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l'angliche partout?

Publié le par Jean-Etienne ZEN


 Presque...  

 

           ____  Comme disait de Gaulle à son époque...                                                                                                                      Certes  les temps ont changé. Le néolibéralisme est passé par là avec la langue des affaires et de la diplomatie sous le signe de la puissance des USA, qui ont imposé leurs règles comme leur langage, celles du vainqueur. Le monde anglo-saxon est devenu hégémonique. Comme son mode de pensée. L'anglais est même parfois devenu un mode de communication exclusif en interne pour les cadres de certaines firmes, par mimétisme.    Un globalisme en vogue, dont on peut rire parfois...                                                                  Il serait temps de ne pas singer les anglos-saxons. de la manière la plus ridicule qui soit, au sein même de  nos institutions.              "... La dernière étude d’Education First, publiée ce mois-ci, place la France à la 31ème place des pays maîtrisant l’anglais, derrière le Costa Rica, le Nigéria, l’Estonie et l’Argentine. Pas de quoi fanfaronner..."                         ______ "Publicité, ministères, grandes administrations, conseils régionaux… les anglicismes ont envahi tous les champs lexicaux. On est loin de l’injonction gaullienne intimant de stopper « l’emploi exclusif de l’anglo-saxon ».  Quand Clairefontaine, marque bien connue des écoliers, vend son slogan « September is coming » tout en revendiquant son ancrage économique français, on se gratte la tête. Idem quand Roche Bobois évoque son « French art de vivre » ou Michelin son « motion for life ». À la tête du Conseil de l’éthique publicitaire, le sociologue Dominique Wolton s’agace du ridicule assorti à la prétention de certains slogans pour lesquels « il semble impossible de justifier le non-usage du français, particulièrement lorsque ceux-ci s’adressent aux Français et plus encore lorsqu’ils émanent d’entreprises hexagonales ». Malgré les efforts de la loi Toubon, qui fête ses 30 ans, les termes anglo-américains pullulent dans la publicité, le commerce et l’entreprise. Mais il y a plus grave. L’Académie française, qui a publié un rapport sur le sujet, désormais disponible en librairies – N’ayons pas peur de parler français (Plon) –, dénonce une présence massive et nouvelle du franglais dans « le langage des responsables des institutions »                     Une "modernisation" dérisoire

                                                Les Français sont en train d'être "managés" rapidement , insidieusement. Sous prétexte de "modernisation". Cela ne date pas d'aujourd'hui et le phénomène restait dans des limites acceptables. Toutes les langues participent à des échanges linguistiques au cours de leur histoire, mais là on assiste actuellement à un mimétisme accéléré, généralisé, encouragé par le business ambiant et certaines élites américano-centrés, un tropisme étrange, qualifié de  ridicule par ceux qui nous jugent, même sur les bords de l'Hudson. Ce n'est plus seulement: parlez-vous franglais? Tous doivent s'y mettre pour ne pas être jugés has been. Il suffit de parcourir les rues d'une ville pour s'apercevoir que les rues sont bourrées d'anglicismes plus ou moins douteux. Même Paul Bocuse s'y met allégrement. Mais où va-t-on?...                                                                                                                                                              L'anglomanie domine, au fur et à mesure que notre langue s'affaiblit, que son apprentissage se réduit. Le globish se répand à grande vitesse. Ce qui stupéfierait un Québecois. François 1er se retournerait dans sa tombe. Le Général aussi. Si encore on utilisait un anglais de bonne tenue, modérément, à l'égal des autres, même au sein du Conseil de l'Europe, ce serait un moindre mal, mais c'est tout le contraire qui se produit: un mauvais globish sans retenue et à tous propos fleurit dans tous les domaines, pas seulement commercial. Dans les aéroports, on comprendrait, mais dans le commerce de base notamment, c'est l'envahissement, voire la colonisation. Même chez mon coiffeur et mon chauffagiste... Le globish business est partout..   La loi Toubon, c'est pas tout bon. Les barrages symboliques ont cédé. Un dispositif qui a largement échoué dans la course à la mondialisation sans frein sous hégémonie anglo-saxonne. La loi linguistique du vainqueur s'est imposée, ou plutôt des sous-produits. Pourtant ce n'était pas inéluctable. Les résistances canadiennes le prouvent.                 ________  "....En 1994 cette loi était passée pour « protéger le patrimoine linguistique français  ». Déjà, le Conseil Constitutionnel en avait limité la portée au service public. Vingt-sept ans après, elle est tellement inefficace que notre future carte d’identité sera bilingue, et le globish bourgeonne dans bien des communications de nos services publics, sans même parler du secteur privé. La France a donc besoin d’une nouvelle loi pour rétablir le français comme seule langue de communication de notre pays...."                                                                                                                                                                             Globish is fun. Il est partout, même là où il n'a pas lieu d'être, et gagne du terrain tous les jours., cet anglais rétréci à quelques centaines de mots, qui est a mille lieues de la langue-mère, fine et complexe. Utile dans certains usages techniques et professionnels, il devient en dehors parfois du plus haut ridicule dans ses usages quotidiens de plus  plus fréquents, se voulant sans doute une pratique de la plus haute modernité.

     "... What did you expect ? », « what else ? », la gamme « make up » de l’Oréal : lentement, mais sûrement, la langue anglaise gagne du terrain sur notre territoire, dans tous les domaines. Slogan publicitaire, noms de produits ou de magasins, noms des films. A quand le coup d’arrêt ?
  Il est sacrément paradoxal de constater que depuis le vote de la loi Toubon, insidieusement, mais sûrement, notre belle langue perd des parts de marché dans notre espace public national
      "..;Tout le problème vient du fait que cette progression, aussi certaine soit-elle, est lente, et donc peu spectaculaire. Pourtant, pour qui parvient à se souvenir de la situation d’il y a 20 ou 30 ans, la situation s’est largement dégradée. Nous allions faire nos courses dans des Atac ou des Champion, et non des Simply Market ou des Carrefour Market. Le nom des films était presque toujours traduit dans la langue de Molière. Relativement peu de produits avaient des noms aux consonances anglo-saxonnes.

   Mais le pire est sans doute atteint dans la communication, où il semble qu’aujourd’hui une communication sur trois comporte un mot d’anglais. On trouve « l’art de vivre, by Roche Bobois ». On se demande bien quel est l’intérêt de mettre « by » au lieu de « par ». Et on ne compte plus les marques qui adoptent des signatures en anglais, certes traduites, mais le plus souvent de manière trop discrète. Schweppes demande « what did you expect ? », Nespresso, « what else ? », Adidas affirme « get ready ! », Sony soutient « this is for players » pour sa nouvelle console, Evian promet « live young ». On ne voit pas bien l’intérêt qu’il y a à ne pas traduire en français ces slogans, qui ne sonnent pas moins bien qu’en anglais. Et passons sur le « motion and emotion » de Peugeot, absolument incompréhensible...."
   Bien vu. Et ça continue, jusqu'à la saturation, ce qu'éviteraient de faire les Québécois Voilà notre langue bien mise à mal. Et le mimétisme se répand en tous domaines.
           Un choix qui n'est pas neutre:
   "...Ceux qui prônent l’anglais comme langue internationale voient moins clair, moins net et moins loin que David Rothkopf, ancien conseiller de l’administration Clinton qui, en 1995, avait écrit : "Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent." (In Praise of Cultural Imperialism, Foreign Policy, Number 107, Summer 1997, pp. 38-53)
     Le globish évolue souvent en proportion inverse de la maîtrise de sa propre langue, dont on finirait presque par avoir honte..face à la langue des "maîtres".
       Il colonise la toile
                                 Pas seulement nos rues. 
         Hors de lui, point de salut.
   L'anglais, du moins celui que nous parlons mal facilement, comme disait Churchill, est devenu notre nouveau latin, avec la montée en puissance technologique de l'Empire, avec le triomphe de la Silicon Valley, avec la numérisation galopante d'une grande partie de notre vie, dont les clés sont ailleurs.
 

   La langue ou la sous-langue du colonisateur fait florès jusque dans nos rues, se niche dans moindre aspect de notre vie quotidienne, jusqu'au coiffeur du coin qui a mis son enseigne à l'heure de Londres ou le petit restaurateur qui ne fait plus la cuisine, mais des happy meal..
       Un globish à tout faire, en quelque sorte, pour faire "moderne".
   Dans le monde des open space, on jargonne sans retenue un globish douteux.. A Science Po, on se démarque du vulgum pecus. Les élites se délitent.
   La langue dénaturée de Shakespeare et ses dérivés ont  pris le haut du pavé dans notre enseignement.
       Certains résistent encore, mais au Québec on fait de la résistance. La dérive est constante depuis plus de vingt ans
        C’est dès les années 60 qu’apparaissent les prémisses de la démission linguistique de nos élites.   Le général de Gaulle comme Georges Pompidou ont une conscience aiguë du danger. Ce dernier définira clairement l’importance de l’enjeu : « Si nous reculons sur notre langue, nous serons emportés purement et simplement. C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi les autres ». 
    Mais ce phénomène de démission, jusque-là marginal, prendra une autre dimension quand l’exemple du renoncement viendra de la tête de l’État.   Le signal, l’acte spectaculaire de capitulation linguistique, date du 27 mai 1974, jour de l’élection à la présidence de la République de Valéry Giscard d’Estaing : reléguant le français au rang d’un patois local, c’est en anglais qu’il commenta sa victoire devant la presse étrangère. Le nouveau président enfoncera le clou en 1976 à la Nouvelle-Orléans où il prononcera son discours exclusivement en anglais devant des milliers de Cajuns catastrophés par une telle trahison !  Avec Jupiter, n'en parlons pas...
        A Bruxelles, le français, pourtant langue officielle, est délaissé de plus en plus. Chez nous, dans des grandes entreprises, des notes de services circulent maintenant en anglais, sans justification aucune.
     Le globish déferle dans tous les secteurs:
     
          Bafouant leurs propres règles, les gouvernants ignorent l’article II de la constitution (« la langue de la République est le  »), ainsi que la loi de 1994 (dite loi Toubon), votée unanimement par le Parlement, et qui dispose que « le français est la langue de l’enseignement, du travail et des services »). 
      En effet, La  a institué l’ comme langue de l’Université et les quelques restrictions cosmétiques apportées à cette loi ne sont pas respectées--Les services publics et les entreprises détenues et/ou pilotée par l’Etat (Poste, SNCF, Air-France, EDF, etc.) multiplient les produits dénommés en anglais au mépris des usagers francophones et des étrangers non anglophones qui résident dans notre pays--Les publicités diffusées aux heures de grande écoute par les médias, y compris publics, sont fréquemment rédigées en anglais ou en franglais sans que cela n’émeuve en rien le « Conseil supérieur de l’audiovisuel »--Le gouvernement s’apprête à céder au chantage d’un magnat de la production cinématographique qui prétend obtenir des fonds publics pour tourner ses superproductions en anglais--Une initiative de l’Inspection d’anglais invite les professeurs de cette discipline à militer pour l’enseignement en anglais des autres disciplines !--Un cartel de radios commerciales prétend de fait en finir avec les quotas de chanson francophone passant à l’antenne, alors même que les jeunes chanteurs francophones ont de plus en plus de mal à trouver des lieux d’accueil, de lancement et de diffusion--Nombre de colloques universitaires ou scientifiques se tenant en France contournent la langue de Victor Hugo et d’Aragon bien que ces institutions bénéficient du financement public issu des impôts de tous : que devient le devoir pour les intellectuels et des savants, que proclama initialement Descartes en 1637 (Discours de la méthode), de s’exprimer dans la langue d’usage de la population ? --Que devient le droit de comprendre de nos contemporains quand trop de pseudo-experts, de publicitaires, de journalistes s’adressent au public avec des expressions que la majorité des citoyens ne comprend pas ou que pire, elle comprend de travers ?__Nombre d’entreprises imposent à leurs salariés de travailler en anglais ou en jargon franglais, ce qui est source d’humiliation, de discriminations et d’insécurité ; certains secteurs économiques ne recrutent plus que des cadres supérieurs « English Mother Tongue », ce qui institue une préférence nationale à l’envers, symétrique de la honteuse « préférence nationale » lepénisteLes quelques protections qui subsistent encore autour de notre langue commune sauteraient bien évidemment avec la mise en place du « Grand Marché Transatlantique », dit TAFTA, que les autorités françaises et européennes négocient actuellement dans le dos des citoyens__L’UE révèle sa nature dictatoriale en méprisant ses propres traités qui l’obligent à respecter le plurilinguisme : l’anglais devient de facto la seule langue officielle de l’UE et le gouvernement français tolère que Pierre Moscovici, actuel commissaire européen et ancien ministre français, écrive ses « lettres de cadrage » (fustigeant tous les acquis sociaux de notre peuple) en anglais à Michel Sapin. __Déjà, la ministre sarkozyste Christine Lagarde, dite « Lady The Guard », prétendait obliger les hauts cadres du ministère des finances à correspondre en anglais à l’interne !__Le patronat « français » et européen pousse honteusement à la roue : on se souvient du mot du Baron Seillières devenu président du super-syndicat patronal « Businesseurope » et déclarant devant Jacques Chirac : « désormais je ne vous parlerai plus qu’en anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ».__La langue de travail de l’armée française asservie à l’OTAN et à ses entreprises prédatrices devient l’anglais sans que cela émeuve le haut encadrement de la défense de moins en moins « nationale » et de plus en plus atlantique et néocoloniale...
       And so on...
  Alors que le français (entre autres) a façonné l'anglais.
      Oui à l'anglais. Non à l'anglais envahissant!
       Résister à la pulsion mimétique anglo-saxonne, c'est résister à une forme de sujétion, car une langue n'est jamais neutre, elle véhicule et impose ses modèles.
   L'anglomanie vire vite à l'anglocratie.
   On l'a déjà dit: La fuite en avant vers le tout-anglais correspond à des rapports de forces politiques clairement explicités:
   A  l'heure ou le libre-échange euro-américain va se mettre en place, il faut se remettre en mémoire quelques affirmations non dépourvues d'ambiguïtés:
  -"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca
  -« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner
   -Dans son rapport de 1987/88, le directeur du British Council écrit «  Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond.  »
  Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais et que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ...affirmait David Rothkopf dans Praise of Cultural Imperialism, 1997)       
         Une langue n'est pas neutre et son abandon ou son affaiblissement progressif a des incidences sur les structures de la pensée, sur sa maîtrise.
                                     Mais le soft power a sa logique._____
   Le New York Times lui-même se moquait avec mordant de ce que nous sommes devenus:
               "...Ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketing qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l'affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d'Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d'après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français?)
Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culture
. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britanniquev. La diplomatie française s'est mise aussi à l'english, en publiant, sous l'impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l'impérialisme cool de l'anglais », ainsi que l'a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d'être autre chose qu'une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne. ______
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Crise allemande

Publié le par Jean-Etienne ZEN

                    Deutschland unter alles

                                    Absolument pas, mais rien ne va plus in Deutschland. Ce sont les élites politiques qui n'hésitent pas à le reconnaître. Le pays, souvent qualifié déjà de colosse aux pieds d'argile à l'époque récente de sa spectaculaire envolée économique. doit se réinventer à la suite des crises plurifactorielles qu'il traverse. IL n'y pas de quoi nous en réjouir. Toute Schadenfreude serait déplacée et absurde. Nous avons intérêt à ce que notre voisin retrouve la voie de la "normalité", étant donnés les liens tissés avec Berlin et la place déterminante qu'il tient au coeur de L'UE. Même si le dit couple franco-allemand va de moins en moins bien.             


                                                                           ________Ça tangue même vraiment au pays de Goethe:  "...Derrière la « première économie d’Europe », une crise en gestation ? Longtemps, l’hégémonie allemande sur le continent a reposé sur deux piliers : un excédent commercial permis par le marché commun et une énergie à bas prix, qu’autorisaient notamment les importations de gaz russe. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ce second pilier a été brutalement renversé....Rarement un chancelier allemand avait dû faire face à de tels défis. Un temps, Olaf Scholz avait entretenu l’illusion qu’à la tête du SPD, il allait rompre avec les fragilités évidentes du « modèle allemand » et remettre en question les fameuses « lois Hartz IV » de dérégulation salariale. La décision de la Cour met un coup d’arrêt définitif à ces velléités. À présent, tous les budgets des ministères sont revus à la baisse. Seul celui de la Défense est épargné, et l’aide apportée à l’Ukraine a même doublé, passant à 8 milliards d’euros… Dans la perspective d’un nouvel accroissement, Olaf Scholz n’a pas exclu d’utiliser à nouveau l’article 115. Et de créer, ex-nihilo, un énième « fonds »…Cette fois, les louanges de la presse européenne et des milieux bancaires n’auront pas raison de la réalité. Les réussites en termes d’excédents commerciaux ne parviennent plus à masquer les sacrifices exorbitants imposés à toute une frange de la population. L’arrivée au parlement fédéral du parti d’extrême droite AFD (Alternative für Deutschland) avec 94 députés en 2017 – premier groupe parlementaire d’opposition – a bien provoqué un électrochoc dans la société allemande. Aucune réponse politique n’y a cependant été apportée. La présence du parti libéral FDP dans la coalition actuelle, le plus grand défenseur des politiques austéritaires et de la règle des 0,35%, est la garantie qu’aucun changement d’ampleur ne surviendra – si tant est que le SPD ait une quelconque velléité d’en impulser…"                                                                                                                                                                 C'est la panne du naguère réputé moteur de l'UE. Mais à quel prix« L'économie allemande va dramatiquement mal. » ose un responsable. L'AfD pousse ses pions. Outre- Rhin, la nouvelle donne économique , énergétique et militaire ne cesse d'inquiéter. Avant quel rebond possible? Das ist die Frage....

 

 

                             " ,,,,,,Le changement de décor est impressionnant. Dans les années 2010, l’Allemagne pouvait se présenter comme un modèle pour le reste de la zone euro. Les gouvernements néolibéraux européens étaient d’ailleurs fort heureux de pouvoir calquer leurs décisions et leurs politiques économiques sur les désirs et les actes des dirigeants allemands qui prétendaient tracer le chemin de la croissance et de la réussite de l’union monétaire .On se souvient, pour le seul cas français que, de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron, en passant par François Hollande, le « modèle allemand » était le Saint Graal permettant de justifier les « réformes structurelles ». L’histoire est souvent pleine d’ironie. Voici qu’à présent, ces mêmes dirigeants prétendent que suivre le modèle allemand aurait permis de faire mieux que l’Allemagne qui s’enfonce dans la crise. La réalité est bien différente. Les « réformes » n’ont pas permis le décollage promis de la croissance, qui s’affaiblit partout en Europe. Mais les pays qui sont le plus alignés sur l’Allemagne, dont le modèle est le plus proche du mercantilisme allemand et qui dépendent le plus des commandes de ce pays en paient clairement le prix aujourd’hui.....                                              Les « satellites » de l’Allemagne font grise mine. En 2023, le PIB néerlandais n’a augmenté que de 0,1 %, celui de la République tchèque de 0,4 %, celui de l’Autriche de 0,7 %, et celui de la Finlande de 0,5 %… La France, qui s’est engagée dans une forme de « germanisation » de sa politique économique, résiste un peu mieux, mais elle a aussi décroché au regard de la tendance d’avant la crise sanitaire.      Le « génie » économique allemand est devenu une faiblesse et la « locomotive » de la zone euro est devenue sa voiture-balai. Ce retournement de situation n’est pas le fruit du hasard, mais bien de la stratégie mise en place outre-Rhin depuis un quart de siècle. Le modèle était fondé sur des faiblesses majeures qui se sont retournées contre lui-même, et c’est ce que ses défenseurs acharnés en France ou ailleurs ont refusé obstinément de voir, trop occupés qu’ils étaient à « discipliner » la force de travail nationale.      Qu’était-ce donc que ce « modèle allemand » ? À la fin des années 1990 et au début des années 2000, le pays, qui doit digérer la réunification, est déjà qualifié par le président de l’Ifo de l’époque, Hans-Werner Sinn, « d’homme malade de l’Europe ».      Pour redresser la barre, le capital industriel allemand impose alors une stratégie mercantiliste, c’est-à-dire une stratégie fondée sur la priorisation de l’excédent commercial. Pour cela, la priorité est de comprimer les salaires et donc la demande intérieure. L’effet est non seulement d’améliorer la compétitivité-coût des produits allemands, mais aussi de réduire la demande d’importations. En améliorant l’excédent extérieur, on améliore à la fois les profits et le solde budgétaire. C’est là la clé de la pensée ordolibérale qui domine outre-Rhin depuis les années 1950 : la volonté de l’excédent budgétaire et celle de l’excédent commercial vont de pair. La modération salariale est donc imposée dès la fin des années 1990, tandis qu’entre 2002 et 2004, les réformes Hartz de Gerhard Schröder permettent d’assurer le maintien de salaires faibles dans les services, tout en limitant la croissance des dépenses publiques sociales.    L’effet sur la compétitivité de la production allemande va être rapide dans les années 2000. De bonne qualité et désormais plutôt bon marché, l’industrie allemande gagne d’immenses parts de marché. Mais l’équation est facilitée par trois éléments conjoncturels qui ont été, en réalité, les vrais moteurs du « modèle allemand » : la création de la zone euro en 1999, qui empêche toute dévaluation compétitive des concurrents européens, l’apport de gaz russe bon marché pour assurer une énergie à moindre coût et l’immense croissance chinoise qui assure des débouchés massifs aux produits allemands...."                                                                                           Au milieu des années 2010, les piliers du modèle allemand sont fragilisés. Les salariés allemands finissent par demander une part des immenses profits réalisés par les entreprises à l’exportation et la croissance chinoise commence à ralentir, tandis que la demande européenne n’en finit plus de stagner.    Pendant quelques années, l’économie allemande résiste grâce à l’énergie bon marché, qui permet d’encaisser en partie la hausse des salaires réels, et grâce à la politique de taux bas de la Banque centrale européenne (BCE), qui lance une vague d’achats immobiliers assez inédit dans un pays où la culture était plutôt de rester locataire. L’Allemagne connaît alors un boom immobilier qui permet de compenser en partie les premières difficultés de l’industrie. Mais l’illusion ne va pas durer longtemps.    Après la poussée inflationniste et la remontée des taux de la BCE, la croissance du secteur de la construction est stoppée net. En 2023, l’investissement dans la construction a reculé de 2,1 %, la troisième baisse annuelle consécutive après − 1,8 % en 2022 et − 2,6 % en 2021. La martingale ne fonctionne plus, l’économie allemande ne peut plus cacher sa crise industrielle.     Le 22 février 2024, le constructeur automobile allemand Mercedes-Benz, fleuron d’un des principaux secteurs exportateurs allemands, annonce que l’on doit s’attendre à une baisse de sa rentabilité de près de trois points cette année. Le groupe doit faire face à deux défis qu’il peine à relever : un marché chinois décisif pour lui mais qui devient très concurrentiel, avec des prix en baisse et une inadéquation de son offre sur le marché des véhicules électriques, où la marque ne propose que du haut de gamme, alors que le marché se développe surtout sur le bas de gamme.       L’exemple de Mercedes-Benz est un bon résumé des maux actuels de l’industrie allemande. La stratégie mercantiliste est, on l’aura compris, une stratégie du moindre coût et, partant, du moindre investissement. Dans les années 2000 et 2010, les profits industriels n’ont été réinvestis qu’au minimum outre-Rhin, tandis que l’État fédéral, lui, faisaient des économies sur l’entretien et le renouvellement des infrastructures pour afficher avec fierté le « Schwarze Null », l’équilibre budgétaire.      Ce sous-investissement chronique a aussi été un élément clé de la rentabilité du « made in Germany » : il permettait d’afficher des profits importants en jouant sur un quasi-monopole acquis dans certains domaines de pointe, notamment les machines-outils ou les voitures haut de gamme. Mais la situation n’a duré qu’un temps.         Dès la fin des années 2010, le patronat allemand commence à s’alarmer de l’état de délabrement des infrastructures publiques, qui finit par peser sur la compétitivité de l’économie. En parallèle, l’industrie allemande doit faire face à de nouveaux concurrents et à de nouveaux marchés. Et son sous-investissement chronique ne l’a pas préparée à cela.  .......                        La situation allemande est par conséquent bien aussi mauvaise que ce que décrit Robert Habeck. Les chiffres de l’emploi ne doivent pas faire illusion, ils sont une partie même du problème puisqu’ils sont le fruit de la fragmentation de l’emploi et de la baisse globale de la productivité du travail (− 1 % en 2023). ...  Le capital industriel allemand semble incapable de répondre à la situation, sauf en prenant des mesures qui l’aggravent au prétexte de tenter de sauvegarder les profits immédiats : pression sur les salaires qui réduit la demande intérieure et désinvestissement dans l’outil productif qui accroît son retard. Dans une telle situation, le seul recours ne peut être que l’État qui, dépassant le besoin de rentabilité immédiate, peut investir dans l’avenir. Mais, en Allemagne, l’obsession de l’orthodoxie budgétaire rend ce levier inopérant.   Bien sûr, ce tableau ne doit pas laisser penser que l’industrie allemande est en voie d’effondrement. Elle dispose encore de solides positions, notamment en Europe, où la concurrence a disparu. Il ne faut pas oublier que la base industrielle allemande est évidemment bien plus diversifiée et importante que celle de la France, par exemple.   Mais il n’empêche, la puissance industrielle allemande s’effrite et commence à se déliter, sans qu’aucune solution ne semble en mesure d’être apportée en réponse. Le risque d’une longue crise industrielle allemande se dessine donc, qui, si elle se confirme, aura inévitablement des répercussions économiques et politiques sur le reste de la zone euro."[ Romaric Godin __ Souligné par moi_ ]                                                                    _______________                                                    

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Au mépris de la science

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Et de la vie

                             Les circonstances climatiques que nous vivons devraient nous inciter une nouvelle fois à prendre des mesures rapides et efficaces pour redonner à notre agriculture de nouvelles orientations, qui ne soient pas purement productivistes, au nom de l'exportation et de la baisse des prix, de sortir de l'agrobusiness, dont on voit aujourd'hui les effets sur l'environnement. L'alerte vient de loin et les mesures en cours ne vont pas dans le bon sens., que ce soit en ce qui concerne les problèmes du manque d'eau dramatiquement en cours ou la qualité des sols qui se dégradent, compromettant l'avenir.                                                               __  Trop d'intérêts à court terme vont dans le sens contraire de principes souvent proclamés, parfois en haut lieu. Les aides accordées aux exploitations plus écologiques sont peu à peu rognées. La possibilité d'utiliser ou de réutiliser des produits d'ordre phytosanitaires sont élargis. Bref, c'est un grand bond en arrière, qu'applaudissent les lobbies agricoles les plus puissants, profitant d'une représentation au Sénat leur étant plutôt favorable, notamment par la voix de M Duplomb, salué par la FNSEA. Les risques sont déniés.                                                  ___     Des mesures souvent contestées. Des lois ou des projets de loi qui rencontrent de moins en moins de résistance dans les milieux affairistes et conservateurs. Les lois dites d'urgence agricole sont à peine débattues ou abordées à la sauvette. Les partisans de l'agriculture productivistes n'ont jamais eu autant le vent en poupe, à l'heure où l'indifférence gagne du terrain. C'est une régression, en attendant que nous en payions les frais du point de vue sanitaire et environnemental.                                               Comme je le signalais il y a peu: Qu'attendre de la nouvelle loi?

             Une régression. Le doute rationnel n'est plus un rempart. Les lobbies veillent...

                       Les risques, bien réels, son déniés.  Aux USA: la déréglementation devient totale. L'écologie est en berne.


[_ Des alternatives sont possibles _]
 

 

 

                                      Aux dépends des agriculteurs eux-mêmes.

 

 

 

                                  " ...Voulons-nous d’un “printemps silencieux” ? C’est la question que devraient se poser ce mercredi tous les parlementaires, alors que se tient à l’Assemblée un débat sur la “loi Duplomb”. Ce texte, qui prévoyait notamment la réintroduction de certains néonicotinoïdes, a été adopté mais censuré par le Conseil constitutionnel.

                2 131 368 ! C’est le nombre de Français qui ont signé la pétition lancée l’été dernier contre la “loi Duplomb”, qui prévoyait la réintroduction de pesticides nocifs pour les insectes pollinisateurs. Le succès de cette initiative populaire a rendu possible le débat qui s’est tenu aujourd’hui au Parlement. Il devait notamment avoir pour objectif d’évaluer les enjeux du principe de précaution et les moyens de protéger les agriculteurs contre la concurrence étrangère… tout en restant seulement informatif. La loi destinée à “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” a en effet déjà été adoptée – et la réintroduction de ces pesticides censurée par le Conseil constitutionnel, considérant que le législateur doit “veiller à ce que les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne compromettent pas la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins”. Cette décision fait directement écho à l’impératif du philosophe Hans Jonas, formulé en 1979 dans Le Principe responsabilité : “Agis de telle sorte que tes actions soient compatibles avec la permanence d’une vie authhentiquement humaine sur la Terre” !
 
                        "Le sénateur Duplomb a cependant de l’aplomb… Il a déposé en février une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l’usage de deux de ces pesticides. L’élu joue non seulement des incertitudes scientifiques qui entoureraient leurs effets – à la manière des “marchands de doute” dont parle l’historienne des sciences Naomi Oreskes –, mais il réactive aussi une fausse opposition entre l’économie et l’écologie. Or, ce que montrent les études scientifiques, ce sont plutôt les effets délétères de l’usage de ces pesticides pour l’économie elle-même. Le biologiste Marc-André Selosse, dans un bref essai qui vient tout juste de paraître De la biodiversité comme un humanisme (Libelle-Seuil), rappelle d’abord que les maladies liées à la pollution de l’environnement coûtent cher à la communauté. Mais “la perturbation de la fonction de pollinisation par les insectes affecte aussi la rentabilité […]. D’ores et déjà, selon les estimations, de 28 à 61 % des écosystèmes agricoles manquent de pollinisateurs, et cela limite la production, surtout pour les myrtilles, le café et les pommes. Le manque à gagner annuel est estimé, selon l’IPBES [Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques], entre 230 et 580 milliards d’euros par an”. Le problème n’est donc pas que de santé publique, il est aussi économique. Et philosophique ? "... (Philosophie magazine)            ______________________________
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America first

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 L'éternel retour d'un mot d'ordre qui sonne comme un cri de guerre

                      On connaît la formule chère à la rupture trumpienne, à sa prétention à la quasi autonomie économique et politique, pour lui un égoïsme d'Etat bien compris. Et si demain il remettait son objectif sur le chantier?..... Un slogan à géométrie variable au cours de l'histoire du pays,, de l'extrême-droite à l'actuel président, qui a beaucoup joué sur le réarmement économique du pays et le relatif retrait de ses engagements européens et Moyen-Orientaux. Assiste-t-on au retour d'une nouvelle forme d'isolationnisme?                                                                    ____   Tout pays est d'abord tourné vers la conservation et la défense de ses propres intérêts  Mais à des degrés divers selon les époques et la politique du moment, l'économie et le libre échange plus ou moins restreint jouant un rôle de premier plan.

     Par exemple, au 19°siècle, la doctine Monroe a fourni aux USA un cadre non interventionniste, malgré des entorses, nombreuses, malgré le rôle impérial qu'il commençait à vouloir jouer.
  Comme le font remarquer maints observateurs, la guerre a dominé la politique étrangère d'un pays cherchant à repousser toujours plus loin sa mythique frontière et ses influences.
   Mais il y a des oscillations, selon les circonstances. Il semble que nous soyons entrés dans une phase de repli, après des aventures étrangères malheureuses et coûteuses, depuis Kennedy jusqu'à Bush.
           C'est un des slogans favoris de Donald Trump, jouant sur les frustrations réelles ou imaginaires d'une Amérique qu'on dit sur le déclin et dont le jeu politique usé détourne des masses souvent désemparées par les effets d'une mondialisation qui a produit  des effets ravageurs et des inégalités qui vont croissantes.
   Trump n'est pas seulement un démagogue trompeur. Il est, jusqu' à la démesure et la caricature souvent calculée, l'expression, le symptôme du désarroi profond des masses et du doute des élites, sinon on ne s'expliquerait pas son succès relatif mais durable dans cette campagne  électorale atypique.  Il surfe sur les peurs les plus archaïques, tout en les instrumentalisant, aux limites de la bouffonnerie...Il semble amuser la galerie. Et ça marche, malheureusement.

     Aux antipodes de l'ouverture et des projets de simple bon sens d'un Sanders. qui devient finalement inaudible. Mais l'intelligence n'est pas le critère pour concourir à la Maison-Blanche. Trump  n'est pas un clown, comme le dit Jean-Michel Quatrepoint, malgré une possible défaite programmée.
Peut-être seulement un bouffon utile, comme disent certains Américains lucides.
    Le système politique élitiste et affairiste est à bout de souffle comme l'analyse John Mc Arthur
                       Une fin d'empire, comme l'estime Paul Kennedy?
         Obama a mis la pédale douce. Seulement Leading from behind?..
                         S'agit-il d'un vrai repli isolationniste ou d'une stratégie provisoire?                          :   Maya Kandel (directrice du programme sur les Etats-Unis à l'IRSEM, l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire) s’interroge dans un article très complet du dernier numéro de Diplomatie consacré à la politique étrangère d’Obama. « Le Conseil national du renseignement, qui produit périodiquement de très bons rapports de prospective sur l’évolution du monde et son impact pour les Etats-Unis, considère pour la première fois dans son dernier rapport l’activisme ou le retrait américain du monde comme l’une des variables-clés d’évolution des relations internationales (http://publicintelligence.net/global-trends-2030/) La question semble loin d’être résolue à Washington ».                                                                                                                Maya Kandel cite également la dernière étude sur ce sujet du centre Pew parue en décembre dernier (http://www.pewresearch.org/fact-tank/2013/12/04/americans-put-low-priority-on-promoting-democracy-abroad/) « qui montre le scepticisme croissant du public américain vis-à-vis de l’action internationale de leur pays, et le décalage croissant avec des élites qui demeurent beaucoup plus interventionnistes que la population ». Et les deux partis, républicain et démocrate, sont eux aussi traversés par ce nouveau clivage entre engagement et isolement.

    Quand 90 % de la population américaine vit moins bien qu’au début des années 70, il  ne faut pas s'étonner des tendances actuelles de l'électorat (du moins ceux qui votent).
____Les USA  ont toujours oscillé entre ouverture et repli, L'isolationnisme relatif, depuis Thomas Jefferson, surtout entre les deux guerres, où le mouvement America first flirta même avec des tendances pro-fascistes.
    Trop d'intérêts économiques mondiaux sont engagés, ne serait-ce qu'avec la Chine, pour que ces tendances isolationnistes aillent bien loin, en restant surtout un slogan électoral propre à rassurer les masses.....
                                                               ________________________
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Petit billet du dimanche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 __ Déni

__ Colère

__ Vulnérabilité

__ Siphonnage

 

__ Défaillances                    

 

__ Préoccupant

__ Sècheresse

__ Fin de partie?

__ Carte joker

__ Ukraine: le point

__ Elections en question

__ Robots des champs

__ Refuges climatiques

__ Usine modèle?

__ Guerre de vengeance

__ Urgences climatiques

__ Période révolue

                        ____  Ingérences intérieures en question ________

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Résignation et vide politique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 La résignation politique et ses causes

             Que la résignation soit un péril majeur pour la démocratie, surtout en certaines périodes cruciales comme la nôtre, paraît une évidence, Il ne suffit pas de le constater, de le déplorer, un peu tard comme Alain Minc, mais d'essayer d'en comprendre les causes.  Une crise profonde de la démocratie, avec une abstention de plus en plus marquée aux urnes.


                "La marche lente et régulière de Marine Le Pen vers l’Elysée s’alimente de la résignation d’une élite démissionnaire, réfugiée dans le repli et les illusions dont elle se berce. La force illusoire du marché d’abord, qui ramènerait le Rassemblement national (RN) à la raison s’il persistait dans ses élucubrations ; et puis l’exemple de la cheffe de gouvernement Giorgia Meloni qui, de l’autre côté des Alpes, a renoncé à ses positions les plus extrêmes. Sauf que les institutions ne sont pas les mêmes en Italie, puisque l’exécutif chez nous dispose de moyens d’action plus puissants, notamment celui d’organiser des référendums susceptibles de mettre à bas les contre-pouvoirs juridiques, à commencer par celui du Conseil constitutionnel. Se résigner, c’est donc consentir, abdiquer ce que nous sommes. La résignation n’est pas l’adhésion. Mais elle y conduit, de l’assentiment au consentement mou jusqu’à la servitude. Car les barrières immunitaires tombent dès que s’enclenche la mécanique trouble de l’indifférence.                                                                                      Qui ne s’est pas trouvé confronté à ce glissement progressif lors de réunions de famille ou de conversations de bistrot ? Cela commence par un rejet violent d’Emmanuel Macron qui, il est vrai, fait souvent ce qu’il faut pour. Puis vient l’enchaînement avec la « nullité » des oppositions de droite comme de gauche. Ce qui n’est pas faux non plus. Pour arriver à l’évidence du recours au lepénisme. Pour l’« essayer ».   Finalement elle fait partie du paysage et sait se tenir. N’allez pas objecter ses inconséquences multiples, sa soumission à la puissance étrangère russe, ou encore le choc d’une France rabougrie qui n’a été grande que lorsqu’elle s’ouvrait au monde. ....Se résigner, c’est donc consentir, abdiquer ce que nous sommes. La résignation n’est pas l’adhésion. Mais elle y conduit, de l’assentiment au consentement mou jusqu’à la servitude. Car les barrières immunitaires tombent dès que s’enclenche la mécanique trouble de l’indifférence. Les futures élections donnent le vertige, de par les incertitudes quelles engendrent et les craintes qu'elles suscitent: le glissement vers une extrême-droitisation de votes de plus en plus nombreux. Mais il n'y a là rien de mystérieux, même si on le déplore...trop tard. C'est largement l'aboutissement d'un phénomène sociologique et politique qui se déroule depuis une vingtaine d'années. Une modification dans le monde du travail et le glissement vers la précarisation des classes moyennes, sous l'effet d'un néolibéralisme financier qui s'est appuyé sur un déclin de l'Etat, résigné à l'abandon progressif de la chose publique, ont amené un vide politique et une défiance progressive vis à vis de la représentation nationale, dont on voit aujourd'hui les effetsLe glissement progressif des classes moyennes vers le RN avec pour moteur la montée de l’inflation est plus impressionnant encore que l’impact de l’insécurité et de l’immigration.    C’est donc l’indifférence qui prévaut, y compris chez les puissants, qui consentent implicitement au pire. Un mol abandon de soi. Comme si plus personne n’y pouvait rien.     Honoré de Balzac, le génial auteur de la Comédie humaine, ne s’y était pas trompé. Pour lui, la résignation est un poison lent, un « suicide quotidien ».

 


     

 

        Un phénomène de dépolitisation s'est installé peu à peu. Et comme la nature a horreur du vide...les votes protestataires se sont peu à peu rapprochés, comme souvent dans l'histoire, de ceux qui brandissent un nationalisme et un protectionnisme étriqué, comme on l'a observé Outre-Atlantique. Les frustrations et les colères sont largement le résultat de la gestion étatique sans vision et affairiste. Les forces de gauche ont cédé sous la puissance de la déferlante néolibérale, par fatalisme ou adhésion, comme à Terra Nova. Le phénomène est complexe et s'est installé à bas bruit depuis une vingtaine d'années.  Le macronisme et son ambiguïté entretenue est comme le point d'aboutissement de ce processus. Le techno-pouvoir a fait le reste. La presse a suivi, devenue hyper-concentrée autour de quelques pôles financiers de plus en plus réduits.                               ____Les dérives d'une gauche qui a perdu ses repères et ses engagements, en état de coma dépassé, n'a plus rien de proposer à part quelques options sociétales. Les aveux ont été clairs, les dérives certaines, comme le reconnaissait déjà JP Chevenement à une époque. Le hollandisme a donné le coup de grâce.   "... la France va vivre dans trois mois une élection présidentielle, se disait-on naguère le sentiment que la gauche va la perdre l’emporte assez largement. Il est d’autant plus puissant que, même dans l’hypothèse improbable où elles se retrouveraient unies le temps d’un scrutin, les diverses tendances qui composent cette « famille » n’ont plus grand-chose en partage. Comment gouverneraient-elles ensemble, alors qu’elles s’opposent sur des questions aussi essentielles que la fiscalité, l’âge du départ à la retraite, l’Union européenne, la poursuite ou l’arrêt du nucléaire, la politique de défense, les relations avec Washington, Moscou et Pékin ? Seule la peur commune de l’extrême droite les réunit encore. Mais, depuis quatre décennies, l’ascension de celle-ci s’est poursuivie alors que la gauche a exercé le pouvoir pendant vingt ans (1981-1986, 1988-1993, 1997-2002, 2012-2017). Autant dire que les stratégies déployées pour enrayer ce danger ont spectaculairement échoué. Ailleurs qu’en France, le tableau n’est pas plus reluisant. « Ce n’est pas la peine de tourner le couteau dans la plaie. Nous sommes submergés ! La gauche est détruite dans toute une série de pays », admet M. Jean-Luc Mélenchon. qui paraît faire la course en tête à gauche, mais derrière plusieurs candidats de droite et d’extrême droite. En 2002, les sociaux-démocrates dirigeaient treize des quinze gouvernements de l’Union européenne ; vingt ans plus tard, il n’y en a plus que sept sur vingt-sept (Allemagne, Finlande, Suède, Danemark, Espagne, Portugal et Malte). Un effondrement qui n’est pas sans rapport avec un paradoxe cruel que relève M. Jean-Pierre Chevènement : « La mondialisation néolibérale, à travers la liberté de circulation des biens, des services, des capitaux et des hommes, se trouve mise en cause non pas par la gauche, largement ralliée au social-libéralisme, mais par la droite dite “populiste”. ....»                                                Le "tournant socialiste"  de 1983 aura été décisif. La "reconstruction" sera longue et ne se fera pas sans heurts. Mais une inversion des priorités du capitalisme, sous l'effet des crises qui nous attendent, pourraient constituer le début d'une réappropriation des valeurs démocratiques...                                                                                                    Les futures élections donnent le vertige, de par les incertitudes quelles engendrent et les craintes qu'elles suscitent: notamment le glissement vers une extrême-droitisation de votes de plus en plus nombreux. Mais il n'y a là rien de mystérieux, même si on le déplore...trop tard. C'est largement l'aboutissement d'un phénomène sociologique et politique qui se déroule depuis une vingtaine d'années. Une modification dans le monde du travail et le glissement vers la précarisation des classes moyennes, sous l'effet d'un néolibéralisme financier qui s'est appuyé sur un déclin de l'Etat, résigné à l'abandon progressif de la chose publique, ont amené un vide politique et une défiance progressive vis à vis de la représentation nationale, dont on voit aujourd'hui les effets.    _________________________

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Une bombe psychique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Pour nos enfants 

                        Mais pas seulement. Il est des réseaux dits sociaux. Avec leur stratégie pour capter l'attention, pour le plus grand profit de quelques groupes. Mais pas seulement. De mettre aussi parfois pour en péril l'équilibre parfois fragile de nos jeunes, de les soumettre à des images et des modèles contestables, voire pervers; en jouant sur leur immaturité et leurs fragilités. Tout cela sur un mode dit "ludique" et en utilisant à leur insu des algorithmes addictifs. A leur insu.                                                                                                                    Tik Tok, plus que d'autres, est passé maître dans cette tentative de séduction et de fascination. Une méthode bien rodée. qui produit des effets parfois critiques, maintenant bien analysés. Une sorte de bombe psychique, comme on a pu le dire, en dénonçant les effets accablants de l'emprise parfois dramatique de Tik Tok. Des effets souvent dévastateurs. Comparable à une arme de guerre, au service d'une puissance qui n'est pas sans arrière-pensées?..                                                                                                                                           Pour affaiblir nos pays à long terme, par le biais d'une plate-forme toxique? En tous cas les risques sont mal perçus, malgré les critiques convergentes.   Les autorités chinoises, elles, limitent fortement l'accès à TikTok en Chine, elles sont parfaitement informées des effets nocifs sur les enfants et les adolescents.  Comme des ténors de la Silicon Valley, d'ailleurs. La santé mentale, notamment, est particulièrement concernée. Un poison pour nos enfants.                                                                                                                                                                                      Une hypothèse encore discutée, car la Chine ne dit rien. Mais elle agit.  Ou est-ce un effet indirect secondaire seulement...Même si la Pékin a objectivement intérêt à affaiblir l'Europe économiquement par le biais des générations montantes. En favorisant la crétinisation des jeunes esprits chez nous et en offrant d'autres contenus, plutôt culturels (mais pas seulement) à ses propres jeunes?

 

 

Une stratégie d'influence, en tous cas...Avec au moins un projet, une arrière-pensée:

 

 Éduquer les Chinois, abrutir le reste du monde ?

 

 

                     Point de vue  (à mettre en perspective et à relativiser) :  "...Il n’y a qu’à comparer comment fonctionne TikTok en Chine et dans le monde occidental pour comprendre combien l’enfant est un gage d’avenir côté chinois, alors que de l’autre, la mise est sur la fabrication de futurs consommateurs, décervelés et accros.                                                                  Comme une nouvelle guerre de l’opium. Tristan Harris, ancien designer chez Google en 2022 fait une révélation[ii] : TikTok serait la plus grande opération d’influence de l’histoire, et la compare à la guerre de l’opium. Afin de comprendre ce raccourci, il faut remonter au 19e siècle. Les Anglais doivent payer leur thé en or. Il y a une autre solution. Inonder l’empire du milieu d’opium cultivé en Inde. Le résultat est dévastateur. En peu de temps, des millions de nationaux deviennent accros et ainsi, le pays perd 10% de sa population. L’empire s’effondre de l’intérieur et se fait coloniser. C’est le début de la période appelée localement, « le siècle de l’humiliation ». Il y a une citation célèbre de Lin Zexu[iii] : « Si les Britanniques n’ont pas de remords à empoisonner la Chine avec l’opium, pourquoi allons-nous avoir des remords à les empoisonner avec leurs propres armes ?  » Selon Harris, TikTok serait l’opium du 21e siècle exporté par la Chine dans le reste du monde. Pour bien comprendre : Pékin a créé deux versions de l’application : Une qui nationalement instruit les moins de 18 ans en limitant le temps d’utilisation et en dirigeant les contenus ; quant à l’autre, la version mondiale, reste ouverte 24/7 et « distrait » les jeunesses occidentales pour les abêtir.                                               Deux appellations différentes. La version chinoise s’appelle Douyin. Au moins 600 millions d’utilisateurs journaliers. Ce qui est positif pour une fois est le mode de « censure » gouvernementale pour les moins de 18 ans. Surtout pour ceux de moins de 14 ans. Cela se traduit par la mise en place d'un « mode jeunesse », qui bascule automatiquement les mineurs sur des contenus éducatifs et ludiques en rapport avec les sciences, l’histoire, l’art et tout ce qui peut développer de beaux esprits, l’objectif : donner naissance à des vocations chez les adolescents et leur permettre de s’instruire.[iv] Et rêve ultime pour les parents : un temps de consultation limité à 40 minutes par jour et de ne pouvoir accéder à l’application pendant la nuit entre 22h et 6h.[v] Ces fonctionnalités n’existent pas dans la version internationale de TikTok. Au contraire, aucune limite de temps d’utilisation n’est imposée. Quant aux contenus mis en avant, ils sont aux antipodes de ce que propose Douyin aux adolescents : playbacks sur des musiques célèbres, danses, jeux d’acteurs, canulars (pranks), défis lancés, comme par exemple manger et boire en quantité en un temps limité, pousser au consumérisme, au suivisme de la mode. Et des choses plus glauques comme contourner les règles de TikTok interdisent la promotion directe d'OnlyFans où la pornographie des mineurs fait fureur. Le rôle des « influenceuses/influenceurs » qui vidéos après vidéos font la promotion d’un mode vie sans travail, sans faire d’études, et où chaque jour est une Dolce Vita de milliardaire, à la portée de toutes et tous, fait que pour beaucoup d’ados, cela est l’exemple à suivre. D’ailleurs, une enquête demandant à ces jeunes qu’elles sont leurs projections pour l’avenir ? En Chine : astronautes et aux États-Unis, influenceurs sur les RS. Guy Debord avait donc raison dès 1967 avec sa Société du Spectacle                                                                                                                                             Le contenu de Douyin. Un rêve parental et professoral. C’est un Soft Power seulement destiné aux nationaux. Il y a bien des cours de propagande, mais chez nous aussi, donc balle au centre. Les algorithmes montrent des expériences scientifiques à reproduire à la maison, des expositions avec des balades virtuelles dans des musées, des cours sur le patriotisme (qui peuvent faire aimer le pays), des vidéos éducatives et scolaires sur toutes les matières enseignées. Internet, cette fois-ci empli pleinement son rôle de courroie de transmission entre le système instructif, l’éducation parentale et la volonté du gouvernement de considérer que sa jeunesse doit être bien formée afin de porter le pays en avant. C’est du gagnant/gagnant, et je suis moi-même étonné d’écrire autant de bonnes choses sur une société où le contrôle total du citoyen est un art de vivre ou une torture chinoise… C’est au choix !                                                                                                                                                                  TikTok, un cauchemar éveillé. Pour preuve : les créateurs de tous ces réseaux sociaux de la Silicon Valley ont interdit formellement à leurs enfants de passer du temps sur ces RS qu’eux même avaient créés. Les deux différents algorithmes qui régissent les deux applications fabriquent d’un côté une jeunesse ayant le potentiel d’être éveillée, compétitive et instruite, et de l’autre, portent des esprits creux, désinhibés de toutes les pulsions, et ne reconnaissant que le pouvoir de l’argent et ses possibilités de consumérisme, de pulsions instantanées et effrénées. Malgré ces effets néfastes, TikTok incite les utilisateurs à consommer davantage. Il se repose sur un modèle de « digital labour », c'est-à-dire des activités qui ne sont pas vécues comme occupations, mais qui produisent pourtant une valeur pour les grandes entreprises technologiques, mesurant les indicateurs de popularités et de réputation. Pour les internautes, il suffit de faire quelques gestes d’un nouveau dictionnaire  : liker, sharer, s'abonner, swiper, pincer, taper, selfies, roaming, caster, streamer, scroller, etc.[vii] Ainsi, leurs activités deviennent des données qui peuvent être réutilisés pour créer du profit à la plateforme notamment en proposant des publicités ciblées, qui incitera à plus de pulsions de consommation… Un vrai cirque schizophrène de frustrations. Une étude réalisée par l'ONG Amnesty International en 2023 conclut que l'algorithme de TikTok expose fortement et très rapidement, les jeunes à des contenus dangereux et/ou inappropriés à leur âge, incluant notamment la promotion du suicide et de l'automutilation. Les internautes ayant ce profil et montrant un intérêt pour ces sujets via les mots-clés entrés dans le moteur de recherche du réseau se retrouvent, dès les douze premières minutes, exposés, via la rubrique "Pour toi" de leur fil d'actualité, à une quantité massive de vidéos de ce type, susceptibles de renforcer leur mal-être. Ainsi, nous fabriquons en occident un Frankenstein social, qui en grandissant devient contrôlable, dans son incontrôlabilité de ses pulsions primaires. Des individus ne vivant qu’avec une partie du cerveau : le reptilien et le limbique. Adieu, au néocortex, ses pensées rationnelles et sa conscience. Gone with the Wind… 4 ever !                                                                                                        L’avenir, sera-t-il chinois ? Je ne vais pas vous faire le coup de Quand la Chine S’éveillera…Ce qui est certain c’est qu’une guerre de civilisation se déroule sous nos yeux pour savoir qui va prendre le contrôle des esprits. L’Amérique avec son Soft Power depuis 1945 a dominé. Mais depuis la création du groupe des BRICS, un déplacement des pouvoirs a eu lieu. L’Amérique est en plein marasme économique, financier et est gouverné par un demi-fou. Quant à sa population, laminée par des décennies de malbouffe, de TV poubelle, de wokisme, de LGBTTRXWZ et noyauté par les lobbies militaires, industriels et pharmaceutiques ; cette America way of Life qui fut la première puissance mondiale à tout l’air d’un boomer souffreteux en fin de course. La place étant donc à prendre, un bloc formé par la Chine, l’Inde et la Russie sont ceux qui peuvent bouter hors champ « the America Great Again » de Donald ; car celui qui détient le pouvoir d’information, détient le pouvoir de désinformer à ses avantages. Les vidéos courtes de la plateforme ont sur-utilisé la technologie algorithmique, qui est susceptible de pousser l’utilisateur dans une « chambre d'écho » homogène.[viii] Et ces chambres peuvent contribuer à la diffusion d'informations trompeuses, de fausses nouvelles ou de rumeurs. NewsGuard a conclu de ses tests de 2022 qu'en moins de 40 minutes, l'utilisateur de TikTok se voit proposer des vidéos aux contenus faux sur l'actualité, et plus encore, si l'application est utilisée comme moteur de recherche. Sur 102 millions de vidéos retirées par TikTok au 1er semestre 2022, moins de 1 % l'ont été pour désinformation. Selon Global Witness, l'exposition aux fausses nouvelles y est pire que sur Facebook et YouTube : 90 % des contenus de désinformation créés pour une étude par Global Witness ont été approuvés par TikTok. Ainsi, avoir le pouvoir de formater les esprits jeunes et de les désinformer ne peut être que profitable à un pays qui ne s’embarrasse pas trop de démocratie.[ix] C’est le cas de la dire, le ver a été introduit dans la papaye occidentale et il s’y développe doucement, mais sûrement. Alors, comme la question posée, l’avenir sera-t-il chinois ou pas ? On pourra toujours répondre en opposant deux proverbes du cru : « Avec le temps et la patience, la feuille du mûrier devient de la soie. »-« Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le. »                            Perso, je ne suis pas optimiste sur la question, sachant combien la patience chinoise est infinie, sa résilience énorme, sa population nombreuse et surtout, savoir que « Le sage ne tire jamais la queue du tigre, même lorsqu'il dort. » Ce qui est certain, c’est que nous l’avons réveillé…            _____________

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Croissance sans fin?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

      La religion de la croissance à tout va, sans horizons, qui fut longtemps une sorte de culte, où la production et le consommation étaient les deux piliers et le PIB, l'horizon indépassable, tout cela a vécu. Nous sommes dans l'époque incertaine où les remises en cause des dogmes économiques se cherchent, sous la pression de la conscience des limites d'un monde fini et des urgences climatiques. Mais les contradictions sont là, malgré les urgences. Tout semble revenir "comme avant" en matière d' investissements dans les hydrocarbures, par exemple. C'est encore toujours à l'aune de la consommation qu'est surtout jugé le développement social. Des économistes eux--mêmes ne cessent d'alerter sur cette fuite en avant qui se poursuit, entre deux moments de prises de conscience, de lucidité. 


                               Le mythe s'auto-entretient, même si l'on sait, conformément au vieux proverbe chinois que" les arbres ne montent pas jusqu'au ciel". Sans qu'on remette trop en question la vieille croyance au progrès... Cette notion confuse renait de ses centres. La notion de PIB, cette notion confuse, garde toujours son aura. Celle de décroissance ne peut convaincre, celle de croissance soutenable est un pîs aller. Depuis le Rapport du Club de Rome, des consciences se sont un peu éveillées. Puis on a oublié, trop souvent, alors que l'urgence est plus grande. Ralentir ou périr, tel semble être le dilemme qui se pose aujourd'hui. En n'oubliant pas cet avertissement de Bob Kennedy en 1968: 

                     « Notre PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l’air, la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre des jouets correspondant s à nos enfants.

En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l’intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. (…)

En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. »

Robert F. Kennedy

discours à l’université du Kansas,

le 18 mars 1968.

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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

    Si, après la guerre de 14, qui a remis en question bien des empires, notamment la dissolution de l'empire ottoman,  cet accord (ou ce marchandage colonial) n'avait pas existé...la fin du Moyen-Orient eut été changé...  De grands effets peuvent suivre de petites causes, comme disait Pascal.  L'Orient "compliqué" (comme disait de Gaulle), comme le Levant, serait doute plus simple à comprendre, car certainement moins conflictuel, surtout depuis les dernières décennies.                                                                                                      Selon  Henry Laurens  Laurens: « Un certain nombre d’esprits romantiques du Caire, dont le plus célèbre sera T.E. Lawrence, le futur Lawrence d’Arabie, misent sur une renaissance arabe qui, fondée sur l’authenticité bédouine, se substituerait à la corruption ottomane et au levantinisme francophone.  Ces Bédouins, commandés par les fils de Hussein, les princes de la dynastie hachémite, accepteront naturellement une tutelle britannique “bienveillante”. Londres leur promet bien une “Arabie” indépendante, mais par rapport aux Ottomans.____De leur côté, les Français veulent étendre leur “France du Levant ‘ à l’intérieur des terres et construire ainsi une grande Syrie francophone, francophile et sous leur tutelle.’ Français et Britanniques ont un intérêt commun à rallier à leur camp les tribus arabes, pour les retourner contre les Ottomans. Mais tout en leur faisant de grandes promesses, ils négocient secrètement, derrière leur dos, leurs futurs zones d’influence.  Mark Sykes et François Georges-Picot s’y attellent pendant plusieurs mois de négociation difficile, pour aboutir en 1916 à la signature d’un accord signé par l’ambassadeur de France à Londres, Paul Cambon, et le secrétaire au Foreign Office, Edward Grey.                                                     Fin 1915, toutefois, comme le raconte Jeremy Wilson, auteur d’une formidable biographie de Lawrence d’Arabie (éd. Denoël, 1994), un négociateur britannique résume l’impasse dans un mémorandum : ‘Ainsi que vous le verrez, les choses ne démarrent pas très favorablement, ce qui n’est pas très surprenant avec Picot comme représentant français. Les prétentions de Picot sont absurdes et ses arguments valent pratiquement zéro’.” Dans ce choc des puissances coloniales, plus habituées à se combattre depuis des siècles qu’à coopérer, le personnage de François Georges-Picot cristallise les ambitions contradictoires. Le 10 décembre 1915, un négociateur britannique écrit à son ministère : “Le choix de Picot pour les représenter est une indication décourageante de l’attitude des Français. Sur la question syrienne, Picot est un fanatique notoire et il est absolument incapable de participer à un règlement mutuel sur la base du sens commun raisonnable qu’exige la situation actuelle.”  Les Britanniques redoutent que l’affichage des ambitions françaises sur la Syrie, incarnées par François Georges-Picot, ne rendent plus difficile le soulèvement des tribus arabes contre l’Empire ottoman auquel s’active Lawrence d’Arabie. Ils ont appris qu’un diplomate français en poste au Caire a déclaré à un notable arabe de Damas que le gouvernement français n’accepterait jamais que la Syrie fasse partie d’un empire arabe. Ce diplomate, selon Londres, aurait annoncé la couleur :“La Syrie sera sous le protectorat de la France et nous enverrons bientôt une armée pour l’occuper.”                                                                                                                                   Quelques mois plus tard, néanmoins, l’accord se fait entre Sykes et Georges-Picot, ratifié par les deux gouvernements qui font passer leur intérêt à gagner la guerre en Europe avant leurs rivalités au Moyen-Orient. D’autant que, selon Jeremy Wilson, les Britanniques se disent que cet accord a toutes les chances de ne pas être appliqué..."                            Avec l'accord secret franco-britannique Sykes et Picot, établi en 1916 sur un coin de table en fonction des intérêts géopolitiques et économiques franco-anglais, on a un des éléments importants pour comprendre les convulsions anciennes, récentes et actuelles du Moyen-Orient, sur fond d'enjeux pétroliers...

      Il y a bientôt 100 ans...Ce fut le dépeçage de l'empire ottoman, prélude à des bouleversements  profonds..  en attendant les interventions des néoconservateurs américains en quête d'un nouvel ordre, sur la base d'un désordre planifié (réputé créateur!) jouant sur les prétextes sécuritaires, les divisons internes, les connivences saoudiennes, les intérêts pétroliers... menant de proche en proche au chaos actuel, dont on voit qui en tire les marrons du feu, quel Frankenstein en est issu, reposant le problème des frontières dans les pires conditions.
        A la faveur de l'agonie d' un empire, homme malade de l'Europe, des frontières furent remises en question

                  La crise actuelle en Irak laisse à penser que les frontières actuelles du Moyen-Orient sont réellement menacées d’éclatement. "Il y a un risque réel de reformation dans la région dans les années qui viennent", reconnaît Didier Billion, qui estime que l'EIIL est le groupe djihadiste le plus puissant actuellement. 
                                 Au coeur d'un conflit mondial meurtrier, Paris et Londres refaisaient le Moyen-Orient sur le dos des Arabes. 
                 C’est une page d’histoire vieille d’un siècle qui est en train de se refermer progressivement, dans les fracas de la guerre. En 1916, en plein conflit mondial et dans le plus grand secret, Français et Britanniques redessinaient la carte du Moyen-Orient post-ottoman en s’attribuant des zones d’influence : ce sont les célèbres accords Sykes-Picot que les convulsions actuelles de l’Irak menacent, de facto, de détruire...

 ...L’état d’esprit concernant le futur Moyen-Orient est parfaitement résumé dans un article du Monde diplomatique de 2003, par Henry Laurens, professeur au Collège de France et grand connaisseur de l’histoire de cette région :

        « Un certain nombre d’esprits romantiques du Caire, dont le plus célèbre sera T.E. Lawrence, le futur Lawrence d’Arabie, misent sur une renaissance arabe qui, fondée sur l’authenticité bédouine, se substituerait à la corruption ottomane et au levantinisme francophone. Ces Bédouins, commandés par les fils de Hussein, les princes de la dynastie hachémite, accepteront naturellement une tutelle britannique “bienveillante”. Londres leur promet bien une “Arabie” indépendante, mais par rapport aux Ottomans. De leur côté, les Français veulent étendre leur “France du Levant ‘ à l’intérieur des terres et construire ainsi une grande Syrie francophone, francophile et sous leur tutelle.’  Français et Britanniques ont un intérêt commun à rallier à leur camp les tribus arabes, pour les retourner contre les Ottomans. Mais tout en leur faisant de grandes promesses, ils négocient secrètement, derrière leur dos, leurs futurs zones d’influence...
                   Selon H Laurens: ... En 1918, la question pétrolière devient dominante. Selon l’accord, la France devrait contrôler la région de Mossoul, où se trouvent d’importantes réserves potentielles, mais les Britanniques, eux, ont les droits de concession. Georges Clemenceau veut bien satisfaire le groupe de pression colonial, mais en se limitant à une « Syrie utile » ne comprenant pas la Terre sainte, mais permettant un accès aux ressources pétrolières......
        La division du Proche-Orient en plusieurs Etats n’était pas en soi condamnable : les Hachémites l’avaient envisagée dès le début en faveur des fils aînés de Hussein. Mais elle s’est opérée contre la volonté des populations et en utilisant une rhétorique libérale que l’utilisation de la force rendait vide de sens. Par rapport à l’évolution politique de la dernière décennie ottomane, où la cooptation des notables et l’établissement d’un système électoral, certes très imparfait, avaient tracé la voie à une vraie représentation politique, l’autoritarisme franco-anglais constitue une régression durable.
            En tant que découpage territorial, le partage a duré, essentiellement parce que les nouvelles capitales et leurs classes dirigeantes ont su imposer leur autorité sur le nouveau pays. Mais les événements de 1919-1920 furent ressentis comme une trahison des engagements pris (en premier lieu, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes). Ils dépossédèrent surtout les élites locales de leur destin. Quand le nationalisme arabe reviendra en force, il ne reconnaîtra pas la légitimité de ce découpage et appellera à la constitution d’un Etat unitaire, panacée à tous les maux de la région. Les Etats réels seront ainsi frappés d’illégitimité et durablement fragilisés. La constitution du Foyer national juif entraînera la région dans un cycle de conflits qui semble loin de se terminer....
                           ______  Il a fallu compter avec le double jeu anglais à l'égard de la Palestine.
        En annonçant, en juillet, la création d’un « califat islamique », après la prise de Mossoul, le chef de l’« État islamique », cette force islamiste radicale qui ravage l’Irak et la Syrie, proclamait son intention « d’effacer les frontières coloniales des accords Sykes-Picot ». Et il est vrai que les frontières entre les États du Moyen-Orient (Turquie, Irak, Syrie, Liban, Palestine et Jordanie) découlent du coup de crayon tracé le 16 mai 1916, en pleine guerre mondiale, par deux diplomates, l’Anglais Marc Sykes et le Français Henri-Georges Picot, sur la carte de l’Empire ottoman. Un empire en grande difficulté depuis quelques décennies déjà : ses sultans avaient du mal à contrôler les peuples disparates et remuant de territoires qui s’étendaient du Caucase à l’Algérie et que grignotaient avec appétit les puissances européennes. Les Français avaient déjà pris l’Algérie ; les Anglais l’Égypte, et les Italiens la Libye, tandis que la Russie tsariste s’était imposée dans le Caucase. Ils allaient profiter de la Première Guerre mondiale, où la Turquie s’était rangée du côté de l’Allemagne, pour lui porter le coup de grâce : la ligne tracée par les deux diplomates allait de Mossoul à Haïfa. Tout ce qui était au nord reviendrait à la France, ce qui était au sud, à l’Angleterre.
      Pour les combattants de l’État islamique, point n’est besoin de visa ni de passeport pour passer de la Syrie à l’Irak et vice versa. La kalachnikov suffit. « Nous ne croyons pas à l’accord Sykes-Picot », se vantent-ils...______
- La face cachée du pétrole -   Reconfiguration des conflits -

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Haïti: malédiction?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Descente aux enfers

    Mais pas par hasard. La violence extrême qui règne dans l'île est d'un niveau jamais atteint. Une catastrophe humanitaire sans précédent au coeur de cet Etat failli. On a pu appeler ce bout de territoire caribéen une île maudite, en oubliant qu'elle fut un temps florissante, dans le giron de la France, produisant même des écrivains remarquables. Mais depuis des décennies, rien ne va plus. La déshérence est devenue des plus  tragiques.                                                                                                                                                         Qui arrêtera la chute d'Haïti?   Comme frappée par le sort, l'île n'en finit pas de partir à la dérive. Comme si elle était maudite. Cela continue et s'aggrave, au point qu'il est question de faire intervenir une force extérieure pour essayer de remettre sur pied ce pays failli.                                       Si l'intervention du Kenya aboutit à remettre un début d'ordre, notamment dans la capitale, où les gangs font la loi, il faudra du temps pour éradiquer le cycle de la violence et rétablir un certain ordre politique durable. IL faut dire que l'histoire de l'île, après des débuts prometteurs, mais un développement empêché, est marquée par des chocs politiques nombreux. Sans parler des catastrophes naturelles. Les dictatures récentes, dont celle des Duvalier, ont précipité la dégradation des structures du pays. L'intervention des USA n'y est pas pour rien.     


          S'il est un pays que l'on pourrait qualifier de "maudit" , c'est bien cet Etat insulaire, qui connaît régulièrement une succession de catastrophes. Des phénomènes qui ne sont pas seulement naturels. L'histoire ancienne et récente de Port au Prince montre qu'elle fut longtemps victime de violences externes et d'incuries internes, de corruptions dont Duvalier, soutenu par les USA, fut une figure remarquée. Le chaos s'est installé durablement et les aides internationales furent sans grands effets, mal organisées ou détournées.  Le pays, qui fut un modèle à l'époque coloniale, connut des relations "compliquées" avec son voisin US, pas toujours désintéressées, semble vivre un calvaire sans fin, Cette descente aux enfers n'était cependant pas inéluctable...Il n'y a pas de fatalité.

 

 

              ___  La "malédiction" plane sur Haïti__   Depuis trop longtemps. La descente aux enfers continue. La nature meurtrière et la gestion politique  désastreuse se conjuguent pour aller  à l'encontre des intérêts des habitants, qui, abandonnés, ne voient pas d'espoir.    La solidarité ne peut pallier à l'abandon, la catastrophe sismique et la défection des institutions, de l'Etat failli. Une décennie perdue, malgré les bonnes intentions affichées des instances donatrices qui se sont précipitées sur le grand blessé.  Des promesses trahies.

 

               Où sont passés les milliards promis pour la reconstruction?
        "....Haïti est un pays dévasté, englouti dans de violentes crises sociales et politiques. La misère y est encore plus grande qu’avant 2010. L’État n’est plus « failli », comme le diagnostiquaient les experts avant le séisme. C’est un État disparu, évanoui, qui laisse les 12 millions d’Haïtiens à la merci d’un clan qui tient la présidence de la République et de gangs criminels qui contrôlent de larges parties du territoire (lire nos précédents reportages ici et ici).     Collision du calendrier : depuis ce lundi 13 janvier, la République haïtienne n’a plus de parlement (le mandat de ses élus a expiré et il n’y a pas eu d’élections). Le gouvernement est démissionnaire depuis le printemps 2019. Le budget n’a pas été voté depuis trois ans. L’économie est en récession. L’inflation explose. Les services de base (éducation, santé, administrations) ne sont plus assurés ou si peu.   ...l’incurie et la corruption de la classe politique haïtienne, la violence des élites exercée sur une population misérable, la prédation de la richesse nationale par une douzaine de familles qui tiennent 80 % de l’économie du pays ne suffisent pas à expliquer le désastre en cours. Le bilan est aussi celui de la communauté internationale, celui des grands acteurs de l’« aide » qui, en dix ans, a accéléré la destruction d’Haïti.      « Livrée, déshabillée, nue, Port-au-Prince n’était pourtant point obscène. Ce qui le fut, c’est sa mise à nu forcée. Ce qui fut obscène et le demeure, c’est le scandale de sa pauvreté », écrivait Yanick Lahens, dans son livre Failles, publié quelques mois après le séisme de 2010. « Haïti tient une place exemplaire dans toute généalogie de la fabrique moderne de la pauvreté », ajoute-t-elle dans un texte récent.    « La catastrophe ici est de plusieurs autres grandes villes du pays. Ban Ki-moon, alors secrétaire général de l'ONU, se proclama « grand ami d’Haïti », et propulsa Bill Clinton, autre grand ami d’Haïti, à la vice-présidence de la Commission intérimaire pour la reconstruction. Il s’agissait alors de rassurer les pays donateurs – et le Congrès américain – sur la bonne utilisation des milliards de dollars à venir…"
           "...Une catastrophe qui dure depuis dix ans et se perpétue, mais dont aujourd’hui la laideur est nue », écrit également l’écrivain Lyonel Trouillot dans une tribune publiée dans Le Club de Mediapart.   ...Dès les années 2000, bien avant le séisme, Haïti avait déjà gagné son surnom de « République des ONG ». Mis sous tutelle par l’ONU en 2004, avec l’envoi d’une force armée de maintien de la paix (Minustah), le pays allait devenir le laboratoire des expérimentations les plus folles des bonnes âmes humanitaires. S’engouffrant dans les vides laissés par un État défaillant et en crise, des ONG de bric et de broc allaient se livrer à un concours Lépine du n’importe quoi (lire ici notre article de 2009).      Tant pis pour les ONG puissantes et expérimentées. Tant pis surtout pour les Haïtiens, « la fabrique moderne de la pauvreté » pouvait commencer au nom du bien et du bon. Consultants, experts avisés, associations de toutes sortes, sectes évangéliques ou doux illuminés sont venus « sauver Haïti ». Chacun avec son avis, sa recette, ses crédits. .."      
          Bref, le pire continue.
                  Un peu d'histoire ancienne et plus récente permet de comprendre pourquoi on n'en est arrivé là, par un engrenage infernal, dans cette île autrefois prospère et exemplaire dans la région. Mais la spirale de la dette....

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