Overblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Où va la psychiatrie aujourd'hui?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Bref état des lieux. 

                          Le moins que l'on puisse dire est que la situation n'est pas bonne. L'hôpital va déjà mal. Mais le domaine des soins en psychiatrie s'est aussi dégradé, surtout depuis plus d'une dizaine d'années, voire plus. Un récent rapport du Sénat le soulignait clairement. Certains vont plus loin dans l'analyse. On peut même parler de délabrement.   Un dehors des aspects économiques et institutionnels, la psychiatrie est touchée dans ses fondements. Un flagrant manque de moyens. Elle a évolué, jusqu'à aboutir aujourd'hui à un excès de scientisme.                    ____ Quelles que soient les avancées des connaissances dans le vaste domaine des désordres mentaux, de sources endogènes et/ou exogènes, il n'en reste pas moins que la psychiatrie est devenue un parent pauvre dans le domaine des soins, alors qu'elle touche de plus en plus de personnes, occasionnellement ou durablement.  Parent pauvre de la médecine, trop souvent soumise à des injonctions contradictoires,.. On parle même d'un état d'urgence. Une surconsommation de psychotropes est souvent dénoncée par des soignants, aux dépends de la relation et de l'accompagnement clinique, humaine. Elle est trop souvent sous influence. Le infirmier-ères n'ont même plus de formation spécifique. Certains résistent.   __Soins ou surveillance?

Lire...
 


                   __ "...Psychiatre des hôpitaux honoraire  Daniel Zagury spécialiste de psychopathologie et de psychiatrie légale, expert auprès de la cour d’appel de Paris n'y va pas par quatre chemins, dénonçant les dérives en cours depuis trop longtemps et analyse les causes du déclin de la psychiatrie dans un ouvrage intitulé « Comment on massacre la psychiatrie française ».  » Le livre humaniste d’un psychiatre en colère, ­convaincu qu’on doit toujours tenter de réformer le monde » *. Extrait de l’introduction:   

 

 

                 "...La situation de la psychiatrie publique n’a cessé de se dégrader depuis plus de vingt ans (…)Nos cris d’alarmes, nos pétitions, nos protestations, nos mouvements de grèves, nos tribunes, nos livres, n’ont pas eu beaucoup d’effets. Peut-être parce qu’ils se sont souvent adossés à des analyses  politiques ou doctrinales, au nom d’une sensibilité ou d’un courant, et non en celui de la psychiatrie elle-même, dans ses fondements. Il convient de retrouver toute la force du néologisme magnifique d’Henri Ey : c’est parce qu’elles étaient « psychiatricides » qu’il fallait se battre contre ces attaques, et non parce qu’elles relevaient de telle ou telle conception. Peu importe le courant dont on se réclame.                                                                                                                          On a fait croire à ces internes que la psychiatrie biologique, les neurosciences, l’épidémiologie, la recherche, étaient la noblesse de la psychiatrie, le reste relevant de l’obscurantisme et de l’archaïsme.  Toute une génération s’est forgée dans la haine de la psychanalyse, dont l’expression a été largement facilitée par des postures inconséquentes, aveugles, présomptueuses et méprisantes, de psychanalystes prenant leur théorie pour un méta-savoir supérieur à tous les autres et dispensé de toute confronta­tion aux autres disciplines. On a ainsi jeté le bébé de la psychopathologie, de l’intersubjectivité et de la relation avec l’eau du bain de la psychanalyse, et l’on a amputé le champ des connaissances et de l’enseignement d’un pan central de la clinique psychiatrique.  On a dit aux infirmiers en psychiatrie qu’ils étaient « comme les autres», avec la même formation que les autres , et on les a transformés en greffiers de la traçabilité de leurs patients. Les conséquences en termes de prise en charge ont été désastreuses.                                                         A moins de renoncer à l’unité de la discipline et de consacrer son morcellement, tous les chemins mènent à Rome, c’est-à-dire à la clinique intégrative, au soin de qualité et au meilleur dispositif de santé publique. C’est sur ce commun dénominateur que repose l’identité de tous.  Nous nous sommes donc heurtés aux refus de l’Etat, tout juste bon à commander un rapport tous les deux ans, aussitôt rangé dans les tiroirs ; à l’indifférence de l’opinion publique, car les maladies mentales font peur ; à la lâcheté des politiques, qui savent qu’il n’y a pas de gain électoral à escompter de la psychiatrie, sauf à la stigmatiser, dans l’obsession des faits divers violents qui embrasent des médias et qui font espérer quelques voix sur le dos de nos malades.  En reconnaissant en 2019 l’abandon de la psychiatrie depuis trois décennies, l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn a au moins permis à l’Etat de sortir de cette posture négationniste et perverse en admettant qu’elle était le « parent pauvre » de la médecine. Pouvait-elle d’ailleurs faire autrement tant les tristes preuves du désastre s’accumulaient !   Ne nous y trompons pas. Ce désastre n’est pas une catastrophe naturelle, la conjonction malheureuse de quelques facteurs. C’est un massacre méthodique, non parce qu’il a été voulu, mais parce que l’on est demeuré aveugle et borné face à un dépérissement maintes fois dénoncé par les praticiens de terrain. C’est au nom de doctrines absurdes, d’ignorances feintes, d’abandons et de lâchetés que ce massacre a été commis. La politique de santé en France et celle de sa spécialité la plus démunie, la psychiatrie, ont été exclusivement circonscrites à la limitation des coûts, sans vision globale, sans autre boussole, en se revendiquant ici ou là de telle ou telle doc­trine opportunément instrumentalisée, en faisant semblant de s’appuyer sur quelques psychiatres qui défendaient leur chapelle et non notre église.                                                                                                                                                                       Qui aurait pu survivre à un tel tir croisé ? On a laissé la catastrophe démographique s’installer : 1200 postes non pourvus, une perte massive d’at­tractivité, des postes en partie occupé ...  des méde­cins étrangers en situation précaire scandaleusement sous-payés.. On a formé des générations d’internes dans l’ignorance de la psychiatrie intégrative, en leur faisant croire que la psychiatrie était née en Amérique, ce pays aux congrès débordant de la richesse des laboratoires pharmaceutiques tandis que leurs malades chroniques vont à la rue, en prison ou prématurément au cimetière.                Ce qui est condamnable, ce n’est évidemment pas les neurosciences, ce qui serait parfaitement idiot, mais la prétention à l’hégémonie et à l’exclusivisme de n’importe lequel des composants du champ psychiatrique;                                                    ___ On a proclamé partout, contre toute évidence, cette absurdité sans nom qui prétend que la psychia­trie est une spécialité comme une autre. Avec l’alibi de la déstigmatisation, on a encore plus stigmatisé les malades mentaux. On a précipité l’effondrement du modèle de la psychiatrie intégrative bio-psycho­sociale, qui a toujours été le meilleur de la psychia­trie, comme aimait à le dire Racamier, au profit de la psychiatrie biologique et des neurosciences.   Ce qui est condamnable, ce n’est évidemment pas les neurosciences, ce qui serait parfaitement idiot, mais la prétention à l’hégémonie et à l’exclusivisme de n’importe lequel des composants du champ psychiatrique.                                Avec la loi HPST et tout le pouvoir confié à des administratifs trompeusement affublés du titre de managers, on a privé le chef de service de tout pouvoir fonctionnel réel sur sa propre équipe. On l’a conjointement sur-responsabilisé, car l’échec des procédures présumées parfaite ne pouvait que lui être imputable.          On a scindé le binôme mythique chef de service-cadre infirmier supérieur qui, depuis Pinel et Pussin , organisait le soin. Les cadres ont été happés par la hiérarchie administrative ; ses modes de pensée, ses manies et ses tics.  On a réduit le médecin chef à être la dernière roue du carrosse dans son propre service. Des tableaux PowerPoint sont supposés transmettre toutes les conduites à tenir en termes de recommandations, de guides de bonnes pratiques, de protocoles, de procédures, de programmes : GPS de la psychiatrie quotidienne. Tandis que les soignants voient la qualité des soins s’effondrer ils sont sans cesse convoqués à des réunions sur les procédures qualité.             C’est peu dire que le même mot ne veut pas dire la même chose.    Comble de la honte, dans les unités psychiatriques hospitalières, on  vu se généraliser des pratiques de contention et d’isolement par des équipes de soins squelettiques, apeurées, sans cesse rappelées à leur responsabilité en cas de drame. Et nous voilà de nouveau pointés du doigt par ceux-là même qui ont organisé le massacre et qui nous donnent des leçons de respect de la dignité du malade.  Et voilà que l’on ordonne aux établissements hospitaliers d’appliquer une nouvelle loi sur la contention et l’isolement  sans jamais s’être soucié de sa faisabilité, sans jamais avoir demandé l’avis des praticiens. Au pays des grands principes, il suffit de commander, l’intelligence suivra. Quel mépris ! Et sans doute également, quelle incompétence !                                         N’en jetez plus. La cour du massacre de la psychiatrie est pleine. Le massacre implique la main de l’homme. Il ne s’agit pas seulement d’un désastre, de la conjonction malheureuse de quelques phénomènes comme ceux qui provoquent une catastrophe naturelle. Mais ce serait une erreur d’y voir nécessairement une intention délibérée. Toute une série de facteurs, parfois indépendants les uns des autres y ont contribué. La seule question qui vaille aujourd’hui est : comment en sortir..." ?                         _______________________

Partager cet article
Repost0

Publicité

Echo d'Hiroshima

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Traumatisme durable               

                                       Souvenir ineffaçable. L'écho de l'événement inouï nous revient chaque année. Pour la première fois, l'atome se faisait connaître au Japon, sous sons aspect le plus dévastateur. Doublement. Les recherches de Los Alamos débouchaient, par décision politique, sur une tragédie qui se voulait exemplaire, qui eut peu de retentissement dans mon environnement d'enfant de cinq ans, qui ne pouvait réaliser le caractère dramatique de ce qui constitua un véritable tournant dans l'histoire de l'humanité. Pas une exception, mais une gradation dans le pouvoir destructeur et une dissémination qui n'allait pas tarder.                                                  L'heure était au recueillement à Hiroshima. Des documents souvent enfouis ou déniés et des études récentes montrent que le caractère se voulant  "exemplaire" de l'utilisation de la première expérience de la bombe sur les deux villes japonaises, montrent que rien ne justifiait que l'armée US  passe à l'acte, Tokyo, affamé, étant acculé dans ses derniers retranchements. On pouvait savoir les effets de la bombe, mais  Truman fut intransigeant.    Little Boy: un mal nécessaire? On en doute de plus en plus...                   Un héritage éternel?              

 

 

  _______________   "L’Allemagne nazie ayant lancé un programme nucléaire militaire dès avril 1939, le physicien Leó Szilard a convaincu son ancien professeur Albert Einstein de signer en août 1939 une lettre pour alerter le Président Roosevelt du danger. On pouvait y lire les mots suivants :

« Ces quatre derniers mois, il est devenu possible grâce aux travaux de Joliot en France ainsi que ceux de Fermi et Szilard en Amérique, de déclencher une réaction en chaîne nucléaire avec de grandes quantités d'uranium. […] Ce nouveau phénomène pourrait conduire à la construction de […] bombes d'un nouveau type et extrêmement puissantes […]. Une seule bombe de ce type, transportée par bateau et explosant dans un port, pourrait très bien détruire l'ensemble du port ainsi qu'une partie de la zone aux alentours. »

Roosevelt fut convaincu, et il finit par lancer le projet Manhattan en 1942 sous la direction de Robert Oppenheimer, qui réunit les plus grands scientifiques nucléaires. De gigantesques efforts furent réalisés pour la conception puis la fabrication de la Bombe.." ___________________

Partager cet article
Repost0

Tics à gogo

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Le langage dans tous ses états 

                 Effets de modes. Dans les échanges courants, il est difficile d'échapper à certains tropismes langagiers, ceux que l'air du temps fait circuler de bouche en bouche, le temps d'une saison. Que nous le voulions ou non, nous sommes pris pas certains automatismes, ceux d'expressions toutes faites, qui ne veulent souvent rien dire, mais qui sont là pour combler les vides, pour se caler dans des modes, pour paraître parfois, tout simplement.                                                                                 [ Je ne parlerai pas de la langue de bois, à laquelle on échappe peu, et qu'il est assez facile à identifier, avec un peu de recul et d'expérience, et qui ne fait pas toujours rire.. Mais c'est un autre débat, toujours d'actualité. ] On les trouve dans tous les domaines. Ce sont des mot-béquilles, qui remplissent une fonction pas toujours facile à identifier, mais qui sont de l'ordre du mimétisme, donc destinés à changer ou à ne pas être compris en dehors d'un groupe social donné, à un moment donné.                                                                                                                                  Il ne sont pas toujours bien acceptés. Il y a un qui m'énerve particulièrement, car il est révélateur d'une époque ou d'une tendance trop répandue. Pas d'souci, comme on dit à tous propos, pour des choses banales ou parfois, hélas! plus importantes....La novlangue d'aujourd'hui est particulièrement inventive...     C'est pas faux, comme dirait prudemment mon voisin.

 

_____________________________________________________
Partager cet article
Repost0

Varia

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__  Divorce

__ Epineux

__ Airbnb

__ Espoirs?

__ Dégrisement

__ Révélateur

__ Emigration

__ Piratages                        

 

__ Résilience

__ Manipulations

__ Transparence?

__ Sous estimation

__ Variole mortelle

__ Fifa en question

__ Enième suspension!

__ Mélange des genres

                      ____   Le secours d'Elon Musk _________

Partager cet article
Repost0

Publicité

Quand se marient histoire et géographie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Limites de l'histoire traditionnelle.

                                L'histoire purement événementielle a sa nécessité et son utilité, mais révèle vite ses limites. Elle néglige le temps long dans lequel nous nous inscrivons et a tendance à faire l'impasse sur les facteurs matériels qui la conditionnent dans une large mesure, ceux que donnent la géographie au sens large, l'économie, le climat, etc...Depuis une centaine d'années, des historiens s'efforcent de resituer le flux des événements dans un contexte plus large, qui l'éclaire et le détermine souvent dans une large mesure. C'est vrai de la préhistoire, des nombreuses migrations humaines, avant même les événements ponctuels proprement dits, dont on peut suivre partiellement  le fil à partir de traces écrites ou non.  Depuis plus d'une cinquantaine d'années, des courants de recherche se sont penchés sur les liens complexes entre milieux et événements, dans une perspective plus holistique. Depuis l'Ecole des Annales en France, jusqu'aux recherches d'aujourd'hui, en passant par Leroy-Ladurie, dont l'intérêt pour le climat fut si éclairant. Une histoire plus "globale" en quelque sorte, où sont pris en compte les interconnexions humaines, le climat, les facteurs matériels, la géographie, les épisodes épidémiques, etc...dans leurs interactions complexes, ont toute leur place.                                                                                                                                                        Christian Grataloup nous livre aujourd'hui de nouvelles pistes dans une large et passionnante recherche; Il s'en explique ici. Dans le sillage notamment de Marshall Sahlins. Une histoire qui doit être toujours revisitée, au rythme des nouvelles connaissances des sources. [ A lire, comme moi en ce moment.]


                   "...Dans Géohistoire (Les Arènes, 2023), Christian Grataloup propose de revisiter le destin collectif de l’espèce humaine, indissociable d’une diversité interne remarquable par rapport à celle d’autres vivants.  Ce faisant, le professeur émérite à l’université Paris-Diderot répond à toute une série de questions passionnantes : « Le Néolithique a-t-il été une catastrophe ? », « Des grandes découvertes chinoises auraient-elles pu se produire ? », « Et si l’échange inégal des microbes avait fonctionné dans l’autre sens ? », etc. Mobilisant des savoirs éclectiques sans se départir de sa rigueur universitaire, il montre comment le milieu des sociétés humaines a pesé sur leurs trajectoires, sans jamais les déterminer totalement.  Dans notre émission « Écrire l’histoire », Christian Grataloup insiste sur le caractère ouvert de l’histoire humaine. « Le point final de la géohistoire des humains sur la Terre n’est pas posé, insiste-t-il dans son ouvrage. […] Il reste encore au moins cinq milliards d’années avant que le soleil, devenu une géante rouge, ne calcine notre planète. Cela vaut la peine de mieux aménager notre maison commune, et d’en organiser l’usage d’une manière moins inégalitaire. »     __________

Partager cet article
Repost0

Savoir sous tutelle

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Main basse sur les universités

               Il l'avait promis. Il le fait. Trump veut faire taire les voix libres qui s'expriment au coeur des facultés et les oppositions qui s'y expriment souvent, notamment contre la censure et les mises au pas imposées par son administration. Il faut faire taire les esprits critiques, qui doivent la boucler et s'aligner sur la doctrine officielle. Le Chef  "exige que la quasi-totalité des subventions fédérales, qui étaient jusqu’ici attribuées sur la base du mérite scientifique, soient désormais soumises à un « examen préalable à l’attribution » et à l’approbation de responsables politiques « seniors », chargés de vérifier que ces subventions « font avancer de manière démontrable les priorités politiques du Président »                                                                   La volonté de contrôler les esprits, très orwellienne, poussant beaucoup d'enseignants à l'expatriation, obéit à une logique que l'on retrouve ailleurs.           L'université est clairement désignée par Vance comme l'"ennemi".   "Le financement fédéral est désormais suspendu au-dessus de la tête des administrateurs d’université comme une épée de Damoclès, menaçant de décapiter la recherche de toute université assez audacieuse pour résister aux exigences de l’administration. Pour caractériser ce recentrement inédit du pouvoir présidentiel, vous allez même jusqu’à convoquer Staline et sa relation avec la science, dans un texte que vous venez de faire paraître dans Slate . Cette comparaison n’est-elle pas excessive ? Non, elle est exacte dans son principe. Comme Joseph Staline dans l’ancienne Union soviétique, l’administration Trump revendique le droit d’exercer un contrôle politique direct sur la recherche scientifique..."   


                                                                                                       Pour le roi Donald l'enseignement supérieur "a perdu son chemin", il "corrompt la jeunesse et la société" avec une "idéologie socialiste et anti-américaine". Ce mouvement de résistance est inédit. Jusqu'ici seule Harvard avait ouvertement défié l'administration..."                                                        La culture va donc continuer à être malmenée...Au détriment de l'avenir du pays. L'offensive contre les étudiants étrangers ne va rien arranger.                              En route vers le meilleur des mondes?...              ____________

Partager cet article
Repost0

Services publics?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Pas de fatalité

          Dans le sillage de la révision des politiques publiques inaugurées par N.Sarkozy et F.Fillon, dans le contexte néolibéral inauguré plus tôt tendant à réduire, parfois drastiquement, le rôle de l'Etat, dans des domaines parfois cruciaux, les services publics, ou encore appelés tels, parfois réduits à la portion congrue, sont devenus des cibles de choix...

           Le manque de moyens apparus lors des incendies en cours, sans parler de l'état souvent désastreux de nos hôpitaux, a mis en évidence une nouvelle fois l'état dégradé de nos services publics. Tout cela est le processus de choix politiques qui ne sont pas si lointains et qui ont provoqué un infléchissement de l'engagement de l'Etat sous l'effet de choix néolibéraux. Réduire les coûts, quelles qu'en soient les conséquences, diminuer les personnels et les crédits alloués, sans perspectives à long terme, sinon favoriser le secteur privé,  libéraliser à tout va, dans le sens contraire des objectifs fixés initialement. N.Sarkozy et F.Fillon, qui se comparait à M. Thatcher, ont donné le ton, avec quelques précautions oratoires d'usage. Le logiciel est resté inchangé, malgré quelques aménagements circonstanciels.                        Depuis l’instauration de la révision générale des politiques publiques (RGPP) imaginée par Nicolas Sarkozy à son arrivée à la présidence en 2007 – devenue par la suite modernisation de l’action publique (MAP) –, la feuille de route du ministère des finances n’a pas changé. Chaque loi de finances est l’occasion de donner un coup de rabot supplémentaire dans les services publics, considérés comme dépensiers et improductifs, de supprimer des effectifs, de lancer des réorganisations permanentes alimentant l’impuissance.                                                                                                                                                                                            Point de vue           « Le logiciel gouvernemental reste le même : il faut réduire la dépense publique. Alors que les besoins augmentent, qu’il faudrait investir massivement pour faire face aux dérèglements climatiques, on assiste à un définancement des services publics. À l’exception de l’intérieur, de l’armée et, dans une moindre mesure, de la justice, mais dans des proportions nettement insuffisantes, tous les budgets des services publics sont en baisse », relève Marie Pla, coporte-parole de l’association Nos services publics, qui documente depuis plusieurs années la mise à sac de nos biens communs.                                     Aussi essentielle soit-elle, la sécurité civile n’a pas échappé à la règle. Vivement critiqué par toutes les oppositions pour le manque de moyens dévolus aux pompiers, le gouvernement se défend d’avoir sacrifié la sécurité de la population et des territoires.   Du côté de Renaissance, on assure que « depuis 2017, les moyens pour la sécurité civile ont été augmenté de plus de 70 % », et notamment chez l’ancien premier ministre Gabriel Attal, sur la sellette après avoir annulé, en 2024, la commande de deux canadairs, pourtant promis en 2017 (lire l’encadré).                             Les chiffres relativisent, toutefois, l’effort de l’État. Il consacre chaque année 800 millions d’euros à la sécurité civile. C’est presque soixante fois moins que le budget de l’armée. Cela représente à peine 10 % des dépenses totales pour les services incendies et de sécurité.  Car l’essentiel est payé par les départements et les collectivités locales. Mais depuis des années, le budget stagne autour de 7 milliards d’euros. « On dépense [deux ou trois fois plus] pour nos déchets » que pour la lutte contre les incendies, constate le député La France insoumise (LFI) Damien Maudet, coauteur de deux rapports sur la sécurité civile...Alors qu’en 1983 la France disposait de 24 canadairs, elle en possède deux fois moins aujourd’hui. Et encore, près de la moitié est clouée au sol. En effet, Sabena Technics, la société sous-traitante chargée de la maintenance, n’a pas tenu ses engagements de disponibilité à l’été, faute de pièces détachées suffisantes, comme l’a expliqué Éric Durand, secrétaire général adjoint du Syndicat du personnel navigant de l’aéronautique civile dans Le Monde.      Au mieux, la France disposera de deux nouveaux appareils en 2030-2032. Le constructeur canadien De Havilland a arrêté la production des canadairs en 2017, faute de commandes suffisantes. Il a accepté de la relancer en 2019 après que l’Union européenne (UE) lui a passé commande de 24 canadairs dans le cadre du plan « Reset ». Mais il a les plus grandes difficultés à retrouver son rythme de production antérieur.   À voir les délais imposés pour seulement obtenir deux avions, la situation est inexplicable. Alors que le secteur aéronautique français est reconnu dans le monde, pourquoi le gouvernement ne lui a-t-il pas demandé de plancher sur des projets de bombardiers d’eau ou de drones capables de lutter contre les feux de forêt ? Pourquoi lui a-t-il préféré De Havilland ?         Certains expliquent que les grands constructeurs aéronautiques ne sont pas tellement intéressés par des projets qui, pour l’instant au moins, ne représentent que des marchés de niche. Le gouvernement français n’aurait donc pas eu d’alternatives industrielles. Dans les faits, elles existent, comme le relève le rapport parlementaire « sur la stratégie de renouvellement de la flotte aérienne de la sécurité civile ». L’entreprise Hynaero est en train de développer un bombardier d’eau dit Frégate F-100, avec le soutien d’Airbus.  Mais le projet le plus avancé est celui mis au point par les ingénieurs de Positive Aviation à Toulouse. Il consiste à transformer des modèles de l’ATR-72, avion de transport régional, en bombardiers d’eau, ce qui permet de réduire les coûts de production. Le premier avion sera disponible en 2029.    Ce qu’il manque pour que ces projets décollent vraiment ? « Le soutien de l’État et des commandes publiques », dit le député insoumis Damien Maudet, coauteur d’un rapport à ce sujet. Même Bpifrance, la banque publique d’investissement, ne semble s’engager qu’avec précaution.     Alors que les moyens stagnent, les charges, elles, explosent. Elles ont augmenté en moyenne de 30 % sur les dix dernières années. D’autant que les services de sécurité doivent assumer de nouvelles missions, comme le transport de malades, à la suite des demandes du gouvernement de centraliser les appels d’urgence afin d’éviter l’engorgement des services d’urgence hospitaliers et de diminuer le coût des ambulanciers privés.       « Cela nous mobilise pendant 80 % de notre temps », dénoncent les syndicats de pompiers. Mais ces missions supplémentaires ne sont pas compensées par les caisses d’assurance-maladie.     Résultat ? Des services de sécurité sous tension permanente ; des pompiers mal payés et mal considérés qui ne veulent plus renouveler leur engagement volontaire après cinq ans ; des équipements hors d’âge et insuffisants ; des moyens financiers qui se réduisent comme une peau de chagrin, au point que certains départements ne peuvent leur acheter des masques filtrants pour les protéger.  Cette description de leurs conditions de travail faite par les pompiers pourrait tout aussi bien être faite par les professeur·es, les personnels de santé, les chercheurs et chercheuses, les personnels pénitentiaires et tant d’autres, tant le secteur public souffre d’un sous-investissement chronique.Pressées de toutes parts, les collectivités territoriales – départements et villes – disent qu’elles ne peuvent guère faire plus. Au nom de la rigueur budgétaire, les gouvernements successifs n’ont cessé de rogner leur autonomie financière et de renforcer la tutelle de Bercy, en les privant de recettes indépendantes (suppression des taxes professionnelle et d’habitation, par exemple) et en ne compensant pas intégralement le manque à gagner. Le ruissellement espéré par ces suppressions d’impôt devait participer à cette compensation. Il est toujours attendu.                                  Dans le même temps, l’État n’a cessé de leur demander d’assumer de nouvelles charges, sociales pour l’essentiel. En 2022 et 2023, deux rapports de l’Assemblée des départements de France (ADF) décrivaient « un système à bout de souffle » et demandaient une remise à plat du système de financement de la sécurité civile. Les catastrophes en cours les amènent à renouveler leur alerte.  « On ne peut pas demander aux départements d’investir toujours davantage alors qu’eux-mêmes sont au bord de l’asphyxie financière. À force d’attendre, c’est notre capacité collective à protéger les Français qui est fragilisée », dit François Sauvadet (UDI), président de l’ADF.                Jusqu’alors, le gouvernement a joué la montre. La dernière grande loi de programmation de la sécurité civile remonte à 2003, reposant sur des bases de taxation à partir des immatriculations qui n’ont jamais été révisées et sont devenues obsolètes. Depuis lors, plus rien.                                                                                              Un Beauvau de la sécurité civile, qui a bien été réuni en 2025, était censé aboutir à une grande réforme permettant la remise à plat du système de financement du secteur. Promis début 2026, le texte a été renvoyé aux calendes grecques, comme le dénonce la députée écologiste Sandra Regol, autrice de nombreuses propositions de loi sur le sujet.                     « La sécurité civile, ce n’est pas un sujet politique. Après l’été, tout le monde oublie les feux de forêt et on passe à autre chose », constate l’insoumis Damien Maudet. Sans guère rencontrer d’opposition, le gouvernement a pu ainsi réécrire une disposition adoptée au Parlement accordant des trimestres supplémentaires pour le calcul de retraite des pompiers. Au lieu de six trimestres supplémentaires, l’exécutif a décidé mesquinement de limiter la compensation à trois trimestres au bout de quarante années de service volontaire. La mesure devait concerner une poignée de pompiers. C’est ce qui s’appelle une gestion « en bon père de famille », sans doute.                                               Dans le même élan, outre la suppression de la commande de deux canadairs en 2024, le gouvernement a décidé, dans sa réécriture du budget 2026, de supprimer l’amendement prévoyant l’achat supplémentaire de retardateur d’incendie, dispersé aujourd’hui lors des vols d’A400M. Il a déjà prévenu les collectivités territoriales qu’elles seraient associées aux nouveaux efforts de réduction du déficit et devaient prévoir des budgets en baisse.    Le nouveau maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, peut désormais mesurer les effets de ses réductions budgétaires, dont il était un fervent défenseur quand il était ministre des comptes publics (2023-2024). Aujourd’hui, il réclame l’aide de l’État. « Quand on fera l’addition financière des catastrophes de cet été, il est probable, compte tenu de l’ampleur des sinistres, qu’elle sera plus élevée que le budget consacré à la sécurité civile », prédit Damien Maudet. Mais Bercy ne compte jamais comme cela : il note les dépenses mais jamais ce qu’elles apportent ou les dégâts qu’elles évitent.                                                                                                                           Une erreur, selon le député socialiste Philippe Brun. Reprenant une idée émise dans un des rapports parlementaires, il préconise que l’État évalue aussi le montant des catastrophes évitées grâce au système public de protection civile et que les assurances participent à son financement.                                                                                     À peine émise, l’idée paraît déjà mort-née. Par principe, le gouvernement se refuse à demander au privé de participer à l’effort général. Et s’il s’est tant désintéressé de la sécurité civile ces dix dernières années, c’est que ces missions ne peuvent pas être déléguées au privé, qu’il n’y a pas moyen d’en tirer profit. Au contraire. Ce ne sont que des externalités négatives qu’il importe de faire supporter au public.                     Quand les missions de service public peuvent être déléguées au privé, l’État s’empresse de les encourager, quel qu’en soit le prix pour la collectivité. Alors que les moyens et les effectifs diminuent partout, les transferts de financement et l’externalisation des missions de service public n’ont jamais été aussi nombreux. Selon les calculs de Nos services publics, l’externalisation s’élève désormais à 160 milliards d’euros par an.                                                                                                                   Tout y passe : de l’établissement des cartes grises, qui donne lieu à des fraudes gigantesques, à la perception des amendes, en passant par certaines tâches douanières ; les réseaux de cliniques privées prospèrent sur le dos du système de santé ; les transporteurs ferroviaires concurrencent la SNCF sans assumer aucune charge pour l’entretien du réseau ; les producteurs indépendants d’électricité sont assurés d’une rente garantie sans aucune obligation, tandis qu’EDF paie toutes les charges.                                                                                                                                            Tandis que les fermetures de classes s’accélèrent dans l’Éducation nationale, les financements de l’enseignement privé ne cessent d’augmenter et dépassent désormais celui de la sécurité civile. Quelques dizaines de milliers d’élèves valent bien qu’on leur consacre plus d’argent qu’à 66 millions d’habitant·es.                                   « Il serait temps de se poser la question de l’efficacité de la dépense publique. Car l’État verse de l’argent au privé sans contrôle, sans évaluation. Ces dépenses doivent être conditionnées, voire, pour certaines, totalement supprimées », dit Marie Pla.  En tout cas, cette politique de réduction du secteur public et de transfert au privé n’a pas permis de diminuer l’endettement : en dix ans, il s’est accru de 1 300 milliards d’euros. Aucun gouvernement n’a affiché un bilan aussi désastreux.                                      Le gouvernement ne semble pas prêt à en prendre le chemin. Les ravages forestiers pourraient même lui donner l’occasion d’étendre encore la politique de mise en coupe réglée des services publics. Depuis quelque temps, l’Office national des forêts (ONF), lointain héritier des services royaux institués par François Ier pour protéger le domaine patrimonial forestier, est entré dans le champ d’intérêt d’Emmanuel Macron.      Une vaste réforme de l’organisme a été entreprise. Objectif : faire le plus d’argent possible en se mettant au service des intérêts privés. Un tiers des effectifs de l’ONF a été supprimé, créant un malaise interne profond. « L’État fait obligation aux propriétaires de débroussailler ses terrains. Mais il n’est pas sûr que l’ONF soit lui-même en capacité de le faire, tant il a supprimé d’emplois », dénonce Damien Maudet.                                                                                                                                  Avec les incendies, le chef de l’État voit une occasion d’accélérer son projet. Comme après l’incendie de Notre-Dame, il a promis, lundi 27 juillet depuis la Gironde, de reconstituer la forêt disparue, mais une « forêt différente » qui tienne compte des changements climatiques, ainsi que de la pression urbaine. Ce même jour, lors du conseil des ministres, il a rappelé qu’il s’agissait d’« un enjeu de premier plan ».                                                                                                                       La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, semble poser les premiers jalons de cette ambition présidentielle. Le week-end des 25 et 26 juillet, alors que les habitant·es, les pompiers et les autorités étaient en pleine panique dans la région bordelaise, elle a annoncé la création d’un fonds, associant public et privé, pour préserver et replanter les massifs forestiers en France, afin de les rendre plus résistants aux dérèglements climatiques. Elle pourrait surtout donner lieu à une vaste redistribution territoriale et foncière entre public et privé.  Les expériences récentes de ce mélange public-privé pour défendre des enjeux climatiques ou environnementaux, que ce soit dans l’énergie, l’automobile ou ailleurs, aboutissent souvent aux mêmes résultats : à la fin, ce sont toujours la vision et les intérêts privés qui priment, et le public paie, surtout en cas d’échec. Nos biens communs, nos services publics, l’intérêt général et, désormais, comme le prouvent les catastrophes en cours, notre sécurité valent mieux que cela..."(Martine Orange _ Merci à Médiapart)     _________
Partager cet article
Repost0

Echos de la Silicon Valley

Publié le par Jean-Etienne ZEN

FB: les aventures continuent

            La célèbre plate-forme  fait toujours parler d'elle. A l'insu de la plupart de ses usagers. M. Zuckerberg a bien des soucis. Il fut même récemment conspué par des élus américains. Sans grandes conséquences pénales, il faut dire. A Washington, on adore faire la morale aux enfants terribles. Sa repentance  publique en fit rire plus d'un. Sa complicité (pour ne pas dire son implication) dans l'émission de messages toxiques lui est reprochée: "...Facebook et sa petite sœur Instagram privilégiaient les contenus viraux, fussent-ils toxiques et violents, pour augmenter la collecte de données et donc les profits. Et ce, en pleine connaissance de cause : c’est ce que montrent les études internes que cette Américaine a transmises à la presse en 2021. Ces 22 000 pages de documents, les « Facebook files », ont sérieusement entaché l’image de l’entreprise et lui valent des déboires judiciaires aux États-Unis...."                                                                                                        _             Business first.  Un problème pour les enfants, les institutions, la démocratie. En acteur innocent, il se défausse; c'est pas moi, c'est les autres...  Et pourtant, les preuves sont accablantes. En apparence naïf et gentil, le  patron de la célèbre plate-forme à l'ascension fulgurante et à l'immense fortune, est pour le moins ambigü, parfois assez cynique, comme le soulignes maintes critiques.


                                               

 

           La régulation du système tarde à venir...    "... Au printemps 2021, lorsque les médias publient les « Facebook Files », Frances Haugen se fait connaître comme l’ancienne employée à l’origine de la fuite de dizaines de milliers de documents de l’entreprise. Elle témoigne devant le Congrès, parle à la presse, s’assure que tout le monde comprend ce que les documents révèlent : non seulement Facebook a défini son algorithme pour favoriser l’extrémisme, mais le réseau social savait que ses utilisateurs se servaient de la plateforme pour répandre la haine, les fake news et les violences misogynes.    La Vérité sur Facebook est un récit exaltant et terrible, l’histoire d’une femme qui s’est construite à contre-courant et dont le destin l’a menée à faire trembler l’un des géants d’Internet. C’est aussi, pour la première fois, la révélation au grand jour de la culture d’entreprise et des pratiques terrifiantes de Facebook. "  

                    ________________________

Partager cet article
Repost0

Publicité

IA: nouvelles perspectives

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 A vitesse accélérée 

                           C 'est le rythme de développement des nouvelles applications de l'IA, dans des domaines de plus en plus variés et un contexte de concurrence  et de rivalités mondiales assez exacerbées sur plusieurs plans. Certains, même en haut lieu, demandent déjà que l'on freine ce développement assez anarchique, constatant des formes de piratage dans les domaines sensibles. Au point que le PDG de Open AI lui-même déclarait à un podcasteur américain : « Nous allons peut-être devoir ralentir de rythme de développement des IA pour donner suffisamment de temps à la société pour se préparer à ces nouvelles capacités. »      Enfin se pose le problème d'une régulation de systèmes qui peuvent s'emballer et d'une maîtrise nécessaire des innovations en la matière. Les dérives graves constatées n'ont pas été anticipées. Des fuites de données. Des chiens fous dans un jeu de quilles.... Du grain à moudre pour la pétition qui demande une régulation capable de freiner le développement des modèles les plus avancés, y compris le patron d'Anthropic. Frankenstein échappe à son créateur...Les droits d'auteurs risquent aussi d'être facilement violés, dans tous les domaines.  


                          Le problème est qu'un mur de complexité  rend les contrôles de plus en plus problématiques.  Et que l'intelligence, la vraie , fait parfois défaut . Même le simple bon sens. Sans parler d'éthique élémentaire.      Ce qui  explique mieux des prises de position récentes, souvent d'ordre "philosophique"     Cédric Villani ne mâche pas ses mots:                                         Pour moi, le premier problème, c’est que l’IA rend fou. Elle rend folle l’économie, folle la société, folle une partie des élites techniques et politiques. Quand on regarde certains discours aujourd’hui dans la Silicon Valley, on a parfois l’impression d’assister à une forme de délire collectif autour de la promesse technologique.    En même temps, cette obsession permanente pour l’IA détourne aussi l’attention collective d’autres enjeux absolument centraux, notamment climatiques et écologiques. Toute l’énergie intellectuelle, financière, industrielle est aujourd’hui mobilisée autour des datacenters, de la puissance de calcul, de la compétition technologique, des semi-conducteurs. Or pendant ce temps-là, les problèmes climatiques et sociaux ne disparaissent pas, bien au contraire.    Et puis il y a évidemment toute la dimension militaire et sécuritaire. L’IA fournit déjà de nouvelles armes : cyberattaques automatisées, drones pilotables avec précision et bientôt beaucoup plus autonomes, systèmes de surveillance, capacités massives de désinformation, automatisation grandissante de la guerre. Le risque n’est pas vraiment celui d’une machine qui deviendrait autonome ou incontrôlable au sens de la science-fiction, mais son utilisation autodestructrice par l’humain.                                  Les technologies de la communication, dès le début, ont été employées par les sociétés autoritaires pour renforcer leur contrôle de la population, mais ont aussi constitué pour les régimes plus libéraux une tentation irrésistible. Voyez les programmes massifs de surveillance lancés par les États-Unis et quelques autres. Flicage en temps de paix, démultiplication des moyens de destruction en temps de guerre, c’est une combinaison redoutable pour une humanité qui n’a guère progressé moralement et qui a toujours, en période de tension, utilisé la technologie dernier cri pour se battre. Rendez-vous compte, personne n’en parle mais l’an dernier cinq pays européens se sont retirés du traité international contre les mines antipersonnel ! Les industriels de l’armement ont leur carnet de commande plein à ras bord, de même que tout le business des addictions (drogue, sexe, jeu). J’imagine un extraterrestre en mission d’observation sur Terre, qui ferait son compte rendu à son quartier général : « Ils font tout pour éviter de regarder en face leurs vrais problèmes, ils se préparent à la guerre, et construisent d’immenses datacenters comme les cathédrales d’un culte ». À la fois hyper-connectés et déconnectés du réel..."  _____________

Partager cet article
Repost0

Vieillir...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La mort, la belle affaire, mais vieillir!...disait Jacques 

                 Il est vrai que la mort n'est rien pour nous, comme l'affirmait Epicure, qui la voyait comme un phénomène naturel, loin des peurs et des fantasmes des hommes, qui ont à partir de là créé des religions soi-disant apaisantes. Elle fait partie du cycle nécessaire à la vie, que cela nous plaise ou non...                                                                                                                                               Vieillir, c'est une autre histoire, même quand cela se passe souvent relativement bien et il y a vieillir et vieillir...Cela ne va pas sans conséquences sur le corps et l'esprit, jusqu'au moment où on ne peut plus rien rafistoler.... Comme dit l'autre: Je ne vois pas l'intérêt de vieillir,...je vais arrêter J'ai essayé, ça ne marche pas...                         ____L'esprit encore bien vivant, quoi qu'il en dise, Bernard Pivot y va de son franc-parler:

Vieillir, c'est chiant.   

J’aurais pu dire :
vieillir, c’est désolant,
c’est insupportable,
c’est douloureux, c’est horrible,
c’est déprimant, c’est mortel.
Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira.
Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.
On était bien dans sa peau.
On se sentait conquérant. Invulnérable.
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante.
Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps –
mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.
J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard.
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans "l’apartheid de l’âge".
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
« Avec respect »,
« En hommage respectueux »,
« Avec mes sentiments très respectueux ».
Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ?
Les cons !
Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !

Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place.
J’ai failli la gifler....
Puis la priant de se rassoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué.
« Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée.
J’ai pensé que… » Moi aussitôt :
«Vous pensiez que…?
-- Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous assoir.
– Parce que j’ai les cheveux blancs?
– Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée…-
- Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous?
–Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… --Une question de quoi, alors?
– Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…»

J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.

Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, Ne renoncer à rien.
Ni au travail, ni aux voyages,
Ni aux spectacles, ni aux livres,
Ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.
C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie.
La musique est un puissant excitant du rêve.
La musique est une drogue douce.
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant
soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart,
soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.

Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps.
Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital.
En années? En mois? En jours?
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital.
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération.
Après nous, le déluge? Non, Mozart.
Partager cet article
Repost0