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Net-tement remarqué

Publié le par Jean-Etienne ZEN

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Haïti, ïle maudite?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

   Les mille plaies de Port-aux-Prince.
                                           De la prospérité à la misère.

Haïti: ses plages...

                  Tout se passe comme si le sort s'acharnait sur ce fragment d'île, parfois qualifiée de  maudite, au vu des malheurs qui périodiquement s'abattent sur elle.
           Après un récent tremblement de terre ravageur.
               Ce fut, parmi d'autres, un ouragan dévastateur.
                          Le choléra s'installe  de nouveau, en partie importé..
       Fut  mise en cause une mauvaise gestion des secours et de l'aide humanitaire.
   De graves dysfonctionnements, une grave crise , selon le secrétaire de l'ONU lui-même.
           L'incurie politique, la gabegie, la pauvreté endémique...ont bon dos.
    Elles sont largement les conséquences d'un interventionnisme périodique intéressé, politique, économique, sanitaire.
  La pays a connu une histoire riche et compliquée, emblématique et tragique, mais le terme de malédiction occulte les responsabilités externes et internes. L' héritage de Toussaint Louverture n'est plus soupçonnable..
         Les catastrophes naturelles, la déforestation sont une des sources de l'ampleur des ravages météorologiques.

...Et l'envers du décor.

      Il n'y a pas de fatalité de l'économie haïtienne à la faillite de l’économie haïtienne : c’est la ruine annoncée d’un pays éprouvé par une crise politique grave et qui dut consacrer l’essentiel de ses ressources, non pas à reconstituer ses forces, mais à faire accepter son droit à l’existence.
    Une tradition raciste a pesé longtemps  sur l'ïle.
    Pour le grand témoin de l' Amérique Latine qu'est Eduardo Galeano, c'est la tragédie d'une démocratie, déniée, rejetée, malmenée.  (*)
____________                    
(*)   Selon Galeano, ... Cela fait deux siècles que Haïti subit le mépris et le châtiment. 
                  Thomas Jefferson, ce héros de la liberté et propriétaire d’esclaves, mit en garde contre le mauvais exemple que représentait Haïti et déclara qu’il fallait «  empêcher la peste de se répandre hors de cette île ». Sa patrie écouta son conseil. Les Etats-Unis attendirent 60 ans avant de reconnaître officiellement la plus libre des nations.    Et pendant ce temps-là, au Brésil, on donnait le nom de haïtianisme au désordre et à la violence. Les maîtres des bras noirs se protégèrent contre le haïtianisme jusqu’en 1888. Cette année-là, le Brésil abolit l’esclavage. Ce fut le dernier pays au monde à le faire.     Haïti est redevenu un pays invisible, jusqu’au prochain carnage. Tout le temps où Haïti a occupé de l’espace sur les écrans et dans les magazines, durant les premiers jours de cette année, les médias ont transmis des images de confusion et de violence et nous ont confortés dans l’opinion que les Haïtiens sont nés pour bien faire le mal et faire mal le bien.   Depuis la révolution et jusqu’à ce jour, Haïti n’a pu offrir au regard du monde que des tragédies.        
      C’était une colonie prospère et heureuse et voici que maintenant c’est la nation la plus pauvre de l’hémisphère occidental. Les révolutions, en ont conclu certains spécialistes, conduisent inexorablement à l’abîme. Certains ont dit - et d’autres ont suggéré - que la tendance haïtienne au fratricide provient de la sauvage hérédité dont les racines se trouvent en Afrique. Le mandat des ancêtres. La malédiction noire qui pousse au crime et au chaos...  
    Mais de la malédiction blanche, jamais personne ne parle.  La Révolution Française avait éliminé l’esclavage, mais Napoléon le ressuscita – Quel a été le régime le plus prospère pour nos colonies ? Le régime précédent. Eh bien, rétablissons-le ! - Et pour ré-implanter l’esclavage en Haïti, il envoya plus de cinquante navires pleins de soldats. Les noirs, soulevés, ont vaincu la France et ils ont conquis leur indépendance nationale et la libération des esclaves. En 1804, ils ont hérité d’une terre ravagée par les dévastatrices plantations de canne à sucre et un pays brûlé par la guerre impitoyable. Et ils ont hérité de la dette française. Car la France fit payer cher à Haïti l’humiliation que ce pays avait infligée à Napoléon Bonaparte.  Peu après sa naissance, Haïti dut s’engager à payer une indemnisation colossale en compensation du mal par lui provoqué en se libérant. Cette expiation du péché de la liberté lui coûta 150 millions de franc-or. Le nouveau pays naquit étranglé par cette corde attachée à son cou. Une fortune qui aujourd’hui équivaudrait à 21,7 milliards de dollars, soit 44 fois la totalité du budget annuel de Haïti. C’est bien plus d’un siècle que dura le remboursement de cette dette que les intérêts usuraires ne cessaient de faire enfler. En 1938, enfin, eut lieu la rédemption finale. Pour lors, Haïti était devenue la propriété des banques nord-américaines.  En échange de cette montagne d’argent, la France reconnut officiellement la nouvelle nation. Aucun autre pays ne la reconnut. Haïti était né condamné à la solitude. Simon Bolívar non plus ne le reconnut pas alors qu’il lui devait tout. Des bateaux, des armes et des soldats, c’est ce que Haïti lui avait donné, en 1816, lorsque Bolívar arriva dans l’île, vaincu, demandant aide et protection. Haïti lui donna de tout à la seule condition qu’il libérât les esclaves, idée qui jusqu’alors ne lui était même pas venue à l’esprit. Ensuite, l’illustre héros remporta des victoires dans la Guerre d’Indépendance et il exprima sa gratitude en envoyant à Port-au-Prince une épée en guise de présent. Mais pour ce qui était de reconnaître le pays, pas question. En réalité, les colonies espagnoles qui étaient devenues des nations indépendantes continuaient à avoir des esclaves et cela même si certaines de ces nations avaient des lois qui les interdisaient. Bolivar dicta sa Constitution en 1821, mais la réalité fit la sourde oreille. Trente ans plus tard, en 1851, la Colombie abolit l’esclavage ; le Venezuela le fit en 1854.     En 1915, les marines U.S. débarquèrent en Haïti. Ils y restèrent 19 années. La première chose qu’ils firent ce fut d’occuper la douane el le bureau de la collecte des impôts. L’armée d’occupation confisqua le salaire du président haïtien jusqu’à ce que ce dernier se résignât à signer la liquidation de la Banque de la Nation qui se convertit en une agence de la City Bank of New York  Le président ainsi que tous les autres noirs étaient interdits d’entrée dans les hôtels, les restaurants et les clubs du pouvoir étranger. Les occupants n’osèrent pas rétablir l’esclavage, mais ils imposèrent le travail forcé pour les travaux publics. Et ils tuèrent beaucoup.  Ce ne fut pas facile d’éteindre les feux de la résistance. Le chef guérillero, Charlemagne Peralte, fut exhibé en place publique, cloué en croix sur une porte, pour que cela servît d’exemple… La mission civilisatrice prit fin en 1934. Les occupants se retirèrent et laissèrent, pour les remplacer, une Garde Nationale, fabriquée par eux, pour exterminer toute éventuelle velléité de démocratie.  Ils ont fait exactement pareil au Nicaragua et en République Dominicaine. Quelque temps après, Duvalier fut l’équivalent, pour Haïti, de Somoza et de Trujillo.    Et c’est ainsi que, de dictature en dictature et de promesse en trahison, les années et les malheurs se sont empilés. Aristide, le curé rebelle, est arrivé à la présidence en 1991. Il dura peu de mois. Le gouvernement des États-Unis aida à le renverser ; il l’emporta, lui fit subir un traitement et une fois recyclé, il le ramena, dans les bras des marines, à la présidence. Et, une fois encore, il aida à le renverser, en cette année 2004, et, une fois encore, il y eut massacre. Et les marines sont revenus une fois encore, ces marines qui reviennent toujours, comme la grippe.  Mais les experts internationaux sont bien plus dévastateurs que la soldatesque de l’envahisseur. 
      Pays soumis aux ordres de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, Haïti avait obéi à toutes les instructions de ces derniers sans rechigner. Et l’un et l’autre l’ont payé en lui refusant le pain et le sel. Ils ont gelé ses crédits bien que Haïti eût démantibulé l’Etat et supprimé tous les droits de douanes et toutes les aides qui protégeaient la production nationale.     
      Les producteurs de riz qui étaient la majorité des paysans haïtiens se sont recyclés en mendiants ou en boat-people. Beaucoup sont partis et continuent de partir rejoindre les profondeurs de la mer des caraïbes, mais ces naufragés-là ne sont pas de nationalité cubaine et il est bien rare alors que les journaux parlent d’eux. Aujourd’hui, Haïti importe la totalité du riz qu’il consomme depuis les Etats-Unis, pays où les experts internationaux, personnages quelque peu distraits, ont oublié d’interdire les droits de douane et les subventions qui protègent la production nationale.____Sur la frontière, là où s’arrête la République Dominicaine et où commerce Haïti, il y a un grand panneau qui prévient : Le Mauvais Passage. De l’autre côté se trouve l’enfer noir. Sang et famine, misère, peste… Dans cet enfer-là tellement redouté, tout le monde est sculpteur. Les Haïtiens ont coutume de ramasser toute sorte de boites de conserve et de vieilles ferrailles et avec une merveilleuse et ancestrale habileté, en découpant et en martelant, leurs mains créent des merveilles ensuite offertes à la vente sur les marchés populaires. Haïti est un pays jeté sur un dépotoir, comme pour le punir pour l’éternité de sa dignité. Et c’est sur ce dépotoir qu’il gît, tel un tas de vieille ferraille. Il attend les mains de ses habitants....

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Masculin/féminin

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Un homme, une femme...
______________________Tout semble simple lorsqu'on s'en tient aux données de la nature.
Mais tout se complique quand on prend en compte une part essentielle, les aspects culturels affectant chacun des deux sexes.
L'anatomie n'est pas un destin 
___L'ethnologie, la sociologie, l'histoire et surtout la psychanalyse font apparaître que la masculinité et la féminité, du point de vue psychologique, moral, social, intellectuel et jusque dans certains aspects physiques, sont fortement marquées, dans leur intimité même et leurs rapports mutuels, par des manières d'être et de faire, de se vêtir, qui ne relèvent que de l'éducation très précoce et des formations et conditionnements postérieurs.
La féminité est dans une large mesure un produit culturel et historique, même parfois quand elle se prétend libérée.
Tout comme la masculinité. Toutes les deux sont largement des constructions sociales
L'analyse de la presse féminine moderne avec son obsession du corps parfait le corrobore.
 Les critères énoncés ou implicites de la beauté féminine sont largement l'effet d'un conditionnement médiatique 
_________On peut aussi parler de fabrique du  masculin , qui se reflète notamment dans les magazines qui lui sont destinés, proposant un miroir inversé de la presse féminine.
"Les magazines des hommes « véritables », mais « modernes », affirment et imposent la nécessité d’accroître sa masse musculaire ou dispensent des conseils pour « gérer son ex » (un classique du genre). Mais ils se répandent aussi en recommandations en matière de montres, de voitures ou de jeux vidéos, tout en proposant régulièrement et un peu partout  des classements des femmes « les plus sexy du monde ». De son côté, la presse féminine égrène chaque mois ou chaque semaine (selon les titres) les injonctions sur les corps, la sexualité et bien sûr la mode (afin que les femmes parviennent à éviter les fameux « fashion faux pas »), mais prend également grand soin de décrire, dans ses péripéties et détails les plus insignifiants la vie des « people ».
Wikipedia
Clio

Mais surtout...ces deux composantes importantes du secteur de la presse magazine adoptent des attitudes distinctes concernant la vision de l’autre sexe. La presse féminine, loin de toute remise en cause radicale de la domination masculine, invite en effet les femmes à transiger avec celle-ci, notamment à travers l’injonction de concilier vie professionnelle et vie familiale (dont on ne trouve aucunement l’équivalent dans la presse masculine).
Quant à la presse masculine, elle paraît hésiter entre le vieux chauvinisme du masculin, qui rend un culte à la puissance physique des hommes et tend à réduire les femmes à leur plastique (c’est-à-dire à un pur et simple objet de désir pour les hommes), et un appel incantatoire à adapter une masculinité modernisée aux aspirations des femmes à l’émancipation. Ainsi, le magazine Men’s Health conseille à ses lecteurs (juin 2012), au titre des « astuces pour réveiller votre vie sexuelle », de « partager les corvées », car « d’une étude à l’autre, il est prouvé qu’elles sont émoustillées par les hommes qui aident ». « Aider » les femmes dans les tâches ménagères, oui  ! Mais dans le but de les séduire, voire d’obtenir en retour des faveurs sexuelles…  
Ce qui est en jeu dans ces magazines, ce n’est rien moins que l’esthétisation – ordinaire et médiocre – de la domination masculine, cette domination dont Pierre Bourdieu résumait ainsi les effets sur les rapports des femmes à leur propre corps, pour peu qu’elles répondent aux attentes  : « La domination masculine, qui constitue les femmes en objets symboliques, […] a pour effet de les placer dans un état permanent d’insécurité corporelle ou, mieux, de dépendance symbolique  : elles existent d’abord par et pour le regard des autres, c’est-à-dire en tant qu’objets accueillants, attrayants, disponibles. On attend d’elles qu’elles soient “féminines”, c’est-à-dire souriantes, sympathiques, attentionnées, soumises, discrètes, retenues, voire effacées. » Les conseils en séduction masculine reconduisent jusqu’à la caricature la distribution des rôles..."
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Genre: polémique orchestrée

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Mourir, la belle affaire...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 ____Mais vieillir...

Mourir cela n'est rien
Mourir la belle affaire
Mais vieillir ô, ô vieillir!

____________________On y passera tous, c'est la seule absolue certitude.
Le problème est celui du comment. Dans quelles conditions?
Dans celles-ci?
__Le problème n'est pas surtout la diminution physique et/ou psychique, la perte d'une certaine autonomie parfois, mais la solitude, l'indifférence, la peur des autres, voire le  mépris ou parfois la maltraitance.
__Vieillir est notre destin, mais bien veillir ne dépend pas que de nous.
Peut-on vieillir doucement?
On peut envisager, en fin de parcours, bien des  manières de vivre, car vieillir est toujours vivre...
Loin d’être l’antichambre de la mort, la vieillesse est un temps pour vivre :  un temps pour penser, pour dialoguer, pour aimer, pour agir, etc. Un beau temps, sain, noble, comme la vie elle-même.  _Guy Durand_
 
...En évitant la réclusion des mouroirs  et de leur business .
Dans les sociétés traditionnelles, les anciens terminent généralement leur vie sans exclusion, reconnus, estimés, intégrés jusqu' au bout à la vie sociale.
Chez nous, surtout dans les conditions de vie urbaine actuelle et des nouveaux modèles familiaux, c'est souvent l'abandon inavoué dans des structures infantilisantes ou indignes, faisant de la fin de vie un fardeau, qui hâtent la fin.
En France, la situation n'est pas brillante pour les plus anciens. Le système est à plusieurs vitesses, malgré l'Apa. Peu se retrouvent, faute de moyens, dans des établissements cotés, ou seulement matériellement et psychologiquement convenables. 
En Allemagne, pays riche mais vieillissant, on tend à délocaliser les vieux...
Beaucoup de retraités côtoient la misère.
Mais des solutions généralisables existent, comme celle-ci
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Potion grecque

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Schizophrénie européenne

                                            Un corps médical malade.
    La ciguë avait été fatale à Socrate.
     Il est à craindre que la nouvelle potion européenne entraîne un peu plus la ruine de son pays.
                   Pourtant, le docteur Moscovici a, dit-il, le souci de son patient hellène, très patient mais très anémié.
       Pour utiliser une litote, il ne va pas si bien que cela...malgré quelques voix annonçant un début de rétablissement. 
      Pour Bruxelles, il faudrait renforcer le traitement et amputer encore un peu pour une guérison éventuelle... en croisant les doigts.
           Notre bon médecin-commissaire appelle en effet le gouvernement grec à adopter une nouvelle batterie de mesures d’austérité dans ses budgets 2017-2018, en échange de quoi l’Europe s’engage non pas à alléger sa dette colossale - près de 315 milliards d’euros, soit près de 180% du PIB - mais à ce que la question soit discutée à partir du 5 décembre, date de la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro.    Des discussions sur la réduction de la dette grecque dont le principe avait pourtant été "collectivement"acté, rappelle , il y a 6 mois par les créanciers du pays, c'est-à-dire le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne et Banque centrale européenne (BCE). Qu’importe, Pierre Moscovici tient à une nouvelle fois mettre la pression sur les responsables grecs qui ont déjà consenti, entre autres, à engager de nouvelles coupes, dans les retraites par exemple, l’une des conditions préalables au versement de la nouvelle tranche d’aide de 86 milliards d’euros de prêts.
   Les médecins sont-ils vraiment formés? On en discute dans le corps médical...
                Athènes soufre pourtant d'un mal insoutenable.  Ce mal n'est pas guérissable par les remèdes traditionnels.
      Certains préconisent un allégement de l'acharnement médical,, seul moyen de ne pas intoxiquer un peu plus le malade, qui ne se relèverait pas.
      Certains avaient prévenu: ce traitement est contre-nature.
        Des thérapeutes du  FMI: avaient émis des réserves.
          Tant d'incompétences, voire d'aveuglement et de cynisme même ne semblent pas possible... Et pourtant...
 Un membre du FMI a lâché quasi-officiellement le morceau:
_____"ON A RENFLOUE LA GRECE POUR SAUVER LES BANQUES FRANCAISES ET ALLEMANDES"...
.....Qui avaient fait là-bas de fructueuses,mais aventureuses affaires. Comme un certain nombre de multinationales.
       Les grands gagnants sont aussi les milliardaires grecs, auxquels la Troïka n'a pas touché. 
___________On ne disait pas ce qu'on faisait, on faisait ce qu'on ne disait pas...en toute discordance avec les beaux principes européens, sous le signe final de la concurrence la plus féroce. Paroles, paroles...
_80% de l’aide à la Grèce a bénéficié au secteur financier.
    On comprend pourquoi Merkel avait peur. 
_____________________Pendant ce temps-là...
      On meurt en Grèce...une Grèce que l'on déclare fautive.            
            La tragédie continue...Le malade est à bout de forces.
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FMI: on avait tout faux

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(C'était en 2013...)

Alertez La-garde!  
_______________Madame la Marquise,
On déplore un tout petit rien, un incident, une bêtise...♪♫
Juste une erreur de calcul...
 Pardon pour les sacrifiés sur l'autel de l'austérité, en Grèce et ailleurs..
  C'est ballot!
Une erreur de formule : ΔYi,t:t+1 = α + β Forecast of ΔFi,t:t+1|t + ε i,t:t+1...
  "Voilà à quoi ressemble l’équation qui a été incapable de faire le lien entre coupe budgétaire des Etats - les fameuses "économies" exigées sous la menace - et baisse de rentrée fiscale. C’est le « multiplicateur fiscal », outil économique qui a plus ou moins montré qu’il fonctionnait entre la seconde guerre mondiale et 2008, mais qui est incapable de prévoir l’ampleur des effets d’une panique généralisée ou d’une franche baisse de moral des populations..."
Et voilà pourquoi votre fille était muette! 
 Une banale  erreur humaine. Mais c'était bien sûr! 
_Voilà, c'est réparé. Faute avouée....Tout le monde peut se tromper.
Mais on fait quoi, maintenant?...
____________
_______Faut-il en rire ou en pleurer?
Voilà qui est digne du Père Ubu.
 Comme le médecin qui se trompe gravement  de remède et propose de le poursuivre, malgré l'accentuation du mal.
Les experts disaient: la rigueur est incontournable. Même en Grèce, il faut doubler les doses, sans morphine.

Le bon sens remarquait pourtant: elle est absurde et contreproductive. Il ne fallait pas être grand clerc pour imaginer ce qui devait arriver. Faire crever le malade dans les pires conditions.
Et il n'y a pas que la Grèce...Le FMI... remet en cause désormais tous les modèles appliqués à 26 pays européens. 
 L’Espagne s’enfonçait, mais les économistes— « les meilleurs du monde », selon le mot de M. Michel Camdessus quand il dirigeait cette institution __poursuivaient leur tâche très professionnelle...
Comme dit Paul Krugman, "...Il est tentant de dire que les échecs économiques des dernières années sont la preuve que les économistes n'apportent pas de réponses. Mais la vérité est en fait bien pire : en réalité, l'économie a apporté de bonnes réponses, mais les dirigeants politiques – et bien trop d'économistes – ont choisi d'oublier et d'ignorer ce qu'ils auraient dû savoir."
Le FMI a retenu ce qui l'arrangeait, ce qui correspondait à ses prénotions, ses a priori idéologiques.  
Les modèles mathématiques et les algorithmes complexes ont montré leurs limites depuis longtemps, leur fonction de paravents de pratiques douteuses et de multiplicateurs de crise, comme dans le Trading haute fréquence.
Lordon avait depuis longtemps fustigé la misère épistémique de certains comportements économiques, les dérives de certains économistes, surtout ceux qu'on appelle d'influence, en phase avec les errances des marchés, aveuglés par un ultralibéralisme à courte vue.
_____"Ce que nous voulons simplement rappeler, c’est que les décisions humaines engageant l’avenir sur le plan personnel, politique ou économique ne peuvent être inspirées par une stricte prévision mathématique, puisque la base d’une telle prévision n’existe pas" disait un certain Keynes en 1936.
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Tendances et hypothèses

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Quelles tendances pour l'Europe de demain?

            La crise n’est pas terminée, mais elle laisse déjà un paysage social dévasté. Après en avoir décrit les effets sociaux, cette contribution s’interroge sur l’existence d’alternatives aux politiques néolibérales menées aujourd’hui en Europe.
    L’empreinte de la crise
                                      On peut résumer simplement le bilan sur l’emploi en remarquant qu’il y a aujourd’hui le même nombre de personnes disposant d’un emploi qu’au moment où la crise a éclaté: la création nette d’emplois a été nulle dans la zone euro au cours de ces huit dernières années. Il n’est donc pas étonnant de constater que le taux de chômage est aujourd’hui de 10 %, soit près de deux points de plus qu’au début de la crise. Cette moyenne recouvre d’importantes disparités entre pays: le taux de chômage dépasse les 20 % en Grèce et en Espagne, alors qu’il est inférieur à 5 % en Allemagne et au Royaume-Uni. Mais surtout, ces chiffres globaux ne rendent pas compte des transformations structurelles enclenchées par la crise.
  La crise a d’abord un impact sur la démographie: à partir de 2009, la population totale diminue dans les pays les plus frappés par la crise, notamment l’Espagne, le Portugal et la Grèce. Ce phénomène s’explique par l’inversion des soldes migratoires: les entrées d’immigrés se tarissent, et l’émigration se développe. Mais la crise laisse aussi sa marque sur un autre indicateur dont on pourrait penser qu’il était relativement indépendant, à savoir le nombre de naissances. Il est frappant de constater qu’il a suivi la même évolution en Espagne et en Grèce: baisse jusqu’au milieu des années 1980, stabilisation, puis augmentation depuis le début du siècle (voir graphique 1). Et, dans les deux pays, l’irruption de la crise provoque un nouveau retournement à la baisse.
 

Graphique 1 Nombre de naissances en Grèce et en Espagne

sombre1
[En milliers. Source: Eurostat]
    Ces involutions contribuent à la dévitalisation des pays concernés, avec le départ de jeunes qualifiés. Elles renforcent le cercle vicieux de l’austérité, à court terme, mais aussi à long terme en rendant plus difficile l’équilibre et le financement des retraites.
Les mouvements souterrains
                                       Les chiffres du chômage et de l’emploi recouvrent des mouvements moins visibles, des transformations qui correspondent pour la plupart à des inflexions irréversibles.
Le chômage des jeunes est mieux appréhendé par la part des jeunes (de 15 à 29 ans) ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation (NEET, Not in Education, Employment or Training) que par le taux de chômage. Cette proportion a augmenté dans l’Union européenne, passant de 13,2 % en 2007 à 15,9 % en 2013. Elle a ensuite commencé à baisser pour revenir à 14,8 % en 2015. Mais elle reste très élevée dans les pays les plus touchés par la crise, comme l’Italie (25,7 %), la Grèce (24,1 %) ou l’Espagne (19,4 %). Le chômage de longue durée augmente depuis 2008 et recule, mais plus lentement que le chômage global. La crise a ici creusé un double sillon: elle a éloigné durablement de l’emploi une partie des travailleurs, souvent les plus âgés, et elle a inscrit dans la réalité sociale le long et difficile accès des jeunes à l’emploi.
    Dans un premier temps, la durée du travail a servi de variable d’ajustement entre activité économique, emploi et chômage. Sous des formes diverses (chômage partiel, maintien négocié des effectifs, travail à temps partiel, etc.) la baisse du temps de travail a permis d’amortir l’impact immédiat de la crise sur les effectifs employés. Mais cet hommage du vice à la vertu était provisoire: le mouvement s’est interrompu dès qu’une légère reprise a semblé s’installer. Tout se passe depuis comme si les modulations de la durée du travail étaient purement liées à la conjoncture: la crise n’a pas conduit à faire d’une réduction collective du temps de travail un instrument structurel de lutte contre le chômage. Tout au contraire, les réformes visent à une utilisation différenciée de la durée du travail: elle devrait augmenter pour les emplois «compétitifs» et être réduite pour permettre la multiplication des petits boulots.
   Le travail à temps partiel est en effet le moyen de créer un plus grand nombre d’emplois pour un même volume d’heures travaillées. Il n’est donc pas étonnant de constater qu’il a franchi une marche d’escalier dans les pays les plus frappés par la crise. Entre 2007 et 2015, la part de salariés à temps partiel est ainsi passée de 13,4 % à 18,3 % en Italie et de 11,4 % à 15,6 % en Espagne. Cette évolution est d’autant plus régressive que la part du temps partiel subi est très élevée (68,8 % en Grèce, 63,9 % en Italie et 63,4 % en Espagne) et qu’elle s’accompagne dans ces pays d’une progression encore plus rapide des contrats courts (moins de 15 heures par semaine).
   Comme les emplois à temps partiel sont majoritairement occupés par des femmes, on s’aperçoit alors que la progression du temps partiel équivaut à une autre bascule importante dans la structure de l’emploi. Entre 2008 et 2015, le nombre d’emplois à temps plein a baissé de 7,6 millions dans l’Union européenne et ce recul a été compensé à peu près pour moitié par une augmentation de 3,7 millions d’emplois à temps partiel. En même temps, l’emploi masculin a reculé de 4,7 millions alors que l’emploi féminin a augmenté de 0,8 million. La part des femmes dans l’emploi total a donc continué à progresser pendant la crise, mais cette progression a été largement conditionnée par celle du temps partiel (voir graphique 2). La crise a ainsi réaffirmé et généralisé la «fatalité» du temps partiel pour les femmes
 

Graphique 2 Emploi des femmes et travail à temps partiel

sombre2
[Source: Eurostat]
   La bipolarisation de l’emploi
                                       La crise a accentué les tendances à la segmentation et à la bipolarisation du marché du travail, entre les «petits boulots» et les emplois qualifiés et mieux rémunérés. Une très intéressante étude [1] l’a récemment montré au niveau de l’Union européenne. Elle classe les emplois en cinq quintiles ou tranches de rémunération et observe leur progression entre 2011 et 2015 selon les différents statuts d’emploi. Le graphique 3 illustre les principaux résultats de cette étude: chaque colonne représente la progression du nombre d’emplois selon la tranche de salaires considérée. La première colonne correspond aux 20 % les moins bien payés, la deuxième aux 20 % suivants, et ainsi de suite jusqu’au 5e quintile le mieux payé.
 

       Graphique 3 Croissance de l’emploi dans l’UE entre 2011 et 2015 selon la tranche de salaires et le statut

sombre3
En millions. Source: Fernández-Macías et al. [1]
On peut repérer quatre évolutions significatives.
 

  1. la polarisation des emplois s’accentue: seules les catégories extrêmes voient leurs effectifs progresser significativement;

 

  1. la précarisation s’installe: dans toutes les catégories d’emploi, sauf les 20 % les mieux payés, les emplois à plein temps reculent; pour les 20 % les moins bien payés, la progression des emplois se fait pour l’essentiel sous forme de CDD et de temps partiel;

 

  1. les inégalités salariales se creusent: l’emploi des 20 % les mieux payés augmente principalement sous forme de temps plein.

 

  1. l’emploi indépendant recule, sauf parmi les salariés les mieux payés.

   Vers la fragmentation salariale
                      La progression du pouvoir d’achat des salaires a évidemment été freinée par la crise mais n’a pas complètement été annulée. En moyenne, ce pouvoir d’achat a augmenté de 4 % dans l’Union européenne entre 2008 et 2015. Mais ce résultat global est trompeur parce qu’il ne prend pas en compte les effets de structure: la crise a surtout détruit des emplois à plus bas salaires, et cela fait que le salaire moyen est tiré vers le haut [2]. Et, bien sûr, les salariés qui perdent leur emploi perdent une bonne partie de leur revenu. Et, bien sûr aussi, cette moyenne recouvre de grandes disparités selon les pays: là encore, il faut citer la Grèce où le recul du pouvoir d’achat atteint le record de 17 %.
   De manière apparemment paradoxale, la crise a fait monter la part des salaires dans la valeur créée. Mais ce n’est pas vraiment un paradoxe: en moyenne toujours, ni le freinage salarial ni les suppressions d’emplois n’ont pleinement compensé le recul de la production. On pourrait alors parler de «retour à la normale», dans la mesure où la part des salaires a retrouvé son niveau du début des années 2000.
    Cependant cette évolution globale recouvre des processus moins visibles qui concernent la structure sectorielle de la masse salariale. Dans une précédente contribution [3], nous analysions les projets visant à déconnecter l’évolution relative des salaires entre les deux grands secteurs de l’économie: le secteur exposé à la concurrence internationale et celui qui en est «abrité». On pouvait déjà montrer que s’amorçait un changement de régime salarial, d’une progression relativement homogène des salaires dans ces deux grands secteurs à une déconnexion [4].
    C’est d’ailleurs une recommandation de la Commission européenne qui, dans le jargon qui lui est propre, invoque une «nécessaire réallocation des ressources des secteurs non échangeables vers les secteurs échangeables». Autrement dit, la «dévaluation interne» (l’autre nom de l’austérité salariale) ne suffirait pas, il faudrait aussi dévaluer le «taux de change interne» entre les salaires des secteurs exposé et abrité. Bref, l’austérité devrait être particulièrement ciblée sur les salaires du secteur dit abrité, celui qui n’est pas exposé à la concurrence internationale. Et c’est bien ce qui se passe: dans presque tous les pays [5], le salaire moyen dans les services décroche par rapport au salaire moyen dans l’industrie (voir graphique 4).
 

Graphique 4 La déconnexion salariale Différentiel d’évolution du salaire moyen entre les services et l’industrie

sombre4
[Base 100 en 2000. Source: Ameco]
      Une telle tendance à la déconnexion des salaires entre grands secteurs de l’économie signifie que la majorité des pays européens converge vers un modèle «à l’allemande» où la progression des salaires ne suit plus la productivité du travail moyenne dans l’ensemble de l’économie mais la productivité spécifique de chaque secteur, voire de chaque entreprise. Le secteur exposé à la concurrence internationale ne serait ainsi plus handicapé par les coûts du travail «excessifs» dans le secteur des services.
   Les réformes structurelles portant sur l’organisation des marchés du travail ont notamment pour fonction de rendre cette déconnexion possible. L’objectif est de décentraliser au maximum la négociation collective pour la rapprocher de la réalité des entreprises et d’ajuster la progression des salaires aux performances de chaque entreprise. La «loi travail» française est un bon exemple de cette logique, puisque la plupart de ses dispositions visent à rendre possibles des accords dérogatoires par rapport aux conventions collectives de branche.
   Les transformations que l’on vient de décrire ne sont pas le produit d’évolutions spontanées. Elles ont été accompagnées par la mise en œuvre de «réformes structurelles» qui marquent déjà de leur empreinte le fonctionnement des marchés du travail. Une enquête de la Banque Centrale Européenne sur les salaires [6] montre ainsi que 10 % des employeurs européens trouvent qu’il est plus facile d’«ajuster l’emploi» en 2013 qu’en 2010. Ce pourcentage est particulièrement élevé (30 % et plus) dans les pays les plus touchés par lesdites «réformes» comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal. Le classement est analogue en ce qui concerne l’ajustement des salaires, qui est devenu plus facile dans à peu près tous les pays, notamment pour les nouvelles embauches.
   Les mutations du marché du travail passent aussi par des changements dans les systèmes de négociation collective. Les tendances défavorables aux salariés (réduction de la couverture conventionnelle, recul de la syndicalisation, décentralisation des négociations salariales) étaient à l’œuvre avant la crise et engendraient déjà un creusement des inégalités [7]. Mais la crise a introduit une «rupture politique», comme le souligne Jelle Visser [8]. L’intervention de l’État est devenue beaucoup plus prégnante en matière notamment de formation des salaires: les plans sociaux qui visaient à obtenir un relatif compromis ont ainsi disparu du paysage et, dans les pays les plus touchés par la crise, la négociation salariale a «plus ou moins disparu». Là encore, l’effet de la crise a été d’approfondir le clivage entre quelques pays «régulés» et les autres, plus nombreux, «où ce sont les marchés qui décident, où la négociation salariale est fractionnée et non coordonnée, et où les niveaux d’inégalité de revenus sont plus élevés» [9].
   Grande récession, grande bifurcation?
                                                            Ce rapide survol a permis d’illustrer la variété des processus d’ajustement d’un pays à l’autre, qui rend assez vaines les tentatives de comparaisons internationales fondées sur tel ou tel indicateur unidimensionnel. Le constat le plus frappant de ce passage en revue est sans doute que la crise a accéléré la divergence entre les différentes zones de l’Union européenne. Elle n’a pas frappé tous les pays de la même manière et les politiques d’austérité ont été inégalement sévères. Dans les pays du «Nord», les tendances déjà présentes avant la crise ont été accentuées alors que, dans les pays du «Sud», le recul de l’emploi s’accompagne d’inflexions irréversibles dans le fonctionnement des marchés du travail. Enfin, la déconnexion salariale entre secteurs abrités et exposés semble s’être généralisée à l’ensemble des pays européens: avec la montée du temps partiel, c’est sans doute l’indice d’une inflexion durable vers un nouveau modèle social essentiellement dualiste.
   There is no alternative
                                      Le rapide tableau qui vient d’être brossé montre que les réformes néolibérales du marché du travail sont porteuses d’une régression sociale systématique, et on pourrait facilement généraliser ce diagnostic à l’ensemble des politiques menées en Europe [10]. Au-delà de ce constat, la question qui se pose est d’interroger la cohérence et l’efficacité de ces politiques.
   Il faut commencer par dépasser l’analyse marxiste basique des enjeux de la crise. Elle consiste à dire que l’austérité et les réformes structurelles sont des politiques cohérentes parce qu’elles visent à rétablir le taux de profit, et qu’il n’y a pas d’autre manière pour le capitalisme de sortir de la crise.
  C’est vrai, mais c’est incomplet. L’austérité salariale ne suffit pas pour sortir d’une grande récession: il faut aussi une dévalorisation massive du capital qui remette les compteurs à zéro. Or, et c’est l’un des paramètres de la situation actuelle, le capitalisme financier n’en veut pas. Une lecture sans doute plus adéquate pourrait être la suivante. Les différentes fractions du Capital poursuivent (dans des proportions diverses) deux objectifs: rétablir le taux de profit certes, mais aussi conserver et valider les droits de tirage acquis avant la crise sous forme de capital fictif. Bref, les capitalistes refusent de «prendre leurs pertes»: ils veulent le beurre et l’argent du beurre.
  Mais ces deux objectifs sont manifestement contradictoires. Ils le sont encore plus si l’on prend en compte deux autres paramètres essentiels de la période ouverte par la crise, à savoir l’épuisement des gains de productivité et le freinage de la mondialisation. Pour présenter les choses autrement, il y a au fond trois manières de faire monter le taux profit: en dévalorisant le capital, en faisant des gains de productivité ou en baissant les salaires. Dévaloriser le capital, les capitalistes ne veulent pas. Faire des gains de productivité, ils ne peuvent pas, apparemment. Si on laisse de côté le pari sur les «réformes structurelles» qui relève de la pensée magique, il ne reste qu’un seul levier: la compression salariale.
    L’impasse réformiste
                                    Il y a là une logique implacable et c’est pourquoi toutes les tentatives de convaincre les capitalistes     qu’il existe une manière plus rationnelle et plus efficace de sortir de la crise ont quelque chose de pathétique. C’est l’un des enseignements de la crise grecque que l’on peut évoquer rapidement: le gouvernement Syriza est arrivé aux négociations avec la Troïka porteur d’un projet de restructuration de la dette. Un plan avait été concocté en liaison avec la banque Lazard, dont les grandes lignes avaient été présentées par le banquier Mathieu Pigasse: il suffit d’écouter son interview [11] pour vérifier que ce plan était parfaitement rationnel, raisonnable, et qu’il constituait a priori une bonne base de départ pour un compromis lui aussi raisonnable.
   On sait ce qu’il en est advenu, et on pourrait malheureusement généraliser cette leçon de choses à toutes les alternatives rationnelles, aussi cohérentes soient-elles: ce n’est pas par la conviction qu’elles pourraient être mises en œuvre, parce qu’elles impliquent forcément l’abandon de l’un ou l’autre des objectifs cités plus haut, soit en freinant la course à la rentabilité, soit en remettant en cause les droits acquis sur la plus-value.
   L’effroi bourgeois
                     Une autre politique des dominants n’est pas possible, mais cela ne veut pas dire que celle qu’ils imposent aux peuples fonctionne. Nous avions déjà commenté les inquiétudes du FMI [12] à propos de l’économie mondiale. Elles sont peut-être encore plus grandes en Europe, comme en témoignent ces cris d’alarme lancés par trois responsables européens: «Jamais encore, je n’avais vu une telle fragmentation, et aussi peu de convergence dans notre Union», «L’Union européenne est en danger. Personne ne peut dire si [elle] existera encore en l’état dans dix ans», «L’Europe ne produit pas assez de résultats» [13].
   Plus récemment encore, une tribune (passée relativement inaperçue) est proprement hallucinante [14]. Les signataires composent un étrange équipage, puisqu’on y trouve Christine Lagarde, directrice générale du FMI et Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC, mais aussi les PDG d’Air France-KLM et de Veolia. Et même celui du PMU (Pari Mutuel Urbain) plus habitué sans doute aux paris hippiques qu’à la prospective économique.
    Les quinze personnalités déplorent que «la poursuite excessive d’une finalité exclusive – maximiser les profits pour les actionnaires – a isolé l’entreprise et nourri la suspicion à son égard», récusent «l’idée fausse qu’une entreprise appartient à ses actionnaires» et reprennent à leur compte «le consensus de plus en plus fort» selon lequel «la financiarisation du capitalisme est une erreur». Ils se prononcent donc «en faveur d’une économie de marché responsable», et, pour y arriver, nos apprentis altermondialistes se bornent à proposer la modification des articles 1832 et 1833 du Code civil français, ce qui va assurément bouleverser le fonctionnement du capitalisme.
   Il faut cependant prendre au sérieux ces manifestations d’inquiétude parce qu’elles expriment le sentiment des gestionnaires des intérêts capitalistes de ne pas disposer des outils nécessaires pour «mordre» sur tous les aspects de la réalité. De ce point de vue, le désarroi exprimé par la Commission européenne dans une récente communication [15] mérite d’être détaillé. On y trouve d’abord une autocritique sur l’austérité budgétaire menée à contretemps: «l’orientation budgétaire de la zone euro a été restrictive au cours de la période 2011-2013, à un moment où l’économie se détériorait».
   La Commission va encore plus loin, quand elle découvre les problèmes posés par l’absence de coordination budgétaire au niveau européen. La politique optimale ne saurait être «le résultat spontané de l’application des règles budgétaires à chaque Etat membre» et elle est difficile à atteindre «en l’absence d’un budget centralisé qui pourrait jouer un rôle plus actif». La Commission se met même à rêver: il faudrait «considérer la zone euro comme une entité unique, comme s’il y avait un ministre des Finances pour l’ensemble de la zone euro, et définir la politique budgétaire en termes agrégés».
  Pourtant, il y a les fonds structurels, la Banque européenne d’investissement et son Fonds européen pour les investissements stratégiques, le plan Juncker, mais cela ne semble pas suffisant à la Commission qui suggère une relance équivalant à 0,5 % du PIB européen, soit environ 50 milliards d’euros. Mais qui va relancer? «Ceux qui n’ont pas de marge de manœuvre budgétaire voudraient l’utiliser; ceux qui en ont ne veulent pas l’utiliser» tel est le «paradoxe» que souligne la Commission. Cet appel du pied à l’Allemagne pour qu’elle prenne sa part dans une «orientation budgétaire plus positive» est évidemment appelé à rester lettre morte.
  Les manifestations de cet «effroi bourgeois» renvoient à une autre source d’inquiétude: la régression sociale – qui découle mécaniquement des politiques capitalistes de sortie de crise – est le tremplin qui propulse les courants souverainistes polarisés par l’extrême-droite. Les ravages sociaux du néolibéralisme leur fournissent la base économique, l’enrobage xénophobe et réactionnaire n’étant au fond que la «superstructure» qui sert à dévier la question sociale vers les affirmations identitaires.       (Novembre 2016, pour A l’Encontre
              (Merci à  Michel Husson)

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2012: année faste...pour les banques

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 
Merci à Bakchich
 2012: un grand cru.

__Petit papa Noël a gâté nos amis banquiers
Une très bonne année vient de se terminer pour les plus grands.
Félicitations!
 ____________Dans un premier temps, "pas un seul membre de la grande famille du crime financier international – exception faite de Madoff - ne passera le réveillon en prison"…C'est déjà ça!
 "Du jamais vu depuis la Grande Dépression des années 30. Les organes de contrôle et de sanction de la criminalité financière jettent l’éponge les uns après les autres. De manière plus ou moins subtile, partout la puissance publique renonce à appliquer la loi dès lors qu’il s’agit des méfaits commis par ceux qui exercent les métiers supérieurs de l’argent. Mieux, les transactions destinées à éviter que des poursuites pénales soient engagées contre les auteurs de prétendus « crimes sans victime » poussent comme des champignons.
 Le phénomène, qui prend des proportions obscènes aux USA, s’observe également en Europe, à commencer par la Grande Bretagne où l’industrie financière a remplacé depuis longtemps l’industrie tout court. Les cols bleus ont été sacrifiés – mondialisation oblige – au profit des cols blancs ; lesquels, notamment au sommet de la pyramide de la profession bancaire, ont progressivement réécrit les règles du jeu.
 Devenus plus puissants que les Etats dont il ont financé les déficits en masquant la lâcheté politique de leurs élites, les banquiers ont exigé que ces derniers passent l’éponge et les absolvent de leur cupidité sans borne et de ses conséquences criminelles...."
_ Franklin Delano Roosevelt aurait-il eu la même mansuétude vis à vis du gouvernement des banques, dont le pouvoir a été à peine écorné? Roosevelt qui disait publiquement: "...Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix – le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l’antagonisme de classe, l’esprit de clan, le profiteur de guerre. Ils avaient commencé à considérer le gouvernement des États-Unis comme un simple appendice à leurs affaires privées. Nous savons maintenant qu’il est tout aussi dangereux d’être gouverné par l’argent organisé que par le crime organisé. Jamais dans toute notre histoire ces forces n’ont été aussi unies contre un candidat qu’elles ne le sont aujourd’hui. Elles sont unanimes dans leur haine pour moi – et leur haine me fait plaisir. Je peux dire que lors de mon premier mandat ces forces menées par l’égoïsme et la soif du pouvoir ont trouvé un adversaire à leur hauteur. J’aimerais pouvoir dire à l’issue de mon deuxième mandat qu’ils ont trouvé leur maître..."
__Les banques, ayant tant reçu des Etats, ne disent même pas merci, les ingrates!
 Elles continuent même à continuent à spéculer en douce, comme la plus importante de toutes, qui donne l'exemple, en toute légalité, Goldman Sachs. Elles ne risquent pas trop d'être inquiétées: on a tant besoin d'elles...Elles ne souhaitent qu'une chose: qu'on continue à les laisser faire.
Le Trading haute-fréquence continue à produire des profits juteux, sur le dos des investisseurs.
Le pillage financier peut continuer. Gageons que 2013 sera aussi bonne...
La remise en ordre de la finance n'est encore qu'un objectif lointain, toujours repoussé.
Michel Rocard, peut-être par étourderie, signalait il y a peu que « De 1801 à 1973 la Banque de France a financé l’État sans intérêt. Si c’était encore le cas notre dette serait 17% du PIB » 
__C'est le moment de relire Jean de Maillard.
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- Profits astronomiques pour les banques américaines en 2012 : symptôme d'un effondrement à venir ? 
- Les banques continuent à se goinfrer…
- L’Europe aussi soutient ses banksters 
- L'industrie de la finance est-elle devenue totalement incontrôlable ?
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Les hommes sont mortels

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 ...Les partis aussi

                        Le PS aussi, en état de coma dépassé.
                                  [ « Chaque heure est sur ma tête un glaive suspendu. »Victor Hugo ]
Goya
       Ira-t-il jusqu'à l'autodestruction, le suicide?
           Par étapes, depuis le Congrès de Rennes, le processus est en route.
     Le parti ci-devant socialiste peut ne pas se remettre de cette dernière épreuve fratricide. Son identité est touchée au coeur. Nul fédérateur digne de ce nom.
  Est-il possible de rebâtir la gauche, se demandait-on il y a déjà une dizaine d'années. Du moins cet amalgame de tendances vaguement sociales qui prend encore le nom de gauche, qui a épousé la déferlante néo-libérale qui secoue l'Europe, et les vieux partis appelés sociaux-démocrates. Jaurès n'y retrouverait p as ses petits.
   Même si le socialisme reste une idée plus que jamais d'actualité au vu des désordres financiers et les inégalités croissantes. C'est même une question de survie.
   Redonner un sens au mot gauche, au sein d'institutions rénovées, est une urgence.
     La situation est grave, mais pas désespérée.
                 En attendant, le spectacle est affligeant. Les primaires qui s'annoncent, stratégie de survie, agissent comme un révélateur, non de saines diversités, mais de fractures mortelles.  A l'horizon, nul fédérateur.
     Affligeant mais prévisible, au vu des orientations, des renoncements, des choix ou non-choix d'un Président qui a renoncé.à ses engagements de campagne: Moi, Président...
   Le big bazar s'annonce, jusqu'à l'absurde.   C'est à craindre.
   _____    Tel Cronos dévorant ses enfants, le PS se détruit lui-même à petit feu.
   La stratégie de l'édredon et des promesses non tenues ne pouvaient  déboucher que sur une bataille de polochons.
     Perdu les pédales...La dérive continue.
                                   Donc, ce ne sera pas lui.
     Pour le première fois, une belle unanimité.
Il avait dit: je ne suis socialiste.  Tout s'explique.
    On ne regrettera pas le social-libéralisme.
         Mais où est passée la souveraineté populaire? 
                 Ouate end scie...
P.....,! encore six mois!
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Jules Verne ne rêvait pas...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 
______ On pensait qu'il fabulait, que son imagination l'emportait loin des frontières du plausible.
Mais il ne faisait qu'anticiper de géniale manière.
Car un céphalopode géant vient d'être observé, bien que la confirmation de son existence soit plus ancienne.
" ...On retrouve la trace des premiers céphalopodes géants chez l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien. Ce romain, naturaliste de la première heure, décrit un polypus, signifiant « nombreux pieds » et traduit par « poulpe » dans certaines versions mais possédant « deux bras majeurs », dont les tentacules attendraient les 30 pieds de long, soit plus de neuf mètres, pour un poids de 700 livres, soit plus de 300 kg.
Dans la culture occidentale, les grands calmars ont grandement nourri l'imagination des marins et inspiré les auteurs de la littérature fantastique comme en témoignent les écrits autour de la légende scandinave du Kraken, monstre marin à l'allure d'un calmar géant. Jules Verne décrit notamment dans Vingt mille lieues sous les mers en 1869 « un monstre horrible, digne de figurer dans les légendes tératologiques [...] un calmar de dimensions colossales, ayant huit mètres de longueur » qui s'en prend à l'équipage du Nautilus.
C'est Pierre Dénys de Montfort qui, après la découverte d'un morceau de tentacule de huit mètres de long dans la bouche d'un cachalot, risque sa réputation de naturaliste en tentant dès 1783 de sortir l'animal du légendaire. Pourtant les premiers calmars géants, constituant le genre Architeuthis, ne seront scientifiquement décrits qu'en 1857 par le zoologiste danois Japetus Steenstrup, avec l'holotype de Architeuthis dux, le « roi des chefs calmars ». Cette description ne marque cependant pas la reconnaissance des calmars géants par la communauté scientifique, et ce n'est que l'échouage de spécimens dans les années 1870 qui convainquit les sceptiques..." (Wiki)
___Comme sa cousine la pieuvre, il fut longtemps jugé répulsif, parfois utilisé comme métaphore pour caractériser la voracité et la monstruosité de certaines institutions jugées malfaisantes et dévorantes.
Un monstre des profondeurs?
C'est un "animal mystérieux, d'apparence quelque peu fantasmatique, avec ses huit bras armés de ventouses et son œil toujours vigilant, la pieuvre a de tout temps fasciné les hommes, qui lui ont attribué une dimension et des pouvoirs surhumains...De Victor Hugo à Jules Verne en passant par Simon de Montfort, les romanciers ont souvent présenté la pieuvre comme un monstre redoutable. Pourtant, s'il existe bien dans l'océan Indien et dans le Pacifique deux petites pieuvres dangereuses pour l'homme et, sur les côtes du Pacifique nord, une très grosse espèce (Octopus dofleini) pouvant peser jusqu'à 50 kg, la pieuvre est, en fait, une créature non agressive, plutôt craintive et paresseuse. Quant à l'animal géant qu'ont parfois rencontré les navigateurs, le fameux Architeutis dont la taille peut atteindre 20 mètres, ce n'est pas une pieuvre, mais un calmar,
qui peut être géant ..."


___La poulpe est un animal pourtant bien inoffensif et très intéressant, très intelligent, comme l'avait déjà remarqué Pline l'Ancien. Sans doute l'espèce la plus intelligente du monde marin après le dauphin, même s'ils sont difficilement comparables, du fait de leur anatomie, leur physiologie et leur système nerveux.

_Nos amies les bêtes , pas si bêtes, ont été et restent souvent mal comprises,  plus souvent fantasmées que prises en compte dans leur véritable nature.

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