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Bâtissons, bâtissons...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Il en restera toujours quelque chose...
                              On va négocier, ont-ils dit, sous la bénédiction de l'Oncle Sam. 
Mais l'irréversibilité s'est installée, dès la cinquième année après la Guerre des six jours: par grignotages successifs, investir la Cisjordanie, rebaptisée Judée-Samarie pour les besoins de la cause.
 C'est le but recherché, avec ses vicissitudes, ses allers et retours, une ligne cohérente mais masquée, déniée.
        Il y a quelques mois, la position de Netanyaou et de son ministre de la défense ne faisait plus dans l'ambiguïté.
On voit mal en quoi elle s'adoucirait aujourd'hui, alors que les religieux radicaux surenchérissent tous les jours, auxquels la Torah sert de manuel de droit et de cadastre  et dont on continue à favoriser l'implantation si généreusement pour créer une situation de non-retour.
 Comme d'habitude, pendant les négociations, les implantations, la colonisation continuent..., comme le reconnait Haaretz. Cela s'est toujours déroulé ainsi. Gagner du temps, tel a toujours été le but, dans ces échanges non symétriques. (*)
   Se voulant d'un optimiste naïf ou d'une duplicité toute diplomatique, Kerry, qui n'est pas Churchill, vient de déclarer: 
«Pour que les choses soient claires, les Etats-Unis considèrent illégitimes ces implantations. En même temps, le Premier ministre Netanyahu avait été bien franc devant moi et le président Abbas en nous prévenant qu’il annoncerait de nouvelles implantations de logements dans des endroits qui n’affecteraient pas le plan de paix, qui n’auraient pas d’impact sur la possibilité de parvenir à un accord de paix...Nous comprenons tous qu’il y a urgence à entrer dans la discussion sur les frontières et la sécurité», a-t-il souligné. «Si vous réglez la question des frontrières avec Israël - et vous ne pouvez le faire qu’en résolvant les problèmes de sécurité pour Israël-, vous règlerez également toutes les questions sur la colonisation parce que vous saurez alors ce qui est à l’intérieur d’Israël et ce qui ne l’est pas»
Quand on sait que Netanyahou est le spécialiste du double langage diplomatique, dictant parfois ses exigences à la Maison-Blanche et que c'est Tel-Aviv seule qui définit  et impose ce qui lui apparaît être  sa sécurité  et ses  frontières, surtout depuis  1967...
               Alors, sur quoi vont déboucher ces négociations? Un peu plus d'intransigeance d'un côté et de renoncement et de fatalisme de l'autre, avec ses conséquences...
S'agirait-il, selon C.Enderlin, d'un nouveau subterfuge pour  cacher la réalité?   On a là un angle mort diplomatique. Ce qui se prépare n'est pas ce qui se dit.

         Non, il n'y aura pas d'Etat palestinien
Sauf virage improbable, l'avenir logiquement prévisible ne peut plus être qu'un Etat unique, binational, mais dans ce cas le projet sioniste acceptera-t-il de se perdre dans les sables, avec des chances d'aboutir à un Etat d'apartheid, dèjà redouté par A.Joxe. 
 L'identité du projet sioniste est en question. Mais les fondamentalistes,qui ont le vent en poupe,  menacent l'avenir du pays.
________________Si le concert des peuples que symbolise l'orchestreisraëlo-palerstinien de Ramallah pouvait être prémonitoire!...
Mais que peut la musique contre les intérêts cyniques et le bruit des armes?
______________________________
 
...."Après trois ans de blocage et plus de six décennies d'un conflit historique, les négociateurs israélien,Tzipi Livni, et palestinien, Saëb Erakat, avaient réamorcé les 29 et 30 juillet à Washington un dialogue direct, sous les auspices de M. Kerry, qui s'était rendu dans la région à six reprises depuis le mois de mars. Les deux camps avaient accepté de chercher à sceller un accord de paix final d'ici à neuf mois et avaient prévu de se revoir  à la mi-août en Israël  ou dans les Territoires palestiniens.
Dans le même temps, en Israël, les autorités ont fait un pas vers la construction de nouveaux logements dans des colonies en Cisjordanie occupée, a indiqué jeudi un responsable palestinien. L'autorisation initiale pour la construction de plus de mille logements avait été donnée par le ministre de la défense,Moshe Yaalon, il y a plusieurs mois.
                     La porte-parole de la diplomatie américaine a assuré que les Etats-Unis avaient fait part de leur "préoccupation" auprès de leur allié israélien et elle a rappelé la position de principe de Washington sur la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est : "Nous n'acceptons pas la légitimité de la poursuite de l'activité de colonisation. Le secrétaire d'Etat a dit clairement qu'il pensait que les deux parties étaient assises à la table en étant de bonne foi et engagées à collaborer  pour avancer".
S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, des diplomates américains avaient laissé entendre à la fin de juillet, lors de la relance du processus de discussion, que la colonisation allait se poursuivre. Mme Psaki a enfin annoncé que John Kerry et Susan Rice, chef du Conseil de sécurité nationale (le cabinet de politique  étrangère de la Maison Blanche), devaient rece voir  jeudi soir et vendredi à la Maison Blanche les dirigeants des communautés juive et arabe américaines pour discuter  du processus de paix..." (Le Monde)
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Point d'histoire (2)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Traité de Rome (suite)
                       Des fonds baptismaux à la crise d'aujourd'hui
                                      Une Europe à reconstruire.
                             Sous l'impulsion de la Fondation Ford, Jean Monnet fut le véritable père prêcheur d'une nouvelle Europe intégrée sous l'égide de l'influence US, à la suite du Plan Marschall et des premiers accors économiques charbon-acier.
     Mais le (presque) inconnu fut celui qui fut l'architecte des premières moutures de la nouvelle entité en gestation fut Pierre Uri, jouant un rôle obscur et décisif et finit par convaincre Monnet, qui avoua;
      "Mon ralliement à l'idée de Marché commun doit beaucoup aux explications que me donna Uri" Cette conversion a permis d'ouvrir un nouvel axe de travail à ses partenaires européens et dès le mois de mai 1955, le Belge Spaak lui fait parvenir quatre pages de propositions regroupées sous le nom de Mémorandum des pays du Benelux aux six pays de la CECA sur lesquelles figurent pour la première fois la notion de "Communauté économique".
   Spaak, de Gasperi, Schuman, Adenauer...l'influence humaniste chrétienne joua un rôle fondamental dans le projet initial
    L'Europe se fit, à plusieurs vitesses, par étapes durement négociées pour aboutir aux Traités de Masstricht-Lisbonne, qui consacrèrent  l'ancrage néolibéral du projet, ouvert aux principes de l'OMC.
     Le peuple européen passa à la trappe.
   Comme le dit le prudent Jacques Védrine : On ne peut pas ne jamais tenir compte des peuples. 
    Il répondait à la révélatrice formule technocratique de Juncker   Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.
     Pour réparer le tissu déchiré, le projet compromis et les dérives successives de ce qui est devenu essentiellement un marché libéral sans projet politique, l'économiste J. Généreux propose quelques pistes qu'on peut juger, sinon complètes, du moins éclairantes pour sortir de l'ornière, sans renoncer à l'idée d'Europe, à rebaptiser, sans jeter le bébé avec le bain: 
                                                                                  ______ Mélenchon au pouvoir, ce sera lui qui renégociera tout au niveau européen ?   Ce sera d’abord celui qui s’affranchit de plusieurs règles stupides imposées par les traités européens. Mais, disons-le d’emblée, nous ne sommes pas des antieuropéens. Nous sommes aux antipodes du FN. Nous prenons toute la mesure des dangers qui pèsent sur l’Union européenne. Nous voulons engager l’effort nécessaire pour la sauver. Et nous refusons le discours nationaliste et simpliste du FN, qui martèle «l’euro et l’UE sont nuisibles alors sortons-en». Oui, nous exigerons une révision effective des traités, mais pas sous la forme d’un ultimatum.____Ce ne sera donc pas du «tout ou rien» ?  Evidemment non, puisqu’il ne s’agit pas de provoquer l’explosion de l’Union, mais de restaurer une logique de coopération entre les peuples européens. Mais pour sauver le meilleur de la construction européenne, il faut abolir le pire, à savoir la guerre économique par le dumping fiscal et social et l’obsession imbécile de l’équilibre budgétaire qui interdit des politiques économiques efficaces. Là-dessus, nous serons intransigeants, car si on ne remet pas cela en cause, l’Union est condamnée. Il faut bien comprendre à quel point la zone euro a viré à la folie. Les gouvernements prétendument proeuropéens n’ont pas sauvé la zone euro avec leurs fameux plans de sauvetage. Ils l’ont massacrée économiquement et humainement. Faut-il rappeler comment les Grecs ont été traités ___Mais comment redonner de l’espoir à ceux tentés de tourner le dos à l’idée d’une Europe unie ? Il nous faudra expliquer encore et encore à quel point la gestion cyniquement égoïste et brutale de la crise explique cette montée de désaffection à l’égard de l’Europe. Car cette gestion a gravement abîmé le sentiment de solidarité et de communauté d’intérêts des peuples. Ceux qui l’ont mise en œuvre ont ouvert un boulevard aux nationalistes. Ouvrons les yeux : les gouvernements en place sont déjà tous sortis de l’Union européenne, puisqu’ils ne s’occupent plus que de sauver leurs meubles, leurs banques, leur balance commerciale, puisqu’ils ne veulent plus payer pour les autres, puisqu’ils ne veulent plus rien faire ensemble et pour tous.___Vous estimez que nous sommes promis au pire si on poursuit sur ce chemin…Oui, car notre Union est en voie de dislocation. La question n’est donc plus de savoir s’il faut sortir ou non d’une Union déjà morte. Elle est de savoir comment redonner un souffle à un vrai projet de coopération européenne. Au sentiment nationaliste xénophobe s’ajoute un sentiment des classes populaires qui ne sont pas spécialement xénophobes ou racistes, mais qui sont devant le constat que cette Europe-là n’est plus celle de la paix et du progrès. Elle est celle de la régression sociale et de la rivalité des nations. Pensez à la fameuse directive sur les «travailleurs détachés». On voit concrètement à quel point l’UE est une Europe de la mise en compétition des travailleurs les uns contre les autres. On voudrait faire naître le sentiment antieuropéen ou xénophobe qu’on ne s’y prendrait pas autrement.____En quoi votre vision de l’Europe est-elle différente de celle des autres candidats ?  Les Républicains ou En marche ? Ils ne veulent rien changer. Le FN veut tout casser et le PS croit aux miracles, espérant qu’un jour l’Europe sera à gauche toute et qu’un accord unanime pourra alors intervenir pour une refondation progressiste de l’Europe. N’oublions pas que la gauche était majoritaire à la fin des années 90. Mais c’était une gauche inspirée par «la troisième voie» du Britannique Tony Blair ou «le nouveau centre» de l’Allemand Gerhard Schröder. Une gauche persuadée des bienfaits du marché et qui n’a jamais mis en chantier la refondation démocratique et sociale de l’Union et de l’euro.___Qu’est-ce qui ne marche pas fondamentalement ? Evoquons le sujet de la monnaie unique. On a retiré aux Etats la possibilité d’agir sur le taux de change et sur la politique monétaire, et on n’a cessé de limiter leurs marges de manœuvre budgétaires. Par conséquent, les pays de la zone euro n’ont d’autre moyen de soutenir leur économie que de pratiquer un dumping fiscal ou salarial. Et quand tous les pays se livrent à cette course à la compétitivité au détriment de leurs voisins, à l’arrivée, vous avez juste une Europe enlisée dans la stagnation. Tous les économistes le savent : si on ne corrige pas ce dysfonctionnement majeur, l’euro est insoutenable.   ___Alors comment refonder cette Europe-là ? Il faut redonner plus de souplesse aux politiques budgétaires nationales, en tolérant l’endettement qui finance des investissements, en acceptant les déficits en phase de récession. Nous aurions aussi besoin d’un budget européen digne de ce nom, capable d’engager une politique industrielle européenne cohérente pour soutenir la transition écologique et l’innovation technologique. Il faut réformer la Banque centrale européenne de sorte qu’elle puisse financer directement la dette publique. Il faut surtout engager l’harmonisation fiscale et sociale pour bannir la pratique du dumping qui détruit l’Union.   Mais pourquoi vouloir désobéir aux traités européens ? Parce que c’est la seule manière de redonner du sens au vote des citoyens et de contraindre les autres Etats à la refondation de l’Union. Parce que la France est ce grand pays qui a le poids et la puissance nécessaires pour provoquer ce choc. Si on se contente de «prier» nos partenaires de bien vouloir négocier, rien n’avancera. Notre message est le suivant : la France, en tout état de cause, n’hésitera pas à prendre des mesures unilatérales si les négociations n’avancent pas.  Une fois au pouvoir, comment comptez-vous agir concrètement pour jeter les bases de cette nouvelle Europe que vous désirez ? Nous enverrons à nos partenaires et aux institutions un mémorandum qui sera rendu public, traduit et diffusé dans tous les pays de l’Union, expliquant la démarche de la France. Il n’est pas question de proposer une Europe taillée aux seules mesures de la France. Pas plus que nous ne conditionnerons notre participation à l’Union à la satisfaction d’exigences franco-françaises. Nous ne souhaitons que reprendre la route d’une véritable union des peuples, et non des marchands, fondée sur la coopération et la solidarité, et non sur la guerre économique, alors que nous sommes aujourd’hui en marche arrière vers la rivalité des nations. Nous ferons les concessions nécessaires, mais à condition que cela contribue à inverser le sens de cette marche.   Pas de mesures unilatérales ?  Bien sûr que si. Nous n’attendrons pas l’aboutissement des négociations pour contrôler les mouvements de capitaux afin de nous protéger contre l’évasion fiscale ou les produits financiers toxiques. Nous n’attendrons pas l’ouverture de négociations pour dénoncer le TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) adopté en 2012, comme nous mettrons un terme à l’application des directives sur les travailleurs détachés. Nous mettrons fin à la libéralisation des services publics. Quant au commerce international, nous refuserons de ratifier les traités de libre-échange comme le Tafta avec les Etats-Unis et le Ceta avec le Canada, et nous ferons tout pour que l’UE parle enfin d’une seule voix à l’Organisation mondiale du commerce et que nous instaurions une forme de protectionnisme solidaire.  C’est la stratégie du rapport de force ? Oui. Et que risquons-nous en violant quelques articles des traités ? Rien. Un Etat peut demander à sortir de l’Union, mais personne ne peut exclure un pays, ni de l’UE ni de la zone euro. Personne ne cherchera à pousser la France vers la sortie, car ce serait la fin de l’euro et la fin de l’UE.  Même pas l’Allemagne ?   Surtout pas, car elle est engluée dans une stratégie de croissance qui a tout misé sur les exportations. Et tant que l’euro est là, elle est protégée contre les dévaluations compétitives des autres grands pays européens. Au pire, la France risquerait des amendes financières pour avoir violé les normes budgétaires. Nous avons et les moyens de les payer, et la faculté de ne pas les payer.  ___Vous quitteriez l’euro ? Si nous n’avions le choix qu’entre la soumission sans conditions à des traités toxiques ou le retour à la souveraineté monétaire, nous demanderions au peuple français de décider. Mais nous avons un autre choix, car nous ne sommes pas dans la situation de la Grèce, et parce que personne ne veut que la France sorte de quoi que ce soit car, encore une fois, ce serait juste la fin de l’euro et de l’UE. La France, tout en restant formellement dans l’euro, peut prendre toutes les mesures et les libertés qui l’autorisent à mener une autre politique. C’est le meilleur moyen de convaincre bien d’autres partenaires, du Sud notamment, à nous imiter et à s’allier à nous pour refonder l’Union.    ___Que pensez-vous de la proposition d’un nouveau traité de démocratisation de l’Europe ? C’est une bonne et vieille revendication de la gauche. Mais dans l’état actuel de désunion, c’est juste un beau rêve. Et quand bien même nous aurions cette fameuse Assemblée parlementaire de la zone euro, quel serait son pouvoir d’inverser la marche de l’Europe si elle est constituée de députés majoritairement de droite ou de la fausse gauche centriste qui, à ce jour, a soutenu l’Europe des marchands ? Non, je crois qu’il faut surtout instaurer un rapport de force. Et vite : le temps presse...
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Sans eux, t'es rien...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 T'es rien, terrien.
                                Les terriens ne sont pas seulement ces hominidés d'aujourd'hui, espèce récente,même si Lucy a pris un coup de vieux...
Au cours d'une évolution qui poursuit son cours à bas bruit, sans la vie animale sous toutes ses formes, qui a précédé l'apparition improbable de notre espèce,  et de toutes celles qui nous accompagnent encore, en se raréfiant, nous n'existerions tout simplement pas.
Et leur existence d'aujourd'hui conditionne encore les nôtres 
Darwin nous en a définitivement convaincu, lui qui rendait hommage auxinsectes, comme au modeste ver de terre ou à la taupesouvent déconsidérée.
Le monde animal, dont nous ne connaissons qu'une partie, avec certainesétrangetés qui nous déconcertent parfois, est le plus souvent injustement traité.
Aujourd'hui, nous prenons mieux conscience de l'importance vitale de la butineuse abeille
Mais nous soupçonnons moins la fonction indispensable des bactéries, en nous et hors de nous.
Merci aux bêtes, bestioles, terriennes, sous-terriennes, visibles, non visibles...
                   Les bêtes ont été et sont trop souvent des êtres déconsidérés, dans une vision créationniste du monde où L'Etre divin, dit-on, après avoir planté le décor, en Superproducteur du  film au scénario bâclé qui allait se dérouler, a jugé bon de mettre la terre et les animaux sous la domination de l'homme, sans mode d'emploi, sans consignes de prudence (Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre  (Genèse 1:28)...)
L'Inconscient!
    Flatté, l'homme ne se gêna pas. Il profita du divin cadeau, sans trop se préoccuper de l'avenir et sans se poser de questions sur la nature de l'être animal, même le plus familier, et sur les rapports qu'il instaura avec lui, par nécessité ou par choix.. Ce fut le plus souvent le rapport de force et l'exclusion qui s'instaurèrent: eux ou nous. Sources de nourriture, de force ou de pouvoir, même si la cruauté ne fut pas toujours la règle, si l'animal fut parfois valorisé, voire divinisé, selon les époques et les cultures. Mais il fut le plus souvent considéré en fonction de nos critères d'utilité. Bon à servir, bon à manger, surtout depuis le néolithique.
On ne peut être sévère à l'égard de nos ancêtres, qui devait survivre et faire festin de toute chair.
      Aujourd'hui, nous qui savons ce que nous savons, saturés de bidoche, qui connaissons les ravages de l'industrialisation de la viande, qu'attendons-nous pour changer notre regard et notre attitude à l'égard des bêtes, bestioles, terriennes, sous-terriennes, visibles, non visibles?...
Sans naïveté, sans anthropomorphisme, mais avec raison, en essayant d'écouter, ce qui n'est pas simple, 
le silence des bêtes.
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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Il était une fois...le Traité de Rome
                                                           Il y eut en fait plusieurs traités de Rome, des moutures différentes, avant d'arriver à une synthèse, socle des Traités futurs.

 

        C'était l'époque des pionniers, d'une aventure dont on entrevoyait peu les développements.
                 Sous impulsion américaine.
  Il y avait les prudents, les sceptiques et les enthousiastes, animés par un rêve fédéral: mis aujourd'hui à rude épreuve, certains estimant que cette Europe va disparaître si elle ne se réforme pas en profondeur.
      Elle semble en effet bien loin des projets de certains pères fondateurs et de l'esprit des textes, souvent en guerre contre elle-même.
     Certains en France s'opposaient à cette ouverture, comme  Pierre Mendes-France, qui entrevoyait les risques de cette aventure politique mal préparée ou prématurée. La France se trouvait alors handicapée notamment par le lourd passif algérien. Son discours reste fameux. De Gaulle accepta le risque, en faisant le pari d'un redressement rapide d'une France affaiblie.
   L'ombre de la guerre européenne hantait encore les esprits et l'on procéda de manière assez empirique , sans se poser la question de savoir si on ne mettait pas la charrue avant les boeufs, en misant sur une intégration économique pour créer les conditions d'une union de plus en plus politique. Le rêve de Monnet.
     Mais le fédéralisme rêvé est compromis.
     L'après-Junker n'est pas glorieux, l'euro-groupe ayant cédé aux sirènes financières et aux dogmes de l'ordolibéralisme.
      La concurrence non régulée a mis en péril un équilibre fragile et peu démocratique.
  La panne est flagrante, notamment avec le Brexit et d'autres périls en vue.
        Reste-t-il encore une dernière chance de relance sur de nouvelles bases renégociées, au-delà des égoïsmes nationaux et des forces centrifuges?
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:        __25 mars 1957 :
                                    "Ce traité cultive l'ambiguïté en ne se prononçant pas sur le débat essentiellement franco-allemand concernant l'instauration d'un protectionnisme à l'échelon européen (ce que l'on appellera plus tard : « préférence communautaire »). « Quand nous disions qu'il valait mieux, ne serait-ce que pour des motifs de négociation évidents, partir d'un tarif sérieux et obtenir des concessions en contrepartie de la part des autres pays du monde, le professeur Ehrardt, ministre de l'Économie et des Finances de la République fédérale, appuyé sur le succès remarquable de sa politique systématiquement libérale, nous rétorquait que le protectionnisme était un mal en soi, et une baisse de tarifs douaniers un bien en soi, même sans contrepartie négociée... », écrit dans ses mémoires Jean-François Deniau, l'un des négociateurs (L'Europe interdite)La ratification du traité ne va pas sans difficultés. D'éminentes personnalités s'y opposent, comme le député socialiste Pierre Mendès France qui craint que l'industrie nationale ne supporte pas l'ouverture des frontières et la concurrence allemande. Par contre, plus visionnaire, le général Charles de Gaulle, sollicité par ses proches d'y mettre son veto, refuse. Il écrit en marge du dossier : « Nous sommes forts mais ils ne le savent pas » (sous-entendu : n'ayons pas peur de nous ouvrir à l'Europe).
    Le traité de Rome sur la CEE entre enfin en vigueur le 1er janvier 1958. Il instaure un Parlement dont le siège est d'abord fixé à Bruxelles et une Cour de Justice établie à Luxembourg.
    Le pouvoir exécutif est confié au Conseil des ministres des pays membres. Mais la mise au point des décisions est déléguée à une Commission Européenne permanente, sise à Bruxelles, et dont l'influence ne va cesser de croître jusqu'à nos jours.
        __Mais il y avait un grain de sable:   une feuille blanche...
                                À l'instant solennel de la signature du traité de Rome, les ministres européens ne se doutaient pas que celui-ci se résumait pour l'essentiel à une liasse de feuilles blanches.
La veille, les rédacteurs, épuisés, avaient laissé les feuillets épars sur le sol de leur bureau, se réservant de les assembler plus tard. Mais entre-temps, les femmes de ménage découvrent le désordre. Zélées, elles jettent les feuilles volantes à la poubelle.
    Stupeur des fonctionnaires à la découverte du désastre. Ils courent à la décharge mais ne retrouvent évidemment rien. Comme il est trop tard pour tout réécrire et qu'un report de la signature déshonorerait l'hôte italien, on décide de ne réécrire que les premières et les dernières feuilles du traité, celles qui doivent être paraphées ou signées, en intercalant entre elles une liasse de feuilles blanches.
    Pendant toute la cérémonie, les officiels n'auront de cesse d'empêcher journalistes et ministres de feuilleter l'épais registre au risque de découvrir la supercherie."
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Stop aux taupes!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
La taupe m'em*****                                                                                                                                                                  
      Il y a une taupe dans mon jardin.
                                       Depuis le début de l'hiver.

Tous les ans elle revient.

Dans le potager comme sous la pelouse.

Elle est revenue. Elle me nargue.
J'enrage quand je découvre au matin le résultat de son travail nocturne de sape souterrain. J'ai beau me lever aux aurores, la bêche à la main, retenant mon souffle, guettant le moindre frémissement du sol. Rien n'y fait ! Tartarinade inutile...
Spectacle toujours affligeant ! Ma pelouse, récemment refaite, mon orgueil, ressemble plus aux collines de l'Artois qu'au superbe Greenpark.
Elle me sape le moral, la salope !
C'est la guerre !


Elle nuit à mon sommeil .
Il m'arrive même d'en faire des 
cauchemars.
_Pourtant j'ai tout essayé pour faire partir l'intruse ... chez mon voisin.
C'est comme si elle avait des lunettes. Elle me voit venir....

Les conseils ne manquent pas pour m'en débarrasser, tous plus inventifs les uns que les autres. Mais je ne ne suis pastaupier.
Encore moins 
taupier du roi.
De guerre lasse , je me suis résigné. Elle a gagné...
Démoralisant !

"Les taupes attendent peut-être que le hommes s'en aillent" (S.Tesson)
 _Les taupes sont partout . Pas seulement dans les jardins, ici et même ici, par exemple...Il y en même peut-être à l'Elysée
Je ne comprends pas qu'un village voisin l'arbore sur son blason.
Elle va remettre ça l'année prochaine, c'est sûr, la sale bête ! Elle vous aime trop pour vous quitter.

  _____________Quoique... on la dise utile...
Elle est même protégée en Allemagne

"Elle peut sembler à première vue nuisible pour les jardiniers puisqu'elle se nourrit de vers de terre utiles à l'aération du sol cultivé, mais à l'inverse elle-même contribue par ses galeries au drainage du terrain. Avant de détruire les taupes, il faut savoir de plus qu'elles consomment également une grande quantité de vers et de larves nuisibles pour le jardin (vers blancs de hanneton, vers taupins, courtilière, etc). Un petit désagrément mécanique de la terre du jardin n'est rien à coté du service rendu. Contrairement à l'idée reçue, la taupe est donc plutôt l'amie du jardinier...."
Si c'est Wiki qui le dit, alors...
Et Taupo, le naturaliste érudit et pointu, le confirme. 
Depuis que j'ai appris à la connaître, mon stress a baissé, ma tension n'inquiète plus mon médecin.
Je dors mieux...

Bon, je vais être gentil avec les taupes ...
D'autant plus que l'on est tous un peu taupes  : 
"On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain, lynx envers nos pareils et taupe envers nous.(La Fontaine)

Trop top, les taupes !
Merci les taupes !
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L'ennui n'est pas mortel

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
        Même si nul n'y échappe
                                               C'est l'état d'esprit le mieux partagé du monde, même s'il peut être pesant.
                        Sous des aspects les plus variés. Depuis l'ennui occasionnel de l'enfant à l'école jusqu'à celui, durable et profond, du viellard aux jours vides et routiniers.
       L'ennui ordinaire, non pathologique, tout nous pousse et nous incite à le combattre, surtout au coeur de nos sociétés marchandes er de "loisirs", qui jouent en permanence sur l'hyper ludique et incite à l'hyperactivité comme remède à l'ennui, jusqu'à occuper l'esprit démesurément, jusqu'à abolir tout recul critique.
    L'ennui est le plus souvent déconsidéré, associé parfois à la paresse, qu'il faudrait parfois réhabiliter, comme l'a fait Lafargue en son temps
    S'il n'est pas pathologique, dépressif et paralysant,l'ennui ordinaire, souvent bien opaque, peut être un excellent tremplin pour une recherche, un nouvel élan, une création.
    C'est pour cela qu'un enfant qui s'ennuie n'est pas toujours à réprimander, au contraire.
     Moravia en a fait une sorte de donnée existentielle, motrice d'une écriture... pas du tout ennuyeuse. (*):
     Mais elle est ambiguë, et parfois stérile ou invitant à l'excès.
            Mais on comprend qu'elle puisse être l'objet d'éloges, dans certaines conditions.
  L'ennui  n'est pas seulement dans nos états d'âme, il peut être engendré par notre milieu, répétitif et sans relief ou trop conforme, malgré la diversité'apparente. On peut s'ennuyer de tout, même d'une croisière aux Caraïbes.
___________Laissez les enfants s’ennuyer n'est pas toujours une mauvaise chose, laisser son esprit vagabonder et peut-être inventer, au milieu de tant de sollicitations ou d'activités imposées, qui neutralisent toute créativité.
      Philippe Duverger rappelle utilement que l’école n’est pas faite pour être divertissante, qu’un certain ennui y est inévitable, rigueur et concentration, qui y sont de règle, s’opposant au zapping imposé par la société. Mais n’est-ce pas précisément au cœur de ce zapping, entouré des objets de jouissance que sont ou que peuvent être les objets numériques, que l’ennui va le plus clairement peut-être manifester sa qualité d’affect subjectif et sa valeur symptomatique de refus ?
..... l’ennui n’est pas un phénomène nouveau dans l’institution scolaire, (que) seuls les comportements qui lui sont associés ont changé, et que les élèves qui, aujourd’hui, savent s’ennuyer poliment, n’ont aucun problème avec l’école !
                             Oui, le droit de s'ennuyer peut et doit être revendiqué, contre toute propention à saturer toujours et à tout prix l'existence.
    Inséparable de la condition humaine, il se révèle fécond chez maints écrivains, comme Flaubert, Proust, Pascal, Beckett, Moravia, Cioran....
      . Montaigne relève que l’écriture est un remède contre l’angoisse de lire. La lecture est en effet inséparable de l’ennui. Plus précisément, elle se pratique sur fond de vacuité : sur ce fond sans fond que Flaubert appelle « marinade ». Mais de quel ennui est-il question ? C’est selon. C’est pourquoi une  généalogie de la notion est ici nécessaire.
   Sénèque distingue l’ennui du chagrin. Ce dernier a généralement des causes précises, comme la douleur. L’ennui est plus vague et plus insidieux. Dans les Lettres à Lucilius, Sénèque voit bien que l’ennui peut aller avec l’agitation, et donc peut être une « activité oisive » : un divertissement impuissant à guérir de l’ennui. Comme remède à l’ennui, Sénèque propose l’activité qui remplit la vie, mais une activité sans se projeter dans l’avenir, une activité d’ici et pour maintenant. Parmi ces activités peut se situer l’écriture, non pas comme divertissement, non plus comme recherche esthétique (une création qui ne serait pas tout à fait une activité), mais comme art de s’appliquer dans l’effectuation des choses. Comme art, aussi, de gérer son emploi du temps. Car l’ennui, comme état de « plein repos » (Pascal), est le fond de la condition de l’homme. Quand l’homme est en repos, il repose sur quoi ? Sur rien. D’où la nécessité de se détourner du repos – d’un repos comme gouffre, d’un repos sans fatigue qui n’est alors qu’une chute. Corollaire inquiétant : si l’homme ne doit jamais être en repos, ne doit-il jamais faire retour sur soi ? L’état de réflexion serait en lui-même  source d’angoisse, de rupture de l’élan vital, d’acédie et d’ennui. C’est contre cette conception pessimiste – la lucidité inséparable de la dépression – que s’élève le janséniste Nicole. « L’ennui, soutient Nicole, touche l’âme quand elle est privée de cet aliment indispensable que sont pour elle les pensées » .
Pascal, de son côté, ne considère pas que les divertissements suppriment les côtés positifs de l’ennui que sont le sentiment de la gravité des choses et de la fragilité de notre être dans le monde. La légèreté du divertissement n’est pas une faute : elle protège, et c’est tant mieux, contre l’excès d’angoisse. C’est au fond une  forme de lucidité que de rechercher le divertissement. Il faut savoir « être superficiel par profondeur », comme Nietzsche le disait des Grecs. En d’autres termes, pour Pascal, c’est parce que l’ennui a sa place, mais ne doit avoir rien que sa place, que le divertissement a aussi sa place....
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(*) ...Son ennui, on l’a dit, n’est pas le contraire de l’amusement ou du divertissement. Il est insuffisance, voire carence totale de réalité. Il ne vient pas de l’intérieur mais d’un manque de rapports avec l’extérieur, d’une incommunicabilité radicale entre le sujet et le monde, d’une impossibilité ontologique à établir un lien quelconque entre les choses et lui: «La sensation de l’ennui naît en moi de l’impression d’absurdité d’une réalité insuffisante, c’est-à-dire incapable de me persuader de sa propre existence effective». D’où probablement le choix de la peinture abstraite. Apathique et renfermé, il est muré vivant en lui-même comme dans une prison hermétique et étouffante. Jusqu’au jour où il est distrait du vide de son atelier par une jeune modèle, Cécilia, qui posait pour – avant de coucher avec – un vieux peintre voisin de palier. Une relation si intense que le vieux en est mort. Intrigué par ce suicide déguisé, Dino essaie de comprendre les motivations d’un homme qui s’est servi érotiquement d’une adolescente pour hâter sa fin. Inconsciemment d’abord, puis de plus en plus lucidement, il va marcher sur les traces du vieux peintre et décider d’entamer un"...
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De tout un peu

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
* Sur les prisons, on dit tout et n'importe quoi, alors que déjà le débat est tronqué et faussé et que la situation est très dégradée, voirealarmante.

* Comment devenir un vieux fossile? 
    Ou faire de vieux os... 

* Souriez, vous êtes droné 
    Pas toujours drôle.

*.Japon et Chine:une mémoire qui flanche et des relations  qui  se tendent encore.

* Crédit agricole: de la coopérative à la dérive. 

* Pour 10% de ton salaire, t'es Mormon. 

Union européenne: quelle option face à l'euro, et quelle Europe?

* Cookies or not cookies

*Dans certaines banlieues, le tourisme ne suffira pas. 

Gaz de schistes: résistances en Grande-Bretagne, alors que David Cameron réitère son soutien.   Son "geste fiscal" fait scandale.
En France, le PDG d'Axa est sur la même ligne. l'UE reste dans l'ambigüité.
    Le lobbying ne faiblit pas.

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Points de vue

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Où va la Corée du Nord:?

__  Conservatisme russe: une constante historique?

__  Général McMaster: nouveau stratège de l'empire US.

__ Les perturbateurs endocriniens menacent notre intelligence.

__  UBS encore sur la sellette.

__ Pour certains, la gauche creuse son tombeau.

__ L'homme au coeur de  propagande pro-Trump .

__ Fukushima, catastrophe  sans fin.
          Après le déni, le gouvernement japonais reconnu coupable de négligence..

__ Bernard Arnault: toujours plus haut.

__ Trump s'en prend aux petits vieux.

__ En Arabie Saoudite, on ne regarde pas à la dépense.
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Découvrir l'Audomarois

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Coup de coeur
                         On connaît le Marais Poitevin, de Brenne, etc...
 La France possède encore un certain nombre de zones humides, exploitées ou non, plus ou moins bien entretenues, plus ou moins investies par l'activité de l'homme.
A Paris, le nom reste encore attaché à un quartier qui autrefois, depuis Charles le Chauve, fut transformé en zône de pâture et de culture, avant de devenir domaine résidentiel.

Mais qui connaît Le Marais de St Omer?
                                                                Mis en valeur depuis des siècles par l'homme, qui sut  tirer le meilleur parti de ces terres riches en limon charrié par l'Aa et ses affluents, il a des parentés avec les hortillonnages d'Amiens, mais sur une surface plus importante.
Il mérite le détour. Je l'ai souvent parcouru, à pied, à vélo ou en barque.  
  Non loin de Thérouanne, l'antique cité disparue, anéantie par Charles Quint, d'Aire-sur-la-Lys, où l'on peut encore admirer les traces d'anciennes fortifications de Vauban, tout près de Saint-Omer, la belle endormie, qui  renaît d'un passé prestigieux (elle fut une des grandes villes drapantes d'Europe au 12°siècle), s'étalent  plus de 3000 hectares d'un marais encore exploité. Une activité agricole, surtoutmaraîchère, qui s'est cependant réduite, surtout depuis les années 60. L'activité monastique fut déterminante pour rendre habitable une zône autrefois inhospitalière. 
        Toute une histoire, depuis que le roi Dagobert commanda à l’évêque Audomar de coloniser les terres de Morinie – des tourbes inhospitalières, délayées dans les eaux indomptées de l’Aa ....
 ... Le marais audomarois perdure. Posé en marge de l’Artois et des grandes plaines de Flandre, il est même le dernier marais maraîcher de France, alignant, sur des centaines d’hectares, ses étroites parcelles de cultures, rubans verts et blonds, bordés de chemins d’eau que l’on nomme ici watergangs. 
Le 28 mai dernier, avec les 24 communes attenantes, il a décroché le label MAB de l’Unesco. MAB, pour Man and biosphère – homme et biodiversité –, autrement traduisible comme la reconnaissance d’une symbiose entre les deux entités. Car il en est ainsi : le marais audomarois est une nature culturelle, façonnée par l’homme au fil d’une histoire qui enjambe les siècles.
Elle démarre au VIIe, avec l’arrivée de moines à Saint-Momelin..."
        Le problème aujourd'hui est celui de la survie d'une économie maraîchère, qui nécessite beaucoup de main d'oeuvre, de temps, d'efforts... Un équilibre difficile, dont le touriste, 
au fil de l'eau, admiratif de ce lieu de sérénité,  ne se rend pas toujours compte:
"... Jusqu’à la fin des années 1960, la vie mène.. les Audomarois en bateau. L’escute conduit les hommes, les bacôves, plus grandes, plus lourdes, charrient les marchandises. L’imagerie ton sépia est superbe. Mais le boulot est rude, et l’économie difficile. Un coup d’eau, et une récolte se noie. Mouches ou rats musqués : les nuisibles attaquent dur. Quant aux prix agricoles, ils ne suivent pas. « Le travail dans le marais, c’est quatre fois plus long, tout ça pour le même prix », explique Sylvain Dewall, maraîcher de Clairemarais..." 
     Un effort exceptionnel de sauvegarde a été entrepris depuis plus d'une dizaine d'années
                    Il reste encore un peu de beau temps estival pour visiter ce riche écosystème, ce site exceptionnel et plein de charmes, dans les meilleures conditions,et pour repartir avec quelques produits locaux: le chou-fleur, notamment, qui y prospère.
     A Salperwick ou à Clairmarais vous trouverez dépaysement et sérénité, points de départ pour des circuits aquatiques pleins de surprises. 
Pas besoin d'aller sur les rives du Mississipi. 
           Le bonheur est au marais....
Vous pourrez laisser votre carte postale au facteur, glissant silencieusement sur un watergang.  
Bonne visite!
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Dettes, encore...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Toujours sur le tapis
                                    Tandis que Ubu règne toujours à Athènes, des voix se font entendre, de plus en plus nombreuses,, pour appeler à renégocier le problème des dettes accumulées, amplifiées par la crise et les exigences des institutions financières. Les débats prennent un tour plus vif notamment  vis à vis de la prétendue épineuse dette grecque. dont on sait maintenant qu'elle ne pourra jamais être remboursée.(*)
    Effacer l'ardoise, cela s'est déjà pratiqué dans le passé, même récent, notamment plusieurs fois à l'égard de l'Allemagne.
    L'expert suisse  Marc Chesney  montre les mécanismes de la constitution de la dette, notamment due aux excès de la finance casino, le rôle des banques et les liens entre dette des États et crise financière.
    Aujourd’hui, une aristocratie financière a pris le pouvoir au détriment du reste de la population, dénonce-t-il, tout en proposant des solutions innovantes comme une taxe sur les transactions financières.
   Mais est-cee suffisant?
      Michel Rocard: en son temps avait bien montré que de 1901 à 1973 la Banque de France a financé l’État sans intérêt. Si c’était encore le cas, notre dette serait 17% du PIB 

       Comme l'énonce Anne-Laure Delatte,"Il faudrait commencer par restructurer les dettes publiques des pays de la zone euro où elles pèsent le plus (au moins celles de la Grèce, de l’Italie et du Portugal). Retarder les échéances de remboursement des dettes donnerait de l’air aux finances publiques. Ensuite, il sera difficile de stabiliser la zone sans mettre en place des mécanismes de transfert automatiques et permanents entre les États. C’est ce qui existe entre les États américains, pourquoi pas dans la zone euro ? L’Union budgétaire a longtemps été un sujet tabou en Europe mais, en janvier dernier, le Trésor français a fait un pas en recommandant un budget commun européen pour financer l’investissement public et rendre ces transferts possibles. Cela impliquerait de lever un impôt européen et d’accroître le pouvoir de contrôle du Parlement européen.
   Bref, deux routes bien distinctes se présentent à nous : soit un retour au franc dont on espère un gain de compétitivité, mais avec des effets très déstabilisants sur la dette des entreprises et une autonomie très relative de la politique économique ; soit on conserve l’euro, mais alors il faut achever le projet et donner une dimension politique à la monnaie européenne. Ces deux options ont le mérite d’être claires.
       Le problème est donc plus politique que purement économique et il n'y a pas que la dette grecque, finalement assez mineure par rapport au budget européen.
_______
-(*)   Eléments d'argumentaire pour l'annulation de la dette grecque:

                         ____Le problème de la dette publique , au centre de l'Europe, fait  rarement l'objet d'une analyse sérieuse et historique
_"L'endettement public et la dette publique proprement dite ont un passé très riche, très haut en couleurs, et qui pourrait être plein d’enseignements. Ils sont étudiés, certes, mais pour eux-mêmes, de façon érudite, ce qui est légitime ..., mais sans beaucoup d’efforts comparatifs..".
     _Le débat est dans une large mesure confisqué ou dénaturé, réduisant souvent  l’État social à un fardeau improductif reporté de génération en génération...
    La dette est devenue un épouvantail commode.   
En ces temps actuels de crise, le passé du continent s'estompe, de même que les raisons qui avaient conduit Jean Monnet ou Alcide de Gasperi à créer l'Europe. Les responsables semblent ne réagir qu'en financiers préoccupés de leur pré carré, soucieux de gagner du temps, alors qu'on les attend en politiques, visionnaires et Européens..."
     Les problèmes économiques qui en découlent dans les pays subissant un étranglement monétaire, selon M.Wolfpourrait briser les sociétés, les gouvernements, voire les Etats.
     ."Le recours à l’emprunt ou, plus précisément, à l’argent extérieur aux circuits de dépôts monétaires contrôlés par l’administration française des Finances, n’est qu’une option parmi d’autres au sortir du second conflit mondial. Les marchés financiers internationaux et la compétition entre États pour s’y financer sont (à une époque) inexistants. La notion même « d’endettement » de l’État ne s’est ré-explicitée en France qu’avec la réémergence, à partir des années 1970, des marchés obligataires. Si la dette est faible en volume à l’époque, ce n’est pas exclusivement à cause des faibles déficits mais c’est aussi parce que le Trésor dispose d’une palette d’instruments variés qui rendent marginal l’appel à l’emprunt, au demeurant techniquement peu développé. Les dispositifs de trésorerie de la reconstruction sont tournés avant toute chose vers la garantie d’un financement sécurisé et régulier des dépenses publiques considérées comme nécessaires à l’expansion économique et à l’objectif de « plein emploi ». L’État finance ses découverts passagers en drainant de l’épargne et en collectant les ressources monétaires de son propre réseau, à la fois des particuliers mais aussi des institutions bancaires..."
___De Mirabeau aux Trente Glorieuses, le problème de la dette est récurrent, résolu de manières souvent très différentes (1), ce qui montre qu'il n'est pas du domaine de l'inéluctable, qu'il n'a rien à voir avec un phénomène naturel.
____Aujourd'hui, on peut se  référer au deux extrêmes, l'Allemagne et la Grèce, où semble jouer le principe deux poids, deux mesures, si on se réfère à l’annulation de la dette d'une Allemagne ruinée , il y a à peine 60 ans...
"... Après la seconde guerre mondiale, de multiples conditions ont été réunies pour permettre à l’Allemagne de l’Ouest de se développer rapidement en permettant la reconstruction de son appareil industriel. Non seulement la dette contractée par l’Allemagne en-dehors des deux guerres mondiales a été réduite de plus de 60%, mais le règlement des dettes de guerre et le paiement des réparations aux victimes civiles et aux Etats ont été reportés à une date indéterminée : de fait, à la réunification allemande qui est intervenue en 1990 et au traité de paix qui a été signé à Moscou la même année entre les autorités des deux Allemagnes en cours d’unification, les Etats-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni et la France. Le poids des réparations sur l’économie allemande a donc été longtemps différé. Et dans le cas des réparations dues à la Grèce, celles-ci n’ont pas représenté le moindre effort de la part de l’Allemagne puisque les autorités allemandes refusent de donner suite aux demandes grecques. 
A la différence de ce qui s’était passé à l’issue de la première guerre mondiale, les puissances occidentales ont voulu après la seconde guerre mondiale éviter de faire peser sur l’Allemagne le poids de remboursements insoutenables car elles ont considéré qu’ils avaient favorisé l’accession du régime nazi au pouvoir. Les puissances occidentales voulaient également une Allemagne de l’Ouest forte économiquement (mais désarmée et occupée militairement) face à l’Union soviétique et ses alliés. Rien de tel n’est de mise avec la Grèce et les autres pays de la Périphérie au sein de l’Union européenne.
      Pour atteindre cet objectif, non seulement le fardeau de la dette a été très fortement allégé et des aides économiques sous forme de dons ont été octroyées à l’Allemagne, mais surtout on lui a permis d’appliquer une politique économique tout à fait favorable à son redéploiement. Les grands groupes industriels privés ont pu se consolider, ceux-là mêmes qui avaient joué un rôle clé dans l’aventure militaire de la première guerre mondiale, dans le soutien aux nazis, dans le génocide des peuples juifs, tsiganes…, dans la spoliation des pays occupés ou annexés, dans la production militaire et l’effort logistique gigantesque de la seconde guerre mondiale. L’Allemagne a pu développer d’impressionnantes infrastructures publiques, elle a pu soutenir ses industries afin de satisfaire la demande locale et de conquérir des marchés extérieurs. L’Allemagne a même été autorisée à rembourser une grande partie de sa dette dans sa monnaie nationale. Pour rendre cela concret, il suffit de réfléchir à la situation qui a suivi l’accord de Londres de 1953. L’Allemagne rembourse par exemple à la Belgique et à la France une partie de ses dettes de l’entre deux guerres en deutsche marks. Ces deutsche marks qui n’avaient pas d’intérêt dans les échanges avec le reste du monde, Belges et Français ont essayé de s’en débarrasser rapidement en achetant des marchandises et des équipements fournis par l’économie allemande et contribué à refaire de l’Allemagne une grande puissance exportatrice.
       De leur côté, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, l’Estonie, la Slovénie et les autres pays périphériques de la zone euro doivent rembourser leurs dettes publiques en euros alors qu’ils en manquent vu leur déficit commercial face aux pays les plus forts de la zone euro. Dans le même temps, les puissances qui dominent la zone euro les obligent, via la Commission européenne et les traités adoptés, à mener des politiques qui les empêchent tant de satisfaire la demande de leur marché que d’exporter. S’ils veulent quand même réussir à exporter, ils sont poussés à réduire encore plus les salaires, ce qui comprime un peu plus la demande intérieure et accentue la récession. Le programme de privatisation achève de porter des coups à leur appareil industriel, à leurs infrastructures et à leur patrimoine en général..."
                 [-Texte original-]
   Mme Merkel et Mr Schäuble, bitte, un peu de mémoire, de bon sens et d'intérêt bien compris.!
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