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Vous avez dit "libre échange"?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Manque de lait en France? 

                     Du lait, des carottes de Nouvelle- Zélande, ça vous dit?

              Bruxelles élargit encore le libre marché mondial, après l'Amérique du Nord, le Mercosour, etc... On élargit encore l'espace du libre-échange, devenu un dogme incontournable, bien au-delà de l'espace européen, quitte à mettre en péril des pans entiers de notre économie, en l'occurrence de notre agriculture. Il n'est pas question de défendre un protectionnisme économiquement ravageur, mais de résister au dogme néolibérale du commerce mondial supposé être économiquement toujours positif.  Une certaine ouverture des frontières aux produits étrangers est nécessaire certes, mais d'une manière réfléchie et maîtrisée, non pas comme un dogme aveugle qui met en question notre souveraineté économique, surtout dans les domaines où nous sommes autosuffisants. Les critiques grandissent à l'égard du dogme d'une concurrence aveugle au niveau mondial, surtout quand on sait que les règles ne sont pas appliquées ou le sont peu dans certains pays, en matière de normes, de qualité, de traitement et de coût de la main d'oeuvre. On connaît les critiques légitimes à l'égard de la qualité du soja et du poulet brésiliens, de la viande de porc allemande, du boeuf canadien, etc... des conditions de production de produits du SE asiatique... partenariat privilégié ou pas.                                                                                                                                 L'Europe se réveillera-t-elle? Faut-il une crise sanitaire et économique majeure pour arriver à des prises de conscience bien tardives et revenir à du simple bon sens économique. Le libre échange, c'est bien, comme on le pense depuis A. Smith, mais le libre échange à tout va, érigé en norme internationale et en principe absolu, c'est mortel pout beaucoup d'économies qui finissent par perdre leur substances, dans un système libre et faussé. L'OMC joue double jeu.                                                   Nombre d'économistes orthodoxes sortent des dogmes établis surtout à partir des années 80, surtout sous l'influence reaganienne, du fait du poids de la réalité qui se fait sentir durement aujourd'hui, mettant en évidence nos fragilités et nos erreurs. Ils auraient écouter le vieux Ricardo qui donnait quelques principes simples: « C’est seulement chez des peuples semblables, que les restrictions commerciales en vue de créer et de soutenir une industrie manufacturière peuvent être légitimes ; elles ne le sont que jusqu’à ce que cette industrie devienne assez forte pour ne plus craindre la concurrence étrangère » Friedrich List (1789-1846). 

 

            La notion de protectionnisme éducateur n'a pas perdu de sa pertinence. Un juste retour à la souveraineté économique semble une nécessité dans les domaines stratégiques et d'avenir. Pas seulement en matière politique. Certes, le protectionisme a été longtemps vilipendé comme facteur de nationalisme, voire de guerre. Celui de Trump, du moins en parole, semble une prise de conscience bien tardive, quoique excessive et électoraliste. Civiliser la mondialisation est une tâche urgente. Maîtriser un processus qui mène beaucoup à le dépendance et à l'appauvrissement est une nécessité, en redéfinissant de nouvelles règles.  Il est toujours intéressant de relire Maurice Allais qui, sur ce point, a eu raison avant les autres:

                L'économiste qui nous a quitté il y a quelques années, à la pensés souvent complexe et technique, n'est pas d'un abord toujours  simple ni à l'abri de criques. Mais il fut aussi caricaturé et instrumentalisé.
     On retiendra surtout de lui sa critique de la pensée néolibérale et du Consensus de Washington, produits politiques et économiques de l'école de Hayek, de Friedman et de leurs disciples, notamment R. Reagan, M. Thatcher et de leurs épigones..
    Sa pensée commence, à la faveur d'une crise qu'il pronostiquait, à être considérée comme prémonitoire sur de nombreux points. Elle est en tous cas stimulante.
         Notamment concernant une certaine forme de mondialisation, menée notamment sous la houlette de l'OMC, qu'il lui semblait nécessaire de réformer, comme la place trop belle laissée à des multinationales de plus en plus puissantes mettant de plus en plus les Etats au service de leurs intérêts...
     Naguère, certains, et non des moindres,  finissaient par reconnaître la nécessité d' une mondialisation régulée.
   Car la libre concurrence, dans une mondialisation sauvage et sans principes, faisant une confiance aveugle aux marchés, est source de déséquilibres et de crises. (La Crise mondiale aujourd’hui)
     L’idéologie que j’appelle « libre-échangiste mondialiste » a déjà fait d’innombrables victimes dans le monde entier. Pour une raison simple, empiriquement vérifiée : la mondialisation généralisée des échanges, entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents, entraîne finalement partout, dans les pays développés comme dans les pays sous-développés, chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Or, cette mondialisation n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.
       Même à l'intérieur de l'Europe, la concurrence sans convergence ni cohérence, sans protections extérieures minimales, ouverte à tous les vents, favorable à toutes sortes de délocalisations, mène aux impasses que nous connaissons, mettant en péril une construction mal pensée.

            Maurice Allais s'est fait le critique sans concession de la politique économique menée à Bruxelles depuis des décennies et avance des arguments souvent proches du bon sens, que Pascal Lamy et les autres ne voulaient (ou ne pouvaient) entendre..
.       ..Ceux qui, à Bruxelles et ailleurs, au nom des prétendues nécessités d’un prétendu progrès, au nom d’un libéralisme mal compris, et au nom de l’Europe, veulent ouvrir l’Union Européenne à tous les vents d’une économie mondialiste dépourvue de tout cadre institutionnel réellement approprié et dominée par la loi de la jungle, et la laisser désarmée sans aucune protection raisonnable ; ceux qui, par là même, sont d’ores et déjà personnellement et directement responsables d’innombrables misères et de la perte de leur emploi par des millions de chômeurs, ne sont en réalité que les défenseurs d’une idéologie abusivement simplificatrice et destructrice, les hérauts d’une gigantesque mystification...

___ Les adversaires obstinés de tout protectionnisme, quel qu’il soit, commettent une seconde erreur : ne pas voir qu’une économie de marchés ne peut fonctionner correctement que dans un cadre institutionnel et politique qui en assure la stabilité et la régulation.   Comme l’économie mondiale est actuellement dépourvue de tout système réel de régulation et qu’elle se développe dans un cadre anarchique, l’ouverture mondialiste à tous vents des économies nationales ou des associations régionales est non seulement dépourvue de toute justification réelle, mais elle ne peut que les conduire à des difficultés majeures
  .__Le véritable fondement du protectionnisme, sa justification essentielle et sa nécessité, c’est la protection nécessaire contre les désordres et les difficultés de toutes sortes engendrées par l’absence de toute régulation réelle à l’échelle mondiale.__Il est tout à fait inexact de soutenir qu’une régulation appropriée puisse être réalisée par le fonctionnement des marchés tel qu’il se constate actuellement.__Si on considère, par exemple, le cas de l’agriculture communautaire européenne, l’alignement de ses prix sur des prix mondiaux qui peuvent rapidement varier de un à_ deux en raison d’une situation toujours instable n’a aucune justification....Depuis deux décennies une nouvelle doctrine s’est peu à peu imposée, la doctrine du libre-échange mondialiste impliquant la disparition de tout obstacle aux libres mouvements des marchandises, des services et des capitaux....Cette doctrine a été littéralement imposée aux gouvernements américains successifs, puis au monde entier, par les multinationales américaines, et à leur suite par les multinationales dans toutes les parties du monde, qui en fait détiennent partout en raison de leur considérable pouvoir financier et par personnes interposées la plus grande partie du pouvoir politique....La mondialisation, on ne saurait trop le souligner, ne profite qu’aux multinationales. Elles en tirent d’énormes profits.... 
     Une mondialisation généralisée des échanges entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents aux cours des changes ne peut qu ’entraîner finalement partout dans les pays développés : chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Elle n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable.  Une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, et elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés et de développement économique et social comparable. 
    Il est nécessaire de réviser sans délai les Traités fondateurs de l’Union Européenne, tout particulièrement quant à l’instauration indispensable d’une préférence communautaire. Il faut de toute nécessité remettre en cause et repenser les principes des politiques mondialistes mises en oeuvre par les institutions internationales, tout particulièrement par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Au regard de l’ensemble de l’évolution constatée de 1974 à 2004, soit pendant trente ans, on peut affirmer aujourd’hui que cette évolution se poursuivra si la politique de libre-échange mondialiste de l’Organisation de Bruxelles est maintenue.    En fait, toutes les difficultés pratiquement insurmontables dans lesquelles nous nous débattons aujourd’hui résultent de la réduction d’au moins 30 % du Produit national brut réel par habitant d’aujourd’hui. La prospérité de quelques groupes très minoritaires ne doit pas nous masquer une évolution qui ne cesse de nous mener au désastre.  L’aveuglement de nos dirigeants politiques, de droite et de gauche, depuis 1974 est entièrement responsable de la situation dramatique où nous nous trouvons aujourd’hui.  Comme le soulignait autrefois Jacques Rueff : « Ce qui doit arriver arrive. »  Toute l’évolution qui s’est constatée depuis 1974 résulte de l’application inconsidérée et aveugle de l’Article 110 du Traité de Rome du 25 mars 1957 constamment repris dans tous les traités ultérieurs... 
         Pierre Mendes-France s'était lui-même montré, de manière presque prémonitoire, très critique  à l'égard du Traite de Rome le 18 janvier 1957, premier jalon d'un processus mal réfléchi.
     L'idée d'un protectionisme raisonnable  fait son chemin. Mais comment changer le poids des dogmes et le cours des choses? La prise de conscience de quelques uns est bien faible et bien tardive.
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Des cartes et des hommes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Adieu Mercator!

                     Place à une représentation plus équitable du monde...                                 Essentiellement pour des raisons géopolitiques. Même si certains pays y perdront en dimension apparente. Trump ne s'en remet pas...Pas simple de mettre à plat une terre qui s'obstine à rester ronde. Question de convention...Il y avait quelques injustices à réparer...                             L'Onu a tranché, non sans résistance des USA, trop valorisé sur la planisphère. La convention du génial Mercator aura été d'une grande aide pour les navigateurs depuis le 16° siècle et le commerce qui s'envola à cette époque..("mercator" veut dire marchand). Tant pis si L’Europe (9,7 millions de kilomètres carrés) semblait plus étendue que l’Amérique du Sud, pourtant près de deux fois plus grande (17,8 millions de kilomètres carrés).  Cela permettait de naviguer à la boussole.  Mais il est compliqué de transformer une sphère en plan.                   Eckert IV prendra la place, mais ne sera pas encore la perfection, de toute façon impossible. Toute représentation du monde est arbitraire et a une signification politique


                                                                                                                               Là-dessus se greffe le problème des frontières, issues d'une histoire qui n'est pas prête de les stabiliser. Des frontières sont toujours ambivalentes. La cartographie sera toujours à repenser. On touche là au domaine de la géopolitique, où s'imbriquent l'histoire et le territoire...                                                                                                                                          Fin de l'histoire de la cartogaphie? Certainement pas... _______

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E-intrusions

Publié le par Jean-Etienne ZEN

James Bond en aurait rêvé

       Orwell n'a pas pu y  penser

                                On n'arrête pas le progrès...si l'on peut dire. Ce n'est pas de la fiction. Il est possible aujourd'hui d'entrer dans le coeur du portable de n'importe quoi pour en subtiliser des données, parfois les plus sensibles.. Certains chefs d'Etat en ont fait l'expérience, comme Mme Merkel. N'importe qui peut être confronté à ce problème, pour diverses raisons. Il est possible de géolocaliser une personne qu'on veut suivre à la trace, pour des raisons parfois non avouables. Nous voilà entrés dans une sphère du numérique et de l'IA qui pose vraiment problème, dans les domaines les plus divers: privé, commercial, industriel, politique.      Les logiciels espions font merveille, en profitant de toutes les failles. Et les particuliers s'y mettent, aux dépends de la vie privée. Une application de surveillance suffit.                                                                Le système Pegasus, a déjà fait ses preuves, provoquant des remous diplomatiques. On peut le qualifier d'arme de guerre.                                                                                                                                                            Dans le domaine de la cybersécurité, comme dans celui de la cybersurveillance, si poreux l'un et l'autre. Pour le meilleur et pour le pire. La complexification et l'extension rapide de certains cyber-outils sont tels que ça en est fascinant, mais aussi, par un autre côté, inquiétant, étant donné la quasi-absence de contrôle qui préside à leurs usages. Les usages domestiques, techniques et thérapeutiques de l'intelligence artificielle, par exemple, ne posent pas de problèmes majeurs. Ce sont souvent même des outil positifs. Mais il y a toutes les applications à des fins de surveillance individuelle, sociale et politique, qui peuvent inquiéter à bon droit, voire même alarmer les individus et les Etats. Le cas du Maroc est exemplaire. La vie privée peut être mise en question ainsi que des documents stratégiques, des données essentielles, techniques, ou politiques. 


                 ___   Pegasus fait partie de cette innovation qui donne des sueurs froides aux décideurs mais aussi aux politiques, parfois suivis à la trace. Des scandales récents qui mettent en évidence la sophistication et la perversité de  ce nouvel outil ont été sur le devant de la scène. La surveillance individuelle et institutionnelle atteint des sommets. Gare à vos smartphones! Ce logiciel espion, qui s'infiltre partout, n'est pas seulement politique. Sans aucun doute, c'est le plus sophistiqué de tous. Pour l'instant. "Le projet Pegasus montre à quel point le logiciel espion de NSO Group est une arme de choix pour les gouvernements répressifs qui cherchent à réduire au silence les journalistes, à s’en prendre aux militants et à écraser l’opposition, mettant ainsi d’innombrables vies en péril."   Même le gouvernement américain, par intérêt, a mis ce logiciel espion au ban de la société. La Chine, en pointe pour la surveillance de masse, aura sans doute moins de scrupules ou de retenue.   ____

 

                 *  __ Amnesty International ; Forensic Methodology Report: How to catch NSO Group’s Pegasus ; juillet 2021.    __Berthier, Thierry ; Derrière Pegasus : le mode d’emploi d’un logiciel espion ; The Conversation; juillet 2021.____Cheminat, Jacques ; Comment fonctionne le logiciel espion Pegasus ? ; Le monde informatique; juillet 2021.___Forbidden Stories ; The Pegasus Project ; Online.___Guardian, The ; Pegasus Project; Series ; The Guardian, online.__Leloup, Damien ; Untersinger ; « Projet Pegasus » : nos journalistes Damien Leloup et Martin Untersinger ont répondu à vos questions sur le système d’espionnage des téléphones ; Live ; Le Monde.____Leloup, Damien ; Untersinger ; « Projet Pegasus » : révélations sur un système mondial d’espionnage de téléphones ; juillet 2021.___Monde Europe ; Logiciel espion Pegasus: le ministre israélien de la Défense se rend à Paris (officiel) ; Le journal de Montréal ; juillet 2021.___Radio-Canada; Des diplomates américains visés par le logiciel espion Pegasu s; décembre 2021.___Reporters sans frontières; Pegasus : “un outil répugnant et sordide, prisé par les prédateurs de la liberté de la presse” ; RSF ; juillet 2021.   ______________________________________

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Nouvelle question allemande

Publié le par Jean-Etienne ZEN

De nouveau au premier plan?

                                                       L'Allemagne inquiète, à une croisée des chemins inédite.  Devant une  mutation problématique et un contexte géopolitique incertain. Le virage de l'économie de guerre, suite à la défection US pose question . L'AfD est aux portes du pouvoir à Magdebourg. Quelles perspectives?  On ne peut que faire des hypothèses pour l'instant, étant donné que l'on n'est qu'au début d'un processus à multiples inconnues                                                                                                Point de vue  et hypothèses ...Approche géopolitique 

 "...Nous sommes à la veille d’une élection qui semble historique. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’extrême droite n’a jamais été aussi forte en Allemagne, et elle est sur le point de prendre le pouvoir seule dans un Land. Ce contexte politique explosif doit être compris dans un moment géopolitique singulier : alors que les États-Unis se retirent de l’Europe, l’Allemagne se réarme. Une nouvelle question allemande hante le continent...                                                                      Historiquement, depuis 1945, l’Europe avait incontestablement un hégémon : les États-Unis. Leur influence économique et militaro-politique était tellement plus importante que celle de n’importe quel État européen qu’elle constituait une hégémonie incontestable. Par conséquent, Washington a façonné l’ordre européen d’après-guerre, d’une part avec l’OTAN et d’autre part avec son soutien à l’intégration du continent.  Aujourd’hui, alors que les États-Unis se retirent d’Europe, une vieille question refait surface : qui dirige réellement l’Europe ?                      Comme les États européens, en particulier les plus influents, sont tous plus ou moins égaux en puissance, aucun ne peut prétendre à une hégémonie aussi forte que celle des États-Unis. Le retrait américain crée donc un vide de leadership. La question est de savoir si l’émergence d’une nouvelle puissance hégémonique est possible. Avec son réarmement — son budget de défense dépassera d’ici 2029 le budget cumulé actuel de la France et du Royaume-Uni —, l’Allemagne deviendra du jour au lendemain la première puissance européenne, tant sur le plan économique que militaire.    _____   Cela soulève surtout la question de la nécessité d’un leadership collectif entre les trois principaux États européens (France, Allemagne et Royaume-Uni), ou entre les cinq plus grands États, incluant la Pologne et l’Italie. Il faut répondre collectivement à la question de l’équilibre futur de l’Europe avec une Allemagne aussi forte au centre du continent. Berlin exercerait une hégémonie d’un genre nouveau, difficilement comparable à l’hégémonie américaine actuelle, c’est la raison pour laquelle je parle plutôt de domination.                                                                                                                                                                Nous avons déjà vu cette domination à l’œuvre lors de la crise financière et économique, où le pouvoir de l’Allemagne de dire « non » ne se limitait pas à dicter sa conduite aux autres, mais servait également à bloquer certaines orientations politiques, ce qui fait obstacle à toute solution collective. Désormais, le renforcement de la puissance allemande posera problème sur le plan stratégique plutôt que financier, car un refus catégorique de Berlin ne pourra plus être contourné aussi facilement qu’auparavant.               ___Il convient tout d’abord de noter que tous les pays européens se réjouissent du réarmement de l’Allemagne. Il est indéniable que l’Allemagne doit se réarmer et assumer ses responsabilités.La question n’est cependant pas de savoir si ce réarmement aura lieu, mais comment il se fera et s’il s’inscrira dans le contexte européen. C’est là que la formule de la « force armée conventionnelle la plus puissante » prend tout son sens.  Il s’agit là d’une ambition très importante. L’Allemagne a là un objectif qu’elle peut assurément atteindre si l’on ne prend pas en compte les effectifs des forces armées ukrainiennes actuelles. La Pologne nourrit bien sûr la même ambition.                                                                                                            En 1990, tout le monde savait encore que chaque renforcement de la puissance allemande impliquerait une perte de souveraineté. Helmut Kohl a obtenu la réunification, mais il a également renoncé au Deutsche Mark. Konrad Adenauer a obtenu la souveraineté de l’Allemagne de l’Ouest, mais il a également intégré la Bundeswehr aux structures de commandement de l’OTAN. Il y a toujours eu un compromis.  Pendant 35 ans, dans le discours allemand, on n’entendait plus que des critiques concernant une Allemagne jugée trop faible, et non trop forte....Berlin doit donc réfléchir aux moyens d’ancrer sa puissance dans le tissu européen et d’éviter de susciter, même involontairement, du ressentiment. C’est d’autant plus important que l’Allemagne est le pays d’Europe intellectuellement le plus dépendant des États-Unis et de l’ordre occidental placé sous leur influence. La France, par exemple, même si les États-Unis et l’idée d’un Occident uni disparaissaient, conserverait une vision propre de sa politique étrangère et un héritage historique sur lequel s’appuyer. La Grande-Bretagne possède cette vision et la Pologne se perçoit également comme une terre de résistance. L’Allemagne, en revanche, n’a plus aucun point de repère dans le passé depuis 1945.... On dit souvent aujourd’hui que l’Allemagne « accomplit son tournant historique ». Or dans la déclaration de politique générale du 27 février 2022, le chancelier Olaf Scholz emploie lui-même une formule plus passive « Nous vivons un tournant historique ». Le premier fut le choc Poutine, et le second, Trump, qui a été le catalyseur ayant rendu possible le véritable tournant historique : le retour de l’Allemagne à la puissance militaire. Sous Scholz, cela n’était possible qu’à petite échelle ; avec Friedrich Merz et l’adoption de la réforme constitutionnelle sur l’endettement, l’Allemagne peut redevenir pleinement une puissance militaire engagée dans la défense du continent....                                                                    Ce rapprochement est clairement visible dans le discours allemand, comme en témoigne la célèbre phrase « La paix est la véritable épreuve » (Frieden ist der Ernstfall), popularisée en 1969 par le président fédéral Gustav Heinemann. Initialement conçue comme une déclaration pacifiste appelant à concevoir la paix comme un effort, elle a ensuite été réinterprétée par la Bundeswehr comme un appel à la préparation militaire. « Nous devons être prêts », être si bien préparés à une éventuelle guerre que nous pouvons l’empêcher...à l’époque, le leadership américain était très clair, la Bundeswehr était quasiment intégrée aux structures de commandement de l’OTAN, ce qui rendait le réarmement allemand acceptable aux yeux des pays européens. Aujourd’hui, l’hégémonie américaine et sa prétention à exercer un leadership stratégique en Europe n’existent plus. Il est donc nécessaire de mettre en place davantage de structures européennes pour intégrer la puissance militaire allemande.....                                                                                                  Le problème majeur est plutôt politique. À Berlin, on n’entend parler que d’un « gouvernement de la dernière chance ». Comment trouver l’énergie nécessaire pour faire avancer significativement ces questions, qu’il s’agisse de politique industrielle, d’intégration de la défense ou de dette européenne ? Il faut dépasser ce discours de la « dernière cartouche de la démocratie ».Un tel discours peut être mobilisateur à court terme, mais il n’aide en rien à la réflexion stratégique si l’on se contente d’une approche de survie. La planification de notre sécurité exige une vision à long terme..."   (Merci à Le Grand Continent)

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Une forêt (vraiment) vierge?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

On a cru longtemps au mythe de l'"enfer vert"

                                        Un monde de forêts denses, mystérieuses, dangereuses, inhabitables; sauf par de rares petits groupes en voie de régression, marginalisés et dispersés, que Lévi-Strauss avaint étudiés de près.                               C'est aujourd'hui la fin d'un mythe."...C’est ainsi que s’installe le mythe durable de l’Amazonie : celui d’un enfer vert, d’une région à l’état de nature, où nul ne peut vivre car les sols y sont trop acides, les ressources en protéines insuffisantes, les transports trop difficiles et les maladies débilitantes. L’autre mythe, apparemment opposé, mais qui revient au même, est celui véhiculé dès l’origine par Christophe Colomb qui, arrivé à l’embouchure de l’Orénoque, au Venezuela en 1498, clame qu’il a découvert le « paradis terrestre ». C’est la notion d’une Amazonie pareille à un éden vert, où habitent quelques « bon sauvages » dans un dénuement béat, vivant peu nombreux et parcimonieusement en harmonie avec la nature, un éden certes rude, mais magnifique. Des cités perdues.


                             ___Aujourd’hui, ces mythes donnent des maux de tête aux scientifiques qui les ont mis à bas depuis une bonne vingtaine d’années. « Malgré des découvertes archéologiques majeures, et des avancées considérables dans les domaines biologiques et anthropologiques, on continue de se battre contre l’histoire officielle et le refus d’accepter qu’on s’est trompés, ou plutôt que l’on a pas assez regardé, depuis 500 ans », se désole Bruna Rocha, une jeune archéologue de Santarem. Dans des dizaines de sites comme celui de Monte Alegre, des archéologues ont mis au jour autant de découvertes qui démontrent que non seulement l’Amazonie était peuplée, mais qu’elle était densément habitée, cultivée, exploitée, que les tribus communiquaient et échangeaient des biens sur plusieurs centaines de kilomètres et que des ébauches d’États administrés avaient commencé à émerger avant 1492.     Ces découvertes ont pu avoir lieu grâce à de nouvelles techniques comme l’imagerie par satellite, mais aussi en raison, tristement, de la déforestation galopante de la forêt, qui a révélé des sites autrefois inaccessibles. Parmi les plus importantes, citons :– l’apparition d’une révolution néolithique indépendante, c’est-à-dire la naissance de l’agriculture, séparée de celle qui s’est déroulée au Proche-Orient vers 14 000 avant J.C. ;– l’accent mis sur la culture des arbres, une agroforesterie radicalement différente des agricultures européennes, africaines ou asiatiques. « Les gens qui visitent l’Amazonie aujourd’hui sont toujours surpris qu’on puisse se promener dans la forêt et manger quantité de baies et de fruits que l’on trouve sur son chemin, s’amuse Javi Eduardo, un docteur en botanique de l’université de Manaus. Mais c’est parce que ces arbres et ces buissons ont été plantés là il y a plusieurs milliers d’années. Les gens ne se promènent pas dans la forêt vierge, mais dans de très anciens vergers »  À la veille de l’arrivée des Européens, de cinq à dix millions de personnes vivaient en Amazonie                         contrairement à ce qui a été longtemps raconté, la culture du maïs était développée en Amazonie, et pas seulement dans les Andes, à côté de celle du manioc, permettant un régime céréalier riche ;– l’existence de la « terra preta », une « terre noire » unique au monde et d’une fertilité incroyable qui contient bien plus de nutriments que les terres alentour. Cette terra preta est le résultat d’un processus humain mélangeant le brûlis, l’agglomération de déchets végétaux et organiques. Alors que les premiers colons de l’Amazonie pensaient que rien ne poussait sur ces sols de latérite acides, presque tout pousse sur la terra preta, qui est aujourd’hui vendue sous forme de terreau sur les marchés de Santarem ;– la mise au jour de champs surélevés, de routes, de canaux, d’étangs, de monticules de chaque côté des rivières indiquant la présence de ponts… Par exemple, au début des années 2000, les archéologue Heckenberger, Petersen et Neves ont découvert autour du Rio Xinghu un réseau de 19 villages reliés par de larges routes, des ponts, des canaux, des digues, etc., qui témoignent, selon eux, d’une société « très élaborée et organisée ». Par ailleurs, en de multiples endroits de l’Amazonie, les chercheurs ont révélé des dizaines de monticules de terre contenant des centaines de milliers de fragments de poteries, attestant de populations extrêmement nombreuses et – relativement – prospères.                                                                   Grâce à ces découvertes – on peut en lire davantage dans les ouvrages 1491, de Charles Mann (Albin Michel), ou Amazonie, les douze travaux des civilisations précolombiennes, de Stéphen Rostain (éditions Belin) –, les spécialistes estiment qu’à la veille de l’arrivée des envahisseurs en 1492, de cinq à dix millions de personnes vivaient dans la forêt amazonienne, soit davantage qu’aujourd’hui (en excluant la population des villes modernes, bien entendu). Selon plusieurs estimations, de 12 % à 25 % de l’Amazonie était anthropogène, c’est-à-dire qu’elle était façonnée par les activités humaines...."....                                                                                                                       Non, l'Amazonie ne fut pas toujours cet "enfer vert souvent évoqué. Une vraie révolution dans nos conceptions simplistes..                                                                                                                                                    C'en est fini de certains fantasmes concernant cette immense forêt, qui ne fut pas toujours si vierge. Ce ne fut pas toujours l'enfer vert.
              Les déforestations ont parfois un côté inattendu, en permettant des découvertes improbables..
  L'Amazonie est en train de perdre son aura de mystère et de devenir un terrain de recherches infini, ouvrant la porte à l'exploration de nouvelles civilisations passées.
   La photographie aérienne a fait beaucoup évoluer les découvertes archéologiques.
      Le poumon de la planète n'a pas fini de nous étonner.
   Plusieurs millions de personnes vivaient dans cette contrée, avant l'arrivée des conquérants européens, depuis 10000 ans sans doute, le plus souvent sédentarisées, à la culture élaborée.
Levi-Strauss ne pouvait s'en douter.
 Les microbes européens ont eu raison des populations qui vivaient dans cette vaste contrée, de manière très organisée.
    Il reste beaucoup à découvrir et à connaître dans l'univers amazonien (pas celui-ci, l'autre...)
________
                ".... William Woods, géographe à l'Université du Kansas, au sein d'une équipe étudiant les géoglyphes d'Acre, estime que « si l'on veut recréer l'Amazonie précolombienne, la plupart des forêts doivent être enlevées et remplacées par des habitats et des cultures intensives. Je sais que cela passera mal auprès des fervents écologistes... mais que peut-on dire d'autre ? »

Les géoglyphes, motifs géométriques gravés dans la terre, sont devenus de plus en plus visibles avec la déforestation de l'Amazonie, New York Times, 2012, DR.
   Denise Schaan, archéologue à l'Université fédérale du Pará au Brésil, a dirigé des recherches sur les géoglyphes et procédé à des tests au radiocarbone. Elle a ainsi mis en lumière que leurs constructions remontent de 1000 à 2000 ans, parmi lesquels certaines pourraient même avoir été reconstituées à plusieurs reprises au cours de cette période.
    Dans les années 2010, les chercheurs en sont venus à penser que ces géoglyphes avaient une importance cérémonielle, sans pouvoir établir aucune certitude cependant. Le mystère est d’autant plus profond que ces géoglyphes n’ont pas de rapport évident avec les autres colonies pré-colombiennes découvertes ailleurs en Amazonie. Et de grandes lacunes touchant aux peuples autochtones de cette aire géographique persistent.
    Dans un article du New York Times daté du 14 janvier 2012, le paléontologue brésilien Alceu Ranzi compare ces réalisations aux célèbres lignes de Nazca dans le sud du Pérou (note). Ces découvertes viennent remettre en question la version d’une Amazonie peu habitée, confirmant du même coup les thèses du journaliste américain Charles C. Mann.
    Dans son livre, 1491, Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb (note), issu des recherches scientifiques sur l’Amérique précolombienne, il explique que certaines parties de l'Amazonie étaient « beaucoup plus peuplée qu'on ne le pensait » et que « ces gens ont volontairement modifié leur environnement de façon durable ».
Des artefacts précolombiens, trouvés près de certains des géoglyphes de l'État d'Acre, offrent des indices sur leur origine, New York Times, 2012, DR.   Il semble maintenant probable que l’arrivée des Européens a aussi provoqué une multiplication des conflits. Que ce soit pour fuir les Blancs et les risques d’esclavage ou pour s’en rapprocher afin de contrôler l’accès au commerce, les Amérindiens de la région semblent être devenus plus nomades qu’avant, d’autant que les agglomérations les plus importantes, le long de l’Amazone, ont été les plus touchées par le choc microbien et ont totalement disparu.
Un autre élément a joué un rôle essentiel dans ces transformations : l’introduction du métal. Les outils de pierre étaient peu efficaces pour déboiser, ce qui aurait plutôt incité les habitants de la région à exploiter les parcelles de manière prolongée, au prix d'importants efforts collectifs.     Les haches en métal, au contraire, ont permis à des populations décimées par le choc microbien de pratiquer les cultures sur brûlis qui ne seraient donc pas à interpréter comme une technique immuable mais au contraire comme une innovation technologique et agricole majeure. Le contrôle des approvisionnements en métal auprès des Blancs devient alors un enjeu essentiel qui engendre des tensions et affrontements.
    Toutes les certitudes sur le régime alimentaire et l’agriculture précolombienne ont été remises en cause et avec elles, celles sur le rapport des habitants et de leur environnement. Alors qu’on considérait jusque-là que le manioc constituait la nourriture de base de l’ensemble des habitants de l’Amazonie, l’absence de toute trace de sa production (alors que sa préparation nécessite de nombreux outils) sur la plupart des sites découverts a contraint à remettre en cause cette certitude : il était bien cultivé par divers groupes, mais non par tous, de loin           
    L'abondance des plantes domestiquées en Amazonie prouve l'existence de la grande variété des régimes alimentaires entre les tribus. Ainsi, des arbres fruitiers ont été sélectionnés et croisés entre eux, comme le palmier-pêche, extrêmement prolifique. Ananas sauvage, noix diverses, baies… ont aussi été plantés pour permettre de nourrir les populations et vont à l'encontre de l'idée reçue d’une « générosité » spontanée de la forêt.     La densité de la forêt amazonienne, comparable à celle des forêts européennes, semble du reste s'accroître dans les zones peuplées par les populations précolombiennes, où l'on retrouve des espèces cultivées en abondance. De plus, cette forêt est traversée de nombreux chemins, routes, canaux, de sols surélevés dans les zones inondables, ainsi que de nombreux aménagements et terrassements, qui n’ont pour certains été que très récemment été identifiés comme étant le fruit de l’action humaine. Leur ampleur demeure largement méconnue : il reste encore à repérer les structures érigées par l’homme.                                     S’il est encore impossible de proposer une description précise des modes de vie, lesquels ont du reste varié pour s’adapter aux changements de la végétation dus aux évolutions du climat, la diversité linguistique et culturelles ne doit pas être sous-estimée : certaines tribus vivaient au sein de véritables villes alors que d’autres étaient des chasseurs-cueilleurs, et d’autres encore semi-sédentaires...    Désormais, considérer que la région amazonienne aurait été un « enfer vert » où des populations auraient péniblement survécu au sein d’un écosystème qui les aurait dépassés, pourrait relever de l'aberration. Pour vivre et se pérenniser, elles ont dû s'adapter aux évolutions et changements récurrents de leur environnement.      Mais que la forêt amazonienne ne soit pas aussi primitive et intacte qu’on le croit volontiers n’implique naturellement pas qu’elle soit moins précieuse pour l’avenir de l’humanité.."      (Merci à Hérodote. net)
               ______________________________________________ 
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Dronophilie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

          Ou dronophobie?

                                  L'dée de "bombes planantes" est déjà depuis un moment envisagée. Un vieux concept. Aujourd'hui, les drones sont partout, la numérisation se développant sans frein, même de manière ludique. Pour le meilleur et pour le pire....Surveiller à distance un feu de forêt ou l'évolution d'un volcan, voilà qui est propre à révolutionner le travail du géologue, de l'hydrologue, du pompier, etc... Cela de soi. Une évolution en cours qui va s'affiner, se complexifier et se développer encore plus. C'est inévitable et souhaitable. L'optimisation est à nos portes.   


                                                                                                                                       Sauf que...certains usages déjà en cours peuvent poser de redoutables problèmes: celui que la police peut utiliser dans le contrôle de foules mobilisées pour de justes causes, du contrôle politique douteux, voir liberticide, pratiqué ici ou là, où la réglementation et des limites légales s'imposeraient.    ___ On retient surtout, actualité oblige, l'usage guerrier de cette technologie, qui semble ne plus avoir de limites et contribuer rapidement à un nouveau type de conflits, comme en Ukraine, par exemple. Au point de changer la donne de la notion classique de guerre, rendant obsolètes certaines armes conventionnelles. Nous sommes à un tournant stratégique, pleine d'incertitudes et certainement de nouveaux risques.             C'est la "philosophie" de la guerre qui est en train de changer. Obama a été un initiateur dans ce domaine, on l'a oublié. La polémique est déjà anciennne. Tant qu'il y aura des guerres... Le problème est là. Le danger sera de plus en plus redoutable, c'est sûr. Et la course en avant sans fin assignable...                                                  La question de fond revient, lancinante...                 ________________

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Rendez-vous à Davos (2024)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Ton univers impitoyable...♪♫

     A Davos, va-t-on recoller les morceaux? C'est hautement incertain, malgré certaines déclarations, auxquelles on finit par être habitué.                     " Les blindés font du ski" déclare un éditorialiste....                                                                                                  Une affaire rentable? pour tout dire. Comme tous les ans. Come l'année dernière, ce peut être parfois touchant....A Davos, ça ne tourne plus rond...Le grand club des privilégiés de la planète ont perdu le Nord et n'ont plus la mondialisation heureuse. Alain Minc a cessé de vivre...Il faut tout repenser dans le chamboulement du monde, la nouvelle géopolitique qui se dessine, la guerre qu'on n'attendait pas en Europe. Le "doux commerce" de Montesquieu ne fonctionne plus ou connaît des ratés majeurs. La planète se déglingue. Bref, ce n'est plus l'euphorie, celle des lendemains qui chantent pour le big business. Ce ne sont plus seulement quelques soucis rapidement évoqués, c'est plutôt la morosité.   


                                                            Comme d'habitude, certains viennent mettre les pieds dans le plat et donner l'alerte, rappeler à ces messieurs que derrière le décor de luxe des salons de Davos et les joyeuses parties de ski, il y a la réalité crue des profondes inégalités qui se creusent pendant que les profits atteignent des sommets. Des empêcheurs de profiter en rond, qui viennent gâcher une fête déjà morose.                       ______Certains des plus fortunés cèdent (symboliquement) à la pression. Par culpabilité? Non, par générosité feinte, par peur aussi peut-être. Ils demandent à payer plus. Comme si il y avait faute et non pas dérives d'un système, celui d'un libéralisme fou à la finance dérégulée        « Vous, nos représentants mondiaux, devez nous taxer, nous les ultra-riches, et vous devez commencer maintenant. » Dans une lettre relayée mercredi 18 janvier par l’ONG Oxfam et adressée aux dirigeants mondiaux, réunis à Davos à l’occasion du Forum économique mondial, plus de 200 millionnaires et milliardaires demandent à être davantage taxés pour le « bien commun ».Ces derniers avancent qu’« au cours des deux premières années de la pandémie les dix hommes les plus riches du monde ont doublé leur richesse, tandis que 99 % des personnes ont vu leurs revenus baisser. Les milliardaires et les millionnaires ont vu leur richesse augmenter de milliards de dollars, tandis que le simple coût de la vie paralyse désormais des familles ordinaires à travers le monde...»   

 

                                        C'est touchant! Ces cris du coeur reviennent régulièrement. Sans effet. Roosevelt avait osé un temps trancher dans le vif....Cela ressemble assez à l'attitude de ces milliardaires américains touchés pas la grâce de la Charity Business.                                                                              Un petit pas (verbal) dans la bonne direction ou un besoin de gagner en respectabilité?    Et si on changeait les règles  ___________________                        

 

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Petits échos du dimanche

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Déception

__ Fraudes

__ Surprise?

__ Bourbier

 

__ Pluralisme?              

 

__ Inflation US

__ Capitulation

__ Surveillance

__ Cyberattaque

__ Vincent encore

__ Sapin de trop

__ Dépendance russe

__ L'eau dans l'air

__ Lapierre: histoire

__ Un déclin français

__ Produire ou périr?

__ Guerre hybride

__ Héritage gaulliste?

__ Jeu d'influences

__ Forêts salvatrices?

__ Dérives netflixiennes

                 _____ ___ Quand un empereur prend sa retraite _____

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Aux armes citoyennes!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

...Faites-nous plus de bébés! ♪♫♪

     L'heure est grave, a-t-il dit. Le réarmement s'impose, même si on peut en rire... On ne va pas suivre les pas de l'Allemagne ou même de la Chine. Il faut régir, car on va manquer de bras si ça continue. Même si la baisse récente de la natalité  n'est pas facile à expliquer, même si les causes sont multiples et interdépendantes. . Pour le démographe Hervé Le Bras, l'expression utilisée à l'Elysée est "grotesque":   "....il y a eu beaucoup d’études réalisées sur la relation entre croissance économique et croissance démographique, et on n’a jamais pu mettre en évidence la moindre causalité. L’Allemagne en fournit la preuve : le pays a mieux réussi économiquement que la France en ayant une fécondité, pendant près de 50 ans, d’un demi-enfant de moins qu’en France. ..." Et le type 'économie de demain, de plus en plus digitalisée, va-t-elle demander une main d'oeuvre aussi importante que pendant les périodes antérieures.. On n’est plus du tout aujourd’hui dans cette idée du nombre qui fait la force..."    conformément à la doctrine de Bodin ou des obsessions nationales, voire nationalistes de la III° République, ou de l'après-guerre.    Voilà un signal qui plaît à l'extrême-droite, comme il était au coeur de discours de Pétain, dans la perspective culpabilisante du "redressement national"                 Donner des injonctions ne suffit pas, surtout sans réflexion sur les causes d'un phénomène peut-être provisoire, circonstanciel. Cela relève de la pensée magique. En tout cas, le message passe mal, surtout auprès des femmes. Cela se comprend.

 


                                                                                   ___                          "...C’est une rhétorique nataliste. Ce phénomène est ancré dans le temps long : déjà à l’époque de la IIIe République, il y avait cette idée que les individus « doivent » des bébés à l’État pour participer à l’effort collectif. Historiquement, c’est quelque chose qu’on retrouve dans les mouvements conservateurs - de droite comme de gauche - et qui a été largement dénoncé par les progressistes.   Je n’ai pas connaissance d’un autre usage, dans l’histoire, des mots « réarmement démographique ». Mais simplement faire référence au réarmement, c’est utiliser un champ lexical très viriliste, guerrier et violent. Quand je l’ai entendu, j’y ai immédiatement vu un écho à la période de la fin du XIXe siècle et du début du XXe : une période de développement conjoint du capitalisme et du nationalisme, où sont apparus les termes de « chair à canon » et de « chair à usine », pour parler de personnes qui n’avaient pas de droits, si ce n’est de produire quelque chose pour la nation.  S’inscrire dans cette lignée, c’est tenir un discours très conservateur. L’usage de cette expression rejoint un discours gouvernemental qui met l’accent sur le travail, l’apologie de la productivité... Elle donne une ligne claire : pour répondre à la crise économique et à la crise démographique, il faut se reproduire. C’est un cadre très patriarcal et hétéronormé, duquel découlent plusieurs problèmes.  Si on fonde un projet social sur la reproduction, il y a forcément le risque d’instrumentaliser le corps des personnes qui peuvent enfanter. Ce fut le cas en 1920, au moment de la criminalisation des publicités sur la contraception et de la répression de l’avortement.  Sans que ce soit explicite, ces termes renforcent un projet de société dans laquelle la vie doit suivre un ordre linéaire : le couple, le mariage, la grossesse. Il y a alors le risque que toutes les personnes qui ne se reconnaissent pas dans ce modèle, notamment les personnes LGBT, soient encore plus invisibilisées et précarisées....Les politiques natalistes ne sont pas l’apanage de l’extrême droite et ont historiquement été également tenues par la frange conservatrice de la gauche de l’échiquier politique. Toutefois, dans ce discours, il y a aussi l’idée de faire « barrage à l’immigration », et l’affichage d’un choix clair : faire des futurs travailleurs plutôt que d’accueillir des travailleurs immigrés comme cela a été le cas pendant les trente glorieuses, par exemple...".                                                                                  Le natalisme national laisse des souvenirs mitigés.                                                                                   "...Il y a un autre problème qui semble important. À une période ou des associations, des chercheurs et chercheuses n’arrêtent pas d’appeler à transformer nos pratiques, choisir de s’inscrire dans la lignée de la rhétorique capitaliste et nationaliste du XIXe siècle, c’est nier toutes les crises sociales et écologiques que nous vivons. De nombreux chercheurs et chercheuses ont écrit sur les tendances d’Emmanuel Macron à « flirter avec l’extrême droite », aujourd’hui, c’est quelque chose d’absolument décomplexé. Un terme comme « réarmement démographique », c’est un signal extrêmement inquiétant, et qui appelle à la vigilance quant aux évolutions politiques à venir...."                                            _______________________________________________                                                   La question de la natalité n'est pas que franco-français, mais aussi européen et mondial. __ Les démographes sont en pleine interrogation. Ils savent qu'ils ne pratiquent une science exacte (il n'en existe aucune dans les sciences humaines), mais ils se donnent les moyens d'y voir plus clair dans les mouvements de populations à un moment donné et surtout les tendances profondes sur le long terme ou le court terme. Modifications sur le taux de natalité, qui a des incidences sur l'histoire d'un peuple ou d'un continent, chutes brutales d'une population après un événement naturel, comme la peste noire ou une profonde modification climatique, etc... Autant d'objets d'étude qui peuvent en apprendre beaucoup sur l'histoire locale, régionale, voire mondiale...                                                                                                                                                   Aujourd'hui, beaucoup de spécialistes en la question s'interrogent sur les tendances de la population mondiale, qu'on a vu monter rapidement depuis le début de l'ère industrielle. Assistons-nous en ces dernières décennies à une chute programmée de la population mondiale, de manière différenciée, une chute qui ne serait pas provisoire, mais tendancielle, sous l'effet de facteurs divers, naturels comme culturels? Certains pays s'interrogent déjà sur une moindre natalité en leurs sein, leur apparaissant problématique en leur, comme l'Allemagne qui peine à renouveler sa population. Mais ce pays n'est pas le seul. D'autres voient leur natalité baisser régulièrement, comme certains pays de l'Afrique du Nord, tandis que le Sahel connaît une explosion problématique, pour des raisons surtout culturelles. La démographie peut souvent aider l'historien sur les modifications profondes à venir.   

 


                                                                                 __  La France n'est plus la grande puissance quelle était au XVIII° siècle, mais sa politique de soutien familial lui permet de ne pas être affectée comme certains de ses voisins. Mais des données nouvelles pourraient modifier la tendance: les effets (relatifs) de la covid sur l'espérance de vie, les données récemment enregistrées sur la baisse de la fécondité masculine, les résistances psychologiques liées à une certaine angoisse écologique...Quelques facteurs partiels qui ne sont pas sans doute à eux seuls des éléments explicatifs, mais qui contribuent à mieux saisir ce qui s'annonce sans doute comme une régression, voire une stabilisation de la population mondiale. Ce qui ne serait pas en soi un drame, si l'économie s'adapte aux nouvelles donnes, ce qui serait pour d'autres une chance de voir se réduire une pression excessive sur le milieu vital, aux ressources limitées. Un débat en cours qui n'est pas anodin...                                                                                              En tout cas la "bombe démographique" n'aura pas lieu, si les tendances constatées continuent à se vérifier. Des questions d'ordre moral et politique se posent. Faut-il d'urgence "arrêter le enfants" comme il est parfois préconisé?... Un grand défi attend l'humanité, que ne résoudront pas les démographes, qui ne peuvent que poser des diagnostics à partir de leurs données chiffrées et de leurs projections et leurs hypothèses..   ___________________

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L'empire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Dans les empires                                                                                                                                         C'est Forbès qui le dit: B. Arnault fait partie de la prestigieuse galaxie des plus fortunés du monde, qui ne cesse de s'étendre. Il n'est pas en tête du peloton, bien sûr, mais il a de quoi assurer ses arrières. Même s'il vitupère contre l'excès d'impôts dans son pays, contre ceux qui prônent un peu plus de justice fiscale, notion qu'il abhorre. Il est un winner, tient à le faire savoir, lui qui a su faire sa place à l'Académie , vient d'être reçu pas le pape et a eu sa chaise lors de l'intronisation de Trump à la Maison Blanche, au côté de Musk, and Co. Cultiver ses relations ne nuit pas aux affaires, tout le monde sait ça...


  "Monsieur"  n'aime pas trop l'impôt, qui pourrait venir écorner ne serait-ce qu'une toute petite partie de sa fortune. A chacun son mérite. Il s'est octroyé récemment, entre autres folies, un nouveau yacht, le plus grand et le plus luxueux, de plus exonéré d'impôts. Ce n'est pas une histoire belge!  un nouveau yacht à 500 millions €, qui émet mille fois plus de gaz à effet de serre que toute la consommation d'un français ordinaire pendant 1 an. Mais Monsieur n'est pas un français ordinaire et on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, comme disait ma grand-mère..

 


__ Une chance pour lui: le "contexte" lui est très favorable, comme le remarque une certaine personne, forcément jalouse:

 

En        "...En France, la dernière décennie a été marquée, d’une part, par un phénomène d’accumulation des richesses entre les mains de quelques milliardaires (Bernard Arnault, Rodolphe Saadé, Vincent Bolloré, etc.) encore jamais vu auparavant ; et, d’autre part, par le développement à bas bruit d’une finance de l’ombre, non régulée, dont les acteurs, méconnus du grand public, sont les fonds de capital-investissement (KKR, Blackstone, Apollo, Ardian, PAI, etc.).  Ces deux pans du capitalisme financiarisé sont en train de faire main basse sur l’économie française. Ils ont par ailleurs pour point commun de développer une vision libertarienne et autoritaire de la société, faisant craindre qu’ils ne s’accommodent très bien de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir..."                                                                        Si l’on en croit son ami Vincent Bolloré sur le réseau social X, BA est une personne […] d’un grand cœur » (sic), s’est senti profondément blessé par une série de six articles parue dans Le Monde et titrée « L’empire Bernard Arnault ». Encore un journal "communiste", sans doute....                                                                  Mais faut-il l'envier? Comme disait quelqu'un peut-être un peu jaloux, mais plutôt sage: "...Quand je lis tous les jours la formidable enquête sur la vie de Bernard Arnault dans Le Monde, je suis sidéré par la misère de cet homme. Pas d'amitié, pas d'amour, que des calculs et des méfiances. Sa peur des autres, son horreur des contacts. Son obsession maladives des profits, ses stratégies avec les puissants du monde indépendamment de leurs valeurs morales...Sa peur panique de lamaladie et des malades. Son seul plaisir tous les matins prendre un spa en regardant CNews. je suis bien plus riche que lui, parce que je possède quelque chose qu'il n'aura jamais : Je suis aimé par des gens qui n'attendent rien d'autre que mon affection et mon bien-être . Un trésor inaccessible pour ce pauvre Arnaud...."

Un monde à part.

Qu'est-ce que la richesse? _______________

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