Burn out

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
.Comme une chandelle en fin de combustion...
___________________...Il arrive que des sujets s'épuisent, perdent leurs ressorts, n'ont plus d'énergie pour assumer leurs tâches, surtout quand elles semblent ne plus avoir de sens, dans un contexte d'hyperperformance et de compétition constante et parfois féroce, dans des rapports de travail dégradés.
Ce qui reste de volonté est désespérément mobilisé, mais l'esprit tendu craque de toutes parts et le corps ne suit plus.
"Les corps sont intelligents. Ils en savent parfois davantage sur nos besoins que nos psychismes bridés" . Le burn-out nous apprend qu’on ne peut pas faire l’impasse sur cette nécessité pour chacun d’avoir du temps pour soi." 
___Un phénomène global, aux facteurs multiples, bien étudié par Freudenberger,  qui consume parfoisl'homme au travail, dans certaines conditions

"Le burn-out... une conséquence de ces régimes effrénés. Ses symptômes de fatigue, d'anxiété, de stress ingérable, de dépersonnalisation et de sentiment d'incompétence dressent le portrait de personnes qui ont trop donné, sans recevoir ce dont elles avaient besoin. Elles se sont souvent oubliées, sans toujours avoir le choix de faire autrement..."
___L'épuisement professionnel est un phénomène récent, qui gagne du terrain, un effet de la  souffrance au travail, qui affectent les hommes insérés dans un système devenu un poids insupportable, comme cette infirmière épuisée déclarant: 
"Ma profession d'infirmière, je l'ai choisie, je l'ai voulue… Mais aujourd'hui, j’ai l'impression d'être vidée. Je dois aller d’un lit à l’autre. J’ai l’impression de n’avoir jamais le temps de faire correctement mon travail. Je supporte de moins en moins les plaintes, les angoisses des patients. Je me dis qu'être infirmière n'est pas aussi valorisant, gratifiant que cela… "
C'est l'effet d'un perfectionnisme non reconnu, toujours frustré par des contraintes toujours repoussées, des  objectifs jamais atteignables, dictés souvent implicitement par des règles presque impossibles à réaliser, enfermant l'homme dans une double contrainte générant impasse et souffrance. 
___Les nouvelles méthodes de management, souvent brutales, de constants changements dans les tâches assignées, dans des activités industrielles d'exécution ou de conception, ou publiques, comme dans celles des soins, engendrent baisse de l'estime de soi, culpabilisation, fatigue psychique spécifique, qui peut mener, faute de porte de sortie, de dérivatif, de soutien ou de révolte possibles, à l'effondrement du moi, parfois au fameux karoshi japonais. 
__Oui, il est des conditions de travail où on peut perdre son âme pour gagner sa vie.
Le culte de la performance, centre et moteur de nos sociétés capitalistes hyperconcurrentielles, génère des désordres où la fatigue d'être soiplombe parfois les meilleurs. L'individu ne peut être flexible à l'infini.Stabilité, temps disponible sont des conditions minimales pour une vie professionnelle relativement épanouissante.. 
Comme disait Wittgenstein : "Tout est devenu si compliqué que, pour s'y retrouver, il faut un esprit exceptionnel. Car il ne suffit plus de bien jouer le jeu ; la question suivante revient sans cesse : est-ce que tel jeu est jouable maintenant et quel est le bon jeu ?".
 "Quel que soit le domaine envisagé (entreprise, école, famille), le monde a changé de règles. Elles ne sont plus obéissance, discipline, conformité à la morale, mais flexibilité, changement, rapidité de réaction, etc. Maîtrise de soi, souplesse psychique et affective, capacités d'action font que chacun doit endurer la charge de s'adapter en permanence à un monde qui perd précisément sa permanence, un monde instable, provisoire, fait de flux et de trajectoires en dents de scie"
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