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De l'isoloir

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 L'isoloir, objet incontournable
                                                 D'une grande banalité.
      Trois fois rien: une petite armature de bois ou de métal soutenant un rideau, à une ou plusieurs places. 
Un bout de tissu qui fait toute la différence. 
   Il est censé être le lieu où le secret du vote peut s'exercer, où un citoyen peut décider de son choix ultime à l'abri du regard d'autrui, loin de l'intimité familiale, de l'espace social, face à sa conscience et à l'intérêt général.  Seul.
   Il nous apparait aujourd'hui comme la normalité, s'imposant comme un objet indispensable, dont l'absence choquerait même un citoyen peu motivé.
      Mais il n'a pas toujours existé. Il a fallu du temps pour l'imposer.
  C'est une invention récente.

 

          " Il aura fallu attendre la loi de 1913, en France, pour son adoption qui alla de paire avec l'utilisation de l'enveloppe pour y glisser le bulletin de vote. Au préalable, l'électeur pliait en deux le bulletin de son choix et le donnait au scrutateur qui l'introduisait dans l'urne ce qui n'assurait pas réellement le secret du vote.."
    Il a d'abord provoqué la risée des députés.
On prêtait même "avec une « douce hilarité », des caractéristiques bien mystérieuses à ce que Charles Ferry désignait comme une « chinoiserie ». Après l’avoir qualifié de « cabanon », « cabinet », « cellule » et « confessionnal laïque et obligatoire », ils l’assimilaient par dérision à « l’alcôve », symbole des ébats amoureux : « Un adversaire ira même jusqu’à anticiper le temps où les femmes seraient électrices pour s’inquiéter des rencontres furtives des deux sexes dans l’obscurité… » D’autres, moins libertins, comparaient l’isoloir à un « couloir d’écoulement » servant à évacuer « des mauvaises odeurs qu’il est facile d’imaginer ». Aux égouts, quoi..."
    En Allemagne, il fut introduit plus tôt, en 1903
Il représente la  garantie du secret du vote, loin du regard d'autrui, mais fut d'abord considéré avec méfiance par les notables.
      Dans l'histoire du vote, il met fin aux pressions sur l'opinion, aux marchandages en tous genres 
 Comme le souligne Garrigou, "En réalité, l’ironie des députés cachait surtout leur réticence à l’égard de la capacité universelle à voter. Ils doutaient d’autant plus de l’aptitude du peuple à faire le bon choix que le suffrage devenait incontrôlable : « L’ancienne procédure électorale du vote secret en public accomplissait en effet une fonction de contrôle censitaire du vote. Les électeurs restaient toujours sous les regards des membres du bureau de vote. En disparaissant derrière un rideau, l’électeur échappait provisoirement à tout contrôle ». Autrement dit, la « cabine » mettait en danger les hommes de pouvoir qui, pour être élu, avaient pris la fâcheuse habitude d’exercer des pressions sur les masses... Finis les votes à mains levées ou par acclamations, pendant lesquels l’unanimité était souvent la règle ! « Ainsi les débats […] dressèrent-ils un rideau de fumée d’où percent des logiques de classes sociales et des désaccords profonds, mais peu avouables, sur un principe : l’égalité des capacités politiques »
    Les manipulations en tous genres étaient monnaie courante auparavant, à la mairie comme au travail, à la ville comme à la campagne, lorsque le vote était institué.
  Ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait pas d'autres formes de pression qui savent s'exercer en dehors de l'espace du vote... 
       L'isoloir fut donc une conquête populaire, même s'il ne garantissait pas par lui-même, comme par magie, les choix éclairés, ce qui a fait dire à JP Sartre:
 « L’isoloir, planté dans une salle d’école ou de mairie, est le symbole de toutes les trahisons que l’individu peut commettre envers les groupes dont il fait partie. Il dit à chacun : “Personne ne te voit, tu ne dépends que de toi-même ; tu vas décider dans l’isolement et, par la suite, tu pourras cacher ta décision ou mentir”. »
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Plaies américaines

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Des plaies encore très vives
                                            Le terrorisme d'extrême-droite qui s'est manifesté à Charlottesville, même s'il peut paraître circonscrit et minoritaire, a mis au jour un aspect inquiétant d'une certaine Amérique que l'on croyait révolu.

    Les suprémacistes ont manifesté une telle violence que l'on se croirait revenu plus d'un siècle en arrière. Certes, le racisme n'est jamais disparu, surtout dans certains Etats du Sud, mais le surgissement d'une telle violence, lourdement armée le plus souvent, ne manque pas d'interroger et d'inquiéter.
       Le grand twitter, imprécateur, provocateur et diviseur qui tient lieu de Président n' a pas été pour rien dans ce déchaînement, du moins indirectement, et ses réactions à l'événement ont été sévèrement jugées pas ses concitoyens sensés.
     On avait connu le Tea-Party, aux franges extrêmes du Parti Républicain, mais là on passe à un autre registre.
    On assiste à une forme de renaissance d'un néo-fascisme, parfois meurtrier, sans complexe, d'un terrorisme blanc surtout concentré dans les Etats du Sud, que l'inénarrable Trump semble d'abord avoir absous. avant de rectifier mollement et tardivement ses propos.
  Il y avait des gens très bien des deux côtés a-t-il d'abord déclaré. "Les propos présidentiels ont été immédiatement salués par David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan qui était présent à Charlottesville. Merci président Trump pour votre honnêteté et votre courage, a-t-il lancé sur Twitter, le remerciant d'avoir "dit la vérité" en dénonçant "les terroristes de gauche".
     Réaction classique, mais terrible, au coeur d'une Amérique déboussolée et...surarmée.

  L'Amérique a avec les armes à feu de toutes natures et de tous calibres, considérées comme  fondements de la liberté, un rapport fusionnel.
 ...La moitié des adultes connait personnellement quelqu'un qui a été abattu, accidentellement ou intentionnellement, et environ un quart reconnait avoir été menacé par arme. Ils considèrent que la violence des armes à feu constitue un très gros problème aux États-Unis, même s’ils en possèdent une eux-mêmes.
      Trump s'était déjà manifesté sur la "suicidaire" absence d'armement des victimes du Bataclan à Paris, comme Sarah Palin. Le remède à toutes les violences....mais sources de tant d'homicides et de carnages répétitifs, de dérives policières.
   Le Deuxième amendement ne sera pas abrogé cette fois encore. Au contraire. Même les déficients mentauxdevraient y avoir accès.
     La NRA a bien travaillé auprès de élus. Mais de façon non désintéressée. Et c'est bon pour le PIB.
        Quand les armes font la loi, avec le minimum de législation, on peut s'attendre à tous les excès.
         La Bible et le fusil, c'est le top dans certains Etats, comme les illustres fondateurs.
   Une addiction qui n'est pas prête de disparaître, malgré les velléités de Obama et les actions citoyennes, surtout sous une telle présidence, qui souffle sur les braises.
                   God save America!
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En marge...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 La mort aux trousses

Les histoires d'amour tournent mal...en général.




L'antiburqa-plage qui fait...des vagues.

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Certains se font remarquer...

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Faiblesse du franc fort

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

L'euro se renforce, dit-on.
                            Dans le climat d'une certaine reprise des affaires.
          Bonne nouvelle ou feu de paille?
   La force de la monnaie unique aurait de quoi rendre optimistes les gouvernants de l'euro-zone.
Dans le contexte d'une certaine embellie, très différentiée.
   Mais les choses ne sont pas si simples.

      Deux logiques monétaires s'affrontent et l'Allemagne s'oppose à la politique dite "laxiste" de Mario Draghi, pour éviter la récession. La politique de la chancelière, arc-boutée sur un euro-mark trop fort pour ses partenaires voisins,  l'obsession de l'épargne pour des raisons démographiques mais aussi électorales, tétanisée  par la crainte irraisonnée d'une inflation même minime, n'est guère cohérente avec le principe de l' autonomie de la banque centrale, qui s'efforce d'injecter des liquidité pour éviter une déflation dangereuse, mais sans relancer vraiment la croissance.
    Depuis 2014, Super-Mario s'efforce de colmater les brèches, pour combler les écarts,  mais ce jeu de pompier monétaire ne pourra plus durer très longtemps, tant que les disparités entre pays de l'euro-zones seront si marquées et que les effets de la crise seront encore si prégnantes, l'Allemagne s'arrangeant d'un euro très fort.
    L'argent peu cher et même les taux négatifs sont alléchants, mais cela n'est pas sans risques. L'Allemagne a sans doute raison dans certaines de ses mises en garde, même si sa crainte d'une certaine inflation est quasi-pathologique, mais que fait-elle pour  aider à bâtir une solidarité réelle et investir chez elle au lieu de continuer sa fuite mercantile en avant ver des surplus astronomiques?
   On le voit une fois de plus, la monnaie unique pose problème. A quand une monnaie commune négociée?
______________Fin décembre 2016, l’euro était à 1,04 dollar et beaucoup pariaient sur une parité totale avec le dollar. Mais depuis, la monnaie européenne est prise dans un courant ascensionnel qui semble sans fin. En huit mois, elle a gagné 13,4 % par rapport à la monnaie américaine, pour revenir à 1,18 dollar, comme fin 2015. Dans le même temps, l’euro s’est apprécié de plus de 10 % par rapport à un panier de devises étrangères.

 
Depuis le début de l'année, l'euro a gagné plus de 13 % par rapport au dollarDepuis le début de l'année, l'euro a gagné plus de 13 % par rapport au dollar
 
Pour certains analystes des marchés des changes, ces corrections sont juste le reflet de la situation mondiale actuelle. Alors que le dollar paie lourdement les débuts désastreux de la présidence Trump et les incertitudes économiques du pays – la monnaie américaine baisse par rapport à toutes les devises étrangères de référence –, la montée de l’euro traduit le retour de la croissance dans la zone euro, marquée par une baisse du chômage et un excédent commercial record. « Les perspectives de croissance en Europe se sont améliorées de façon impressionnante. L’économie croît très fortement », assure un analyste de BMO Capital cité par Bloomberg.    ___
Mais les choses sont moins simples:
Pour d’autres, ces mouvements sur les changes sont en fait les premières adaptations à un resserrement de la politique monétaire européenne, attendu au début de 2018. Pressé par les Allemands d’en finir au plus vite avec son programme de rachat d’obligations (quantitative easing) qui amène 60 milliards d’euros supplémentaires dans le système monétaire chaque mois, Mario Draghi avait lui-même esquissé en juin un changement prochain de la politique monétaire européenne dans un discours à Sintra (Portugal). Il avait évoqué alors la fin des forces déflationnistes en Europe et le retour de la croissance. Tous en avaient conclu que la BCE allait suivre le chemin de la Réserve fédérale et abandonner graduellement son programme de rachat et de taux zéro pour revenir à une politique monétaire plus normale.... Le président de la BCE va-t-il ou non fermer le robinet à liquidités qu’il a ouvert sans retenue pour sortir la zone euro de la crise ?  Avant même la remontée de l’euro, la question de la sortie de cette politique ultra-accommodante était déjà compliquée. Les marchés financiers, drogués à l’argent gratuit des banques centrales depuis le début de la crise financière de 2008, ont du mal à imaginer un avenir sans. Les liquidités qui tournent désormais sur les marchés de capitaux ont atteint des montants considérables. Le moindre changement risque de provoquer des mouvements de capitaux d’une ampleur impressionnante, des centaines de milliards se déplaçant en quelques clics sur les marchés des changes mais aussi sur les marchés obligataires et d’actions.
Mais l'optimisme n'est que de façade.
   Comme dit  Martine Orange:   ...trois trimestres de croissance ne suffissent pas pour assurer que l’économie européenne a retrouvé son cours normal, contrairement à ce que soutiennent certains observateurs et politiques, qui pensent qu’en quelques mois les traces d’une crise de près de dix ans ont été effacées. D’autant que ce rebond a pu avoir lieu grâce à des circonstances exceptionnelles : par crainte de la montée des populismes en Europe et d’un rejet de l’Europe après le Brexit, les responsables européens ont accepté, le temps des élections néerlandaises et françaises, d’accompagner la politique monétaire très accommodante de la BCE, en relâchant leur politique d’austérité et d’ajustement budgétaire sur les États. Mais maintenant que tout danger leur semble écarté, ils entendent revenir au plus vite au strict respect des règles des traités. Au risque de bloquer à nouveau toute l’économie européenne par des politiques récessionnistes, comme ce fut le cas en 2008 et 2011. Une éventualité que ne semblent même pas envisager les responsables européens, à commencer par ceux de la France....
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Finances et manipulations

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Finances grangrenées
                                  Par les dégâts qu'elle continue de causer, la haute finance n'en finit pas d'être l'objet de critiques, venues aujourd'hui de bords plutôt traditionnellement bien-pensants ou conservateurs. Même si parfois certaines sont de pures formes (électorales), même si d'autres visent seulement à établir des contre-feux.   
 Même le très libéral hebdomadaire britannique, The Economist, traite les banquiers de "banksters"(shoking!), un nom d'oiseau plutôt propre à la gauche radicale auparavant..
     Certes, on ne peut attendre d'organismes financiers, surtout géants, qu'ils se conduisent de manière aussi exemplaire que le ferait l'intendant de l'Institution Ste Marie, ou le cardinal-banquier du Vatican (quoiqu'à ce niveau, tout n'est pas catholique) et que le pouvoir que lui confèrent ses moyens et son manque de transparence ne les laissent à l'abri de dérapages.
L'argent rend fou, disait le conseiller de certains banquiers, Alain Minc...et il est difficile pour eux de se cantonner dans un métier qui devrait être ennuyeux. 
     Mais les dérives qui sont apparues à l'occasion de la crise dépassent de loin tout ce l'imagination humaine la plus débridée aurait pu soupçonner..
     Ce qui a été  et continue d'être mis en évidence, n'est pas seulement la place démesurée que la haute finance (accessible ou ténébreuse) a pris dans l'économie, son fonctionnement planétaire hors-sol, en vase clos, sans vrai contrôle, de manière purement spéculative, déconnectée  de l'économie réelle, du coup souvent déstabilisée.
   Mais aussi le fait que certaines grandes banques se livrent sciemment à des pratiques, disons, par euphémisme, peu orthodoxes.
                             Par exemple, elles manipulent dangereusement le marché des devises
"... Les banques sont les principaux acteurs sur le marché des devises et elles entretiennent une instabilité permanente des taux de change. Plus de 95 % des échanges de devises sont de type spéculatif. Une infime partie des transactions quotidiennes en devises concerne des investissements, du commerce de biens et de services liés à l'économie réelle, des envois de migrants.
Le volume quotidien des transactions sur le marché des devises tournait, en 2013, autour de 5 300 milliards de dollars (3799 milliards d'euros) ! Les banques qui disposent, comme les fonds de placement mutuel, de très importantes liquidités en usent et en abusent en poussant des monnaies à la baisse ou à la hausse afin d'obtenir des gains sur les différentiels de taux de change.
Les banques jouent également de manière déterminante sur des dérivés de change qui peuvent provoquer des pertes considérables, sans dcompter les méfaits de l'instabilité des monnaies pour l'ensemble de la société. A partir de mai 2013, les monnaies de grands pays dits émergents ont été soumises à des attaques spéculatives et ont perdu dans certains cas jusqu'à 20% de leur valeur.
Le taux de change entre le dollar et l'euro est aussi l'objet de la spéculation. Le marché des changes constitue le compartiment du marché financier global qui, aux côtés du marché des dérivés, a enregistré la plus forte croissance..."
       Taxer les transactions financières, pour en limiter l'ampleur, la vitesse et les aspects déstabilisants,  n'est plus vraiment à l'ordre du jour. Les renoncements des seuls régulateurs possibles (les Etats, contaminés)sont inquiètants. Roosevelt est bien loin... 
    Le scandale du Libor a fait apparaître une des faces cachées de certaines pratiques bancaires que Jean de Maillard n'hésiterait pas à appeler arnaques.
          Un ancien trader fait de son côté une critique sans concession d'un système qu'il connaît bien, même s'il ne va pas jusqu'à remettre en cause certains fondements. 
    "Compte tenu de ce parcours, le brûlot qu’il vient de publier sur «les dysfonctionnements des marchés financiers», titre de l’ouvrage, n’en est que plus éclairant sur les causes de la dernière crise et sur les motifs qui expliqueront la prochaine
Car toutes les leçons n’ont pas été tirées et les risques existent toujours; ils ont juste été déplacés des banques vers les marchés. Or, «pour être tranquille en matière systémique, il faudrait supposer que ces risques seront mieux supportés par les acteurs de marchés. On peut en douter», commente l’auteur. Rien n’est donc réglé..".
      Certains banquiers s'en prennent eux aussi à un dévoiement qu'ils ont pu observer et qu'on n'a pas fini de décrypter.
  Mais leurs voix comptent si peu... 
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 La Banque d'Angleterre démonte les dogmes ! 
- Les banques et la nouvelle doctrine

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Y'a des photos...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

...Qui donnent un sens inédit  au réel, qui parfois le magnifient
                     
|Fotêt de Chaumont]
   Invitent à le regarder autrement  et  donnent à penser.
      Par leur puissance d'expression et d'évocation.
        Où l'on rencontre l'oeil, l'esprit, la sensibilité et le savoir-faire de l'opérateur, qui savent se faire invisibles.
  Choses, parfois très banales, personnes ou situations: tout est bon pour l'appareil guidé par l'intuition et l'esprit.
  Photos célèbres ou non, elles en disent plus parfois plus long que certains textes ou leur donnent tout leur sens.
____Comme ces image qui donnent une idée comme aucune de la crise dramatique de 1929 aux USA, de ses répercussions sociales et psychologiques.
  Ou de la situation des enfants voués très tôt au travail.
  Celles qui nous rappellent un épisode du Mur de Berlin....
     Mais il n'y a pas que les photos historiques, évoquant une période ou une situation.
     Il y a toute la masse de celles qui côtoient le quotidien ou la "banalité" des jours. Car pour l'oeil du photographe, rien n'est inintéressant. Tout peut prendre sens, selon la sensibilité du moment, le cadrage, le jeu des lumières. Une feuille en automne, le visage d'un vieillard...
   Le beau, n'est pas dans le réel, mais dans la belle représentation du réel, disait à peu près Kant.
    Cette capacité à susciter notre attention, notre émotion, notre admiration, au coeur de la grisaille des jours.
    Cartier-Bresson et les autres, c'est d'abord un oeil, une passion et une incroyable attention au réel, avant d'être un objectif expérimenté, qui nous réconcilient avec les choses et les êtres.
 
 

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Acropole aux enchères?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

[C'était seulement il y a trois ans...]

 

Silence, on brade..
                             La Grève va mieux...disent-ils.
      Il arrive, il est vrai, que de grands malades connaissent quelques rémissions dans l'aggravation de leur mal. 
        C'est le bon docteur Barbarosso qui l'affirme, content de lui-même, comme Rajoy en Espagne, satisfait des remèdes de l'infaillible Troîka, ces ayatollahs de l'austérité: le berceau de la démocratie est en bonne voie de guérison. Les métastases ont cessé de progresser. 
  D'un optimisme sans faille, il n'a jamais vu dans le cas grec une faillite européenne,  qui est bien plus qu'héllène, mais une purge provisoire et nécessaire, une sorte de jeûne thérapeutique, en somme.  N'allez surtout pas croire que l'intervention chirurgicale visait d'abord le sauvetage des banques européennes, qui avaient joyeusement prospéré là-bas;  καθόλου ! Pas du tout!..
      Il l'affirmait avec un optimisme sans faille, comme un chirurgien légitimement fier après une délicate première et longue opération, lors de du lancement de la  présidence grecque de l’UE:
 "...Nous sommes bien au courant qu’il existe encore des situations extrêmement difficiles, y compris dans un pays comme la Grèce – des difficultés sociales, des épreuves, d’importants sacrifices – et nous savons que ces signes positifs que nous commençons à constater ne se font pas encore ressentir au niveau individuel. Je suis aussi pleinement conscient des difficultés que traverse la population grecque et je souhaite vraiment lui rendre hommage pour son courage et sa dignité ; et j’encourage le peuple grec, sous la direction de son gouvernement, à ne pas baisser les bras et mettre en péril les efforts accomplis. Je pense que nous pouvons dire au peuple grec que ses efforts et sacrifices lui ouvrent les portes d’un meilleur avenir. »
    La dignité? Quand une grande partie de la population côtoie la misère, quand le chômage progresse encore, quand même le système de santé est soumis à de sévères  restrictions et prend le chemin de la privatisation.  
     Aujourd'hui, là-bas, on pourrait aller jusqu'à  privatiser l'Acropole...ou presque! 
Comment, il est vrai, s'arrêter en si bon chemin, quand on a déjà bradé tant de biens publics?
   Le malade, en grande léthargie,  ne se plaint pas trop et n'est pas encore à l'agonie.
 On dit même que le tourisme reprend de la vigueur. Forcément, les salaires ont fondu, donc les prix sont devenus très attractifs. Vive la crise!
        Donc on peut forcer la dose et peut-être aller jusqu'à donner au monde le spectacle d'un pays entièrement privatisé, selon les dogmes d'un ultralibéralisme poussé jusqu'au bout de sa logique.  Reagan ne disait-il pas, à la suite de Hayek: l'Etat, c'est le problème?....
        Mais,mais...On apprend que d'autres médecins, grecs ceux-là, connaissant mieux le malade, ne partagent pas les vues discutables  du Président non élu de la Très Sainte Commission. L'un deux fait un diagnostic assez sombre:

       "...C'est bien connu : l'Histoire se répète parfois sous forme de tragédie, parfois sous forme de farce. Les premières années de la crise ont été marquées par de nombreux troubles sociaux ; il y en a beaucoup moins maintenant. Les gens rentrent chez eux et lèchent leurs plaies. Ils essaient de joindre les deux bouts, et de mettre de quoi manger sur la table. Pour résumer, les rues sont calmes, mais le mécontentement est fort, et la pauvreté, un cancer qui tue les gens psychologiquement.    De très nombreux ménages sont surendettés. Ce que j'ai pu observer au sein des familles, c'est une forme de dépression au sens clinique du terme, qui s'apparente beaucoup aux états bipolaires. Un jour, les gens sont catatoniques et, le lendemain, ils sont dans une forme d'optimisme bizarre, où ils éprouvent le sentiment totalement irréaliste que tout est possible. Puis la dépression revient. Pas besoin d'être grand clerc pour savoir de quoi tout cela est le terreau, on l'a déjà expérimenté dans les années 1930, et pas seulement en Allemagne... "
: l'Histoire se répète parfois sous forme de tragédie, parfois sous forme de farce. Les premières années de la crise ont été marquées par de nombreux troubles sociaux ; il y en a beaucoup moins maintenant. Les gens rentrent chez eux et lèchent leurs plaies. Ils essaient de joindre les deux bouts, et de mettre de quoi manger sur la table. Pour résumer, les rues sont calmes, mais le mécontentement est fort, et la pauvreté, un cancer qui tue les gens psychologiquement.  
De très nombreux ménages sont surendettés. Ce que j'ai pu observer au sein des familles, c'est une forme de dépression au sens clinique du terme, qui s'apparente beaucoup aux états bipolaires. Un jour, les gens sont catatoniques et, le lendemain, ils sont dans une forme d'optimisme bizarre, où ils éprouvent le sentiment totalement irréaliste que tout est possible. Puis la dépression revient. Pas besoin d'être grand clerc pour savoir de quoi tout cela est le terreau, on l'a déjà expérimenté dans les années 1930, et pas seulement en Allemagne... 

En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/yannis-varoufakis-il-aurait-mieux-valu-que-la-grece-fasse-faillite_1497444.html#VfEvWqrkclwjoj1s.99
: l'Histoire se répète parfois sous forme de tragédie, parfois sous forme de farce. Les premières années de la crise ont été marquées par de nombreux troubles sociaux ; il y en a beaucoup moins maintenant. Les gens rentrent chez eux et lèchent leurs plaies. Ils essaient de joindre les deux bouts, et de mettre de quoi manger sur la table. Pour résumer, les rues sont calmes, mais le mécontentement est fort, et la pauvreté, un cancer qui tue les gens psychologiquement.  
De très nombreux ménages sont surendettés. Ce que j'ai pu observer au sein des familles, c'est une forme de dépression au sens clinique du terme, qui s'apparente beaucoup aux états bipolaires. Un jour, les gens sont catatoniques et, le lendemain, ils sont dans une forme d'optimisme bizarre, où ils éprouvent le sentiment totalement irréaliste que tout est possible. Puis la dépression revient. Pas besoin d'être grand clerc pour savoir de quoi tout cela est le terreau, on l'a déjà expérimenté dans les années 1930, et pas seulement en Allemagne... 

En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/yannis-varoufakis-il-aurait-mieux-valu-que-la-grece-fasse-faillite_1497444.html#VfEvWqrkclwjoj1s.99
C'est bien connu : l'Histoire se répète parfois sous forme de tragédie, parfois sous forme de farce. Les premières années de la crise ont été marquées par de nombreux troubles sociaux ; il y en a beaucoup moins maintenant. Les gens rentrent chez eux et lèchent leurs plaies. Ils essaient de joindre les deux bouts, et de mettre de quoi manger sur la table. Pour résumer, les rues sont calmes, mais le mécontentement est fort, et la pauvreté, un cancer qui tue les gens psychologiquement.  
De très nombreux ménages sont surendettés. Ce que j'ai pu observer au sein des familles, c'est une forme de dépression au sens clinique du terme, qui s'apparente beaucoup aux états bipolaires. Un jour, les gens sont catatoniques et, le lendemain, ils sont dans une forme d'optimisme bizarre, où ils éprouvent le sentiment totalement irréaliste que tout est possible. Puis la dépression revient. Pas besoin d'être grand clerc pour savoir de quoi tout cela est le terreau, on l'a déjà expérimenté dans les années 1930, et pas seulement en Allemagne... 

En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/yannis-varoufakis-il-aurait-mieux-valu-que-la-grece-fasse-faillite_1497444.html#RemxKT1uZUjqBTkV.99
C'est bien connu : l'Histoire se répète parfois sous forme de tragédie, parfois sous forme de farce. Les premières années de la crise ont été marquées par de nombreux troubles sociaux ; il y en a beaucoup moins maintenant. Les gens rentrent chez eux et lèchent leurs plaies. Ils essaient de joindre les deux bouts, et de mettre de quoi manger sur la table. Pour résumer, les rues sont calmes, mais le mécontentement est fort, et la pauvreté, un cancer qui tue les gens psychologiquement.  
De très nombreux ménages sont surendettés. Ce que j'ai pu observer au sein des familles, c'est une forme de dépression au sens clinique du terme, qui s'apparente beaucoup aux états bipolaires. Un jour, les gens sont catatoniques et, le lendemain, ils sont dans une forme d'optimisme bizarre, où ils éprouvent le sentiment totalement irréaliste que tout est possible. Puis la dépression revient. Pas besoin d'être grand clerc pour savoir de quoi tout cela est le terreau, on l'a déjà expérimenté dans les années 1930, et pas seulement en Allemagne... 

En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/yannis-varoufakis-il-aurait-mieux-valu-que-la-grece-fasse-faillite_1497444.html#RemxKT1uZUjqBTkV.99

                                                                              Qui disait: " Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde"?
         _________________________   La Grèce au jour le jour...
"... Le pays compte désormais plus de 30% de chômeurs, 65% de chômeurs chez les jeunes, tandis qu’il a perdu plus d’un tiers de son industrie et un quart de son PIB en moins de quatre ans. Les salaires très bas ne dépassant guère les 500 euros par mois pour un temps de travail plein se généralisent, tandis que l’abolition pratiquement de l’ensemble des Conventions collectives ont transformé le salariat, ainsi que les relations humaines, devenues ainsi, plus “anthropophagiques” que jamais..".
-Changer la donne?
- Les privatisations s'accèlèrent. 
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Y a pas photo

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Trop de photos tuent la photo
                                             Trop de photos émoussent notre regard.
            Trop de photos perturbent notre attention, compromettent la pure jouissance de l'instant.
   La boulimie photographique, amplifiée et banalisée par le smartphone, relègue au second plan les capacités de l'oeil et les pouvoirs de l'émotion, auxquelles on ne fait plus confiance.
   C'est une vision par procuration. Prendre une photo et partir aillleurs.... Es-ce à cela que se ramène un certain tourisme?  Un safariphoto permanent?
              Certains ont fait le choix d'arrêter de prendre des photos de vacances.
      Grand chasseur d'images devant l'éternel, j'ai fait de même, sortant d'une certaine addiction photographique, encouragée par Google et Photoshop. 
    Le puissant Nikon micronikor argentique d'autrefois, avec lequel je pouvais passer des minutes devant une simple fleur ou un insecte rare a été remplacé par le banal et commun Lumix, qui est censé régler tout lui-même...
     J'ai arrêté Snapchat moi aussi, regrettant ma passion passée, quand je développais moi-même, en noir et blanc, au fond de ma salle de bain. La paresse et la facilité m'ont gagné avec l'âge, comme la réduction de mes capacités d'étonnement, de mes désirs de voir autrement.
    Une addiction  qui peut mener loin...       Trop d'images sur mon disque dur, qu'on n'a même plus le temps de regarder.. 

[Photo personnelle (cliquez)]

   L'inflation de photos nous guette
       La nomophobie est très contagieuse, à l'heure où un enfant de huit ans peut vous pixeliser.
  L'appareil oculaire (qui sert éventuellement à téléphoner...)
a maintenant sa prothhèse, même devant le plus beaux paysages.
  Que deviennent nos souvenirs? La mémoire s'altère.
       La maladie de l'image envahit parfois les aspects les plus triviaux de la vie quotidienne, devenant une sorte de rite moutonnier. Ne parlons pas de la pratique des selfies, cette pulsion narcissique sans borne, à laquelle cèdent aussi ceux qui nous gouvernent.
    Il y a photos et photos. Simple capture mécanique du réel ou image réfléchie, élaborée à partir de la personnalité toute entière, unique, originale....même modestement.
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Plein les mirettes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

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LU

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__ Du vide et du plein au sommet.
                                            C'est la faute à Edouard.

__ Le vélo, c'est bien, mais....

__  Ça marche toujours comme ça.

__ Logement comme machine à cash.

__ Malgré les dénégations climatiques de Trump...

__ Bercy et les géants
                                 ... Pour l’heure, Bercy renvoie la patate chaude vers l’Union européenne, en indiquant que «l’harmonisation fiscale est désormais la priorité». Certes, Bruxelles a en projet une «assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (Accis)». En clair, les entreprises présentes dans plusieurs Etats membres de l’UE feraient une déclaration d’impôts devant un guichet unique. L’objectif est d’éviter le tripatouillage actuel qui permet aux «Gafa» (Google, Apple, Facebook, Amazon) de transférer leurs bénéfices réalisés en France vers l’Irlande, où ils sont trois fois moins taxés. Seul hic, il faudra faire adopter cette réglementation à l’unanimité, ce qui risque de prendre du temps.

__ Réforme de l’ISF: ...Depuis l’annonce de ce projet de réforme de l’ISF, de nombreuses études économiques ont montré combien cette mesure allait bénéficier aux plus fortunés (lire les articles de Romaric Godin et de Laurent Mauduit). Car ce sont les plus riches qui détiennent la plus grande partie des patrimoines financiers sous forme d’actions, d’obligations, d’investissements financiers. Ce sont eux qui ont connu aussi la plus grande envolée de leur patrimoine depuis la crise financière, comme le rappelle année après année le rapport peu suspect de parti pris du Crédit suisse sur les grandes fortunes dans le monde. Une récente enquête du New York Times démontre le creusement sans précédent des inégalité qui s’est produit au cours des quatre décennies et surtout depuis la crise financière au profit des 1 % et surtout des 0,01 %.

__ L'espace est un marché comme un autre:
                                                    "...Le premier article de la loi luxembourgeoise sur les ressources spatiales est on ne peut plus explicite : « Les ressources spatiales sont susceptibles d’appropriation. » Le reste du texte décline le cadre, ultra-souple, et les conditions, très minimales, de cette « appropriation » : les entreprises devront disposer de bureaux au Luxembourg ; elles auront à recevoir l’agrément ainsi qu’une permission écrite par le ou les ministres en charge de l’Économie et des activités spatiales ; ces entreprises pourront ensuite mettre la main sur des ressources spatiales et les commercialiser. Détail piquant dans un pays où c’est précisément l’absence de régulation et de transparence qui a permis la fortune générale : les autorités luxembourgeoises promettent que les règles « ayant trait à l’agrément et à la surveillance » des activités spatiales des multinationales sont « largement inspirées de celles applicables au secteur financier ».
   Tout corps céleste devient une « opportunité de marché »"

__ Blogui- blogons...
 
                                     Parfois certains se font remarquer.

 
 

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