Overblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

L'épouvantail

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La dette fait peur

                 On comprend pourquoi. Nous confondons le plus souvent dette privée et dette publique, ou on nous fait croire que c'est la même chose. C'est culpabilisant. Mais l'Etat n'est pas un ménage. La dette n'est pas le problème que l'on croit ou que l'on présente de manière dramatisée, de manière politiquement surjouée.   Il importe d'abord de dédramatiser. "... La dette profite avant tout à une minorité c’est-à-dire à ceux qui détiennent un patrimoine financier, alors que tous les contribuables, eux, payent à travers leurs impôts les intérêts de la dette...."    (voir ICI)   La situation est compliquée, certes, mais pas insoluble. La France est loin du chemin de la Grèce...


                                                          ___   Selon T.Porcher,   "...L'endettement est un épouvantail qu'on agite pour faire de l’austérité. Chaque fois qu'il y a des coupes dans les services publics, cela profite au secteur privé. Dans tous les pays où vous avez une dépense publique faible, vous avez une dépense privée très élevée. Le secteur privé en profite d’autant plus que face à la concurrence internationale, nous avons très fortement baissé la fiscalité sur les grandes entreprises. Beaucoup de grandes entreprises arrivent à échapper, en grande partie, à l'impôt via des mécanismes d'optimisation fiscale.          Prenez par exemple le CAC 40 en France : il y a 1 200 filiales dans les paradis fiscaux. Si les entreprises y vendent des choses qu'elles produisent, pourquoi pas ? Mais si elles ne produisent pas et n'ont pas d'outils de production là-bas, c'est qu’elles y sont pour d’autres raisons. Il faudrait s'interroger là-dessus. Donc la mondialisation a baissé, via la concurrence, les niveaux de fiscalité. Mais elle permet aussi, via des mécanismes fiscaux, d'éviter de payer l'impôt et donc, en partie, de plomber les comptes.                                                                 L'endettement n'est pas un problème parce que les investisseurs veulent encore acheter notre dette. C'est ça, le paradoxe. Je ne dis pas qu'il faut continuer comme cela ad vitam aeternam, mais en fait, ces dix dernières années, nous avons utilisé la dette pour pratiquer de l'austérité dans les services publics, tout en baissant très fortement les impôts. Il y a eu 70 milliards de baisses d'impôts, dont 40 milliards sur les entreprises.  Mais de l'autre côté, cela oblige à couper dans la dépense publique. Et ces dix dernières années, il y a des investissements qui n'ont pas été faits, par exemple à l'hôpital. Un an avant la crise, une aide-soignante du CHU de Rouen a interpellé Emmanuel Macron en lui disant que le système de santé avait besoin de moyens. Il lui répond : « Il n'y a pas d'argent magique. » Il lui dit que la priorité est de réduire la dette et le déficit. Un an après, il explique qu’il va réaliser un plan massif d'investissements pour l'hôpital public.                            La dette a souvent servi pour ne pas faire les investissements nécessaires en temps et en heure. Pourtant aujourd'hui, notre dette est soutenable. Pourquoi ? D’abord parce que les taux d'intérêt, même s'ils augmentent, sont plus faibles qu'il y a six mois.  Deuxièmement, parce qu'il y a deux fois plus d'investisseurs qui veulent acheter notre dette qu'on émet d'obligations. Cela signifie que les investisseurs demandent encore notre dette. Ce qu'il faut, c'est être crédible, proposer un plan de réduction du déficit sur cinq ans ou un peu plus longtemps et ne pas faire des coupes sévères comme nous le faisons. Nous allons couper 60 milliards, soit 2 % du PIB, ce qui équivaut au premier plan d'austérité de la Grèce, qui a eu un impact négatif sur la production et in fine fait augmenter la dette.                                                   En fait, ce que nous percevons actuellement dans les carnets de commandes des entreprises, c’est que nous n’avons plus un problème d'offre, mais un problème de demande. Il faut donc relancer la demande, en augmentant les salaires. Parce qu'aujourd'hui, beaucoup de gens n’arrivent pas à vivre avec le salaire minimum. Et il faut également faire des investissements publics massifs, parce que plein de secteurs ont besoin d'investissements publics : l'éducation, la petite enfance, les maisons de retraite, mais aussi la rénovation des bâtiments, les voitures électriques, l'innovation.    Tous les pays le font, à commencer par les États-Unis, et Trump poursuivra. D'ailleurs, ce qui est assez intéressant, c'est que les débats entre Donald Trump et Kamala Harris abordaient très peu la question de la dette, alors que la leur est supérieure à la nôtre et leur déficit également. Les Chinois ont augmenté de plus de 100 milliards leur déficit pour financer leur plan de relance. Donc, des deux côtés, les concurrents de l'Europe font des plans de relance. Nous nous enfermons dans des questions de déficit ou de dette, alors que nous devrions faire l’inverse. Nous sommes en train de reproduire les mêmes erreurs qu'en 2010. Mais si ce modèle a été abandonné, c’est parce qu’il a failli : dans les années 1970, lors de la stagflation (mélange de stagnation et d’inflation) qui a suivi les chocs pétroliers, et au début des années 1980, avec le plan de relance de Mitterrand. Je ne suis pas d'accord. Il ne fallait pas faire de la relance pour faire de la relance, parce que dans ce cas, nous risquons de redonner de l'argent à plein d'entreprises qui vont continuer à délocaliser et à pratiquer de l'optimisation fiscale. Pour que la relance marche, il faut un stratège à la tête de l’État. Il faut bien choisir les secteurs.                                                                   Dans l'état actuel des choses, si vous relancez en période de mondialisation, l'argent ira tout droit dans la poche des actionnaires. C'est ce qu’il s'est passé avec le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) : une grosse partie a été captée par les actionnaires. C'est également ce qu’il s'est passé avec la baisse de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune). C'est normalement le but du commissariat au Plan de choisir les secteurs et d’expliquer comment une relance peut être efficace. Et quand on lit leurs rapports, aucune solution n’est proposée.  Après 1981, effectivement, Mitterrand a vite changé d'avis. Au départ, c'était un petit peu bricolé, mais il y avait quand même des choses qui étaient intéressantes. D'ailleurs, un article de Liêm Hoang-Ngoc dans Marianne explique qu'il y avait des réussites sur certains points. Mais les socialistes ont paniqué dès qu'ils ont eu un peu d'inflation. Ils auraient peut-être pu continuer. Mais pour que ce modèle existe, est-ce qu'il ne faut pas, au préalable, rompre le libre-échange et retrouver un peu de souveraineté sur la monnaie ?                Ce serait mieux. L'euro a été mal ficelé. À cause de lui, aujourd'hui, il y a de la concurrence sur le social, sur le fiscal, parce qu’il n’y a plus la possibilité de dévaluer. Mais sortir de l'euro, c’est autre chose. Même si techniquement cela a été théorisé par plein de gens, dans les faits, je pense que l’impact serait trop brutal, dans une situation où les gens comme l'économie sont très fragiles. Je ne sais pas si quelqu'un serait prêt à le vivre. Donc il faut faire avec.                                                                                                                                              Il y a deux solutions. Soit on part du cadre européen et on tente de réformer l'Europe. C'est un peu le serpent de mer dont on parle depuis Yanis Varoufakis, Podemos, etc. Soit on se dit qu’on reprend une partie des leviers, notamment la politique budgétaire à l'échelle nationale, en taxant par exemple les plus riches, etc. Au niveau national, nous avons quand même des marges de manœuvre.                                                                                                                                    Déjà, parce que c'est une économie qui renforcerait les services publics. Et vous savez ce qu'on dit ? Les services publics, c’est le patrimoine du pauvre. L'éducation, la petite enfance, l'hôpital, cela touche beaucoup de monde, notamment avec une population qui vieillit : 80 % des dépenses de santé se font après soixante ans et nous sommes en train de faire encore des économies sur l'hôpital et nous voulons en faire sur les retraites. C’est une économie dans laquelle le modèle social serait préservé et les services publics seraient relancés. [ "Il est temps de remettre l'économie à sa place : au service des besoins sociaux et des écosystèmes"]  Enfin, il y a la question du meilleur partage de la richesse créée, que ce soit avant la taxation ou après. Actuellement, dans la distribution des revenus primaires, il y a des différentiels que j'estime trop grands. Il faudrait réduire l’écart entre revenu primaire et préserver nos mécanismes de redistribution. Tout cela profiterait à la majorité de la population. Cela ne signifierait pas que les 1 % s’appauvriront. Lorsque nous regardons les années 1950 à 1970, les 1 % s'enrichissaient toujours, mais moins vite que le reste de la population. Depuis, ils s'enrichissent plus vite. C'est cela qui n'est pas normal.                                     _Le keynésianisme a été un modèle qui a sauvé le capitalisme, en le régulant. Ne faut-il pas peut-être sortir de ce mode de production ?_ L’anticapitalisme, c’est intéressant théoriquement parlant, dans les débats, dans des échanges intellectuels. Mais concrètement, je constate autour de moi que la plupart des gens veulent juste avoir un peu plus de revenus, pour pouvoir avoir un peu plus de loisirs et partir en vacances, avoir des meilleures conditions de travail, des meilleurs transports publics...."   _____________

Partager cet article
Repost0

…

Publicité

Petit billet du dimanche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Vichy

__ El Nino

__ Taxation

__ Convergences

__  Diffamation

 

__ Vulnérabilité                      

 

__ Impôts: inégalités

__ Dark Chickens

__ Court-termisme

__ Pisa en question

__ Greenwashing II

__ Bati scolaire en question

__Contrats juteux

__ Diesel russe

__ Natacha en route

__ Culture sacrifiée

                ________________   Revue (libre) de presse   _________

Partager cet article
Repost0

…

Sciences: crédibilité et intimidation

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Toutes les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire

                        Aux yeux de certains ou à certaines époques.

    Les chercheurs avancent souvent sur des chemins semés d'embûches. Leurs productions, même partielles sur certains sujets peuvent provoquer le rejet ou le harcèlement. Il y a des vérités qui dérangent des a priori mais surtout certains intérêts . Moins on sait, plus on croit en savoir... La pensée critique est nécessaire, mais la mise en question systématique des connaissances éprouvées   Il arrive que le discours scientifique soit contesté, en connaissance de cause. Darwin déjà fut vite attaqué sur ses premiers travaux, qui se révélèrent féconds. 


                                                                  Une défiance qui grandit, paradoxalement. Pas seulement dans l'Amérique de Trump. Une régression parfois effrayante, un relativisme confondant et une ignorance époustouflante, alimentant des formes de complotismes divers et variés, jusqu'au délire. La liberté scientifique est en danger un peu partout.

 

I        l y a ignorance et ignorance, bien sûr.. Il y a l'ignorance ordinaire, courante, qui résulte d'un défaut de savoir, parfois souvent provisoire, celle du commun des mortels dont l'esprit n'a pas été préparé à se poser les bonne questions, qu'on pourrait qualifier d'ignorance simple, explicable, et celle du scientifique, qu'on peut qualifier de "savante", confronté à des questions pour un temps - parfois très long - insolubles, à cause de leur complexité, souvent provisoirement,  un temps donné, celui de la recherche patiente et méthodique. Aucun savoir ne progresse sans certitudes premières remises en question, le plus souvent dans une démarche collective où se confrontent les hypothèses, patiemment vérifiées, dans laquelle le doute (méthodique) joue un rôle majeur. G. Bachelard a bien décrit cette dialectique en dehors de laquelle aucune pensée rationnelle, dans quelque domaine que ce soit, ne peut voir jour....                                                                                             Et y a l'ignorance "construite", non désintéressée, qui a pour projet implicite, masqué, de détourner les esprits de la pensée informée et critique, au nom d'intérêts masqués, mais âprement défendus, en biaisant des résultats établis, en les édulcorant, en exploitant certaines de ces failles, en utilisant certains chercheurs peu scrupuleux pour abonder dans leur sens pour semer la confusion et le doute et continuer leurs petites affaires en retardant toute mesure coercitive. On connaît la stratégie des cigarettiers qui financèrent de nombreuses études biaisées pour  valoriser leurs produits en faisant réfuter la nocivité de leur business.                La bonne analyse produite pas France 5 hier soir en donne une assez bonne illustration dans des domaines le plus souvent industriellement sensibles. Certains groupes puissant utilisent la méthode scientifique contre la science, à seul fin de troubler les esprits et créer le doute dans les esprits peu ou mal informés ou peu critiques. Un véritable détournement de la science, dont l'origine est déjà ancienne. L'arme du doute peut être provisoirement efficace et parfois redoutable.                                                                                      ___Le doute, qu'il soit cartésien, méthodique ou plus modeste et circonscrit, est toujours une attitude qu'il importe de valoriser en toutes circonstances. Que soit dans la vie quotidienne, dans la recherche d'informations, ou dans celui de la recherche ou des débats scientifiques.

     Le doute est libérateur quand il est animé par le désir de sortir d'un dogmatisme trompeur,  de rechercher une vérité plus satisfaisante, d'oser penser par soi-même, comme disait Kant. C'est toujours possible, à des degrés divers, toujours libérateur.
    Mais le doute peut être instrumentalisé, utilisé à dessein comme un moyen d'instiller un soupçon, de faire naître une résistance vis à vis de connaissances pourtant bien ou assez bien établies. Parce qu'elles gêneraient, remettraient en question des vérités qui dérangent, qui mettent en péril des intérêts bien établis, un business fructueux, contestés par des esprits suffisamment éclairés et indépendants.
     C'est le cas bien connu des défenseurs du business de l'amiante, ce poison qui n'a pas fini de faire des ravages et dont les dangers ont été signalés dès le début du XX° siècle.
   C'est le cas, tout aussi connu du lobby des cigarettiers, toujours en action, qui dépensent des sommes pharaoniques pour produire des rapports à l'aspect "scientifique" pour justifier la poursuite de leurs affaires très juteuses, au détriment de la santé publique.
   Le plus insidieux, c'est lorsque une industrie, aux productions dûment contestées pour leurs méfaits, soudoient des "experts" complaisants pour susciter des questions là où il n'y a plus lieu d'en poser, pour relancer des recherches biaisées, pour éviter que le dernier mot de soit donné à ceux qui  ont fermement établi la nocivité de produits devenus d'un usage commun. 
    Au niveau politique, local ou plus large, des firmes savent aussi y faire pour influencer les débats sur les questions sur les réglementations ou des interdictions. Parce qu'elles ont de puissants moyens.
  C'est ce que montre bien, et depuis des années, certaines enquêtes, comme celle sur les produits à base de glyphosate, la molécule la plus utilisée au monde.
    Le dossier est déjà lourd. Les études de Marie-Monique Robin sur le sujet sont décisives, mais pas uniques.
    Ce qu'on a appelé la manufacture du doute dans différentes productions contestées, dont le monde rapidement grandissant des perturbateurs endocriniens.
   Parfois des questions légitimes peuvent encore se poser, mais il est des points qui ne peuvent plus être contestés sans être partisans intéressés.
   Mettre la science à l'abri des pressions de certains intérêts privés, dont le but est de distiller le doute, est aujourd'hui plus qu'hier un projet nécessaire, un combat permanent.   ______

Partager cet article
Repost0

…

Européisme en déclin?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Nouvelle donne

           Jean Monnet  et Jacques Delors doivent se retourner dans leurs tombes .                                                L'Europe à la quelle ils ont rêvé n'est plus ce qu'elle était. L'aspiration fédéraliste n'est plus qu'une lointaine utopie. La réalité des rêves néolibéraux en vogue dès les années 80 est en train de se dissoudre, le "divin marché" ayant perdu de sa crédibilité. L'élargissement fait de plus en plus problème. Une nouvelle réalité tend à émerger, après le Brexit, le montée des pressions nationalistes russee et des retraits chaotique du soutien et du parapluie US, attirant dans sa sphère certains pays de l'Est. Une nouvelle réalité émerge, plus fragmenté, où les intérêts nationaux reprennent le dessus, dans le contexte d'un affrontement avec la Russie, réveillant les intérêts d'empire, et de celui d'une montée d'extrêmes-droites qui menacent ce qui peut rester de solidarité politique et économique. Pour l'instant, c'est un brouillard assez opaque et peu rassurant qui plane sur Bruxelles, de plus en plus divisé et même parfois contesté.  Les géopoliticiens  y vont de leurs hypothèses....On s'interroge au Grand Continent après le séisme de Washington: va-t-on vers la fragmentation des solidarités d'hier où vers de nouvelles alliances à inventer?                                                 L'exemple de ce que l'on appelait le couple franco-allemand n'est plus guère de mise, à l'heure où Berlin et Paris ne regardent plus dans la même direction, motivés par leurs intérêts à court-terme et leurs divergences sur l'Ukraine. L'Europe à la quelle on avait rêvé se défait sous nos yeux. Cela se préparait depuis un certain temps, malgré les discours officiels.   


                                                                                                                                      Point de vue: " Entamées au cœur de l’été, les discussions autour du projet de budget pour l’Union européenne promettent de tourner à la foire d’empoigne, avec une Allemagne déterminée à le revoir drastiquement à la baisse. Pendant ce temps, Bruno Le Maire se livre à une tentative tout à fait insensée de refonte générale du projet européiste, au moment même où l’espace Schengen est confronté à une crise qui accélère sa remise en cause.                                                                Face au projet de la Commission, qui propose, il est vrai, une augmentation vertigineuse du budget communautaire (de +60 %, pour atteindre 2 000 milliards d’euros), Friedrich Merz a en effet annoncé d’emblée qu’il n’en était pas question et qu’à l’inverse, l’UE devrait accepter des coupes de plusieurs centaines de milliards dans tous ses domaines de compétence, accompagnées d’une réduction substantielle de la technocratie bruxelloise. Une ambition aussi ouvertement hostile à l’idée d’une intégration européenne accrue n’étonnerait guère venant de Varsovie ou de Budapest. Dans la bouche d’un dirigeant allemand, issu d’une formation – la CDU – historiquement acquise à la construction européenne, elle a de quoi surprendre.                                                                                          En fait, elle témoigne en profondeur de l’épuisement de la dynamique européiste, dont la domination idéologique, vieille de plusieurs décennies, touche à sa fin. La nouvelle position de l’Allemagne vis-à-vis du projet européiste montre que le cœur de ce dernier est désormais touché, puisque la première puissance économique de l’UE, pilier depuis 1957 de la construction européenne, exprime ouvertement l’idée qu’il ne faut pas aller plus loin, et que le temps est peut-être même venu d’engager un démontage partiel de l’acquis....Le projet de Bruno Le Maire a pour point de départ une forme de lucidité désenchantée, puisqu’il dénonce à juste titre « le monstre technocratique que la Commission européenne est devenue » ainsi que « la chimère dangereuse du libre commerce ». Pour le reste, son propos est tellement éloigné du réel qu'on peut le qualifier sans aucune hésitation de pure fantasmagorie.                                                                                                  D’abord, les bénéfices attendus d’une telle fédération apparaissent bien minces, et s’inscrivent dans la droite ligne de ce que l’UE prétend faire de longue date. Ensuite, l’existence même de cette fédération, si elle venait à voir le jour, soulèverait toutes sortes de problèmes insolubles qui détruiraient l’UE encore plus vite qu’elle ne s’autodétruit actuellement. Il serait en effet impossible de concevoir une articulation fonctionnelle entre cette fédération et les 21 autres États membres de l’UE. Quid du droit européen ? De la participation des six États fédérés au budget de l’UE ? Quel statut pour les citoyens et les entreprises communautaires sur le sol de ces six États ? Quid de la politique étrangère et de sécurité commune ? Etc. On ne peut pas prétendre casser le pouvoir de la technocratie bruxelloise en aggravant dans des proportions monstrueuses la complexité institutionnelle de l’Europe. Un tel projet est tout simplement insensé. Il est également arbitraire : pourquoi six États plutôt que quatre ou douze et pourquoi ceux-là ?...Enfin, ce projet arrive à contretemps, comme un symbole parmi d’autres d’une époque qui s’achève. Il est exclu en effet, compte tenu de la modification en cours du paysage électoral dans tous les pays concernés, que les peuples acceptent de renoncer davantage encore à leur souveraineté qu’ils ne le font déjà dans le cadre de l’UE existante. C’est évidemment vrai des Polonais, qui prennent au sérieux la question de la souveraineté pour des raisons historiques aussi évidentes que recevables, et ce sera de plus en plus le cas des Allemands et des Français qui se ressaisissent de ce concept après des décennies d’insouciance débilitante.                                                                  Le projet de Bruno Le Maire, outre qu’il expose ce dernier à un ridicule certain, n’est en conséquence rien de plus qu’une tentative désespérée et illusoire de sauver de la débâcle un projet européiste auquel les élites dont il fait partie auront beaucoup sacrifié en vain...." __________

Partager cet article
Repost0

…

Publicité

Désillusions allemandes (2024)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Vers le creux de la vague?

              L'Allemagne est-elle en train de devenir l'homme malade de l'Europe? L'heure des désillusions est venue pour le colosse industriel aux pieds d'argile. Le spectre du déclin économique se profile. Mauvaise nouvelle pour tous les pays européens. 

 

 

             Le problème énergétique, notamment, devient crucial. La fameuse Energiewende n'a pas tenu ses promesses. Berlin était devenu un problème pour lui-même avec sa politique d' excédents commerciaux. Un bilan assez désastreux. Ce phénomène avait été largement prévu. par maints observateurs. On savait Berlin en sursis. Il lui reste à trouver de nouvelles voies au sein d'une Europe repensée.    ______

 

 

 

Partager cet article
Repost0

…

Petit train de sénateur...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Le Sénat  (encore ) en question

             Ce n'est pas la première fois que l'institution est contestée, souvent restaurée après des périodes d'éclipses, où la République ne fut pas en danger. Les Français en voient de moins en moins l'utilité, contestant aussi son coût élevé.                      Certains y voient même une anomalie démocratique. "...sa composition très conservatrice, due à son mode de scrutin, en a toujours fait l’adversaire des grandes réformes républicaines, puis progressistes, ainsi que de la simplification du mille-feuille territorial. Le contexte actuel ravive donc le vieux débat autour de sa suppression ou de sa réforme."                         De plus, ces élections n'intéressent guère.                  "Le Sénat constitue aussi un moyen de « recaser » des personnalités politiques en fin de carrière. Le phénomène n’a rien de nouveau : le constitutionnaliste Benjamin Morel rappelle « la grande porosité entre les deux chambres », une entrée au Sénat étant considérée comme « la consécration d’une carrière politique » autant que comme « un repli sur une base électorale mieux connue et mieux maîtrisée, à la suite d’un échec dans les urnes, ou par fatigue des campagnes » ,?. Un phénomène qui explique le surnom peu flatteur « d’EHPAD de la République » parfois donné au palais du Luxembourg. "  ...Ou l'on est très choyé....                             


                                                                                                     Il a été supprimé plusieurs fois, puis a été rétabli freinant souvent les réformes importantes. Par exemple, la « taxe Zucman », impôt plancher sur les grandes fortunes dont les recettes sont estimées entre 15 et 25 milliards d’euros, avait ainsi été votée par les députés en février 2025 grâce à l’abstention du RN, mais le Sénat l’a vite enterrée, à 188 voix contre 125. La nationalisation des aciéries ArcelorMittal est également bloquée dans la navette parlementaire : adoptée en octobre 2025 par l’Assemblée, elle a été rejetée peu après par le Sénat et, malgré un nouveau vote favorable des députés en début d’année, la droite sénatoriale fera tout pour rejeter à nouveau le texte ou l’enterrer dans un calendrier parlementaire réduit d’ici à la présidentielle. Dernier exemple : la régulation de l’installation des médecins, soutenue par 86 % des Français, a été votée à l’Assemblée en mai 2025, mais le Sénat l’a privée de sa mesure phare en juin 2026 et n’a même pas terminé ses débats sur le texte. La volonté d’une majorité de Français et de leurs représentants directs – pourtant extrêmement divisés sur de nombreux sujets – est donc régulièrement écartée par une assemblée de notables...."     On pense à la loi Duplomb.       La suppression de cette institution dispendieuse et souvent inutile revient régulièrement sur le tapis.                                                                                                                                            Une chambre qui fait souvent double emploi                                                                                                "...La suppression du Sénat revient pourtant à intervalles réguliers dans le débat public, notamment lorsque la gauche au pouvoir se heurte à l’opposition des notables du Luxembourg. En 1998, Lionel Jospin, alors Premier ministre, qualifie le Sénat « d’anomalie parmi les démocraties » et juge « absolument nécessaire » de le réformer, mais rien n’est engagé. Plus récemment, Marine Le Pen se disait favorable à sa suppression en 2014 et la mesure figurait dans le programme de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Mais ni l’un ni l’autre n’évoquent plus cette disparition de la chambre haute, bien que LFI souhaite confier les questions institutionnelles à l’Assemblée constituante pour une VIe République..."                                                                                          Si une réforme du Sénat a lieu, elle ne pourrait guère être le fruit que du peuple souverain, par la voie d’un référendum. En attendant...


_______________

Partager cet article
Repost0

…

Point d'histoire et de géopolitique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Naissance et aléas de l'Europe

              La question de l'UE, qui n'a jamais été un long fleuve tranquille, se pose aujourd'hui plus que jamais. Surtout en période de crise économique et de conflits à ses frontières. Même les plus fervents font étalage de leurs doutes et de leurs critiques.  La question allemande revient. Qu'est devenu le projet de Monnet..et de Delors? Le peuple européen peine à voir le jour. Se remettra-t-elle sans changements profonds?

 

 

La construction européenne demande un révision de fond.  La montée en puissance de la Chine, notamment, oblige à modifier les règles.

       "..Dans le dernier livre de Wolfgang Streeck, qui paraîtra en anglais la semaine prochaine sous le titre Taking Back Control ?, le sociologue allemand décrit le processus d’intégration européenne depuis le Traité de Maastricht en 1992 comme la construction d’un empire libéral piloté par l’Allemagne. Lorsque Streeck parle d’« empire », il n’entend pas une puissance fondée sur l’instrument militaire. Il utilise plutôt ce terme pour désigner une polarisation entre un centre et des périphéries économiques, dont les institutions politiques cèdent leur souveraineté face au premier. Un centre fort – celui de l’ancienne zone du deutsche mark – et une périphérie – Méditerranée et Europe de l’Est – : il n’est pas difficile d’adhérer à la vision des choses défendue par Streeck. Dans le même temps, Streeck indique une condition préalable importante pour la construction d’un empire sur une base « libérale ». En bref, il faut qu’il y ait une élite dirigeante dans les pays périphériques qui soit prête à assumer les conditions fixées par le centre impérial. Cette élite compte donc sur une légitimité venant « d’en haut ». Mais elle doit aussi rendre cette relation acceptable pour son propre électorat national, en faisant passer le message que tout ce qui profite au centre impérial aura des répercussions positives pour les périphéries également. Un message qui a pris la forme du projet européen, présenté comme un moyen de dépasser les antagonismes nationaux.                                                  La thèse centrale du livre est que l’austérité a été la pierre angulaire de ce processus d’intégration impérial. Mais pas uniquement. La guerre en Ukraine a brusquement mis fin à ce processus de construction impériale. Avec la guerre, l’un des piliers de la conception hégémonique allemande – la possibilité d’un approvisionnement en matières premières à bas prix – a été miné. Bien sûr, la (non) réaction de la classe dirigeante allemande au sabotage du gazoduc Nord Stream a achevé d’ébranler sa crédibilité. 


                                                                    Ce coup d’estoc porté à l’hégémonie allemande est-il une bonne nouvelle ? Il est clair qu’il n’a pas conduit à une remise en cause du fonctionnement de l’Union européenne : une nouvelle vague d’austérité déferle sur l’Europe, n’épargnant même pas l’Allemagne elle-même. D’une austérité imposée par Berlin, le Vieux continent est passé sans transitions – à l’exception du bref intermède de la pandémie – à une austérité imposée par Wall Street. Si la première vague d’austérité imposée à l’Europe répondait aux ambitions impériales de l’Allemagne, cette nouvelle vague constitue l’un des fondements de la tentative américaine de maintenir son hégémonie mondiale...."__________

Partager cet article
Repost0

…

Varia

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 __ Doute

__ Critiques

__ Les pions

__ Répressions

__ Contre vérités

__ Bonnes mines

__ Désinformation

 

__ Loi sur mesure

 

__ Un peu tard...

__ Fin de cycle

__ Taux d'intérêt                 

__ La mort autrement

__ Concordances

__ Risques et découvertes

__ Responsabilité des  scientifiques?

                             ___    Esclavagisme à la française   __________

Partager cet article
Repost0

…

Publicité

Suprémacisme israëlien

Publié le par Jean-Etienne ZEN

L'opposition est visée

         Toute parole contestataire se trouve mise en question en plus haut lieu. C'est devenu la chasse à toute parole critique. Peut-on encore parler de démocratie à Tel Aviv, quand la liberté d'expression est menacée tous les jours?          Le suprémacisme de l'extrême droite israëlienne ne supporte pas la critique ou la présente comme "antisémite", forcément antisémite....Certains israëliens, parfois de premier plan, peinent à se faire entendre. Ne parlons pas du juif  Brauman ou de l'historien Lemire.                   La Cisjordanie, qui est harcelée, fait partie aussi du projet du "Grand Israël", dont plusieurs penseurs du pays avaient depuis longtemps dénoncé le projet. A Gaza, certains s'impatientent. Malgré les mises en garde internes, de la part d'hommes en vue.                                                                         C'est le silence ou la complicité      Les partis les plus extrémistes se réjouissent d'avoir trouvé en Bibi, nouveau Josué, le bras armé qu'ils espéraient... Le suprémacisme sioniste est une menace pour l'avenir d'Israël.   Puisque pour eux "les Palestiniens n'existent pas... comme ils le disent  à la suite de Golda Meir.  __ L'extrême droite se renforce de plus en plus, attendant le Grand Israël...  Comment sortir du piège? De l'engrenage?...Un horizon?


                                                                                                              "..La création de l'Etat d'Israël consacre la victoire du mouvement sioniste, victoire qu’ont rendue possible l’antisémitisme hitlérien et le génocide. Cet État regroupe une proportion croissante des juifs du monde – quelle que soit la définition que l’on donne à ce terme –, mais inférieure à 40 %. Des centaines de milliers d’entre eux ont préféré l’intégration, aux États-Unis ou en Europe, même si Israël réussit désormais à en mobiliser une fraction importante en faveur de ses options. Ils se sentent, à juste titre, davantage en sécurité à New York ou à Paris qu’à Tel-Aviv ou à Jérusalem. Faut-il se réjouir du triomphe de ce nationalisme étroit, autour d’un État ? Bien que sioniste, Albert Einstein exprimait ses inquiétudes : « La manière dont je conçois la nature essentielle du judaïsme résiste à l’idée d’un État juif, avec des frontières, une armée et une certaine mesure de pouvoir temporel, quelque modeste qu’il soit. J’ai peur des dégâts internes que cela entraînera sur le judaïsme — et surtout du développement d’un nationalisme étroit dans nos propres rangs […]. Un retour à une nation, au sens politique du terme, équivaudrait à se détourner de la spiritualité de notre communauté, spiritualité à laquelle nous devons le génie de nos prophètes. »                                                                             « Le sionisme n’est pas le corollaire obligatoire, fatal, de la persistance d’une identité juive, remarque Maxime Rodinson ; ce n’est qu’une option. » Et cette option est critiquable, non seulement comme toute idéologie nationaliste, mais aussi parce que son aboutissement — la création d’un État juif — n’était possible que par la dépossession des Palestiniens. Le sionisme s’est pleinement inscrit — et ce fut l’une des conditions majeures de sa victoire — dans l’aventure coloniale. Ce fut et cela reste sa principale faute....Le dévouement ou l’idéalisme de nombre de militants sionistes n’est pas en cause. Un jeune juif débarqué sur la Terre promise en 1926 pouvait écrire : « Je peux être fier car depuis un an que je suis en Palestine, je me suis débarrassé de la gangue d’impureté de la diaspora et je me suis purifié du mieux possible. Je voulais une patrie. Être un homme comme les autres, égal aux autres, fier comme eux d’être en Palestine. Dès l’instant où mes pieds ont foulé la terre de mes ancêtres, j’ai rompu tout lien avec l’Europe et l’Amérique. » Il changea de nom, se fit appeler Chaïm Shalom et déclara : « Je suis hébreu et mon nom est hébreu car je suis issu du pays des Hébreux. »                                                                                                                                     En dépit d’un credo socialiste — ou parfois à cause de lui —, les sionistes ressemblaient aux colons installés en Algérie ou en Afrique du Sud, convaincus de faire progresser la civilisation face à des populations sauvages. Le sionisme en Palestine, malgré des formes particulières, se rattache au mouvement de colonisation sur deux plans : par son attitude à l’égard des populations « autochtones » ; par sa dépendance à l’égard d’une métropole, la Grande-Bretagne, au moins jusqu’en 1939. D’ailleurs, à l’époque où le colonialisme n’avait pas la connotation négative qu’il a aujourd’hui, Theodor Herzl écrivait à Cecil Rhodes, l’un des conquérants britanniques de l’Afrique australe : « Mon programme est un programme colonial. » Zeev Jabotinsky, le dirigeant du mouvement sioniste révisionniste, pour sa part, se réjouissait : « Dieu merci, nous juifs n’avons rien en commun avec ce que l’on appelle l’“Orient”. Nous devons venir en aide à ceux parmi le peuple qui sont incultes et qui s’inscrivent dans des traditions et des lois spirituelles archaïques orientales. Nous allons en Palestine d’abord pour notre “bien-être” national, ensuite pour en expurger systématiquement toute trace de l’“âme orientale”. »                                                                                                                                   Mordechaï Ben Hillel Ha Cohen, un juif installé à Jérusalem, note : « Nous sommes en Palestine la population la plus civilisée, personne ne peut rivaliser avec nous sur le plan culturel. La plupart des indigènes sont des fellahs et des bédouins ignorant tout de la culture occidentale. Du temps sera encore nécessaire avant qu’ils apprennent à vivre sans rapines, vols et autres forfaits, jusqu’à ce qu’ils éprouvent de la honte devant leur nudité et leurs pieds nus et qu’ils adoptent un mode d’existence où prévaudra la propriété privée, et où il sera nécessaire que des routes soient tracées et les chaussées goudronnées, que les écoles, les maisons de charité et les tribunaux essaiment sans qu’il y ait de corruption. » Mais l’insondable « âme orientale » semble résister à des décennies de civilisation puisque Moshé Katsav, alors président d’Israël, déclare en mai 2001 : « Il existe une immense fracture entre nous [les juifs] et nos ennemis, pas seulement en ce qui concerne les capacités, mais aussi sur le plan de la morale, de la culture, du caractère sacré de la vie et de la conscience […]. Ils sont nos voisins ici, mais on a l’impression qu’à une distance de quelques centaines de mètres il y a des gens qui ne sont pas de notre continent, de notre monde, mais qui finalement appartiennent à une autre galaxie. » Sont-ils humains, ces Palestiniens ?                              À la suite d’émeutes à Jaffa en 1921, une commission d’enquête britannique note que le mouvement ne constituait nullement un pogrom antisémite, mais que les insurgés haïssaient les sionistes, non les juifs. Le Jewish Chronicle, organe des juifs britanniques, s’insurge : « Essayez d’imaginer que les animaux sauvages du parc zoologique sortent de leur cage et tuent quelques-uns des visiteurs, et que la commission chargée d’enquêter sur les circonstances établisse que la raison du drame est que les animaux n’aimaient pas leurs victimes. Comme s’il ne relevait pas du devoir de la direction du zoo de garder les animaux dans leurs cages et de s’assurer qu’elles soient bien fermées. » Quelle franchise ! Frantz Fanon, psychiatre antillais rallié à la révolution algérienne, auteur d’un pamphlet célèbre, Les Damnés de la terre (1961), constate : « Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, au pullulement, au grouillement, aux gesticulations. Le colon, quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire. »                                                                                                                                                  La conquête de la terre comme le « refoulement » des autochtones confirment la dimension coloniale du mouvement sioniste. L’un de ses cadres reconnaît dès les années 1910 : « La question arabe s’est révélée dans toute son acuité dès le premier achat de terres, lorsque je dus expulser pour la première fois des habitants arabes pour y installer à la place nos frères. Longtemps après continua de résonner à mes oreilles la triste complainte des bédouins rassemblés cette nuit-là autour de la tente des pourparlers, avant qu’ils ne quittent le village de Shamsin […]. J’avais le cœur serré et je compris alors à quel point le Bédouin était attaché à sa terre. » Mètre carré après mètre carré, les colons juifs s’emparent des terres, repoussant les Arabes.  Aucun compromis n’est possible, Ben Gourion en a bien conscience : « Tout le monde considère les relations entre juifs et Arabes comme problématiques. Mais ils ne voient pas tous que cette question est insoluble. Il n’y a pas de solution ! Un gouffre sépare les deux communautés. […] Nous voulons que la Palestine soit notre nation. Les Arabes veulent exactement la même chose. » Israël Zangwill, un proche de Theodor Herzl, explique dans la presse britannique durant la Première Guerre mondiale : « Si l’on pouvait exproprier, avec compensation, les 600 000 Arabes de Palestine, ou si l’on pouvait les amener à émigrer en Arabie, car ils se déplacent facilement [sic !],ce serait la solution de la plus grande difficulté du sionisme. » Herzl avoue dans son journal en 1895 : « Nous devons les exproprier gentiment. Le processus d’expropriation et de déplacement des pauvres doit être accompli à la fois secrètement et avec prudence. » Il sera achevé, sur une grande échelle, en 1948-1949...."   _______

Partager cet article
Repost0

…

IA générative: faut-il en pleurer?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Quant on est chercheur de très haut niveau en mathématique                                                                                                                  Et que l'on se voit devancé, voire déclassé, par l'IA, dans des recherches pointues, engagées souvent depuis longtemps et réputées de longue haleine dans des domaines ultra complexes et d'une grande abstraction, qui  laissent les béotiens comme moi perplexes.   Oui, un chercheur en a pleuré, comme il l'avoue. (de dépit et de rage, sans doute). Certains ont vécu cela comme une  dépossession, une blessure narcissique en quelque sorte. Comme une sorte de crise existentielle . Comme si le sol se dérobait sous leurs pieds. Pour certains, c'est un choc, comme un cauchemar.          Villani campe une une position ambivalente, mais ne cache pas son inquiétude. Kaspavov avait dû s'avouer vaincu devant Deep blue .     Assiste-t-on à un processus de même nature avec Open IA concernant les questions mathématiques les plus complexes?  Sans doute les maths furent une proie plus faciles que d'autres dans le domaine des connaissances, étant donné leur caractère purement formel et parfaitement déductif. Mais la difficulté des questions traitées laissent tout de même pantois.                                                                                             Même si l'avancée est moins spectaculaire  quoique prévisible, la crainte d'une dépossession est bien réelle et les réactions  publiques  agitent aussi le monde de la presse, du cinéma, des entreprises. "Ralentir", disent certains, oui, mais pour combien de temps?...ce sont des révolutions qui se préparent dans de nombreux domaines, alimentées par la concurrence féroce entre les super puissances et la guerre des puces.      A quoi bon faire de longues études, se demandent certains.... qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.   


                                                                                                                                           « Mardi, dans la nuit, j’ai pleuré et cela a réveillé ma fille », a confessé le mathématicien Hugo Duminil-Copin, médaille Fields 2022, lors d’une visioconférence organisée par la Société mathématique de France, jeudi 8 octobre. La raison de ses larmes ? L’entreprise américaine d’intelligence artificielle (IA) OpenAI a mis en ligne plus de 719 manuscrits, répartis en 372 familles, prétendant résoudre de nombreux problèmes mathématiques encore ouverts. Pas moins de 16 questions qui intéressaient le chercheur français sont concernées. « Ils ont annihilé mon domaine de recherche », a-t-il calmement précisé. Il a diffusé une diapositive, générée par IA, montrant le dessin d’un lapin écrasé par plusieurs camions. « Ils ont voulu prouver qu’ils pouvaient nous massacrer », a-t-il ajouté, avant de parler dans la session de questions-réponses « d’un démantèlement de notre activité ».                  Depuis un mois, la communauté mathématique vit un cauchemar. Le 8 septembre, OpenAI, déjà, avait mis en ligne des éléments prouvant que ses programmes avaient résolu un problème mis à prix 1 million de dollars depuis 2000 (le problème de Navier-Stokes). Un choc. C’était déjà le troisième pour Hugo Duminil-Copin qui, dès le mois d’avril, avait réalisé le potentiel de ces IA. Avec un collègue, il avait compris qu’une IA d’Anthropic, concurrente d’OpenAI, pouvait résoudre un problème difficile, avec une preuve élégante et courte.   Le 2 septembre, Anthropic avait proposé la preuve du problème phare de sa discipline, sur la piste duquel il était lui-même sur le point d’aboutir avec des collègues. Mais, avant de donner crédit à l’entreprise, ils préfèrent ne rien dire et se sont lancés dans la vérification patiente du travail…                                                                                    Le déluge du mardi 6 octobre est, en quelque sorte, le coup de grâce. « Chacun aurait été ravi de démontrer un seul de ces problèmes », a souligné le mathématicien, qui ne déprécie pas la valeur des publications. Dans un de « ses » problèmes, c’est même tout un programme de recherche qui a été accompli par les IA d’OpenAI, avec, par exemple, 13 articles d’un coup, comme autant d’étapes-clés d’un vaste projet de recherche. Et la fin de la croyance que ces outils ne sont que des machines à ajouter un mot après l’autre, répétant des choses déjà vues., médaille Fields 2022, lors d’une visioconférence organisée par la Société mathématique de France, jeudi 8 octobre. La raison de ses larmes ? L’entreprise américaine d’intelligence artificielle (IA) OpenAI a mis en ligne plus de 719 manuscrits, répartis en 372 familles, prétendant résoudre de nombreux problèmes mathématiques encore ouverts. Pas moins de 16 questions qui intéressaient le chercheur français sont concernées.    « Ils ont annihilé mon domaine de recherche », a-t-il calmement précisé. Il a diffusé une diapositive, générée par IA, montrant le dessin d’un lapin écrasé par plusieurs camions. « Ils ont voulu prouver qu’ils pouvaient nous massacrer », a-t-il ajouté, avant de parler dans la session de questions-réponses « d’un démantèlement de notre activité ».                                            Depuis un mois, la communauté mathématique vit un cauchemar. Le 8 septembre, OpenAI, déjà, avait mis en ligne des éléments prouvant que ses programmes avaient résolu un problème mis à prix 1 million de dollars depuis 2000 (le problème de Navier-Stokes). Un choc. C’était déjà le troisième pour Hugo Duminil-Copin qui, dès le mois d’avril, avait réalisé le potentiel de ces IA. Avec un collègue, il avait compris qu’une IA d’Anthropic, concurrente d’OpenAI, pouvait résoudre un problème difficile, avec une preuve élégante et courte.   Le 2 septembre, Anthropic avait proposé la preuve du problème phare de sa discipline, sur la piste duquel il était lui-même sur le point d’aboutir avec des collègues. Mais, avant de donner crédit à l’entreprise, ils préfèrent ne rien dire et se sont lancés dans la vérification patiente du travail…                                                                                      Le déluge du mardi 6 octobre est, en quelque sorte, le coup de grâce. « Chacun aurait été ravi de démontrer un seul de ces problèmes », a souligné le mathématicien, qui ne déprécie pas la valeur des publications. Dans un de « ses » problèmes, c’est même tout un programme de recherche qui a été accompli par les IA d’OpenAI, avec, par exemple, 13 articles d’un coup, comme autant d’étapes-clés d’un vaste projet de recherche. Et la fin de la croyance que ces outils ne sont que des machines à ajouter un mot après l’autre, répétant des choses déjà vues...."  ( Le Monde)                                   

Partager cet article
Repost0

…