement entendu parler. L'école, finalement, au lieu de faire ce qu'elle a toujours fait, c'est-à-dire former l'esprit, se cantonne désormais à donner des informations partielles en disant qu'il s'agit là de "savoirs". Mais ce n'est pas du savoir, ça ne forme pas l'intelligence ! Ce qui forme l'intelligence, ce sont des exercices comme la dissertation par exemple. Or, aujourd'hui, on constate que de plus en plus d'élèves arrivent en Terminale sans en avoir fait une seule de toute leur scolarité. Il n'est donc pas étonnant qu'ensuite, quand on leur demande d'exprimer, ils ne savent pas le faire. Et ça donne les copies que je lis... L'école ne forme plus à penser, alors les élèves se contentent de croire.
     Dans ce cas, l'école est-elle encore, comme vous l'appelez, "l'institution laïque par excellence" ?
   Ce qui est certain, c'est qu'elle ne remplit plus son rôle. Plus inquiétant encore, on a l'impression que l'école ne sait plus très bien quel est son rôle, sa fonction... Tout ceux qui ont la responsabilité de l'école, les ministres et les hauts fonctionnaires de l'institution, n'osent plus prononcer le mot "instruction". Pourquoi je parle de la "désinstruction" ? Parce qu'aujourd'hui, c'est un mot tabou. Si vous prêtez l'oreille au discours de ceux qui représentent l'institution, ils n'ont qu'un seul mot à la bouche : la "réussite". Bien sûr, tout le monde veut la réussite. Mais la réussite de nos élèves ne doit pas se faire à n'importe quel prix. Le problème c'est que, quand on fait de la réussite un but, tous les moyens sont bons pour y arriver. Et les moyens les plus courts sont les meilleurs, notamment en bradant les diplômes.
    Vous visez notamment les fameux "pédagogistes" et leurs "petits soldats de la désinstruction chargés d’exterminer les Hussards noirs d’antan". Vous dites que la "désinstruction constitue" pour eux "une rente de situation". Qu’entendez-vous par là ?
    Il y a des gens, qu'on appelle les "pédagogistes", même si cette expression me gêne parce que la vraie pédagogie se moque de la pédagogie, qui sont en quelques sortes des bonimenteurs. Car au lieu de faire, ils parlent sur ce qu'il faut faire. Ils font des thèses avant de faire carrière. Le plus connu c'est bien sûr Philippe Meirieu. Ou encore, aujourd'hui, Laurence de Cock, très active sur les réseaux sociaux. Son cas est révélateur. Elle a passé son Capes d'Histoire et Géographie, s'est intéressée aux Sciences de l'éducation, a passé une thèse, est devenue chargée de cours à l'université, grâce à cette position elle publie des livres et a fini par être un des principaux soutiens aux différentes réformes de Najat Vallaud-Belkacem, sous le mandat de François Hollande. Ces gens-là ne sont nuisibles que lorsque la gauche est au pouvoir parce qu'elle leur donne un poids exagérée dans l'institution. Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est le terrain. Or, eux, ne s'y intéressent pas, ils ignorent la situation que je relate et que tous les enseignants constatent, tout comme les causes de cette situation. Le résultat est prévisible : les professeurs se résignent, se découragent.
  Quelle est la clé du problème, selon vous ?
   Le salut peut venir de plusieurs choses à la fois, il n'y a pas une seule solution miracle. Il y a une frange de l'opinion qui est ce que j'appellerais les "parents réels", qui tranche avec les "parents professionnels" qui eux font de la politique et sont dans le refus systématique. Dans cette première catégorie, il y a ceux qui veulent que leurs enfants réussissent, bien évidemment et qui ont encore du respect pour une profession qui elle-même ne se respecte plus. Il faut se reposer sur cette base pour faire que les professeurs redeviennent des hussards qui n'attendent pas uniquement que le ministre les respecte, les considère. Le respect, on ne le réclame pas. On se respecte soi-même pour redevenir respectable. Il faut reconstruire un corps professoral qui n'a été que trop abîmé. Aujourd'hui, les professeurs rasent les murs, sont sans cesse en train de s'excuser, craignent la pression de la hiérarchie... Ils n'osent pas affirmer ce qu'ils sont ni leur autorité. Les injonctions de la hiérarchie sont malheureusement un frein. Parce que si vous n'avez pas les épaules, aujourd'hui, vous finissez par faire comme tout le monde : donner des notes auxquelles vous ne croyez pas, dire aux élèves qu'ils ont réussi alors qu'ils vont se casser la figure dans le Supérieur...

 

                                                       _______________________

Partager cet article
Repost0

Publicité

Violences américaines

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Des racines si profondes...

                             Le contexte d'extrême violence politique et de peur régnant actuellement sur les USA, surtout depuis l'inquiétant assaut du Capitole, interroge. depuis l'investiture de Demolition Man, ignorant toutes règles de droit, confondant intérêts publics et privés, privilégiant les  rapports de force en interne et en externe, ne cesse d'interroger. Après crainte et tremblements, la stupeur est toujours bien présente devant le début de ce capitalisme de malfrats. Dans ce contexte et en parallèle s'installe, comme c'était à craindre, un cycle de violence, dont il y a lieu de s'inquiéter. Les mythes du rêve américain et de la destinée manifeste semble bien fondre comme neige au soleil. Comme si une vocation spécifique au bonheur collectif, à l'exemple international , à l'idéal pour tous, depuis les premiers colons et renforcée constamment par la suite avait un quelconque, quand on connaît seulement la longue série des guerres américaines. La violence est constitutive même de l'acte de naissance du pays.                        Sans parler des diverses formes de la violence interne passées et présentes, dans le pays le plus armés au monde, conformément au deuxième amendement. Presque une religion.  L'histoire n'explique pas tout. Le pays est certes né dans la brutalité. Avec les effets que l'on connaît, d'une triste banalité répétitive, faisant le bonheur d'un lobby florissant et influent.   Un phénomène culturel et historique, certes, mais tellement intériorisé qu'il en est devenu une sorte de fatalité, malgré des prises de consciences et des réactions sans grands effets.                                                                             Le pays est malade de la violence et déchiré comme jamais.

             "Dommage qu'il l''ai raté", disent certains, tandis que d'autres crient au miracle. Ce qui est clair pour l'instant est que cette tentative d'attentat va à coup sûr créer les conditions favorables d'une possible réélection de celui qui a tant fait pour échapper aux mailles d'une justice défaillante. Dans certaines chancelleries, on s'en réjouit secrètement, de Budapest à Moscou, en passant par Jérusalem.. Depuis Lincoln, en passant par Kennedy, la liste est longue des présidents victimes d'attentats, réussis ou non.                                 __ Pas étonnant, quand on considère le nombre d'armes détenues en toute légalité aux USA et la puissance des lobbies, comme la NRA. La question principale, mais taboue est: comment amender le deuxième amendement 

                                                 Plus d'un citoyen lucide aux USA s'interroge et s'inquiète: jamais les armes de toutes sortes n'ont été aussi nombreuses sur le sol du pays. Même des armes de guerre. Et ce ne sont pas des objets de musée ou de collection. La longue tradition qui a enraciné le pays dans la conquête d'espaces toujours plus étendus, où le fusil faisait souvent la loi, a marqué les esprits, a engendré une tradition. La violence initiale se poursuit en violences épisodiques que beaucoup déplorent mais qu'aucune loi ne vient changer, ou si peu. Les ventes d'armes explosent aux USA, surtout depuis l'épisode Trump. Ce n'est plus de l'autodéfense, c'est du surarmement, incité par la toute puissante NRA. Même les enfants sont sollicités dans cette course folle, dans le contexte de quasi-guerre civile armée que déplorent les observateurs actuellement. Les massacres, les tueries de masse ont beau se succéder, rien n'y fait. Obama e d'autres ont eu quelques velléités de légiférer sur ce point, mais rien n'y a fait.              Avec une hausse spectaculaire des homicides, même la police s'inquiète de cette escalade sans fin. "...Il y a encore eu une hausse de 24 % des homicides au premier trimestre 2021 par rapport aux trois premiers mois de 2020, selon une étude du Council on criminal justice (CCJ) portant sur 34 des plus grandes villes du pays. « Cette hausse, supérieure à la normale saisonnière, est extrêmement troublante », soulignent ses auteurs...." Depuis plus d'une dizaine d'années, c'est la surenchère et l'extension des tueries de masse. Une croissance folle.                                                                                         D'amie intime, l'arme individuelle est devenue l'ennemie intime.

 

                                  Aux USA, la barbarie est en progrès.  Les mouvement anti-armes militent pourtant comme ils peuvent contre cette folie qui ne tarit pas, mais a même tendance à s'aggraver ces dernières années, en quantité et en qualité; les engins automatiques envahissent maintenant les marchés et les armureries. Obama a tenté une réforme pour modifier ce droit, dont l'application  dépasse la simple raison. En vain. Il a dû céder devant la force des lobbies. Même résolution du côté de Joe Biden, qui a déjà réduit ses objectifs et est en train de baisser les armes. Les ventes repartent à la hausse . La bible et le fusil, c'est comme la prunelle de leurs yeux. Le contrôle est en perte de vitesse, malgré la montée des tueries de masse dans les écoles e dans l'espace public. Jamais sans mon fligue: telle est la devise dans la plupart de Etats. Les lobbies sont si puissants politiquement. La NRA se distingue particulièrement et sait inlluencer les élections, généreuses avec ceux qui soutiennent son influence.                                                   ___________"...En ces temps de réouverture de l’économie après un an de pandémie, beaucoup d’Américains réfléchissent à la tenue qu’ils vont porter pour sortir après avoir passé l’année chez eux en pyjama et en jogging. Certains ont un accessoire singulier en tête : une arme de poing. Plusieurs États du pays ont en effet décidé d’essayer de rendre plus facile pour leurs habitants de porter une arme dans l’espace public sans qu’ils aient à demander un permis, se soumettre à une vérification de leurs antécédents ou suivre une formation au tir.  La mode du port d’armes sans permis est en plein boum. Depuis février, cinq États ont adopté de nouvelles lois ou assoupli les anciennes. Certains, comme l’Utah, où le port d’armes sans permis est entré en vigueur le 5 mai, exigent qu’elles soient dissimulées (par exemple dans un étui sous une veste). D’autres, comme le Tennessee, permettront aux gens de porter leur revolver bien en vue. Cinq autres États, dont la Louisiane et la Caroline du Sud, envisagent d’approuver également le port d’armes sans permis, ainsi que le Texas, où le Parti républicain s’est donné pour priorité de faire passer une loi en ce sens.     Il y a vingt ans, seul le Vermont autorisait le port d’une arme de poing sans permis. D’ici la fin de l’année, au moins 20 États le feront. Les nouvelles lois font sauter tous les garde-fous. Aujourd’hui, pour porter une arme de poing de façon dissimulée au Texas, il faut demander un permis qui inclut une vérification des antécédents, la prise d’empreintes digitales, une formation, un examen écrit et une épreuve de tir. Si elles sont approuvées, les nouvelles lois feront disparaître toutes ces conditions....

 

           De fait, de plus en plus d’États vont vers davantage de laxisme dans une période où les fusillades de masse et les crimes violents sont en hausse et alors que les ventes d’armes à feu atteignent des niveaux record. En 2020, les vérifications des antécédents des acquéreurs d’arme ont atteint le nombre de 39,7 millions, du jamais-vu. Lors du dernier trimestre de l’exercice 2019-2020, le fabricant Smith & Wesson a enregistré deux fois plus de ventes (et trois fois plus de bénéfices) que l’année précédente...."                                                                                            ________Les causes sont anciennes et profondes:   "...Si le droit aux armes est bien un droit individuel, l’arme elle-même est au moins autant un lien social qu’un instrument d’individualisation. Les armes, tout comme l’art de les manier, se transmettent de génération en génération. Comme le note fort justement Robert Spitzer, l’acquisition d’une certaine habileté au tir est une marque de maturité et peut à bien des égards être considérée comme un « rite de passage » du monde des enfants à celui des adultes (8-9). C’est ainsi que « ceux qui sont les plus susceptibles d’embrasser et de perpétuer la tradition des armes sont socialisés tôt dans leur vie par d’autres membres de la famille à travers la possession et la pratique des armes » . De plus, pour l’« Américain honnête », le fait de posséder et de porter une arme peut être ressenti comme un engagement vis-à-vis de la communauté, comme une manière d’exercer sa responsabilité de citoyen...."                                                                                           ___       “Le prix de la liberté c’est la vigilance éternelle." (T. Jefferson)                _______________________
Partager cet article
Repost0

Précarité énergétique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Et pourtant, elle existe... (bis repetita)

       Certains se demandent même s'ils pourront encore se chauffer en 2023... Elle existe bien, même si elle est invisible à nos yeux, en période hivernale "normale" déjà, sous nos latitudes. Se chauffer correctement par grand froid fait partie des nécessités, qui touchent plus de monde que l'on croit, que nous finissons pas oublier, quand nous sommes en capacité de faire le plein d'énergie et d'avoir des murs correctement isolés. L'hiver qui vient risque d'être redoutable pour ceux qui sont touchés de plein fouet pas des hausses inouïes des matières premières énergétiques, même un peu compensées. On se souvient des grands froids de 1954 et des appels d'un certain abbé Pierre pointant du doigt certaines conditions d'habitat de l'époque et la détresse thermique.                                                                                                                                                      Il y a à ce niveau des inégalités profondes mais invisibles. "... les ménages les plus aisés, qui vivent souvent dans des maisons individuelles récentes et qui peuvent ajuster leur température de chauffage, ont tendance à consommer plus que ce que leur diagnostic de performance énergétique indique, comme nous l’avons relevé dans un article de recherche publié en 2021.   En approfondissant cette relation entre niveau de revenu et poids de la consommation énergétique (en se basant sur des données françaises récentes récoltées dans le cadre du projet de recherche PEPSI), nous obtenons que ceux qui déclarent préférer le confort thermique plutôt que de réaliser des économies d’énergie gagnent 7 965 euros de plus par an que la moyenne des ménages...."                      

 ____Il est des formes de pauvreté qui se voient, d'autres qui se font plus discrètes, d'autres qui passent inaperçues, même en milieu urbain. Le manque de ressources ou de revenus suffisants n'est qu'un aspect des nouvelles formes de pauvreté. Le fait de travailler, souvent à temps partiel ou de manière discontinue peut coexister avec une forme de précarité .Les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux.
Nos sociétés s'installent dans une sorte de précarité généralisée, qui peut affecter un jour tout un chacun et cette précarité s'exprime sous diverses formes.
___En cette période hivernale, elle se manifeste par la précarité énergétique "qui relève d'une difficulté à accéder techniquement pour son logement à des sources d'énergie outre le fait d'avoir des difficultés à les payer."
Se chauffer devient un luxe pour un nombre croissant de personnes et de familles, d'autant plus que l'on assiste à une hausse constante du prix de l'énergie.
On estime que le manque de chauffage, l'inconfort qu'il génère, les maladies qu'il peut engendrer, affectent environ 9 millions de précaires .
Il arrive que se chauffer rend (très) pauvre, du fait de la vétusté de l'habitat représentant souvent un gouffre énergétique, une passoire à KW.
Selon l'INSEE, plus d'un ménage modeste sur cinq déclare souffrir du froid dans son logement

_Si le gouvernement commence à se pencher sur la précarité énergétique, c'est bien tardivement et de manière bien trop limitée, sans agir sur les causes. Les outils existent cependant. Pour ce qui est du mal-logement, une des sources du problème, il existe des solutions. Pas que de la com'...
Selon des données qui demandent à être actualisées, "..Les tarifs sociaux de l'énergie profitaient l'an dernier à moins de la moitié de leurs ayants droit potentiels, estimés à environ 2 millions de personnes, selon la Commission de régulation de l'énergie. Philippe Pelletier, le président du comité stratégique du plan bâtiment Grenelle, avait alors préconisé un plan global de près de 4 milliards d'euros en dix ans, dont 1,7 milliard à la charge de l'Etat, pour aider ces plus démunis à réduire leurs factures de chauffage et d'électricité. A la fin de 2010, le nombre de foyers bénéficiaires du tarif social, qui était encore de 940 000 à la fin de décembre 2009, a encore chuté à 650 000, soit une baisse de 31%..."    ___________________

Partager cet article
Repost0

Aller voir ailleurs...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Petite leçon de voyage

                    Je voyage, donc je suis....Il apparaît que le voyage de loisirs, depuis une bonne cinquantaine d'années, devient la norme dans les pays développés, du moins pour les franges de population possédant des ressources suffisantes, bénéficiant de prix tendanciellement en baisse. En 2024,  on dénombrait 1,4 milliard d’arrivées de touristes internationaux dans le monde, là où on en comptait 60 millions en 1968. Bien que très concentrée géographiquement (95 % des touristes visitent moins de 5 % de la planète selon l’Organisation Mondiale du Tourisme) et socialement (à échelle mondiale, entre 90 et 80 % de la population mondiale n’a jamais pris l’avion), le désir de voyager est devenu omniprésent dans beaucoup d’imaginaires. Hélas, l’industrie qui le porte est très coûteuse pour l’environnement : en 2019, elle était à l’origine de 8,8 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, dont 70 % sont dû à la mobilité des touristes. Au vu des crises environnementales, sociales et géopolitiques, faut-il arrêter de voyager ?


            La question mérite réflexion pour Rodolphe Christin, sociologue et auteur de Peut-on voyager encore ? Réflexions pour se rapprocher du monde (Ecosociété, 2025), qui était l’invité du dernier Bookclub d’Usbek & Rica ce samedi 14 juin à la librairie Les Sauvages à Marseille. À travers une critique de l’industrie touristique et de notre boulimie du déplacement, l’auteur y invitait à adopter une approche sobre du voyage. Il esquisse un futur où l’on cesserait de considérer que les vacances vont de pair avec le fait de partir, se réappropriant au passage notre capacité à décider ce que l’on fait de notre temps libre. "

                  L'aventure touristique est-elle en voie de décin?                                                                                                                  On aura beau dire, comme Jean Mistler "Le tourisme est l'industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux", on n'échappe pas au fait de la pulsion de l'évasion, du tropisme de l'ailleurs, du plaisir de la découverte de nouveaux lieux aussi. Mais avec le temps et la hausse du niveau de vie, cette fringale de nouveauté est devenue bien souvent l'effet d'un conditionnement marchand, parfois d'un impératif moutonnier, qui tend à concentrer de plus en plus de personnes dans les mêmes endroits dits 'incontournables". Le voyageurisme, encouragé par la baisse des coûts des transports et du développement de l'industrie touristique est vite et trop souvent devenu une fin en soi, à tel point qu'il faudrait réinventer le sens du voyage, de l'étonnement, de la découverte de manière plus créative, moins moutonnière. Certains lieux, certains pays et villes soufrent d'un excès de fréquentations (Cancun, Venise, Machu Pichu, Annecy, Barcelone, Bréhat...) au point qu'il fallu parfois contingenter la fréquentation. L'Espagne et la Grèce souffrent parfois de surpopulation locale donc  de sous-hydratation critique, de hausse des prix de l'habitat au détriment des autochtones. Au point d'engendrer des réactions négatives de leur part. On atteint parfois des limites. Comme ici. Malgré le charme et le plaisir...   Même si la notion de surtourisme peut parfois être un concept ambigu

             D'exceptionnel qu'il était, le voyage est passé dans le registre des biens de consommation ordinaires, pour une masse de plus grande de personnes de tous continents.
      Il s'est généralisé, banalisé. low-costé. Partir n'est plus tout à fait partir. Le charme est largement rompu. Je me souviens d'un bref voyage (rare à l'époque pour un fils de paysan vosgien que j'étais) au bord de la Méditerranée; ce fut un enchantement durable, que n'a pas produit un périple récent en Islande, malgré son intérêt. Le sur-tourisme n'affecte pas que certaines îles grecques...Certains ont décidé de prendre du temps pour explorer leur propre région, avec d'autres moyens.

  Le voyage est devenu un produit d' appel, certains pays jouant sur le tourisme  pour gonfler leur PIB. Pas toujours avec discernement.
   Au risque de réduire le tourisme à des déplacements de foules grégaires qui ne voient rien ou presque, qui ne retiendront que quelques pixels embarqués ou quelques selfies, pour témoigner qu'"on y était".
   Voyage normalisé, voyages-spectacle, voyage banalisé, vite oublié, avant de préparer le suivant sur catalogue au papier glacé.
    Le low-cost et la guerre des voyagistes  a encouragé la tendance, comme le fast food a banalisé et dénaturé la nourriture. Tant qu'il y aura du pétrole....
     Le voyage de découvertes, lent, peu programmé, dans des lieux non courus, qui laissent des traces indélébiles, est devenu de plus en plus rare .
     Faire l'éloge du dépaysement vrai, de la découverte authentique, des rencontres non programmées est devenu de moins en moins fréquent. Ce dépaysement qui change en profondeur l'intériorité et renouvelle le regard. L'écotourisme est possible.
      Un peu de tourisme, ça va....Mais on semble avoir dépassé le seuil de la déraison touristique.
          Mais les déferlantes touristiques dans les mêmes lieux en même temps vont tuer le tourisme.
 Et les incidences de ce phénomènes sur le milieu, urbain et/ou naturel, commencent à poser bien des problèmes, même au Machu Pichu, où l'on parle de contingenter la fréquentation, dans certains villes où le problème de l'eau devient crucial, dans d'autres, où l'hyper-fréquentation, festive ou non, perturbe fortement la vie locale, modifie le prix du foncier, entraîne indirectement  l' "exode" de populations, comme à Barcelone , à Venise ou à Dubrovnik. A  Amsterdam, c'est les "festivités" nocturnes qui gâchent tout.
   Si, dans une certaine mesure, il peut être bénéfique économiquement, comme en Tunisie, il peut aussi se révéler catastrophique très rapidement. Les cohortes de visiteurs pressés sortis en rang des bateaux de croisière, sans discontinuer les jours d'été, auront-elles raison des plus beaux sites de Santorin, dont les rues principales sont investies à prix d'or par les marchands de produits de luxe?...
       Il faut réapprendre à voyager, non comme hier, mais selon des formules à réinventer.
                Retrouver le plaisir durable et profond de la découverte, loin de la saturation des tours-operators vendeurs de produits finis, où la surprise doit être bannie, où le confort doit être assuré, où l'on achète d'abord "un prix". Low cost, low plaisir...
   Le Routard ne fait même plus rêver.
        Comment retrouver, à contre-sens des tendances frénétiquement consommatrices, le sens du voyage rare et de qualité. 
  Il ne s'agit plus de suivre les injonctions du voyager pas cher, mais de retrouver le sens de l'étonnement et de la découverte. Avec désir et lenteur. Parcimonieusement.
    Des voyages qui forment à la vie et ouvrent à soi-même, comme disait le vieux Montaigne qui a parcouru une partie de l'Europe... à cheval.                                                                                                            Mais pourquoi, disait Pascal, avons-nous tant de mal à ne pas pouvoir  rester un peu en repos?...       _________________________

Partager cet article
Repost0

Publicité

Tant qu'il y aura des prof's

Publié le par Jean-Etienne ZEN

On se mentirait si on disait que tout va bien à l'école

      Ce que reconnaît (enfin!) le nouveau ministre, de manière bien allusive et non programmatique...Le chemin est encore long...

             (Lettre fictive: )    " À toi, mon élève, Tu te souviens de moi ? En maternelle, à l'école élémentaire, au collège, au lycée, à l'université, c'est moi qui t'accueillais en salle de classe, qui t'apprenais des choses et te faisais travailler. C'est moi aussi qui t'encourageais, qui te conseillais, qui t'expliquais ce que tu ne comprenais pas. C'est moi également, parfois, qui me fâchais quand tu n'étais pas d'humeur à travailler et amusais la galerie, ou bien que tu passais tes nerfs sur un camarade ou sur moi parce que tu ne te sentais pas bien... Rappelle-toi tous ces bons moments et ces moins bons. On en a fait, du chemin, ensemble. Tu n'as pas que de mauvais souvenirs, admets-le ! Mais aujourd'hui, tu n'es plus mon élève. C'est ton enfant qui a pris ta place, ou ton petit-enfant. Et tu l'aimes, ce petit, et tu ne supportes pas que je puisse comme avec toi trahir sa confiance. Je t'avais dit que tu aurais un bon travail si tu travaillais dur, et te voilà au chômage. Je t'avais dit que l'école formait des citoyens éclairés capables de rendre le monde meilleur, et la vie meurt partout où porte le regard. Je t'avais dit de respecter ton prochain car nous formions un peuple fraternel, et pourtant il n'y a jamais eu autant d'injustices. Oui, je t'ai menti. Comme tes parents avant moi. Le père Noël, la petite souris, les licornes et la Justice n'existent pas. C'est à nous de nous battre pour qu'ils enchantent le monde. Mais tu sais, je ne t'ai pas menti pour te désarmer, ni même pour te protéger. Je l'ai fait parce que je croyais à mon mensonge. Je croyais moi aussi qu'une Justice était possible, puisque j'étais devenu enseignant. Seulement, je n'avais pas compris qu'un professeur ne fait pas partie de l'élite, mais seulement du couvercle de la marmite. Pour ne pas faire de vagues, on nous intime de prendre sur nous, de nous dépasser, d'être bienveillants : l'école doit accueillir, inclure, accompagner et donner des diplômes à tous. L'école est une garderie magnifique où l'égalité permet à tous de se sentir également traités par la République. Le réel triera ensuite les méritants. Et tant pis si les méritants sont le plus souvent les héritants. Tant pis si ceux qui trinquent le font de père en fils, de mère en fille. L'École a fait son œuvre et tamponné le front du jeune du sceau républicain de l'égalité des chances. Il a masqué les inégalités niées par les discours et assénées pourtant par la vie. Aujourd'hui, les professeurs sont divisés, méprisés, déprimés et pleins d'amertume. Aujourd'hui, les élèves sont stressés, démoralisés, désespérés et en souffrance. Aujourd'hui, les parents sont angoissés, en colère, pleins de rancœur. Aujourd'hui, les réseaux sociaux, les médias et les politiques regardent s'affronter les membres de ce trio en s'amusant avec nostalgie de ces enfantillages. Sauf que ce n'est pas rien, une école malfaisante. Sauf que ce n'est pas rien, une jeunesse en souffrance. Sauf que ce n'est pas rien, une société en crise. Sauf que les victimes n'en sont pas les seuls responsables. Si l'école est maltraitante, malfaisante, mal-apprenante, ce n'est pas qu'à cause de la malveillance des profs, mais à cause de la bienveillance dont on les étouffe, dont on les désarme, dont on les force à faire un usage immodéré et inconsidéré. On doit faire plaisir aux élèves, aux familles, à la hiérarchie, et tant pis si c'est sans moyens d'y réussir : on est capables, et cette seule pensée devrait nous suffire pour nous surpasser malgré des classes trop chargées, des locaux inadaptés, des programmes aberrants et des formations inefficaces. L'échec est forcément celui de l'individu, cet enseignant qui n'aura pas fait assez, pas assez bien. N'importe qui peut accuser les professeurs de n'importe quoi. N'importe quel ministre peut annoncer n'importe quelle mesure et ne rien faire, n'importe quel dysfonctionnement peut advenir pour empêcher les enseignants d'enseigner, mais les seuls qui savent ce qui se passe dans les écoles, les seuls capables de dire ce qu'il faut aux élèves, les seuls capables de dénoncer les mensonges d'état, les calomnies du peuple et les erreurs des médias sont les seuls qui n'ont pas le droit de s'exprimer : les enseignants. Pas de vagues. Devoir de réserve. L'écume au cœur et aux lèvres, au bord des yeux, mais pas de vagues. Pourtant, c'est un tsunami qui se déchaîne dans nos cœurs et nos esprits, parce qu'on n'a pas signé pour être complices de la destruction de l'École, du pacte républicain et de notre société. Nous, on a signé pour participer aux fondations d'une société plus juste et éclairée, bâtissant sur la culture, la connaissance du monde, du passé et des hommes, sur les arts et la science pour contribuer à faire de notre espèce ce à quoi elle peut prétendre. Alors, mon élève, toi dont j'ai tenu la main, toi qui me confies ton enfant, n'oublie pas que nous avons le même rêve. Seulement, ce rêve n'est pas partagé par tous. Certains veulent leur part du gâteau. L'argent qui sert à faire fonctionner l'École, l'Hôpital, le Justice... c'est de l'argent collectif issu des impôts, et ce sont des milliards sur lesquels les actionnaires qui possèdent le monde ne perçoivent aucun dividende, et c'est ça, le problème qui fait que les plus grosses fortunes dépensent tant d'argent en lobbying, dans l'achat de médias, en publicité et en soutien aux politiques libérales : pas pour libérer les énergies du peuple, mais pour libérer leurs profits à eux d'une équité sociale sans cesse remise en cause par les nantis. Alors, les enseignants en ont assez d'en saigner, et il est temps que la grande vague de la vérité submerge l'arsenal de mensonges qui empêche l'école de fonctionner ! NON, les profs ne sont pas plus absents qu'ailleurs. Seulement, leur absence est plus remarquée qu'ailleurs, car elle a une répercussion sur les élèves qui n'ont pas cours. Au contraire, les profs sont plus souvent présents que dans le privé, même quand ils sont malades et au mépris des risques sanitaires occasionnés à leurs élèves ou aux baisses d'efficacité pédagogique. En revanche, c'est le nombre de remplaçants qui a diminué : le Ministère de l'Education Nationale ne cesse de diminuer le nombre d'enseignants remplaçants, créant une tension insupportable sur le système et faisant régner une tyrannie de la culpabilisation pour compenser leur gestion calamiteuse des ressources humaines. Les recteurs d'académie n'hésitent plus à embaucher à bas salaires des contractuels précaires, voire des étudiants et des chômeurs sans formation pour remplacer les enseignants manquants, et ce au mépris de la qualité de la formation dispensée aux élèves. L'important est de maintenir la garderie ouverte, pas que les enfants apprennent et atteignent l'égalité réelle des chances. NON, les enseignants ne sont pas tout le temps en grève, en vacances ou surpayés à rien faire. Parmi les enseignants les moins payés des pays développés, ils sont également très peu à être syndiqués ou à faire grève, et les salaires sont gelés depuis des années tandis que les enseignants se situent dans la fourchette des citoyens souffrant de la double peine fiscale : trop riches pour percevoir des aides ou avantages sociaux, ils sont trop pauvres pour accéder aux privilèges des classes moyennes et supérieures. Sans compter qu'une heure de cours en présence des élèves se prépare en amont (recherches, formation, création des documents et outils...) et en aval (correction des travaux, réunions, bulletins, ENT, communication administrative et avec la famille, suivi disciplinaire...). La charge réelle est au moins double, et la charge mentale, elle, est démesurée, et souvent insupportable. NON, les enseignants ne sont pas des tyrans incompétents et cruels : en revanche, ils n'ont pas le temps ni les moyens de mettre en place des pédagogies novatrices (pas de formation, classes trop chargées, trop d'élèves en souffrance et disparition des métiers périscolaires dévolus au traitement de ces difficultés, locaux trop petits et inadaptés, culture de l'effort absente du reste de la société, concurrence des écrans de loisir...). Tout est réuni pour concourir à l'échec scolaire, et on doit surtout s'étonner que certains élèves réussissent encore... mais ce sont souvent ceux dont les familles sont des milieux privilégiés pour se construire en tant qu'élève performant et cultivé. Reste la tension, la violence quotidienne... et les faiblesses humaines qui font qu'on succombe sous la fatigue et l'émotion. Alors, toi qui as vécu dans ma classe certains des moments qui ont fait de toi l'adulte que tu es aujourd'hui, rappelle-toi certains de mes enseignements... Lis les consignes et réfléchis avant de te lancer bille en tête dans l'exercice : dans l'isoloir, ton bulletin de vote vaut copie d'examen, et de notre réussite collective à ce concours pour l'avenir dépend le bonheur collectif ; - Avant de t'attaquer à ton voisin, vérifie avec lui que vous êtes vraiment en désaccord, explique-lui ce que tu ressens, comprends-le et discute avec lui de ce qui te fait souffrir dans la situation : ton chômage, la pollution, les féminicides, le cancer de ton môme, ton découvert, ton mal-être ne sont pas forcément dus au SDF qui n'a plus que sa bouteille à laquelle s'accrocher ou que ce gitan qui est prêt à tout pour quelques euros afin de survivre, ou que ce réfugié qui se cache pour ne pas être renvoyé à la mort dans son pays ; la difficulté pour ton enfant à s'épanouir à l'école n'est pas non plus nécessairement de la seule responsabilité d'un enseignant malveillant. Quand tu fais face à un problème, comprends ses causes, si tu veux le résoudre. Ne te débats pas dans les apparences, mais affronte le réel. Sois le tsunami qui balaiera les obstacles entre les humains et le bonheur." (Inspiré de PT)

* __ Morceaux choisis: Ici (avec ça) ____ Ici __Et aussi...  Ça urge   _________________

Partager cet article
Repost0

Ah! que la guerre est jolie...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Comme disait Apollinaire   __________

       

                  On déstocke au Bourget

 

 

         

      On en profite...  dans les affaires.   

 

               Sauf pour quelques joujoux . 

    

                      __   Un business contesté  __

                                            _________________

 

" La guerre est d'abord une histoire de propagande et de séduction. Les stratèges militaires de la guerre froide ont théorisé l'importance de «conquérir les cœurs et les esprits» pour gagner les batailles et enrôler l'opinion publique. Toutes les grandes guerres et les massacres depuis sont légitimés préalablement par des campagnes nationalistes, racistes, ou déshumanisantes. Au XXIème siècle, c'est au nom du «monde libre» face à «l'axe du mal» que sont déclenchées les guerres néocoloniales, mais aussi celles en Irak, à Gaza ou actuellement en Iran. Et inversement, une situation de guerre est toujours l'occasion pour les dirigeants de faire taire leur opposition. __Il faut vendre à l'opinion l'idée de guerres «justes», d'ennemis menaçants mais aussi de forces armées «protectrices» et rassurantes. Faire oublier qu'une guerre, c'est d'abord un déluge d'acier, des corps déchirés, du sang et des larmes, des traumatismes sur des générations, des victimes civiles beaucoup plus nombreuses que militaires, et des profits colossaux pour les marchands de canons, seuls gagnants des conflits armés.____Le Salon du Bourget fait partie de cette stratégie de séduction. Organisé tous les deux ans près de Paris, accueillant des centaines de milliers de visiteurs en plus des milliers d'exposants professionnels, il mélange volontairement l'aviation civile et militaire, spectacles acrobatiques aériens et exposition de missiles, avions de tourisme et avions de guerre. Les frontières entre guerre et spectacle, violence et plaisir, sont ainsi brouillées. Et pendant que le public s'amuse, les marchands d'armes signent des contrats dans l'arrière-boutique. _____________Pour assurer le spectacle, le Salon du Bourget tente d'être ludique. En 2025, ses organisateurs ont donc recruté Jamy Gourmaud, le célèbre Jamy qui a bercé notre enfance en animant «C'est pas sorcier». Le dossier de presse officiel destiné aux médias parle d'un «temps fort du week-end, une conférence exceptionnelle animée par Jamy». Un partenariat rémunéré pour une somme inconnue. L'animateur a déjà travaillé avec l'armée française. En février dernier, sur sa chaîne Youtube forte de 2 millions d'abonnés, une vidéo intitulée «Jamy décolle dans le + gros avion militaire français !» le montre sur une base de l'armée de l'air à Orléans, discutant avec des aviateurs et des techniciens militaires, avant de monter dans un avion de transport de troupes, habillé en aviateur avec un patch tricolore. Ici encore, il s'agit de rendre ludique des engins qui servent à envoyer des soldats mener des missions coloniales, notamment en Afrique. _____________À l’époque de «C’est pas sorcier», des émissions avaient déjà été consacrées aux avions de chasse et à la Marine nationale, occultant le bilan humain et moral des guerres menées par la France. Bénéficiant de son aura, Jamy a déjà vendu son image au service d'autres lobbys. En février 2022, il publiait une vidéo sur les céréales en collaboration avec Intercéréales, groupement productiviste de la filière. En août 2024, il tournait une vidéo en partenariat avec le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel), le grand lobby du lait. ___ Le Bourget travaille aussi avec de grands médias. Le 16 juin, la chaîne BFM a consacré une émission spéciale intitulée : «Le salon du Bourget ouvre ses portes, suivez notre émission spéciale au milieu des avion». Sur les réseaux sociaux, BFM titrait : «Revivez les temps forts de la première journée» et propose un live tweet de la journée. Le 17 juin, BFM organisait un «match» avec des experts, sur le thème : «Airbus vs Boeing : au salon du Bourget, qui remporte la guerre des géants de l'aéronautique ?» En 2023, déjà, BFM était partenaire officiel du salon du Bourget.
Pourquoi une telle attention ? Il suffit de regarder les affiches publicitaires du salon et les billets d'entrée : ils comportent les logos BFM, BFM Business et RMC, trois chaînes possédées par la même filiale : l'armateur français CMA CGM. Cela veut dire que les organisateurs du Bourget ont passé un contrat financier avec des médias de masse pour valoriser leur événement. Ils investissent pour rendre fun les ventes d'armes et l'aviation. Et même les médias qui ne sont pas partenaires servent la soupe au salon, comme la radio publique France Inter, qui a diffusé des publi-reportages sur l'événement, sans jamais donner la parole aux opposant-es du salon.
Sur son site officiel, les organisateurs du Bourget mettent en avant un «Média Center» sponsorisé par Qatar Airways, flotte d'avions d'une théocratie du golfe. Ce centre propose toute la semaine «les plus belles images du salon» «en accès gratuit et HD pour une utilisation libre par les médias». Un travail lisse, publicitaire et prémâché, utilisable directement par les journalistes. Depuis longtemps, des marchands d'armes s'intéressent aux grands médias : Le Figaro appartient à la famille Dassault, et fabrique les Rafales. Lagardère, autre marchand d'armes, qui possédait Europe 1, Europe 2 ou le JDD, aujourd'hui rachetés par Bolloré. Alors que les nuages noirs de la guerre sont de plus en plus menaçants, les personnalités, médias et entreprises qui travaillent à rendre divertissante l'industrie des armes sont les complices des massacres de demain. Mais heureusement, la résistance et les contre-discours existent. Un village anti-guerre et une manifestation contre le salon ont lieu tout le week-end. "
_________________________
Partager cet article
Repost0

Economie libidinale

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Le désir et le marché

                   Avec le développement de l'économie de marché de plus en plus avancée, les secteurs de la vie, même la plus privée, parfois la plus intime, deviennent objets d'investissements lucratifs. Il est dans la logique  marchande  de  s'immiscer dans tous les secteurs de la vie, même la plus personnelle. Au nom de la "liberté" d'entreprendre et de consommer sans frein, jusqu'à la démesure, L'individualisme devint une référence, un terreau à exploiter, à exacerber même, pour vendre des produits de plus en plus nombreux, pour insuffler des valeurs de plus en plus axées sur la jouissance personnelle, dans le cadre d'une société véhiculant des valeurs les plus narcissiques. Il ne s'agissait pas de faire naître le désir , mais de le stimuler et de l'orienter. La vie affective fut une cible de choix, pour stimuler par la publicité, l'intérêt redoublé pour le sexualité notamment, jusqu'à la pornographie, devenue une quasi industrie. C'est ce qu'ont bien montré certains sociologues et des philosophes, faisant état de ce virage marchand, surtout à partir des années 1970. Aucune sphère ne doit échapper à la sphère marchande, au profit, qui ne doit rien avoir à faire avec la morale, mais doit relever d'une action sur les désirs: 

 

 

                Dans le sillage de ce qu’on a pu appeler le freudo-marxisme (dont l’un des principaux représentants, Herbert Marcuse, a beaucoup inspiré des philosophes comme Gilles Deleuze ou Michel Foucault), un certain nombre de penseurs se sont emparés du concept d’« économie libidinale ». Le terme en tant que tel donne son titre à un essai de Jean-François Lyotard. Son idée : l’économie capitaliste investit dans la consommation de marchandises un certain nombre de pulsions d’ordre libidinal ou sexuel. L’analyse a été reprise et radicalisée par des auteurs comme Michel Clouscard, auteur d’un Capitalisme de la séduction (1981) ou Dany Robert-Dufour, qui parle quant à lui d’un « capitalisme libidinal » pour signifier, plus encore, que le capitalisme s’est peu à peu mis à investir la sphère érotique elle-même, jusqu’à la rééduquer et la diriger complètement. Robert-Dufour expose notamment ses vues dans un ouvrage incisif intitulé Le Délire occidental et ses effets actuels dans la vie quotidienne : travail, loisir, amour (Les Liens qui libèrent, 2014).À ses yeux, le tournant libidinal du capitalisme aurait débuté à partir de la crise de 1929, au moment où s’observait une crise de la production qui devait se résoudre par une relance de la consommation : « Ce tournant, écrit le philosophe, peut être analysé comme une rétrocession de jouissance. Pour sortir de la crise, le capitaliste rationnel, soucieux de son intérêt, a été amené à envisager de partager une partie de la jouissance qu’auparavant il confisquait en s’appropriant presque tous les fruits du travail des prolétaires. »   Dany Robert-Dufour explique qu’à cet instant-là, l’économie capitaliste ne s’est plus concentrée seulement sur le temps de travail des individus, mais aussi sur leur temps de loisir : « Et le loisir, explique-t-il, s’est trouvé saturé de marchandises, c’est-à-dire, pour l’essentiel, de leurres qu’il s’est agi de présenter comme répondant à des besoins impérieux, autrement dit à des pulsions qu’il n’y eut plus besoin de réprimer, mais au contraire d’exalter. Le capitalisme, de répressif qu’il était, devenait libidinal. Il passait du commandement “Travaille bêtement et pour le désir, tu repasseras !” à une intimation incitative : “Pour peu que tu veuilles bien continuer à travailler bêtement, tu auras des récompenses, c’est-à-dire quelques chatouilles !” »    Il fallait que les ouvriers des usines Ford puissent eux-mêmes consommer les voitures qu’ils avaient produites et que la plupart des personnes aient accès à l’automobile, la télévision, le réfrigérateur, ce qui a été rendu possible par un certain nombre de mécanismes tel que le crédit à la consommation. Mais il aurait été dommage de ne pas aller vers un terrain particulièrement efficace, une récompense ou une chatouille particulièrement chatouilleuse – à savoir, le plaisir sexuel. Il ne suffisait pas de donner un tour libidinal à la consommation mais aussi de faire de la libido elle-même, de la sphère du désir et du plaisir sexuel, jusqu’alors relativement épargnée par le marché, un lieu qui n’échapperait pas à la sphère de la consommation capitaliste...C’est là que les publicités comme celle de Lelo, mais aussi celles de Flink, la plateforme de livraison rapide qui promet de livrer en dix minutes aussi bien des préservatifs que des glaces en vertu du mot d’ordre « Chacun ses pulsions », prennent tout leur sens. La consommation doit être pulsionnelle, irréfléchie, immédiate. À un désir, une satisfaction rapide et efficace.    La puissance du désir sexuel à cet égard fait qu’il ne pouvait logiquement pas être épargné et c’est ainsi, explique Robert-Dufour, que le capital a changé « l’érotisme » en « pornographie », c’est-à-dire en un endroit où la sexualité n’est plus délestée d’un horizon de domination par l’argent et les affects et mots d’ordre qui ont cours dans le capitalisme (efficacité, intensité, compétition, humiliation…), et à faire de la masturbation une activité rentable..."      _______________

Partager cet article
Repost0

Billet du dimanche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Béquille

__ C'est fait

__ Paradoxe

__ Retournement

 

__  Iran: et après ?    

 
__ Gaza

 

__ Guerre totale?

__ Affaiblissement russe

__ Quitte ou double

__ Business trumpien

__ Dépressions chinoises

__ Caroline, sa copine

__ Arnaque d' Etat

__ Femmes israëliennes

__ Miviludes en danger

__ USA: utiles migrants

__ Embarras au FN

__ Trump pris au piège

__ Centres de massacre

__ Comprendre le trumpisme?

__ Comment être "caniculé"?

   _______   Nous ne sommes pas encore officiellement en été mais il fait chaud, très chaud en France. Une canicule précoce, avec des températures allant jusqu’à 38°C est en cours, avec un pic prévu samedi. Les nuits aussi seront qualifiées de «tropicales» par les météorologistes, avec un thermomètre qui ne descend pas au-dessous de 20°C, empêchant le repos réparateur des organismes. Météo France a lancé une alerte sur un tiers des départements. Le reste de l'Europe de l'ouest est également touché, notamment l'Espagne et le Royaume-Uni. Cette canicule dès le mois de juin est liée au dérèglement climatique qui «accroît la fréquence et l’intensité des épisodes de chaleur, qui se produisent plus tôt et aussi plus tard dans l’année» explique Le Monde. Météo France estime que notre pays s’est déjà réchauffé de 1,9°C et qu'il a connu deux fois plus de vagues de chaleur après l'an 2000 (32) qu’avant (17). La France et ses voisins se réchauffent plus vite que le reste du monde, et les climatologues tablent sur une hausse des températures moyennes de 4°C en 2100 si l'on ne change rien. _________Avec une telle hausse, les écosystèmes meurent ou changent profondément. L'agriculture française ne pourra plus produire de la même manière, l'Espagne et le sud de la France auront probablement des zones arides, avec toutes les conséquences que cela comporte en terme d'accès à la nourriture et à l'eau. La canicule actuelle survient d'ailleurs au moment de la période de croissance des arbres après une succession de crises, avec des sécheresses et des inondations, ce qui pourrait endommager le développement des fruits. __ La chaleur ne frappe pas que chez nous. Dès le mois d'avril, l'Inde avait été touchée par une canicule extrême avec 10 à 11 jours de chaleur suffocante. Il avait fait 49°C au Koweït, 48°C au Pakistan, 47,6°C en Arabie saoudite… Des températures qui, sans climatisation et autres technologies énergivores, ne permettent pas aux mammifères que nous sommes de survivre. ___________ C'est dans ce contexte que les banques décident de distribuer des milliards au secteur des énergies fossiles, pour accélérer encore le chaos climatique. En 2021, les grandes banques avaient créé «l’Alliance bancaire mondiale pour le climat» – «Net Zero Banking Alliance» – et s'engageaient à organiser leurs investissements pour viser l'objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre en 2050. L'argent dirigé vers les industries fossiles avait un peu diminué pendant deux ans, mais l'opération de greenwashing a été de courte durée. Début 2025, les plus grandes banques des USA sont sorties de cette alliance. Et l'on vient d'apprendre, grâce au rapport «Banking on Climate Chaos» réalisé par plusieurs ONG, notamment l'organisation Reclaim Finance, que les prêts aux industriels fossiles explosent. Les 65 plus grosses banques mondiales ont accordé 750 milliards d’euros de financement aux entreprises du pétrole, du gaz et du charbon en 2024, contre 612 milliards d’euros en 2023, soit une hausse de plus de 22% en un an. La moitié des financements est consacrée à la recherche d'énergies fossiles. La plupart des grands financiers de ces industries écocidaires sont étasuniens et japonais. La banque JP Morgan est le premier soutien des énergies fossiles, avec 46,24 milliards d’euros investis en 2024, soit 39% de plus que l’année précédente. Et cette augmentation a commencé avant l’investiture de Donald Trump, qui a nommé des climato-sceptiques et des lobbyistes du pétrole dans son gouvernement, et qui a lancé le slogan : «Drill, baby, drill» – «Fore, chéri, fore». ____________Le capitalisme français n'est pas en reste. BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et La Banque Postale ont accordé 20,39 milliards de dollars de financements à des société pétrolières, gazières et charbonnières, contre 15,92 milliards de dollars en 2023. Ces banques financent donc de plus en plus la recherche et l'exploitation de combustibles fossiles alors qu'il faudrait tirer le frein d'urgence. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord de Paris sur le climat en 2016, plus de 6.850 milliards d’euros ont été consacrés par les banques aux entreprises qui provoquent le chaos climatique.

Partager cet article
Repost0

Publicité

Vers l'Etat digital?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

En route vers l'Etat plate-forme (Bis repetita)

                                   Des projets bien ficelés sont en place pour accélérer la digitalisation des services publics. L'accélération de la numération tous azimuts se met en place à la vitesse grand"V", au détriment des laissés pour compte.  Déjà des jeunes connaissent des difficultés. Ne parlons pas des anciens, de ceux qui sont le plus dans le besoin.   Le tout-numérique avance à grands pas, sous prétexte de simplification, de modernisation....                                                                

Dans la start up nation, l'Etat se dématérialise à grande vitesse.

      Tous les actes administratifs, à quelque niveau que ce soit, devront vite passer pas le numérique (*)
                    A vos ordis!


     Même les non et les faiblement connectés, ceux qui n'ont pas d'ordinateurs ou qui ne savent et ne sauront jamais s'en servir, les analphabètes du clavier, les nombreux anciens qui ne s'y mettront jamais...
      La plupart des services publics ne seront accessibles que pour les familiers du net, que pour une partie de la population, surtout aisée, cultivée, urbaine.
     Près de 60% des personnes se disent démunis face à l'utilisation de l'ordinateur pour des tâches un peu élaborées. Ne parlons pas des plus âgés.
     L'exclusion numérique n'est pas rare. L'inclusion numérique ne favorise que ceux qui sont déja outillés et formés.
    Le pass numérique ne suffira pas, surtout à l'horizon 2022. et certains technophobes ou e-résistants ne franchiront pas le pas de si tôt.
   La e-administration va vite montrer ses limites. La modernité, c'est bien beau, mais elle risque de laisser beaucoup de monde au bord de la route, pour des démarches qui ne sont pas anodines.
Et quelques clics ne suffiront pas dans des démarches complexes.
Et s'il s'agissait d'abord de faire des économies, sans autre considération que la rentabilité immédiate?
______

   (*)   "  .....Incomplets , mélangeant des types de démarches à exécuter très hétérogènes (consultation, télédéclaration, ouverture de compte, information), ces recensements laissent en particulier dans l’ombre deux éléments pourtant majeurs du processus de dématérialisation engagé.
    D’une part, ne sont pas précisés pas quels « services » ne sont aujourd’hui accessibles qu’en ligne : demandes de bourses étudiantes, Prime d’activité, demande de logement social, inscription à pôle emploi, la liste serait longue des démarches qui ont basculé dans le « tout numérique », n’offrant aucune autre alternative aux administrés. Selon la typologie d’Albert Hirschman (1970), il n’y a ici pas de possibilité d’exit  : le rapport à l’offre doit nécessairement se faire par l’intermédiaire d’une interface numérique. Le Défenseur des droits a formulé plusieurs avis [5](2016) enjoignant aux services publics et administrations de proposer une offre de contact alternative au numérique, restée à ce jour lettre morte.
      D’autre part, ces tableaux ne rendent pas compte de la dématérialisation de la relation administrative, au-delà des procédures de demande de droit ou d’accès à des formulaires administratifs. Une part grandissante des échanges se déroule aujourd’hui par voie électronique (mail, sms, boîte de dialogue/ chat box), et on assiste à une généralisation de la prise de rendez-vous physique par internet (préfecture [6]CAF, Pôle emploi, etc.) couplée à l’impossibilité d’avoir un contact physique avec un agent pour les premiers contacts, les inscriptions, les démarches d’entame des procédures. De plus en plus, les usagers se voient orientés vers une interface en ligne pour prendre attache avec les administrations, ou obtenir des informations ou explications. Incidemment, la relation administrative devient ainsi majoritairement numérique, le contact « humain » (téléphonique ou physique en face à face) constituant une voie seconde et complémentaire des démarches en ligne. Ce virage de la dématérialisation de la relation apparaît d’autant plus fort qu’il s’est fait concomitamment à une réduction des accueils physiques et des autres modes de contact, renforçant la perception d’une déshumanisation du contact avec les administrations....
 
    En l’état actuel, l’obligation administrative à se connecter demeure très inégale entre les individus : une personne bénéficiaire de droits sociaux soumis à déclaration de ressources trimestrialisées a mécaniquement davantage l’obligation de se connecter qu’une personne ne percevant pas de prestations sociales. La connectivité étant socialement distribuée, l’on assiste ainsi à une double peine (Credoc 2016) : les individus les plus précaires, aussi bien économiquement que sur le plan de l’isolement social (Défenseur des Droits 2017) sont moins connectés alors que, dépendants davantage de droits et prestations sociales, ils ont davantage l’obligation de le faire.
     Davantage que d’exclusion numérique, qui renverrait à un manque de compétences d’individus qui ne seraient pas à l’aise avec le numérique, cette inégale exposition à l’obligation de connexion conduit à parler d’exclusion par le numérique : ce sont prioritairement les normes implicites de la dématérialisation qui rendent ici les usagers incapables de demander leurs droits...."
__________________________
Partager cet article
Repost0

Musicalement vôtre!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

  ____Un moment "suspendu"...

 

                           

 

                                   Avec le retour de l'été

   


      

 

 

"La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil." (Nietzsche)

 Musique partout!

___"Grande" ou plus commune...

♪♫ Toute la Musique ♫♪♫


 

 Vive la musique

Surtout quand elle rassemble.

____Même si elle pose des questions à certains bonimenteurs...

Mais à quoi sert la musique? 
___A rien...même si c'est bon pour la dopamine.
________Mais ce n'est pas rien...

Gare quand même à certaines pollutions auditives!

                                           __________________________

                       _________________

Partager cet article
Repost0