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Réorienter ou refonder l'Union Européenne?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Débats et polémiques se poursuivent.
__________________________________La cacophonie européenne continue, malgré les propos lénifiants ou les appels fédéralistes. 
L'Allemagne, ou plutôt la droite libérale allemande, joue un rôle particulier, que d'aucuns jugent économiquement dangereux. L'avenir dépendra de ses futurs rapports avec ses voisins, qui ne peuvent rester en l'état.
Sortir du flou et de la méfiance et changer les élites au pouvoir semblent être des conditions nécessaires, mais non suffisantes.
S'il y a une quasi unanimité pour des changements rapides, la question est celle du comment
Comment sortir du pilotage automatique d'une Europe sans cap véritable, sans remettre en question lestatut de l'euro?
Réorienter ou refonder l’Union Européenne ? 
___Points de vue:
"... Une UE définie comme une zone de libre-échange élargie et une zone monétaire restreinte est-elle « réorientable » pour aller vers des harmonisations économiques et sociales « par le haut » ? Le fonctionnement et les politiques de l’UE n’ont-ils pas atteints un pont de non-retour rendant impossible leur réforme ? Ne faut-il pas s’atteler à la construction d’une autre Europe en revoyant les instruments qui l’ont jusqu’ici conduit dans une impasse néolibérale totale 
__Le premier sujet est bien celui de l’Allemagne, objet d’attaques contre son égoïsme ou sa surpuissance. Mais celles-ci sont-elles bien ciblées ? L’Allemagne est, depuis la fin du XIX° siècle la première puissance industrielle en Europe et elle l’est restée malgré les guerres, les destructions et les divisions. Le fait nouveau est que l’écart avec la France s’est réduit depuis 1945. Aujourd’hui elle utilise l’UE et la zone Euro pour accumuler le maximum de richesses sans en payer le prix ; elle vieillit tous les jours un peu plus et doit épargner pour financer ses futures retraites. Les gouvernements allemands, qu’ils soient de droite ou de gauche renâcleront toujours plus à financer le déficit des autres. Ce faisant, elle est à la fois prise comme la citadelle des politiques néo-libérales et, hic et nunc comme le partenaire historiquement obligatoire de la France dans la construction européenne. Pour les Français, c’est la contradiction Schröder dont la politique est vantée par les mêmes au-delà du Rhin et critiqué en deçà. Elle est contenue dans une idéologie bien spécifique : l’ « ordolibéralisme » qui a connu un succès particulier en Allemagne dés les années cinquante dans tous les partis (y compris les Verts) et qui a pris définitivement le pouvoir dans l’Union. Michel Foucault lui avait accordé précocement une attention toute particulière (dans ses Cours au Collège de France 1977-79, 2 tomes, Le Seuil 2004). Il y voyait un système de pensée néo-libéral débouchant sur une technologie de gouvernement originale parce qu’elle élève la liberté du marché au rang de principe métajuridique. L’ordolibéralisme  milite en effet pour une constitutionnalisation de la concurrence, de la régulation marchande et de la limitation de l’intervention publique. On passe ainsi de l’échange (de volontés supposées libres) à la concurrence libre et non faussée érigée en principe constituant. C’est ce qu’ont fait les traités Européens, de Maastricht au TSCG en passant par celui de Lisbonne et leur interprétation par la Cour de Justice de l’UE. C’est ce que l’Allemagne a obtenu pour prix de son acceptation de l’Euro. L’Etat doit faciliter, sans jamais s’imposer au marché, des arrangements institutionnels dépolitisés ; d’où l’inflation normative que l’on sait. La promotion de la concurrence ne débouche donc pas sur le « laisser-faire »,   mais sur la nécessité d’une « gouvernementalité active » sur le modèle de l’entreprise (la «gouvernance » des eurocrates). Cette vision sous-entend une complète inversion de la doxa libérale: la question n’est plus de savoir comment limiter l’Etat au nom des mécanismes du marché mais comment le faire exister par le marché. Ce n’est plus  l’Etat minimum mais l’étatisation à partir de l’économie qui est l’enjeu principal. La liberté économique peut ainsi devenir une nouvelle souveraineté politique excluant toute politique économique conjoncturelle des Etats. C’est de cela que l’UE est devenu le nom et l’Allemagne le prophète.
Il est donc difficile, et c’est le deuxième sujet, d’imaginer un gouvernement économique démocratique, vieille revendication lancée il y a vingt ans par Pierre Bérégovoy, reprise maintenant par François Hollande avec l’institutionnalisation de l’Eurogroupe doté d’un président permanent (son fondement démocratique relevant de l’initiative problématique du Parlement européen). Ce type de gouvernement est resté jusqu’ici lettre morte par ce qu’il se brise inévitablement sur la règle de l’unanimité et surtout par la contrainte du « 3° pilier » du traité de Maastricht qui soumet les politiques publiques à l’exigence de réformes structurelles. C’est ce que vient de rappeler la Commission (dans son document du 29 mai) en application pure et simple de l’article 7 du Traité TSCG ratifié par les socialistes en octobre dernier. En accordant un sursis à la France pour réduire son déficit supérieur à 3% du PIB, la Commission préconise en échange une réforme sans délai du marché du travail et des retraites, d’un élargissement de la mise en concurrence des services publics et des professions « protégées », d’un allègement de la fiscalité des entreprises. Cela suppose d’accepter la perspective d’une diminution des salaires, des prestations sociales et 15% de chômeurs en 2015.
L’accomplissement de ce processus devenant irréversible est à l’horizon d’un accord de libre-échange avec les Etats-Unis que la Commission voudrait conclure à marche forcée d’ici 2014. Il permettrait selon elle un gain de 0,5 à 1,5% de croissance par an ; sauf qu’il ouvrirait la voie à « un partenariat de tous les dangers » (voir le billet du 22/04/13 de Françoise-Elisabeth Delcamp ici-même). En effet, les Etats-Unis ont appris depuis 1933 à l’orée du New Deal à se prémunir avec l’American Buy Act relancé par Obama dès 2009 contre la concurrence extérieure nourrie de dumping social et fiscal. Un exemple : les Etats-Unis ont introduit depuis 2012 des droits de douane à 250% sur les panneaux photovoltaïques en provenance de Chine alors que l’Allemagne vient de s’opposer à une timide augmentation de ces droits par la Commission de Bruxelles. Quant à la sanctuarisation de « l’exception culturelle », elle fait diversion par rapport à la libéralisation des normes sanitaires, agricoles, salariales et sociales qui sont à redouter.  En fait l’UE, pour sortir de la crise du libéralisme et de la mondialisation qui met à genoux ses Etats et ses peuples, propose d’en rajouter sur ces deux registres avec une nouvelle réduction des limites à la concurrence transatlantique. Le préalable absolu à la mise en chantier d’un tel traité serait donc que l’UE se dote d’une politique commerciale qui soutienne sa politique industrielle et agricole comme l’ont fait les Etats-Unis. Sinon il faut refuser de le négocier.
C’est cette accumulation de règles et de dispositifs mais aussi de traités de type constitutionnel qui fait que « le projet européen peut mourir » comme le soutient Ulrich Beck (« Non à l’Europe allemande » Ed. Autrement. 2013), la radicalisation réactionnaire d’une partie de ses populations devenant un phénomène général. L’UE se réduit à une Association de libre-échange ouverte à tous vents d’une mondialisation supposée heureuse. Les dix Etats membres  qui ne sont pas membres de la zone Euro exercent sur celle-ci une pression univoque jouant de sa fracture nord-sud (la « zone  Deutschemark » contre la « zone Clubmed »). Déjà la déflation salariale s’exerce du sud au nord, de l’Espagne et l’Italie sur la France au prix d’un taux de chômage dans ces pays oscillant autour de 20% . C’est ainsi que la ligne exclusivement monétariste de l’Allemagne, produit d’une histoire nationale et d’une culture politique bien spécifiques, devient la ligne générale ordo-libérale imposée à tout le continent. Le résultat en est, au-delà d’une véritable idéologie de l’austérité, une crise politique et démocratique sans précédent qui exige de repenser entièrement le projet fédéraliste européen. Ce ne peut être un simple réexamen des traités pour aller dans le sens d’un « dépassement fédéral » de type essentiellement budgétaire réclamé par Angela Merkel. Le verrou est bien dans l’Euro qui concentre tous les ingrédients a-démocratiques du système qu’est devenu l’UE (voir J. Sapir, Faut-il sortir de l’Euro ?. Le Seuil, 2012).
 Le remplacement de la monnaie unique par une monnaie commune n’est plus une lubie de quelques nationalistes ou souverainistes. (1)Sa justification  repose sur une refondation stratégique de l’Europe partant de la différence Nord-Sud justement, la France prenant la tête d’une zone euro-méditerranéenne plus performante qu’on ne le croit : le PIB cumulé de la France, de l’Italie et de l’Espagne n’est-il pas de 4800 Milliards d’Euros, alors que celui de l’Allemagne plafonne à 2500 et que l’intégration de son l’hinterland (l’Europe de l’Est pour l’essentiel) est plus que problématique ?. Les relations politiques et économiques de l’Europe du Sud avec le Maghreb (voire le Machrek) sont autrement plus productives et prometteuses. Ce renversement passe par deux voies : une remise en question de la zone Euro et de l’Euro en tant que tel (voir Frédéric Lordon, « Pour une monnaie unique sans l’Allemagne »,   blog Monde Diplomatique, 25-05-13) ; la définition de règles et institutions démocratiques qui ont fait tant défaut à la construction de l’UE depuis au moins le Traité de Maastricht et le rejet du Traité constitutionnel en 2005. Au point où nous sommes arrivés, c’est à cette déconstruction qu’il faut s’atteler pour rendre possible la reprise d’une dynamique fédérative des souverainetés populaires en Europe..."
(Médiapart)_________________________________

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Erreur de casting

Publié le par Jean-Etienne ZEN

....Et résistances.
                                 L'instant de stupeur passé, on  s'organise.
        L'incroyable succède à l'incroyable.
    L'administration Trump, bien que dangereuse, brouillonne et chaotique, poursuit sa logique offensive.
Les attaques de l 'administration de la Maison Blanche et de son locataire engendrent divers mouvements de protestation, qui semble déterminée à durer.
          Sur tous les fronts.
  Les medias vilipendés sans nuances sont à l'avant-scène, même souvent les plus conservateurs, comme Fox News.       Même le non regretté Bush Junior commence à donner de la voix.
       Beaucoup d'Américains se demandent comment durer, tenir dans la résistance à Trump, qui cherche à humilier, caricaturer, diaboliser toutes formes d'irrévérences.
      Le Harper's Magazine est l'un des organes historiques parmi les plus engagés contre les condamnations qui frappent la liberté de la presse,l'expression des désaccords les plus vifs..
    Contre les faux semblants d'une démocratie malade depuis longtemps.
  La critique de son directeur, John Mc Arthur, contre Hillary Clinton, ne date pas d'hier, comme celle à l'égard Obama,  a été sanas concession. Elle redouble aujourd'hui contre le Censeur présidentiel.
    Cette convergence des résistances sera-t-elle à même de freiner les inquiétantes dérives du pouvoir d'un homme, au service d'intérêts puissants, mais minoritaires? 
  IL faudrait pouvoir compter sur une large fronde du camp républicain, ce qui supposerait une opposition d'une plus large partie de l'opinion contre leurs espoirs de réélection.
_________________________.

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Vous avez dit gouvernance?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Un brave new word pour un brave new world?
______________________________________Il faut parfois se méfier des mots. 
Certains ne sont pas  tout à fait innocents et leur emploi à tout propos, dans certains domaines, doit engendrer la suspicion.
Orwell nous a là-dessus mis en garde. 

L'inflation de la notion de gouvernance notamment, surtout depuis les années 80, pose problème. 
___Selon A. Deneault, "Dans les années 1980, les technocrates de Margaret Thatcher ont habillé du joli nom de « gouvernance » le projet d’adapter l’État aux intérêts et à la culture de l’entreprise privée. Ce coup d’État conceptuel va travestir avec succès la sauvagerie néo­libérale en modèle de « saine gestion ». Nous en ferons collecti­vement les frais : dérèglementation de l’économie,privatisation des services publics, clientélisation du citoyen, mise au pas des syndicats... ce sera désormais cela gouverner.
Appliquée sur un mode gestionnaire ou commercial par des groupes sociaux représentant des intérêts divers, la ­gouvernance prétend à un art de la gestion pour elle-même. Entrée dans les mœurs, évoquée aujourd’hui à toute occasion et de tous bords de l’échiquier politique, sa plasticité opportune tend à remplacer les vieux vocables de la politique..une « révolution anesthésiante »..."
Un changement sémantique qui n'est donc pas sans conséquences politiques, malgré son apparente banalité, mais qui renvoie à la conception politique du néolibéralisme:
" L'application des techniques managériales d'efficacité, de productivité et d'utilité à la chose publique par le thatchérisme cherchait tout simplement à évacuer le politique de la vie sociale. Il n'y a plus de démocratie, de vie politique, mais tout simplement une gestion rigoureuse et efficace des affaires publiques - lesquelles rigueur et efficacité se mesurent à l'aune de la qualité de leur «système de gouvernance». La philosophie politique ultralibérale à laquelle adhérait Margaret Thatcher ne lui permettait pas de concevoir la société comme rien d'autre qu'un amalgame de divers acteurs privés. En ce sens, l'État n'est plus l'organisation politique d'une société ou d'un peuple, constitué de diverses institutions, mais un ensemble d'organisations publiques qu'on doit soumettre aux mêmes «règles de gouvernance» que les organisations privées. Le gouvernement est alors «restreint lui-même au simple rôle de partenaire dans l'ordre de la gouvernance, n'encadre plus l'activité publique, mais y participe à la manière d'un pair» (p.81). 
La vie politique se soumet, dès lors, aux règles du management et de la gestion efficace - et, ultimement à celles de la concurrence. On met en concurrence les diverses composantes de l'administration publique avec les entreprises privées, forçant les organismes gouvernementaux non seulement à singer la logique du secteur privé, mais surtout à les coincer dans un double rôle insoutenable: adopter les règles du privé tout en continuant à servir l'ensemble de la communauté et à préserver le bien commun. Aporie insoluble - le langage lisse et neutre de la gouvernance évacuera en douce la véritable vie politique de nos sociétés.
Évacuer le politique de la vie publique implique une annihilation radicale de la dissidence et de la pensée critique - les dogmes de la gouvernance revêtant des «airs de pensée critique...» 
______Un mot qui traîne encore dans le vocabulaire de nos politiques du jour.
_-De quoi la gouvernance européenne est-elle le nom? 

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Docteur Folamour

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Les fous sont parmi nous

           Des docteur Folamour pourraient bien réapparaître autrement que sur nos écrans
       Certes la Guerre Froide et ses pires moments de crise relève du passé et les menaces ont changé.
          Mais aux USA, surtout depuis l'arrivée de D. Trump, on se recrée de nouveaux ennemis, quitte à tordre la réalité. On sait que pour lui, l'imprévisible est la règle et la vérité est alternative...
   La Russie de Poutine, la Chine ou l'Iran sont à nouveau diabolisés.
        Certains esprits, comme Stephen Bannon  ne rassure pas dans leur volonté d'en découdre avec certaines puissances jugées menaçantes pour l'Empire
   Une vision particulière de l'histoire des USA, apocalyptique, qui est celle d'esprits dérangés d'une certaine droite extrême aux USA.  L'équipe de Busch et ses néoconservateurs avaient leur vision d'une recomposition du Moyen-Orient, avec l'entrée en guerre en Irack. On a vu les effets...qui durent.
    Avec Bannon, l'homme qui parle à l'oreille de Trump, c'est pire...
                          La fabrication de l'ennemi, comme disait Pierre Canesa, continue de hanter certains esprits.
    Bannon est littéralement fasciné, depuis plus d'une décennie, par un essai publié en 1997, The Fourth Turning: What the Cycles of History Tell Us About America's Next Rendezvous with Destiny. Un livre qui explique pourquoi l'Amérique vit une crise majeure par siècle, et annonçait à l'époque l'acmé de la prochaine pour les années 2020. Et qui, surtout, fait de ces crises l'opportunité, pour leurs vainqueurs, de fonder un ordre politique nouveau.     Une vision messianique de l'histoire américaine qui inquiète certains observateurs. Quelques jours après la publication du portrait de Time Magazine, la journaliste de Business Insider Linette Lopez jugeait que l'intérêt de Bannon pour The Fourth Turning«devrait alarmer tous les Américains. [...] Il croit que, pour qu'un nouvel ordre mondial émerge, un jugement dernier doit avoir lieu. [...] Il a déjà montré qu'il comptait conseiller à Trump de mettre en place des politiques qui vont perturber l'ordre actuel pour instaurer ce qu'il perçoit comme un nouvel ordre nécessaire»
      Les déclarations d'un haut responsable militaire, le Général Mark Milleychef d’Etat-major des USA, et de Ash Carter ne sont pas faites pour nous rassurer. On croit rêver et on ose espérer que ces hommes seront vite écartés de toute responsabilité. Mais avec D.Trump, on peut s'attendre à tout...
     Une nouvelle doctrine de l'emploi de l'arme nucléaireest en train de naître et la course aux armements dans le monde connaît un regain certain et inquiétant.
       Ce qui inquiète sérieusement, peut-être à l'excès, un observateur comme  Gorbatchev    
                   Mais, en la circonstance, mieux vaut être alarmiste qu'aveugle.
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Chères autoroutes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Grande braderie et juteux business 
*L'usage des autoroutes est en principe gratuit 
*Les autoroutes ont été bradées (Cour des Comptes)
*Une privatisation illégitime (F.Bayrou) 
*Les autoroutes restent dans le domaine public c'est le droit de les exploiter pendant une certaine durée qui sera confiée à des entreprises qui deviennent privées. A l'échéance des concessions, entre 2026 et 2032, celles-ci reviendront à l'État qui pourra les concéder de nouveau ». (D.Perben) 
 _____ Une vraie manne! 
L'avenir a été sacrifié au présent 
__Opacité et profit restent d'actualité, quelques années après la décision De Villepin
« Distorsion entre péages et coûts », « opacité des tarifs », « maximisation des recettes » : la Cour des comptes formule dès 2008 les nombreuses incohérences et dérives du système autoroutier français,« devenu trop favorable aux concessionnaires ». Les magistrats dénoncent notamment la coexistence de plusieurs régimes juridiques « qui donnent au système de détermination des péages un caractère disparate, voire arbitraire ». Les concessionnaires profitent aussi d’une indexation contractuelle sur les prix, injustifiée au regard de leur gain de productivité, et de « hausses additionnelles mal étayées ». Leur meilleure astuce réside dans la technique du « foisonnement ». Celle-ci consiste à respecter en principe les tarifs moyens accordés, tout en faisant porter les hausses en priorité sur les trajets les plus fréquentés. Le tarif de l’itinéraire Mantes-Gaillon, par exemple, a pu grimper de 5,1 % par an pendant douze ans. Au total, note la Cour, « les recettes effectives des sociétés concessionnaires augmentent plus qu’elles ne le devraient par rapport aux niveaux de tarifs affichés et aux hausses accordées ».
Un an après cette première enquête, la Cour constate que l’accroissement des recettes demeure élevé :« Au premier semestre 2008, les recettes de péage ont progressé respectivement de 4,8 % et 4,5 % pour les groupes ASF et APRR, et les produits totaux d’exploitation de 5,6 % pour le groupe Sanef, dans un contexte de quasi-stagnation de leur trafic. » Et, quand les magistrats insistent pour clarifier le système, compenser les hausses injustifiées ou revoir l’indexation, tant les concessionnaires que le gouvernement leur opposent le strict respect du sacro-saint « contrat » et « l’équilibre financier de la concession tel qu’il a pu être établi à son origine».
Tant que les dividendes étaient réinvestis dans les infrastructures, la complaisance de l’administration vis-à-vis des concessionnaires n’était pas forcément contraire à l’intérêt public. Mais après la privatisation, les pouvoirs publics ont continué à homologuer sans rechigner des tarifs de plus en plus favorables aux actionnaires. L’Etat renonçait ainsi à exercer ce qu’il lui restait d’autorité réglementaire, au détriment de l’usager...
 Les principaux actionnaires des sociétés d’autoroutes sont issus du BTP. On y retrouve les financiers traditionnels des campagnes électorales. Et c’est donc sans surprise que l’on voit arriver à la tête de l’une d’entre elles l’un des chouchous des oligarques français, M. Alain Minc, nommé à la fin de 2011 à la présidence de la Sanef.
Les acteurs du système autoroutier illustrent en définitive cette coalition d’adversaires des grands services publics décrite par l’économiste James K. Galbraith : « Aucune de ces entreprises n’a intérêt à rétrécir l’Etat, et c’est ce qui les distingue des conservateurs à principes. Sans l’Etat et ses interventions économiques, elles n’existeraient pas elles-mêmes, et elles ne pourraient pas jouir du pouvoir de marché qu’elles sont parvenues à exercer. Leur raison d’être est plutôt de tirer de l’argent de l’Etat — tant qu’elles le contrôlent .. »
Face aux sociétés d’autoroutes, un Etat incompétent 
La Cour des comptes épingle les tarifs des péages 
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L"évangile selon Donald

Publié le par Jean-Etienne ZEN

En vérité (alternative) je vous le dis:

 

_ Après le créateur, il y a MOI.

_ C'est MOI et moi seul qui établis les faits.
        Toute autre version, journalistique ou pas, quelle qu'elle soit, qui contredit ma vision, est à rejeter dans les ténèbres de la malveillance ou de l'incompétence.

_ JE suis LE sauveur de la nouvelle Amérique que j'incarne seul..
                   I'm the best President for ever.

_ La « Vérité », c’est ce que je pense en ce moment, ou ce que je désire maintenant, hic et nunc.
                  
_ La diplomatie est MON affaire personnelle et je la dirige selon MON bon vouloir, en gardant le droit souverain de me contredire.

_ JE fais toujours ce que je dis.

_ La culture n'a pas de valeur en soi, elle n'est relative qu'à MOI-MEME.

_ Pour votre salut, croyez en MOI et en ma parole, garantie par Wall Street..

_ Y résister serait sacrilège..

               Ayez confiance, je ne vous décevrai pas. Le Ciel m'assiste, ainsi que quelques collaborateurs de valeur. Attendez-vous à des miracles. C'est déjà commencé...

                                                     
GOD BLESS DONALD AND AMERICA!

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Nos mythes historiques

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Histoires et histoire...
________________________Le travail de l'historien n'est jamais achevé.
L'histoire s'écrit et se réécrit sans cesse, à la lumière de nouveaux documents, de nouvelles méthodes, d'un éclairage et d'une relecture toujours plus riches liées à une époque donnée et aux nouveaux moyens, aux nouveaux regards, aux nouveaux intérêts qu'elle offre. Entre l'histoire réalité et l'histoire interprétée, il y aura toujours un décalage, mais qu'il est possible de toujours réduire, dans un processus sans fin.
Que l'histoire de France en particulier doive être sans cesse revisitée ne doit donc pas être fait pour étonner. Que des interprétations anciennes soient modifiées, parfois en profondeur, que certains mythes soient remis en question, cela ne saurait surprendre.
De plus, il y aura toujours un écart, parfois un fossé entre l'histoire, telle qu'elle est racontée, l'histoire populaire, et l'histoire enseignée, notamment dans le primaire, et l'histoire telle qu'elle se construit à partir des recherches des historiens de métier. L'historien sait que ses synthèses sont toujours provisoires, au fur et à mesure que le présent lui offre de nouvelles clés, de nouveaux éclairages. L'enracinement dans le présent détermine la lecture que l'on fait du passé, surtout celui qui concerne notre histoire patrimoniale,notre roman national.
Entre l’histoire-souvenir de l’école primaire et l’importante production médiatique d’une histoire-recherche qui ne peut s’inscrire dans cet « ordre chronologique naturel » de l’histoire scolaire ... Un alliage mystérieux, une alchimie secrète ont fondu dans la conscience collective française histoire et mythologie nationale.
Comment démêler l’histoire de la légende, comment reconnaître dans « l’histoire de France » le tissu indéfiniment chatoyant qui entrecroise événements, groupes, personnages, mouvements, rêves ? Et comment repenser un passé dont nous ne saisissons que des traces, inséparables des sentiers par lesquels elles nous sont parvenues ?
L’absence, en France, de l’idée que l’histoire a une « histoire » est flagrante. Nous croyons à l’histoire avec un grand H. Pourtant le passé se transmet sous des habillages qui varient selon les époques. La configuration d’un récit est marquée d’empreintes idéologiques fluctuantes, de colorations imaginaires. Nulle explication ne reflète jamais complètement son objet. L’histoire de France reste, pour la plupart des Français, ce qu’elle était à la fin du siècle dernier : à la fois science et liturgie. Décrivant le passé « vrai », elle a pour fonction et pour définition d’être le récit de la nation : histoire et nationalisme sont indissociables. Au XIXème siècle, la nation devint l’être historique par excellence, autour duquel s’organisa le passé supposé intégral...
»

__Réécrire le passé, le gauchir, l'idéaliser, l'héroïser ou le noircir, la dénaturer en l'instrumentalisant a été une constante et reste encore une pratique dont certains pouvoirs ne sont pas à l'abri. Jeanne d'Arc, la Révolution restent encore, dans le débat public et politique, des enjeux idéologique bien vivants, comme l'analyse S. Citron.
___ « L’histoire de France » est devenue souvent fétiche de la nation.
Depuis les Gaulois, dont l'histoire complexe est en plein renouvellement, jusqu'à Clovis, qui fut encore récemment otage d'intérêts politiques et religieux, la bataille des mémoires revient périodiquement.
L'histoire mythique et hagiographique n'a pas encore déserté certains manuels ou certains discours engagés. Lavisse reste encore parfois un peu présent dans les esprits, lui qui disait: « Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu'il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroi de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d'Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes car c'est un malheur que nos légendes s'oublient, que nous n'ayons plus de contes du foyer, et que, sur tous les points de la France, on entende pour toute poésie que les refrains orduriers et bêtes, venus de Paris. Un pays comme la France ne peut vivre sans poésie.
___Revenir sur Charles Martel et son instrumentalisationcontemporaine, sur la bergère de Domrémy, utilisée à droite comme à gauche, sur la figure souvent très injustement controversée deRobespierre, d'un Napoléon souvent mythifié (1) et parfoismystificateur lui-même, d'un de Gaulle, interprétant le passé à sa lumière et sujet parfois idéalisé... est une nécessité pour secouer croyances, mythes et légendes et retrouver sous la poussières des mémoires trop humaines l'authenticité des faits et le solidité des hypothèses les plus rationnelles.
Réduire l'enseignement de l'histoire de France au nom de la rentabilité est un erreur, voire une faute.
La renforcer par des apports plus critiques, oui, mais moins franco-centrée..
L'utilité de histoire reste toujours à défendre, même si les historiens n'ont pas toujours des point de vue convergents sur tout. Marc Bloch l'a montré magistralement
L'histoire bien enseignée permet de contribuer à entretenir une mémoire essentielle, à construire civisme etidentité, à mieux comprendre le présent pour mieux préparer l'avenir.
La défense de l'histoire n’est jamais bien loin de la défense de la démocratie
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Regards

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
                              On na pas fini de parler de FUKUSCHIMA
                   Un effarant bilan provisoire. Des effets encore mal mesurés.  Une  tâche titanesque.
              Les souvenirs s'effacent, mais le réel se rappelle à nous et il importe de rester informérégulièrement.

 
 

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__  Le vieillissement de nos infrastructures est très préoccupant

__ Quand les assureurs vous pistent...pour votre bien.

__ Le dîner  du Crif  en question. Que vont faire nos hommes politiques tous les ans dans cette organisation (non) représentative  aux yeux de beaucoup de Juifs français?
                  Une organisation contestée.

__ Martin Schulz,, tombeur de Schröder et des lois Hartz IV, saura-t-il remettre en question le modèle de ladroite libérale allemande,?
                          
__ Arabie saoudite à un tournanr.

__ Un scandale tranquille : des enseignants toujours aussi mal formés:

__ A propos de la censure journalistique revendiquée: Charlot ministre de la vérité?

__ Comment financer le revenu universel, toujours en  question?
             ..l’impossibilité de mesurer la totalité des effets d’une réforme aussi conséquente en termes d’emploi, de niveau de vie, de redistribution des revenus ou encore d’incitation au travail ». Beaucoup reste à faire avant de proposer une généralisation à l’échelle d’un pays. Nous reconnaissons également la pertinence de sa mise en garde ultime : « À trop s’en remettre aux vertus du revenu universel et à son horizon de mise en œuvre forcément très lointain, on oublie bien souvent l’immédiateté de la crise économique et sociale et la possibilité d’agir rapidement afin d’y remédier...
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Sexe ou genre

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Ce genre qui fait débat
_____________________Un débat souvent faussé, un fanal obscur... (Baudelaire)
La polémique qui continue à l'occasion du mariage pour tous (expression sans doute malheureuse) se révèle pleine de malentendus, de préjugés, d'arrière-pensées, de parti-pris, parfois d' absurdités, comme ici: 
"Dire que le sexe d'une personne a peu d'importance, en niant l'importance d'être un homme ou une femme, c'est très grave et nous sommes scandalisés que l'on puisse troubler des enfants à un âge tendre avec cette théorie", explique Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous... Bernard Debré, député UMP de Paris, allait même encore plus loin: "C'est une déviation, une folie, mais je crois même qu'il s'agit d'un crime. On n'a pas le droit d'aller contre la vérité et la théorie du genre est un mensonge". En décembre, quelque 70 députés UMP avaient déjà réclamé une "commission d'enquête" sur l'introduction et la diffusion de la théorie du "gender" en France. Il dénonce une théorie "contre nature car s'opposant à ce que nous donne la nature, en particulier les corps sexués et comme contradictoire avec l'équilibre social et politique", explique Réjane Sénac..." 
__Une polémique orchestrée, qui n'est pas retombée, où l'ignorance le dispute à l'idéologie.
En fait, le débat de fond, mal engagé, n'a pas eu lieu, ou si peu...
__On évoque la théorie du genre. Ce qu'on appelle théorie du genre n'est pas une théorie au sens strict, encore moins une machine de guerre. C'est d'abord un domaine de rechercheanthropologique, éclairée par les multiples enquêtes ethnologiques et les découvertes de la psychanalyse. 
 "...Dans le sillage de la mobilisation contre le "mariage pour tous" adoptée par l'Assemblée le 23 avril, les critiques visant les études sur le genre se sont multipliées, leurs détracteurs stigmatisant une "théorie" consistant à "nier la réalité biologique". Les études de genre sont un pan des sciences humaines affirmant que l'identité sexuelle n'est pas déterminée uniquement par le sexe biologique, mais est également influencée par la société. L'adoption de la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe a ravivé une peur qui avait crispé les milieux conservateurs et catholiques en 2011 avec l'introduction, dans les manuels de sciences de la vie et de la terre (SVT) des classes de première, de l'idée selon laquelle l'orientation sexuelle est différente de l'identité sexuelle. En mars, l'Union nationale inter-universitaire (UNI), association étudiante de droite très active dans la contestation contre le "mariage pour tous", a ainsi fondé l'Observatoire de la théorie du genre, proposant d'"ouvrir les yeux sur la théorie du genre", une "idéologie [...] qui vise à remettre en cause les fondements de nos sociétés 'hétéro centrées', de substituer au concept marxiste de la lutte des classes, celui de la lutte des sexes"( sic!). Ce discours très radical, outre le fait qu'il illustre une mauvaise compréhension de ce que sont les études sur le genre, est représentatif des "éléments de langage" repris dans la sphère conservatrice et catholique..."
____Les idées reçues sur les études de genre sont nombreuses: 
"Le concept de genre s'est développé comme une réflexion autour de la notion de sexe et du rapport homme/femme. Loin de nier la différence entre le sexe féminin et le sexe masculin, le genre est utilisé par les chercheurs comme un outil permettant de penser le sexe biologique (homme ou femme) indépendamment de l'identité sexuelle (masculin ou féminin). Il ne s'agit donc pas de dire que l'homme et la femme sont identiques, mais d'interroger la manière dont chacun et chacune peut construire son identité sexuelle, aussi bien à travers son éducation que son orientation sexuelle (hétérosexuelle, homosexuelle, etc.).
En dissociant intellectuellement le culturel et le biologique, le concept de genre interroge les clichés liés au sexe. Par exemple, l'idée selon laquelle les femmes sont plus naturellement enclines à s'atteler aux tâches domestiques que les hommes est de l'ordre de la construction sociale et historique, et non pas liée au fait que la femme dispose d'un vagin et d'ovaires.
 _____La "théorie du genre" est devenue un cache-sexe de la réaction
Avant de faire des déclarations publiques sur un sujet qu'il ne connaît à l'évidence pas, Vincent Peillon aurait pu lire, sous les plumes de Laure Bereni ou Bruno Perreau par exemple, que le monde académique ne parle jamais de “ théorie du genre ”, mais bien d'études sur le genre ou d'études de genre, l'usage du pluriel et du terme “ étude ” attestant de la diversité des recherches et des positionnements.
Le genre n'est en effet pas une théorie unique, monolithique, sortie de la cuisse de quelques féministes dogmatiques, c'est un concept travaillé par tout un champ d'études en France mais également dans le monde entier. Les propos du ministre relèguent ces études au domaine de la croyance – on serait pour ou contre le genre, on trouverait ça bien ou mal –, attestant d'un mépris et d'une réelle condescendance de la part d'un réprésentant d'Etat à l'égard d'universitaires, chercheurs et chercheuses, mais aussi membres du monde associatif, fonctionnaires ou encore militant-e-s qui ne croient pas au genre, mais travaillent dessus, l'analysent pour comprendre le monde social et améliorer les politiques publiques....
 L'incompréhension du genre participe à créer une nouvelle figure idéologique repoussoir fondée sur une homophobie latente, parfois manifeste, et l'insupportable menace de l'égalité entre hommes et femmes. Sous la peur de l'indifférenciation entre hommes et femmes, entre hétérosexuel-le-s et homosexuel-le-s, réside en effet le maintien des inégalités. Parce que comme l'explique notamment Christine Delphy, l'opération de classement entre hommes et femmes n'a de sens que parce qu'elle permet de les hiérarchiser, d'accorder des privilèges aux hommes, de créer et maintenir les rapports de domination .
Si les études de genre sont en effet plurielles et diverses, il ne s'agit pas nécessairement d'invalider toute distinction biologique, mais bien de montrer quel sens elle prend, quel rôle elle joue, comment elle opère et quels en sont les effets dans des contextes spécifiques. Combattre les études de genre permet de rendre invisible, de mettre sous silence la manière dont se construisent les inégalités pour les pérenniser. Et l'attitude du ministre alimente le discours de droite et d'extrême droite qui joue un jeu idéologique dont les règles semblent pourtant claires : répandre des croyances pour discréditer les travaux, universitaires, militants, etc., et de cette manière, maintenir le statu quo, voire renforcer les inégalités entre femmes et hommes, entre hétérosexuel-le-s et lesbiennes, gays, bi-e-s et trans.
Si le ministre n'avalisait pas des propos réactionnaires, dans le cadre de l'éducation nationale, le concept de genre pourrait se révéler utile pour analyser la manière dont l'institution scolaire est un espace de socialisation qui participe notamment à reproduire des différences de jugement et d'attentes envers les filles et les garçons. S'il n'utilisait pas la fausse notion de “ théorie du genre ”, et qu'il appliquait le concept de genre aux politiques éducatives, il se rendrait compte que c'est un levier vers la lutte contre le sexisme et l'homophobie à l'école.
C'est bien parce que le genre est une question politique qu'il est sous le feu de la critique, objet des fantasmes de la droite et de l'extrême droite. Et les membres du gouvernement devraient peut-être le prendre comme tel, avec sérieux et rigueur intellectuelle, pour éviter de reprendre à leur compte des formules inadaptées et infondées construites par la droite, mais également en permettant aux études de genre de jouir du statut qui leur est dû, celui d'un champ d'études.."
  ___La famille, quelle que soit l'époque ou la civilisation , est toujours le produit de la nature ETde la culture, comme Lévi-Strauss, entre autres, l'a brillamment démontré.
 Les droits des femmes, loin d'être universels et appliqués, sont toujours d'actualité et le féminisme de casting n'en est qu'une caricature. 
Bref,  la « théorie du genre » n’existe pas.
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 Les catholiques et le genre 
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Qui décide vraiment?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Ils n'ont plus de prise que sur des choses marginales.
                            De moins en moins sur l'essentiel de la vie publique.
                                     C'est ce qui est souvent constaté.  Sous l'effet de la vague néolibérale qui déferle depuis les années 80 et de la puissante logique financière mondialisée qui l'accompagne, son emprise prégnante sur  politique, au sens strict, sur les affaires essentielles et les problèmes de fond, la vie politique au sens fort est de est de plus en plus réduite comme une peau de chagrin, malgré les apparences et les dénégations, jusqu'à des abandons majeurs de souveraineté. Le pouvoir n 'est plus qu'à la marge.
      Le principe de gouvernance, d'essence managériale, est venu progressivement prendre la place de la notion de gouvernement politique, comma art de la conduite des hommes dans le souci du bien commun, en toute souveraineté.
         L'impuissance politique est devenu un fait reconnu et même avoué, mais peu analysé. De l'Etat ne peut pas tout de Jospin, on est passé à la béance entre promesses électorales et projets avortés.
     La crise et la montée en puissance des toujours plus puissants groupes de production transnationaux et des grandes entités bancaires ont contribué à une dépendance de plus en plus grande de l'Etat, à sonasservissement même. Il a perdu l'emprise sur des pans essentiels de décisions en matière économique et sociale.
      Qui gouverne encore ? entend-on dire souvent, que ce soit au niveau national ou au niveau européeen. Le vrai pouvoir n'est pas toujours celui qui se déclare tel, n'est pas toujours là où il prétend être.
     Ce n'est pas, comme annoncent certains, la fin du politique, mais il faut le reconstruire, contre les intérêts dissolvants et à courte vue des objectifs  puissants des groupes qui veulent s'arroger indirectement le pouvoir de décisions. Il y a toujours des alternatives.
   On peut toujours se réapproprier la démocratie, comme l'Islande en a fourni un exemple.
     L'arrivée au pouvoir de Donald Trump et le début de son mandat incite à se poser la question, dans lecontexte d'Outre-Atlantique.
                                                 "...Ancien conseiller de cabinet ministériel, j'ai pu constater (dit Matthieu Niango)combien les classes dirigeantes étaient tout simplement en phase avec le néo-libéralisme, dont ils avaient tété la vulgate dans les grandes écoles du pouvoir ou dans leur milieu social d'origine. Ce qu'on appelle abusivement les renoncements de François Hollande et de ses équipes sont purement et simplement des retours à la normale idéologiques après la période euphorisante de la campagne de 2012. Car ni François Hollande ni encore moins sa garde rapprochée— encore aujourd'hui prodigieusement sûre d'elle-même au regard de l'absence quasi-totale de résultats de ses politiques économique et sociales—n'avaient réellement eu l'intention de s'en prendre à l'ordre établi....
     On ne peut conclure qu'il n'y a rien à faire contre le néo-libéralisme et la pression qu'il exerce sur les salaires ainsi que les délocalisations qu'il implique qu'à une seule condition: d'avoir vraiment essayé de s'y opposer, de s'être battu autant que possible, et d'avoir été vaincu. Ceux qui s'y sont sincèrement attelés sont toujours parvenus au pouvoir quand il était trop tard ou presque, comme dernier espoir avant le chaos: ce fut le cas en Grèce. Ils échouent alors parce que le pays est trop faible, non parce que le pouvoir politique doit toujours le céder aux revendications du pouvoir économique. Un gouvernement qui serait appelé aux responsabilités dès les signes avant-coureur de la curée néo-libérale, et qui aurait pour lui une force publique en bon état, serait vraiment en mesure de contribuer au progrès de l'égalité. A une condition toutefois essentielle: qu'il ait pour le soutenir toute la légitimité populaire, c'est-à-dire qu'il soit réellement démocratique, et à même d'assurer la participation du plus grand nombre à ses décisions... (*)
        .       "Nous serions entrés dans l’ère de ce qu'on appelle la  "post-démocratie" comme l’analysait ces dernières semaines l’historienne Sophie Wahnich (dans sa chronique publiée par Libération), le politologue turc Ahmet Insel (sur France culture, à propos de la Turquie d’Erdogan) ou encore la philosophe belge Chantal Mouffe (dans Reporterre). Le terme faisait aussi l’objet d’un débat du festival «Mode d’emploi», à Lyon en novembre.
      C’est le politologue britannique Colin Crouch qui a formalisé et popularisé l’expression dans son livre Post-démocratie paru en 2004 et traduit en français en 2013 (Editions Diaphanes). Il entendait désigner un nouveau stade de la démocratie, celui de l’ère capitaliste et globalisée. Derrière leur apparence démocratique – les élections ont bien lieu, la liberté d’expression et le pluralisme sont assurés, les partis politiques existent encore –, nos sociétés ne donneraient plus aux citoyens la place qui leur revient. Les décisions sont prises ailleurs, par d’autres : au sein des lobbys, dans les grandes entreprises dont le lien avec les élites politiques s’est resserré ou dans les institutions supranationales comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
      Dans son livre, Crouch dessine une parabole : dans les sociétés occidentales, la démocratie a culminé à la sortie de la deuxième guerre mondiale, quand la dépense publique jouait à plein son rôle de régulateur de la société et que les syndicats portaient la parole des salariés. Mais depuis les années 80, la souveraineté populaire n’a cessé de s’affaiblir. Loin des partis de masse d’antan, les organisations politiques actuelles en sont réduites à gérer les débats à coup de sondages d’opinion et à faire de la communication dans des médias conciliants.
      «La pensée de Colin Crouch est celle d’un déclin. Il est nostalgique d’un "âge d’or" que représenterait la démocratie plus sociale de l’après-guerre. Mais peut-on vraiment parler d’âge d’or quand les femmes avaient tout juste le droit de vote et que les habitants de tant de pays colonisés n’avaient pas voix au chapitre ?» note Yves Sintomer, professeur de Sciences politiques à Paris VIII. Reste que l’idée d’une confiscation progressive de la démocratie réelle est pertinente pour analyser notre système politique, selon Sintomer. «La centralité de l’élection est aujourd’hui concurrencée par d’autres espaces qui prennent leurs décisions à porte close. On pourrait même allonger la liste dressée par Crouch en y ajoutant tous les comités d’experts divers et variés, les agences de notation, les instances d’autorisations de mise sur le marché dont le rôle n’a cessé de grossir avec le développement des techno sciences et le rapprochement des sciences et de l’industrie, etc.»"
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