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Où va la Hongrie?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Où va la Hongrie?

(La question se pose toujours...)

La Hongrie inquiète
_Laboratoire du néo-populisme?
__Accédant à la présidence tournante de l'Europe, Viktor Orban s'est fait remarquer par des propos et des mesures pour le moins autoritaires, réduisant notamment la liberté d'expression des médias de son pays, malgré quelques concessions a posteriori.
Sans que la Commission européenne s'offusque outre-mesure...
La Hongrie inquiète l'Europe et ses voisins.
Elle est, effectivement, en pleine dérive autoritaire et nationaliste "L'opposition et les associations de défense des droits de l'homme estiment que le pays glisse de la démocratie vers la « démocrature », bientôt vers une sorte de dictature sophistiquée"
__La crise économique sévissant dans le pays explique en partie le durcissement politique, la montée d'un certain nationalisme, favorisant les extrêmes.
"La crise mondiale a entraîné la Hongrie dans la pire récession économique qu’elle ait connu depuis deux décennies. Celle-ci a été en partie responsable de la démission du Premier ministre Ferenc Gyucsany cette année. L’économie dépendant des exportations a souffert du ralentissement de ses principaux partenaires commerciaux. Le système social est paralysé par la corruption, la monnaie nationale s’est effondrée et les finances publiques supportent la lourde charge des retraites. Le nouveau Premier ministre projette de réduire les retraites, les bonus du secteur public et les allocations maternité, d’hypothéquer l’énergie et les subventions pour le transport, et d’élever l’âge de la retraite. "
_Le parti Fidesz a fait voter, dans des conditions non régulières (sans l'opposition ) une constitution néo-conservatrice, centrée sur les valeurs traditionnelles de la famille et de l'Eglise
"- Le préambule fait référence à Dieu et au christianisme comme rassemblant la nation. Les détracteurs du texte estiment que cela est discriminatoire envers les athées et les fidèles d'autres religions.- Il amalgame la nation politique et la nation ethnique : ainsi font partie de la nation hongroise les citoyens hongrois qui vivent en Hongrie mais appartiennent à des minorités non hongroises et aussi les minorités de souche hongroise des autres pays qui ne sont pas citoyens hongrois. La Constitution promet de sauvegarder "l'unité spirituelle et intellectuelle" de la nation hongroise.- La nouvelle Constitution rend possible l'élargissement du droit de vote vers les Hongrois de souche des pays voisins, ce qui risque de créer des conflits avec les pays limitrophes à forte minorité hongroise comme la Slovaquie ou la Roumanie.- Elle ouvre la porte d'une possible interdiction de l'avortement : "La vie du fœtus doit être protégée à partir du moment de sa conception".
Jobbik : l’extrême-droite hongroise, profitant des frustrations multiples, s'efforce de gagner du terrain.
L'influence grandissante de ce mouvement national-radical est contagieuse..« Avec Orban, ce sont nos idées qui sont au pouvoir, mais pas encore nos solutions.", affirme-t-il.
Le plus inquiétant: la xénophobie. Des milices d'extrême droite s'arrogent le droit de mettre de l'"ordre" chez les Roms.

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Merci patron!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Merci patron!
Toujours plus haut!

___ Alors que le smic connaît (de plus en plus rarement, il faut dire_ faut pas exagérer!-) des augmentations, que certains jugent scandaleuses (quelques euros quand même!), d'autres caracolent... très loin en tête:
__ Les meilleurs, les vrais self made men, qui doivent tout à leurs talents et à leurs mérites.
_ Il est normal que les grands patrons entrepreneurs aient aussi leur part de gâteau.
Et comme ils ont fait le gâteau, ils peuvent se servir à leur guise
___ Merci les actionnaires!
Le travail, ça paie et il faut faire rêver un peu le peuple et Gala.
Qu'est-ce qu'on a aujourd'hui avec 15000 euro par jour, je vous le demande?
__ Une misère... vu le prix d'un yacht et d'une résidence à St Cloud.
Et même pas le bonheur, si ça se trouve!
__ Donc “Merci patron !” pour ce success story
Des grincheux disent que la hauteur stratosphérique de ces rémunération pose problème.
__ Mais ce sont des jaloux, voilà!
PSA a joué franc-jeu et s'envole vers des bénéfices mérités
____ Merci qui?
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Fin d'un symbole?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Fin d'un symbole?

(C'était hier...)

Exorcisme américain

Deux ou trois choses sur Usāma ben Moḥammed ben Awaḍ ben Lāden...

______Le leader charismatique de l'organisation honnie, que Bush avait qualifié de parfait représentant de l'"axe du Mal" est, officiellement, parti au paradis d'Allah.
Pourquoi les services spéciaux américains ont-ils agi en cette période, de cette manière, dans ces conditions?
Il reste bien des questions en suspens autour de la mort du héros de la première guerre d'Afghanistan.
Les medias n'ont pas fini de broder sur l'événement, tant que le secret sera la règle, laissant place aux hypothèses multiples et parfois aux fantasmes...
_La joie régnant à " Ground 0" ne doit pas faire illusion. Ben Laden parti, qui n'avait sans doute plus guère d'influence, il restera longtemps un symbole fort pour certains et notamment pour des groupes fondamentalistes islamistes dispersés à qui suffit la doctrine et l'exemple.
_ On n'oubliera pas que l'instigateur présumé des attentats du 11 septembre fut à une époque un bon serviteur de l'armée américaine combattant les Soviétiques par groupes djiadistes interposés, fournissant les armes nécessaires via le Pakistan complaisant.
On se rappellera aussi que le disparu est issu de la famille saoudienne, dont le wahbisme dogmatique encouragea la "guerre sainte", mais que les intérêts pétroliers rapprochaient de Washington.Cette complaisance précisément dénoncée par Ben Laden, qui détermina son exil, puis son errance.
Le personnage cristallise assez bien les aspects contradictoires de la politique américaine surtout pendant les années Bush, surtout dictée par ses intérêts à court terme. L'allié pour un temps est devenu l'ennemi public n°1.
La focalisation sur un homme faisait oublier une politique impériale d'ensemble (PNAC), les vrais enjeux des aventures militaires menées en Irak, puis en Afghanistan... Un bourbier qui continue, avec les mêmes objectifs. L'avenir de l'Afghanistan apparaît toujours aussi chaotique.
Alors que le problème, c'est les affinités troubles avec l'Arabie Saoudite et surtout le Pakistan, dont les services secrets et une partie de l'armée ont contribué à exporter vers l'Afghanistan le phénomène taliban.
Bref, il y aurait beaucoup à dire sur l'instrumentalisation de celui dont certains célèbrent aujourd'hui bruyamment la mort, de manière aussi indécente qu'hypocrite.
La diabolisation d'un intégriste aussi pervers soit-il ne fait pas avancer la réflexion sur son rôle et le contexte qui a favorisé sa percée et son succès, au sein d'un "islam mondialisé" (Olivier Roy).
Avec lui disparaît certainement un symbole de l'échec de l'Islam politique, qui va sans doute affaiblir certains groupes qui se réclament encore de lui et démystifier son aura chez certains dévots se référant à son image.
Mais on a des doutes concernant ce qui peut se passer dans certains pays comme le Soudan et la réaction de certaines mouvances au Pakistan peut légitimement inquiéter.
Espérer enterrer le reste d’Al-Qaeda avec Ben Laden relève de la naïveté. Le futur proche risque de nous le montrer hélas bientôt...
__Espoir d'un nouveau cycle dans les relations américaines avec le monde arabe? On peut l'espérer, mais il reste encore du chemin à parcourir...même si les transformations profondes qui agitent certains pays arabes peuvent puissamment contribuer à ce processus.
Mais, tant que les intérêts de l'Oncle Sam ne changent pas fondamentalement dans la région, on peut rester sceptique.

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Soft Power US

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Soft Power US
Politique d'influence

_______ Il est passé le temps des canonnières, de la politique extérieure agressive, du moins pour l'instant et pour l'essentiel.
__Le hard power n'a plus les moyens de son action et s'est heurté à tant d'échecs récents, de déconvenues cuisantes et de contre-performantes manifestes. L'ère Bush est oubliée, mais sans inventaire.
___ Le pouvoir américain fondé surtout sur la suprématie d'après-guerre est sur la voie d'un déclin, que certains annoncent comme certain.
___ Mais le soft power est bien présent, surtout du côté démocrate et peut prendre des formes très diverses, malgré ses fantasmes, ses illusions parfois, ses limites.
Soft power, mais power quand même.
____ A Séoul, le 21 février 2009, Hillary Clinton, Secrétaire d'État américaine, a déclaré vouloir s'appuyer sur le smart power, pour la stratégie de l'administration Obama, dans le cadre de la nouvelle diplomatie américaine.
___ Il s'agit toujours de créer ou de maintenir des zônes d'influence, mais avec d'autres moyens, où le business pourra faire florès; directement ou indirectement.
__ Par la culture, (au sens large) notamment. Ce que J. Eudes appelait La conquete des esprits: une forme douce, parfois invisible, souvent désirable, de colonisation.
_ L'attraction, voire la séduction en sont les ressorts principaux.
__ Mais c'est surtout dans le cadre du droit que le soft power révèle ses ambitions économiques
_____________ Comme le fait remarquer JM Quatrepoint:
L’exportation du droit américain, l’extraterritorialité des lois américaines est un processus qui ne date pas d’aujourd’hui. Voilà des années, voire des décennies que les États-Unis développent une stratégie globale d’hyperpuissance en s’appuyant sur un arsenal juridique et en imposant leurs lois, leurs normes, au reste du monde. Il aura fallu l’amende colossale infligée à BNP Paribas (8,9 milliards de dollars) et celle qui, infligée à Alstom (772 millions de dollars), fut la véritable cause, quoi qu’en dise le PDG d’Alstom, de la vente de la division « énergie » à General Electric, pour que nos dirigeants découvrent la réalité d’une guerre économique engagée depuis des décennies. Ils ont ainsi découvert, tardivement, le caractère meurtrier d’un arsenal juridique dont la mise en place remonte à plus d’un quart de siècle. __ Dans la décennie 90, après l’effondrement du communisme, les États-Unis vont se doter d’une série de lois qui concernent les entreprises américaines mais aussi toutes les entreprises étrangères. La majorité de ces lois, Trade Acts ou embargos, permettent aux responsables américains du commerce d’identifier et de sanctionner les comportements « injustes et déraisonnables » des acteurs économiques rivaux des Américains. On peut classer ces textes dans quelques grands chapitres :
Le plus connu aujourd’hui est la lutte contre la corruption, le fameux Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) qui s’appliquait aux entreprises américaines qui versaient des pots de vin aux fonctionnaires et aux hommes politiques pour obtenir des contrats. En 1998, ce FCPA est étendu aux entreprises étrangères et il va servir de modèle à la convention OCDE censée réprimer la corruption, notamment en matière de grands contrats. Le second chapitre est une batterie de lois qui criminalisent le commerce avec les États sous embargo américain. Certaines de ces lois sont bien connues, telles les lois Helms-Burton et D'Amato qui sanctionnent les entreprises commerçant avec l’Iran, Cuba, la Libye, le Soudan etc. (au total il y aura 70 embargos américains à travers le monde). En 2006, un banquier britannique, un des dirigeants de la Standard Chartered, dira : « Putains d’Américains, qui êtes-vous pour nous dire et pour dire au reste du monde que nous ne devons pas travailler avec les Iraniens ? ». Quelques années plus tard la Standard Chartered devra payer 700 millions de dollars d’amende pour avoir commercé avec l’Iran.
Autre chapitre, une batterie de lois criminalisent le commerce avec les pays sous embargo ONU.
Ensuite viendra le blanchiment de l’argent sale des terroristes ou des narcotrafiquants. Le Patriot Act, édicté en 2001 après l’attaque sur les Twin towers, sous couvert de lutte contre le terrorisme, donne des pouvoirs élargis aux différentes agences pour accéder aux différentes données informatiques.
Enfin la loi Dodd-Frank de juillet 2010 confère à la SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme américain de la bourse, le pouvoir de réprimer toute conduite qui, aux États-Unis, concourt de manière significative à la commission de l’infraction, même lorsque la transaction financière a été conclue en dehors des États-Unis et n’implique que des acteurs étrangers. Cela va donc très loin. __ Cerise sur le gâteau, en 2014, le Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA) donne au fisc américain des pouvoirs extraterritoriaux qui contraignent les banques étrangères à devenir ses agents en lui livrant toutes les informations sur les comptes et avoirs des citoyens américains dans le monde. Si elles n’obtempèrent pas, 30 % de leurs revenus aux États-Unis sont confisqués et, plus grave encore, elles peuvent se voir retirer leur licence. Or, pour une banque, notamment les plus grandes, ne plus pouvoir travailler aux États-Unis et ne plus pouvoir compenser en dollars équivaut à un arrêt de mort. On a souvent voulu voir derrière le FATCA le moyen pour les Américains de faire enfin plier les banquiers suisses, les « gnomes de Zurich », les obliger à abandonner leur sacro-saint secret bancaire. C’est vrai… mais c’est l’arbre, moral et médiatique, qui cache la forêt. Ainsi, BNP Paribas a été contrainte de fournir dans le cadre de son amende la liste des comptes de ses clients américains et franco-américains. C’est ainsi que des personnes fort respectables, qui ont la malchance d’avoir la double-nationalité mais qui ont toujours gagné et déclaré leur argent en France, sans avoir de revenus aux États-Unis, sont sommées par l’Internal Revenue Service (IRS), le fisc américain, de fournir toutes leurs déclarations d’impôts. Si jamais elles ont payé moins en France que ce qu’elles auraient payé aux États-Unis, l’IRS leur réclame la différence. Cela s’appelle du racket.
__ Avec le recul, on s’aperçoit qu’il est très difficile de contester chacune de ces mesures : Qui va s’élever contre le fait de lutter contre la corruption… ? De même qui n’est favorable à la répression des narcotrafiquants et du blanchiment de leur argent ? Il en est de même du terrorisme. C’est là toute l’habileté du projet américain théorisé en 2004 par Suzanne Nossel, laquelle a inspiré Hillary Clinton lorsque cette dernière était secrétaire d’État. C’est la théorie non du soft power mais du smart power, affirmation par les États-Unis d’une vision universelle au nom de leur compétence universelle. Les États-Unis se vivent comme le nouveau peuple élu. Leurs victoires contre les forces du mal (en 1945 contre le nazisme, plus tard contre le communisme), leurs performances économiques, témoignent de la supériorité de leur modèle. Il est donc normal que tous les autres peuples adoptent ce modèle car la globalisation implique l’uniformisation. Les États-Unis énoncent donc de grands principes, valables pour tous et que tous sont contraints de respecter à travers un arsenal juridique, à travers la puissance du dollar, à travers les technologies qui permettent de tout savoir (on pense à la NSA). Le tout, bien sûr, pour le bien commun. __ Cette compétence universelle, par définition, s’applique à toutes les activités humaines. L’offensive contre la FIFA et Sepp Blatter (et par ricochet contre Michel Platini), a été menée par les Anglo-saxons, par les Américains. Une offensive fort habile car chacun sait que la FIFA (Fédération Internationale de Football Association), comme le CIO (Comité international olympique), sont des lieux où le népotisme et la corruption règnent en maîtres. Pour les Américains, il s’agit de faire exploser ce système et de le remplacer par un autre où la puissance américaine sera dominante et imposera ses règles. Il est très difficile de s’opposer à ce smart power, véritable idéologie qui s’appuie sur la défense des droits de l’homme, la libre concurrence non faussée, le droit des consommateurs, le droit des minorités etc.
Cette stratégie s’appuie également sur les ONG anglo-saxonnes. Ce sont elles qui sont à l’origine de l’affaire Volkswagen...
. ... Les États-Unis, forts de leur puissance, ont donc développé un arsenal juridique tous azimuts. Ils décident qui peut commercer avec qui. Ils peuvent décider aussi d’éliminer les concurrents. Les entreprises françaises en savent quelque chose avec l’Iran. À la différence de ce qui se passait dans les années 80-90, ils bénéficient de la position du dollar : 78 % des transactions mondiales se font en dollars et tout est compensé par les États-Unis. Comme toutes les transactions en dollars transitent par les États-Unis, toute transaction en dollars est soumise à la loi américaine. Ils ont aussi les écoutes : on a découvert que la NSA et les services américains écoutaient systématiquement tout, y compris les chefs d’État… et personne n’a protesté. Et surtout, cette extraterritorialité devient un extraordinaire business qui profite d’abord aux Américains. Les amendes proprement dites commencent à atteindre des montants conséquents. Pour les banques, le total des amendes infligées par la justice américaine est de 125 milliards de dollars, dont une bonne partie concerne les banques américaines. Mais les banques américaines ont été condamnées pour les affaires de subprimes (aucun banquier américain n’a fait de prison) tandis que les banques européennes et japonaises ont été condamnées pour avoir violé des embargos. Les banques suisses ont payé un très lourd tribut pour ne pas avoir communiqué à temps un certain nombre de données. On en est aujourd’hui à 35 milliards de dollars d’amendes pour les banques étrangères et une demi-douzaine de milliards de dollars pour les groupes industriels. Sur les dix premières amendes infligées, notamment pour des affaires de corruption, aux groupes industriels, neuf concernent des groupes étrangers. Le record va à Siemens (800 millions de dollars) suivi par Alstom (772 millions de dollars). Cet argent sert d’abord à l’auto-alimentation du système judiciaire américain (la SEC, le Trésor, le DOJ etc.) dont les coûts annexes sont considérables. Le système judiciaire américain, les centaines de milliers de lawyers des cabinets, sont embauchés par les entreprises et vivent « sur la bête ». L’argent des amendes fait donc vivre le système judiciaire américain au sens large. S’y ajoute la contestation de brevets etc. L’application de ce système de l’extraterritorialité est un formidable business qui alimente la machine judiciaire et juridique américaine. Les gens de BNP Paribas seront sans doute heureux d’apprendre qu’une partie de leur amende va servir à indemniser les citoyens américains qui avaient été victimes de la prise d’otages à l’ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979. Plus de cinquante personnes, retenues pendant 444 jours, n’avaient jamais été indemnisées parce que, dans l’accord entre l’Iran et Ronald Reagan, l’Iran avait refusé de payer quelque indemnité que ce soit (l’une des raisons pour lesquelles les Iraniens avaient pris en otage les personnels de l’ambassade américaine était la « prise en otage » par les Américains des compte iraniens à la Chase Manhattan Bank…). Le Congrès a l’intention d’utiliser 1 à 2 milliards de dollars, pris sur l’amende de BNP Paribas, pour indemniser ces ex-otages américains. Plus grave : les accords que les entreprises étrangères sont contraintes de signer s’accompagnent généralement de la mise sous tutelle de fait de ces entreprises qui, de par le settlement, l’accord passé avec la justice américaine, subissent pendant six mois, un an, trois ans… la présence de contrôleurs indépendants chargés de vérifier que l’entreprise condamnée se conforme bien à toutes les règles de la compliance américaine. Alcatel Lucent avait été condamnée il y a quelques années à une amende pour corruption à propos d’affaires qui remontaient au début des années 2000 (le montant, moins important que celui infligé à Alstom, s’élevait quand même à 170 millions de dollars). Contrainte d’accepter pendant trois ans la présence d’un contrôleur indépendant, Alcatel Lucent devait lui donner toutes les informations que ce contrôleur jugeait utiles à la réalisation de sa mission. D’aucuns disent que Alcatel Lucent a été ainsi pillée pendant quelques années par la justice américaine. Les secrets de fabrication et un certain nombre de données essentielles peuvent être transférés ainsi à une puissance étrangère.
L’extraterritorialité du droit américain permet à la puissance américaine, sur les secteurs qu’elle estime stratégiques, d’asseoir sa domination.

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Portraits de famille

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Portraits de famille

Contrastes
D'hier à aujourd'hui

Famille, je vous hais(me)......quand même

Et bien d'autres encore... (
2)

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Catastrophes: la naturel et le social

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Catastrophes: la naturel et le social

Des catastrophes dites naturelles

(Catastrophe:""Événement soudain, qui, bouleversant le cours des choses, amène la destruction, la ruine, la mort...".)

______Des phénomènes naturels n'ont un sens de catastrophes que pour les hommes, parce que des hommes sont présents pour en subir les effets. Un volcanisme puissant dans un île déserte n'affecte personne. Une petite météorite tombant en plein pacifique passe inaperçue.
Mais, en présence d'êtres humains, tout change. Des transformations géologiques normales , par leur soudaineté et leur ampleur, peuvent avoir des conséquences prévisibles ou parfois non prévisibles redoutables, à court ou à long terme.
Le tremblement de terre de Lisbonne fut une surprise terrible pour toute l'Europe, celui de Haïti, très meurtrier, il y a plus d'un an, n'étonna pas les vulcanologues, comme pour le Japon récemment.
____Accablés par le malheur, les victimes et les survivants invoquent très souvent le destin, font référence à la fatalité, au cours inexorable d'une nature mystérieuse aux "humeurs" et aux réactions imprévisibles, devant laquelle on ne pourrait que se résigner, bien qu'accablés.
Pline le Jeune, observateur privilégié de la destruction de Pompei, décrit de loin le phénomène naturel mais aussi l'accablement et le désespoir des habitants, s'estimant victimes d'un vengeance divine. Pourtant le poète Lucrèce s'était efforcé de démystifier les phénomènes naturels en évacuant les aspects religieux et mythiques traditionnels . Mais sa leçon ne pouvait pas porter à son époque, et, sous le coup du sort, les hommes sont submergés par l'effroi, neutralisant toute raison.
Cette réaction bien compréhensible aux époques où les hommes ne disposaient d'aucun savoir et de peu de moyens techniques, survit encore aujourd'hui: on l'a vu à Haïti ,où la religion et la mentalité magique (superstitions, vaudou) prennent tant de place. On l'a observé dans la région de Fukushima, dans une population modeste et désemparée, où règne encore une part de l'antique esprit bouddhiste de soumission aux éléments, de sentiment de contingence et de fragilité humaine.
La nature serait parfois considérée comme l'unique source d'événements aussi violents qu'inattendus...On ne peut se garder d'un cyclone, mais on peut alerter les populations, pour éviter le pire. On peut interdire les constructions en zônes réputées inondables,etc...
Si le tremblement de terre a fait tant de dégâts humains à Port-au-Prince, la responsabilité n'en revient-elle pas d'abord à l'incurie d'une politique (coloniale et postcoloniale) ancienne qui a laissé la misère s'installer dans l'île avec son cortège de pénuries et ses défauts d'infrastructures. La construction antisismique, qui a fait merveille à Tokyo, et qui demande des moyens et des décisions politiques, est inconnue à Haïti.
C'est donc un problème économique, donc politique, de niveau de développement aussi bien sûr, mais en aucun cas la nature n'est "fautive", selon la vieille mentalité magique.
_________Parfois la responsabilité humaine n'apparaît pas toujours avec autant d'évidence.
A Fukushima, on le sait maintenant,une multitude d'erreurs de la direction de la centrale a aggravé les effets du Tsunami. La première erreur a été de construire dans un endroit exposé à tant de risques connus. La parade au tsunami possible a été négligée: le mur de protection était dérisoirement insuffisant. L'intérêt à court terme a prévalu, contre toute mesure de prudence et de vision à long terme.
L'action (ou l'inaction) des hommes est parfois à l'origine de catastrophes qui auraient pu ne pas se produire avec un peu plus de prévoyance. Les graves inondations chroniques chinoises doivent beaucoup à une déforestation inconsidérée...
Les catastrophes d'origine humaine sont légion.
_________Si on prend le cas de l'ouragan Katrina, on peut clairement parler de négligence humaine, et même de problème politique:
__"Katrina, 2005 raconte l’ouragan survenu à la fin de l’été 2005 à la Nouvelle Orléans. Mais plus profondément, il raconte ce que ce désastre révèle : les fractures sociales résultant d’années de privatisation des formes de solidarité sociale à la suite des réformes conservatrices de l’État-providence américain. Les eaux portées par l’ouragan et entraînées par la rupture des digues ont mené à la destruction de la Nouvelle Orléans : 80% de la ville a été inondée, 1300 personnes ont péries, 1,5 millions de personnes ont été déplacées, quelques 150 000 personnes abandonnées sur place parce qu’elles n’avaient pas les moyens de quitter la ville par elles-mêmes
____. La catastrophe est sociale, bien plus que naturelle. Comme l’ont montré plusieurs travaux, elle est le produit d’une longue histoire de racisme et d’exclusion sociale, de machines économiques de développement urbain aveugles aux périls de la nature et d’ingénieries techniques qui, en tentant de contrôler les risques d’inondation par des digues, fabriquent la vulnérabilité de la ville par la fragilité de ces dispositifs et leurs conséquences perturbatrices sur l’écologie locale (érosion et affaissement du territoire en-dessous du niveau de la mer) . À la question lancinante de savoir comment un tel désastre a été possible, Romain Huret, en s’arrêtant sur les formes de protection des citoyens aux États-Unis au XXe siècle, apporte dans cet ouvrage un éclairage important : c’est l’abandon des pauvres par l’État, suite aux réformes conservatrices, qui a fait de Katrina ce désastre social..."____________-Du risque à la catastrophe -JP Dupuy

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Dans le marmite turque?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Dans le marmite turque?

Jeu de dupes.
_____ Le récent accord avec la Turquie se distingue par son opportunisme, son flou juridique, voire ses contradictions. L'Allemagne n'a rien réglé et les problèmes sont loin d'être résolus.
Une Turquie prise au piège de ses propres ambitions et de ses propres contradictions. Un pragmatisme à courte vue qui s'exerce loin des vrais intérêts de l'Europe, dite unie.
__ L'Europe se déshonore pour un avenir incertain, par cet accord unilatéral, qui met en évidence les failles de Schengen.
Erdogan a joué une partie qui aujourd'hui le favorise. .
Cela n'est pas de bonne augure pour la suite...
___On sait pourtant que la Turquie joue un rôle trouble dans le conflit syrien.
___ Elle souffle sur les braises en bombardant les Kurdes..
Alors qu'elle se dit en guerre contre Daech, ses cibles sont en fait les Unités de Protection du Peuple (YPG), une émanation du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), l'ennemi juré d'Erdogan...Les attaques contre les Kurdes de Syrie illustrent de manière éclatante à quel point chaque belligérant dans ce conflit n'agit qu'avec de solides arrière-pensées...La Turquie est tentée d'intervenir en Syrie pour créer une zone tampon le long de sa longue commune avec ce pays, et stopper ainsi les liens entre le PKK et ses alliés syriens. Au risque d'entrer en collision avec la Russie qui défend l’"intégrité territoriale" syrienne pour le compte de Bachar al-Assad. Que feraient les Etats-Unis ? Et l'Europe qui compte sur la Turquie pour stopper le flot de réfugiés syriens qui ne cesse de croître ? A l'heure où l'on parle, d'un côté, d'un hypothétique cessez-le-feu, on risque, de l'autre, une escalade majeure qui ne rendra pas la paix plus proche...
___ Une sale guerre...dans la triste histoire de violences d'Etat depuis 1915.

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Dette: l'exemple équatorien

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Dette: l'exemple équatorien

Dette publique: le piège

_____Revoir la dette souveraine, en analyser les composantes, afin de la réduire, voire de la supprimer, pour sortir du sous-développement dans certains cas ou de l'appauvrissement généralisé dans d'autres. Reprendre le pouvoir sur ses finances et ses choix économiques essentiels, sortir de la tutelle, des diktats des grands groupes financiers, plus intéressés par la spéculation que par l 'investissement et
le développement, voilà une démarche essentielle pour un pouvoir soucieux de l'intérêt général.
___L'exemple de l'Equateur, historique, est intéressant et peut indiquer le chemin à suivre pour certains pays d'Europe étranglés par les banques et leurs taux d'intérêts exorbitants. Notamment, les fameux Piggs. Plus un pays est en difficulté, plus il doit payer des taux d'intérêts élevés. C'est l'effet mécanique des règles des agences de notation (qui n'épargnent même plus les USA), dépendantes des banques (sauvées par les Etats), qui stigmatisent systématiquement les plus faibles économiquement, quelles que soient les raisons de cette faiblesse, parfois conjoncturelle. L'argent va à l'argent. L'Allemagne, exemplaire aux yeux des banques, paiera une intérêt faible si elle emprunte, même si sa dette est importante.
_La Grèce, notamment, soutenue encore par l'Europe (jusqu'à quand?), après avoir été poussée à l'endettement par de grandes banques, dont Goldman Sachs, qui faisait silence sur les comptes du pays, en jouant un double jeu, est maintenant sommée de rembourser une dette dont on sait qu'elle ne pourra jamais le faire...La banque a joué un double jeu très profitable avec la Grèce.[« Wall street n’a pas créé le problème de la dette en Europe. Mais les banquiers ont rendu possible un endettement qui va très au-delà des moyens de la Grèce comme d’autres pays, selon des opérations qui étaient parfaitement légales »..."]___Goldman Sachs a aidé la Grèce à tricher
Mais la Grèce est aussi notre problème...
______L'exemple équatorien commence à inspirer certains gouvernements et économistes, qui veulent sortir de cercle vicieux de l'endettement:
"Les partisans d'un «audit» pour dégonfler les dettes en Europe donnent de la voix. Des syndicats, ONG et économistes se réunissent à Athènes pour affûter leurs arguments, à partir de vendredi 6 mai et pour trois jours, un an, presque jour pour jour, après le «sauvetage» de la Grèce par le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne. Puisque la dette publique de la Grèce ou de l'Irlande est trop volumineuse pour pouvoir être remboursée en intégralité, estiment-ils en substance, mieux vaut s'en défaire d'une partie dès à présent. Quitte à ignorer l'avis des marchés financiers. Quitte à ce que Bruxelles se fâche. Quitte à ce que la Grèce ou l'Irlande abandonnent l'euro._
«Le gouvernement socialiste continue de faire comme si la Grèce allait rembourser cette dette pendant les 25 prochaines années. Mais personne n'y croit plus, et c'est désormais aux Grecs d'imposer le défaut de leur dette», avance Costas Lapavitsas, un économiste grec, professeur à la SOAS (School of oriental and african studies), à Londres, qui interviendra durant le sommet. Comment s'y prendre, pour provoquer ce défaut? «Il faut former une commission, qui intègre des représentants de la société civile et des syndicats, afin de décider quelles tranches de dette sont susceptibles d'être remboursées, et quelles autres tranches on peut oublier.»
A court terme, l'avantage d'un tel panel est évident: annuler le pouvoir de nuisance des marchés financiers, et permettre à la population de chacun des pays de reprendre la main sur la gestion de leur dette.... A Dublin, la dynamique grecque n'est pas passée inaperçue, et une commission d'experts indépendants a commencé, depuis mercredi, l'examen de la dette irlandaise. Dans ces deux pays d'Europe dits «périphériques», frappés de plein fouet par la crise de la dette et l'austérité, l'exemple de l'Equateur revient en boucle dans les débats.
Ce pays d'Amérique latine a mis sur pied, en juillet 2007, une commission d'audit. Parmi ses 18 membres figuraient des représentants du ministère des finances, de la Cour de justice, de collectifs pour les droits des indigènes, ou encore d'associations européennes et latino-américaines spécialistes des questions d'endettement. Leur rapport a conclu, 14 mois plus tard, à l'«illégitimité» d'une bonne partie de la dette. Si bien qu'en décembre 2008, le président Rafael Correa suspendait le paiement de près de 40% de sa dette internationale. Au grand dam des banques américaines..." (Ludovic Lamant_Mediapart)
_______________Mais, en spéculant, les banques se font hara-kiri ( rapport ici)
_La dette américaine pourrait poser problème aux Etats-Unis. Rien n'est réglé.
Les Usa connaissent toujours une trajectoire financière insoutenable
Plus que la Grèce ou l'Irlande, c'est la dette de ce pays qui fait problème...
Mais que (qui) fait la police (financière)?...
______________________-Dette publique: questions - Cadeaux fiscaux et dette publique -Finances publiques en péril?

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Une éclaireuse S.Sassen

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une éclaireuse S.Sassen

Un voix dissonante
Lire Saskia Sassen
Qui nous invi
te à repenser la mondialisation, telle qu'elle s'est mise en place, dans le cadrd'un libre-échangisme dérégulé néolibéral.
Une mondialisation loin d'être "heureuse"...
. ..
Plus notre capacité à créer de la richesse s’est accrue, [dit-elle],plus la pauvreté s’est radicalisée. 2 milliards d’individus vivent dans une précarité extrême et ne possèdent rien d’autre que leur propre corps. La classe moyenne s’appauvrit et les plus pauvres sont de plus en plus fragilisés. La Chine a, bien sûr, créé une vaste classe moyenne, mais déjà on voit émerger une séparation nette entre 20 % de cette nouvelle classe qui devient de plus en plus riche et ceux qui restent à un niveau très modeste. Aux Etats-Unis, une critique de ces inégalités croissantes est récente et le livre de l’économiste Thomas Piketty ["le Capital au XXIe siècle", Seuil, ndlr], qui a eu un fort retentissement outre-Atlantique, est tombé à point nommé dans ce débat....
Dans la seconde partie du XXe siècle, l’économie a intégré le plus grand nombre, a créé une classe moyenne solide. Aujourd’hui, la logique de privatisations, de dérégulation et d’ouverture des frontières portée par les grandes entreprises développe une dynamique qui exclut…
On pense à ces familles américaines qui ont perdu leur maison avec la crise financière de 2008 et, plus généralement, aux travailleurs pauvres mis hors de chez eux faute de loyer payé…
En Occident, l’exemple courant est celui des travailleurs à faible revenu et des chômeurs qui perdent protection sociale et allocations chômage. Aux Etats-Unis, 14 millions de ménages ont été chassés de leur maison après la crise de 2008 : les crédits d’accession à la propriété avaient été transformés en produits financiers à haut risque. Ce sont aussi les millions d’agriculteurs expulsés de leurs terres en raison d’un fort mouvement spéculatif : plus de 200 millions d’hectares ont été acquis par des investisseurs ou des gouvernements étrangers depuis
2006.
D’une certaine façon, la Grèce est emblématique de cette dynamique. Dans leur brutalité simple, les plans d’austérité imposés par les institutions internationales expulsent de façon massive et rapide les classes moyennes, modestes ou pas, de leur emploi et des services médicaux ou sociaux, et plus largement de leur foyer. Le programme d’austérité de l’Union européenne a forcé les Etats à vendre sur le marché international et à bas prix une grande proportion de bâtiments nationaux qui avaient de la valeur. C’est une forme de «nettoyage économique». C’est évident quand on voit la vitesse à laquelle les investisseurs internationaux achètent…
Il y a une logique commune mais elle est encore conceptuelle et souterraine. Aujourd’hui sont à l’œuvre ce que j’appelle des «formations prédatrices». Il ne s’agit plus de dire que des personnes très riches s’arrogent fortune et pouvoir, nous avons plutôt affaire à des entités qui comprennent aussi bien des éléments humains que non humains, comme les logiciels de la finance. Ces formations sont des assemblages d’agents économiques puissants, de marchés, de technologies et de gouvernements. Ce ne sont plus simplement des individus et des entreprises les plus riches ou des gouvernements les plus puissant
s.
Ces formations incorporent quelques éléments de chacun de ces mondes. Il ne suffit donc plus d’éliminer les riches pour combattre les inégalités ! Nos économies politiques avancées ont créé un monde où la complexité a trop souvent tendance à générer une brutalité primaire. Par exemple, la complexité croissante des instruments financiers produits par de brillants chercheurs en finances aboutit à des prêts hypothécaires à haut risque dont la complexité engendre quelques années plus tard l’expulsion de millions de personnes de leur logement… La complexité et le progrès techniques servent des causes d’une simplicité brutale. Loin des gouvernements nouvellement endettés ou appauvris par l’évasion fiscale, se trouvent la fortune et les profits démultipliés des grandes entreprises...."
Mais la complexité, comme la cupidité ( Stiglitz) sont-ils des éclairages suffisants pour rendre compte des dérives d'une mondialisation selon l' OMC?
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Travail en prison

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Travail en prison

Une honte française

Zone de non droit?

___C'est bien connu, moins en France qu'à l'étranger, l'état des prisons chez nous est un des pires de l'Union européenne
L'ONU lui-même n'est pas tendre sur ce point.
____L'Observatoire International des Prisons signale régulièrement des carences et des abus.
Les rapports se succèdent avec régularité, sans que les choses avancent vraiment: beaucoup de constats désolés ou scandalisés, mais peu de progrès d'ensemble . Des rapports innombrables, qui dorment sur des étagères ministérielles.
Si on considère qu'en prison un individu, quel qu'il soit, doit avoir la possibilité de se reconstruire et de se préparer à une réinsertion sociale, dans la mesure du possible, alors les prisons françaises, par leur état fréquent de délabrement, de surpopulation, de promiscuité, de violences institutionnelles et interindividuelles jouent un rôle contreproductif. Cela a été maintes fois signalé.
__"La prison a la prétention de resocialiser des personnes en leur imposant la pire des vies sociales que l'on puisse imaginer. La prison a la prétention d'amender, de changer les personnes en leur imposant dans la pratique de devenir pires. La prison a la prétention de réinsérer les personnes en les coupant violemment de tout ce qui pourrait les aider à le faire (vie de famille, emploi stable, vie sociale normale). La prison a la prétention de lutter pour la dignité humaine en cassant toute dignité, toute confiance en soi, toute espérance, la personnalité et la réputation des personnes incarcérées. La prison a la prétention de former en déformant, de stabiliser en déstabilisant, de rendre meilleur en rendant pire, de protéger la société en formant des récidivistes qu'elle fait devenir des fauves. Voilà la réalité que pourrait confirmer toute personne (et sa famille proche) qui l'a subie, et qui ne sera malheureusement jamais écoutée car elle est en bas de la pyramide. Grave ! D'autres intérêts opaques sont probablement en jeu ! " Philippe Auzenet

____Si le travail en prison (manuel ou/et intellectuel) peut et doit jouer un rôle positif pour la réinsertion en vue, en aidant à briser une oisiveté et une solitude parfois mortifères, alors les conditions sont très peu réunies dans notre pays pour ce faire.
____Il est encore question de ce problème aujourd'hui:
"Le ministre de la Justice, Michel Mercier, a souhaité vendredi "creuser l'idée d'une agence nationale du travail en prison", lors de rencontres parlementaires qui ont constaté la difficulté à "faire entrer le travail" dans les lieux de détention.Pour permettre à la prison de "mener sa mission de prévention de la récidive", il faut en effet "développer les activités et particulièrement le travail, qui favorise la réinsertion et permet au détenu de préparer sa sortie", a-t-il déclaré.Or, "la situation n'est pas satisfaisante", a-t-il reconnu, puisqu'environ un tiers seulement des détenus ont une activité rémunérée." (Google)
_______On peut décrire l'emploi en prison ,le plus souvent,comme une zone de non droit du travail ou comme une "délocalisation sur place", dont profitent certains donneurs d'ordre.
Une main d'oeuvre idéale pour certaines entreprises...
____Les conditions d'un travail digne et correctement rémunéré sont rarement réunies. Les prisonniers, conformément à une longue tradition, sont très souvent condamnés à des boulots de misère.
-["... le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, a rencontré des travailleurs qui ne touchent pas un centime. À la centrale de Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime), des détenus bénéficient de «compensations en termes d’ouverture de cellule et liberté de circulation». Contrairement aux idées reçues - «nourris, logés, blanchis» -, il faut de l’argent pour vivre en prison. Et du travail. La crise, même les taulards n’y échappent pas. En prison, le pouvoir d’achat se jauge à la cantine, cette supérette où tout s’achète - du papier toilette au café en passant par les timbres et les barres chocolatées - à prix d’or. «En prison, la nourriture n’a plus la même dimension, explique Gabriel Mouesca, ancien président de l’Observatoire international des prisons (OIP), qui a passé dix-sept ans dans les geôles françaises. Dans cet univers ultraviolent, il est vital de rythmer sa journée par de petits moments doux, sucrés, qui permettent de s’évader. Pour certains c’est le shit, d’autres la télé, et pour tout le monde la Ricorée...»]
_____Si la prison est un lieu de non droit, tout concourt à créer les conditions d'une dépréciation de soi, d'un dégoût et d'une révolte latente, qui dégradent les conditions de vie interne, le fonctionnement de l'institution et compromet les objectifs visés.
"La situation n'est pas satisfaisante" dit le ministre
Cet euphémisme cache mal un état des lieux très dégradé, autant que les maigres moyens alloués au fonctionnement de la justice...
__L’Institut Montaigne tempère et minimise le problème, suivant le dogme libéral déjà ancien suivant lequel le travail en prison, c’est la santé! alors que "certaines entreprises peuvent considèrer le travail pénitentiaire comme une variable d'ajustement à la conjoncture économique. En effet, les ateliers de détenus offrent dans certains cas les caractéristiques d'un sous-traitant idéal. Les salaires sont bas et l'absence de droit du travail garantit une souplesse indéniable. Un volant de main-d'oeuvre inutilisé étant toujours disponible, il permet aux entreprises de réagir très vite à une commande, et la rémunération à la pièce permet d'obtenir des cadences élevées. Inversement, en cas de retournement de conjoncture, les ateliers de détenus sont les premiers sous-traitants sacrifiés.Hormis ceux qui travaillent en dehors des murs des prisons, les détenus ne signent aucun contrat de travail. Ils n'ont donc pas le statut juridique de salarié. Il n'y donc aucune disposition relative à la durée de l'emploi et de la période d'essai, ni au contenu du poste, aux objectifs professionnels, au licenciement. Ils n'ont pas droit à des compensations financières en cas de maladie ou d'accident du travail. Ces "faux salariés" ne bénéficient ni de congés payés et n'ont aucune possibilité d'expression collective. Le travail est encore considéré par le personnel pénitentiaire comme un outil essentiel de gestion de la détention, plutôt qu'une mesure favorisant la réinsertion des personnes incarcérées."

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