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Victoire totale? (2024)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Le scénario redouté est arrivé

        Il va falloir faire avec...Tout le monde est concerné. On s'inquiète, aux USA comme ailleurs.                                                                      Une nouvelle donne se prépare, bien loin du New Deal de Roosevelt, qui voulait mettre au pas les grandes puissances financières, fauteuses de crise, pour reconstruire le pays(*). Nous sommes dans le brouillard. Une "démocratie" en péril. La nouvelle donne de  Trump sera certainement en deçà de tout ce qu l'on peut craindre. Dans quelle mesure les contre-pouvoirs joueront- ils leur rôle? Le deuxième mandat ne ressemblera pas au premier, c'est sûr.  L'heure des comptes arrive.                                                          "Trump a remporté l’élection présidentielle et le Parti républicain retrouve également la majorité au Sénat, et sans doute à la Chambre des représentants, il aura donc le pouvoir au Congrès. Avec la Cour suprême qui est depuis longtemps solidement conservatrice, les républicains devraient avoir la main sur tous les leviers du pouvoir en 2025. Et contrairement à 2017, l’ensemble du Parti républicain est désormais trumpiste.   

   Surtout, Donald Trump remporte pour la première fois le suffrage populaire, avec un écart de plus de 4 millions de voix sur la candidate démocrate Kamala Harris. L’écart pourrait certes se réduire, mais Trump a pour l’instant remporté plus de 50 % des voix au niveau national. C’est une première pour un candidat républicain depuis la réélection de George W. Bush en 2004. La fois précédente remontait à 1988...."                                                                                                        L'"ami américain" le sera encore moins. Une constitution  à revoir.  

    ______________ (*) On attend des dirigeants de la stature de Roosevelt, qui en son temps, par des mesures innovantes, su redresser la barre d'un navire qui coulait. Sans toutefois changer le système. 
_______ (*)  Franklin Delano Roosevelt aurait-il la même mansuétude vis à vis du gouvernement des banques, dont le pouvoir a été à peine écorné après 2008? Roosevelt qui disait publiquement: "...Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix – le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l’antagonisme de classe, l’esprit de clan, le profiteur de guerre. Ils avaient commencé à considérer le gouvernement des États-Unis comme un simple appendice à leurs affaires privées. Nous savons maintenant qu’il est tout aussi dangereux d’être gouverné par l’argent organisé que par le crime organisé. Jamais dans toute notre histoire ces forces n’ont été aussi unies contre un candidat qu’elles ne le sont aujourd’hui. Elles sont unanimes dans leur haine pour moi – et leur haine me fait plaisir. Je peux dire que lors de mon premier mandat ces forces menées par l’égoïsme et la soif du pouvoir ont trouvé un adversaire à leur hauteur. J’aimerais pouvoir dire à l’issue de mon deuxième mandat qu’ils ont trouvé leur maître..."_______________
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Quand la mort fait de la résistance

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La célébration change au cours des ans                                                                                                                                        Mais elle demeure. Mais où sont les morts d'antan, chantait Brassens... Ce qui change, ce sont les croyances et les rituels, aussi loin que l'on remonte dans le temps. Une histoire  compliquée, qui affecte même le vécu du deuil. La Toussaint n'est pas si ancienne et perd déjà de son sens traditionnel. Une nouvelle normativité du deuil s'installe petit à petit.   


                                                                                                                L'étude de Vinciane Despret apporte des éléments pour mieux comprendre l'ambiguïté dans laquelle nous sommes tous plus ou moins plongés lors du départ d'un proche, les dénis et les rationalisations que nous opérons, mais aussi les traces qui résultent parfois durablement d'une cicatrice longue à se refermer.  "...Cette partition entre les vivants et les morts, même dans notre société, n’est pas tranchée. Maurice Bloch a bien montré qu’il existe des « brèches dans la frontière entre l’être et le non-être ». C’est criant dans les cultures qui continuent d’entretenir des liens avec les esprits, mais ce n’est pas du tout leur apanage. Ces brèches existent chez nous aussi. On peut même prendre des exemples très profanes : les nouvelles technologies, qui permettent de garder des personnes en état de mort cérébrale dont le cœur continue à battre et qui sont encore capables de susciter des relations autour d’eux. La technologie médicale créé ici une brèche entre l’être et le non-être – cela fait même l’objet de lois, de débats éthiques. Car d’un point de vue médical, quel est le statut de ces personnes ? Il est vrai cependant que lorsqu’il s’agit de la mort telle qu’on l’acte au moment des funérailles, on a tendance, en Occident moderne, à penser que la mort est une affaire de tout ou rien : soit on est vivant, soit on est mort. On ne peut pas être dans l’entre-deux. Mais beaucoup de technologies démentent cette position : le don d’organes pose la question de l’entre-deux, à la fois au moment où l’on doit décider si un individu en mort cérébrale est véritablement décédé ou non, et après, car les personnes ayant reçu ce don peuvent avoir le sentiment de faire vivre le donneur en eux. Une dame dont le fils avait péri dans un accident de la route et dont les organes avaient été donnés, disait un jour : « Il est possible maintenant que je sois grand-mère ». Son fils décédé faisait vivre quelqu’un d’autre. Cela montre que cette rupture entre être soit mort, soit vivant, n’est pas si nette. Mais la conception dominante est nette : la théorie du deuil pose la mort comme une affaire de tout ou rien. Il y a donc à la fois un discours officiel, dominant, normatif, et à la fois, l’on peut partout observer des pratiques qui ne cessent de contredire ce discours normatif....    Accepter la proposition de Joan Didion de « laisser partir » le mort, c’est comme si l’on disait que ne pas le tuer, c’est « tout » (mais ici, le mort est omniprésent, envahissant), et le tuer, c’est « rien » (là, le mort retourne au néant, il n’existe plus du tout). Or l’on peut très bien imaginer des relations avec les morts qui ne soient pas « tout ». En ce sens, la plupart des gens qui refusent le « rien », la disparition totale du décédé, ne veulent pas non plus être dans le « tout », soit sa présence totale. Sinon, l’on entendrait : « Votre mère est morte mais elle est là, partout ? Comment faites-vous pour faire l’amour avec votre conjoint, puisqu’elle regarde sans doute au-dessus du lit ! » Le problème vient du fait que notre tradition officielle cultive tellement peu le lien avec les morts, qu’on se retrouve à devoir choisir entre tout ou rien. Sans doute ce qu’on appelle le « deuil pathologique » relève-t-il de ce choix du tout, de l’omniprésence du mort, ce qui s’aggrave sans doute du fait qu’on ne rencontre que de l’hostilité et de l’opposition par rapport à la relation qu’on essaie de créer avec le mort, et qu’on ne peut s’accommoder de sa disparition totale. La tradition occidentale moderne ne nous permet pas d’entretenir avec nos morts des relations qui seraient de l’ordre de la nuance. Heureusement, la plupart des gens sont suffisamment sages, bien entourés et imaginatifs, pour ne pas tomber dans le tout ou rien, pour construire un lien nuancé avec le mort. Toutes les cultures exigent en ce sens la séparation des vivants et des morts, il ne faut pas croire l’inverse. Aucune culture ne laisse les morts complètement habiter le monde des vivants et interférer à tout bout de champ ! Les morts peuvent être là mais pas pleinement là, pas tout le temps là. Ils ne peuvent pas entraver les décisions des vivants. C’est le rôle du notaire, par exemple : il prolonge à la fois la volonté du mort (répartition de l’héritage), mais la limite aussi dans la mesure où le mort n’a pas à entrer dans la vie des vivants (l’héritage ne peut pas être sous condition, par exemple que les descendants fassent ou non d’autres enfants)...."                                                                                                                                                                                         __La Fête des morts est propre à toutes les cultures connues, quelle qu'en soit la forme.

 

Les nombreux rites , tentatives pour donner sens à l'inacceptable, pour exorciser une réalité inconnaissable donc terrifiante, sont diversifiés, largement dépendants des croyances mythiques et religieuses.
Au Mexique, par exemple, les anciens cultes se sont amalgamés aux pratiques chrétiennes tardives.
Les représentations, plus ou moins élaborées, concernant la mort sont d'une grande diversité. Elles ont beaucoup à voir avec les croyances et les cultures.

_Si chaque religion prétend vouloir guérir l'homme de sa plus grande "blessure narcissique", les philosophies, par des démarches diverses, ont tenté de penser le problème en dehors d'une transcendance et d'en donner un réponse rationnelle, pour aboutir le plus souvent au constat, finalement assez banal, que la mort est incontournable et inconcevable, faisant partie de notre finitude essentielle.
Notre absence de maîtrise est surtout éclatant dans la phase finale de notre vie. _Le lâcher-prise zen peut être vu comme une métaphore d'une mort apaisée._ S'il y a une chose que nous ne maîtrisons pas, c'est bien la mort.

__Banaliser la mort est sans doute la tentative la plus rationnelle pour évacuer son spectre récurrent.
La naturaliser, comme Epicure, en la resituant dans le cadre des phénomènes naturels d'ensemble. En ce sens, "la mort n'est rien pour nous..." . Lucrèce reprend poétiquement le même projet, dans une nature interprétée comme sans finalité, sans arrière-monde.
Envisager de la sorte la mort, c'est la voir aujourd'hui, à la lumière de la microbiologie, comme un principe agissant au coeur même du vivant, comme un élément sans lequel la vie même ne serait pas, du point de vue de l'individu comme de l'évolution. C'est ce que les récentes études de JC Ameisen montrent de manière convaincante. La mort ne joue pas contre la vie, mais avec elle et pour elle...Deux principres aussi indissociables que le yin et la yang dans la pensée chinoise.

___Maigre consolation...pour celui qui va mourir dans une expérience singulière et tragique, rarement apaisée, dont on peut trouver une expression dans un texte comme celui-là, jouant sur la métaphore du voyage, soulignant l'ambivalence vécue de la mort, refusée puis acceptée, quand
The show must go on ...
Il est des textes comme celui-là, qui, mine de rien, pèsent parfois plus que maints traités de philosophie, parlent plus au coeur, dans un premier temps, que les analyses de Spinoza ou Montaigne.
Naître à la mort...reste une expérience singulière.
_ Dans la relation avec les êtres chers, l'expérience finale peut être adoucie par l'entretien des liens de mémoire. Paroles qui ne changent rien à l'implacable loi de la vie, mais qui apaisent, comme le chant de la mère apaise les terreurs de l'enfant qui s'endort...

La mort n’est rien
Je suis simplement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, tu es toi.
Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
N’emploie pas de ton différent, ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble...
Que mon nom soit toujours prononcé à la maison comme il l’a toujours été.
Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre.
La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié. Elle est ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée Simplement parce que je suis hors de ta vue ?
Je t’attends.
Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien.

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New public Management

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Vers la privatisation progressive des services publics.

      L'Etat et la souveraineté ont été mis à mal depuis plusieurs années. Les services publics ont été "empêchés" et le deviennent de plus en plus gérés comme des entreprises xommées de devenir rentables, dans le plus pur esprit de Tony Blair. Le démantèlement se poursuit. Le pouvoir de l'Etat se réduit dans de nombreux secteurs, on l'a vu encore récemment avec le recours systématique aux cabinets de conseil.  Nous avons hérité du nouvel esprit du capitalisme anglo-saxon, qui a introduit un peu partout, même dans les hôpitaux, les méthodes de nouvelles formes d'organisation et d'évaluation, qui ont leur logique propre dans le système, celles du new public management.

    La standardisation des tâches et les nouvelles exigences de rentabilité, dans un système de production mondialisé, à produit ce que certains appellent les petits soldats du nouveau management:

 

 

 

 

                      Les services publics rétrécissent comme peau de chagrin Avec la privatisation toujours en cours, depuis le tournant libéral de 1983 et la période Delors, grand initiateur dans ce domaine., engagée sur une voie européenne où les dogmes marchands libéraux prévalaient. On n'en arrive aujourd'hui à un point où les agents des services qui restent se posent des questions sur leur fonction.  Que ce soit à la poste, à la sncf ou même à l'hôpital. La notion d'intérêt général perd peu à peu son sens, dans le sillage de R.Reagan et de Hayeck, où le marché doit triompher et l'Etat s'effacer, n'étant plus le garant de l'intérêt général mais l'empêcheur de spéculer en rond. L'UE a suivi le chemin, lentement, sous prétexte de "modernisation"...Et l'on arrive quasiment à un point de non retour, malgré des résistances. Merci Jacques et ses épigones! Malgré des regrets tardifs... 


                                                                                                        Il serait temps de faire à nouveau l'éloge du service public.

 

          Car de plus en plus, pas seulement en France, des secteurs d'activité d'intérêt général sont réduits ou sacrifiés sur l'autel des intérêts privés, directement ou indirectement, au nom d'un marché prétendument régulateur et facteur de progrès. Même au niveau de certaines missions ministérielles (recours à des cabinets privés.)  La doctrine reaganienne est passée par là...  jusque dans les couloirs de l'hôpital et des laboratoires pharmaceutiques...   


                                                                                                        "...Qui veut la peau des services publics? Comment s’en sortent les agents qui ne parviennent plus à faire leur métier du fait des réorganisations incessantes, du management par les indicateurs et le reporting ? Quel impact cela a-t-il sur les usagers ? C’est à toutes ces questions que Claire Lemercier, historienne, Julie Gervais, politiste, et Willy Pelletier, sociologue, ont répondu au terme d’enquêtes au long cours, dans La valeur du service public (La Découverte, 2021). A partir de nombreux témoignages, ils montrent les conséquences des politiques mises en œuvre par une nouvelle noblesse d’Etat, qu’ils nomment la « noblesse managériale public-privé », formée dans les nouvelles écoles du pouvoir et coupée des réalités du terrain. Entretien avec Claire Lemercier et Willy Pelletier...."                                                              Il a raison, Jacques. C'est tout Bon...Même si ses constats viennent un peu tard et qu' il ne suffit pas de le proclamer. Et il n'est pas le premier.  C'est le constat sur le terrain de pas mal d'élus locaux depuis quelques années.

 

     ____Les services publics reculent, à tous les niveaux, se dégradent et engendrent une fracture qui ne peut que s' accentuer, si rien n'est fait. (*)
     C'était une des thématiques récentes des gilets jaunes de province. Il existe de plus en plus de zônes grises, de quasi-déserts administratifs, médicaux, etc...qui, comme un cercle vicieux, entraînent une perte de substance, en même temps qu'un sentiment d'abandon, reléguant de plus en plus de gens en seconde zône,  surtout quand se sont envolés les emplois industriels locaux.
  Une France à deux vitesses. On en prend le chemin, quand ce n'est pas déjà accompli. Il suffit de visiter les Ardennes ou la Meuse.
   Et il n'y a pas que la poste ou les centres de soins locaux qui sont concernés.
     C'est tout le lien social qui est affecté.
  La numérisation des données ne va pas remédier à ces choix le plus souvent faits hors concertation. Il faut être équipé, connecté, formé et la majorité vieillissante de la population rurale se trouve exclue d'emblée de certains services.
      La fracture numérique renforce de fait les inégalités.
  On a voulu  moderniser, financer le présent à court terme, privatiser de plus en plus, donner le pas aux conurbations urbaines, faire de la voiture le moyen d'aller plus loin se faire soigner, remplir une démarche administrative, etc...

    On a voulu réduire la voilure d' l'Etat, jugé trop obèse, sous l'influence de la pensée néolibérale de Hayek, devenu un dogme indiscuté. Maggie a montré le chemin.
   On a progressivement porté atteinte  aux  services publics, sous des prétextes les plus fallacieux.
    Le dégraissage fut à l'ordre du jour et se poursuit. On en voit les effets.
     Pendant ce temps, on fermait les yeux sur l'évasion ou la fraude fiscale, on réduisait les impôts des plus favorisés, on  soutenait de grandes entreprises sans le moindre contrôle, on se lançait sans frein dans des investissements problématiquement productifs, etc.



____________

  (*)    "....Ces maux ne datent pas d’hier et « renvoient souvent à des problèmes plus profonds, d’ordre systémique. Ils constituent les “signaux faibles” émis par la société française, souvent “invisibles” des responsables politiques et administratifs nationaux, faute d’être appréhendés de manière globale ». La réduction du périmètre des services publics, les réductions budgétaires d’un côté et la progression de la pauvreté et de l’exclusion de l’autre ont des effets dévastateurs sur la cohésion sociale. Résultat, « en 2018, le Défenseur des droits a constaté, une fois encore, (…) les effets néfastes de l’évanescence croissante des services publics sur les personnes pour lesquelles ils constituent souvent le principal recours ».       Cette évanescence est tout d’abord le fruit d’une réduction du « périmètre des services publics » par « la privatisation des services organisés en réseau, tels que la poste, les télécommunications, l’eau, le gaz, l’électricité, les services urbains ou les transports publics ».       Parallèlement à cette privatisation, l’État s’est également déchargé de ses obligations en déléguant « certains services publics, en particulier dans le domaine de l’action sociale et de l’aide à domicile des personnes en perte d’autonomie » à « des associations à but non lucratif de plus en plus mises en concurrence avec des sociétés privées dans le cadre de procédures d’appel d’offres où les critères financiers s’avèrent prédominants ».       Les services publics restant sous le giron de l’État ont quant à eux été « confrontés à une restriction de leurs moyens budgétaires, y compris dans le domaine social, couplée à une transformation de leurs modes d’intervention appelés à être plus efficients ».         Affaiblis par la réduction de leur périmètre et de leurs budgets, les services publics ont cependant dû faire face « au développement des inégalités, de l’exclusion de la pauvreté », explique le rapport. « Les personnes “exclues” sont apparues massivement dans les services publics : non seulement aux guichets des services sociaux et des organismes de logement, mais également dans les services de santé, d’éducation, dans la justice, etc., tous sont confrontés à la multiplication de situations d’urgence. »       Et beaucoup d’administrations n’ont pas les moyens de faire face à l’afflux de demandes. 

« Confrontés à l’essor de la pauvreté, les services publics, en particulier sociaux, ont tenté de faire face à l’afflux des demandes en développant le traitement de masse de dossiers, explique le rapport. La standardisation des modes de traitement des demandes de prestation d’allocations ou de pensions, alliée au souci de performance des différents opérateurs évalués à partir d’objectifs quantifiables et statistiques, fait obstacle au traitement individualisé des dossiers. Or les situations individuelles des personnes les plus précaires, qui constituent des cas d’urgence majeurs, sont souvent complexes. »      Le rapport cite particulièrement l’exemple « des réformes successives des régimes de retraite mises en œuvre à partir de 1993. Les évolutions législatives se sont enchaînées à un rythme soutenu. Elles ont systématiquement entraîné une augmentation du nombre de départs à la retraite et des demandes de pension que de nombreux organismes n’ont pas été en mesure de gérer dans des délais raisonnables (…). Des personnes assurées sont ainsi restées dans l’attente de la liquidation effective de leur avantage vieillesse plusieurs mois après leur cessation d’activité, ce qui, pour celles à revenus modestes, a pu poser des difficultés insurmontables ».        Le rapport du Défenseur des droits s’inquiète également d’une « répartition géographique des services publics décorrélée des besoins des usagers ». « Derrière la logique budgétaire et le souci de rationalisation qui conduisent à la fermeture de guichets de services publics dont dépend l’accès aux droits des personnes les plus précaires, se profilent de nombreuses situations individuelles », prévient-il...."  _______________________   

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Petits échos du dimanche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 __ Complaisance

__ Charcutage

__ Piratage

__ IA ou pas?

 

__ Incertitudes                       

 

__ Déligitimation

__ Planète réac

__ Thanatobots...

__ Cigea et eau

__ Dysfonctionnement

__ Factures israëliennes

__ Chine vieillissante

__ Amères leçons

__ IA et math:  inquiétude ou enthousiasme?

                 _______ Piège de la dette chinoise _____________

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COP pour rien? (2024)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

A Bakou, dopé au pétrole, on parle du climat

           C'est un peu comme si on discutait des droits de la femme à Téhéran. C'est peu de dire qu'on ne peut en attendre beaucoup, surtout quand certains brillent par leur absence, que d'autres ne ménagent pas leurs critiques. A l'heure où le climat s'emballe et que le climato-scepticisme reprend de la vigueur, notamment Outre-Atlantique, où l'on assiste à un grand bond en arrière.  Comme une odeur de pétrole... sur le feu.


                                                                                                                            Depuis 2009, les choses n'ont que peu changé dans les faits. La crise s'approfondit alors que le réchauffement s'emballe et que des moyens font défaut. Comment résoudre l'injustice climatique.?"...Le choix de la capitale de l'Azerbaïdjan.

pour accueillir cette conférence est plus controversé encore que ne l'avait été celui de Dubaï en 2023. Mais en dehors de polémiques, d'échec ou de succès retentissant, les COP ne passionnent pas les opinions publiques. D'autant moins que, partout dans le monde, la priorité environnementale recule et le changement climatique inquiète de moins en moins..."                                                                                                        La transdisciplinarité fait défaut et les émissions de Co2 rebondissent.. Notre histoire est tellement liée aux évolutions climatiques! Il est temps de sortir de l'ambiguïté...

 

 

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Une guerre peu connue

Publié le par Jean-Etienne ZEN

       Celle des câbles                                                                                                                                      Dans les échanges internationaux, les câbles sous-marins jouent un rôle de plus en plus déterminant dans le transport de l'information quelle qu'elle soit. Comme un système nerveux qui se densifie en permanence, au fond des mers et des océans, sans que l'on en soupçonne souvent l'existence et l'importance. Sans eux, internet n'existerait pas. Les données véhiculées sont de toutes natures. D'où leur importance de plus en plus stratégique, qui en font un outil de puissance, où les USA occupe une place majeure.   On se souvient de l'affaire des câbles sectionnés  en mer Baltique, qui a mis en émoi certains gouvernements européens, ce qui souligna  l'importance de ces éléments transmetteurs devenus même cruciaux dans plus d'un domaine.   C'est un instrument de domination dans le contexte géopolitique actuel.    Comme il y a une guerre des tuyaux, une guerre des puces... d'une actualité brûlante, surtout dans le contexte de l'intense rivalité silencieuse entre Washington et Pékin.   


                                                                                                          Comme le signale l'auteure, "C’est une toile invisible sans laquelle l’Internet mondial n’existerait pas – et sans laquelle nos vies, nos sociétés, nos économies ne ressembleraient pas à ce qu’elles sont. Notre civilisation, plus que jamais numérique, s’est construite grâce à cette toile qui nous tient tous et toutes, de nos smartphones au système bancaire en passant par les infrastructures civiles et gouvernementales. Sous les océans et les mers se déploie un réseau de câbles de fibre optique, aussi fins qu’un poignet, et par lesquels transitent 99 % de nos données.Ce réseau, trois empires sont bien décidés à l’instrumentaliser pour servir leurs objectifs : les États-Unis, pour consolider leur domination numérique ; la Russie, pour affaiblir ses ennemis occidentaux ; la Chine, pour étendre son influence et condamner la courageuse Taïwan à la servitude. Entre eux se tient l’Europe, dangereusement naïve, et avec elle, nous tous, dont les vies ne tiennent qu’à un câble. Courses-poursuites en mer, faux navires de recherche, câbles sectionnés « par accident »… Du Grand Nord à Marseille en passant par la mer de Chine méridionale, La Guerre silencieuse mène l’enquête sur ces infrastructures méconnues, ceux qui les menacent, et ceux qui les protègent."         

                Carte interactive                           _______________

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Gaza: tous coupables? (2024)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

   "Pas de population innocente à Gaza" :C'est ce que prétend sans vergogne une frange radicale de l'extrême droite israëlienne et ultra-sioniste. Louis Sarkozy s'est aligné sur ce radicalisme. Du Nil à l'Euphrate, voilà le slogan de Netanyahou et de certains de ses ministres annexionnistes.   Adieu la Palestine?    Bonjour les colons.  Vive l'annexion!   Avec l'aide de Dieu, le Grand Israël vivra....   Tant pîs pour les "animaux"                                                                                               Bref, à GAZA, le nettoyage n'en finit pas... Les crimes sont dénoncés. L'Europe regarde ailleurs. A Paris, on traine les pieds. Trump est une opportunité  pour Tel Aviv. Le "gala" parisien suscite la colère. Le  Betar prend les choses en main.                                                        Certains en Israël se demandent si le pays est encore une démocratie. Mais pas tous...                                                                                                                                           No other Land.  A voir. + Local-call___ Le grand aveuglement.

     Edifiante Bible!...:     Jérémie 46 :10 : « Et ce jour-là appartient au Souverain Seigneur, Jéhovah des armées, le jour de vengeance pour se venger de ses adversaires. Oui, l’épée dévorera, elle se rassasiera, elle s’abreuvera de leur sang (…)» -

                                _______________________

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Quelle austérité?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Des lendemains qui ne chanteront pas?                                                                                                                                    L'austérité annoncée comme inéluctable n'est-elle pas un piège?        Face à une dette d'ampleur, présentée comme galopante, se serrer collectivement la ceinture pendant des années n'aurait-il comme seule conséquence que de nous appauvrir collectivement davantage, faute de pouvoir investir pour l'avenir. Sachant que les dévaluations de papa ne peuvent plus être d'actualité au coeur du système monétaire actuel,  des marchés mondialisés encadrés par les agences de notation. Et nous ne sommes pas le Japon. Pris à la gorge, notre monnaie n'étant plus souveraine, ne sommes-nous dans un terrible  cercle vicieux , qui ne manquerait pas d'affecter nos partenaires européens, même si nous ne somme pas les seuls endettés....Que faire? Sommes- nous dans un cercle vicieux?  Dans une impasse paraissant insoluble pour l'instant, aux conséquences qui nous dépassent?     


        __    Ce point de vue  peut aider à comprendre une partie du problème; L'austérité massive ne peut être la solution. C'est même un piège:                                                                                                                                                                                        " Derrière le discours de panique sur la dette et les taux d’intérêt, il y a un programme politique : mettre en œuvre un ajustement budgétaire violent portant d’abord sur les dépenses sociales. Une recette qui aura pour conséquence de provoquer une catastrophe économique et sociale....Derrière le discours de panique sur la dette et les taux d’intérêt, il y a un programme politique : mettre en œuvre un ajustement budgétaire violent portant d’abord sur les dépenses sociales. Une recette qui aura pour conséquence de provoquer une catastrophe économique et sociale....                                                                                     Mais cette panique construite vise aussi à clore un débat essentiel. L’austérité massive serait la seule voie. On parle sur les marchés de la nécessité pour la France d’arriver à un excédent budgétaire primaire, hors service de la dette, de 2 % du PIB, ce qui supposerait un ajustement de pas moins de 5 points de PIB (produit intérieur brut). Une demande considérable qui n’est pas sans rappeler ce qui a été exigé de nombreux pays du Sud dans les années 2010. Or la focalisation terrifiée sur la question budgétaire passe entièrement sous silence les effets d’une telle politique sur l’économie française.                                                                                                    D’ailleurs, ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux est une forme de répétition de l’automne 2010, lorsque l’obsession de la dette et du déficit conduisait à ne tracer qu’une seule route : celle de la consolidation budgétaire à tout prix. Le prix de cette obsession est cependant élevé. L’idée dominante du moment, c’est finalement que l’austérité permettrait de « sauver » la France et de lui donner les conditions d’une économie saine. Une fois les dépenses sociales réduites et les retraites réformées, l’économie française, pleine de confiance, pourrait rebondir.Cette vision naïve semble soudainement ressortir des poubelles de l’histoire. Comme voici seize ans, les « experts » divers, économistes, éditorialistes, chefs d’entreprise, hommes et femmes politiques, appellent à détruire l’État social en minimisant les effets de cette méthode sur la croissance. À l’époque déjà, l’austérité était la seule solution possible ; elle annonçait aussi des lendemains qui chantent.                              Dans le quotidien italien La Repubblica le 16 juin 2010, le président de la Banque centrale européenne (BCE) d’alors, Jean-Claude Trichet, affirmait avec le plus grand sérieux : « Tout ce qui aide à augmenter la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs quant à la soutenabilité des finances publiques est bon pour la consolidation de la croissance et les créations d’emplois. »                     Et de conclure : « Je suis fermement persuadé que […] des politiques qui soutiennent la confiance vont favoriser la reprise économique et non pas l’empêcher. » C’était la théorie de « l’austérité expansive » portée par l’économiste italien Alberto Alesina (1957-2020) : en réduisant le déficit par la baisse des dépenses sociales, on aidait à relancer la croissance. C’est cette vision qui revient, souvent sans le dire, à l’ordre du jour.                                     Puisque ces méthodes sont proposées pour la France, il faut revenir sur les dégâts qu’elles ont causés dans leur application à l’ensemble de la zone euro à partir de 2010. Le PIB réel de la zone euro s’est contracté pendant un an et demi, de septembre 2011 à mars 2013. Déjà affaiblie par la crise financière des subprimes, elle n’a ainsi retrouvé son niveau de PIB de début 2008 que sept ans plus tard. Soit quatre ans de plus que les États-Unis.        Cette période est d’ailleurs celle où l’écart de croissance avec les États-Unis commence à se creuser de façon vertigineuse. Entre le premier trimestre de 2010 et le dernier de 2019, le PIB états-unien a progressé de 26,6 %, contre 14,5 % pour la zone euro. C’est la moitié de l’écart actuel entre les deux régions.                                                   Pour les pays les plus frappés par l’austérité expansive, le bilan est encore plus désastreux. Selon la Banque mondiale, l’Espagne et le Portugal ont mis respectivement douze et neuf ans à rattraper leur niveau de PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat de 2008. En Italie, il aura fallu dix-sept ans. En Grèce, en 2025, le niveau du PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat était encore inférieur de 8,4 % par rapport à celui de 2007.                            Il est important de comprendre que de tels phénomènes sont fort rares en régime capitaliste et relèvent principalement de chocs aussi violents qu’une guerre ou un effondrement politique comme celui de l’URSS. Il semble difficile de nier la violence de l’ajustement budgétaire sur les populations et l’outil productif.  Ces désastres purement économiques se sont accompagnés de ravages sociaux, comme la baisse générale des salaires. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), entre 2010 et 2025, les salaires moyens réels ont reculé de 3,1 % en Espagne, et de 28,9 % en Grèce entre 2009 et 2025. La pauvreté reste aussi extrêmement élevée : en Espagne, la part de la population en risque de pauvreté est, selon Eurostat, de 25,7 %, et de 27,5 % en Grèce. Mais il faut aussi garder à l’esprit les conséquences humaines et environnementales de l’austérité. Une étude de la London School of Economics (LSE) publiée en juin 2024, qui se concentre sur le cas britannique, c’est-à-dire sur celui qui avait été salué comme un modèle par le dernier ouvrage d’Alberto Alesina, Austerity (Princeton University Press, 2019, non traduit), est sans appel.                  Entre 2010 et 2019, l’espérance de vie a reculé de 2,5 à 5 mois par an au Royaume-Uni, soit une baisse de 3 ans. Son poids dans le bilan de l’ensemble des morts de cette décennie est estimé à environ 3 % par les chercheurs, qui considèrent que la première cause relève des coupes dans les dépenses sociales.....                                                                                                      ....  Dans les théories classiques, l’austérité joue alors le rôle d’une « purge » : elle permet de réduire les déséquilibres en ramenant la demande à un niveau compatible avec l’offre. La balance des paiements en fort déficit est ramenée à l’équilibre....               Bien sûr, cet effet peut être caché derrière des phénomènes particuliers comme, par exemple, l’importance des flux de capitaux en Irlande ou la forte reprise du tourisme dans les pays du sud de l’Europe après la pandémie. À un certain moment, les destructions causées par l’austérité et la faiblesse des salaires peuvent aussi provoquer un rebond mécanique du PIB, parce qu’il faut bien finir par reconstruire et que le travail bon marché peut attirer des investissements.   Mais ces reprises sur lesquelles les uns et les autres ont beaucoup glosé concernant l’Europe du Sud ces dernières années (et dont le récit a permis le retour d’un discours positif sur l’austérité) ne doivent pas faire illusion. Dans ces mêmes pays, on constate que ces économies sont toujours aussi faiblement productives.   Ainsi, dans le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur le Portugal, présenté comme le modèle de la réussite des politiques d’austérité, on lit que « la croissance de la productivité devrait rester plus faible que [dans] la plupart des pays de la zone euro [où elle est déjà très faible – ndlr] en raison d’un investissement insuffisant et d’un environnement des affaires contraignant ».....                                                                                                        la France connaît déjà une logique austéritaire qui est dissimulée par le montant extravagant des aides aux entreprises. Depuis 2017, le gouvernement macroniste fait pression sur les dépenses sociales pour faire place à ses aides au capital. Le problème est que ces dernières ne produisent pas de croissance et que la réduction des autres dépenses pèse sur la demande. ....                  La France n’est donc pas peuplée de cigales insouciantes abreuvées à « l’argent magique ». C’est même l’inverse : les Français et les Françaises subissent déjà les effets de l’austérité et craignent pour leur avenir. En revanche, le capital national, lui, est, effectivement, biberonné à l’argent public et le discours sur la dette n’a d’autre fonction que capter une part toujours plus importante de la valeur créée. La bataille pour le contrôle du budget de l’État devient alors une lutte de classes.              L’austérité ne peut pas apporter de réponses aux problèmes structurels de la France, notamment la faiblesse de ses gains de productivité et de son outil productif. Mais les élites économiques françaises semblent prêtes à prendre le risque de détruire encore davantage l’économie et le niveau de vie du pays pour maintenir et renforcer la domination du capital et sa prédation sur la société. C’est de cet aveuglement que naissent les plus grands désastres..."   [Souligné par moi. Merci à  Romaric Godin]    ________________

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De Tocqueville à Trump

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Hier et aujourd'hui

       Tocqueville a encore quelque chose à nous dire, malgré le décalage temporel et les changements historiques. En ce qui concerne l'actualité politique des USA, il a perçu le risque de la rencontre d'un exécutif sans limites et d'une majorité d'égoïsmes individuels. Peut-on encore parler de démocratie?.. Comme se le demandait John R.McArthur, qui voyait dans son pays plutôt la domination d'une ploutocratie, d'une sorte de caste, d'une oligarchie de puissantes forces financières.  Le cynisme aidant... 


                                                                                               " «        Comme le notait Tocqueville, "Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organisé aux Etats-Unis, ce n'est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible. Et ce qui me répugne le plus en Amérique, ce n'est pas l'extrême liberté qui y règne, c'est le peu de garantie qu`on y trouve contre la tyrannie. Lorsqu'un homme ou un parti souffre d`une injustice aux Etats-Unis. à qui voulez-vous qu`il s'adresse ? à l`opinion publique ? c'est elle qui forme la majorité ; au corps législatif ? il représente la majorité et lui obéit aveuglément ; au pouvoir exécutif ? il est nommé par la majorité et lui sert d`instrument passif ; à la force publique ? la force publique n'est autre chose que la majorité sous les armes ; au jury ? le jury, c`est la majorité revêtue du droit de prononcer des arrêts : les juges eux-mêmes, dans certains États. sont élus par la majorité. Quelque inique ou déraisonnable que soit la mesure qui vous frappe, il faut donc vous y soumettre. On ne peut pas dire d'une manière absolue et générale que le plus grand danger de nos jours soit la licence ou la tyrannie, l'anarchie ou le despotisme. L`un et l'autre est également à craindre, et peut sortir aussi aisément d'une seule et même cause, qui est l'apathie générale, fruit de l'individualisme ; c'est cette apathie qui fait que le jour où le pouvoir exécutif rassemble quelques forces, il est en état d'opprimer, et que le jour d'après, où un parti peut mettre trente hommes en bataille, celui-ci et également en état d'opprimer. Ni l'un ni l'autre ne pouvant rien fonder de durable, ce qui les fait réussir aisément les empêche de réussir longtemps. Ils s'élèvent parce que rien ne leur résiste et ils tombent parce que rien ne les soutient. Ce qu'il est important de combattre, c'est donc bien moins l'anarchie ou le despotisme que l'apathie, qui peut créer presque indifféremment l'un ou l'autre »                                                                                                                                              Il faudrait ajouter, outre le déficit de formation, surtout politique en l'occurrence, ainsi que le formatage des esprits par des médias comme Fox News, par exemple, l'obsession du "rêve américain", qui neutralise toute pensée critique et toute citoyenneté assumée. Quand on voit la manière dont Trump réalise ce qu'il a annoncé, en confisquant l'essentiel des pouvoirs, après l'appui des proches qu'il a nommés et qui font craindre le pire, pour la justice, la santé, le climat, dans un climat de revanche et de peur....On peut légitimement craindre le pire dans ce contexte jamais vu, qui aura des incidences mondiales.

 

 

       Certes, Tocqueville n'a pas pu entrevoir ce que pourrait devenir une démocratie dévoyée Outre- Atlantique, mais il avait pointé les risques de dérives, du fait de l'histoire particulière de ce pays hors-norme, de ses institutions et de ses prétentions planétaires.                                                        "...Donald. J. Trump a gagné, haut la main, les élections américaines et devient le 45e président des États-Unis. La nouvelle est assez surprenante ! Pour une majorité d’observateurs, analystes, firmes de sondages et autres amateurs de boules de cristal, Trump n’avait aucune chance de remporter cette élection. Il est un candidat atypique, sans expérience politique, un affairiste au passé douteux, un menteur patenté et mal vu par « l’establishment », un électron libre largué par son parti, misogyne et, de surcroît, un raciste déclaré. Mais qui diable oserait donner son vote à un type comme celui-là ?

Certes, la réponse aurait pu être « personne » si le monde politique était soumis aux déterminismes physico-mathématiques où les mêmes causes ne peuvent produire que les mêmes effets, mais, hélas, ce n’est pas le cas quoi qu’en disent ceux qui veulent soumettre l’action et le comportement de l’homme à des lois semblables à celles des sciences physiques.

Donald J. Trump n’est autre que le produit de son environnement. Il est le reflet d’une ou des réalités américaines que certains cherchent, en vain, à cacher, à ignorer ou à dénaturer. Disons-le, il y a un problème américain, une crise américaine ! L’Amérique rurale n’est pas l’Amérique des grandes villes. L’Amérique des Blancs n’est pas l’Amérique des Noirs et surtout l’Amérique de Wall Street et de la Maison-Blanche n’est pas l’Amérique de « Joe the plumber ».   Alexis de Tocqueville, fin connaisseur de la démocratie aux États-Unis, disait, il y a déjà deux siècles, qu’« on peut considérer le moment de l’élection du président des États-Unis comme une époque de crise nationale », en confirmant dans un autre passage que « plus la situation intérieure d’un pays est embarrassée, et plus ses périls extérieurs sont grands, plus ce moment de crise est dangereux pour lui ». Le clivage entre les riches et les pauvres, entre les Blancs et les Noirs, entre les hommes et les femmes, l’embourbement dans des conflits interminables au Moyen-Orient et ailleurs, la multiplication des attaques terroristes contre les intérêts américains ne sont que quelques exemples de la situation embarrassée des États-Unis. ___Homme d’affaires aguerri, Donald Trump a su comprendre et tirer avantage de ces problèmes en profitant d’une adversaire au passé contestable et dont la sincérité et l’authenticité sont mises à rude épreuve ; une adversaire représentant le « changement dans la continuité » d’un « establishment » déconnecté de la réalité d’un peuple divisé et en proie à toutes les formes de lassitudes. Pour les Américains, l’élection du président est le meilleur moment pour exprimer leur désarroi et pour se servir « en général, du nom du candidat à la présidence comme d’un symbole ; ils personnifient en lui leurs théories », pour reprendre les mots de Tocqueville. C’est un moment propice pour que les Américains « sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent ».    ___Paradoxalement, un milliardaire qui se vante de ne pas payer ses impôts est devenu le symbole de l’antisystème, le symbole de ce désir de changement ! Si on suit le raisonnement de Tocqueville, Trump ne peut naître que de ces décombres, car « les vices des gouvernants et l’imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à en amener la ruine ; et le peuple, fatigué de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions plus libres, ou retournerait bientôt s’étendre aux pieds d’un seul maître. » Il est vrai que les Américains chérissent leur constitution dont la liberté et l’égalité sont les clés de voûte, mais « il dépend [d’eux] que l’égalité les conduise à la servitude ou à la liberté, aux lumières ou à la barbarie, à la prospérité ou aux misères ». Wait and see! "     A voir ou à revoir....   _____________________________________

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Varia

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__  Contradiction

__ Refondation?

__ Arrogance

__ Lycanthropie

__ Première fois?                        

 

__ Zônes tampons

__ Instrumentalisation

__ Quelle surveillance?

__ Automne social

__ IA et Bolsonaro

__ Lycées en déshérence

__ Commission d'enquête

__ Stress et incertitudes

__ Espaces de parole

__ Revers pour Trump

              ______ Lula: victoire en demi-teinte   __________________

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