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La laïcité expliquée aux Uniens

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La laïcité est un combat, une lutte pour la tolérance, toujours à (re)construire. 
                                                                                      Mais au pays où les Evangélistes et les diverses sectes ont pignon sur rue et sur les institutions, où les références religieuses, que l'histoire explique, tiennent une place fondamentale, expliquer ce qu'est la laïcité, comme nous la concevons et la pratiquons, relève du défi. 
Surtout du côté de la  Bible Belt

Aussi difficile que de faire comprendre à un Inuit les douceurs des Tropiques, ou à Bill Gates les difficultés d'un chômeur...
   Malgré une laïcité formelle, les références religieuses sont constantes, jusqu'à la Maison Blanche, jusque sur le billet vert.
L'absence de rapport à une laïcité fondée sur la tradition d'une Révolution démocratique et des Droits de l'Homme, l'histoire récente de ce pays et le communautarisme institutionnalisé peuvent expliquer que la confusion soit grande sur la notion de tolérance, notion déjà équivoque par elle-même. 
  Comme pour une "philosophe" (?), Martha Nussbaum, qui considère que la laïcité républicaine est un abus de pouvoir et qui demande de tolérer... toute manifestation culturelle ou religieuse. Pourquoi pas les pratiques sectaires?
Elle est en tous cas favorable au port de la burka. 
             "Ce professeur de Chicago, auteur des Emotions démocratiques (2011), comprend la laïcité comme une politique d'intolérance à l'égard des religions. Certes, ce contresens est diffusé à l'envi par les fondamentalistes et intégristes de tout poil. Mais on attendait justement d'une philosophe aussi réputée qu'elle défende un point de vue moins borné. Pour Nussbaum, la « laïcité à la française » est une... « Eglise d'Etat ». Rien que ça ! Dans sa simplicité sublime, l'article 1er de la loi de 1905 stipule pourtant que « la République assure la liberté de conscience ». Une liberté de conscience qui, rappelons-le, est davantage que la liberté religieuse, puisqu'elle est la liberté garantie à tous les citoyens d'avoir vis-à-vis de la religion la position de leur choix, croyance ou incroyance, la première se déclinant selon une multitude de modalités (les différentes religions), la seconde ayant deux options principales : l'agnosticisme et l'athéisme. Nussbaum ne voit pas que le principe (démocratique) de la tolérance religieuse qu'elle défend ne peut éviter d'impliquer comme une norme le fait pour un citoyen d'appartenir à une religion. Si le principe (républicain) de la laïcité lui est supérieur, c'est justement parce que, du fait de sa neutralité, il n'énonce aucune norme en la matière...
  En somme, d'après Nussbaum, l'Etat devrait garantir la liberté d'agir à des groupes religieux qui interdiraient à leurs membres la liberté d'agir... Le meilleur des mondes... "
       La tolérance ne fait pas vraiment partie du rêve américain.
La tolérance bien comprise peut faire le lit de l'inacceptable. Cette notion paradoxale, sans référence à des valeurs républicaines assurées,  peut être souvent source de confusions multiples:
".... Une tolérance absolue ne peut être exigée : la tolérance réelle est toujours finie. La tolérance est une notion seulement négative : tolérer, c’est ne pas exclure. La laïcité, si on ne la confond pas avec elle, est en elle-même une notion positive : elle ouvre un dialogue. La tolérance prépare seulement cette ouverture, et il serait bien regrettable que des communautés qui sont en situation de se tolérer ne mettent pas à profit cette situation pour aller plus loin. Comme il est même probable que dans cette situation elles ne pourront réussir une tolérance pure et exacte, il est inévitable qu’elles soient contraintes d’inventer la laïcité. Celle-ci n’est pas un simple luxe qu’on pourrait s’accorder ou dont au contraire on pourrait choisir de se passer, une fois la tolérance établie, mais la fin dont la tolérance est le premier moyen. Dès que des communautés sont en situation de se tolérer, c’est-à-dire lorsque cette situation appelle à une possibilité d’intégration, la question de la laïcité se pose puisque ces communautés ne peuvent en rester à une simple indifférence réciproque qui n’appellerait même pas la tolérance : on ne réussit à éviter de descendre au-dessous du degré zéro de la sociabilité qu’en se rendant capable de s’élever au-dessus. C’est pourquoi le « communautarisme » n’est pas une solution, mais la négation du problème et un expédient hypocrite, simple instrument de domination...
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Mieux vaut savoir

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
En bateau avec Marine 
                                      A la pêche (aux voix)
                                              Et nous mène en bateau
        Mais où est passé le débat d'idées?
            Quelques questions à se poser:

__ Quels furent les votes du FN au parlement européen?

__ Qu'en est-il de sa politique des délocalisations?

__ Quels sont les enjeux?

__ Comment les choses se passent-elles à Hénin-Beaumont, à Béziers?

__ Et la question des frontières?

__ Quelles conséquences prévisibles pour les institutions?

__  Et la question de la précarité? du social?

__ Une des causes de la montée du FN, que son concurrent risque bien d'aggraver.

__ Que deviendrait l'économie sociale et solidaire?

__ Une écologie de façade et les vrais choix.

__ Les fausses rumeurs

__ Des identités inquiétantes

D'un côté, le choix pourra  être réversible, de l'autre, il pourrait bien ne pas l'être...
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Qui aime bien...espionne bien.

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Bonne nouvelle, selon un journal américain:
                                                              Dans la rubrique: on peut voir ça comme ça, ou histoire d'en rire (jaune)... 
              ... L'espionnage serait un signe de reconnaissance et d'estime pour un pays sur écoute électronique.
  En effet, personne n'aurait d'égard pour un pays sans intérêt, de seconde zône, surtout économiquement.
Donc, réjouissons nous. Pour notre grand frère, nous sommes un pays intéressant, n'en déplaise à nos tristes déclinistes...L'Allemagne, plus encore. De quoi en être jaloux!
   On écoute aux portes, mais c'est pour notre bien!
 Si, si! Ne rions pas. 
        Obama  Les multinationales US sont pour nous pleines desollicitudecraignant une attaque terroriste surtout à l'approche des négociations sur le libre échange Nord-Atlantique, qui peut aboutir à une mise sous tutelle collaboration économique avec le Vieux Continent. Du moins c'est ce qu'on fait croire...
 Ils sont partout! A Bruxelles, à Berlin, à Paris.
Bientôt au Vatican?  
Et Obama savait, le vilain! Il va se faire tirer les oreilles. 
    On dira que l'espionnage n'a pas d'âge, que le système Echelon ne date pas d'aujourd'hui, mais les big data hyper développés en tous genres, industriels, publics ou privés, ont fait sortir l'écoute intrusive de l'âge de pierre à celui du térabit. On n'arrête pas le progrès...même en France, qui a aussi son petit Prism
  Une autre bonne nouvelle (peut-être): les mégatonnes de superdonnées accumulées sur nous, sous prétexte de lutte antiterroriste, vont être de plus en plus complexes et difficiles à traiter et les fuites à la Snowdenseront un risque de plus en plus fréquents, affaiblissant la réputation des Grandes Oreilles gulliverisées . Elles pourraient  se faire prendre plus souvent le doigt dans le pot de confiture, être piégées comme la mouche dans le web...Ça a commencé.
    Bon, cette amicale surveillance n'est pas un scoop:
« Pour les gens connaissant ce genre de problématique, le fait que les États-Unis espionnent internet n’a pas vraiment été un scoop mais plus une confirmation », explique Kavé Salamatian. « Ce qui a réellement surpris, ça a été la crudité de cette surveillance, le fait qu’elle s’est exercée sans garde-fou, sans un minimum de protection légale, et surtout avec une totale hypocrisie de la part des entreprises du Net. » 
« Ces révélations ont provoqué tout d’abord la stupéfaction, puis le réveil, de la base au sein des gouvernements mais également du côté "technique" », poursuit le professeur. « Il faut bien comprendre qu’internet est géré par des techniciens qui, jusqu’à présent, estimaient que toutes ces questions n’étaient pas de leurs compétences. Mais aujourd’hui, on ne peut plus rester neutre face à ce qu’a révélé Edward Snowden. »...
Témoignage de cette prise de conscience, le 7 octobre lors d’une réunion à Montevideo en Uruguay, les principaux organismes de régulation du net, parmi lesquels le W3C, l’Icann et l’IETF, ont publié un communiqué condamnant les exactions de la NSA et appelant à un rééquilibrage des pouvoirs au sein des instances...
Cette déclaration fait notamment part de « sa grande préoccupation concernant la perte de confiance » des internautes et appelle à une réforme du modèle multi-stakeholder afin que celui-ci inclue « tous les gouvernements, participant sur un pied d’égalité ».
« Il est clair que les révélations sur Prism ont été un choc », confirme Frédéric Donck, directeur du bureau Europe de l’Internet Society, un des organismes signataires. « C’est pour cela que la déclaration de Montevideo a été forte. Elle a été forte non seulement dans les termes dans lesquels elle a été exprimée, mais également par le nombre de participants qui l’ont soutenue : toutes les organisations qui sont actives dans la coordination et la gestion d’internet. »...
   Ces organismes sont désormais soumis à une pression extrême. Certains États semblent prêts à claquer la porte de la gouvernance mondiale et à imposer une nationalisation de leur réseau. Cette fronde est principalement menée par le Brésil dont la présidente, Dilma Rousseff, personnellement écoutée par la NSA, a fait de ce dossier une affaire personnelle. Ces derniers mois, Brasilia a annoncé toute une série de mesures visant à briser la dépendance du pays vis-à-vis des États-Unis, par exemple en imposant aux entreprises américaines de stocker sur des serveurs situés au Brésil les données qu’elles collectent sur ses citoyens...
  L’adoption d’un tel statut d’extraterritorialité d’internet, qui en ferait un bien commun de l’humanité préservé des intérêts égoïstes des États, nécessiterait un consensus international qui semble aujourd’hui hors d’atteinte. « Le Brésil est le seul porte-parole de ce discours », regrette le professeur Salamatian. « Ça ne veut pas dire que les autres ne sont pas d’accord. Mais tout le monde est très content que ce soit un autre qui prenne le flambeau et pas eux. » 
« En particulier, il est sidérant de voir que la France n’a pris aucune position », conclut-il ... « Il n’y a que la Cnil qui a réagi avec une petite mise en demeure. Mais je n’ai pas vu le ministère de l’intérieur s’insurger sur cette question. Or, cette discussion est extrêmement importante. Je suis également étonné que les partis politiques, à l’approche des élections européennes, n’aient pas pris à bras-le-corps ce problème. Il faut l’imposer sur la place publique pour qu’il devienne un élément central de la campagne électorale. »
Les informations publiées lundi 21 octobre par Le Monde sur l'ampleur des écoutes réalisées par la NSA sur le territoire français pourraient changer les choses. Jusqu'à présent plutôt discret sur la question, Manuel Valls a déjà qualifié ces informations de « choquantes » et estimé qu'elles allaient « appeler des explications ». Laurent Fabius, de son côté, a annoncé la convocation de l'ambassadeur des États-Unis à Paris..."
          Hollande a oublié ce que disait Mitterand à la fin de sa vie, malgré son atlantisme de principe"La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort... apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde... C'est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort !"
         Alors, comment en finir avec cette pathologie inquisitoriale, comment débrancher Big Brother?
Revoyons cette émission intéressante. Relisons La Boétie et  soutenons la La Quadrature du Net!_____________
-Discrétion française... 
-On peut aussi en rire..

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Points de vue

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
__ Les  travailleurs pauvres, un phénomène croissant, en France, en Allemagne ou ailleurs.
                                      Le contrat 0 heure: un sommet...

__ L'Europe, on la change ou elle meurt...
                     Une camisole, dans l'état actuel. Sauver l’Europe ou changer d'Europe?

__ Whirlpool, ce serait une anecdote, selon le bon Mr Attali, ce gourou bien de chez nous.

__ Turquie: sous le "oui" à la dictature, la résistance et la fracture.            
                                     Le pays est mal parti...

__ La Russie, ce pays où la gestation pour autrui est légitime
                                                                  Les lacunes du système.

__ La justice tape dur sur les prêts toxiques en francs suisses.
            Taxer, scinder, nationaliser : les banques dans le viseur de nombreux candidats.
                   Créances douteuses : ce trou noir dans le bilan des banques européennes.
 
__ Le revenu de base, levier d'émancipation collective ou nouvelle arnaque néolibérale ?
          Une idée prématurée ou irréaliste...

__ A Berlin, le gardien du temple, un oeil sur les élections françaises.
                     Mais elle respire beaucoup mieux: "...La plupart des observateurs allemands ont compris que la non-qualification du PS et de LR était sans précédent et allait chambouler le « vieux systèmes des partis » (Die Welt). Mais ils ne commencent que lentement à comprendre le casse-tête que pourrait représenter, pour un candidat sans parti politique établi, la formation d’une majorité parlementaire et d’un gouvernement capable de réformes. « La France a-t’elle voté pour un réformateur ? » s’interroge tout de même le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Conscient des faiblesses du « pari Macron », le dirigeant écologiste Jürgen Trittin appelle de son côté la chancelière à entendre le message qui vient de France : « Si le gouvernement fédéral veut soutenir un européen comme Macron, il doit immédiatement cesser de mener une politique d’austérité anti-européenne », estime-t-il."
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Elles osent tout

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 No drive, disent-ils....
                                   Le Prince عبد الله بن عبد العزيز آل سعود , gardien des deux saintes mosquées, n'est pas content.
    Mais pas content du tout.
                                  Les femmes n'en font qu'à leur tête
     Jamais satisfaites!
Vous leur accordez la main, elle réclament le bras!
  Elles avaient pourtant le droit de faire du vélo. 
( "A condition, bien sûr, d'être vêtues avec pudeur, d'avoir un membre de sa famille de sexe masculin à proximité, de ne pas utiliser le vélo pour aller faire les courses et de ne pas pédaler là où il peut y avoir "une forte affluence de passants hommes").  
Cela va de soi.

         Mais voilà maintenant qu'elles exigent le volant!
 Pourquoi pas bientôt les commandes d'un avion de chasse! 
   On aura tout vu!
Cela mérite bien dix coups de fouets. 
   Elles ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs coups de tête...
(" La plupart des femmes qui conduisent régulièrement des voitures donnent naissance à des enfants qui présentent des problèmes de santé d’ordre varié")
C'est ce que disent des doctes docteurs de là-bas.
Tout le monde sait ça... 

Il ne manquerait plus qu'elles réclament le droit de travailler hors domicile conjugal, pire, le droit de vote!
Et pourquoi pas l'émancipation?!
     Heureusement, dans leur infiniesagesse, les Saoud veillent ... 
         Il faudrait revenir à la mesure et au bons sens, contre la menace subversive de la prétendue libération des femmes:
S'inspirer de St Paul, du Coran ou des Rabbins orthodoxes contre leféminisme à la Olympe de Gouges.   
     La femme n'est quand même pas un homme comme les autres... 
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Dilemme

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Ni, ni...mais...
                      Refuser de choisir entre ce qu'on juge être deux maux, cela peut se justifier

     La vie n'est pas toujours simple et oblige parfois à rester en retrait d'un engagement estimé périlleux.
Mais de deux maux, il faut parfois choisir le moindre, à ses risques et péril, dans l'incertitude de l'avenir, mais à la lumière de certaines valeurs jugées essentielles.
     IL faut parfois faire taire unetempête sous un crâne et prendre des risques, même à contre coeur.
  Surtout en matière politique, où une élection, qui peut être décisive, oblige à ne pas se replier sur un retrait attentiste pour ne pas faire un douloureux choix. La peste ou le choléra?
   Dans l'affrontement sur-médiatisé en cours entre Macron  des villes et Le Pen des champs,  répartition qui n'est pas le fruit du hasard, beaucoup sont tentés, et on peut les comprendre, à choisir de ne pas choisir.
     Mais si l'issue semble ne pas faire de doute, nous dit-on dans les sphères sondagières, les dangers ne sont pas nuls, si une partie importante de l'électorat favorise, sans le vouloir, par son attentisme parfois attristé  découragé ou écoeuré, ce qu'elle estime le pire, qui s'avance masqué.
        Avec l'un, on entrevoit ce qui adviendrait, avec l'autre, on risque gros collectivement, dans les décombres actuels du paysage politique, dans le brouillard parfois entretenu.
 Mais on peut franchir le pas à la manière de Raphaël Glucksmann, qui dit: Macron n’était pas mon candidat. Le syncrétisme idéologique, l’individualisme libéral, l’impasse écologique qui me troublaient hier n’ont pas subitement disparu aujourd’hui. Et pourtant je voterai pour lui le 7 mai sans la moindre hésitation.
    Il est des moments où – pour paraphraser Camus – l’enjeu n’est pas de refaire le monde, mais d’empêcher qu’il ne se défasse. Pas de préparer la révolution, mais de prévenir la contre-révolution. Pas de réinventer la République, mais de préserver le cadre dans lequel nous inscrivons nos désaccords, nos débats, nos combats. Ne pas saisir cela, c’est ignorer le tragique de l’époque. Ou opter en conscience pour la stratégie du chaos."
   Avec moins d'emphase et de dramatisation, on peut dire les choses autrement: Voter Macron: impossible! Voter Le Pen: impensable ...et pourtant voter pour le moins pire est un engagement négatif, mais un engagement quand même, éclairé par une vision collective et à long terme. De toutes façons, l'abstention est équivoque et le vote blanc, qui pourrait avoir une justification, n'a encore aucun statut politique.
      Comme dit l'autre, Macron me hérisse, mais on ne joue pas aux dés quand il s'agit de l'avenir de la République: "On ne joue pas aux dés quand il s'agit de l'avenir même de la République, on met de côté sa fierté, son aigreur et ses états d'âme, on oublie ses rancœurs aussi légitimes fussent-elles –et elles ont lieu d'être –on remballe ses colères aussi vraies et justifiées soient-elles– et elles le sont –on ravale ses regrets et on s'en va voter comme un seul homme.
   À cet instant de la vie de la nation, seule importe cette rage d'écarter celle dont on sait d'avance qu'elle précipitera le pays dans des abîmes sans fin. Celle dont l'obsession identitaire nous écœure. Celle qui porte en elle le venin du nationalisme, ce poison qui rend les gens fous et les amène à se conduire comme des monstres.
    Les futures générations nous regardent, nous leur devons d’agir non point selon nos humeurs ou nos emportements ou encore nos convictions mais selon la seule morale, cet aiguillon de la pensée qui permet à l'homme d'avancer sur le chemin de la vie sans trébucher de trop, dans le parfait respect de son humanité, loin, très loin des calculs politiciens qui tôt ou tard se retourneront contre lui.
  Si Macron n'est le candidat idéal, il n'est pas non plus le pire."
      De toutes manières, que pourra faire Macronavec l'équipe hétéroclite et opportuniste qui l'entoure et qui reconstituera vite des pôles d'opposition, surtout après les législatives, qui viendront redistribuer  les cartes sur le nouvel échiquier politique?
     La vie politique est trop imparfaite pour toujours voir s'imposer l'idéal.
               Ne pas choisir est encore choisir.
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            To vote or not to vote?

 
Voter ou ne pas voter Macron, quand on est de gauche © Mediapart     La question divise parmi les abonnés, comme au sein de la rédaction de Mediapart. Voter Macron ou ne pas voter Macron au second tour de l'élection présidentielle, quand on est de gauche ? Le refus catégorique des uns d'entrevoir l'accession du post-fascisme à la présidence se fracasse contre celui d'une injonction à « faire barrage », que d'autres ne supportent plus.
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Finance pas claire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Arte hier soir a eu la bonne idée de rediffuser un document sur la Noire finance.
                                           Un utile rappel pour nos mémoires défaillantes,, car si le choc des subprimes est pour l'instant derrière nous, la crise n'est pas terminée et les pratiques bancaires, malgré quelquesréformettes, à valeur surtout programmatique, symbolique ou purement cosmétique, n'ont pas changé leurs tropismes spéculatifs, qui reprennent de plus belle, faisant craindre de nouvelles bulles,comme le redoute le patron de la Fed lui-même, sans en tirer les conclusions qui s'imposent sur les dérives du système, dont on ignore encore tous les pouvoirs de nuisance.
 Comme le rappelle l'ancien banquier JM.Naulot.
      La régulation bancaire reste encore un horizon lointain, exigeant un sursaut politique de grande ampleur.

   La finance opaquereflet d'une économie-casino,  qui sacrifie l'économie réelle, a encore de beaux jours devant elle, tant que dureront les hedge found, le shadow banking et les paradis fiscaux.
Les apprentis sorciers continuent.. comme ici
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Entre deux tours

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Le peuple contre le peuple
                                           En cette période (pré)électorale surtout, la notion de peuple est invoquée par chacun un si grand nombre de fois, que bien des questions se posent sur la valeur de ce thème récurrent, qui finit parfois par devenir vide de sens, quand il n'est pas purement rhétorique ou démagogique,
    Parler au nom du peuple, n'est-ce pas parfois masquer ses propres intérêts partisans? C'est assez clair notamment pour quelqu'un comme Erdogan aujourd'hui, prétendant rassembler le peuple derrière sa bannière personnelle, agir dans l'intérêt collectif, alors qu'il ne s'agit que de promouvoir son propre arbitraire.
   Le peuple peut se tromper et être trompé.
      De même qu'un sujet peut aller contre son propre intérêt, parfois jusqu'à l'aveuglement et le renoncement, voire l'autodestruction.
    Un peuple ou une de ses parties peut se fourvoyer de bien des manières. Depuis Platon, les mises en garde ne manquent pas contre les confusions, voire les perversions dont le mot peut être porteur.
   Comme disait un témoin de la Révolution Française à propos de libertés dévoyées sous la Terreur, que de crimes on peut commettre en ton nom (Mme Rolland)
    La notion de peuple, si elle est incontournable, n'a donc pas à être sacralisée, fétichisée.
       Un peuple ou une partie de lui-même peut être bercé d'illusions, mal informé ou manipulé par des medias peu scrupuleux ou une propagande efficace et perverse.
 Le peuple peut être pris au jeu de ses propres passions, parfois destructrices ou autodestructrices.
         Le peuple n'est pas la masse et a une sens politique, dès l'instant où il a un destin commun, qu'il est structuré par des lois communes. Le peuple ne peut se diriger en tant que tel, mais toujours par délégation, par représentation. Sauf, de manière limitée, quand le tirage au sort peut avoir lieu, comme dans la démocratie athénienne.
   Un peuple ne peut se concevoir que traversé par des contradictions, des tensions, et l'art de la politique  consistera toujours à faire des compromis et à renouveler les institutions, jamais parfaites, dans un libre débat organisé.
   On peut donc mal parler du peuple dans sa diversité, malgré le lien commun, mais on peut aussi s'y référer quand on s'efforce d'évoquer l'intérêt commun, présent et à long terme.
   On ne peut ignorer le peuple, sauf à vouloir établir la domination d'une élite technocratique ou le pouvoir relativement absolu.
   Loin d’être un régime dans lequel le peuple en personne gouverne, la démocratie n’est qu’un certain aménagement de l’asymétrie entre gouvernants et gouvernés, asymétrie propre à tout pouvoir. La démocratie n’est donc pas un régime qui aurait le don exceptionnel d’échapper au pouvoir et à la domination. La démocratie conçue comme autogouvernement n’a jamais existé. Elle ne doit pas être non plus un idéal politique, celui d’une société enfin transparente à elle-même et vidée de tout rapport de pouvoir, vers lequel il faudrait tendre. Notre expérience concrète de la démocratie, loin de confirmer la définition de la démocratie comme autogouvernement, l’invalide : nous, le peuple, nous ne gouvernons pas, nous consentons à déléguer notre pouvoir à des représentants....
    Et nous avons les représentants que nous méritons, dans une large mesure.
          Le populisme, notion souvent décriée, n'a pas que des acceptions douteuses. Si le souci du peuple, surtout des plus humbles, est revendiquée au nom d'un idéal d'égalité, on voit mal quel contenu dévoyé il pourrait induire.
     A l'heure où les institutions devraient être repensées, de même que l'élitisme au pouvoir, ou le fonctionnement de l'actuelle Europe, qui suscite bien des critiques (pour l'instant, il n'y a pas de peuple européen) , la notion de peuple, informé et actif, est à réinventer. A reconstruire. Non pas dans une unanimité impossible, mais dans une coexistence vivante toujours moins imparfaite.
     Le peuple n'a jamais finit de se construire comme peuple.
             C'est un contrat toujours perfectible.
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Richesse et valeur

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Extension du domaine de la valeur
                                                        Alors que la richesse est toujours en hausse pour une minorité, que la tyrannie des marchés, financiers surtout, approfondit son emprise, que  l'ère de la marchandisation généralisée fait son chemin, on est en droit de se demander quelle est la vraie richesse, du point de vue d'une économie considérée au sens large (au sens étymologique, aristotélicien du terme), qui ne serait plus réduite au seul quantitatif et au fétichisme du PIB).
  Il importe de démystifier cette notion purement comptable.
Comme disait Bob Kennedy, en mars 1968, " le PIB ne tient pas compte de la santé denos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nosdébats politiques ou l'intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue”.
   En économie, il y a le mesurable, le quantifiable et l'inestimable.
La notion de valeur a deux aspects: l'aspect quantitatif, qui s'exprime dans la notion de prix, quels que soient les modes de sa formation, et l'aspect qualitatif; que reflète la valeur d'usage individuel ou social des biens produits: leur utilité pour la vie; ce que l'on consomme pour exister en fonction de besoins variables historiquement et culturellement. 
A la base tout, il y a la valeur de l'individu, qui ne se ramène pas à sa fonction de producteur/consommateur. Un être qui n'a pas de prix, par sa dignité intrinsèque, comme le relevait fortement Kant. La personne ne peut être un moyen, parce qu'elle est toujours une fin, possédant une valeur inconditionnelle, qui fonde le respect qu'elle mérite, en tant que semblable et différente de moi, conscience à la source des valeurs morales. La valeur des choses naturelles ou produites n'ont qu’une valeur relative, celle de moyens... au contraire, les êtres raisonnables sont appelés des personnes, parce que leur nature les désigne déjà comme des fins en soi, c’est-à-dire comme quelque chose qui ne peut pas être employé simplement comme moyen.
Aucune démonstration ne peut fonder cette donnée, qui s'affirme comme le  postulat pratique de base sans lequel aucune valeur morale n'est possible et aucune économie ne peut trouver tout son sens, sa finalité ultime: l'économie au service des hommes en tant que personnes, dont l'existence doit être assurée, mais qui ne se ramène pas à l'aspect économique.
       JM Harribey, qui ne ne va pas jusqu'à ces considérations philosophiques, quoiqu' elles sous-tendent ses analyses, se propose (et il n'est pas le premier) de remettre en question la notion de valeur telle qu'elle est envisagée dans l'économie classique depuis A.Smith, à l'aune de la production et des échanges, en revenant à certaines intuition de Marx  sur la dimension sociale, qualitative de la création de valeur.
            Dans son essai,  Jean-Marie Harribey, déconstruisant la notion de valeur dans l’histoire économique, ouvre des perspectives novatrices dans la manière d’appréhender le rôle de l’économie dans nos sociétés, propose une distinction très stimulante entre la richesse et la valeur (sous ses différentes formes) et affirme : « Au delà de l’économique, il n’y a pas rien, il y a beaucoup, mais dans un espace incommensurable au premier, parce qu’il concerne l’ordre des valeurs, et non pas de la valeur, ou bien l’ordre des richesses, qui déborde celui de la richesse économique ou valeur, à fortiori celui de la valeur marchande : il est celui de l’inestimable. »
  Il se donne comme projet théorique de refonder la pensée économique, comme le fait André Orléan et d'autres, qui sortent d'une économétrie à courte vue et quelque peu quantophrénique, guéris des dogmesqui se sont vus contredire par la violence de la crise en cours. A la lumière d'un certain bon sens souvent perdu, ils s'efforcent de repenser un capitalisme purement productiviste qui souvent sapent ses propres principes, surtout quand il s'égare dans les marais purement financiers, quand l'investissement intelligent à long terme est perdu de vue au profit du seul rendement financier à court terme et de la seule rente, incapable de prendre en charge les problèmes nouveaux qui se posent à l'humanité en corrompant les grandes décisions politiques, annexées par la logique d'un système où le seule profit tend à devenir l'alpha et l'oméga de toute vie. Même dans le domaine de la santé, de la gestion de l'eau ou du droit à polluer...
Laissons parler JMH.:  
"..Ce qui est mesurable monétairement ne couvre pas ce qui est inestimable sur notre planète et dans la vie des sociétés, il existe des registres incommensurables entre eux. La prétention de l’économie dominante est de penser pouvoir les agréger. L’ambition de ce livre est de refonder une critique théorique pour contribuer à réduire l’emprise de la création de valeur destinée au capital, à promouvoir celle qui est sans but lucratif pour répondre à des besoins sociaux, et à respecter les équilibres naturels qui sont sources de richesses indispensables à la vie. Là où le domaine du marchand se termine commencent celui du non-marchand et celui de la gratuité..."

Un souci écologique, au sens large, qui rejoint les analyses plus anciennes de René Passet et de P. Viveret.

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Trump et la dérégulation financière

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
En route vers le précipice?
                                           Silence! on dérégule.
            Non, pour Donald, la crise de 2008 n'a pas existé.
   Le comportement des banques et leur spéculation effrénée n'ont été pour rien dans les ravages qu'elle a suscités, aux effets encore bien visibles.
  Quelques mesures avaient été avancées, par peur plus que par raison, pour contraindre quelque peu la boulimie destructrice de Wall Street et de leurs épigones, favorisée par la dérégulation financière initiée pasClinton. Le contraire des mesures préconisées par Roosevelt dans une situation analogue.
   Et voilà que le Président-gribouille, sous le prétexte de remettre en marche une économie souvent anémique, au vu de l'absurdité de son projet initial de fermer les frontières, se propose de briser quelques digues, de détricoter les mesures Volker, d'ouvrir grandes les vannes pour une prochaine catastrophe financière. Dur d'être au charbon!
   Dans les milieux de la haute finance, on aime le risque et on oublie vite... On adore les rendements à court terme et l'économie-casino. Confiance! La main providentielle du marché se chargera de créer un ordre spontané.
    Avec un banquier de Goldman Sachs à son conseil économique, rien ne peut arriver de grave...commeavec A. Greenspan, le faux naïf.
   Et pourtant Trump avait dit:
    "Je connais Wall Street. Je connais les gens de Wall Street. Nous allons avoir les meilleurs négociateurs au monde, mais en même temps je ne vais pas laisser Wall Street s'en tirer en toute impunité. Wall Street nous a causé d'énormes problèmes. On va taxer Wall Street".
   Et le milliardaire de l'immobilier d'assurer qu'il ne se souciait "pas des gars de Wall Street. Je n'accepte pas leur argent".
   Pourtant, quelques mois plus tard, opérant à virage à 180 degrés, Donald Trump s'est rapproché de plusieurs grandes figures de la finance, de l'actionnaire activiste Carl Icahn au gérant de hedge fund John Paulson, qui a fait fortune grâce à l'effondrement du marché des prêts hypothécaires, en vendant à découvert des subprimes. Il a mis en sourdine ses diatribes anti-finance et aurait récolté plus de 5 millions de dollars de l'ensemble du secteur de la finance pour sa campagne, selon l'organisme non partisan Center for responsive politics, qui suit les donations sur son site Op enSecrets.org."
     La régulation, voilà l'ennemi des affaires
          Nous voilà reparti, il faut s'y attendre ,pour un nouveau cycle infernal d'endettements périlleux, sans garantie pour la reprise des affaires Le danger n'est pas fantasmé.
   Même le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, a exprimé ses vives inquiétudes, lors d'un entretien sur la chaîne CNBC:
"Il semble que nous ayons oublié qu'il y a eu une crise financière, qui a été causée par le comportement des banques [...] et qui a provoqué des dégâts considérables à cette économie. Des millions de personnes ont perdu leurs emplois, leurs maisons. C'était énorme. "La solidité du système financier est absolument essentielle pour maintenir la capacité de l'économie à croître à un rythme raisonnable et prendre des initiatives qui ôterait les modifications qui ont été faites pour renforcer la structure du système financier est très dangereux."
     Elémentaire, mon cher Donald! Un peu de culture ne nuirait pas...
             Mais voilà, le choix de Donald Trump est celui d'une fuite en avant : tout miser sur la finance et les baisses d'impôts pour faire revenir la croissance d'avant-crise. Et pour dissimuler un protectionnisme très modéré, le nouveau président devrait tenter de séduire son électorat avec une politique agressive envers les immigrés illégaux. C'est pourquoi, dans sa première grande interview à CBS, il a évoqué l'expulsion rapide de « deux ou trois millions » d'immigrés illégaux « criminels ». La manœuvre fonctionnera-t-elle ? Difficile à dire, mais le monde de 2016 n'est pas celui de 2006. La croissance mondiale est faible, le secteur financier reste fragile et les attentes des électeurs sont fortes. Ne pas traiter la question centrale des inégalités et du sous-investissement chronique en misant tout sur la finance risque de conduire encore à une crise majeure.
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